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Tabagisme de la femme enceinte et acupuncture

Femme de l’ethnie Pa’O fumant cigare vert Cheroot à Inn Thein près du lac Inle au Myanmar (Birmanie)
Femme de l’ethnie Pa’O fumant cigare vert Cheroot à Inn Thein près du lac Inle au Myanmar (Birmanie)


L’acupuncture est-elle réellement efficace dans le tabagisme de la femme enceinte ? 

Résumé : Les recommandations de l’Anaes (Agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé) concernant le tabagisme en cas de grossesse ont été publiées ce 30 novembre 2004. Comme on pouvait s’y attendre, elles occultent l’intérêt de l’acupuncture et la placent au même niveau que l’hypnothérapie.

« Les résultats sur l’efficacité de l’acupuncture dans la population générale sont contradictoires selon les études : un effet spécifique, différent de l’effet placebo, n’est pas clairement démontré. Il n’y a pas d’études spécifiques à la femme enceinte pour l’hypnothérapie et l’acupuncture, ni d’accord professionnel pour les recommander. »

Ce texte fait suite à la conférence de consensus « Grossesse et Tabac » qui a eu lieu le 7 et 8 octobre 2004 à Lille. Le jury était composé de douze membres (aucun médecin acupuncteur) et placé sous la présidence du Dr Dequidt, gynécologue-obstétricien.

Les recommandations de l’Anaes (Agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé) concernant le tabagisme en cas de grossesse ont été publiées ce 30 novembre 2004. Comme on pouvait s’y attendre, elles occultent l’intérêt de l’acupuncture et la placent au même niveau que l’hypnothérapie.

 « Les résultats sur l’efficacité de l’acupuncture dans la population générale sont contradictoires selon les études : un effet spécifique, différent de l’effet placebo, n’est pas clairement démontré. Il n’y a pas d’études spécifiques à la femme enceinte pour l’hypnothérapie et l’acupuncture, ni d’accord professionnel pour les recommander. »

Ce texte fait suite à la conférence de consensus « Grossesse et Tabac » qui a eu lieu le 7 et 8 octobre 2004 à Lille [ [1] ]. Le jury était composé de douze membres (aucun médecin acupuncteur) et placé sous la présidence du Dr Dequidt, gynécologue-obstétricien.

Il est vrai que les françaises sont nombreuses à fumer, même quand elles sont enceintes. Le lien de causalité (association statistiquement significative, relation dose – effet, réversibilité à l’arrêt, mécanisme physiopathologique pour expliquer l’effet) entre tabagisme maternel  pendant la grossesse et la survenue de troubles de la fertilité masculine et féminine, d’anomalies du déroulement de la grossesse (prématurité, retard de croissance intra-utérin, hématome rétro-placentaire, rupture prématuré de membranes) est maintenant bien établi, sans oublier les risques accrus de mort fStale in utero, de grossesses extra-utérines, d’avortements spontanés. Et pourtant le nombre de françaises fumeuses a triplé en l’espace de trente ans et reste un sujet d’inquiétude pour les gynéco-obstétriciens.

A noter cependant que même si la nicotine a été suspectée d’être à l’origine de tous ces effets délétères durant la grossesse et chez le fStus, toutes ces données ont été principalement observées chez les animaux. De ce fait, il n’existe aucune preuve convaincante à ce jour des dangers de la nicotine pure pour l’espèce humaine et des études objectivant l’absence d’effets nocifs chez l’Homme restent à faire [ [2] ].

En réalité, c’est l’ensemble des toxiques présents dans la fumée des cigarettes qui a un effet toxique lors de la grossesse. Aucune substance isolée, telle la nicotine, n’est entièrement responsable des complications de la grossesse, mais c’est l’association des différentes substances qui agissent de façon additive ou synergique [ [3] ]. Les toxiques les plus préoccupants pour la femme enceinte sont le monoxyde de carbone (CO), les substances oxydantes (goudron, oxydes d’azote etc..), le cyanure d’hydrogène, le cadmium, le chrome, l’arsenic, le nickel, le plomb etc.. Ainsi, le monoxyde de carbone est le toxique le plus impliqué. Cela a été prouvé par une exposition accidentelle au CO qui peut provoquer la mort in utero ou des séquelles neurologiques irréversibles [ [4] ].

Bref, le tabagisme des femmes enceintes est devenu un problème de santé publique et a été inscrit parmi les mesures prioritaires du Plan Cancer.

 Quelles sont donc les interventions efficaces d’aide à l’arrêt du tabac chez la femme enceinte retenues au cours de cette conférence de consensus et inscrites dans les recommandations ?

Les approches psychologiques et/ou comportementales peuvent être recommandées en première intention aux différentes étapes de la prise en charge de la femme enceinte fumeuse ou qui vient d’accoucher, comme par exemple :

– le conseil minimal (grade B) (voir tableau I) : il doit être effectué systématiquement à la première consultation et renouvelé par les différents professionnels de santé à chaque rencontre avec la femme enceinte fumeuse ;

– l’intervention brève (grade B) ;

– l’entretien motivationnel (grade B) ;

– la thérapie comportementale et cognitive : TCC (grade B) ;

– la consultation psychologique.

Tableau I. les différents niveaux de preuve.

Une recommandation de grade A est fondée sur une preuve scientifique établie par des études de fort niveau de preuve (niveau 1).
Une recommandation de grade B est fondée sur une présomption scientifique fournie par des études de niveau de preuve intermédiaire (niveau 2).
Une recommandation de grade C est fondée sur des études de faible niveau de preuve (niveau 3 ou 4).
En l’absence de précisions, les recommandations reposent sur un consensus exprimé par le jury.

 Notons que ces interventions (conseil minimal, intervention brève, conseil motivationnel) ont montré une efficacité statistiquement significative sur le taux d’arrêt du tabac par rapport à l’absence d’intervention, dans la population générale et chez la femme enceinte. Mais le conseil minimal ne semble pas aussi efficace chez la femme enceinte que chez le fumeur en général. Sur 100 femmes enceintes fumant lors de leur visite prénatale, 10 arrêtaient de fumer grâce au conseil minimal, 6 ou 7 supplémentaires y arrivaient avec un suivi plus intense (par un tabacologue) [ [5] ]. De même chez la femme enceinte, la TCC n’a pas montré une efficacité supérieure à d’autres techniques d’aide ou d’accompagnement psychologique et/ou comportemental.

Bref, on s’oriente très rapidement vers le traitement substitutif nicotinique (TSN). Les auteurs recommandent de l’instaurer le plus rapidement possible au cours de la grossesse, même en association avec une approche psychologique et/ou comportementale. Par ailleurs, le TSN prescrit doit être personnalisé avec une dose de nicotine et une répartition sur le nycthémère suffisants pour obtenir et maintenir un arrêt du tabac.

Cependant, par mesure de précaution, le rapport bénéfique/risque du TSN au 3e trimestre de la grossesse est à apprécier au cas par cas, car bien que le TSN ne soit probablement pas sans risque, ce risque est très négligeable par rapport à celui associé au tabagisme si la femme enceinte continue de fumer pendant sa grossesse. La nicotinémie sous TSN est 2 à 3 fois moins élevée que la nicotinémie liée au tabagisme. En tout état de cause, le TSN qui n’apporte que de la nicotine, évite la toxicité des autres composants de la fumée de cigarette, en particulier le CO.

Toutefois, remarquons que l’intérêt de l’utilisation du TSN repose sur une seule étude clinique qui a évalué l’efficacité du TSN chez la femme enceinte en comparant timbre transdermique actif et timbre transdermique placebo. Le pourcentage d’arrêt pour les femmes traitées par patch actif était de 28% et 25% avec le patch placebo ; et respectivement 15% et 14% un an après la naissance de l’enfant ! Bref, le TSN n’a pas fait la preuve d’une efficacité supérieure en terme de pourcentage darrêt, mais il semblerait selon les auteurs que l’observance ait été insuffisante dans les 2 groupes étudiés. En revanche, le poids moyen des enfants nés après 37 SA était significativement plus élevé dans le groupe traité par TSN que dans celui traité par placebo. La faible efficacité du TSN sur l’arrêt du tabac pourrait être due au métabolisme plus rapide de la nicotine chez la femme enceinte. Il se peut qu’un traitement standard (15 mg sur 16 heures) ne soit pas suffisant chez les femmes fortement dépendantes au tabac [ [6] ].

Terminons avec le dernier produit sur le marché : le bupropion (Zyban®). Selon les recommandations de l’Afssaps publiées en 2003, le bupropion est déconseillé pendant la grossesse. Bien que les données recueillies sur un registre portant sur 668 grossesses et 333 suites de grossesse, mis en place en 1997 aux États-Unis par le laboratoire pharmaceutique fabricant, ne suggèrent pas que le bupropion soit tératogène, il existe un accord professionnel pour déconseiller sa prescription chez la femme enceinte. Notons aussi que Benowitz et Dempsey concluaient leur revue par une mise en garde contre l’utilisation du bupropion chez la femme enceinte [ [7] ].

En résumé, il semblerait que toutes les méthodes préconisées par ces recommandations ne montrent pas une réelle garantie d’efficacité et de sécurité. Mais il est impératif d’obtenir l’abstinence tabagique de ces femmes. Mettre les patchs permet essentiellement d’éliminer surtout les autres toxiques nettement plus préjudiciables à la santé du fStus, en particulier le monoxyde de carbone et de ce fait, le bénéfice sera global sur la grossesse.

Et l’Acupuncture dans tout cela ?

Au cours de la conférence de consensus à Lille et comme nous avons pu le constater sur place, jamais l’acupuncture n’a été notifiée comme moyen antitabagique.

De ce fait, le Docteur Stéphan, ayant été mandaté par le Conseil d’Administration du Collège Français d’Acupuncture (CFA) et invité par le Professeur Delcroix, a pu ainsi être le porte-parole de notre profession, qui comme nous l’avons dit plus haut, n’était pas du tout représentée au  sein du Jury. Il a donc fait remarquer cet état de fait à l’assemblée et notifier que la conférence de consensus française de l’Anaes en 1998 [ [8] ] et surtout celle de l’AFSSAPS en 2003 [ [9] ] n’avaient pas intégré les travaux réalisés par les médecins acupuncteurs, ceux-ci n’ayant pas été invités par ailleurs. Ces différentes conférences se basaient essentiellement sur les résultats de la méta-analyse de Cochrane [ [10] ] qui concluaient à une inefficacité de l’acupuncture.

Or, la dernière méta-analyse réalisée par Castera et coll. [ [11] ] en avait mis en évidence les biais méthodologiques et surtout principalement la non-utilisation d’un essai clinique randomisé français de Vibes [ [12] ]. En introduisant ces nouvelles données, l’acupuncture offrait une efficacité statistiquement significative.

On fit remarquer au Dr Stéphan que cet ECR n’avait pas la qualité méthodologique requise. Mais si une conférence de consensus doit se borner à entériner les données ou recommandations anglo-saxonnes, autant en faire l’économie. Notons  aussi  qu’il est étonnant qu’une conférence de consensus française refuse de prendre en compte des données publiées en langue française.

On se doit de considérer qu’à partir du moment où des données nouvelles sont apportées, elles doivent être analysées et discutées.

Néanmoins, cette intervention n’aura pas été vaine, car l’acupuncture apparaît dans le texte des recommandations ! Pourtant au final, une impression désagréable, subsiste.

Il semble exister deux poids, deux mesures : aucune étude de niveau de preuve 1 pour les différentes techniques d’arrêt du tabagisme avec une efficacité somme toute bien faible et une sécurité non absolument prouvée, nonobstant cela, on va les recommander. L’acupuncture quant à elle, fournit une efficacité et une sécurité reconnues, et malgré tout, elle est ignorée !


Références

 [1] . Texte des recommandations. Conférence de consensus. Grossesse et tabac. 7 et 8 octobre 2004. Lille (Grand Palais) Available from: URL: http://www.anaes.fr/

[2] . Le Houezec J. Comment prendre en charge les femmes fumeuses ? Quelles sont les différentes techniques efficaces d’aides à l’arrêt du tabac ? Proceedings of the  Conférence de consensus Grossesse et Tabac, 7 et 8 octobre 2004; Lille France 2004; p.191-208.

[3] . Dempsey DA, Benowitz NL.Risks and benefits of nicotine to aid smoking cessation in pregnancy. Drug Saf 2001;24(4):277-322.

[4] . Koren G, Sharav T, Pastuszak A, Garrettson LK, Hill K, Samson I, Rorem M, King A, Dolgin JE. A multicenter, prospective study of fetal outcome following accidental carbon monoxide poisoning in pregnancy. Reprod Toxicol 1991;5(5):397-403. 

[5] . Coleman T. ABC of smoking cessation. Special groups of smokers. BMJ 2004 Mar 6;328(7439):575-7.  

[6] . Wisborg K, Henriksen TB, Jespersen LB, Secher NJ. Nicotine patches for pregnant smokers: a randomized controlled study. Obstet Gynecol 2000;96(6):967-71.  

[7] . Benowitz N, Dempsey D. Pharmacotherapy for smoking cessation during pregnancy. Nicotine Tob Res 2004;6 Suppl 2:S189-202.  

[8] . ANAES. Conférence de consensus sur l’arrêt de la consommation du tabac. Paris: Editions EDK; 1998.

[9] . Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé. Les stratégies thérapeutiques médicamenteuses et non médicamenteuses de l’aide à l’arrêt du tabac  argumentaire. Mai 2003.

[10] . White AR, Rampes H, Ernst E. Acupuncture for smoking cessation (Cochrane Review). In: The Cochrane Library, Issue 4, 2004. Chichester, UK: John Wiley & Sons, Ltd.

[11] . Castera Ph, Nguyen J, Gerlier JL, Robert S. L’acupuncture est-elle bénéfique dans le sevrage tabagique, son action est-elle spécifique ? Une méta-analyse. Acupuncture et Moxibustion 2002;1(3-4):76-85.

[12] . Vibes J. Essai thérapeutique sur le rôle de l’acupuncture dans la lutte contre le tabagisme. Acupuncture 1977;51:13-20.

Stéphan JM, Prulière C. L’acupuncture est-elle réellement efficace dans le tabagisme de la femme enceinte ? Acupuncture & Moxibustion. 2005;4(2):132-135.

Traitement de la constipation chronique par acupuncture

piments au marché de Pakse - Laos
piments au marché de Pakse – Laos

Résumé : Traiter la constipation par acupuncture avec une seule aiguille au point tianshu 25 E en piqûre profonde avec électro-stimulation est la gageure que Zhao Hong a réalisée avec succès en Chine. Après une description étiologique selon la médecine occidentale, l’auteur donne la nosologie de la constipation selon la médecine traditionnelle chinoise et explique sa façon de procéder. Zhao Hong offre aussi un traitement par le massage et l’auriculothérapie. Notons que cet article a fait l’objet d’une communication à Séville en juin 2003. (NDT : Jean-Marc Stéphan). Mots clefs : constipation, tianshu, acupuncture, auriculothérapie, 25 E

Summary : To treat the constipation by acupuncture with only one needle in the tianshu point 25 E in deep puncture with electro-stimulation is the gageure that Zhao Hong realized successfully in China. After a etiologic description according to Western medicine, the autor gives the nosology of the constipation according to Chinese traditional medicine and explains  the way she proceeds. Zhao Hong offers also a treatment by the massage and the auriculotherapy. Let us note that this article made the subject of a communication in Seville in June 2003. Keywords: constipation, tianshu, acupuncture, auriculotherapy, 25 S

 La constipation chronique est un trouble fonctionnel d’une très grande fréquence. Sa définition est caractérisée par la diminution significative du nombre d’exonérations par semaine, inférieur ou égal à 3, le caractère chronique étant défini par l’ancienneté du trouble, supérieur ou égale à 1 mois. Bien souvent, cela s’accompagne de douleurs abdominales. Généralement, cela ne gêne pas la vie quotidienne du patient. On estime la prévalence de la constipation en Chine à 30% chez les jeunes et 20% chez les personnes âgées. Aux Etats-Unis d’Amérique et dans la province de Canton en Chine, on retrouve respectivement 4,6% et 3% de constipation. D’après les statistiques, ce sont les femmes d’un haut niveau d’éducation qui en souffriraient le plus.

La classification étio-pathogénique de la constipation objective sans être exhaustif :

  1. les causes systémiques : les constipations secondaires à la prise de médicaments, les désordres métaboliques type hypokaliémie et hypercalcémie, les endocrinopathies dominées par l’hypothyroïdie, le diabète avec neuropathie, les affections neurologiques, la maladie de Parkinson, les tumeurs cérébrales (tumeur du tronc cérébral)
  2. les causes digestives (les plus fréquentes) : les causes anales (fissures ou hémorroïdes compliquées notamment), cancer du côlon, diverticulose sigmoïdienne, sténose d’origine inflammatoire, causes fonctionnelles dominées par l’erreur diététique, les colopathies fonctionnelle avec alternance de diarrhée-constipation, la dyschésie recto-anale, la maladie de Hirschprung (rare chez l’adulte), l’inertie colique..etc..

Le diagnostic de la constipation se base fondamentalement sur l’histoire clinique. On pourra ainsi utiliser les critères diagnostiques dits de « Rome II ». L’exploration para-clinique est néanmoins essentielle pour éliminer une cause organique.

Coloscopie, transit intestinal, manométrie anorectale voire défécographie dynamique peuvent donc compléter les explorations paracliniques.

Le ralentissement du rythme du transit du colon est une altération fonctionnelle qui représente 15 à 30% des constipations dont la manifestation principale est la présence d’excréments secs et durs, une diminution du réflexe d’expulsion, accompagnée de douleurs et de gênes abdominales. 75% des patients ne vont pas travailler pour ces raisons. Cela peut affecter aussi l’appareil urinaire et la sexualité.

La constipation habituelle, non compliquée, répond à l’application de conseils hygiéno-diététiques associés à des médications simples, des diètes, des changements d’habitudes, des traitements physiques (pratique d’une activité physique régulière), des laxatifs, des mucilages, des lavements. Malgré tout cela, le résultat n’est pas très probant, chacun ayant ses limites. Les médicaments peuvent stimuler l’intestin, voire provoquer la diarrhée ; c’est pourquoi un usage chronique et trop long est déconseillé.

Différenciation de syndromes

La constipation en médecine traditionnelle chinoise est connue comme le : da bian nan ou difficulté à déféquer, pi yue ou rate déficiente etc. Il existe des syndromes de déficience et des syndromes d’excès.

En voici les plus courants :

 Chaleur excessive d’Intestin et d’Estomac.

Selles dures et sèches, urines rares et rouges, visage rouge et sensation de malaise au  cœur, sensation de chaleur, bouche sèche, haleine fétide, distension abdominale, langue rouge avec enduit jaune, pouls glissant et rapide.

 Stase de qi de l’Intestin

Difficulté à déféquer, les selles peuvent être sèches ou non, flatulences, distension costale et abdominale, langue avec enduit mince gras et pouls en corde.

 Vide de qi de Rate et d’Estomac

Les selles sont pâteuses, molles. On peut avoir envie de les expulser et cependant l’acte reste difficile malgré de nombreux efforts, allant même jusqu’à la sudation. Dyspnée. Après la défécation, sensation de fatigue ; le visage est pâle, chute du shen. On n’a plus envie de parler. La langue est molle, blanchâtre, pouls faible.

 Déficience de yang de Rate et d’Estomac

Les excréments peuvent être secs ou non, avec difficulté à l’expulsion. L’urine est claire et abondante. Le visage est pâle et un peu verdâtre. Les extrémités sont froides.

Désir de chaleur et aversion pour le froid, l’abdomen est froid et douloureux. Sensation de froid et lourdeur de la colonne vertébrale. La langue est rose, l’enduit blanc, le pouls profond et lent.

(NDT : ce syndrome correspond cliniquement à l’évolution d’un vide de qi associé à des signes Froid)

Déficience de yin et sécheresse d’Intestin.

Excréments secs. Maigreur du patient. Rougeur des pommettes. Nausées. Acouphènes. Palpitations avec sensation de peur. Lombalgie et gonalgie. Langue rouge et sèche. Pouls fin et rapide.

Traitement

De nombreux textes de médecine traditionnelle chinoise s’intéressent à la physiopathologie et au traitement de la constipation par l’acupuncture. Nous avons examiné les archives de médecine de Chine dans lesquelles nous avons trouvé 90 articles en rapport avec la constipation.

Les points tianshu (25 E), huangshu (16 R), zusanli (36 E) sont les points les plus appliqués en acupuncture ou moxibustion. L’auriculothérapie est aussi utilisée.

 Acupuncture

a. Traitement par acupuncture profonde au point tianshu 25 E 

Technique : le point se situe à 2 cun à l’extérieur de l’ombilic. Avec une aiguille de 3 cun (de calibre 28-30), piquer perpendiculairement de 2,8 cun. Obtenir une sensation locale de distension. Après cette sensation « Deqi« , appliquer l’électro-stimulation à 20 Hz, l’intensité adéquate s’observant lorsque les muscles de l’abdomen remuent légèrement. Laisser l’aiguille durant 30 minutes. Une séance par jour, cinq par semaine, sauf les samedis et dimanches. La durée totale du traitement est de deux semaines.

 Dans le  » Suwen  » ( chapitre 8 : des règles secrètes  de la bibliothèque Ling Lan ): le Gros Intestin est le responsable du transit où prend naissance le changement  » (Da Chang Zhe, Chuan Dao Zhi Guan, Bian Hua Chu Yan)

La constipation a pour étiologie le Froid ou la Chaleur, la stase de Sang ou la stase de qi. Ces causes produisent une difficulté de circulation de qi, la fonction de transit diminue, alors se produit la constipation.  Tienshu 25 E est le point mu du Gros Intestin où circule le qi du viscère qu’il faut traiter en cas d’atteinte de la fonction de l’organe interne.

Durant les deux dernières années, j’ai réalisé d’importantes observations cliniques traitant de la constipation chronique en utilisant le point tianshu 25 E. J’ai choisi des patients aussi bien en consultation externe qu’en milieu hospitalier. Après une sélection adéquate, deux groupes ont été formés. Un groupe a été traité par acupuncture d’insertion profonde et l’autre selon l’acupuncture d’insertion habituelle. Chaque groupe contient 25 personnes.

(NDT : l’insertion habituelle en Chine est une insertion déjà profonde, environ 12 à 25 mm selon l’académie de Médecine traditionnelle chinoise, alors que l’insertion profonde préconisée par l’auteur est de 2,8 cun soit quasiment le triple de profondeur )

 Résultat :

L’efficacité moyenne du groupe en introduction profonde est de 82,3% à la différence de l’autre groupe (57%). La différence entre deux groupes est statistiquement significative. Un suivi est réalisé pendant six mois. 57% des malades dans le groupe d’introduction profonde n’a pas eu de rechute. L’étiologie principale retrouvée pour les deux groupes est le simple ralentissement du transit au niveau du côlon (15 cas dans le groupe d’introduction profonde et 17 cas  dans le groupe d’introduction habituelle).

On obtient 62% d’efficacité du traitement avec l’introduction profonde et parmi eux 30% voient une amélioration après seulement une seule séance de traitement.

Dans le groupe avec la technique d’introduction habituelle l’efficacité est de 31%. Bref, l’insertion profonde est plus efficace de manière statistiquement significative que le mode superficiel.

Le temps de transit s’améliore aussi davantage dans le groupe traité selon l’introduction profonde que dans l’autre groupe.

En conclusion, pratiquer la méthode d’introduction profonde de l’aiguille au point tianshu 25E améliore davantage la constipation que la méthode habituelle. D’autre part, le traitement est davantage efficace s’il est plus précoce. C’est pourquoi, cette méthode est plus adaptée à une large application clinique.

 b. Modifications du traitement selon un diagnostique différenciel du syndrome

– Excès de chaleur d’Intestin et d’Estomac : hegu GI 4, quchi GI 11, fujie RP 14, shangjuxu E 37

– Stase de qi  : yanglingquan VB 34, qihai VC 6, xingjian F 2, qimen F 14

– Vide de qi de Rate et d’Estomac : pishu V 20, weishu V 21, dachangshu V 25, zusanli E 36 (point à moxer)

– Vide de yang de Rate et Estomac : qihai VC 6, guanyuan VC 4, zhaohai R 6, shenshu V 23 (point à moxer)

– Déficience de yin et sécheresse d’intestins : sanyinjiao RP 6, xuehai RP 10, taixi R 3

c. Exemples de traitement selon quelques textes d’acupuncture

– Constipation : mettre l’aiguille en zhangmen F 13 favorise le  couple  Rate – Estomac selon les livres classiques, de même yinjiao VC 7, qihai VC 6, shimen VC 5, zusanli E 36, zhaohai R 6, sanyinjiao RP 6, taibai RP 3, dadun F 1, dadu RP 2.

– Constipation par défaut de transit : zhangmen F 13, taibai RP 3, zhaohai R 6.

– Difficulté à déféquer et prolapsus en cas d’effort excessif : neiguan MC 6, zhaohai R 6, baihui VG 20, zhigou TR 6.

  • Traitement par massage de l’abdomen

Avant de se lever chaque matin, faire un massage de 30 minutes à 1 heure. On le réalise en décubitus dorsal, les deux genoux légèrement pliés et l’abdomen découvert. On masse légèrement l’abdomen avec les paumes en suivant le sens des aiguilles d’une montre, en répétant 20 à 30 fois ce geste. Si on sent une zone plus dure, c’est à cause de l’accumulation de selles, alors on applique davantage de pression à ce niveau, lentement, en massant et en frottant du bout des doigts. On masse donc selon une légère pression lentement du bas vers le haut pendant 20 à 30 fois.

Pendant la pression, il faut expirer. Quand les mains se séparent, on inspire par le nez et à ce moment là, il est possible de faire plus de pression sur les masses les plus rondes.

Enfin, masser à nouveau 20 à 30 fois l’abdomen mais cette fois ci avec l’intérieur des mains. A la fin de la séance de massage, essayer de déféquer. Il est habituel durant le massage d’avoir envie d’expulser en raison des gaz.

 ·  Auriculothérapie

Choisir les points Poumon, Gros Intestin, Intestin Grêle, sympathique, Rate et le sous cortex. On aseptise préalablement l’endroit du placement de l’aiguille à demeure. On ajustera ensuite un sparadrap d’à peu près 5 x 5 mm. Après avoir placé l’aiguille sur le point, on presse, jusqu’à obtenir une sensation nette de distension de chaleur et douleur. Faire une pression 2-3 fois par jour, chaque fois 3 à 5 minutes. Alterner l’oreille à chaque séance


Dr Zhao Hong
Beijing Hospital GuanganmenTél: (010) 69519671(H) 
 E-ail: hongzhao253@hotmail.com  
EDUCATION1996-1999   Guangzhou University of TCM  (Guangzhou City, Guangdong Province) :  Master Degree of Acupuncture1991–1996   Beijing University of TCM  (Beijing City) :    Bachelor Degree of TCM
 EXPERIENCE   Depuis mars 2002 :  Acupuncture and Moxibustion Department of Guang An Men Hospital, The Chinese Academy of TCM : Vice-directeur
2001-2002 : Acupuncture and Moxibustion Department of Guang An Men Hospital, The Chinese Academy of TCM          Médecin attachée
Septembre 1999 à décembre 2001 :  Acupuncture and Moxibustion Department of Guang An Men Hospital, The Chinese Academy of TCM   : médecin résident
 Septembre 1997- 1999   The No.1 Affiliated Hospital of Guangzhou University of TCM : étudiante en médecine
05.2002-08.2002   China Cochrane Center, Western China College :   travail de recherche      
 Les principales recherches
Motility of rats with Ulcerative colitis and effect of Chinese medicine Weichangkang decoction.X-ray and gastro-intestinal electricity of abnormal motility of stomach.
Clinical effect and mechanism research of acupuncture on old-aged patients with incontinence.
The research gained grade award of  The Chinese Academy of TCM.
Clinical effect and mechanism research of acupuncture on patients suffering from swallow obstacle after stroke.
Clinical effect of acupuncture on patients suffering from equilibrium after stroke. 
Les principaux articles déjà parus
1. Acupuncture for chronic constipation(protocol). Cochrane library
2. Treatment of chronic stage of SARS by moxibustion: A clinical observation of 9 cases. Chinese Acupuncture and Moxibustion. (will be published).
3. Clinical research about electroacupuncture treatment of disequilibrium caused by cerebel and brain stem infarct. Journal of Clinical Research of Acupuncture and Moxibustion. Journal of Clinical Acupuncture and Moxiibustion,2002,(9)
4. Clinical study on electroacupuncture treatment of senile imperative urinary incontinence. Chinese Acupuncture and Moxibustion,2001,21(10):579-582
5. The effect of acupuncture at Zusanli on electrogastrogram of functional dyspepsia. New Journal of TCM,2001;33(8):39-40
6. Regulation of acupuncture and moxibustion on gastric function. Journal of Guanzhou TCM College, 1998;15(1)68-71
7. A study on the relationship between X-ray images of gastric dyskinesia and its motility type. Journal of Guanzhou TCM College, 1998;15(2)97-99
8. A study on the relationship between gastric dyskinetic symptoms and electrogastrograms. Journal of Guanzhou TCM College, 1998;15(3)191-194
9. Effects of Chinese medicine compound Weichangkang on ulcerative colitis and its NO abnormality. World Chinese Journal of Digestion,1998;6(4):288-290
10. Effect of Weichangkang decoction on colonic electricity and motility of rats with ulcerative colitis. Chinese Journal of Integrated Traditional and Western Medicine on Gastro-spleen,1998;6(1):25-28       

 Traduction : Jean-Marc Stéphan avec la collaboration d’Annie Marez et Claudette Dick

 Publié avec l’aimable autorisation de l’ACMAS Huangdi. Séville. Espagne.

Article traduit à partir de la communication au X Curso Internacional Acupuntura, Farmacopea y MTC à Séville les 28-29 juin 2003                                                               

Hémorroïdes selon un dyptique flamand (1520-1530) Galerie Wittert – Liège – Belgique
Hémorroïdes selon un dyptique flamand (1520-1530) Galerie Wittert – Liège – Belgique

Zhao Hong, (Traduction Stéphan JM). Traitement de la constipation chronique par acupuncture. Acupuncture & Moxibustion. 2003;2(4):194-7.