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Traitement acupunctural des céphalées par « protocole raisonné »

Résumé : Les céphalées sont une cause extrêmement fréquente de consultation en acupuncture. Elles posent souvent problème, notamment au praticien encore peu expérimenté, hésitant quant à l’abord de Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC) à choisir (théorie des méridiens, fonctions des points, typologie, différenciation des syndromes bianzheng… ?). En partant du diagnostic par les syndromes, on peut aboutir, comme le montre ce travail, à un protocole d’acupuncture composé d’un petit nombre de points, et qui s’avère efficace dans la plupart des cas de céphalées rencontrées en pratique courante. Mots-clés : Céphalées-diagnostic par les syndromes-bianzheng- protocole.

Summary : Headache is a very frequent cause of consultation in acupuncture. They often cause problems, including the practitioner still inexperienced, hesitant about the first Traditionnal Medicine Chinese (TMC) to choose (meridian theory, function points, typology, differentiation of syndromes bianzheng ... ?). Assuming diagnostic syndromes, it can result, as shown in this work, an acupuncture protocol consisting of a small number of points, which is effective in most cases of headache encountered in everyday practice. Keywords : headache-diagnosis syndromes- bianzheng- protocol.

Voir en ligne : Memheld B. Traitement acupunctural des céphalées par « protocole raisonné ». Acupuncture & Moxibustion. 2016 ;15(2)

 Introduction

Les céphalées sont une des causes les plus fréquentes de consultation, en particulier en acupuncture. Ceci explique que cette pathologie ait donné lieu à de nombreuses publications, dont certaines dans le cadre de la revue Acupuncture & Moxibustion [3]. Après en avoir effectué le diagnostic allopathique complet, afin d’exclure les non-indications pour l’acupuncture (infections, tumeurs…) nécessitant un traitement allopathique immédiat, se pose le problème du diagnostic et de l’abord MTC de cette pathologie. C’est ici que le praticien encore peu expérimenté risque fort de se perdre, devant l’éventail des possibilités qui s’offrent à lui : Grands Méridiens, fonctions des points, typologie, différenciation des syndromes (bianzheng),...

En utilisant le diagnostic par la différenciation des syndromes, j’ai abouti, au cours de mon expérience, à ce que j’appelle un « protocole raisonné », composé de peu de points, choisis de manière « raisonnée », c’est-à-dire sur leurs fonctions directement en rapport avec le problème énergétique à résoudre. On aboutit ainsi à un protocole simple à mettre en œuvre et très efficace sur la plupart des céphalées rencontrées en pratique courante. Cependant, avant d’en arriver là, il convient tout d’abord de connaitre les principaux syndromes liés aux céphalées, afin de bien comprendre le choix ultime des points. C’est en cela que le protocole est « raisonné »… et que s’explique son efficacité !

Principaux syndromes et leur traitement

La céphalée (toutong) est une affection courante touchant la région au sommet du corps, région qualifiée de « palais du yang clair (qingyang) » par la MTC. De nombreux facteurs pathogènes sont susceptibles de la provoquer. Ainsi les facteurs externes que sont le Vent (touchant avec prédilection le sommet du corps), le Feu (de nature ascendante), mais aussi l’Humidité (bloquant le Centre, elle entraine une non-montée du yang clair et une non-descente du yin trouble). De plus, des causes internes sont fréquentes : le Cerveau, qualifié de « mer des Moelles » est directement dépendant du Rein, du Foie et de la Rate. Un dysfonctionnement de l’un de ces Organes est donc à même de provoquer des céphalées. Pour finir, une stase de Sang (traumatisme, maladie chronique) peut également être en cause. Cette affection est donc complexe, ce qui impose la connaissance des syndromes s’y rapportant. On peut en dénombrer onze (tableau I). Nous verrons, pour chacun d’entre eux, les principaux symptômes, ainsi qu’un choix de points que la pratique a retenus comme particulièrement efficaces.

 

Tableau I : Les 11 syndromes MTC liés à la céphalée.

Céphalée par facteur pathogène externe

1. Céphalée par Vent-Froid

2. Céphalée par Vent-Chaleur

3. Céphalée par Vent-Humidité

Céphalée d’étiologie interne

4. Céphalée par Feu du Foie

5. Céphalée par excès de yang du Foie

6. Céphalée par froid du Foie

7. Céphalée par déficience des Reins (Déficience du yin, Déficience du yang)

8. Céphalée par déficience de qi

9. Céphalée par déficience de Sang

10. Céphalée par stagnation des glaires et mucosités

11. Céphalée par stagnation du Sang

Céphalée par Vent-Froid

Sensation de froid et de distension de la tête, douleurs irradiant vers la nuque, avec raideur cervicale. Les symptômes s’aggravent au contact du vent et du froid, le patient se couvre la tête pour se protéger ; de plus, sensation de courbatures généralisées, obstruction nasale, aversion pour le vent et le froid.

Traitement acupunctural 
  VB20 fengchi : disperse le vent, calme les douleurs 
  taiyang : point curieux très efficace dans les douleurs céphaliques 
  GI4 hegu : disperse le vent, calme les douleurs. C’est aussi le « point général » de la tête et du visage 
  V10 tianzhu : disperse le vent associé au froid 
  P7 lieque : disperse le vent et arrête la céphalée. C’est le « point général » de la tête et de la nuque

Céphalée par Vent-Chaleur

Céphalée avec sensation de distension de la tête. Fièvre et aversion pour le vent. Rougeur du teint et des yeux, sécheresse de la bouche, avec désir de boire, sensation de gêne et de chaleur au thorax, urines foncées et constipation.

Traitement acupunctural 
  VB20 fengchi : disperse le vent, calme les douleurs 
  taiyang : point curieux très efficace dans les douleurs céphaliques 
  ES8 touwei : chasse le vent et disperse le feu 
  VB14 yangbai : chasse le vent, rafraîchit la chaleur, arrête les douleurs 
  GI4 hegu : disperse le vent, calme les douleurs. C’est aussi le « point général » de la tête et du visage 
  PO7 lieque : disperse le vent et arrête la céphalée. C’est le « point général » de la tête et de la nuque

Céphalée par Vent-Humidité Céphalée avec sensation de lourdeur de la tête, gêne thoracique avec manque d’appétit, nausées, voire vomissements, sensation de lourdeur des extrémités et selles non moulées.

Traitement acupunctural 
  VB20 fengchi : disperse le vent, calme les douleurs 
  taiyang : point curieux très efficace dans les douleurs céphaliques 
  GI4 hegu : disperse le vent, calme les douleurs. C’est aussi le « point général » de la tête et du visage 
  VC12 zhongwan, ES40 fenglong, RA6 sanyinjiao : l’association des trois points renforce la Rate dans l’élimination de l’eau et de l’humidité.

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Acupuncture : un facteur de risque supplémentaire de sacro-iliite pyogénique chez la femme enceinte ?

Résumé de l’étude de cas

Un rare cas de sacro-iliite pyogénique due à Staphylococcus aureus au cours de la période post-partum immédiate chez une femme de 33 ans a été rapporté par une équipe du Département de Médecine interne de l’hôpital universitaire George Washington (Washington, USA). La patiente souffrait de sciatique et a reçu plusieurs séances d’acupuncture pendant sa grossesse au niveau de l’articulation sacro-iliaque. Sans antécédents médicaux notables, elle avait développé une sciatique du côté droit pendant le troisième trimestre de sa grossesse, pour laquelle elle a été traitée par acupuncture à plusieurs reprises. Un des points d’insertion des aiguilles se trouvait sur le dos, au niveau de S2, à 5cm à droite de la ligne médiane, ce qui correspond à l’interligne articulaire au-dessus de sa sacro-iliaque droite. Une semaine après son dernier traitement par acupuncture, elle a accouché par voie vaginale sans complications. Le bébé était en bonne santé et pesait 4,54 kg. Aucune anesthésie épidurale n’a été utilisée. Cinq jours après l’accouchement, elle avait développé rapidement une aggravation des douleurs au niveau de sa fesse droite, l’empêchant de marcher et nécessitant une hospitalisation. Elle déclarait n’avoir eu ni fièvre ni frissons, ni traumatisme à la colonne vertébrale, ni consommation de drogues illicites. Au moment de l’admission, sa température était à 37,7° C. Sa fréquence cardiaque était de de 90 / minute, et elle avait une tension artérielle égale à 121/74 mm Hg. L’examen physique n’a révélé aucun œdème ou érythème à la hanche ou à la colonne vertébrale. Mais la douleur était prononcée en flexion, hyperextension, abduction, adduction, ainsi qu’en rotation externe et interne de la hanche droite. Il n’y avait pas d’autres sites inflammatoires et elle ne présentait pas de souffle cardiaque. Les examens para-cliniques ont montré : nombre de globules blancs égal à 13 400, taux de sédimentation (VS) à 105, et protéine C réactive à 192,5. Une IRM vertébrale lombo-sacrée objective une altération de l’articulation sacro-iliaque droite. Parallèlement, la patiente a développé une fièvre de 39° C. Une ponction au niveau de l’articulation sacro-iliaque a été réalisée sous tomodensitométrie. Le germe S. aureus sensible à la méthicilline a été identifié à la fois dans le liquide de ponction et dans le sang. L’analyse d’urine ainsi que les cultures à partir de l’urine étaient normales. L’ECG n’avait pas montré d’anomalies valvulaires. La patiente a été traitée par nafcilline administrée par voie intraveineuse. L’amélioration a été rapide et elle est sortie d’hospitalisation pour terminer chez elle le traitement antibiotique sur une durée de six semaines. Il n’y a pas eu de récidive après arrêt du traitement. La douleur au niveau de l’articulation sacro-iliaque a disparu et la douleur à la hanche avait considérablement diminué ; elle a pu récupérer la marche et le dosage des marqueurs biologiques de l’inflammation était considérablement amélioré. Les auteurs concluaient que l’acupuncture réalisée chez une femme enceinte en raison de lombalgies pouvait représenter un facteur de risque à ne pas méconnaître en cas de complication infectieuse relativement rare survenant en postpartum.


article source : Millwala F, Chen S, Tsaltskan V, Simon G. Acupuncture and postpartum pyogenic sacroiliitis : a case report. J Med Case Rep. 2015 ; 9 : 193. Published online 2015 Sep 11. doi : 10.1186/s13256-015-0676-7

L'imagerie par résonance magnétique du bassin montrant l'élargissement de l'espace articulaire sacro-iliaque droit avec œdème articulaire et présence importante de liquide, le tout associé à des phénomènes inflammatoires allant jusqu'à la limite postérieure du muscle psoas droit et des muscles paravertébraux du côté droit, ainsi que des signes d'ostéomyélite de l'os iliaque et du sacrum adjacents.

 

Voir en ligne : Brignol TN, Stéphan JM. Attention, c’est déjà arrivé !! Incidents et accidents attribués à l’acupuncture Acupuncture : un facteur de risque supplémentaire de sacro-iliite pyogénique chez la femme enceinte ? Acupuncture & Moxibustion. 2016 ;15(1):68

Hypertension artérielle : rappels physiopathologiques

 

La médecine chinoise traditionnelle ne propose pas de maladies appelées “hypertension artérielle” ou HTA. Nous passons en revue les principales situations de la médecine chinoise où l’on retrouve fréquemment les signes cliniques présentés par les patients chez qui est retrouvée une tension artérielle systolique supérieure 140 et diastolique supérieure à 90 mm de Hg . Un déséquilibre des fonctions métaboliques hépatiques et rénales est le plus souvent rencontré. Il peut s’ajouter des troubles digestifs générant des mucosités et glaires. Un traitement adapté à chaque cas s’avère indispensable pour avoir un effet, au plus curateur au mieux réducteur du risque cardiovasculaire classiquement décrit dans ces situations.

 

Voir en ligne : Kiener E. Hypertension artérielle : rappels physiopathologiques pour un traitement adéquat en acupuncture. Acupuncture & Moxibustion. 2005 ;4(1):23-9.

Introduction : la nécessité d’un nouveau regard sur la maladie

Notre médecine moderne est bien systématisée en fonction des moyens technologiques que nous avons à notre portée (appareils de mesures et d’imagerie) et en fonction des découvertes biologiques surtout moléculaires (systèmes rénine/angiotensine, bêta-bloquants, i.e.c.). Les traitements médicamenteux qui en découlent sont porteurs d’espoirs, fonction des critères de sélection mais aussi responsables d’effets secondaires non négligeables, à l’image des anti-hypertenseurs actuels qui ne sont pas toujours bien supportés par nos patients.

Pourquoi ne pas faire appel à d’autres approches, en particulier à celles de la médecine énergétique transmise par les Chinois ? On objective dans la médecine chinoise traditionnelle un ensemble de syndromes et/ou symptômes répondant aux signes que l’on retrouve chez les malades atteints d’HTA quelque soit le stade de leur maladie et de leurs facteurs de risques (I.M.C, tour de taille, répercussions carotidiennes et cardiaques...)

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