Dans la maladie d’Alzheimer, l’acupuncture peut être efficace

 

Figure 1. Acupuncture versus médicaments ; critère d’évaluation : échelle Mini Mental State Examination (MMSE). La différence moyenne standardisée à modèle aléatoire (SMD) est égale à 1,05 (IC 95%, 0,16 à 1,93) en faveur de l’acupuncture. Cependant, il existe une grande hétérogénéité des six ECR (I²  = 57% ; p=0,04).

 

L’utilisation de l’acupuncture pour traiter la maladie d’Alzheimer a augmenté en fréquence ces dernières années. Cette revue systématique de la littérature et la méta-analyse qui s’ensuit, a pour but d’évaluer l’efficacité et la sécurité de l’utilisation de l’acupuncture dans cette pathologie. Elle a été réalisée à partir des essais contrôlés randomisés retrouvés dans le Registre central des essais contrôlés, PubMed, Medline, Embase, PsycINFO, la littérature de biomédecine chinoise (CBM) et les bases de données médicales chinoises (CMCC et CNKI) de leur création à juin 2014. Dix essais comparatifs randomisés (ECR) pour un total de 585 participants ont été inclus dans la méta-analyse (ECR avec des populations étudiées variant de seize à quarante-neuf personnes).

La durée du traitement varie de quatre à vingt-quatre semaines. Les points les plus couramment utilisés : baihui (VG20) et zusanli (ES36) avec une incidence de 40% parmi ces 10 ECR et xuehai (RA10) et sishencong (EX1) dans 30% des 10 ECR. Les autres points utilisés : taixi (RE3), dazhui (VG14), danzhong (VC17), zhongwan (VC12), qihai (VC6), waiguan (TR5), xuanzhong (VB39), neiguan (MC6), shenshu (VE23), yintang (VG29), sanyinjiao (RA6) et dazhong (RE4), ainsi que la craniopuncture et deux points d’acupuncture expérimentaux "xiu sanzhen" et "si shenzhen".

Les résultats combinés de six essais ont objectivé que, versus le traitement médicamenteux, l’acupuncture améliore de façon statistiquement significative les résultats sur l’échelle Mini Mental State Examination (MMSE) avec une différence moyenne standardisée à modèle aléatoire (SMD) égale à 1,05 (IC 95%, 0,16 à 1,93). Cependant, il existe une grande hétérogénéité des six ECR (I²  = 57% ; p=0,04) (figure 1). De même, les résultats de trois ECR montrent que l’acupuncture associée au donépézil est plus efficace que le donépézil seul dans l’amélioration du score MMSE (SMD à modèle fixe = 2,37 ; IC 95% : 1,53 à 3,21 ; pas d’hétérogénéité (I²  = 11% ; p=0,32). Sur cent-quarante et un essais cliniques, deux études ont rapporté des effets indésirables liés à l’acupuncture. Sept des 3 416 patients ont eu des effets indésirables liés à l’acupuncture pendant ou après le traitement mais les réactions ont été décrites comme tolérables et bénignes.

En conclusion, en terme d’amélioration de la fonction cognitive, l’acupuncture peut être plus efficace que les médicaments et peut même augmenter leur effet dans le traitement de la maladie d’Alzheimer. L’acupuncture peut également être plus efficace que la thérapeutique usuelle dans l’amélioration de la capacité des patients à mener à bien leur vie quotidienne. En outre, l’acupuncture est sans danger. Néanmoins, il est nécessaire de confirmer ces différentes données par des ECR de meilleure qualité méthodologique, avec un processus de randomisation et de mise en insu de la répartition de la population étudiée plus rigoureusement contrôlé et décrit. Il est également nécessaire que ces ECR offrent davantage d’informations concernant le diagnostic de la maladie d’Alzheimer avec une mesure du degré de volume d’atrophie hippocampique mesurée par IRM. Enfin la population étudiée doit être plus importante.

 

Zhou J, Peng W, Xu M, Li W, Liu Z. The effectiveness and safety of acupuncture for patients with Alzheimer disease : a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Medicine (Baltimore). 2015 Jun ;94(22) :e933. doi : 10.1097/MD.0000000000000933.

 

 L'acupuncture améliore la qualité du sommeil chez les personnes âgées

 

Ces schémas objectivent les principaux effets de l'acupuncture véritable (TRUE)(A) versus acupuncture placebo (SHAM) (B) dans la dépression, le stress et la qualité du sommeil. Le test T montre des différences statistiquement significatives: *** p <0,0001 et * p <0,01.

 

Les troubles du sommeil chez les personnes âgées sont associés à des changements neurophysiologiques préjudiciables (augmentation du cortisol, diminution de la mélatonine) et immunosénescence prématurée des cellules lymphocytaires CD3 +, CD4 +, associée à une réduction cérébrale du brain-derivated neurotrophic factor (BDNF). Cette étude a donc permis d’évaluer les effets de l'acupuncture sur la qualité du sommeil, la détresse psychologique et l’immunosénescence chez les personnes âgées, ainsi que les effets sur les taux de BDNF. Quarante-huit personnes âgées de 60 à 77 ans ont été assignées au hasard dans un groupe témoin d’acupuncture placebo (n = 24) et un groupe acupuncture réelle (n = 24).

Les traitements d'acupuncture ont été réalisés à la clinique externe de personnes âgées, à l'institut de gériatrie et de gérontologie de l'hôpital São lucas (Porto Alegre, Brésil). Vingt-cinq minutes par session, deux fois par semaine sur un total de dix séances. La durée du traitement a été choisie pour examiner les effets à court terme de l'acupuncture. Les points choisis : 6Rt (sanyinjiao), 4GI (hegu), 36E (zusanli), 3F (taichong), 6MC (neiguan) et EX-NH3 (yintang). Dans le groupe témoin, les aiguilles ont été insérées dans des sites éloignés des véritables points d'acupuncture sans recherche du deqi. Avant et après intervention, la qualité du sommeil, de la dépression et les scores de stress ont été évalués par l'indice de la qualité du sommeil de Pittsburgh (PSQI), la Beck Depression Inventory (BDI II) et l'échelle de stress perçu (PSS).

Enfin, des échantillons de sang ont été prélevés avant et deux jours après la dernière session afin d'évaluer les paramètres immunitaires en rapport avec le sommeil.

 On objective ainsi que l’acupuncture versus placebo a été très efficace pour améliorer la qualité du sommeil (-53,23% ; p <0,01), la dépression (-48,41% ; p  <0,01) et le stress (-25,46% ; p  <0,01). Aucun changement significatif n'a été observé dans le groupe placebo.

Cependant, ni les sous-populations lymphocytaires, ni les niveaux de BDNF n’ont changé suite aux interventions.

En conclusion, la méthodologie rigoureuse utilisée dans cette étude comparative randomisée contre placebo a permis de montrer les effets de l’acupuncture dans l'amélioration de la qualité du sommeil et de la relaxation chez les personnes âgées.

 Zuppa C, Prado CH, Wieck A, Zaparte A, Barbosa A, Bauer ME. Acupuncture for sleep quality, BDNF levels and immunosenescence: a randomized controlled study. Neurosci Lett. 2015 Feb 5;587:35-40.

 

 Spécificité des points d’acupuncture utilisés dans la dysménorrhée primaire

Pourcentage d’utilisation des dix combinaisons de points les plus usités. La combinaison la plus courante est le VC4 et RA6 (60,97% ) ou RA6 et VC6 (28,6%), RA6 et VE32 (27,4%) etc.

L'acupuncture fournit une analgésie efficace dans la dysménorrhée primaire. Une étude basée sur l'exploration de données de la littérature a permis de sélectionner les points les plus généralement utilisés dans les essais cliniques avec ou sans randomisation, avec ou sans groupe témoin, publiés en anglais ou en chinois de janvier 1978 à avril 2014. Cette étude a pour intérêt d’examiner les principes de sélection des points d'acupuncture et leurs caractéristiques. 67,24% des points d'acupuncture utilisés étaient des points d'acupuncture spécifiques selon les théories de différenciation des syndromes, points de croisement, points shu antiques, points yuan et points shu et mu. Il en résulte donc une spécificité des points les plus fréquemment travaillés : sanyinjiao (RA6), guanyuan (VC4), qihai (VC6), diji (RA8), ciliao (VE32), etc. Les méridiens les plus souvent utilisés étaient renmai (Vaisseau Conception), zutaiyin (Rate-Pancréas) et zutaiyang (Vessie). Les points des membres inférieurs ont été les plus fréquemment puncturés. En conclusion, l’'exploration de données est une approche possible afin d'identifier les caractéristiques de la sélection des points d'acupuncture. Cette  étude indique ainsi que les protocoles d’acupuncture moderne du traitement de la dysménorrhée primaire sont basés sur une sélection des points d'acupuncture spécifiques mettant en pratique les théories de la médecine traditionnelle chinoise.

 Yu S, Yang J, Yang M, Gao Y, Chen J, Ren Y, Zhang L, Chen L, Liang F, Hu Y. Application of acupoints and meridians for the treatment of primary dysmenorrhea : a data mining-based literature study. Evid Based Complement Alternat Med. 2015;2015:752194. doi : 10.1155/2015/752194. Epub 2015 Feb 24. Review.

 

 L’effet de l’acupuncture s’observe par IRMf sur le cortex somatosensoriel et le système limbique

 

Les zones stimulées par l’acupuncture véritable versus acupuncture simulée à l’IRMf.

(A)    réponses du cerveau à l'acupuncture vraie : activation sensorimotrice et affective ; désactivation de l'amygdale et les régions du cerveau de DMN (réseau cérébral du mode par défaut : lobe temporal médial, cortex préfrontal médial, cortex cingulaire postérieur, précunéus et d’autres régions avoisinantes du cortex pariétal).

(B)    réponses du cerveau entre acupuncture véritable et acupuncture simulée : activation importante dans les zones somato-sensorielles, les régions limbiques, les régions de traitement visuel et le cervelet.

(C)    réponses du cerveau à acupuncture véritable et simulée versus repos : activation zones sensorimotrices et affectives du cerveau et désactivation de l'amygdale et des régions de DMN associés à l'acupuncture véritable tandis que l'acupuncture simulée produit une activation dans des régions somatosensorielles et les régions affectives, le cervelet et désactivation dans les régions limbiques.

(D)    réponses du cerveau entre acupuncture véritable et acupuncture simulée par analyse soustractive : activation plus importante dans les régions sensori-motrices, affectives et cognitives ; désactivation de l'amygdale, de l’hippocampe pour l’acupuncture véritable.

Amyg : amygdale ; Ce : cervelet ; DlPFC : cortex préfrontal dorsolatéral ; FG : gyrus fusiforme ; H : formation hippocampique ; IN : insula ; MCC : cortex cingulaire médian ; Nac: noyau accumbens ; paraHG : gyrus parahippocampal ; PCC : cortex cingulaire postérieur ; preCG : gyrus pré-central ; pré-SMA : aire motrice pré-supplémentaire ; SI : cortex somatosensoriel primaire ; SII : cortex somatosensoriel secondaire ; SgACC : cortex cingulaire antérieur subgenual ; SMG : gyrus supra-marginal; Th : thalamus ; vmPFC: cortex préfrontal ventromédian.

 

La réponse du cerveau aux stimuli d’acupuncture que l’on peut observer par Imagerie par Résonnance Magnétique fonctionnelle (IRMf) englobe un vaste réseau de régions cérébrales faisant intervenir non seulement le cortex somatosensoriel, mais aussi les régions liées à l’affectif et au traitement des informations cognitives comme le système limbique. Les auteurs ont analysé les effets de l’acupuncture sur le cerveau humain à partir de toutes les études utilisant l'IRMf. Sept-cent-soixante-dix-neuf articles ont été identifiés, cent-quarante-neuf répondaient aux critères d'inclusion et trente-quatre ont permis la réalisation de la méta-analyse. On a considéré les aspects suivants : 1) les différences entre acupuncture véritable et simulée, 2) les différences dues à diverses méthodes de manipulation de l'acupuncture, 3) les différences entre les patients malades et volontaires sains, 4) les différences entre les différents points d'acupuncture. Bien que les résultats soient hétérogènes, on objective d’un point de vue descriptif que la plupart des études suggèrent que l’acupuncture module l’activité dans des zones spécifiques du cerveau : cortex somatosensoriel, système limbique, ganglions de la base, tronc cérébrale et cervelet. Mais des travaux de méthodologie plus rigoureuse sont encore nécessaires pour améliorer la cohérence entre les différentes études.

Huang W, Pach D, Napadow V, Park K, Long X, Neumann J, Maeda Y, Nierhaus T, Liang F, Witt CM. Characterizing acupuncture stimuli using brain imaging with FMRI--a systematic review and meta-analysis of the literature. PLoS One. 2012;7(4):e32960. doi: 10.1371/journal.pone.0032960.

 

Le deqi engendre une réponse spécifique au niveau des points d’acupuncture et du cerveau

 

Recherche du deqi au 36ES.

Interprété comme flux de "l'énergie vitale", le deqi est l'effet caractéristique lié à la manipulation de l'aiguille. Il se manifeste sous diverses sensations perçues par les patients (engourdissement, lourdeur, distension et douleurs, sensation de diffusion) ainsi que par les acupuncteurs (sensation de lourdeur et de rétention/serrement sous l'aiguille). Bien que le mécanisme thérapeutique sous-jacent reste à préciser, il est généralement admis que l'intensité du stimulus doit atteindre un seuil afin de susciter le deqi. Résultant de la manipulation de l'aiguille, le deqi est considéré comme la condition sine qua non de l'acupuncture pour l’obtention d'un effet thérapeutique clinique optimal selon la MTC.

Une équipe chinoise a réalisé une étude sur 30 volontaires adultes en bonne santé afin d’analyser les changements intrinsèques au sein de l’organisme suite à l’acupuncture avec le deqi. Des aiguilles jetables d'un diamètre de 0,22 mm et 40 mm de longueur ont été utilisées. L'aiguille a été insérée verticalement à une profondeur de 2-3 cm aux points 4GI et 36E du côté droit, chaque point étant utilisé dans deux séries indépendantes de mesures. L'aiguille a été maintenue en place pendant 2 min avant de la manipuler. Elle a été tournée environ 180° dans chaque direction, au rythme d'un cycle par seconde, ce qui correspond à la technique utilisée en pratique clinique. La sensibilité du participant à la manipulation de l'aiguille a été testée et ajustée à sa tolérance, visant à susciter la sensation du deqi sans causer de douleur insupportable. Dans le cas d'une forte sensation douloureuse, la position de l'aiguille doit être réajustée pour faire disparaître la douleur en quelques secondes.

Les résultats des mesures par Laser Doppler imagerie de perfusion (LDPI), par échographie et par électromyographie (EMG) ont montré une augmentation du débit sanguin, du déplacement des tissus ainsi que de l'amplitude myoélectrique aux points d’acupuncture après obtention du deqi. Par ailleurs à l’imagerie fonctionnelle (IRMf), le traitement par acupuncture avec recherche du deqi induit une augmentation/diminution du signal dans différentes régions du cerveau, malgré l’absence de changement significatif à l'électroencéphalogramme.

D’après cette étude, les variations intrinsèques observées chez les sujets sains permettent d’évaluer de façon quantitative la réponse spécifique aux points d'acupuncture et au niveau du cerveau humain lors de l’obtention du deqi. Ceci confirme la validité d’une modalité de traitement largement adoptée dans le monde entier.

Tian DS, Xiong J, Pan Q, Liu F, Wang L, Xu SB, Huang GY, Wang W. De Qi, a Threshold of the Stimulus Intensity, Elicits the Specific Response of Acupoints and Intrinsic Change of Human Brain to Acupuncture. Evid Based Complement Alternat Med. 2014:914878.

 

La moxibustion au point 1Rn améliore l’efficacité des antihypertenseurs dans le traitement de l’hypertension essentielle

 

 

 

 

 

Représentation de la Déesse Artémis, déesse de la Chasse et une des déesses de la Lune. Artémis est une déesse « vierge », parthenos, la vierge qui s'occupe du feu. L’Artemisia vulgaris ou armoise vulgaire tire son nom d’Artémis. D’une autre plante issue de la grande famille des armoises (Artemisia), on pourra noter l’armoise annuelle (Artemisia annua - en chinois : qinghao (青蒿), plante annuelle originaire de Chine dont l’une des substances actives extraite de ses feuilles est l'artémisinine qui combat efficacement le paludisme.

 

 

 

 

 

Trois auteurs chinois ont réalisé une revue systématique pour évaluer l'efficacité de la stimulation du point 1Rn par moxa d’armoise (Artemisia vulgaris) combinée aux médicaments antihypertenseurs pour faire baisser la tension artérielle. La consultation de six bases (PubMed, Cochrane, Embase et trois bases chinoises) a permis de recenser 492 essais contrôlés randomisés (ECR) publiés depuis 1980 jusqu’au mois d’août 2013. Ces ECR ont évalué l'efficacité des interventions de type acupuncture, électroacupuncture ou moxibustion au point 1Rn dans le traitement de l’hypertension essentielle. Les sujets inclus dans ces ECR ont une pression systolique ≥ 140 mm Hg et/ou une pression diastolique ≥ 90 mm Hg, ou sont déjà traités par  médicaments antihypertenseurs. L’efficacité est définie comme une diminution de la TA systolique  supérieure à 30 mm Hg ou une diminution de la TA diastolique de plus de 10 mm Hg. Parmi les quatre ECR (tous menés en Chine et publiés en chinois) retenus dans cette méta-analyse, la moxibustion a été utilisée de façon directe dans deux ECR et de façon indirecte dans les deux autres.

Les résultats de l’analyse ont montré une efficacité supérieure de la moxibustion combinée aux antihypertenseurs (vs traitement par antihypertenseurs uniquement) sur la TA systolique, mais pas sur la TA diastolique.  Par ailleurs parmi ces quatre ECR, une étude a montré, après traitement par moxibustion au point 1Rn, une diminution du taux d'endothéline, d’angiotensine II et de l’activité rénine plasmatique (ARP), ainsi qu’une augmentation du taux d'oxyde nitrique, mais pas de manière significative (p>0,05), ceci étant probablement liée à la courte durée du traitement. La réalisation d'autres ECR de meilleure qualité méthodologique est nécessaire.

 

 Yang X, Xiong X, Yang G, Wang J. Effectiveness of Stimulation of Acupoint KI 1 by Artemisia vulgaris (Moxa) for the Treatment of Essential Hypertension: A Systematic Review of Randomized Controlled Trials. Evid Based Complement Alternat Med 2014.

L'auriculothérapie semble efficace dans l'antalgie

 

Treize ECR sont inclus dans la méta-analyse. On observe une importante hétérogénéité de la méta-analyse (I²=95% - P<0,00001) signifiant un biais dans l’analyse trop optimiste des résultats positifs. Une des sources de biais est en rapport avec le choix de sélection dans le protocole d’étude. L’analyse des sous-groupes objective que l’acupression auriculaire montre une efficacité plus grande que l’auriculothérapie proprement dite ou la stimulation électrique des aiguilles auriculaires.

L’objectif de cette revue systématique et méta-analyse est d’évaluer l’efficacité de l’auriculothérapie dans la douleur en incluant un groupe témoin placebo. Des essais comparatifs randomisés (ECR) ont été identifiés par recherche sur bases de données médicales (Medline, Cochrane, China Academic Journals, etc.) jusqu’en mai 2013. Le critère de jugement est le score d’intensité de la douleur. Vingt-deux ECR ont été identifiés et treize ECR ont été inclus pour la méta-analyse. Dans ces études, l’auriculothérapie montre une action antalgique statistiquement significative par rapport à un groupe placebo ou un groupe témoin. Les différences moyennes standardisées globales (SMD) étaient de -1,59 (IC 95% [-2,36, -0,82]) (13 ECR, N= 806), ce qui indique que la diminution moyenne du score de douleur dans le groupe d’auriculothérapie était 1,59 écart-type supérieur à celle du groupe placebo. En termes d’efficacité des différentes méthodes de traitement, l’acupression auriculaire objective la plus grande force de preuve dans l’antalgie, suivie par l’acupuncture auriculaire. Par contre, la stimulation électroacupuncturale n’a pas montré des preuves statistiquement significatives de son efficacité, ce qui peut être dû à la petite taille de l’échantillon (seuls dix-neuf sujets ont été inclus). En conclusion, même si cette méta-analyse objective une efficacité de l’auriculothérapie dans l’antalgie à un niveau de grade B (présomption scientifique) selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé française (HAS) [[1]], d’autres ECR à plus grande échelle et de plus grande puissance sont nécessaires pour déterminer une preuve scientifique d’efficacité établie, surtout qu’il existe une grande hétérogénéité des ECR.​

Yeh CH, Chiang YC, Hoffman SL, Liang Z, Klem ML, Tam WW, Chien LC, Suen LK. Efficacy of auricular therapy for pain management : a systematic review and meta-analysis. Evid Based Complement Alternat Med. 2014 ;2014:934670. doi : 10.1155/2014/934670. Epub 2014 Jul 23. 

Dyspepsie fonctionnelle : efficacité de l’acupuncture comme thérapie complémentaire

Dans un essai clinique contrôlé randomisé, trente patients âgés de 18 à 60 ans et souffrant de dyspepsie fonctionnelle selon les critères de Rome III ont été répartis en deux groupes. Les personnes infectées par Helicobacter pylori sont exclues de l’étude. Le 1er groupe (GI) est soumis pendant quatre semaines à un traitement médicamenteux associé à un traitement par acupuncture spécifique. Le groupe contrôle (GII) est soumis pendant quatre semaines à un traitement pharmacologique et acupuncture non spécifique. Comme traitement médicamenteux, les patients reçoivent domperidone en cas de dyspepsie fonctionnelle de type inconfort post-prandial ou omeprazole en cas de dyspepsie fonctionnelle de type douleur épigastrique. Le traitement par acupuncture comporte au total douze séances, au rythme de trois séances/semaine. Chaque séance dure 40 minutes. Les points utilisés dans le groupe GI sont : 6MC, 4GI, 12 VC, 36 E, 3P, 44E. Pour GII, les points utilisés sont situés sur les mêmes méridiens mais décalés : 5MC, 3GI, 11VC, 35E, 2P, 43E. Les symptômes gastro-intestinaux, l’anxiété et la qualité de vie ont été évalués à la fin du traitement et trois mois après.
Après quatre semaines de traitement, les symptômes gastro-intestinaux sont améliorés dans les deux groupes : (55 ± 12 vs 29 ± 8,8) pour GI et (50,5 ± 10,2 vs 10,5 ± 46) pour GII. La qualité de vie était significativement meilleure dans le groupe I que dans le groupe II (93,4 ± 7,3 vs 102,4 ± 5,1). L’anxiété et la dépression étaient significativement plus faibles dans le groupe I que dans le groupe II. Trois mois après le traitement, les symptômes gastro-intestinaux sont restés meilleurs dans le groupe I, lorsqu'on les compare aux valeurs avant traitement.

Chez les patients atteints de dyspepsie fonctionnelle, l’acupuncture comme traitement d’appoint au traitement médicamenteux conventionnel donne de meilleurs résultats que le traitement médicamenteux conventionnel sans acupuncture. D'autres études avec davantage de patients sont nécessaires pour confirmer ces résultats.

 Lima FA , Ferreira LE , Pace FH. Acupuncture effectiveness as a complementary therapy in functional dyspepsia patients. Arq Gastroenterol . 2013 juil.-sept ; 50 (3) :202-7 . doi: 10.1590/S0004-28032013000200036.