Dyspepsie fonctionnelle : efficacité de l’acupuncture comme thérapie complémentaire

     Dans un essai clinique contrôlé randomisé, trente patients âgés de 18 à 60 ans et souffrant de dyspepsie fonctionnelle selon les critères de Rome III ont été répartis en deux groupes. Les personnes infectées par Helicobacter pylori sont exclues de l’étude. Le 1er groupe (GI) est soumis pendant quatre semaines à un traitement médicamenteux associé à un traitement par acupuncture spécifique. Le groupe contrôle (GII) est soumis pendant quatre semaines à un traitement pharmacologique et acupuncture non spécifique. Comme traitement médicamenteux, les patients reçoivent domperidone en cas de dyspepsie fonctionnelle de type inconfort post-prandial ou omeprazole en cas de dyspepsie fonctionnelle de type douleur épigastrique. Le traitement par acupuncture comporte au total douze séances, au rythme de trois séances/semaine. Chaque séance dure 40 minutes. Les points utilisés dans le groupe GI sont : 6MC, 4GI, 12 VC, 36 E, 3P, 44E. Pour GII, les points utilisés sont situés sur les mêmes méridiens mais décalés : 5MC, 3GI, 11VC, 35E, 2P, 43E. Les symptômes gastro-intestinaux, l’anxiété et la qualité de vie ont été évalués à la fin du traitement et trois mois après.
Après quatre semaines de traitement, les symptômes gastro-intestinaux sont améliorés dans les deux groupes : (55 ± 12 vs 29 ± 8,8) pour GI et (50,5 ± 10,2 vs 10,5 ± 46) pour GII. La qualité de vie était significativement meilleure dans le groupe I que dans le groupe II (93,4 ± 7,3 vs 102,4 ± 5,1). L’anxiété et la dépression étaient significativement plus faibles dans le groupe I que dans le groupe II. Trois mois après le traitement, les symptômes gastro-intestinaux sont restés meilleurs dans le groupe I, lorsqu'on les compare aux valeurs avant traitement.
Chez les patients atteints de dyspepsie fonctionnelle, l’acupuncture comme traitement d’appoint au traitement médicamenteux conventionnel donne de meilleurs résultats que le traitement médicamenteux conventionnel sans acupuncture. D'autres études avec davantage de patients sont nécessaires pour confirmer ces résultats.

Lima FA , Ferreira LE , Pace FH. Acupuncture effectiveness as a complementary therapy in functional dyspepsia patients. Arq Gastroenterol . 2013 juil.-sept ; 50 (3) :202-7 . doi: 10.1590/S0004-28032013000200036.



L’électroacupuncture soulage les douleurs postopératoires de la chirurgie inguinale

     La douleur postopératoire est l’un des problèmes les plus fréquents et gênants que l’on retrouve dans les services de chirurgie. Le but de cette étude est d’évaluer l’efficacité de l’électroacupuncture sur le contrôle de la douleur postopératoire après une chirurgie inguinale. Méthodes : Quatre-vingt-dix patients de sexe masculin, devant bénéficier de chirurgie inguinale, ont été inclus et répartis au hasard en deux groupes : électroacupuncture et témoin.
L’électroacupuncture (2 Hz à 2-5mA réalisée 30 mn avant l’intervention et également à 1 et 2 h après, à raison de 20 mn à chaque session) a été appliquée sur GI4 et ES36 et deux autres aiguilles sur les bords de la cicatrice. On plaça dans le groupe témoin les mêmes électrodes sur les mêmes points mais sans stimulation électrique. La douleur postopératoire a été quantifiée par un observateur en aveugle dans les deux groupes à l’aide d’une échelle visuelle analogique (EVA). Résultats : l’intensité de la douleur et l’utilisation d’analgésiques étaient significativement plus élevées dans le groupe témoin (p<0,05). Dans le groupe électroacupuncture, les scores de la douleur à l’EVA étaient significativement plus faibles que le groupe témoin à 30 mn, 1 et 2 h en postopératoire. Les vertiges liés aux effets secondaires dus aux opioïdes sont réduits de façon statistiquement significative dans le groupe électroacupuncture versus groupe témoin (P<0,05). En conclusion, l’électroacupuncture peut réduire la prise d’analgésiques chez des patients après une chirurgie inguinale, par contrôle de la douleur postopératoire.
Taghavi R, Tabasi KT, Mogharabian N, Asadpour A, Golchian A, Mohamadi S, Kabiri AA. The effect of acupuncture on relieving pain after inguinal surgeries. Korean J Pain. 2013;26(1):46-50.



La moxibustion améliore l’efficacité de l’acupuncture dans l’insomnie

 

Nuit profonde : la galaxie d'Andromède.   

Dans un essai contrôlé randomisé, cent-vingt patients sont répartis de façon aléatoire en deux groupes. Agés entre 18 et 65 ans, ils souffrent d’insomnie de plus de six mois. Les patients insomniaques en relation avec des maladies somatiques ou mentales, ainsi que ceux ayant utilisé de façon prolongée des tranquillisants ou d'autres médicaments sont exclus de l’étude. Les soixante patients du groupe expérimental sont traités une fois par jour, dans l’après-midi, pendant 15 jours, par acupuncture et moxibustion. Les points puncturés ont été : baihui (20VG), sishencong (EX -HN 1), shenmai (62V) et zhaohai (6Rn). La moxibustion est effectuée pendant 40 minutes aux deux points 20VG et EX –HN1. Les aiguilles sont manipulées une fois toutes les 10 minutes. Les patients du groupe contrôle (n=60) sont soignés uniquement par acupuncture, une fois par jour dans l’après-midi, pendant 15 jours. Les points utilisés ont été shenmen (7C), neiguan (6MC) et sanyinjiao (6Rt).
L’index de qualité du sommeil de Pittsburgh (PSQI) est utilisé pour comparer l'amélioration du sommeil entre les deux groupes. L’évaluation est faite avant l’inclusion, puis une semaine, et deux semaines après le traitement.
Les scores de PSQI ont diminué pour les deux groupes. Par rapport au groupe témoin, le taux d’efficacité dans le groupe expérimental est meilleur (87,7 %  vs  76,3 %). Cette réduction est plus importante dans le groupe expérimental concernant les critères : qualité du sommeil, temps d'endormissement et vigilance diurne (P < 0,05).
Gao X, Xu C, Wang P, Ren S, Zhou Y, Yang X, Gao L. Curative effect of acupuncture and moxibustion on insomnia: a randomized clinical trial. J Tradit Chin Med. 2013 Aug;33(4):428-32.



Rhinite allergique : les effets anti-inflammatoires de l’acupuncture sont mieux connus

 Les molécules intervenant dans les mécanismes physiopathologiques de la rhinite allergique.  CGRP: calcitonin gene-related peptide, SP: substance P, VIP: vasoactive intestinal peptide, NKA : neurokinine A, NGF : nerve growth factor, TNF- α : tumour necrosis factor alpha, IL-1: interleukine 1, IL-4: interleukine 4, IL-6: interleukine 6, IL-10: interleukine 10.      

 La Littérature Classique indique que l’acupuncture a été utilisée depuis des millénaires pour traiter de nombreuses affections inflammatoires, y compris la rhinite allergique. Des recherches récentes ont objectivé que certains des mécanismes qui sous-tendent l’activité anti-inflammatoire passent par une médiation des voies sympathiques et parasympathiques. L’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien a également été impliqué dans la médiation des effets anti-œdémateux de l’acupuncture, mais pas dans l’action antalgique au cours de l’inflammation. Les autres effets anti-inflammatoires décrits de l’acupuncture incluent une action antihistaminique et une régulation négative des cytokines pro-inflammatoires (comme le TNF-α, IL-1 β, IL-6 et IL-10), des neuropeptides pro-inflammatoires (comme la SP, CGRP, VIP), et des neurotrophines (telles que le NGF et le BDNF) qui peuvent améliorer et prolonger la réponse inflammatoire. L’acupuncture a montré aussi qu’elle pouvait réprimer l’expression de la COX-1, COX-2 et iNOS au cours de l’inflammation induite expérimentalement. Une régulation négative (down-régulation) de l’expression et de la sensibilité des transient receptor potential vanilloide 1 (TRPV1) après l’acupuncture a été également rapportée. En résumé, l’acupuncture peut exercer des effets anti-inflammatoires à travers un réseau complexe d’actions neuro-endocrino-immunologiques. Beaucoup de ces effets anti-inflammatoires de l’acupuncture sont en rapport direct avec la rhinite allergique, mais d’autres recherches sont nécessaires pour élucider précisément comment les mécanismes immunitaires pourraient être modulés par acupuncture dans la rhinite allergique.
McDonald JL, Cripps AW, Smith PK, Smith CA, Xue CC, Golianu B. The anti-inflammatory effects of acupuncture and their relevance to allergic rhinitis: a narrative review and proposed model. Evid Based Complement Alternat Med. 2013 ;2013:591796.


 Effet de l’acupuncture dans la fluorose squelettique


 Radiographie de l'avant-bras chez un patient atteint de fluorose squelettique montrant une augmentation de la densité osseuse et des calcifications entre le radius et le cubitus (iconographie issue d’un document de la FAO : Latham MC. La nutrition dans les pays en développement. 2001. Available from : URL http://www.fao.org/DoCreP/004/W0073F/w0073f22.htm.    

La fluorose est due à une prise excessive de fluor, dans l'eau potable fluorée par exemple. Un niveau modéré d'exposition chronique (supérieur à 1,5 mg/l d'eau) est assez courant. Une ingestion à long terme de grandes quantités peut mener à des problèmes squelettiques potentiellement graves (fluorose squelettique). Les premiers symptômes d'une fluorose squelettique incluent une rigidité et une douleur dans les articulations. Dans les cas graves, la structure de l'os peut changer et les ligaments peuvent se calcifier, avec un affaiblissement des muscles et des douleurs.
Pour évaluer l'effet de l'acupuncture sur la fluorose squelettique endémique (FSE), quatre-vingt-dix-neuf sujets (âgés de 30 à 75 ans) souffrant de FSE sont inclus dans un essai contrôlé randomisé. Ils sont répartis de façon aléatoire en deux groupes : un groupe de traitement par acupuncture et électroacupuncture (n=68, dont 27 hommes et 42 femmes) et un groupe témoin (n=31, dont 12 hommes et 19 femmes).
Le traitement par acupuncture est basé sur les principes de MTC : favoriser la circulation du Sang pour éliminer la stase du Sang, dissiper le Vent et éliminer l'Humidité, ainsi que soulager la douleur par des points locaux. Le traitement est réalisé au rythme d’une séance tous les deux jours, par cycle de un mois. Le traitement total comporte deux cycles. Chaque séance dure 30 minutes. Les points de base utilisés sont les suivants : 17 VG, 17V, 11GI, 4GI, 12Rt, 10Rt, 6Rt, 40E. Des points locaux sont ajoutés en cas de douleur (épaule : 15GI ; coude : 5P ; poignet : 4TR ; cou : 10V ; taille : 3VG ; hanche : 30VB ou 29VB ; genou : 35E, cheville : 41E ; points ashi. L’électroacupuncture est appliquée aux points 11GI, 4GI en unilatéral du même côté, et aux points locaux des deux côtés. Les aiguilles non associées à l’électroacupuncture sont manipulées manuellement (enfoncer ; soulever et rotation) pendant 1 minute toutes les 15 minutes. Le groupe contrôle est traité par Caltrate® et vitamine D en comprimés. Le fluorure urinaire, la calcémie, le taux de phosphate sérique ainsi que la douleur  ont été évalués avant et après traitement.
Les résultats ont montré que chez les patients atteints de FSE, l’acupuncture, comme les médicaments, peut soulager avec efficacité la douleur (avec meilleur effet de l'acupuncture ; P <0,05). L’acupuncture peut aussi réduire le taux sérique de calcium et de phosphate. Mais l'effet de l'acupuncture est supérieur car le taux de fluorure urinaire est augmenté après un traitement par acupuncture alors qu’il reste inchangé après la prise de médicaments.
Jincao Z, Zhongchao W, Zhongjie C, Xiaoguang Z, Jing H, Yue J, Guiran L, Li P. Clinical Effect of Acupuncture on Endemic Skeletal Fluorosis: A Randomized Controlled Trial. Evid Based Complement Alternat Med. 2013;2013:839132. doi: 10.1155/2013/839132. Epub 2013 Nov 17.


 

Assistance médicale à la procréation par acupuncture : consensus vers un nouveau protocole


     Quinze acupuncteurs ayant une vaste expérience de l’acupuncture dans l’assistance médicale à la procréation (AMP) ont défini un protocole d’acupuncture avec un consensus d’accord à 80%. Ce consensus propose des orientations pour des recherches cliniques plus poussées. Le protocole de traitement comprend l’utilisation de l’acupuncture en médecine traditionnelle chinoise avec utilisation d’acupuncture manuelle. Le premier traitement est administré entre les 6e et 8e jour de l’AMP, deux autres séances seront administrées le jour du transfert d’embryon avec puncture des points 8Rt (diji), 10Rt (xuehai), 3F (taichong), 29E (guilai), 4VC (guanyuan) et après le transfert : 20VG (baihui), 3R (taixi), 36E (zusanli), 6Rt (sanyinjiao) et 6MC (neiguan). On utilisera aussi le point d’auriculothérapie : shenmen et enfin zigong.
Smith CA, Grant S, Lyttleton J, Cochrane S. Development of an acupuncture treatment protocol by consensus for women undergoing Assisted Reproductive Technology (ART) treatment. BMC Complement Altern Med. 2012 Jul 7;12(1):88.


 


 

 

 


 Tuy Nga Brignol

  Choi S-M, Park J-E, Li S-S, Jung H, Zi M, Kim T-H, Jung S, Kim A, Shin M, Sul J-U, Hong Z, Jiping Z, Lee S, Liyun H, Kang K, Baoyan L. A multicenter, randomized, controlled trial testing the effects of acupuncture on allergic rhinitis. Allergy 2013;68:365–374.

 

Résumé

 

Question

Évaluer l'efficacité et l'innocuité de l’acupuncture dans le traitement de la rhinite allergique persistante.

 

Plan expérimental

Essai comparatif randomisé multicentrique en double insu (patients et évaluateur en aveugle).

-        groupe AA (n=97 ; âge moyen : 38,97 +/- 11,33) : traitement par acupuncture active

-        groupe AS (n=94 ; âge moyen : 37,04 +/- 12,23) : traitement par acupuncture simulée, placebo

-        groupe témoin (n=47 ; âge moyen : 38,07 +/- 12,40) : aucun traitement (groupe de la liste d’attente).

 

Cadre

Deux centres en Corée (Séoul et Daejeon) et deux centres en Chine (Beijing) ont participé à l'étude.

 

Patients

238 patients ont été répartis en trois groupes selon une randomisation en bloc de 5 et un ratio d’allocation de 2:2:1.

Inclusion : patients âgés de plus de 18 ans souffrant de rhinite allergique (RA) persistante de grade modéré à sévère selon les critères ARIA (rhinite allergique et son impact sur l’asthme). Les symptômes doivent avoir persisté pendant plus de 4 jours/semaine, pendant plus de quatre semaines consécutives, et comporter au moins un des signes associés suivants : obstruction nasale, rhinorrhée, éternuements et démangeaisons nasales. Tous les participants inclus ont présenté au moins un résultat positif au prick-test.

Exclusion : graves problèmes de santé (HTA, diabète mal contrôlés, tumeur maligne, dyslipidémie sévère, dysfonction rénale ou hépatique, anémie, maladies infectieuses ou systémiques), malformations nasales congénitales, kyste dermoïde nasal, masses médianes nasales, sinusite, asthme, antécédents de chirurgie du nez, traitement de la RA par médecines alternatives dans les 6 mois précédents, ou par voie systémique par corticoïdes, antihistaminiques ou décongestionnants 6 mois avant l'inclusion.

 

Intervention

Groupes AA et AS : 12 séances d’acupuncture au total (3 séances/semaine pendant 4 semaines).

Points utilisés pour le groupe AA : 10 points d'acupuncture (bilatéral : 4GI, 20GI, 2E et 36E ; unilatéral : EX-1 et 23VG). Chaque aiguille est manipulée jusqu’à obtention du deqi.

Groupe AS : acupuncture placebo sans aucune manipulation. Les aiguilles sont insérées aux points situés à 1-1,5 cm des vrais points d’acupuncture, avec une profondeur de 3-5 mm afin d’éviter le deqi. Ensuite, le praticien tourne l'aiguille juste une fois pour maintenir le patient en aveugle.

Groupe témoin : aucun traitement d’acupuncture.

Durée de l’étude : 9 semaines (1 semaine d'observation de base suivie de 4 semaines de traitement par acupuncture, puis 4 semaines de suivi).

 

Critères d’évaluation

Critère principal : variation moyenne du score total hebdomadaire des symptômes nasaux.

Critères secondaires : scores des symptômes non nasaux et qualité de vie liée à la rhinite.

 

Résultats

Une amélioration significative dans les scores (nasaux comme non nasaux) par rapport aux scores de référence au moment de l’inclusion a été observée dans les deux groupes traités par acupuncture active comme simulée, à la fin des séances d’acupuncture et de la période de suivi. Mais l’acupuncture active a montré de meilleurs résultats que ceux de l’acupuncture simulée.

 

Conclusion

Les symptômes de rhinite allergique ont diminué de manière significative après traitement par acupuncture active ou par acupuncture simulée. D’après cette étude, l'acupuncture est efficace dans le traitement de la rhinite allergique.

  


 

 Commentaire

 Score de Jadad

On peut l’évaluer à 5 ce qui signifie une étude d’excellente qualité méthodologique (tableau I).

Les participants ont été répartis de façon aléatoire à l'un des trois groupes : acupuncture active (AA), acupuncture simulée (AS), ou liste d'attente. La randomisation a été effectuée par un statisticien qui a utilisé une liste informatisée selon un ratio : 2:1 (bloc de 5). Une enveloppe scellée a été utilisée pour répartir les participants dans les différents groupes de chaque centre, et l’acupuncteur effectue les interventions en fonction de cette affectation. Les investigateurs (y compris les coordinateurs des centres) et le statisticien qui fait l'analyse sont en aveugle. Seul le praticien qui effectue l'acupuncture n’est pas en insu.

 

Tableau I. Évaluation de la qualité méthodologique selon le questionnaire de Jadad.

Score de Jadad :

1. Randomisation citée, décrite et appropriée : 2 points

2. Insu-patient prouvé par un questionnaire mettant en évidence l'impossibilité de savoir dans quel groupe d'acupuncture le patient se situe. Validité du questionnaire par un test statistique mettant en exergue aucune différence significative entre les deux groupes d’acupuncture actif et placebo (p=0,4999) : 1 point

3. Insu-évaluateur. Les investigateurs et les évaluateurs, différents du thérapeute non en insu, ignorent à quel groupe appartient les patients dont ils recueillent les informations : 1 point

4. Sorties d’essais bien analysées avec les raisons : sur les 238 patients inclus, 8 sorties (dont 5 n’ayant pas déclaré au moment de l’inclusion qu’ils ont pris des traitements non autorisés par le protocole) et 3 sorties supplémentaires (abandon avant la 1e évaluation) : 1 point

Score 5/5, c'est-à-dire étude d’excellente qualité.

 

La rhinite allergique (RA) peut être classée comme rhinite allergique saisonnière (RAS) ou rhinite allergique persistante (RAP). La classification de RA et son impact sur l'asthme (ARIA) sépare ces diagnostics fondés sur la durée et la gravité des symptômes [1]. Cette étude est la première étude multicentrique en acupuncture à évaluer l'efficacité de l'acupuncture pour la RAP. Malgré les différences dans la durée et les symptômes des cas de RA, des essais précédents ont évalué l'effet de l’acupuncture sans tenir compte des différences entre RAS et RAP [2,3]. Par ailleurs, d'autres études ont comparé l'efficacité de l'acupuncture sans groupe contrôle traité par acupuncture simulée [4] et la taille réduite de l’échantillon des études portant sur la RAP n’a pas permis de tirer des conclusions [5,6].

Cette étude multicentrique, randomisée, contrôlée de Choi et al. avec acupuncture simulée a permis une évaluation non biaisée de l'efficacité de l'acupuncture dans la RAP. Le groupe traité par acupuncture simulée a présenté une réduction significative des symptômes de RA par rapport aux valeurs initiales, même lorsque l'acupuncture a été appliquée sans stimulation manuelle à des points qui ne correspondent pas à des points d’acupuncture. Cette amélioration peut être due soit à l'effet de l'acupuncture simulée, soit à l’effet placebo. Toutefois, étant donné que l’aveugle a été maintenu pour les participants, et que la différence de l’efficacité de l’acupuncture active et de l'acupuncture simulée était plus importante après quatre semaines de suivi qu’au moment de l’arrêt des séances d’acupuncture, on peut penser que l'effet du traitement était réel. En théorie, l’effet placebo n’aurait plus existé dès l’arrêt des séances d’acupuncture. L’acupuncture simulée a été rapportée comme pouvant provoquer une réponse physiologique et avoir un effet thérapeutique. Cet effet pourrait conduire à un résultat faussement négatif pour évaluer l'effet de l'acupuncture dans les essais cliniques [7,8]. Dans cette étude, le traitement de l'acupuncture simulée comporte plusieurs facteurs qui pourraient provoquer une réponse physiologique, tels que la ponction minimale, les points choisis, et la pression sur la peau. En outre, l'effet de l'acupuncture simulée pourrait être causé par des effets non spécifiques de la procédure, incluant le contact avec les médecins, les attentes des patients et l'effet Hawthorne (motivation des participants). Ces facteurs pourraient positivement affecter les symptômes des participants. Ainsi, d'autres études sont nécessaires pour mieux comprendre les facteurs responsables de ces résultats positifs.

Par ailleurs, dans cette étude, l'efficacité de l’acupuncture active sur les symptômes nasaux et non nasaux est supérieure à celle observée dans les deux autres groupes après quatre semaines de traitement. Ainsi, il apparaît que le traitement par acupuncture doit être effectué pendant au moins quatre semaines dans le but d'améliorer les symptômes de la RAP. Cependant, des essais plus rigoureux sont nécessaires pour déterminer la durée d'un traitement approprié pour une efficacité optimale de l'acupuncture.

Enfin, la constatation que l'effet de l'acupuncture sur la RAP a persisté pendant plus de quatre semaines après la dernière séance d'acupuncture est importante pour les cliniciens dans la détermination de la fréquence optimale de séances d'acupuncture dans le traitement de la RAP. Parallèlement, ces données sont utiles pour déterminer la période de sevrage thérapeutique (wash out) en acupuncture dans les essais cliniques. Des études supplémentaires avec des plus longues périodes de suivi sont également nécessaires pour évaluer la durée des effets d’un traitement par acupuncture.

 

Références

1.        Bousquet J, Khaltaev N, Cruz AA, Denburg J, Fokkens WJ, Togias A et al. Allergic Rhinitis and its Impact on Asthma (ARIA) 2008 update (in collaboration with the World Health Organization, GA(2)LEN and AllerGen). Allergy 2008;63(Suppl. 86):8–160.

2.        Brinkhaus B, Witt CM, Jena S, Liecker B, Wegscheider K, Willich SN. Acupuncture in patients with allergic rhinitis: a pragmatic randomized trial. Ann Allergy Asthma Immunol 2008;101:535–543.

3.        Magnusson AL, Svensson RE, Leirvik C, Gunnarsson RK. The effect of acupuncture on allergic rhinitis: a randomized controlled clinical trial. Am J Chin Med 2004;32:105–115.

4.        Lau BH, Wong DS, Slater JM. Effect of acupuncture on allergic rhinitis: clinical and laboratory evaluations. Am J Chin Med (Gard City N Y) 1975;3:263–270.

5.        Xue CC, An X, Cheung TP, Da Costa C, Lenon GB, Thien FC et al. Acupuncture for persistent allergic rhinitis: a randomised, sham-controlled trial. Med J Aust 2007;187:337–341.

6.        Ng DK, Chow PY, Ming SP, Hong SH, Lau S, Tse D et al. A double-blind, randomized, placebo-controlled trial of acupuncture for the treatment of childhood persistent allergic rhinitis. Pediatrics 2004;114:1242–1247.

7.        Lundeberg T, Lund I, Sing A, Naslund J. Is placebo acupuncture what it is intended to be? Evid Based Complement Alternat Med 2011;2011:932407.

 

8.        Chae Y, Kim S-Y, Lee H, Park H-J. Is minimal acupuncture an adequate control in clinical trials? Journal of Meridian & Acupoint 2008;25:71–85.