Electroacupuncture et contrôle des vomissements chimio-induits

 L’électroacupuncture a une efficacité spécifique dans le contrôle des vomissements induits par chimiothérapie myéloablative

 

Shen J,  Wenger N, Glaspy J, Hays R.D, Albert P.S, Choi C, Shekelle P.G : Electroacupuncture for Control of Myeloablative Chemotherapy–Induced Emesis. A randomized controlled trial. JAMA. 2000 ; 284 , 21, 2755-2761

 

 Question :

L’électroacupuncture est-elle efficace dans les vomissements induits par une chimiothérapie hautement émétique ? Cette efficacité est-elle spécifique ?

Plan expérimental : Essai clinique randomisé, électroacupuncture versus puncture minimale et versus absence d’électroacupuncture.

 Cadre : clinique de cancérologie dans un centre hospitalier universitaire californien (USA)

 Patients : L’étude fut réalisée entre mars 1996 et décembre 1997. Un formulaire de consentement éclairé signé par les patientes fut demandé lors de l’hospitalisation pour la chimiothérapie. Le protocole d’étude fut approuvé par le comité scientifique local et revu par le comité institutionnel de protection du sujet humain.

Pour détecter entre 20 et 25% de réduction des vomissements, les groupes devaient inclure chacun 35 personnes, fixant une puissance de l’étude entre 77 et 93%.

104 femmes de 18 à 62 ans (âge moyen : 46 ans) ayant un cancer du sein à haut risque ( score supérieur à 80 sur l’échelle Karnofsky, quantifiée de 0 à 100), avec une espérance de vie d’au moins 6 mois, et candidates appropriées pour le programme de transplantation de moelle ont donc été recrutées.

Les exclusions : métastases de cerveau, infections évolutives, infections cutanées, pacemaker, incapacité à donner leur consentement éclairé.

Intervention : La randomisation en trois groupes fut réalisée par un investigateur qui n'avait eu aucun contact direct avec les patientes (enveloppes numérotées, scellées, opaques).

Les patientes des 3 groupes ont bénéficié de la même chimiothérapie et de la même thérapie antiémétique.

Chimiothérapie : cyclophosphamide (endoxan) à la dose de 1875 mg/m² de surface corporelle par jour et cisplatin (cisplatine) : 55mg/m²/j pendant les 3 premiers jours d’hospitalisation, et le 4ème jour carmustine (Bicnu) à la dose de 600mg/m².

Agents antiémétiques : prochlorperazine (non commercialisé en France) utilisé par voie intraveineuse avant la chimiothérapie à la dose de 10 mg dans 100 ml de solution saline puis en perfusion continue à la dose de 1mg/m² de surface corporelle et par heure, lorazepam en intraveineux (témesta, mais non commercialisé sous cette forme en France) à la dose de 1mg/m² toutes les 4 heures, diphenhydramine hydrochloride (non commercialisé sous cette forme en France) à la dose de 25mg/m² administré en intraveineux également toutes les 6 heures : thérapeutique commencée 1 heure après le début de la chimiothérapie et continuée 48 heures après la fin de la dernière perfusion de chimiothérapie. Du metoclopramide (primpéran) et du droperidol (droleptan), médicaments supplémentaires ont été donnés à la discrétion des médecins non impliqués dans l’étude ou à la demande des patientes.