{"id":620,"date":"2025-08-26T21:30:14","date_gmt":"2025-08-26T21:30:14","guid":{"rendered":"https:\/\/meridiens.org\/meridienjmstephf\/?p=620"},"modified":"2025-08-27T13:49:40","modified_gmt":"2025-08-27T13:49:40","slug":"imagerie-par-resonance-magnetique-de-laction-de-lacupuncture-a-specificite-visuelle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/meridiens.org\/meridienjmstephf\/?p=620","title":{"rendered":"Imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique de l\u2019action de l\u2019acupuncture \u00e0 sp\u00e9cificit\u00e9 visuelle"},"content":{"rendered":"<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1517\" height=\"990\" src=\"https:\/\/meridiens.org\/meridienjmstephf\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/Cracovie-Pologne-1.jpg\" alt=\"Fresque murale \u2013 Cracovie \u2013 Pologne\" class=\"wp-image-567\" style=\"width:800px\" srcset=\"https:\/\/meridiens.org\/meridienjmstephf\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/Cracovie-Pologne-1.jpg 1517w, https:\/\/meridiens.org\/meridienjmstephf\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/Cracovie-Pologne-1-300x196.jpg 300w, https:\/\/meridiens.org\/meridienjmstephf\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/Cracovie-Pologne-1-1024x668.jpg 1024w, https:\/\/meridiens.org\/meridienjmstephf\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/Cracovie-Pologne-1-768x501.jpg 768w, https:\/\/meridiens.org\/meridienjmstephf\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/Cracovie-Pologne-1-624x407.jpg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 1517px) 100vw, 1517px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Fresque murale \u2013 Cracovie \u2013 Pologne<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><strong>R\u00e9sum\u00e9&nbsp;:&nbsp;<\/strong>L\u2019imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique fonctionnelle permet d\u2019objectiver les effets imm\u00e9diats d\u2019une stimulation d\u2019un point d\u2019acupuncture. L\u2019\u00e9quipe cor\u00e9o-am\u00e9ricaine de Cho fut l\u2019une des premi\u00e8res \u00e0 utiliser l\u2019IRMf dans le but d\u2019\u00e9tablir une correspondance entre l\u2019activation des lobes occipitaux et la stimulation des points d\u2019acupuncture sp\u00e9cifiques de la vision. De nombreux travaux ont suivi concernant les points d\u2019acupuncture \u00e0 action sensorielle. La sp\u00e9cificit\u00e9 de ces points n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9e syst\u00e9matiquement et la part de l\u2019effet placebo (effet non-sp\u00e9cifique) est \u00e9voqu\u00e9e ainsi que les limitations de ces travaux.&nbsp;<strong>Mots-cl\u00e9s&nbsp;:&nbsp;<\/strong>IRMf &nbsp;\u2013 acupuncture \u2013 sensoriel \u2013 vision \u2013 audition \u2013 laser \u2013 imagerie \u2013 revue.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><strong>Summary:<\/strong>&nbsp;The functional magnetic resonance imaging allows to see the immediate effects of a stimulation of a acupoint. The American-korean team of Cho was one of the first ones to use the fRMI with the aim of establishing a correspondence between the activation of the occipital lobes and the stimulation of the specific points of acupuncture of the vision. Numerous works followed as regards the acupuncture-points with sensory action. The specificity of these points was not systematically found and the part of the effect placebo (non-specific effect) is evoked as well as the limitations of these works.&nbsp;<strong>Keywords:<\/strong>&nbsp;fRMI \u2013 Acupuncture \u2013 sensory \u2013 vision \u2013 hearing \u2013 laser \u2013 imaging \u2013 review.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"400\" height=\"40\" src=\"https:\/\/meridiens.org\/meridienjmstephf\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/JmStephffDiffusion1.gif\" alt=\"\" class=\"wp-image-190\"\/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>L\u2019imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique fonctionnelle (IRMf) utilis\u00e9e \u00e0 partir de 1992 ainsi que dans une moindre mesure la tomographie par \u00e9mission de positons (TEP) ont boulevers\u00e9 l\u2019imagerie m\u00e9dicale et ont permis d\u2019objectiver les effets imm\u00e9diats d\u2019une stimulation d\u2019un point d\u2019acupuncture. Apr\u00e8s les travaux pr\u00e9liminaires japonais sur l\u2019IRM fonctionnelle appliqu\u00e9e \u00e0 l\u2019acupuncture de Yoshida et coll. [<sup>&nbsp;[1]&nbsp;<\/sup>], l\u2019\u00e9quipe cor\u00e9o-am\u00e9ricaine de Cho fut l\u2019une des premi\u00e8res \u00e0 l\u2019utiliser dans le but d\u2019\u00e9tablir une correspondance entre l\u2019activation des lobes occipitaux et la stimulation des points d\u2019acupuncture sp\u00e9cifiques de la vision [<sup>&nbsp;[2]&nbsp;<\/sup>]. Quelle fut l\u2019\u00e9volution des travaux concernant l\u2019acupuncture non analg\u00e9sique depuis 1998&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Principes g\u00e9n\u00e9raux de l\u2019imagerie<\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">L\u2019imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique fonctionnelle (IRMf)<\/h3>\n\n\n\n<p>L\u2019IRM fonctionnelle est fond\u00e9e sur l\u2019observation en temps r\u00e9el des variations de l\u2019oxyg\u00e9nation du sang, sans injection de traceur radioactif, puisque le traceur est endog\u00e8ne. Les contrastes obtenus sur base de ces propri\u00e9t\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 baptis\u00e9s \u00ab&nbsp;BOLD&nbsp;\u00bb (Blood Oxygen Level Dependent). Ils exploitent la diminution de la concentration de la d\u00e9oxyh\u00e9moglobine en aval des neurones activ\u00e9s qui induit une diminution de la diff\u00e9rence de susceptibilit\u00e9 magn\u00e9tique, donc une diminution du champ magn\u00e9tique perturbateur qui entra\u00eene une r\u00e9ponse IRM positive (augmentation de l\u2019intensit\u00e9 du signal). L\u2019activit\u00e9 c\u00e9r\u00e9brale se traduit alors par un enrichissement en oxyg\u00e8ne des r\u00e9gions mises en jeu : cet apport d\u2019oxyg\u00e8ne r\u00e9duit les h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9s dues \u00e0 la d\u00e9soxyh\u00e9moglobine dans le compartiment veineux de la circulation et le signal enregistr\u00e9, lui, augmente donc. Lorsque l\u2019on compare deux s\u00e9ries d\u2019images IRM obtenues l\u2019une au \u00ab&nbsp;repos&nbsp;\u00bb (condition OFF ou de r\u00e9f\u00e9rence) et l\u2019autre pendant une stimulation (condition ON), on observe une augmentation de signal localis\u00e9e dans les r\u00e9gions c\u00e9r\u00e9brales activ\u00e9es. Cette augmentation de signal est progressive (pendant plusieurs secondes apr\u00e8s le d\u00e9but du stimulus) et faible (1 \u00e0 5 %).<\/p>\n\n\n\n<p>Les avantages de l\u2019IRMf (figure 1) par rapport \u00e0 la tomographie par \u00e9mission de positons (TEP), consid\u00e9r\u00e9e jusqu\u2019il y a peu comme la technique de r\u00e9f\u00e9rence pour l\u2019imagerie fonctionnelle, sont nombreux. La technique est non-invasive et ne requiert l\u2019injection d\u2019aucun traceur. Les r\u00e9solutions spatiales et temporelles sont excellentes. La superposition des images fonctionnelles sur celles anatomiques est ais\u00e9e. Des r\u00e9sultats statistiquement significatifs peuvent \u00eatre obtenus sur sujets individuels. Un inconv\u00e9nient de l\u2019IRMf est sa sensibilit\u00e9 aux mouvements. Il en r\u00e9sulte que l\u2019\u00e9tude de la parole \u00e0 voix haute est d\u00e9licate. Un second inconv\u00e9nient r\u00e9side dans les contraintes particuli\u00e8res pour les \u00e9tudes du syst\u00e8me auditif, ainsi que pour la transmission de stimuli auditifs.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"204\" height=\"164\" src=\"https:\/\/meridiens.org\/meridienjmstephf\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/irm1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-650\" style=\"width:274px;height:auto\"\/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\"><strong>Figure 1.<\/strong>&nbsp;Appareil \u00e0 IRM Siemens.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Rappel du traitement c\u00e9r\u00e9bral de l\u2019information visuelle<\/h3>\n\n\n\n<p>La localisation des aires visuelles est variable selon les individus. On a d\u00e9couvert jusqu\u2019\u00e0 ce jour pr\u00e8s d\u2019une trentaine d\u2019aires corticales diff\u00e9rentes qui contribuent \u00e0 la perception visuelle. Le nerf optique dont une partie des fibres axonales se croisent au niveau du chiasma optique, rejoint le corps genouill\u00e9 lat\u00e9ral, un des noyaux du thalamus, dont les axones se projettent ensuite sur l\u2019aire primaire du cortex visuel ou aire stri\u00e9e (V1&nbsp;: aire 17 de Brodmann BA17), centr\u00e9e sur la scissure calcarine du lobe occipital.<\/p>\n\n\n\n<p>Le cortex visuel primaire envoie une proportion importante de ses connexions au cortex visuel secondaire (V2), form\u00e9 par les aires extra-stri\u00e9es occipitales (BA 18 et 19). Ces aires r\u00e9pondent \u00e0 des stimulations visuelles plus complexes comme des variations de forme et de contour etc. L\u2019analyse des stimuli visuels amorc\u00e9e dans V1 et V2 se poursuit ensuite vers les aires associatives,&nbsp; \u00e0 travers deux grands syst\u00e8mes corticaux de traitement de l\u2019information visuelle.<\/p>\n\n\n\n<p>La premi\u00e8re est une voie ventrale qui s\u2019\u00e9tend vers le lobe temporal (BA20, 21) et serait impliqu\u00e9e dans la reconnaissance des formes (V3 et V4). La seconde est une voie dorsale qui se projette vers le lobe pari\u00e9tal (V5, V3A) et serait essentielle \u00e0 la localisation de l\u2019objet, aux mouvements, \u00e0 la forme. Enfin, l\u2019oculomotricit\u00e9 comme les saccades oculaires (saccades volontaires ou induites par diode lumineuse) fait appara\u00eetre des zones activ\u00e9es bilat\u00e9rales sp\u00e9cifiques : aires frontales (\u00e0 cheval sur aires de Brodmann 8, 6, 4 et 9) et les aires pari\u00e9tales (dans le cortex pari\u00e9tal post\u00e9rieur, \u00e0 la limite des BA39 et 40). L\u2019IRMf met \u00e9galement en \u00e9vidence des activations corticales c\u00e9r\u00e9brales lors de la poursuite oculaire : aires frontales d\u00e9j\u00e0 d\u00e9crites, et temporales moyennes (aires V5) \u00e0 la jonction des BA19, 37 et 39 (figures 2 et 3).<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table is-style-stripes\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td><strong>Aires de Brodmann<\/strong><\/td><td><strong>Localisation anatomique<\/strong><\/td><td><strong>fonction<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>1,2,3<\/td><td>gyrus postcentral du lobe pari\u00e9tal<\/td><td>cortex sensitif primaire (cortex somatosensoriel)<\/td><\/tr><tr><td>4<\/td><td>gyrus pr\u00e9central (circonvolution frontale ascendante)<\/td><td>cortex moteur primaire M1 (motricit\u00e9)<\/td><\/tr><tr><td>6<\/td><td>gyrus pr\u00e9central et cortex adjacent rostral<\/td><td>aire pr\u00e9motrice et motrice suppl\u00e9mentaire (programmation des mouvements)<\/td><\/tr><tr><td>8<\/td><td>gyrus frontal sup\u00e9rieur et moyen, face interne<\/td><td>Champs oculomoteur frontal (saccades)<\/td><\/tr><tr><td>9 \u2013 12<\/td><td>gyrus frontal sup\u00e9rieur et moyen, face interne<\/td><td>cortex associatif pr\u00e9frontal (programmation des mouvements)<\/td><\/tr><tr><td>13 \u2013 16<\/td><td>cortex insulaire temporal (situ\u00e9 au fond de la scissure de sylvius)<\/td><td>aires v\u00e9g\u00e9tatives<\/td><\/tr><tr><td>17<\/td><td>scissure calcarine&nbsp;<\/td><td>aire visuelle primaire<\/td><\/tr><tr><td>18<\/td><td>gyrus lingual (5<sup>\u00e8me<\/sup>&nbsp;gyrus occipital), cuneus (6<sup>\u00e8me<\/sup>&nbsp;gyrus occipital), gyrus lat\u00e9ral occipital<\/td><td>aire visuelle secondaire<\/td><\/tr><tr><td>19<\/td><td>gyrus lingual (5<sup>\u00e8me<\/sup>&nbsp;gyrus occipital), cuneus (6<sup>\u00e8me<\/sup>&nbsp;gyrus occipital), gyrus lat\u00e9ral occipital et gyrus occipital sup\u00e9rieur<\/td><td>aire visuelle secondaire<\/td><\/tr><tr><td>20<\/td><td>gyrus temporal inf\u00e9rieur<\/td><td>aire visuelle inf\u00e9ro-temporale (reconnaissance des formes)<\/td><\/tr><tr><td>21<\/td><td>gyrus temporal moyen<\/td><td>aire visuelle inf\u00e9ro-temporale (reconnaissance des formes)<\/td><\/tr><tr><td>37<\/td><td>gyrus temporal moyen et inf\u00e9rieur (jonction temporo-occipital&nbsp;: gyrus fusiforme)<\/td><td>cortex associatif pari\u00e9to-temporo-occipital, aire visuelle temporale moyenne (perception, vision, lecture, langage)<\/td><\/tr><tr><td>39<\/td><td>carrefour temporo-pari\u00e9to-occipital&nbsp;: gyrus angulaire)<\/td><td>cortex associatif temporo-pari\u00e9to-occipital&nbsp;&nbsp;(perception, vision, lecture, langage)<\/td><\/tr><tr><td>40<\/td><td>carrefour temporo pari\u00e9to-occipital&nbsp;: gyrus supramarginal, opercule pari\u00e9tal (S2)<\/td><td>cortex associatif temporo-pari\u00e9to-occipital&nbsp;; S2 aire somatosensorielle secondaire (perception, vision, lecture, langage)<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><strong>Figure 2.<\/strong>&nbsp;Les correspondances anatomiques des aires de Brodmann impliqu\u00e9es dans la vision.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"256\" height=\"191\" src=\"https:\/\/meridiens.org\/meridienjmstephf\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/irm2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-651\" style=\"width:279px;height:auto\"\/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Face externe<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"331\" height=\"182\" src=\"https:\/\/meridiens.org\/meridienjmstephf\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/irm3.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-652\" style=\"width:294px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/meridiens.org\/meridienjmstephf\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/irm3.jpg 331w, https:\/\/meridiens.org\/meridienjmstephf\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/irm3-300x165.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 331px) 100vw, 331px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Face interne<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><strong>Figure 3.<\/strong>&nbsp;Repr\u00e9sentation des aires de Brodmann \u00e0 la face externe&nbsp; et \u00e0 la face interne du cerveau.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Sp\u00e9cificit\u00e9 de l\u2019imagerie de l\u2019acupuncture \u00e0 effet visuel selon la M\u00e9decine Traditionnelle Chinoise&nbsp;<\/h2>\n\n\n\n<p>Cho et coll. ont ainsi \u00e9tudi\u00e9 chez douze volontaires \u00e2g\u00e9s de 21 \u00e0 30 ans, \u00e0 la fois l\u2019effet d\u2019une stimulation visuelle par un flash lumineux et l\u2019action de l\u2019acupuncture sur des points sp\u00e9cifiques \u00e0 action visuelle. L\u2019IRM fonctionnelle objective lors de la stimulation lumineuse une activation des lobes occipitaux (BA17). La stimulation par rotation d\u2019une aiguille d\u2019acupuncture aux points 67V (<em>zhiyin<\/em>), 66V (<em>tonggu<\/em>), 65V (<em>shugu<\/em>), 60V (<em>kunlun<\/em>), points connus pour avoir une activit\u00e9 sur la vision engendre \u00e9galement une activation nette des lobes occipitaux. Par contraste, il n\u2019y a pas de r\u00e9action des lobes occipitaux lors de la stimulation du non-point d\u2019acupuncture situ\u00e9 entre 2 et 5 cm en dehors de 67V (figure 4). Deux types de r\u00e9actions furent observ\u00e9s selon la typologie&nbsp;<em>yin<\/em>&nbsp;ou&nbsp;<em>yang<\/em>&nbsp;des sujets. La r\u00e9ponse \u00e0 l\u2019acupuncture chez les personnes&nbsp;<em>yin<\/em>&nbsp;se r\u00e9v\u00e9la identique \u00e0 celle observ\u00e9e \u00e0 la stimulation visuelle, c\u2019est \u00e0 dire un signal positif, alors que chez les personnes&nbsp;<em>yang<\/em>, le signal de la r\u00e9ponse prenait un aspect oppos\u00e9, n\u00e9gatif. Dans un autre travail de Cho non publi\u00e9 mais pr\u00e9sent\u00e9 et expos\u00e9 par Shen \u00e0 un congr\u00e8s d\u2019acupuncture en 1999 \u00e0 Philadelphie, la stimulation de 37VB (<em>guangming<\/em>) et 43VB (<em>xiaxi<\/em>), points utilis\u00e9s respectivement dans les affections oculaires et dans les surdit\u00e9s, entra\u00eene une activation de l\u2019aire visuelle occipitale et de l\u2019aire auditive [<sup>&nbsp;[3]&nbsp;<\/sup>].<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"395\" height=\"181\" src=\"https:\/\/meridiens.org\/meridienjmstephf\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/irm4.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-653\" style=\"width:591px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/meridiens.org\/meridienjmstephf\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/irm4.jpg 395w, https:\/\/meridiens.org\/meridienjmstephf\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/irm4-300x137.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 395px) 100vw, 395px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><strong>Figure 4.<\/strong>&nbsp;En (a), la stimulation visuelle engendre une activation du cortex visuel ; en (b), activation du cortex occipital par le 67V alors qu\u2019en (c) il n\u2019y a pas d\u2019activation de ce m\u00eame cortex par un non-point d\u2019acupuncture chez le premier volontaire&nbsp; de cette \u00e9tude de Cho (<sup><em>New findings of the correlation between acupoints and corresponding brain cortices using functional MRI.<\/em><\/sup><em>&nbsp;<sup>Proc Natl Acad Sci U S A. 1998;95(5):2670-3<\/sup><\/em><sup>).<\/sup><\/p>\n\n\n\n<p>Siedentopf, confirmant les travaux de Cho, a d\u00e9montr\u00e9 l\u2019activation c\u00e9r\u00e9brale suite \u00e0 une stimulation par acupuncture laser (laser basse puissance de 10 mW de sortie avec une longueur d\u2019onde de 670 nm) sur le point 67V. Chez les dix volontaires masculins en bonne sant\u00e9, l\u2019activation corticale occipitale du cuneus (BA18) et celle du gyrus occipital moyen (BA19) du cortex visuel ipsilateral a \u00e9t\u00e9 objectiv\u00e9e de mani\u00e8re statistiquement significative. Par contre, la stimulation d\u2019un point placebo ne montrait pas d\u2019activation par IRMf [<sup>&nbsp;[4]&nbsp;<\/sup>]. Ce travail \u00e9tait la premi\u00e8re \u00e9tude par stimulation laser objectivant une r\u00e9ponse c\u00e9r\u00e9brale par IRMf.<\/p>\n\n\n\n<p>En 2002, Lee et coll. ont examin\u00e9 chez des ratons priv\u00e9s de vision binoculaire l\u2019expression c-Fos sur le cortex visuel primaire. La privation binoculaire r\u00e9duit le nombre de cellules c-Fos positives dans le cortex visuel primaire par rapport \u00e0 celui du groupe contr\u00f4le des ratons normaux. Or, la stimulation de V67 aboutit \u00e0 une augmentation statistiquement significative du nombre de cellules c-Fos positives dans cette zone, tandis que la stimulation des non-points d\u2019acupuncture ne le fait pas [<sup>&nbsp;[5]&nbsp;<\/sup>].<\/p>\n\n\n\n<p>En 2003, l\u2019\u00e9quipe de Li [<sup>&nbsp;[6]&nbsp;<\/sup>] a utilis\u00e9 l\u2019IRMf pour r\u00e9v\u00e9ler les activations corticales visuelles durant la stimulation par acupuncture ou \u00e9lectroacupuncture de quatre points (67V, 66V, 65V, 60V) impliqu\u00e9s dans la vision chez 18 volontaires sains. Cela a \u00e9t\u00e9 compar\u00e9 avec les r\u00e9sultats obtenus par stimulation visuelle directe. Chez tous les sujets, des activations positives du cortex visuel ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9es pendant la stimulation lumineuse. Des activations similaires furent objectiv\u00e9es chez 10 sujets b\u00e9n\u00e9ficiant de l\u2019acupuncture conventionnelle, de m\u00eame chez 8 sujets sous \u00e9lectroacupuncture \u00e0 2 Hz et 7 sujets sous celle \u00e0 20 Hz. Des activations n\u00e9gatives ont aussi \u00e9t\u00e9 observ\u00e9s sur les lobes occipitaux, les gyri temporal et frontal bilat\u00e9ralement chez 13 sujets durant l\u2019acupuncture conventionnelle. L\u2019acupuncture peut donc moduler l\u2019activit\u00e9 de sites c\u00e9r\u00e9braux appropri\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Litscher et coll. en 2004 ont confirm\u00e9 les travaux de Cho en utilisant \u00e9galement une stimulation par laser (30-40mW, 685nm). L\u2019essai contr\u00f4l\u00e9 randomis\u00e9 (ECR) en cross-over a port\u00e9 sur 18 personnes saines avec utilisation \u00e0 la fois de l\u2019\u00e9chographie doppler transcr\u00e2nienne multidirectionnelle fonctionnelle (fTCD) (n=17) et l\u2019IRMf sur un volontaire. La stimulation des acupoints \u00ab&nbsp;visuels&nbsp;\u00bb (4GI, 36E, 60V et 67V) entra\u00eene une augmentation de vitesse de la circulation sanguine moyenne dans l\u2019art\u00e8re c\u00e9r\u00e9brale post\u00e9rieure mesur\u00e9e par fTCD. L\u2019IRMf objective une activation significative (p&lt;0,05) de l\u2019activit\u00e9 c\u00e9r\u00e9brale \u00e0 la fois dans le gyrus occipital et frontal. Pas de changement \u00e0 ce niveau en cas de stimulation placebo [<sup>&nbsp;[7]&nbsp;<\/sup>].<\/p>\n\n\n\n<p>Dans un ECR men\u00e9 chez 12 sujets sains en 2005, trois points d\u2019acupuncture furent stimul\u00e9s par session de 5mn&nbsp;: 60V (<em>kunlun<\/em>) acupoint sp\u00e9cifique de la vision, 3R (<em>taixi<\/em>) sp\u00e9cifique de l\u2019audition et 6RP (<em>sanyinjiao<\/em>) servant de point sham (feint). L\u2019IRMf d\u00e9montra une activation statistiquement significative des cortex auditifs et visuels alors que le 6RP ne les activait pas, touchant plut\u00f4t le cervelet et le ganglion basal associ\u00e9 aux fonctions digestives [<sup>&nbsp;[8]&nbsp;<\/sup>].<\/p>\n\n\n\n<p>Une \u00e9tude chinoise de Hu et coll. en 2005 a observ\u00e9 les effets de la stimulation de VB37 (<em>guangming<\/em>) et 3F (<em>taichong<\/em>) en IRMf. Dix-neuf volontaires sains ont \u00e9t\u00e9 al\u00e9atoirement divis\u00e9s en trois groupes : groupe I (n=7) a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de la stimulation visuelle et acupuncture d\u2019un seul c\u00f4t\u00e9 ; groupe II (n=6)&nbsp;: stimulation visuelle et acupuncture bilat\u00e9ralement ; groupe III (n=6)&nbsp;: uniquement acupuncture bilat\u00e9rale. L\u2019IRMf&nbsp; n\u2019a montr\u00e9 aucun changement significatif du niveau de saturation de l\u2019oxyg\u00e8ne sanguin dans le cortex visuel lors de la stimulation visuelle et \u00e0 l\u2019insertion de l\u2019aiguille. Par contre, lors de la stimulation continue d\u2019un seul c\u00f4t\u00e9 ou des deux c\u00f4t\u00e9s, l\u2019intensit\u00e9 du signal augmentait dans le cortex visuel [<sup>&nbsp;[9]&nbsp;<\/sup>].<\/p>\n\n\n\n<p>Litscher et coll. ont r\u00e9alis\u00e9 d\u2019autres ECR (m\u00eames paradigmes que leur travail r\u00e9alis\u00e9 en 2004) sur 41 sujets avec stimulation par aiguille laser et mesures de l\u2019activit\u00e9 c\u00e9r\u00e9brale par fTCD et IRMf (n=2). Outre les points 4GI (<em>hegu<\/em>), 36E (<em>zusanli<\/em>), 60V, 67V, 37VB en relation avec la vision, les auteurs ont stimul\u00e9 aussi les points en relation avec l\u2019olfaction&nbsp;: 20GI (<em>yingxiang<\/em>), 6GI (<em>pianli<\/em>) et 4GI et avec l\u2019audition&nbsp;: 43VB (<em>xiaxi<\/em>) et 5TR (<em>waiguan<\/em>). Ils objectivent une augmentation de l\u2019activit\u00e9 par rapport au placebo du cortex visuel, olfactif ou auditif en relation avec les points d\u2019acupuncture sp\u00e9cifiques [<sup>&nbsp;[10]&nbsp;<\/sup>].<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Non sp\u00e9cificit\u00e9 de l\u2019imagerie de l\u2019acupuncture \u00e0 action visuelle selon la MTC&nbsp;<\/h2>\n\n\n\n<p>Certains travaux \u00e9mettent cependant des doutes sur les travaux de Cho [2] et en g\u00e9n\u00e9ral sur la sp\u00e9cificit\u00e9 de l\u2019acupuncture. Ainsi Gareus et coll. en 2002 [<sup>&nbsp;[11]&nbsp;<\/sup>] se sont int\u00e9ress\u00e9s au point 37VB utilis\u00e9 dans les affections oculaires dans le but de confirmer les travaux pr\u00e9c\u00e9dents. Trois groupes de volontaires europ\u00e9ens non asiatiques ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9s&nbsp;: groupe I (7 sujets&nbsp;: n=7) b\u00e9n\u00e9ficiant d\u2019une stimulation visuelle par un flash lumineux associ\u00e9e \u00e0 l\u2019acupuncture sans manipulation sur le point 37VB gauche&nbsp;; groupe II (n=8), stimulation visuelle identique et acupuncture sur 37VB bilat\u00e9ralement avec recherche du&nbsp;<em>deqi<\/em>&nbsp;; groupe III (n=6), acupuncture seule avec recherche du&nbsp;<em>deqi<\/em>, mais sans stimulation visuelle. Les groupes I et II objectivent une activation du cortex visuel occipital, mais sans diff\u00e9rence statistiquement significative. Le groupe III ne montre aucun effet direct significatif sur le cortex visuel, \u00e0 la diff\u00e9rence du travail de Cho. Par contre, dans les groupes II et III, il existe une activation statistiquement significative du cortex insulaire, soup\u00e7onn\u00e9 de jouer un r\u00f4le dans le ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019anticipation de la douleur, et des aires 37, 39 et 40 de Brodmann du carrefour temporo pari\u00e9to-occipital (opercule pari\u00e9tal, cortex temporo-pari\u00e9tal, lobule pari\u00e9tal inf\u00e9rieur, gyrus occipital moyen -BA37&nbsp;: groupe II-), gyrus cingulaire (groupe III) et cun\u00e9us (aire 31 dans le groupe II). Le cortex insulaire (insula),&nbsp;l\u2019opercule pari\u00e9tal et le cortex pari\u00e9to-temporal&nbsp;sont consid\u00e9r\u00e9s comme des aires somesth\u00e9siques secondaires impliqu\u00e9es dans l\u2019interpr\u00e9tation des stimuli somato-sensoriels et dans le processus de traitement cortical de la douleur, comme d\u2019ailleurs le gyrus cingulaire. Donc, il semblerait que ces activations soient en fait des effets secondaires en rapport avec la recherche du&nbsp;<em>deqi.&nbsp;<\/em>Les auteurs en concluaient que m\u00eame s\u2019ils ne d\u00e9tectaient pas une r\u00e9ponse BOLD au niveau du cortex visuel, d\u2019autres travaux \u00e9taient n\u00e9cessaires afin de d\u00e9terminer si les images observ\u00e9es au niveau pari\u00e9to-temporal \u00e9taient en rapport avec l\u2019in\u00e9vitable r\u00e9action \u00e0 la stimulation somato-sensorielle ou une r\u00e9ponse sp\u00e9cifique \u00e0 l\u2019acupuncture.<\/p>\n\n\n\n<p>Une autre \u00e9tude en 2002 [<sup>&nbsp;[12]&nbsp;<\/sup>] n\u2019\u00e9tait pas aussi affirmative que Cho quant \u00e0 la corr\u00e9lation entre sp\u00e9cificit\u00e9 des aires corticales occipitales et points d\u2019acupuncture \u00e0 correspondance visuelle. Avec pour postulat que l\u2019acupuncture produit \u00e0 la fois des effets sp\u00e9cifiques et non sp\u00e9cifiques, ces auteurs ont \u00e9tudi\u00e9 chez 15 volontaires portant masque oculaire et boules anti-bruits, la r\u00e9action c\u00e9r\u00e9brale par IRMf suite \u00e0 la stimulation \u00e9lectrique du point 34VB (<em>yanglinquan<\/em>) utilis\u00e9 en analg\u00e9sie. Le groupe \u00e9lectroacupuncture (EA vraie) montrait une activation statistiquement significative plus \u00e9lev\u00e9e que le groupe placebo (EA \u00ab&nbsp;sham&nbsp;\u00bb appliqu\u00e9e sur des non-points d\u2019acupuncture) de l\u2019hypothalamus, de l\u2019aire primaire somatosensorielle (gyrus postcentral BA1,2), du cortex moteur (gyrus pr\u00e9central BA4) et une d\u00e9sactivation du segment rostral du cortex cingulaire ant\u00e9rieur. Dans la comparaison EA minimale (c\u2019est \u00e0 dire acupuncture superficielle avec \u00e9lectro-stimulation l\u00e9g\u00e8re) versus EA feinte (\u00ab&nbsp;mock&nbsp;\u00bb&nbsp;: aucune \u00e9lectro-stimulation), l\u2019EA minimale offrait une activation plus \u00e9lev\u00e9e sur le cortex occipital moyen. Le gyrus temporal sup\u00e9rieur (BA41, BA42&nbsp;: englobant le cortex auditif) et le cortex occipital moyen (BA18) (englobant le cortex visuel) \u00e9taient \u00e9galement activ\u00e9s par l\u2019EA minimale, l\u2019EA feinte, ou l\u2019EA vraie. Les auteurs concluaient donc que les syst\u00e8mes limbique et hypothalamique \u00e9taient de mani\u00e8re statistiquement significative modul\u00e9s par l\u2019\u00e9lectroacupuncture appliqu\u00e9e sur les points d\u2019acupuncture plut\u00f4t que sur des non-points. Ils notaient d\u2019autre part que les activations corticales visuelles et auditives n\u2019\u00e9taient pas sp\u00e9cifiques des points d\u2019acupuncture \u00e0 vis\u00e9e sensorielle puisque activ\u00e9s par toutes les stimulations.<\/p>\n\n\n\n<p>En 2006, Hu et coll\u00e8gues, contredisant leurs premiers travaux r\u00e9alis\u00e9s en 2005 [9] arrivent \u00e0 la conclusion que la stimulation des points \u00e0 action sp\u00e9cifique sur la vision : VB37 et 3F n\u2019a aucun effet sur le cortex visuel mais active par contre l\u2019insula et le cortex parieto-temporal impliqu\u00e9s dans la perception de la douleur et relais des informations somato-sensorielles, de la m\u00eame fa\u00e7on que la stimulation des points 40E (<em>fenglong<\/em>) et 43E (<em>xiangu<\/em>), points \u00ab&nbsp;sham&nbsp;\u00bb [<sup>&nbsp;[13]&nbsp;<\/sup>].<\/p>\n\n\n\n<p>En 2007, Kong et coll. montrent que la stimulation d\u2019\u00e9lectroacupuncture \u00e0 2 Hz sur 37VB, 60V et un non-point d\u2019acupuncture suscite une augmentation similaire du signal BOLD de l\u2019IRMf au niveau de l\u2019opercule frontal bilat\u00e9ralement (BA44,45), du gyrus postcentral S2 gauche (BA40), de l\u2019insula droite et une diminution du signal BOLD dans le cortex orbito- pr\u00e9frontal m\u00e9dial bilat\u00e9ral (BA11) et le lobule paracentral (BA2-4) (partie post\u00e9rieure du gyrus sup\u00e9rieur frontal), signifiant la non sp\u00e9cificit\u00e9 encore des points \u00e0 action visuelle [<sup>&nbsp;[14]&nbsp;<\/sup>]. Quelques mois plus tard, Kong et coll. confirment que la stimulation des points \u00e0 action visuelle n\u2019entra\u00eenent pas une action sp\u00e9cifique sur le cortex visuel occipital. Sur six sujets sains, ils comparent la stimulation par EA (2Hz) de 60V et 37VB versus un non-point d\u2019acupuncture. Les stimulations \u00e9lectroacupuncturales sur les point \u00ab&nbsp;visuels&nbsp;\u00bb ainsi que celles des non-points produisent des diminutions modestes et comparables du signal de l\u2019IRMf dans le cortex occipital incluant le cuneus bilat\u00e9ral (6<sup>e<\/sup>&nbsp;circonvolution occipitale), la scissure calcarine et des secteurs environnants, le lobule lingual et la circonvolution occipitale lat\u00e9rale. Aucune diff\u00e9rence significative des variations des signaux de l\u2019IRMf au niveau du lobe occipital n\u2019a \u00e9t\u00e9 pourtant objectiv\u00e9 par la stimulation de ces trois points. De ce fait, Kong et coll. soutiennent la non sp\u00e9cificit\u00e9 de l\u2019acupuncture \u00e0 action visuelle mais formulent la possibilit\u00e9 que cette d\u00e9croissance du signal BOLD pourrait \u00eatre en rapport avec la stimulation somatosensorielle suscit\u00e9e par la puncture [<sup>&nbsp;[15]&nbsp;<\/sup>]. Le tableau I offre le r\u00e9capitulatif de tous les travaux.<\/p>\n\n\n\n<p>La recherche de correspondance par IRM fonctionnelle des aires occipitales du cortex par la stimulation des points d\u2019acupuncture \u00e0 action ophtalmologique selon la M\u00e9decine Traditionnelle Chinoise n\u2019est pas la seule voie de recherche exp\u00e9rimentale en imagerie acupuncturale.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><strong>Tableau I.<\/strong>&nbsp;R\u00e9capitulatif des corr\u00e9lations entre les points d\u2019acupuncture et les aires corticales activ\u00e9es des principaux travaux de cette synth\u00e8se.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table is-style-stripes\"><table class=\"has-fixed-layout\"><tbody><tr><td>Auteur <strong>principal (ann\u00e9e)<\/strong><\/td><td><strong>N<\/strong><\/td><td><strong>Champ magn\u00e9tique Bo en Tesla<\/strong><\/td><td><strong>M\u00e9thode<\/strong><\/td><td><strong>Points utilis\u00e9s<\/strong><\/td><td><strong>Activation (+)<\/strong><strong>D\u00e9sactivation (-)<\/strong><\/td><td><strong>Remarques<\/strong><\/td><\/tr><tr><td>Cho (1998)<\/td><td>12 VS<\/td><td>2,0<\/td><td>AM versus sham&nbsp;et versus lumi\u00e8re2 niveaux d\u2019analyse<\/td><td>67V, 66V, 65V, 60V<\/td><td>Cortex occipital B (+ 4\/12)&nbsp;; cortex occipital B (- 8\/12)<\/td><td>Diff\u00e9renciation yin (+) \/ yang (-)<\/td><\/tr><tr><td>Siedentopf (2002)<\/td><td>10 VS<\/td><td>1,5<\/td><td>Laser (670nm, 10mW)SMP99 (1 seul niveau d\u2019analyse)<\/td><td>67V<\/td><td>Cuneus I (+) (BA18) ; gyrus occipital moyen I (+) (BA19)<\/td><td>Premi\u00e8re \u00e9tude laser ; pas d\u2019activation du point placebo<\/td><\/tr><tr><td>Li (2003)<\/td><td>18 VS<\/td><td>&nbsp;<\/td><td>AM+EA(2Hz&nbsp;\/20Hz) versus lumi\u00e8re<\/td><td>67V, 66V, 65V, 60V<\/td><td>Cuneus B (+ 10\/18 AM&nbsp;; EA\/2hz (+8\/18)&nbsp;; EA\/20Hz (+7\/18)&nbsp;; cuneus B, gyrus temporal et frontal (- 13\/18 AM)<\/td><td>Modulation de l\u2019activit\u00e9 corticale en fonction de la m\u00e9thode acupuncturale<\/td><\/tr><tr><td>Litscher (2004)<\/td><td>1 VS<\/td><td>1,5<\/td><td>Laser (685nm, 30-40mW)SMP99 (1 seul niveau d\u2019analyse)<\/td><td>4GI, 36E, 60V, 67V<\/td><td>Gyrus occipital sup\u00e9rieur G (+) ; gyrus frontal sup\u00e9rieur et moyen D, gyrus frontal inf\u00e9rieur D&nbsp;, gyrus pr\u00e9central D (+)<\/td><td>1 VS avec IRMf, 17(\u00e9chodoppler)<\/td><\/tr><tr><td>Parrish (2005)<\/td><td>12 VS<\/td><td>3<\/td><td>AM versus point sham (6RP)SMP99<\/td><td>60V, 3R, 6RP<\/td><td>Cortex occipital (+ 60V) ; cortex auditif (+ BA41-42, 3R)&nbsp;; 6RP (+ cervelet, ganglion basal)<\/td><td>60V (vision) 3R (audition). 6RP&nbsp;: inatif sur les aires sensorielles<\/td><\/tr><tr><td>Hu (2005)<\/td><td>19 VS<\/td><td>&nbsp;<\/td><td>-Groupe 1&nbsp;: AM unilat\u00e9ral + lumi\u00e8re (n=7)- groupe 2&nbsp;: AM bilat\u00e9ral+ lumi\u00e8re (n=6)- groupe 3&nbsp;: AM bilat\u00e9rale (n=6)<\/td><td>37VB, 3F<\/td><td>Cortex occipital (+ si stimulation acupuncturale continue)<\/td><td>ECR chinois sans traduction compl\u00e8te&nbsp;: donn\u00e9es insuffisantes<\/td><\/tr><tr><td>Litscher (2006)<\/td><td>2VS<\/td><td>1,5<\/td><td>Laser (685nm, 30-40mW)SMP99 (1 seul niveau d\u2019analyse)<\/td><td>4GI, E36, 60V, 67V, 37VB (vision)20GI, 6GI, 4GI (olfaction)43VB, 5TR (audition)<\/td><td>\u2013 vision&nbsp;: cortex occipital (+ BA19 , cortex frontal B (+)olfaction&nbsp;: cortex olfactif (+ BA28&nbsp;?)- audition&nbsp;: cortex auditif (+BA41-42&nbsp;?)<\/td><td>ECR sur 41 VS mais seulement 2 concernant l\u2019IRMf. Manque de pr\u00e9cision<\/td><\/tr><tr><td>Gareus (2002)<\/td><td>21VS<\/td><td>2<\/td><td>\u2013 1. AM gauche sans&nbsp;<em>deqi +&nbsp;<\/em>lumi\u00e8re (n=7) \u2013 2. AM B +&nbsp;<em>deqi&nbsp;<\/em>+ lumi\u00e8re (n=8)- 3. AM B + deqi (n=6)BrainVoyager : analyse statistique<\/td><td>37VB<\/td><td>\u2013 Groupe 1 et 2&nbsp;:&nbsp; cortex occipital (+) mais sans diff\u00e9rence significativeGroupe 2&nbsp;: insula, BA40, BA39, BA31, BA37 (+)- groupe 3&nbsp;: insula, BA40, BA39, BA40 (lobe pari\u00e9tal inf\u00e9rieur), gyrus cingulaire (+)<\/td><td>Pas de sp\u00e9cificit\u00e9 des points \u00e0 action visuelle<\/td><\/tr><tr><td>Wu (2002)<\/td><td>15VS<\/td><td>1,5<\/td><td>EA (4Hz) versus sham EA, EA minimale, EA feinteSPM99 avec 2 niveaux d\u2019analyse<\/td><td>34VB<\/td><td>\u2013 Hypothalamus (B+)- cortex somatosensoriel (BA1 +, BA2 +)- cortex pr\u00e9frontal (B+&nbsp;: BA4)- cortex occipital moyen (BA18 +)- Segment rostral du cortex cingulaire ant\u00e9rieur&nbsp; (-)<\/td><td>Point analg\u00e9sique sans action sp\u00e9cifique visuelle stimulant le cortex occipital<\/td><\/tr><tr><td>Hu (2006)<\/td><td>18VS<\/td><td>1,5<\/td><td>AM versus acupuncture sham<\/td><td>AM :37VB, 3Fsham : 40E et 43E<\/td><td>Insula (+), cortex pari\u00e9to-temporal (+)Pas d\u2019activation du cortex visuel<\/td><td>ECR chinois sans traduction compl\u00e8te&nbsp;: donn\u00e9es insuffisantes<\/td><\/tr><tr><td>Kong (2007)<\/td><td>6VS<\/td><td>3<\/td><td>EA (2Hz) versus NPASPM22 niveaux d\u2019analyse<\/td><td>37VB, 60V<\/td><td>BA44, BA45 (B+),&nbsp; BA40 (G+), insula (D+) BA11 (B-)&nbsp;; BA2, BA4 (B-)<\/td><td>Non sp\u00e9cificit\u00e9 du signal BOLD&nbsp;:&nbsp; EA = NPA<\/td><\/tr><tr><td>Kong (2007)<\/td><td>6VS<\/td><td>3<\/td><td>EA (2Hz) versus NPASPM22 niveaux d\u2019analyse<\/td><td>37VB, 60V<\/td><td>Cortex occipital&nbsp;: cuneus B, scissure calcarine, lobule lingual&nbsp; (B-)<\/td><td>Non sp\u00e9cificit\u00e9 du signal BOLD&nbsp;:&nbsp; EA = NPA<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">AM&nbsp;: acupuncture manuelle avec&nbsp;<em>deqi<\/em>&nbsp;; EA&nbsp;: \u00e9lectroacupuncture&nbsp;; BA&nbsp;: aire de brodmann&nbsp;; B&nbsp;: bilat\u00e9ral&nbsp;; I&nbsp;: ipsilat\u00e9ral, C&nbsp;: controlat\u00e9ral&nbsp;; NPA&nbsp;: non point d\u2019acupuncture&nbsp;; VS&nbsp;: volontaires sains&nbsp;; D&nbsp;: droite&nbsp;; G&nbsp;: gauche&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Discussion<\/h2>\n\n\n\n<p>En 1998, les premiers travaux d\u2019IRMf de Cho ont fait sensation et ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 qu\u2019une stimulation des points d\u2019acupuncture en relation avec la vision d\u00e9clenchait une activation du cortex visuel occipital. A la suite, de nombreuses investigations d\u2019IRMf ont confirm\u00e9 et ont sugg\u00e9r\u00e9 une sp\u00e9cificit\u00e9 des points d\u2019acupuncture \u00e0 effet sensoriel [2-10]. Cependant, d\u2019autres auteurs \u00e9prouvaient des difficult\u00e9s \u00e0 r\u00e9pliquer ces r\u00e9sultats et objectivaient un chevauchement des r\u00e9ponses en IRMf dans de multiples aires c\u00e9r\u00e9brales [11-15]. En d\u2019autres termes, l\u2019activation du cortex visuel r\u00e9sulterait d\u2019une non sp\u00e9cificit\u00e9 en rapport avec un \u00e9ventuel effet placebo comme cela a \u00e9t\u00e9 signal\u00e9 par les travaux d\u2019IRMf concernant la douleur [<sup>&nbsp;[16]&nbsp;<\/sup>]. Cho lui-m\u00eame en 2006 et cinq de ses coll\u00e8gues publiaient une r\u00e9traction de leur article de 1998 et concluaient \u00e0 la non sp\u00e9cificit\u00e9 du point d\u2019acupuncture tout du moins en ce qui concernait leurs effets sur la douleur et les effets antalgiques [<sup>&nbsp;[17]&nbsp;<\/sup>]. Ces r\u00e9sultats divergents ne sont pas toutefois toujours en contradiction les uns les autres car il existe de multiples sources de variabilit\u00e9 incluant les s\u00e9quences d\u2019acquisition de l\u2019IRM, les m\u00e9thodes d\u2019acquisition des donn\u00e9es [<sup>&nbsp;[18]&nbsp;<\/sup>], les \u00e9tats de repos physiologiques, mais aussi les diff\u00e9rents modes d\u2019acupunctures et les in\u00e9gales dur\u00e9es de stimulation. Ainsi l\u2019\u00e9tude am\u00e9ricaine de Kong et coll. objective la relative variabilit\u00e9 des r\u00e9sultats de l\u2019IRMf \u00e0 travers des sessions diff\u00e9rentes et espac\u00e9es de trois \u00e0 vingt et un jours chez un m\u00eame sujet b\u00e9n\u00e9ficiant d\u2019\u00e9lectroacupuncture. Cette variabilit\u00e9 de r\u00e9sultats peut \u00eatre due \u00e0 une sensation de&nbsp;<em>deqi<\/em>&nbsp;non similaire \u00e0 chaque s\u00e9ance, mais aussi le niveau d\u2019attention du sujet, l\u2019influence des mouvements oculaires (n\u00e9cessit\u00e9 de fermer les yeux)&nbsp; etc.. Il est donc n\u00e9cessaire de multiplier les sessions [14]. De ce fait, les travaux de Kong [14,15] ont \u00e9valu\u00e9 la sensation de&nbsp;<em>deqi<\/em>&nbsp;selon une \u00e9chelle SASS (\u00e9chelle subjective des sensations en acupuncture) en neuf points (douleur, lourdeur, endolorissement, lancinant, pulsatile, br\u00fblure&nbsp; etc..) et \u00e9talonn\u00e9e de 0 \u00e0 10 et une \u00e9valuation de l\u2019anxi\u00e9t\u00e9 [<sup>&nbsp;[19]&nbsp;<\/sup>].<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Quelles sont les limitations de ces travaux&nbsp;?<\/h3>\n\n\n\n<p>Toutes ces \u00e9tudes impliquent une population insuffisamment importante pour \u00eatre totalement significatifs.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce sont des \u00e9tudes r\u00e9alis\u00e9es sur des sujets en bonne sant\u00e9 ; pas une seule \u00e9tude sur une population pr\u00e9sentant une pathologie ophtalmologique ou auditive.<\/p>\n\n\n\n<p>De nombreux travaux ne pr\u00e9cisent pas la m\u00e9thodologie statistique. Deux niveaux d\u2019analyses statistiques sont requis par l\u2019outil de r\u00e9f\u00e9rence pour le traitement des donn\u00e9es fonctionnelles, \u00e0 savoir le SPM (Statistical Parametric Map), logiciel libre et ouvert \u00e9crit en Matlab et utilis\u00e9 par tous les laboratoires de neurosciences dans le monde (SMP99) [<sup>&nbsp;[20]&nbsp;<\/sup>,<sup>&nbsp;[21]&nbsp;<\/sup>]. De ce fait, un simple niveau d\u2019analyse peut ne pas \u00eatre repr\u00e9sentatif de l\u2019effet r\u00e9el.<\/p>\n\n\n\n<p>De nombreuses \u00e9tudes souffrent d\u2019une m\u00e9thodologie discutable. Ainsi Ho montrait que s\u2019il y avait une disparit\u00e9 des conclusions des travaux d\u2019IRMf, la faute en incombait \u00e0 une recherche du&nbsp;<em>deqi<\/em>&nbsp;lors des punctures. En effet, il montrait que la sensation du&nbsp;<em>deqi<\/em>&nbsp;atteignait un plateau au bout de 20 secondes et durait jusque 2 minutes. Or de nombreuse \u00e9tudes ont appliqu\u00e9 une mod\u00e9lisation de s\u00e9quences stimulation (ON), repos (OFF) durant chacune 60 secondes [2,7,8,11,12], 40 secondes [4], voire 30 secondes [14&nbsp;,15&nbsp;] ce qui signifie une perturbation du niveau basal de la s\u00e9quence repos (figure 5). L\u2019analyse statistique peut en \u00eatre ainsi affect\u00e9e et il est n\u00e9cessaire dans les futurs travaux que la p\u00e9riode de repos soit sup\u00e9rieure \u00e0 2 mn [<sup>&nbsp;[22]&nbsp;<\/sup>].<br>Le champ supraconducteur des imageurs avec un champ magn\u00e9tique Bo= 1,5 Tesla comme cela a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 dans la plupart des travaux (tableau I) peut \u00eatre aussi une source de limitation. En effet, un imageur de champ B0=3T permet d\u2019obtenir un signal BOLD d\u2019activation plus fort et un meilleur rapport signal sur bruit et de fait, permet de d\u00e9limiter des aires d\u2019activation de mani\u00e8re plus robuste.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"492\" height=\"273\" src=\"https:\/\/meridiens.org\/meridienjmstephf\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/irm5.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-654\" style=\"width:644px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/meridiens.org\/meridienjmstephf\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/irm5.jpg 492w, https:\/\/meridiens.org\/meridienjmstephf\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/irm5-300x166.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 492px) 100vw, 492px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><strong>Figure 5.&nbsp;<\/strong>Paradigme de stimulation (ON) et repos (OFF) sur 60 secondes avec en parall\u00e8le les variations suppos\u00e9es de la sensation de&nbsp;<em>deqi&nbsp;<\/em>entra\u00eenant une perturbation du niveau basal (niveau 8 sensation de&nbsp;<em>deqi<\/em>&nbsp;optimale).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conclusion<\/h2>\n\n\n\n<p>Nombreux sont les d\u00e9fis \u00e0 surmonter pour que les chercheurs en imagerie acupuncturale puissent comprendre les m\u00e9canismes th\u00e9rapeutiques de l\u2019acupuncture. Et il faut avant tout standardiser les protocoles de la m\u00eame fa\u00e7on qu\u2019il est possible de le faire avec les ECR cliniques, en utilisant par exemple l\u2019\u00e9chelle SASS de Kong ou la standardisation STRICTA [<sup>&nbsp;[23]&nbsp;<\/sup>]. Sous forme d\u2019une check-list, celle-ci offre \u00e0 chaque chercheur des recommandations et des instructions \u00e0 appliquer pour am\u00e9liorer leur protocole de recherche et \u00e9viter la variabilit\u00e9 des r\u00e9sultats. De cette fa\u00e7on, on peut conna\u00eetre comment est d\u00e9termin\u00e9e la sensation du&nbsp;<em>deqi<\/em>, quelle fr\u00e9quence est utilis\u00e9e pour la stimulation \u00e9lectrique, quelle est la fr\u00e9quence d\u2019intervention, comment est d\u00e9termin\u00e9 le groupe placebo etc.. L\u2019autre d\u00e9fi important est d\u2019utiliser l\u2019IRMf chez les patients souffrant de pathologie. C\u2019est le seul moyen de voir comment l\u2019acupuncture agit en conditions th\u00e9rapeutiques r\u00e9elles. En 2007, Napadow a ainsi objectiv\u00e9 pour la premi\u00e8re fois chez des patients souffrant du syndrome du canal carpien les zones c\u00e9r\u00e9brales activ\u00e9es par IRMf lors de la stimulation du 4GI (<em>hegu<\/em>) [<sup>[24]<\/sup>]. Quoiqu\u2019il en soit, d\u2019autres travaux sont n\u00e9cessaires afin que l\u2019imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique fonctionnelle permette dans l\u2019avenir d\u2019\u00e9tablir une carte des corr\u00e9lations neurophysiologiques de l\u2019acupuncture tout en \u00e9claircissant ses m\u00e9canismes.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"400\" height=\"40\" src=\"https:\/\/meridiens.org\/meridienjmstephf\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/JmStephffDiffusion1.gif\" alt=\"\" class=\"wp-image-190\"\/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><strong>R\u00e9f\u00e9rences<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-small-font-size\"><sup>[1]&nbsp;<\/sup>.<sup>&nbsp;Yoshida T, Tanaka C, Umeda M, Higuchi T, Fukunaga M, Naruse S. Non-invasive measurement of brain activity using functional MRI: toward the study of brain response to acupuncture stimulation. Am J Chin Med. 1995;23(3-4):319-25.<\/sup><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><sup>[2]&nbsp;.<\/sup>&nbsp;<sup>Cho ZH, Chung SC, Jones JP, Park JB, Park HJ, Lee HJ, Wong EK, Min BI. New findings of the correlation between acupoints and corresponding brain cortices using functional MRI.<\/sup>&nbsp;<sup>Proc Natl Acad Sci U S A. 1998;95(5):2670-3.<\/sup><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><sup>[3]&nbsp;. Shen J. Research on the neurophysiological mechanisms of acupuncture<\/sup>&nbsp;<sup>: review of selected studies and methodological issues. J Altern Complement Med.<\/sup>&nbsp;<sup>2001;7:S121-7.<\/sup><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><sup>[4]&nbsp;. Siedentopf CM, Golaszewski SM, Mottaghy FM, Ruff CC, Felber S, Schlager A. Functional magnetic resonance imaging detects activation of the visual association cortex during laser acupuncture of the foot in humans.<\/sup>&nbsp;<sup>Neurosci Lett.<\/sup>&nbsp;<sup>2002;327(1):53-6.&nbsp;<\/sup><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><sup>[5]&nbsp;. Lee H, Park HJ, Kim SA, Lee HJ, Kim MJ, Kim CJ, Chung JH, Lee H. Acupuncture stimulation of the vision-related acupoint (Bl-67) increases c-Fos expression in the visual cortex of binocularly deprived rat pups. Am J Chin Med. 2002;30(2-3):379-85.<\/sup><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><sup>[6]&nbsp;. Li G, Cheung RT, Ma QY, Yang ES. Visual cortical activations on fMRI upon stimulation of the vision-implicated acupoints. Neuroreport. 2003;14(5):669-73.&nbsp;<\/sup><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><sup>[7]&nbsp;<\/sup>. Litscher G, Rachbauer D, Ropele S, Wang L, Schikora D, Fazekas F, et al.&nbsp;Acupuncture using laser needles modulates brain function: first evidence from functional transcranial Doppler sonography and functional magnetic resonance imaging. Lasers Med Sci. 2004;19(1):6-11.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><sup>[8]&nbsp;<\/sup>. Parrish TB, Schaeffer A, Catanese M, Rogel MJ. Functional magnetic resonance imaging of real and sham acupuncture. Noninvasively measuring cortical activation from acupuncture.&nbsp;IEEE Eng Med Biol Mag. 2005;24(2):35-40.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><sup>[9]&nbsp;<\/sup>. Hu KM, Wang CP, Henning J. [Observation on relation of acupuncture at Guangming (GB 37) and Taichong (LR 3) with central nervous reaction].&nbsp;Zhongguo Zhen Jiu. 2005;25(12):860-2.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><sup>[10]&nbsp;<\/sup>. Litscher G. Bioengineering assessment of acupuncture, part 4: functional magnetic resonance imaging. Crit Rev Biomed Eng. 2006;34(4):327-45.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><sup>[11]&nbsp;. Gareus IK, Lacour M, Schulte AC, Hennig J.<\/sup>&nbsp;<sup>Is there a BOLD response of the visual cortex on stimulation of the vision-related acupoint GB 37? J Magn Reson Imaging. 2002;15(3):227-32.<\/sup><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><sup>[12]&nbsp;. Wu MT, Sheen JM, Chuang KH, Yang P, Chin SL, Tsai CY, Chen CJ, Liao JR, Lai PH, Chu KA, Pan HB, Yang CF. Neuronal specificity of acupuncture response: a fMRI study with electroacupuncture. Neuroimage.<\/sup>&nbsp;<sup>2002;16(4):1028-37.&nbsp;<\/sup><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><sup>[13]&nbsp;<\/sup>. Hu KM, Wang CP, Xie HJ, Henning J. [Observation on activating effectiveness of acupuncture at acupoints and non-acupoints on different brain regions].&nbsp;Zhongguo Zhen Jiu. 2006;26(3):205-7.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><sup>[14]&nbsp;<\/sup>. Kong J, Gollub RL, Webb JM, Kong JT, Vangel MG, Kwong K. Test-retest study of fMRI signal change evoked by electroacupuncture stimulation. Neuroimage. 2007 Feb 1;34(3):1171-81.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><sup>[15]&nbsp;<\/sup>. Kong J, Kaptchuk TJ, Webb JM, Kong JT, Sasaki Y, Polich GR, et al. Functional neuroanatomical investigation of vision-related acupuncture point specificity-A multisession fMRI study.&nbsp;Hum Brain Mapp. 2007 Nov 7.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><sup>[16]&nbsp;<\/sup>. Dhond RP, Kettner N, Napadow V. Do the neural correlates of acupuncture and placebo effects differ? Pain. 2007;128(1-2):8-12.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><sup>[17]&nbsp;<\/sup>. Cho ZH, Chung SC, Lee HJ, Wong EK, Min BI. Retraction : New findings of the correlation between acupoints and corresponding brain cortices using functional MRI.&nbsp;Proc Natl Acad Sci U S A. 2006;103:10527.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><sup>[18]&nbsp;<\/sup>. Smith SM, Beckmann CF, Ramnani N, Woolrich MW, Bannister PR, Jenkinson M, et al.&nbsp;Variability in fMRI: a re-examination of inter-session differences.&nbsp;Hum Brain Mapp. 2005;24(3):248-57.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><sup>[19]&nbsp;<\/sup>. Kong J, Fufa DT, Gerber AJ, Rosman IS, Vangel MG, Gracely RH, et al.&nbsp;Psychophysical outcomes from a randomized pilot study of manual, electro, and sham acupuncture treatment on experimentally induced thermal pain. J Pain. 2005 Jan;6(1):55-64.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><sup>[20]&nbsp;<\/sup>. Friston KJ, Holmes AP, Worsley KJ, Poline JP, Frith CD, Frackowiak RSJ. Statistical parametric maps in functional imaging : A general linear approach. Human Brain Mapping. 1994;2(4):189-210.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><sup>[21]&nbsp;<\/sup>. Ashburner J, Friston KJ. Nonlinear spatial normalization using basis functions.&nbsp;Hum Brain Mapp. 1999;7(4):254-66.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><sup>[22]&nbsp;<\/sup>. Ho TJ, Duann JR, Shen WC, Lin JG. Needling sensation: explanation of incongruent conclusion drawn from acupuncture FMRI study. J Altern Complement Med. 2007;13(1):13-4.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><sup>[23]&nbsp;<\/sup>. MacPherson H, White A, Cummings M, Jobst KA, Rose K, Niemtzow RC. Standards for Reporting Interventions in Controlled Trials of Acupuncture: the STRICTA recommendations. J Altern Complement Med. 2002;8(1):85-9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><sup>[24]&nbsp;<\/sup>. Napadow V, Kettner N, Liu J, Li M, Kwong KK, Vangel M, et al.&nbsp;Hypothalamus and amygdala response to acupuncture stimuli in Carpal Tunnel Syndrome. Pain. 2007;130(3):254-66.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-drop-cap has-medium-font-size\"><strong><a href=\"https:\/\/www.meridiens.org\/acuMoxi\/sixquatre\/STEPHAN_IRM.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">St\u00e9phan JM. Imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique de l\u2019action de l\u2019acupuncture \u00e0 sp\u00e9cificit\u00e9 visuelle. Acupuncture &amp; Moxibustion. 2007;6(4):321-330. (Version PDF imprimable)<\/a><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.meridiens.org\/acuMoxi\/sixquatre\/STEPHAN-IRMf.htm\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>St\u00e9phan JM. Imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique de l\u2019action de l\u2019acupuncture \u00e0 sp\u00e9cificit\u00e9 visuelle. Acupuncture &amp; Moxibustion. 2007;6(4):321-330. (Version globale&nbsp;<\/strong><\/a><a href=\"https:\/\/web.archive.org\/web\/20241221065254\/https:\/\/www.meridiens.org\/acuMoxi\/sixquatre\/STEPHAN-IRMf.htm\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\"><strong>couleur)<\/strong><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>R\u00e9sum\u00e9&nbsp;:&nbsp;L\u2019imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique fonctionnelle permet d\u2019objectiver les effets imm\u00e9diats d\u2019une stimulation d\u2019un point d\u2019acupuncture. L\u2019\u00e9quipe cor\u00e9o-am\u00e9ricaine de Cho fut l\u2019une des premi\u00e8res \u00e0 utiliser l\u2019IRMf dans le but d\u2019\u00e9tablir une correspondance entre l\u2019activation des lobes occipitaux et la stimulation des points d\u2019acupuncture sp\u00e9cifiques de la vision. 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