{"id":3255,"date":"2025-12-21T15:06:49","date_gmt":"2025-12-21T15:06:49","guid":{"rendered":"https:\/\/meridiens.org\/meridienjmstephf\/?p=3255"},"modified":"2025-12-21T15:13:53","modified_gmt":"2025-12-21T15:13:53","slug":"interet-de-lacupuncture-dans-la-fatigue-liee-au-cancer","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/meridiens.org\/meridienjmstephf\/?p=3255","title":{"rendered":"Int\u00e9r\u00eat de l\u2019acupuncture dans la fatigue li\u00e9e au cancer"},"content":{"rendered":"<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"613\" height=\"994\" src=\"https:\/\/meridiens.org\/meridienjmstephf\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/paul-Serusier-la-fatigue.jpg\" alt=\"Paul S\u00e9rusier \u2013 Les Porteuses d\u2019eau ou la Fatigue (1897) \u2013 Mus\u00e9e des Beaux-Arts de Brest\" class=\"wp-image-3262\" style=\"width:400px\" srcset=\"https:\/\/meridiens.org\/meridienjmstephf\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/paul-Serusier-la-fatigue.jpg 613w, https:\/\/meridiens.org\/meridienjmstephf\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/paul-Serusier-la-fatigue-185x300.jpg 185w\" sizes=\"auto, (max-width: 613px) 100vw, 613px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Paul S\u00e9rusier \u2013 Les Porteuses d\u2019eau ou la Fatigue (1897) \u2013 Mus\u00e9e des Beaux-Arts de Brest<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><strong>R\u00e9sum\u00e9&nbsp;:<\/strong>&nbsp;Qu\u2019elle soit en rapport avec la chimioth\u00e9rapie ou la radioth\u00e9rapie, la fatigue li\u00e9e au cancer est un probl\u00e8me tr\u00e8s fr\u00e9quent apparaissant d\u00e8s le d\u00e9but du traitement anticanc\u00e9reux et pouvant persister m\u00eame des mois apr\u00e8s la fin de ce traitement. Son d\u00e9pistage et son \u00e9valuation devraient donc \u00eatre recommand\u00e9s syst\u00e9matiquement. A l\u2019exclusion des th\u00e9rapies des causes facilement identifiables comme une an\u00e9mie ou une d\u00e9pression, le traitement habituel fait appel \u00e0 une prise en charge favorisant les techniques d\u2019\u00e9conomie d\u2019\u00e9nergie, une approche pharmacologique, psychologique et une r\u00e9habilitation physique. Une autre possibilit\u00e9 souvent ignor\u00e9e fait intervenir l\u2019acupuncture qui objective dans des essais contr\u00f4l\u00e9s randomis\u00e9s pr\u00e9liminaires un b\u00e9n\u00e9fice certain qui doit \u00eatre confirm\u00e9 par des essais cliniques de grande puissance. L\u2019acupuncture semble ainsi efficace dans la fatigue li\u00e9e au cancer quel que soit son stade et&nbsp;se doit donc d\u2019entrer dans le panel de soins de sant\u00e9 que l\u2019oncologue peut offrir \u00e0 son malade.&nbsp;<strong>Mots cl\u00e9s&nbsp;:&nbsp;<\/strong>Acupuncture, cancer, fatigue li\u00e9e au cancer, traitement&nbsp; alternatif.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><strong>Introduction<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p>&nbsp;La demande d\u2019acupuncture chez les patients souffrant de cancer est motiv\u00e9e par une recherche d\u2019am\u00e9lioration&nbsp;&nbsp;de la qualit\u00e9 de vie comme le rel\u00e8ve une \u00e9tude sociologique r\u00e9alis\u00e9e en convention avec l\u2019Institut national du cancer ([1]). On rel\u00e8ve ainsi que 69,9% des attentes des patients concernent la diminution des effets secondaires des traitements oncologiques, notamment les naus\u00e9es et vomissements, le stress, la&nbsp;fatigue et les douleurs ([2]). Parmi ces effets secondaires (tableau 1), la fatigue est la mieux soulag\u00e9e (58,1% des cas) selon l\u2019\u00e9tude de Triadou et al. ([3]) et il importe de faire le point sur l\u2019\u00e9tat actuel des connaissances.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">&nbsp;<strong>Tableau&nbsp;<\/strong><strong>1<\/strong><strong>.<\/strong>&nbsp;Effets secondaires les mieux soulag\u00e9s par acupuncture des patients d\u2019acupuncteurs m\u00e9decins&nbsp;(reproduction r\u00e9alis\u00e9e avec l\u2019aimable autorisation de la revue Acupuncture &amp; Moxibustion).&nbsp;<img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/web.archive.org\/web\/20201127113551im_\/https:\/\/www.meridiens.org\/jmarcstephan\/images\/effseco.jpg\" alt=\"\">&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1055\" height=\"888\" src=\"https:\/\/meridiens.org\/meridienjmstephf\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/effets-secondaires-cancer.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3293\" style=\"aspect-ratio:1.188073914522163;width:602px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/meridiens.org\/meridienjmstephf\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/effets-secondaires-cancer.jpg 1055w, https:\/\/meridiens.org\/meridienjmstephf\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/effets-secondaires-cancer-300x253.jpg 300w, https:\/\/meridiens.org\/meridienjmstephf\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/effets-secondaires-cancer-1024x862.jpg 1024w, https:\/\/meridiens.org\/meridienjmstephf\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/effets-secondaires-cancer-768x646.jpg 768w, https:\/\/meridiens.org\/meridienjmstephf\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/effets-secondaires-cancer-624x525.jpg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 1055px) 100vw, 1055px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><strong>D\u00e9finitions de la fatigue<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p>L\u2019asth\u00e9nie li\u00e9e au cancer est une sensation subjective, p\u00e9nible et persistante de fatigue physique, \u00e9motionnelle et\/ou cognitive, un \u00e9puisement en rapport avec le cancer ou le traitement du cancer, non proportionnelle \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 r\u00e9cente, non am\u00e9lior\u00e9e par le repos et qui interf\u00e8re avec le fonctionnement habituel du malade ([4]). Elle est \u00e0 la fois physique avec une asth\u00e9nie pr\u00e9dominant en fin d\u2019apr\u00e8s-midi voire le soir, et psychique survenant le matin avec une dimension psycho-pathologique entra\u00eenant d\u00e9tresse, \u00e9motions, tristesse, irritabilit\u00e9 etc. Elle va entrainer des strat\u00e9gies d\u2019adaptation avec une diminution des capacit\u00e9s physiques et\/ou psychologiques ([5]).<\/p>\n\n\n\n<p>La fatigue touche tr\u00e8s fr\u00e9quemment les patients canc\u00e9reux b\u00e9n\u00e9ficiant d\u2019une chimioth\u00e9rapie cytotoxique, de radioth\u00e9rapie, de greffe de moelle osseuse ou de traitements avec des modificateurs de r\u00e9ponse biologique ([6]). Elle affecte 70% \u00e0 100% des patients canc\u00e9reux selon le National Comprehensive Cancer Network ( NCCN).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">&nbsp;<strong>Modalit\u00e9s \u00e9pid\u00e9miologiques<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;<\/strong>La pr\u00e9valence de la fatigue a d\u2019ailleurs \u00e9t\u00e9 compar\u00e9e \u00e0 celle de la population g\u00e9n\u00e9rale. Selon la revue de Minton et al., elle varie beaucoup en fonction des questionnaires d\u2019\u00e9valuation mais reste n\u00e9anmoins significativement plus \u00e9lev\u00e9e que dans la population g\u00e9n\u00e9rale, chiffr\u00e9e par exemple entre 39% et plus de 90% durant le traitement et de 19% et 38% apr\u00e8s la fin du traitement anti-canc\u00e9reux ([7]).<\/p>\n\n\n\n<p>Il est important aussi de savoir si la fatigue est bien la cons\u00e9quence directe ou indirecte du cancer ou de son traitement. Il s\u2019agira donc d\u2019en faire un diagnostic pr\u00e9cis selon des crit\u00e8res sp\u00e9cifiques&nbsp;et de la diff\u00e9rencier d\u2019une comorbidit\u00e9 psychiatrique. Cella et al. ([8]) ont \u00e9tabli diff\u00e9rents crit\u00e8res afin de confirmer un diagnostic comme la fatigue significative, la diminution de la concentration, le sommeil non r\u00e9parateur, le fait de devoir lutter pour surmonter la tendance \u00e0 l\u2019inactivit\u00e9, la tristesse ou l\u2019irritabilit\u00e9, la perte de m\u00e9moire \u00e0 court terme etc.<\/p>\n\n\n\n<p>On distingue en outre la fatigue au cours de la prise en charge th\u00e9rapeutique et celle qui survient apr\u00e8s la fin du traitement.<\/p>\n\n\n\n<p>Une revue de la litt\u00e9rature publi\u00e9e entre 1989 et 2001 concernant le cancer du sein a objectiv\u00e9 que des taux \u00e9lev\u00e9s et fluctuants de pr\u00e9valence de la fatigue sont trouv\u00e9s non seulement pendant mais aussi apr\u00e8s l&rsquo;administration d&rsquo;une chimioth\u00e9rapie adjuvante. A l\u2019inverse de la perception commune qui sous-entend que davantage de traitements de chimioth\u00e9rapie peuvent conduire \u00e0 une plus grande fatigue, les \u00e9tudes de la litt\u00e9rature montrent au contraire que l&rsquo;intensit\u00e9 de la fatigue reste stable tout au long des cycles de traitement. Par contre, la fatigue qui suit les deux premiers jours apr\u00e8s l&rsquo;administration de la chimioth\u00e9rapie semble \u00eatre la pire et les praticiens doivent en informer leurs patients ([9]).<\/p>\n\n\n\n<p>La fatigue persiste aussi bien souvent alors que le traitement anticanc\u00e9reux est termin\u00e9. Ainsi Broeckel et al. ont trouv\u00e9 que la fatigue des patientes \u00e9tait en moyenne 50% plus \u00e9lev\u00e9e seize mois apr\u00e8s la chimioth\u00e9rapie que celle rapport\u00e9e dans un groupe comparatif des femmes n\u2019ayant pas eu le cancer du sein ([10]). A plus long terme, une \u00e9tude longitudinale objective que 34% des sept-cent-soixante patientes interrog\u00e9es rapporte une fatigue importante cinq \u00e0 dix ans apr\u00e8s le diagnostic du cancer du sein, presque identique \u00e0 celle observ\u00e9e de un \u00e0 cinq ans apr\u00e8s le diagnostic (35%), soulignant ainsi l&rsquo;absence de changement dans ce sympt\u00f4me au fil du temps ([11]).<\/p>\n\n\n\n<p>De ce fait, les patients sont en demande d&rsquo;une utilisation plus fr\u00e9quente des services de sant\u00e9, y compris des th\u00e9rapies alternatives, comme le montre une \u00e9tude canadienne portant sur 913 patients, o\u00f9 l\u2019asth\u00e9nie est le sympt\u00f4me le plus fr\u00e9quemment rapport\u00e9 (78%) avec l\u2019anxi\u00e9t\u00e9 (77%) ([12]).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">&nbsp;<strong>Les \u00e9chelles d\u2019\u00e9valuation de la fatigue<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p>&nbsp;Si le diagnostic de la fatigue ne pose pas trop de probl\u00e8me, son \u00e9valuation au cours du temps n\u00e9cessite des questionnaires sp\u00e9cifiques d\u00e9termin\u00e9s par l\u2019int\u00e9r\u00eat que l\u2019on porte au sympt\u00f4me. S\u2019il s\u2019agit d\u2019explorer la fatigue en \u00e9valuation de routine, une \u00e9chelle unidimensionnelle de type visuelle analogique (EVA) gradu\u00e9e de 0 \u00e0 10 cm peut suffire. Par contre, en cas de recherche clinique, d\u2019\u00e9tudes contr\u00f4l\u00e9es randomis\u00e9es ou si le chiffrage \u00e0 l\u2019EVA est sup\u00e9rieur \u00e0 6 avec un impact s\u00e9v\u00e8re sur la vie quotidienne, les questionnaires doivent \u00eatre sp\u00e9cifiques de type uni ou multidimensionnels, c\u2019est \u00e0 dire permettant d\u2019\u00e9tudier les diff\u00e9rentes composantes de la fatigue \u00e0 la fois physique et psychologique ([13]). On peut retenir le MFI 20 (multidimensional Fatigue Inventory) qui s\u2019int\u00e9resse \u00e0 vingt items et cinq dimensions&nbsp;: fatigue globale, physique, mentale, r\u00e9duction de l\u2019activit\u00e9, r\u00e9duction de la motivation&nbsp;; le FACIT-F (Functional assessment of chronic illness-Fatigue subscale) mesurant \u00e0 la fois la qualit\u00e9 de la vie (sur vingt-six items) et treize items sp\u00e9cifiques de la fatigue. Les r\u00e9f\u00e9rentiels interr\u00e9gionaux (5) pr\u00e9conisent l\u2019\u00e9chelle de fatigue r\u00e9vis\u00e9e de Piper datant de 1998 qui \u00e9tudient vingt-deux items \u00e9valu\u00e9s sur une \u00e9chelle num\u00e9rique de 0 \u00e0 10, sur quatre dimensions&nbsp;: comportementale\/intensit\u00e9, affective, sensorielle et cognitive\/humeur. Plus simple, car unidimensionnelle, la BFI (Brief Fatigue Inventory) \u00e9value dans son questionnaire neuf items (chiffr\u00e9 de 0 \u00e0 10 sur une \u00e9chelle num\u00e9rique) avec trois questions sur la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 de la fatigue et six questions sur le retentissement dans la vie quotidienne dans les 24 heures qui pr\u00e9c\u00e8dent&nbsp;: activit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale, humeur, capacit\u00e9 de marche, travail, relations avec autrui, joie de vivre. La fatigue est consid\u00e9r\u00e9e comme mod\u00e9r\u00e9e pour des chiffres compris entre 4 et 6&nbsp;; et s\u00e9v\u00e8re si compris entre 7 et 10.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><strong>La prise en charge pr\u00e9conis\u00e9e<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p>&nbsp;La prise en charge symptomatique doit tenir compte que la fatigue est un sympt\u00f4me \u00e0 la fois multifactoriel et multidimensionnel. Bien s\u00fbr il s\u2019agira de d\u00e9couvrir les causes r\u00e9versibles facilement identifiables par un bilan biologique, comme une an\u00e9mie, une infection, des troubles m\u00e9taboliques, endocriniens, ou par une comorbidit\u00e9&nbsp;: syndrome d\u00e9pressif, d\u00e9nutrition, causes iatrog\u00e8nes, r\u00e9cidive du cancer, douleurs chroniques etc.<\/p>\n\n\n\n<p>Sans \u00e9tiologie pr\u00e9cise, il est recommand\u00e9 en fonction de la prise en charge (durant le traitement par chimioth\u00e9rapie\/ radioth\u00e9rapie etc., en post-th\u00e9rapie ou en fin de vie) de favoriser les techniques d\u2019\u00e9conomie d\u2019\u00e9nergie sans conseiller le repos et la sieste qui sont d\u00e9l\u00e9t\u00e8res, favoriser la r\u00e9habilitation physique (marche, jogging, natation) avec des exercices physiques mod\u00e9r\u00e9s et r\u00e9guliers ([14]), d\u2019avoir une approche psychologique et\/ou enfin d\u2019intervenir par th\u00e9rapeutiques purement pharmacologiques tels que les psychostimulants&nbsp;: m\u00e9thylph\u00e9nidate, modafinil, dexamph\u00e9tamine, guarana. Cependant, m\u00eame si ces psychostimulants augmentent la vigilance, le niveau de preuves est insuffisant pour qu\u2019ils soient syst\u00e9matiquement recommand\u00e9s, sans compter que les effets secondaires sont loin d\u2019\u00eatre n\u00e9gligeables (4,5).<\/p>\n\n\n\n<p>Durant la phase de traitement anticanc\u00e9reux, le NCCN (4) avait rapport\u00e9 des effets positifs de l\u2019acupuncture, mais du fait de la faible population \u00e9tudi\u00e9e, recommandait des ECR de plus grande puissance.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><strong>Prise en charge de la fatigue par acupuncture<\/strong><\/h1>\n\n\n\n<p><strong>&nbsp;<\/strong>En effet, bien qu\u2019une m\u00e9taanalyse de la collaboration Cochrane r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 partir de cinq \u00e9tudes (n=205) montre que le&nbsp;m\u00e9thylph\u00e9nidate&nbsp;puisse \u00eatre efficace dans la fatigue, il a \u00e9t\u00e9 conseill\u00e9 de r\u00e9aliser de plus grands essais ([15]). De la m\u00eame mani\u00e8re, m\u00eame si quatre essais d\u2019acupuncture (Figure 1) portant sur une population globale de 127 patients objectivent un certain b\u00e9n\u00e9fice, il n\u2019en demeure pas moins que la r\u00e9alisation d\u2019ECR de plus grande puissance est n\u00e9cessaire.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"507\" height=\"351\" src=\"https:\/\/meridiens.org\/meridienjmstephf\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/hegu.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-3294\" srcset=\"https:\/\/meridiens.org\/meridienjmstephf\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/hegu.jpg 507w, https:\/\/meridiens.org\/meridienjmstephf\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/hegu-300x208.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 507px) 100vw, 507px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><strong>Figure 1.&nbsp;<\/strong>Aiguille d\u2019acupuncture implant\u00e9e sur le point&nbsp;<strong><em>hegu<\/em><\/strong>&nbsp;(GI4).&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong><em>Fatigue li\u00e9e \u00e0 la radioth\u00e9rapie<\/em><\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Une \u00e9tude pr\u00e9liminaire a objectiv\u00e9 que douze s\u00e9ances d\u2019acupuncture r\u00e9alis\u00e9es chez des patients (n=16) durant tout leur protocole de radioth\u00e9rapie ont le potentiel de pr\u00e9venir la fatigue li\u00e9e \u00e0 ce traitement ([16]).<\/p>\n\n\n\n<p>Mieux, car dans cette \u00e9tude toujours pr\u00e9liminaire mais en double aveugle et portant sur vingt-sept patients randomis\u00e9s, il apparait que le groupe de sujets recevant l\u2019acupuncture ont une meilleure am\u00e9lioration de la fatigue que dans celui du groupe acupuncture factice ([17]). Il s\u2019agit d\u2019une \u00e9tude pilote de bonne qualit\u00e9 m\u00e9thodologique avec un score de Jadad \u00e0 5 (Tableau 2) ([18]). Les patientes sont trait\u00e9es deux fois par semaine durant les six semaines de radioth\u00e9rapie. Le recueil des mesures&nbsp;se fait&nbsp;selon l\u2019\u00e9chelle&nbsp;FACIT-F \u00e0 trois et six semaines durant le traitement et quatre semaines apr\u00e8s la fin. On observe que l\u2019acupuncture est plus efficace sur la fatigue que l\u2019acupuncture factice, m\u00eame si la diff\u00e9rence entre les deux n\u2019est pas significative (p=0,37). En fait, les auteurs ont calcul\u00e9 que pour montrer une diff\u00e9rence significative entre les deux groupes et objectiver un effet sp\u00e9cifique, il \u00e9tait n\u00e9cessaire d\u2019augmenter la puissance d\u2019une \u00e9tude future et d\u2019inclure soixante-quinze patients par groupe. Quoi qu\u2019il en soit les auteurs observaient que l\u2019acupuncture v\u00e9ritable \u00e9tait plus b\u00e9n\u00e9fique pour les patients que l\u2019acupuncture factice.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;<strong>Tableau 2.<\/strong>&nbsp;Evaluation d\u2019une qualit\u00e9 m\u00e9thodologique de l\u2019essai contr\u00f4l\u00e9 randomis\u00e9 de Balk.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table is-style-stripes\"><table class=\"has-white-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-link-color has-fixed-layout\"><thead><tr><th><strong>Grille de Jadad <\/strong><\/th><\/tr><\/thead><tbody><tr><td><br>1.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;randomisation cit\u00e9e, d\u00e9crite et appropri\u00e9e&nbsp;: 2 points<br>2.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;insu-patient prouv\u00e9 par un questionnaire demandant \u00e0 la 3<sup>\u00e8me<\/sup>&nbsp;et 10<sup>\u00e8me<\/sup>&nbsp;semaine de suivi dans quel groupe d&rsquo;acupuncture le patient se situe&nbsp;: 1 point<br>3.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;insu-\u00e9valuateur. L&rsquo;\u00e9valuateur est une infirmi\u00e8re, donc diff\u00e9rente du th\u00e9rapeute, et ignore \u00e0 quel groupe appartient la patiente dont elle recueille les informations&nbsp;: 1 point<br>4.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;sorties d&rsquo;essai&nbsp;:&nbsp;analyse en intention de traiter, car 27 patientes en d\u00e9but de traitement et 4 sorties d\u2019essai d\u00e9crits et incluses dans les calculs statistiques en fin d&rsquo;essai&nbsp;: 1 point<br><strong><em>Score&nbsp;: 5\/5<\/em><\/strong>,&nbsp;c&rsquo;est \u00e0 dire \u00e9tude de haute qualit\u00e9.<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong><em>Fatigue en post-chimioth\u00e9rapie<\/em><\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9tude ouverte de Vickers et al. ([19]) a \u00e9t\u00e9 conduite chez trente-sept sujets, dont trente et un ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de l\u2019\u00e9valuation compl\u00e8te (six perdus de vue). Il s\u2019agissait de patients ayant eu pour la plupart un cancer du sein (32%), mais aussi un cancer gyn\u00e9cologique (16%), poumon (23%), h\u00e9matologique (16%) etc.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces malades avaient fini leur cure de chimioth\u00e9rapie depuis plus de deux ans et avait une fatigue persistante \u00e9valu\u00e9e au d\u00e9part \u00e0 6,47 sur l\u2019\u00e9chelle BFI. Une premi\u00e8re cohorte (n=25) avait b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 du traitement acupunctural deux fois par semaine pendant quatre semaines et la seconde (n=12), une fois par semaine pendant six semaines. La moyenne d\u2019am\u00e9lioration du niveau de fatigue a \u00e9t\u00e9 de 31,1% (IC 95%, 20,6% \u00e0 41,5%) et aucune diff\u00e9rence entre les deux cohortes. Par contre, la r\u00e9ponse \u00e9tait moins bonne \u00e0 partir de 65 ans.&nbsp;Cette \u00e9tude de basse qualit\u00e9 m\u00e9thodologique (Jadad=1) non contr\u00f4l\u00e9e a le m\u00e9rite de montrer que l\u2019acupuncture peut entra\u00eener une bonne am\u00e9lioration de la fatigue, et, selon les auteurs a le m\u00e9rite d\u2019attirer l\u2019attention sur le fait que des ECR sont n\u00e9cessaires pour le confirmer.<\/p>\n\n\n\n<p>De ce fait, encourag\u00e9s par ces r\u00e9sultats, Molassiotis et al. ([20]) ont r\u00e9alis\u00e9 un essai contr\u00f4l\u00e9 randomis\u00e9 contre placebo de haute qualit\u00e9 m\u00e9thodologique (Jadad=5) \u00e0 trois bras&nbsp;: un bras acupuncture (n=15), un autre acupression (n=16) et enfin un bras acupression factice \u00ab&nbsp;sham&nbsp;\u00bb (n=16) chez des patients canc\u00e9reux (lymphomes, cancers mammaires, cancer poumon, gastro-intestinaux etc.) souffrant de fatigue apr\u00e8s avoir achev\u00e9 un mois auparavant leur cycle de chimioth\u00e9rapie (CHOP, anthracycline, cisplatine etc.). Par l\u2019\u00e9valuation de la fatigue selon l\u2019\u00e9chelle MFI 20, ils confirment les r\u00e9sultats pr\u00e9c\u00e9dents en trouvant une moyenne d\u2019am\u00e9lioration \u00e0 la fin du traitement de 36% des niveaux de fatigue dans le groupe acupuncture, 19% dans le groupe acupression et 0,6% dans le groupe placebo, le tout maintenu pendant deux semaines. L\u2019acupuncture est plus efficace de mani\u00e8re statistiquement significative (p=0,01) que l\u2019acupression ou l\u2019acupression factice.<\/p>\n\n\n\n<p>Deux semaines apr\u00e8s la fin du traitement acupunctural, une seconde \u00e9valuation par MFI 20 a permis de constater que l\u2019am\u00e9lioration de la fatigue \u00e9tait moins forte qu\u2019\u00e0 la premi\u00e8re \u00e9valuation (22% dans le groupe acupuncture, 15% dans le groupe acupression et 7% pour le groupe acupression placebo) et imposait donc la n\u00e9cessit\u00e9 de prolonger le traitement pour maintenir l\u2019effet antifatigue de l\u2019acupuncture. Malgr\u00e9 l\u2019efficacit\u00e9 nette de l\u2019acupuncture et dans une moindre mesure celle de l\u2019acupression qui pourra \u00eatre utilis\u00e9e chez les personnes pusillanimes, cette \u00e9tude pr\u00e9liminaire objective la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019un ECR de grande puissance.<\/p>\n\n\n\n<p>Johnston et al. ([21]) ont \u00e9tudi\u00e9 l\u2019utilisation de l\u2019acupuncture dans le cadre de la m\u00e9decine int\u00e9grative, c\u2019est \u00e0 dire int\u00e9gration de l\u2019acupuncture \u00e0 un programme de prise en charge \u00e0 la fois physique, psychologique et di\u00e9t\u00e9tique chez des patientes ayant b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d\u2019une chimioth\u00e9rapie pour cancer du sein. Elles souffraient d\u2019une fatigue \u00e9valu\u00e9e \u00e0 une moyenne de 6,33 selon l\u2019\u00e9chelle d\u2019\u00e9valuation BFI. Les auteurs les ont randomis\u00e9es en deux groupes&nbsp;: un groupe acupuncture int\u00e9gr\u00e9 \u00e0 la prise en charge habituelle (n=7) et un groupe uniquement de prise en charge habituelle (n=6). L\u2019\u00e9tude contr\u00f4l\u00e9e randomis\u00e9e pr\u00e9liminaire, de bonne tenue m\u00e9thodologique (Jadad=3, car n\u2019\u00e9tant pas en insu) suit les recommandations CONSORT ([22]) et STRICTA ([23]). On observe que l\u2019intervention acupuncturale est associ\u00e9e \u00e0 une baisse de 2,38 points (p=0,08) &nbsp;mesur\u00e9e sur l\u2019\u00e9chelle BFI par rapport au groupe t\u00e9moin. Ainsi du fait de la faible puissance de l\u2019\u00e9tude, les auteurs proposent de r\u00e9aliser un ECR de plus grande taille pour confirmer l\u2019efficacit\u00e9 de l\u2019acupuncture.<\/p>\n\n\n\n<p>Le tableau 3 r\u00e9capitule les caract\u00e9ristiques de ces \u00e9tudes cliniques.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;<strong>Tableau 3.<\/strong>&nbsp;Caract\u00e9ristiques des principales \u00e9tudes cliniques d\u2019acupuncture utilis\u00e9e en cas de fatigue.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table is-style-stripes\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\"><strong>Auteurs<\/strong><\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\"><strong>type d&rsquo;\u00e9tude et nombre de patients<\/strong><\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\"><strong>Jadad<\/strong><\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\"><strong>Protocole<\/strong><\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\"><strong>R\u00e9sultats<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>Balk(2009)<\/td><td>ECR en double aveugle pr\u00e9liminaire contre placebo \u00e0 deux bras (n=27)&nbsp;<\/td><td>5<\/td><td>&#8211; durant p\u00e9riode des six semaines de traitement de radioth\u00e9rapie<br>&#8211; s\u00e9ances de 30mn2 fois par semaine<br>&nbsp;-recherche du&nbsp;<strong><em>deqi<\/em><\/strong>.<br>&#8211; \u00e9valuation :&nbsp;FACIT-F<br>&#8211;&nbsp;<strong>Bras acupuncture<\/strong>&nbsp;: avec&nbsp;\u00e9lectroacupuncture (EA)<br>&#8211;&nbsp;<strong>Bras acupuncture factice<\/strong>&nbsp;avec aiguilles placebo de type Park&nbsp; +simulation d\u2019 \u00e9lectrodes non reli\u00e9es<\/td><td>acupuncture plus efficace sur la fatigue que l\u2019acupuncture factice mais non significatif (p=0,37)<\/td><\/tr><tr><td>Vickers (2004)<\/td><td>Etude ouverte (n=37)<\/td><td>1<\/td><td>&#8211; 2 ans apr\u00e8s fin de la cure de chimioth\u00e9rapie<br>&#8211;&nbsp;<strong>premier groupe<\/strong>&nbsp;: 2 fois par semaine (20 mn)<br>&#8211; protocole modifi\u00e9 dans le&nbsp;<strong>deuxi\u00e8me groupe<\/strong>&nbsp;: puncture 1 fois par semaine<br>&#8211; recherche du&nbsp;<strong><em>deqi<\/em><\/strong><br>&#8211; \u00e9valuation :&nbsp;BFI&nbsp;<\/td><td>&#8211; am\u00e9lioration du niveau de fatigue&nbsp;: 31,1% (IC 95%, 20,6% \u00e0 41,5%)<br>&#8211; pas de diff\u00e9rence significative entre les deux cohortes<\/td><\/tr><tr><td>Molassiotis (2007)<\/td><td>ECR en double aveugle pr\u00e9liminaire contre placebo \u00e0 trois bras (n=47)<\/td><td class=\"has-text-align-center\" data-align=\"center\">5<\/td><td>&#8211; 1 mois apr\u00e8s fin de la cure de chimioth\u00e9rapie &#8211; 6 sessions de 20 mn pendant quinze jours (3 fois par semaine)<br>-recherche du&nbsp;<strong><em>deqi<\/em><\/strong><br>&#8211; \u00e9valuation : MFI 20<br><strong>groupe acupuncture<\/strong><br><strong>groupe acupression<\/strong>&nbsp;<strong>groupe placebo<\/strong>&nbsp;: utilisation de pression sur des points inactifs dans la fatigue&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/td><td>-am\u00e9lioration du niveau de fatigue de 36% par acupuncture, 19% par acupression et 0,6% dans le groupe placebo<br>-maintien pendant 2 semaines.<br>-acupuncture&nbsp; plus efficace (p=0,01) que l\u2019acupression ou l\u2019acupression factice.&nbsp;<\/td><\/tr><tr><td>Johnston(2011)<\/td><td>ECR sans placebo \u00e0 2 bras (n=13)<\/td><td>3<\/td><td>&#8211; apr\u00e8s fin de la cure de chimioth\u00e9rapie<br>&nbsp;&#8211; 8 sessions de 50 mn (1 fois par semaine)<br>-recherche du&nbsp;<strong><em>deqi<\/em><\/strong><br>&#8211; \u00e9valuation :&nbsp;BFI<br><strong>&#8211; groupe acupuncture et prise en charge<\/strong>&nbsp;<strong>habituelle<\/strong><br><strong>&#8211; groupe t\u00e9moin (prise en charge<\/strong>&nbsp;<strong>habituelle seule)<\/strong><\/td><td>-acupuncture diminue la fatigue de 2,38 versus groupe t\u00e9moin (p=0,08)<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><strong>Conclusions<\/strong>&nbsp;<\/h1>\n\n\n\n<p>La fatigue persistante li\u00e9e au traitement anticanc\u00e9reux est un sympt\u00f4me pour lequel l\u2019acupuncture peut apporter un b\u00e9n\u00e9fice certain. Bien s\u00fbr des \u00e9tudes contr\u00f4l\u00e9es randomis\u00e9es de haute qualit\u00e9 m\u00e9thodologique sont encore n\u00e9cessaires. Mais il est clair, ainsi que le soulignent les diff\u00e9rents auteurs, que ce n\u2019est pas sans poser des probl\u00e8mes pratiques. Par exemple, il faut tenir compte de la difficult\u00e9 de recrutement afin d\u2019atteindre la population suffisante. En effet selon l\u2019\u00e9tude de Johnston et al. ([24]) pour obtenir une puissance statistique suffisante de l\u2019ECR en phase III, il serait n\u00e9cessaire de randomiser dans deux bras au moins 101 sujets (52 par bras) si l\u2019on s\u2019attend \u00e0 un effet important de l\u2019acupuncture, voire 235 (118 par bras) si l\u2019effet est suppos\u00e9 plus mod\u00e9r\u00e9. Il faudra aussi faire le choix du placebo, tenir compte de la variabilit\u00e9 des sympt\u00f4mes, du type d\u2019acupuncture (moxibustion, auriculoth\u00e9rapie, \u00e9lectroacupuncture, acupression etc.) qui peuvent entra\u00eener une certaine h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des \u00e9tudes. Quoi qu\u2019il en soit, il en ressort qu\u2019il y a tr\u00e8s peu d\u2019effets secondaires et pas de r\u00e9elles contre-indications ([25]), surtout si l\u2019on suit les recommandations \u00e9mises par la Haute Autorit\u00e9 de Sant\u00e9 ([26]). D\u2019autre part, la recherche clinique ne faiblit pas si l\u2019on en croit le m\u00e9ta-registre d\u2019essais cliniques contr\u00f4l\u00e9s (mRCT) qui comptabilise \u00e0 ce jour cinq \u00e9tudes en phase II ou III, et deux \u00e9tudes pr\u00e9liminaires ([27]).<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019efficacit\u00e9 de l\u2019acupuncture dans la fatigue imm\u00e9diate survenant en cours de traitement a \u00e9t\u00e9 peu \u00e9tudi\u00e9e, except\u00e9 durant la p\u00e9riode de radioth\u00e9rapie (17) et dans certaines \u00e9tudes de cas ([28],[29],[30],[31],[32]). Ainsi, on s\u2019aper\u00e7oit que ces diff\u00e9rents protocoles de chimioth\u00e9rapie ou de radioth\u00e9rapie seront d\u2019autant mieux support\u00e9s, d\u2019un point de vue fatigue et qualit\u00e9 de vie, si le suivi par acupuncture se fait durant tout le cycle th\u00e9rapeutique. L\u2019intervention acupuncturale sera r\u00e9alis\u00e9e ainsi en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale 24 \u00e0 48 heures avant la cure (s\u00e9ance de 20 mn), puis une autre le lendemain de la perfusion suivie d\u2019une autre en intercure. Jeannin et al. pr\u00e9conisent une s\u00e9ance par semaine pendant toute la dur\u00e9e de la radioth\u00e9rapie (30). Lors de chaque consultation, le protocole du choix des points concernant la fatigue n\u2019est pas rigide, mais est adapt\u00e9 en fonction de l\u2019\u00e9volution ou l\u2019apparition de sympt\u00f4mes ou des effets secondaires. De ce fait cette souplesse permet \u00e9galement d\u2019am\u00e9liorer la qualit\u00e9 de vie des patients. L\u2019acupuncture se doit donc d\u2019entrer dans le panel de soins de sant\u00e9 que l\u2019oncologue peut offrir \u00e0 son malade.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">&nbsp;<strong>R\u00e9f\u00e9rences<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">&nbsp;[1]. Triadou P, Martin O, Amsellem Y et al. Les patients souffrant de cancers et la m\u00e9decine traditionnelle chinoise (1). Qui sont-ils, pourquoi la MTC ? Acupuncture &amp; Moxibustion. 2010;9(1)&nbsp;:16-21.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[2]. Triadou P, Martin O, Amsellem Y et al. Les patients souffrant de cancers et la m\u00e9decine traditionnelle chinoise (3). Exp\u00e9rience des patients de la MTC et d\u00e9finition de la compl\u00e9mentarit\u00e9. Acupuncture &amp; Moxibustion. 2010;9(3)&nbsp;:157-162.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[3]. Triadou P, Martin O, Amsellem Y et al. Les patients souffrant de cancers et la m\u00e9decine traditionnelle chinoise (4). R\u00e9sultats de la MTC selon les patients. Acupuncture &amp; Moxibustion. 2010;9(4):235-239.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[4]. National Comprehensive Cancer Network (NCCN) clinical practice guidelines in oncology. Cancer-Related Fatigue. Version 1.2012. Available from: URL&nbsp;: http:\/\/www.nccn.org.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[5]. R\u00e9f\u00e9rentiels interr\u00e9gionaux (RIR) en soins oncologiques de support. Fatigue et cancer. 03\/12\/10. Available from: URL: http:\/\/www.afsos.org\/IMG\/pdf\/fatigue_et_cancer.pdf.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[6]. Wagner LI, Cella D. Fatigue and cancer: causes, prevalence and treatment approaches. Br J Cancer. 2004;91(5):822-8.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[7]. Stone PC, Minton O. Cancer-related fatigue. Eur J Cancer. 2008;44(8):1097-104.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[8]. Cella D, Peterman A, Passik S, Jacobsen P, Breitbart W. Progress toward guidelines for the management of fatigue. Oncology (Williston Park). 1998;12(11A):369-77.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[9]. de Jong N, Courtens AM, Abu-Saad HH, Schouten HC. Fatigue in patients with breast cancer receiving adjuvant chemotherapy: a review of the literature. Cancer Nurs. 2002;25(4):283-97; quiz 298-9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[10]. Broeckel JA, Jacobsen PB, Horton J, Balducci L, Lyman GH. Characteristics and correlates of fatigue after adjuvant chemotherapy for breast cancer. J Clin Oncol. 1998;16(5):1689-96<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[11]. Bower JE, Ganz PA, Desmond KA, Bernaards C, Rowland JH, Meyerowitz BE, Belin TR. Fatigue in long-term breast carcinoma survivors: a longitudinal investigation. Cancer. 2006;106(4):751-8.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[12]. Ashbury FD, Findlay H, Reynolds B, McKerracher K. 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J Soc Integr Oncol. 2009;7(2):52-8.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[17]. Balk J, Day R, Rosenzweig M, Beriwal S. Pilot, randomized, modified, double-blind, placebo-controlled trial of acupuncture for cancer-related fatigue. J Soc Integr Oncol. 2009;7(1):4-11.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[18]. Jadad AR, Moore RA, Carroll D, Jenkinson C, Reynolds DJ, Gavaghan DJ, McQuay HJ. Assessing the quality of reports of randomized clinical trials: is blinding necessary? Control Clin Trials. 1996;17(1):1-12.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[19]. Vickers AJ, Straus DJ, Fearon B, Cassileth BR. Acupuncture for postchemotherapy fatigue: a phase II study. J Clin Oncol. 2004;22(9):1731-5.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[20]. Molassiotis A, Sylt P, Diggins H. The management of cancer-related fatigue after chemotherapy with acupuncture and acupressure: a randomised controlled trial. 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Evidence-based effect size estimation: an illustration using the case of acupuncture for cancer-related fatigue. BMC Complement Altern Med. 2009;9:1.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[25]. MacPherson H, Thomas K, Walters S, Fitter M. The York acupuncture safety study: prospective survey of 34 000 treatments by traditional acupuncturists. BMJ. 2001;323(7311):486-7.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[26]. HAS. Hygi\u00e8ne et pr\u00e9vention du risque infectieux en cabinet m\u00e9dical ou param\u00e9dical. France; Juin 2007. Available from : URL: http:\/\/www.has-sante.fr\/portail\/jcms\/c_607182\/hygiene-et-prevention-du-risque-infectieux-en-cabinet-medical-ou-paramedical.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[27]. metaRegister of Controlled Trials. www.controlled-trials.com\/mrct\/search.html (2012 july 15), date last accessed).&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">[28]. Jeannin P. 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Acupuncture &amp; Moxibustion. In press 2012.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"400\" height=\"40\" src=\"https:\/\/meridiens.org\/meridienjmstephf\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/JmStephffDiffusion1.gif\" alt=\"\" class=\"wp-image-190\"\/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-drop-cap has-medium-font-size\"><a href=\"https:\/\/www.meridiens.org\/acuMoxi\/onzetrois\/Stephan-asth%C3%A9nie-nouveau%20canc%C3%A9rologue.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>St\u00e9phan JM. Int\u00e9r\u00eat de l\u2019acupuncture dans la fatigue li\u00e9e au cancer. Le nouveau Canc\u00e9rologue. 2012;5(3):102-106. (Version PDF)<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9sum\u00e9&nbsp;:&nbsp;Qu\u2019elle soit en rapport avec la chimioth\u00e9rapie ou la radioth\u00e9rapie, la fatigue li\u00e9e au cancer est un probl\u00e8me tr\u00e8s fr\u00e9quent apparaissant d\u00e8s le d\u00e9but du traitement anticanc\u00e9reux et pouvant persister m\u00eame des mois apr\u00e8s la fin de ce traitement. Son d\u00e9pistage et son \u00e9valuation devraient donc \u00eatre recommand\u00e9s syst\u00e9matiquement. 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