Olivier Goret 

Molsberger AF, Schneider T, Gitthardt H, Drabik A. German randomised acupuncture trial for chronic shoulder pain (GRASP) – A pragmatic, controlled, patient-  blinded, multi-centre trail in an outpatient care environment. Pain. 2010;151:146-154. 31 Orthopaedic Centres, Department of Statistics in Medicine, HeinrichHeineUniversityDüsseldorf, Germany.

    

Commentaires

 Le but de cet essai est double puisqu’il est d’une part à visée pragmatique, c’est-à-dire qu’il tend à montrer l’efficacité globale du traitement proche de la réalité de la pratique clinique et donc de son utilité clinique (groupe traitement de référence) et d’autre part, il est à visée explicative, c’est-à-dire qu’il tend à montrer la spécificité de l’acupuncture (groupe placebo).

L’acupuncture a fait la preuve de son efficacité à court terme dans le syndrome sous-acromial dans une première revue systématique suédoise de 2002 [1] portant sur quatre ECR dont un versus placebo avec un grade d’évidence le plus élevé [2]. Une seconde revue de la Cochrane de Green avec méta-analyse [3], parue en 2005 et portant sur neuf ECR (dont huit non inclus dans le revue précédente) versus placebo et autres interventions dans l’épaule douloureuse a montré des avantages à court terme sur la douleur et la mobilité articulaire.

Dans l’épaule gelée, une première revue systématique et méta-analyse chinoise de 2007 [4] montre une efficacité de l’acupuncture sur la douleur et la fonction articulaire sur six ECR dont trois sont chinois. Une autre revue hollandaise de 2011 portant sur quatre autres ECR [5] dont trois déjà cités dans la revue de la Cochrane [3] montre une efficacité modérée de l’acupuncture à court terme.

Dans cette étude, les critères d’inclusion des patients atteint d’EDC (EVA moyenne de 66 mm, âge moyen 50,8 ans, durée moyenne de la maladie de 10,6 mois) sont typiques et caractéristiques d’autres populations [6-8]. Les auteurs ont pris soins de faire un premier tri d’exclusion des causes invalidantes d’épaule douloureuse (polyarthrite rhumatoïde, arthrose) et ont englobé toutes les nombreuses autres causes (tendinopathies, bursites, épaule gelée, capsulite rétractile). Pour le traitement orthopédique conventionnel, en l’absence de recommandations sur un protocole standard dans l’EDC, le protocole standard conventionnel a été établi par la consultation de manuels d’orthopédie dans l’épaule douloureuse, l’expérience clinique et l’avis d’expert, et  il est utilisé couramment en Allemagne dans cette indication. Les auteurs ont pris soin d’éliminer tout acte local pouvant interférer avec l’acupuncture (infiltrations et applications locales).

 

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Résumé : En 1929 un département du Ministère de la santé chinois propose une « abolition » de la médecine chinoise. Ce projet sera rapidement abandonné sous la pression des praticiens et de leurs organisations. La crise provoquée va conduire l’inverse du but recherché, la création d’un Institut de la médecine nationale marquant l’institutionnalisation, la professionnalisation et la scientifisation de la médecine chinoise. Cet épisode historique clé est souvent cité dans les récits, notamment à propos de l’acupuncture, mais interprété paradoxalement comme une interdiction effective, symptôme final d’une décadence progressive de la fin de la Chine impériale à la Chine républicaine. L’objet de l’article est de s’interroger sur le pourquoi de cette demande d’abolition de la médecine chinoise, sur les enjeux à l’époque et les conséquences immédiates et actuelles. La médecine chinoise est à la conjonction de trois débats de nature distincte sur la modernisation de la Chine, sur la professionnalisation de la médecine et sur la scientifisation de la médecine chinoise. La crise de 1929 est emblématique des enjeux idéologiques et professionnels qui interfèrent fortement avec la question scientifique, biaisant les débats et entretenant une fausse controverse. La pétition en 2018 contre les « fake-medicine » en est une réplique lointaine et dégradée. Mots-clés : -Chine républicaine – professionnalisation – scientifisation – institutionnalisation - controverse –

Summary : In 1929 a department of the Chinese Ministry of Health proposed an "abolition" of Chinese medicine. This project will be quickly abandoned under pressure from practitioners and their organizations. The crisis provoked will lead to the opposite of the desired goal, the creation of a National Institute of Medicine marking the institutionalization, professionalization and scientifization of Chinese medicine. This key historical episode is often cited in stories, especially about acupuncture, but paradoxically interpreted as an effective ban, the final symptom of a gradual decline from the end of imperial China to republican China. The purpose of the article is to examine why this request for the abolition of Chinese medicine was made, what was at stake at the time and what the immediate and current consequences were. Chinese medicine is at the intersection of three distinct debates on the modernization of China, on the professionalization of medicine and on the scientificization of Chinese medicine. The 1929 crisis is emblematic of ideological and professional issues that strongly interfere with the scientific question, biasing debates and fuelling false controversy. The petition in 2018 against the "fake-medicine" is a distant and degraded replica of it. Keywords : - Republican China - professionalization - scientifisation - institutionalization - controversy -