Statue du célèbre champion du bodybuilding Datuk Wira Gan Boon Leong à Melaka – Malaisie
Résumé : l’épaule douloureuse est une des affections les plus courantes de l’appareil locomoteur, entraînant de fréquentes consultations autant en soins primaires que spécialisés. Peu de preuves existent pour appuyer ou réfuter l’efficacité des interventions les plus communes dans le traitement de l’épaule douloureuse. Il n’existe pas de revue bibliographique qui objective l’efficacité de l’acupuncture dans le traitement de cette pathologie mais ces dernières années sont apparues des études contrôlées randomisées qui incitent à l’utilisation de l’acupuncture dans le traitement des périarthrites scapulo-humérales. L’étude présente a pour objectif dans la tendinite du sus-épineux, d’évaluer la réponse immédiate à la piqûre du tiaokou (ES38),dans la réduction de la douleur et dans l’augmentation du degré d’abduction, quand on y associe une puncture transfixiante vers le chengshan (VE57)avec obtention du deqi et manipulation active. 107 patients ont été randomisés en deux groupes, avec un groupe contrôle bénéficiant d’une puncture neutre sur le même point. Le groupe expérimental a obtenu une amélioration significativement supérieure au groupe contrôle tant dans l’amélioration de douleur (absolue et relative) que dans le bénéfice des degrés d’abduction (absolus et relatifs). Mots clés : tiaokou, épaule douloureuse, tendinite du sus-épineux, deqi, essai contrôlé randomisé
Summary: The painful shoulder is one of the most common disorders of the locomotor system, involving frequent consultations as much in primary care that specialized. Few evidence exist to support or refute the effectivesess of the most common interventions in the treatment of the painful shoulder. There is no bibliographical review which objectifies the effectivesess of the acupuncture in the treatment of this pathology but these last years appeared randomized controlled trials which incite to the use of the acupuncture in the treatment of the adhesive bursitis. The present study aims at in the tendinitis of supraspinatus, to estimate the immediate answer to the puncture of the tiaokou ( ST38), in the reduction of the pain and in the increase of the degree of abduction, when one associates it a puncture transfixiante towards the chengshan (BL57) with obtaining deqi and dynamic manipulation. 107 patients were randomized in two groups, with a group control benefiting from a neutral puncture on the same point. The experimental group obtained an improvement significantly higher to the group control so much in the improvement of pain (absolute and relative) that in the benefit of the degrees of abduction (absolute and relative). Key words: tiaokou, painful shoulder, tendinitis of supraspinatus, deqi, randomized controlled trial
INTRODUCTION
La douleur d’épaule est un motif fréquent de consultation et souvent de diagnostic difficile. On estime que 40 % des personnes en souffrent à un moment ou un autre de leur vie. Les études de prévalence offrent des chiffres très disparates, de 3 à 20 % [1,2] ou même plus élevés si l’omalgie n’inclut pas dans sa définition l’incapacité fonctionnelle du mouvement [3], chiffres augmentant avec l’âge et avec certaines professions ou activités sportives (tennis, natation, etc..) [4,5,6].
L’épaule, comme unité fonctionnelle, est composée de 4 articulations : gléno-humérale, sterno-claviculaire, acromio-claviculaire et scapulo-thoracique. À la différence de la hanche, qui est une articulation stable avec appui acétabulaire profond, l’épaule est une articulation mobile avec une fosse glénoïde superficielle. L’humérus est suspendu à l’omoplate par des tissus mous, des muscles et des ligaments, et une capsule articulaire, et a seulement un appui osseux minimal. L’épaule est une articulation complexe jouissant d’une grande mobilité, mais est aussi la plus instable de l’organisme et donc l’une des plus impliquées dans les problèmes douloureux. Néanmoins 90 à 95 % des causes de douleurs de l’épaule sont des problèmes péri-articulaires, c’est-à-dire en rapport avec les structures qui entourent l’articulation et non pas avec l’articulation en elle même comme :
* les bursites sous-acromiales, les tendinites du sus-épineux (60%)
* les capsulites rétractiles (« épaule gelée ») (12%)
* les ruptures de la coiffe des rotateurs, conflit antérieur sous-acromial (syndrome de pincement) (10%)
* arthrose de l’articulation acromio-claviculaire et sterno-claviculaire (7%)
* tendinite bicipitale (4%)
* causes diverses (7%)
Comme nous l’avons vu, environ deux tiers des cas d’épaule douloureuse concernent la tendinite de la coiffe des rotateurs [7,8,9,10,11,12], insertion conjointe des muscles sus-épineux, sous-épineux et petit rond sur le trochiter, le tout étant en rapport avec un surmenage de l’épaule (personnes de 40-50 ans, ouvriers), une instabilité articulaire (< 35 ans) ou une dégénérescence de la coiffe avec l’âge (> 55 ans). C’est le tableau d’une douleur mécanique aiguë ou chronique, au niveau de la face antéro-latérale de l’épaule. La palpation de cette zone est plus douloureuse, plus avivée, particulièrement dans les mouvements d’abduction et de rotation interne. L’inflammation peut affecter aussi d’autres structures anatomiques voisines (bursite sous-acromiale) ou les surmener et les léser secondairement (ténosynovite bicipitale).
La mobilité active est profondément limitée par la douleur. Cela est mis en évidence par « l’épreuve du grattage d’Apley », qui permet d’estimer grossièrement la limitation de l’amplitude de mobilisation de l’articulation. Il s’agit de demander au sujet de se crocheter les doigts dans le dos, une main en position basse, l’autre en position haute. Ce mouvement combiné réalise une adduction avec rotation médiale et une abduction avec rotation latérale. Il sera comparé avec le côté controlatéral.
Typiquement la mobilité passive de l’articulation gléno-humérale sera normale et légèrement douloureuse, symétrique avec le côté sain : 160 ° en flexion ou antépulsion, 60 ° en extension ou rétropulsion, 55 ° en rotation interne, 45 ° en rotation externe, 45 ° en adduction et 180 ° en abduction. Ces manœuvres excluent le diagnostic d’une lésion capsulaire ou articulaire. Néanmoins, la mobilité doit être correctement recherchée car le patient peut, de façon réflexe en raison de la douleur ou involontairement, être incapable de relâcher de manière adéquate sa musculature. Souvent, il est préférable de réaliser les manœuvres en décubitus dorsal.
Le tendon du muscle sus-épineux est le plus céphalique des trois et le plus enclin à avoir un conflit dans l’espace entre l’acromion et le ligament coraco-acromial. Sa principale fonction concerne l’abduction, entraînant une douleur maximale dans les mouvements compris entre 60 ° et 120 ° quand il est enflammé. Le tendon du muscle sous-épineux est celui qui intervient principalement dans la rotation externe. Le petit rond, voisin, rotateur externe et extenseur, ne sera pas affecté.
Le traitement consiste généralement en physiothérapie ou infiltrations locales avec corticostéroïdes, interventions qui présentent une efficacité controversée [14,15,16].
L’acupuncture a été utilisée pour le traitement de ces maladies en Chine pendant plus de 5000 ans [17]. À présent, on la considère en médecine occidentale comme une technique efficace dans un grand nombre de pathologies, spécialement dans les cas où l’on voit la médecine moderne limitée ou contre-indiquée [18,19,20,21], et en particulier dans le traitement de la douleur chronique [22,23,24]. La revue systématique effectuée par Lewith et Machin sur l’efficacité de l’acupuncture dans la douleur chronique a conclu que le traitement avec la « vraie » acupuncture était significativement plus efficace que la « fausse » acupuncture et le placebo [25]. Par ailleurs, il a été démontré que l’acupuncture entraîne moins d’effets secondaires que l’utilisation d’anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et des opioïdes [26].
Depuis l’introduction des techniques d’acupuncture dans les soins primaires du fonctionnement de l’Unité de Traitement de la Douleur (UTD) du Centre de Santé de Dos Hermanas « A », nous avons acquis suffisamment d’expérience pour évaluer initialement la tendance évolutive de ces patients quand on les traite avec l’acupuncture. Une de ces expériences est l’étude contrôlée randomisée que nous allons maintenant présenter et qui a servi de base pour la conception et l’élaboration d’une étude multicentrique d’une réalisation en projet.
HYPOTHESES ET OBJECTIFS
Nous posons l’hypothèse suivante : la puncture au point tiaokou ES38 selon la technique tiao-shan et une manipulation dynamique jusqu’à obtention du deqi réussit à améliorer immédiatement la douleur de l’épaule d’origine tendineuse (sus-épineux) de manière plus significative que la puncture neutre de ce même point.
Objectif général
Évaluer l’efficacité de la puncture du point tiaokou ES38 selon la technique tiao-shan avec obtention du deqi dans la tendinite du sus-épineux comparé à la puncture neutre du même point
Objectifs spécifiques
– Objectif principal : évaluer l’effet sur la diminution immédiate de la douleur après la puncture
– Objectif secondaire : évaluer l’effet sur l’abduction de l’épaule
MATERIEL ET METHODES
Type d’étude
Étude contrôlée randomisée
Sujets d’étude
L’étude a été approuvée par le Comité d’Éthique de l’Hôpital de référence. 125 patients ont été sélectionnés et inclus, avec une symptomatologie d’épaule douloureuse d’origine tendineuse (sus-épineux), diagnostic porté par les médecins de famille et les spécialistes du secteur des trois zones de base de la Santé qui desservent l’Unité de Traitement de la Douleur (UTD) du Centre de Soins Primaires de Dos Hermanas « A » (district sanitaire Sud de Séville). On les a informés du type de l’étude et des techniques qui allaient être employées ainsi que des effets secondaires possibles (infection, lipothymie, hématome). On les a informés, de même, qu’ils pouvaient se dédire ou sortir de l’étude sans aucune sorte de pénalité ou perte de bénéfice auxquels, d’autre part, ils avaient droit.
Les critères de sélection
* Approbation par le Comité d’Éthique de l’Hôpital de référence
* Critères d’inclusion :
– patients avec diagnostic des pathologies mentionnées ci-dessus d’évolution supérieure à 3 mois
– consentement éclairé
– unilatéral
* Exclusion : chirurgie, luxations ou fractures au niveau de l’épaule, hypo-coagulation, atteinte généralisée du système musculo-squelettique ou atteintes neurologiques, atteintes trophiques vasculaires des membres inférieurs, lymphoedème
Critères éthiques
La validité éthique de cette étude a été analysée par les comités d’enquête éthique de l’Hôpital de référence. Dans la conception ont été pris en compte les quatre principes éthiques de Bauchamp et Childress [27] (l’autonomie, le bénéfice (le principe d’être bénéfique), l’innocuité (le principe de ne pas nuire), et la justice) et ont été garantis expressément les droits du patient à l’intimité et à la décision éclairée dans les caractéristiques particulières de l’étude. Également, l’étude a été réalisée en accord avec les normes de Bonne Pratique Clinique et la Déclaration de Helsinki de 1964, modifiées par la 48ème Assemblée Générale de 1996 en Afrique du Sud. Tous les patients ont signé le consentement éclairé des procédures cliniques d’enquête.
Randomisation
Les patients ont été randomisés en deux groupes, 1) le groupe expérimental traité par l’acupuncture au point tiaokou ES38 avec la technique tiao-shan (jiao-zhuan), obtention du deqi et manipulation active et 2) le groupe contrôle, traité par acupuncture au point tiaokou ES38 avec la technique tiao-shan, mais sans obtenir le deqi et sans aucune manipulation. La randomisation a été réalisée en présentant une carte avec la lettre « A » (n=70) ou « B » (n=70) dans 140 enveloppes identiques opaques qui ont été fermées et disposées dans le bureau de l’UTD. Après l’évaluation standard les sujets ont extrait une des enveloppes d’un conteneur déposé sous la tutelle de l’investigateur responsable du service. Les sujets ayant extrait la carte imprimée avec la lettre « A » ont été inclus dans le groupe expérimental et ceux qui ont extrait la carte « B » dans le groupe contrôle. Des mesures opportunes ont été prises afin de préserver la confidentialité des informations des patients participants, y compris l’anonymat dans les bases de données construites pour l’analyse.
Interventions
Acupuncture au point tiaokou ES38 selon la technique tiaoshan avec recherche du deqi et manipulation active
La séance d’acupuncture consiste à localiser, puncturer et manipuler le point tiaokou ES38 ipsilatéral. Après stérilisation de la peau, le patient en décubitus dorsal, la puncture est réalisée avec une aiguille fine d’acupuncture 30 de jauge et 5 cun, en deux phases : 1) insertion jusqu’à obtention de la sensation propagée le long du méridien d’Estomac zuyangming indiqué par le patient et 2) approfondissement en direction du chengshan VE57 jusqu’à obtention de la sensation propagée le long du méridien Vessie zutaiyang. Après avoir réalisé la puncture transfixiante, on manipule activement l’aiguille selon la technique nianzhuan tandis que l’on invite le patient à réaliser des mouvements de l’épaule pendant deux minutes à la recherche de l’arc douloureux de l’épaule atteinte. Cette manipulation est effectuée trois fois le long de la séance. Après une séance de 20 minutes, on procède au retrait de l’aiguille.
Acupuncture au point tiaokou ES38 selon la technique tiaoshan sans recherche de deqi et sans manipulation
L’intervention dans le groupe de contrôle sera identique au groupe expérimental, sauf que la puncture est pratiquée en une seule phase jusqu’au point chengshan VE57, sans recherche du deqi ni manipulation de l’aiguille. Après une séance de 20 minutes, on procède au retrait de l’aiguille.
Mesures basales
Les mesures de base sont réalisées avant la randomisation et consistent à mesurer :
* l’intensité de la douleur selon échelle analogique visuelle (EVA) de 0 à 10 cm
* le degré d’abduction de l’épaule atteinte au moyen d’un goniomètre de 0 à 180 degrés
Les mesures des résultats
Les mesures sont effectuées 10 minutes après le retrait de l’aiguille, en gardant le patient en décubitus dorsal.
Variable principale :
* changement de l’intensité de douleur par rapport à la mesure initiale
Variable secondaire
* augmentation de l’abduction par rapport à la mesure initiale
LES RÉSULTATS
Des 125 patients choisis, 107 ont consenti à participer à l’étude et ont signé le consentement éclairé : 53 patients dans le groupe expérimental et 54 patients dans le groupe contrôle.
Aucun effet secondaire relatif à la technique de puncture ou de manipulation n’a été signalé.
Mesures initiales
Quantitatives
Pour déterminer si les deux populations étaient équivalentes en terme d’âge, une analyse de variance a été effectuée montrant que l’âge moyen des groupes (avec la valeur moyenne et l’écart type pour le groupe expérimental et celui du groupe contrôle est de 59,64 (13,25) et 59,87 (10,54) respectivement) et ne différent pas de façon significative (p = 0,921).
Ont été également analysées les variables quantitatives déterminantes des caractéristiques décrivant la douleur d’épaule des patients (ancienneté du processus, degré d’abduction active, intensité de la douleur au cours du mouvement) où le test de Levene par égalité de variance nous confirme que ces variables sont homogènes (p > 0,05). Voici ci-dessous les résultats de ce test :
* Âge : groupe expérimental 59,64 (13,25) et groupe contrôle 59,87 (10,54) ; avec F (2,64) = 0,107
* Ancienneté en mois : groupe expérimental 8,3 (7,80) et groupe contrôle 11,06 (10,7) ; avec F (2,87) = 0,93
* Degrés d’abduction active : groupe expérimental 33,02 (15,33) et groupe contrôle 41,67 (17,56) ; avec F (1,71) = 0,1934
* Intensité de la douleur : groupe expérimental 8,36 (1,09) et groupe contrôle 8,20 (1,22) ; avec F (1,37) = 0,244
Catégorisation
Pour déterminer si les groupes étaient homogènes et, donc comparables en ce qui concerne les variables déterminantes des caractéristiques des patients (sexe, épaule dominante, douleur nocturne), ont été réalisés les contrôles des différences de fréquence par groupe de traitement au moyen du test statistique c2 de Pearson, dont les résultats ont révélé qu’il n’y a pas de différence significative entre le groupe expérimental et le groupe contrôle :
Sexe féminin : groupe expérimental 45/53 (84,9 %), groupe contrôle 41/54 (75,9 %) ; p = 0,242
Épaule dominante : groupe expérimental 50/53 (94,3 %), groupe contrôle 52/54 (96,3 %) ; p = 0,632
Absence de douleur nocturne : groupe expérimental 6/53 (11,3 %), groupe contrôle 8/54 (14,8 %) ; p = 0,592
Donc, bien que quelques unes de ces variables aient eu un effet sur les variables dépendantes, il est possible d’affirmer que cela n’a pas présenté de biais dans le contraste des groupes, dans la mesure où ces deux groupes sont équivalents vis à vis des variables sélectionnées.
Comparaison des groupes de traitement
Analyse de la variance
Pour apprécier l’existence d’une différence d’efficacité des traitements à partir des mesures finales, une évaluation des moyennes est réalisée par une analyse de variance. Les résultats obtenus indiquent des différences statistiques significatives (p < 0,001) entre les deux groupes :
Tableau 1 : différences absolues et relatives des variables principale et secondaire.
groupe
N
Moyenne
Déviation type
Ecart type de la moyenne
Amélioration de la douleur / basal *
Contrôle
54
2,80
1,76
0,24
Expérimental
53
5,26
1,33
0,18
Amélioration de l’abduction/ basal †
Contrôle
54
18,70
19,67
2,68
Expérimental
53
100,28
40,61
5,58
Différence relative Intensité de la douleur ‡
Contrôle
54
33,06
18,25
2,48
Expérimental
53
62,46
12,07
1,66
Différence relative Degré abduction ‡
Contrôle
54
70,41
126,97
17,28
Expérimental
53
410,20
314,14
43,15
(*) Echelle Visuelle Analogique de 0 a 10. (†) Degré d’abduction de 0 a 180. (‡) Pourcentage
Schéma 1 : Évaluation initiale et finale du degré d’abduction dans les groupes expérimental et contrôle
Schéma 2 : Évaluation initiale et finale de l’intensité de la douleur dans les groupes expérimental et contrôle
Une régression linéaire a été calculée afin de déterminer l’association possible de deux variables dépendantes (changements de l’intensité de la douleur par rapport à la mesure de base ainsi que l’amélioration du degré d’abduction par rapport au niveau initial) en fonction du groupe d’appartenance, limitant l’étude à ces deux variables par souci de clarté. Pour le premier modèle, nous observons dans le groupe expérimental versus groupe contrôle, à égalité d’abduction et d’intensité de douleur basale, une amélioration de l’abduction de 75 degrés en moyenne par rapport à la mesure initiale de base.
Pour le second modèle, en incluant comme variable dépendante l’amélioration de l’intensité de la douleur par rapport au niveau de base, nous observons que le groupe expérimental est amélioré de 2,26 points versus groupe contrôle, à égalité d’intensité de douleur et d’ancienneté basale du processus douloureux.
DISCUSSION
L’objet de cette étude était de déterminer si une manipulation avec obtention de la sensation propagée le long des méridiens différait de la puncture simple sur le même point dans la tendinite du sus-épineux. Le choix de sélectionner cette pathologie était motivé par le fait qu’à l’intérieur des processus douloureux de l’épaule, capsulites rétractiles, bursites sous-acromiales, tendinites sus-épineuses qui affectent le territoire du méridien du shouyangming (Gros Intestin), ces dernières représentent la plus grande prévalence. L’utilisation du point tiaokou n’est pas fortuite non plus ; depuis le début du fonctionnement de l’Unité de Traitement de la Douleur (UTD), en 1997, où l’on voyait en moyenne 320 patients par mois [28] jusqu’à ce jour où l’on soigne une moyenne de 850 patients par mois, nous avons étudié les différences d’efficacité de divers points distaux indiqués dans les problèmes des tissus péri-articulaires de l’épaule, comme peuvent l’être, entre autres, le yanglingquan (VB34), zhongping du pied (point hors méridiens), lingxia (point hors méridiens) ou tiaokou (ES38), ce dernier étant celui qui réalisait un effet plus rapide et durable. En raison de son emplacement anatomique et de la technique transfixiante appliquée, il semble que l’on puisse léser les structures de l’espace interosseux quoique, dans notre expérience, aucun patient ne nous ait informés des effets secondaires. Il est vrai que de stricts critères de sélection ont été employés, avec un choix scrupuleux des patients pour éviter les hématomes ou les infections. Dans notre UTD, le traitement habituel de ce type de pathologie inclut comme première phase cette technique, avec une moyenne de 4 à 5 sessions (une par semaine) considérée comme suffisante pour assurer le traitement. Dans le cas contraire, on procède à la combinaison de points locaux et distaux, qui en cas de prévalence du Froid pathogène dans l’étiopathogénie, sont associés à l’application de moxibustion sur l’aiguille. Aussi l’amélioration moyenne relative dans l’abduction de l’épaule, qui augmente dans le groupe expérimental de 410 %, comme la diminution relative de la douleur (62 %) conduisent à la réflexion sur la nécessité d’incorporer ces techniques dans la pratique médicale habituelle.
Il s’agit d’une étude courte, étant donné que l’objectif était d’évaluer l’effet immédiat de la puncture, mais celle-cinous a servi d’étude pilote pour la réalisation d’un protocole d’étude clinique multicentrique dans 20 services de rééducation, où nous essayons de démontrer l’efficacité à long terme avec un suivi de 6 à 12 mois.
Ces dernières années sont apparues des études contrôlées randomisées qui incitent à l’utilisation de l’acupuncture dans le traitement des périarthrites scapulo-humérales. Par exemple, J. Kleinhenz et al [30] objectivent une augmentation dans l’échelle de Constant de 19,2 points dans le groupe expérimental versus 8,37 points dans le groupe contrôle, employant un placebo au moyen des aiguilles rétractables, mais il semble qu’ils se soient davantage axés à démontrer l’efficacité de la technique employée dans le groupe contrôle que la spécificité du choix des points d’acupuncture ; de plus dans l’analyse de la variable du résultat principal (amélioration absolue), l’ajustement n’a pas été effectué avec la mesure initiale.
K.O. Sun et al. qui recherchent la spécificité des points ont déterminé le choix d’un point distal de la zone affectée [31] par un essai contrôlé randomisé de deux groupes, 13 patients furent traités par acupuncture et exercices de l’épaule et 22 patients avec uniquement des exercices. La conception est similaire à ce que nous présentons dans ce projet bien qu’il nous semble que l’échantillon soit insuffisant et qu’il existe un biais important, étant donné que le groupe contrôle (exercices seuls) ne recevait pas la même assistance médicale que le groupe expérimental. Néanmoins, les résultats qu’ils obtiennent dans le groupe expérimental sont significativement meilleurs que dans le groupe contrôle. D’autre part, le point qu’ils proposent (zhongping de pied) est de localisation difficile puisque son emplacement n’est pas constant, à la différence de tiaokou(ES38) qui est situé exactement à 8 cun au-dessous de la ligne articulaire du genou et à 1 cun latéralement à la crête tibiale.
Gilbertson et al [32] présentent un autre essai clinique, après intervention arthroscopique de l’épaule, comparant l’acupuncture traditionnelle versus«fausse » acupuncture (‘sham’). Ils concluent que la « vraie » acupuncture réelle offre une amélioration significative tant dans le degré d’analgésie obtenue, que dans la réduction de la prise d’antalgiques, de l’augmentation de la mobilité et la satisfaction des patients ; néanmoins ils ne décrivent pas le choix des points, c’est pourquoi l’essai n’est pas reproductible.
Il n’échappe à personne que les possibilités de l’acupuncture dans la réduction de la prise des médicaments antalgiques et anti-inflammatoires [29], aussi bien dans la réduction des effets iatrogènes ou de l’incapacité de travail, ouvrant des voies à de nouvelles investigations..
CONCLUSION
Cette étude montre que la puncture du ES38 avec obtention du deqi et manipulation active est significativement plus efficace que la puncture simple pour soulager la douleur et améliorer la fonction de l’épaule douloureuse d’origine tendineuse (sus-épineux).
Il est démontré également que c’est une technique dénuée d’effets secondaires qui permet de réduire le temps de récupération de ces patients.
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Correspondance : Dr Jorge VasCentro de Salud Dos Hermanas “A”(Unidad de Tratamiento del Dolor)41700 Dos Hermanas (Sevilla)EspañaTél : 95 4114368e-mail : jvas@acmas.comwww.acmas.com
Jorge Vas est docteur en médecine, responsable universitaire de la formation des médecins acupuncteurs à l’Université Pablo de Olavide de Séville, vice-président de l’association scientifique des médecins acupuncteurs de Séville (ACMAS) et directeur médical de l’unité anti-douleur du centre de santé de « Dos Hermanas » à Séville
Question : J’aimerais connaître le traitement des algodystrophies du genou post-traumatiques ou post-chirurgicales. Pour ma part, je la traite comme une variété d’ostéoporose avec des moxas sur tous les points King des méridiens Yin du membre inférieur et tonification à l’aiguille du 11V, 39VB et 23V. Qu’en pensez vous ? (SL.., Argentine)
Statue d’Achille à Corfou – Grèce
Réponse 1 : Toute algodystrophie post-traumatique ou post-chirugicale doit être considérée à mon sens comme une pénétration d’énergie perverse « Xié » et être traitée comme telle. A noter que le Su Wen spécifie que si l’homme subit les attaques de Xié, c’est parce que son énergie essentielle « jingqi » est déjà affaiblie. Ensuite, il est évident que le Xié ayant pénétré, il va s’installer dans une des couches des Grands Méridiens et entraîner un Bi avec perturbation de la circulation de l’énergie « rong » (énergie nourricière) et de l’énergie Wei (défensive).
Mais dans l’algodystrophie, l’énergie perverse s’enfonce généralement assez profondément et atteint souvent le shaoyin entraînant des algies sur des os qui se décalcifient, comme effectivement une véritable ostéoporose.
En conclusion, le traitement pratiqué me semble correct, mais peut-être insuffisant. Il faut fortifier effectivement les Os avec le 11V (dazhu) et le 39VB (xuanzhong), disperser l’énergie Xié au niveau du Rein avec le 23V, point assentiment. Le 36E (zusanli) serait aussi à utiliser en moxa car le Suwen l’indique « quand l’humidité a pénétré depuis longtemps dans les os ». Les Moxas sur les points King (4è point Shu) des Méridiens principaux des membres inférieurs est un traitement tout à fait licite, car ce sont les points de débarquement du Xié. Si le méridien principal touché est retrouvé, il est même judicieux d’appliquer de plus la technique des Méridiens tendino-Musculaires (jingjin) avec moxa des points ahshi de la zone douloureuse. Enfin rien n’empêche non plus d’utiliser les points des Merveilleux vaisseaux pour chasser le Xié.
Réponse 2
L’algodystrophie du genou post-traumatique ou post-chirurgicale se présente en 2 phases bien distinctes :
Saint Georges et le Dragon – Cathédrale Storkyrkan – Stockholm – Suède
Résumé- La douleur rhumatologique est un motif très fréquent des consultations d’acupuncture. Cette étude a pour intérêt d’étudier un protocole standard, applicable à la majorité des patients. Les points ont été choisis soigneusement selon l’enseignement issu des Textes. Il s’agit du Shenmai (V 62), Houxi (IG 3), Waiguan (TR5),Zulinqi (VB4I), Yanglingquan (VB34), Xuanzhong (VB39) et les Huatuojiaji (HM21). Au préalable, le symptôme « douleur » est analysé dans le contexte de la Médecine traditionnelle chinoise, en intégrant les notions d’énergies perverses (Xié) et d’énergie défensive (Wei) au concept des niveaux énergétiques Yang des Grands Méridiens. Soixante-dix-sept observations, concernant les algies les plus souvent rencontrées en pratique de ville, ont permis d’évaluer l’efficacité du traitement. Les résultats objectivent un échec total du protocole dans seulement 10 % des cas. Mots clés. -Acupuncture, Rhumatologie, Douleur, Yang Chiao Mai, Du Mai, Yang Wei Mai, Dai Mai, Xié, Rie, Tai Yang, Shao Yang.
Summary -The rhumatological pain is a frequent consultation motive for acupuncture. This study is interested in studying an appropriate standard protocol for a majority of patients. The points have been carefully chose according to the teaching issued from the Tests. They are Shenmai (UB 62), Houxi (SI 3), Waiguan (TW 5), Zulinqi (GB 1) and the Huatuojiaji. Preliminarily, the pain symptom is analysed in the context of the traditional Chinese medicine integrating the notions of perverse energy (wei) with the concept of the Yang energetic levels of the great meridians. Seventy cases, concerning the most often met pains in town practice, have allowed to evaluate the treatment effectiveness. The results objectified a total failure of the protocol in only 10 % of the cases. Keywords -Acupuncture, Rhumatology, Pain, Yang Qiao Mai, Dai Mai, Y ang Wei Mai, Du Mai, Xie, Rie, Tai Yang, Shao Yang.
L’efficacité de l’acupuncture dans le traitement de la douleur paraît indéniable et attestée par une pratique persistante depuis plusieurs millénaires. A partir des années 60, l’acupuncture chinoise suscita dans le milieu médical un vif intérêt en raison de la réalisation d’interventions chirurgicales sous analgésie acupuncturale. Les résultats étaient satisfaisants dans environ 50 % des cas.
Le recours à l’acupuncture s’est alors notamment répandu chez les patients souffrant de douleurs.
A partir de 77 observations cliniques, cette étude a pour objet d’évaluer l’efficacité d’un protocole concernant des algies d’ordre rhumatologique, ceci dans le cadre d’une nosologie occidentale.
L’intérêt est d’essayer de démontrer qu’un protocole standardisé peut donner des résultats très intéressants dans une pathologie rhumatologique courante, sans avoir besoin pour autant de conduire un traitement spécifique et individualisé du patient. Il apparaît dans ce cas, que la méthodologie appliquée à la médecine occidentale puisse se transposer à l’acupuncture, à savoir les études faites contre placebo, en double aveugle, etc..
1) LA DOULEUR RHUMATOLOGIQUE SELON LA MÉDECINE TRADITIONNELLE CHINOISE
Les maladies en médecine traditionnelle chinoise découlent d’une rupture de l’équilibre entre le Yin et le Yang.
La douleur en rhumatologie est le symptôme qui fait consulter. Mais qu’est-elle pour l’acupuncteur?
C’est essentiellement un ralentissement, voire une stagnation de la circulation de l’énergie ayant pour étiologie une origine externe: le vent, le froid, l’humidité ou la chaleur.
Qi Ba dans le Su Wen, chapitre 39 » de la genèse des douleurs » explique:
» Les vaisseaux méridiens sont le siège d’un courant incessant dans un circuit fermé. Si le froid pénètre dans un méridien il y cause un ralentisse ment puis une congélation qui bloque la circulation. S’il s’installe à l’extérieur du vaisseau, il y a un manque de sang. S’il se loge au dedans, l’arrêt de la circulation du Qi cause une douleur aiguë « .
Les manifestations climatiques vont devenir des énergies perverses (Xié) pathologiques, et pénétrant l’organisme humain. Les différentes couches du corps sont alors atteintes au moyen des méridiens, en passant du vaisseau le plus superficiel au plus profond.
Ainsi le froid provoque la douleur en entravant la circulation du » Qi « .
Le vent associé au froid va entraîner les courbatures généralisées, les contractures, les douleurs sans localisation fixe.
L’humidité, combinée aux deux autres va produire la sensation d’engourdissement articulaire et musculaire. Les articulations se déforment, se fixent.
La chaleur enfin, va réaliser le tableau clinique du rhumatisme inflammatoire avec les articulations douloureuses, rouges, enflées, ankylosées.
Bref, nous avons ainsi décrit les « Bi » : « Bi errant » pour l’atteinte par le vent, » Bi fixe » ou » douloureux » par atteinte du froid, » Bi humidité » et enfin « Bi chaleur « .
Dans le chapitre 43 du Su Wen, Huang Di questionne: « comment se produisent les rhumatismes (Bi) »?
Qi Bo répond: « sous l’effet combiné du vent, du froid et de l’humidité. Selon que prédomine: le vent c’est un Bi « errant »; le froid c’est un Bi « douloureux »; l’humidité c’est un Bi » fixe « .
Quelle est l’énergie circulante responsable des douleurs, en cas de ralentissement ou de stagnation?
Laissons Huang Di questionner :
« Les Rong et les Wei n’ont-ils pas un rôle dans les Bi? «
Qi Bo répond » le Rong est l’essence des aliments… Le Wei est l’ardeur des aliments… Tant qu’ils ne sont pas mêlés de vent, de froid ou d’humidité, il n’y a pas de Bi ».
Ainsi confirmons que le » Bi » a pour étiologie une perturbation de la circulation de l’énergie « Rong » et « Wei » et une pénétration d’énergie perverse (le Xié).
L’énergie Rong (Rong Qi) est l’énergie nourricière, Yin, profonde qui circule dans tous les méridiens sur 24 heures. A partir du méridien de foie, cette énergie Rong va pénétrer dans la petite circulation intéressant les méridiens curieux Du Mai et Ren Mai.
L’énergie Wei (Wei Qi) est l’énergie défensive, Yang et superficielle, circulant également dans tous les méridiens suivant différents rythmes, mensuel dans le couple des merveilleux vaisseaux Du Mai et Chong Mai; journalier dans les méridiens principaux, et enfin annuel, saisonnier en fonction des organes (Foie au printemps, Coeur en été, etc.).
On peut se demander maintenant comment le « Xié » atteint le » Wei Qi » et le » Rong Qi ».
Il faut savoir que les énergies perverses (Xié) ont plusieurs voies de pénétration:
-les méridiens Lo et principaux, les méridiens distincts, tendino-musculaires et merveilleux qui leur sont connectés,
-les méridiens Lo transversaux, essentiellement le Lo du Zu Tai Yang (vessie) ou du Zu Shao Yang (vésicule biliaire),
-enfin le Feng Fu (VG 16) et tous les points Shu de vessie du dos.
En effet, la voie préférentielle de pénétration de l’énergie perverse est le Feng Fu (VG 16) et les points du rachis.
» Le Xié s’introduit au Feng Fu et descend le long du rachis. Et les Wei se réunissent quotidiennement au Feng Fu, mais chaque Jour plus tard car ils descendent d’une vertèbre par jour… Les Wei s’abaissent chaque jour d’une vertèbre, en 25 jours, ils arrivent au coccyx, le 26e jour ils entrent dans le rachis et s’écoulent dans le vaisseau dissimulé dans son intérieur (Chong Mai), puis ils remontent pendant 9 jours… » (Su Wen).
Ainsi on se rend compte que le rôle du Chong Mai est fondamental car il véhicule le Wei Qi circulant d’abord dans le Du Mai puis ensuite dans le Chong Mai. C’est le rythme mensuel du « Wei Qi ».
Qi Bo dit: » Logé dans la nuque, le Xié descend le long du rachis, mais en raison des variations de plein et de vide, il’ frappe dans des endroits différents et pas toujours au point Feng Fu. S’il frappe à la nuque, la nuque souffre quand le Qi y parvient. De même quand il frappe le dos, les lombes, les mains et les pieds. C’est donc à l’endroit où est le Wei et lorsqu’il se combine avec le Xié que se produit le mal » (Su Wen).
Retenons donc l’importance du Chong Mai et surtout du Du Mai dans les mécanismes des « malaria » (Gai Nuë), à l’origine possible de divers rhumatismes inflammatoires chroniques.
Nous avons vu que lorsque le Xié pénètre l’organisme, il l’envahit d’abord par les couches externes.
La première couche atteinte correspond au Grand Méridien Tai Yang (association des méridiens Intestin Grêle et Vessie), puis la deuxième couche est le Shao Yang (Triple Réchauffeur -Vésicule biliaire) puis c’est au tour du Yang Ming (Gros intestin -Estomac).
Ce système de classification des Grands Méridiens objective l’évolution des maladies d’origine externe dans la relation Extérieur -Intérieur, des méridiens superficiels vers les organes Yin ou les entrailles Yang.
Ainsi correspond le schéma suivant bien connu :
TAI YANG
IG————————————- ———-V Superficie
SHAO YANG
TR______________ _______VB
YANG MING
GI———— ——–E
TAI YIN
P_________________ RP
JUE YIN
MC————————– —-F
SHAO YIN
C————————————- ——-R Profondeur
En cas d’atteinte du Tai Yang par le Feng (vent), il y aura une raideur et des douleurs du cou. Si le froid pénètre, les douleurs, les courbatures sur tout le corps et les arthralgies seront au premier plan.
Par ailleurs, le méridien T ai Yang est relié aux deux méridiens particuliers Yang qui » énergétisent » le rachis et les moëlles : le Yang Chiao Mai de trajet dorsal que le Shenmai (V 62) sur le Zu Tai Yang (vessie) ouvre et le Du Mai que le Houxi (IG 3) point du Shou T ai Yang (intestin grêle) ouvre.
Cette « énergétisation » du T ai Yang explique son importance dans la pathologie osseuse centrée autour du rachis.
Ainsi bien souvent, dans les douleurs provenant d’un Xié vent-froid humidité, il s’agira de dériver l’énergie du T ai Yang en ouvrant le Du Mai et le Yang Chiao Mai, voies de dérivation du Xié lorsqu’il est abondant.
De même, lors de l’envahissement massif du froid dans le T ai Yang, l’ouverture des méridiens particuliers Du Mai et Yang Chiao Mai reste le geste primordial, d’autant plus recommandé que la symptomatologie causée par l’énergie perverse est aiguë et brutale: piquer Houxi (IG 3) associé à Shenmai (V 62).
Cependant si le T ai Yang est dépassé, la symptomatologie s’aggravera car le Shao Yang, deuxième niveau énergétique superficiel sera à son tour atteint. Les signes cliniques surajoutés seront les douleurs à la poitrine, aux côtés et aux hanches.
Notons que comme le Tai Yang a pour voies de dérivation les deux méridiens curieux Du Mai et Yang Chiao Mai, le Shao Yang a pour voies de dérivation, deux autres merveilleux vaisseaux: le Dai Mai et le Yang Wei Mai.
Dans le Ling Shou traduit par Chamfrault, on retrouve la citation: » Si la charnière ne fonctionne pas et qu’il y ait paralysie des mouvements, il faut puncturer Yang Ming, voir s’il est en vide ou en plénitude, car en cas d’arrêt de fonctionnement de la charnière Shao Yang, l’énergie circulante du corps devient stagnante, et l’énergie perverse occupe cet espace où l’énergie du corps ne peut plus passer « .
Le Yang Ming est ainsi le troisième niveau atteint. Il se combine bien souvent avec les syndromes des deux précédents.
Une évolution de la symptomatologie de l’extérieur vers l’intérieur correspond, de ce fait, à une aggravation de la maladie, alors qu’un mouvement inverse signifiera une amélioration.
Puis, on aura une atteinte des différents organes et entrailles si les niveaux sont dépassés.
On considérera que les algies rhumatologiques aiguës ne concernent donc que les deux ou trois premiers niveaux énergétiques superficiels.
II) MÉTHODE
Matériel
On utilise des aiguilles de longueur variable et de diamètre compris entre 0,25 et 0,35 mm. Toutes les aiguilles sont en acier inoxydable.
Un détecteur stimulateur aux normes CE permettra une électroacupuncture.
Les points utilisés
-V 62 (Shenmai),
-IG 3 (Houxi),
-TR5 (Waiguan),
-VB41 (Zulinqi),
-VB34 (Yanglingquan),
-VB39 (Xuanzhong),
-HM21 (Huatuojiaji).
A l’implantation, les aiguilles seront légèrement manipulées par rotation manuelle, de façon qu’elles soient » saisies » par la peau et qu’on ne puisse plus les faire tourner.
Puis, les aiguilles seront laissées en place sans autre manipulation pendant une durée de 20 minutes environ.
Seuls, les points HM 21 seront stimulés par électroacupuncture. Les localisations des « Huatuojiaji » seront choisies en fonction de l’atteinte rhumatologique.
L’électroacupuncture sera percutanée. Il s’agit d’une stimulation électrique délivrée au travers des aiguilles et appliquée à une fréquence basse de 2 à 5 hertz, puis élevée de 50 à 100 hertz, en alternance, afin d’éviter une accoutumance.
III) OBSERVATIONS CLINIQUES
Soixante dix-sept patients, ayant eu des algies d’ordre rhumatologique durant les trois dernières années, ont été étudiés. Pour chaque cas, une étiologie occidentale a été portée. Les anomalies radiologiques, la durée d’évolution des algies avant le début de la première séance d’acupuncture, le nombre de séances avant un échec, une amélioration ou une guérison complète, l’éventuelle chronicité des séances, enfin les points autres que ceux décrits, sont les différents critères du tableau.
Notons que l’espacement entre chaque séance est d’une semaine.
IV) COMMENTAIRES SUR LE CHOIX DES POINTS
1) Le Shenmai
Le Shenmai (V 62) est le point maître du merveilleux vaisseau Yang Chiao Mai, point clef permettant son ouverture.
» Le Yang Chiao Mai est une annexe du méridien principal de la vessie. Il reçoit l’énergie du Yin Chiao Mai au point Jingming, de là il redescend vers les membres inférieurs « .
« Le Yang Chiao Mai est important pour l’homme car il reçoit l’énergie qui vient des reins » (Ling Shou chapitre 17).
Le méridien Yang Chiao Mai est chargé d’énergie « We »« , énergie Yang, superficielle et défensive.
En cas d’atteinte du Yang Chiao Mai, encore appelé vaisseau accélérateur du Yang, on observera, selon Bossy, des symptômes d’ordre rhumatologique et neurologique:
« – paresthésies des membres,
-hémiplégies,
-parésie,
-douleur sans localisation fixe,
-mouvements difficiles, manque d’agilité,
-algies du rachis (cervical, dorsal et lombaire),
-lombalgie avec troubles de l’équilibre,
-spasmes, contractures, troubles dans la mobilité des articulations « ,
Par ailleurs, les textes notent qu’en fonction de l’heure d’aggravation,
il est très important d’utiliser les méridiens curieux Yang Chiao et Yin Chiao Mai : « Dans les douleurs nocturnes, c’est un excès de Yang non transformé en Yin, tonifier Zhaohai (R6) et disperser Shenmai (V62). Dans les douleurs diurnes, c’est un excès de Yin non transformé en Yang, tonifier Shenmai et disperser Zhaohai ».
Rappelons que le grand méridien Tai Yang (vessie et intestin grêle) est un méridien de défense s’ouvrant à l’extérieur. L’énergie défensive « Wei Qi » qui y circule a un rôle indéniable pour protéger l’organisme de la pénétration des énergies perverses (Xié).
Le Yang Chiao Mai a le même rôle, et lorsqu’il est dépassé, l’énergie perverse y pénétrera par le Shenmai dans le Lo de vessie.
Le rachis présentera alors des atteintes de type cervicalgies, torticolis, lumbagos, lombo-sciatiques.
« Dans la lombalgie venant de « la chaîne des Yang » (vaisseau non couplé), la douleur monte avec des gonflements subits. On pique à la réunion de ce vaisseau avec celui de la vessie, sous le mollet à un pied au-dessus du sol (Chengshan, V57). (Su Wen).
Notons qu’ici, Chamfrault pense que » la chaîne des Yang , » est le Yang Chiao Mai, à la différence de Husson pour qui « la chaîne des Yang »‘ est le vaisseau secondaire qui part du Chengshan (V 57). Chamfrault considère d’ailleurs que le point à piquer est alors le Shenmai et non le Chengshan.
Soulié de Morant indique le Shenmai dans: « engourdissement des membres inférieurs, ne peut rester longtemps debout, faiblesse « .
En fonction de la topographie, la sciatique peut être de type S 1 avec une atteinte du Zu Tai Yang (vessie) ou de type L5, en rapport avec le méridien Zu Shao Yang (vésicule biliaire). En effet, le Ling Shou dit pour le Zu Tai Yang: « dans les maladies du méridien dues à l’énergie perturbatrice externe, les ligaments des genoux semblent être noués. Les mollets font tellement mal que le patient a l’impression que quelqu’un les lui coupe avec un couteau. On appelle cet état « blocage à la cheville « .
On peut traiter ainsi cette atteinte du Zu Tai Yang de multiples façons, mais aussi en utilisant le Yang Chiao Mai, en dérivation sur le Zu Tai Yang, par la puncture du Shenmai (V62).
« Le Yang Chiao Mai, (vaisseau de la force de l’équilibre du Yang) commence dans le talon… » (Nan Jing difficulté n° 28). Il est donc intéressant d’utiliser le Shenmai (V 62) dans les « Bi » de la cheville, ainsi que dans toutes les talalgies.
Enfin, Réquéna préconise également d’ouvrir les méridiens merveilleux Du Mai et Yang Chiao Mai congestionnés par le Xié, en piquant Shenmai (V 62) et Houxi (IG 3) dans les atteintes polyarthritiques, telles que le syndrome de Fessinger-Leroy-Reiter et le rhumatisme psoriasique…
2) Le Houxi
Le Houxi (IG 3) est le point maître du merveilleux vaisseau Du Mai, encore appelé Vaisseau Gouverneur. Le Du Mai est couplé au Yang Chiao Mai. D’où l’intérêt de piquer ensemble 3 IG et 62 V. En cas d’atteinte du Du Mai, on retrouvera dans la symptomatologie rhumatologique :
« – raideur et douleur de la colonne vertébrale,
-contracture des membres,
-névralgie maxillaire,
-cervicalgie, torticolis,
-névralgie cervico-brachiale,
-douleur intercostale unilatérale empêchant de respirer et de dormir « . (Bossy).
Ouvrir le Du Mai par le Houxi permettra de désobstruer le grand méridien Tai Yang, en sachant que le Du Mai en est également une voie de circulation dérivée.
N’oublions pas que le grand méridien Tai Yang relié au Yang Chiao Mai, l’est aussi au Du Mai. Le Tai Yang est le méridien de défense par excellence, protégeant l’organisme des énergies perverses.
Le Houxi est un point privilégié à utiliser dans les torticolis, les cervicalgies aiguës, les lumbagos, les lombo-sciatiques, au même titre que Shenmai (V 62) avec lequel il est couplé.
Le Houxi (IG 3) est un point Yu, point « vent » permettant de triompher de l’humidité. Qi Bo dit dans le Su Wen: « quand le Tai Yin est à la source, la végétation s’épanouit très tôt, l’humidité empiète… Le peuple souffre ordinairement de catarrhe, douleurs du cœur…, accès de céphalée, sensation d’arrachement des yeux, tiraillements dans la nuque, brisement des reins, impossibilité de se tourner sur les hanches, genoux noués, mollets comme détachés « .
» Quand le Tai Yin préside au ciel, l’humidité empiète, le ciel est très couvert, la pluie gâte la végétation. Le peuple souffre d’œdèmes, de douleurs osseuses…, douleurs des lombes, du rachis, de la tête, de la nuque… » (Su Wen).
Ainsi à travers ces différentes citations, on remarque l’action de l’énergie perverse (Xié) de type humidité sur les os et les articulations. D’où l’intérêt des points « vent » pour chasser » l’humidité « , en utilisant le cycle de domination, dans le système régulateur des 5 mouvements.
3) Le Waiguan
Le Waiguan (TR 5) est le point maître du merveilleux vaisseau Yang Wei Mai et le point Lo du Shou Shao Yang. Il est considéré comme le point de commande des douleurs du poignet. En cas d’atteinte du yang Wei Mai, encore appelé vaisseau régulateur de Yang, les symptômes de la sphère rhumatologique ou neurologique sont:
« – névralgies en général,
-douleurs aux côtés du corps et à la poitrine,
-algie cervico-faciale,
-cervicalgies,
-paralysie des quatre membres,
-inflammation du bras et de l’avant-bras avec arthralgies, -arthralgies du membre supérieur, des doigts,
-douleur de l’articulation coxo-fémorale,
-douleur et contracture de la face latérale du membre inférieur et de la malléole latérale,
-douleur et enflure des talons » (Bossy),
-douleurs lombaires avec enflure.
Le méridien curieux yang Wei Mai se trouve en dérivation sur le
grand méridien Shao Yang (association des méridiens du triple réchauffeur et de la vésicule biliaire). Même chose pour le méridien curieux Dai Mai. De ce fait, en cas de déséquilibre énergétique du Shao Yang, le Waiguan (TR 5) et le Zulinqui (VB 41) doivent être ouverts.
Effectivement, l’atteinte du Shao Yang entraîne sur le plan ostéoarticulaire des arthralgies erratiques ainsi que des troubles ostéoporotiques qui surviennent avec l’âge.
Dans toutes les atteintes du poignet, des métacarpiennes et des articulations métacarpo-phalangiennes, pour combattre l’énergie perverse « vent froid-humidité « , rétablir le cours du Rong Qi et du Wei Qi, on utilisera de façon préférentielle le Waiguan (TR 5). Dans les « Bi errants » entraînant des arthralgies fugaces erratiques, le Waiguan sera également indispensable.
Le Waiguan est le point Lo du Shou Shao Yang, c’est-à-dire le point d’origine des méridiens Lo transversal et longitudinal du triple réchauffeur.
Le Lo transversal relie le méridien Triple Réchauffeur au méridien Maître du cœur.
Le Lo longitudinal est un système de dérivation profonde qui va directement de la superficie à l’organe ou l’entraille.
Donc, les méridiens Lo sont bien pratiques pour faire passer un excès d’énergie douloureux dans le méridien couplé ou dans la profondeur.
Dans le cas du méridien Shou Shao Yang, les énergies perverses pourront être dérivées vers les trois réchauffeurs, c’est-à-dire vers les réserves des énergies acquises: Jing Qi acquis, Zong Qi mais surtout Rong Qi et Wei Qi. Toutes ces énergies sont, en effet, issues des trois niveaux du Réchauffeur.
D’où, piquer le Waiguan permettra de lutter contre le Xié et de l’utiliser pour améliorer la circulation du Rong et Wei Qi.
4) Le Zulinqi
Le Zulinqi (VB41) est le point clef du merveilleux vaisseau Dai Mai,encore appelé vaisseau de ceinture, car enveloppant les six méridiens: Zu Tai Yang (vessie), Zu Shao Yang (vésicule biliaire), Zu Yang Ming (estomac), Zu Tai Yin (rate-pancréas), Zu Jue Yin (foie) et Zu Shao Yin (rein).
De ce fait, le Dai Mai a une action sur tous les méridiens des membres inférieurs qu’il relie. Il est considéré comme la ceinture des méridiens Yin et Yang du membre inférieur.
L’atteinte du Dai Mai occasionne une symptomatologie rhumatologique et neurologique avec les signes suivants:
» -arthralgies généralisées,
-douleurs erratiques (rhumatisme circulant de type Feng),
-algie cervico-scapulo-brachiale,
-douleur, paresthésie, contracture du membre supérieur,
-douleurs lombaires irradiant en ceinture au niveau de l’ombilic,
-douleur des lombes et des membres inférieurs,
-faiblesse des membres inférieurs,
-douleur, paresthésie, contracture du membre inférieur,
-contracture des orteils « . (Bossy).
Le Dai Mai est un méridien curieux important dans les coxarthroses et dans les sciatiques de type L 5 (Réquéna). Il doit être ouvert par le Zulinqi afin de dériver le « Xié « , surtout s’il existe une atteinte du Zu Shao Yang entraînant une sciatique.
Le Zulinqi est le troisième point Shu antique du méridien Zu Shao Yang, c’est-à-dire le point Yu, point qui, dans le cycle Ko encore appelé cycle de domination, permet de lutter contre l’humidité. En effet, le vent triomphe de l’humidité.
Notons par ailleurs que le Ling Chou, traduit par Chamfrault, dit pour le Zu Shao Yang (vésicule biliaire) : « il y a des sueurs abondantes « . Le traitement consiste alors à ouvrir le Dai Mai par le Zulinqi (VB41). En raisonnant à la manière chinoise, ce point est choisi car le » vent » domine » l’humidité » ; ou parce qu’un excès de plénitude du Zu Shao Yang équivaut à un excès de » feu » évaporant » l’humidité » (voir schéma précédent).
5) Le Yanglingquan
Le Yanglingquan (VB34) est le point « grande réunion » (Roé) des muscles et des tendons.
Le Yanglingquan est aussi le point Hé à action spéciale sur la vésicule biliaire.
Dans le chapitre 41 du Su Wen : acupuncture des lombalgies: « la lombalgie du vaisseau de la vésicule biliaire ressemble à une piqûre d’aiguille dans la peau, elle se propage en gênant les mouvements du tronc : flexion, extension et torsion. On pique au sang le méridien à l’extrémité où il devient osseux, à la saillie osseuse isolée de la face externe du genou (point Yanglingquan). Ne pas faire saigner en été ».
Une autre indication du VB 34 est la gonalgie aussi bien liée à une gonarthrose, qu’à une coxarthrose. « Si, en position assise, on souffre comme d’un corps étranger articulaire, on traite la « barrière « … La « barrière squelettique » (Hai Guan) est dans la solution de continuité de genou : point Yang Guan de vésicule biliaire » (Su Wen).
Soulié de Morant écrit dans les indications du Yanglingquan : « faiblesse des muscles, assis ne peut se lever… froid des muscles… manque de résistance à la fatigue, douleurs des muscles, crampes, contractures, chorée « .
Réquéna le préconise même dans tous les déficits musculaires, entre autres: la sclérose en plaques.
Intérêt donc du VB 34 dans toute la pathologie neuro-musculaire.
Le Yanglingquan est aussi le point Hé du méridien de la vésicule biliaire, cinquième point Shu antique.
Dans le chapitre 43 du Su Wen concernant les « Bi « , Huang Di demande: « comment les traiter avec les aiguilles? » Qi Bo répond: » il Y a les points Yu des membres pour les viscères et les points Hé pour les réceptacles. Ils sont répartis sur les vaisseaux. C’est là où passent, se manifestent et se guérissent les maladies « .
En effet, le point Hé correspond pour les méridiens » Yang » à la loge terre, à l’humidité et nous avons vu le rôle de l’humidité dans les pathologies ostéo-articulaires (polyarthrite et arthrose). Donc puncturer le VB 34 correspond à disperser l’humidité, de la même façon que les points » vent » le font dans le cycle de domination (voir schéma précédent).
6) Le Xuanzhong
Le Xuanzhong (VB 39) est le point « grande réunion » (Roé ou Hui) des moëlles. Soulié de Morant propose le Xuanzhong dans l’indication suivante: « Tous les troubles des os, fractures: la suture est obtenue dans le tiers ou la moitié du temps habituel et empêche les douleurs et les inflammations « ,
Il est intéressant alors de puncturer le Xuanzhong dans les problèmes d’arthrose, d’arthrite et d’ostéoporose, Bref, il s’agit d’un point favorisant la consolidation osseuse et permettant la recalcification.
Le Xuanzhong est également le point Lo de groupe des méridiens Yang des membres inférieurs. A ce titre, il possède des propriétés physiologiques importantes. Ainsi, le VB 39 répond à la sémiologie: « sensation de l’énergie qui remonte à la partie supérieure du corps, paraplégie, épilepsie, paralysie des pieds » (Chamfrault) ,
Attaqué par les énergies perverses (Xié), le Xuanzhong permettra de les dériver donc vers la profondeur ou de les repousser grâce au flux énergétique venant des trois méridiens Yang (vessie, vésicule biliaire et estomac).
Le choix du Xuanzhong sur le Zu Shao Yang (vésicule biliaire) est primordial, car le grand méridien Shao Yang est la charnière entre les deux autres grands méridiens Yang (Tai Yang et Yang Ming). Le Shao Yang est le lieu de convergence, de croisement des trois Yang. Et ces croisements vont s’effectuer au membre supérieur au Sanyangluo (TR8) ; et l’autre au membre inférieur: au Xuanzhong (VB 39).
En conclusion, le Xuanzhong peut être le lieu de pénétration du vent froid-humidité. Sa stimulation peut s’opposer à cette pénétration et favoriser la consolidation des fractures, des atteintes osseuses, des déminéralisations (Réquéna).
Intérêt donc du VB 39 dans tout problème arthrosique entraînant inflammation, douleur, et impotence fonctionnelle, dans les ostéoporoses et dans toutes douleurs névralgiques de type sciatique.
» Si l’homme peut marcher d’un bon pas, c’est grâce à la réunion des moëlles, à Jue Gou qui correspond au Xuanzhong (VB 39) » (Nan Jing difficulté n° 45).
7) Les Huatuojiaji
Les Huatuojiaji (HM 21) sont les points extraordinaires de la région cervico-dorso-lombaire. Ils sont hors méridiens et situés sur les deux côtés du rachis à environ 0,5 cun de la ligne médiane, de la première vertèbre cervicale à la quatrième vertèbre sacrée.
Dans le chapitre 63 du Su Wen consacré à la piqûre Miu, on peut lire: « Si le Xié s’installe dans la liaison de la vessie causant une ankylose douloureuse du dos avec irradiations dans le thorax, on fait trois piqûres sur les points douloureux à la pression de chaque côté du rachis à partir de la nuque et la maladie cesse aussitôt « .
Il s’agit donc de points locaux, points « centre-douleur » que l’on peut comparer aux points « Ahshi « . Cependant, ici ces points sont bien systématisés. Et on les utilisera là où se situe le blocage qui provoque le conflit entre le Xié et l’énergie Wei défensive du corps.
8) Chevaucher les merveilleux vaisseaux et pourfendre le Xié
En conclusion, il s’avère que quatre points choisis sont les » points maîtres » ou les points d’ouverture de méridiens curieux.
Soulié de Morant écrit: « les 360 points de tout le corps ont leur commande dans les 66 points des pieds et des mains. Ces 66 points à leur tour ont leur commande dans ces 8 points « .
Les 66 points des pieds et des mains sont les points Shu antiques (Jing, Rong, Yu, Jing et Hé); les 8 points sont bien sûr les points clefs des merveilleux vaisseaux.
De ce fait, puncturer les points d’ouverture des « Qi Jing Ba Mai » (vaisseaux hors-méridiens) revient à contrôler et à réguler directement le Yin et le Yang.
Les douleurs rhumatismales correspondent la plupart du temps à l’atteinte des deux premiers niveaux énergétiques Tai Yang et Shao Yang, auxquels sont liés le Yang Chiao Mai, le Du Mai, le y ang Wei Mai et le Dai Mai.
Le Du Mai a une fonction de commande et de contrôle de tous les méridiens Yang, il est accélérateur du Yang.
Le Yang Chiao Mai qui lui est couplé, est également accélérateur du Yang et régule surtout de façon quantitative les méridiens Yang du membre inférieur.
Et à l’opposé, nous avons un système frénateur du Yang: le Dai Mai et le Yang Wei Mai.
Ainsi est réalisé un double système de freins et d’accélérateur: 5 TR et 41VB, 3IG et 62V.
D’autre part, la régulation de l’énergie se fait dans le système des 5 mouvements avec les deux points Yu « vent » : 3 IG et 41 VB qui chassent l’humidité.
Nous avons aussi 2 points Lo : 5 TR et 39 VB, importants pour contrer l’entrée du Xié, tout comme le point « Hé » 34 VB le sera vis-à-vis de l’humidité.
Enfin les Huatuojiaji, points « centre-douleur « , dissiperont les énergies perverses de façon locale.
V) RÉSULTATS
VI) ANALYSE DES RÉSULTATS
A la vue des différents résultats, on peut objectiver qu’il n’existe que 10,16 % d’échecs, ce qui est peu, compte-tenu du fait que le protocole est standard, et non spécifique du patient. En appliquant le protocole associé à une méthode plus adaptée au malade (technique des méridiens tendino-musculaires, régulation de la loge terre, points ahshi), le pourcentage d’échecs baisse d’environ 1 %, ce qui est négligeable.
Globalement, le taux d’améliorations et de guérisons tourne aux alentours de 90 %. Là encore, il n’y a pas de différence significative entre les deux. Cependant, on peut constater que le protocole pur offre un taux de guérisons inférieur de 5 % par rapport à celui associé à d’autres points.
La différence s’explique par le mode de traitement des périarthrites scapulo-humérales. En effet, cette pathologie est davantage sensible à la technique des méridiens tendino-musculaires. Cela ne veut pas dire qu’il n’existe pas de guérison avec le protocole pur. Mais, elle interviendra environ au bout de quatre semaines alors que le même protocole associé à la technique des méridiens tendino-musculaires entraînera une amélioration spectaculaire au bout de deux semaines seulement. D’où l’intérêt d’associer la technique des méridiens tendino-musculaires avec le protocole standard dans cette pathologie.
Les échecs concernent essentiellement les sciatiques ou lombo-sciatiques. Généralement, l’échec est constaté à la quatrième séance, c’est-à-dire au bout d’un mois, et pratiquement à chaque fois, la cause en est une hernie discale, pour laquelle l’acupuncture est presque totalement inefficace. Seule la chirurgie peut décomprimer la racine nerveuse atteinte. Lefèbvre considérait d’ailleurs que, si au bout de trois ou quatre séances l’acupuncture s’avérait inefficace, on pouvait affirmer alors, à coup sûr, qu’il s’agissait d’une hernie discale.
Une autre remarque concerne la durée de l’évolution de la pathologie, depuis les premiers symptômes à la première séance d’acupuncture. On peut objectiver que plus une algie est traitée tôt, plus elle a de chances de céder avec un nombre de séances limité. Ainsi, des lombo-cruralgies, des lombalgies, des lombo-sciatiques, vues dans un délai de quinze jours après leur apparition, sont généralement soulagées dans 50 % des cas, après deux séances. Par contre, plus les mois s’accumulent et plus il faudra de séances pour arriver au même résultat.
L’explication peut être donnée par la classification des douleurs selon l’origine Yin, Yang. Ainsi, on sait qu’une douleur de type Yin est ancienne, chronique, évoluant depuis de nombreux mois. Elle est de localisation profonde, fixe, osseuse et s’accompagne d’ankylose, d’œdème, d’atrophie. C’est donc une douleur qui a franchi toutes les défenses superficielles Yang, qui a pu remonter dans le merveilleux vaisseau Chong Mai et pénétrer le Tai Yin.
Bien souvent, ces douleurs s’associent d’atteintes viscérales. Exemples: la polyarthrite rhumatoïde et toutes les arthrites en général…
Au contraire, la douleur Yang est aigüe, récente, fulgurante, lancinante et superficielle dans sa topographie. Elle est accompagnée de contractures, d’hyperthésies cutanées.
Bref, c’est une douleur qui met en action les défenses Yang de l’organisme, chargées en énergie défensive (Wei Qi).
Il est donc plus facile et surtout plus rapide d’expulser une énergie perverse superficielle que d’agir sur un » Xié » qui a eu le temps de s’enkyster en profondeur !
La stimulation percutanée des Huatuojiaji appelle une remarque concernant le mécanisme de l’hypoalgésie induite par l’acupuncture.
Luu et Boureau ont relaté dans leurs études que la stimulation manuelle ou électrique active des mécanismes neurophysiologiques intrinsèques. Il s’agit d’une part d’une inhibition spinale, décrite par la théorie du » gate control » de Melzack, entraînant un effet hypoalgésiant d’installation rapide et indépendant de la libération de substances morphiniques endogènes. Cet effet sera obtenu également par l’électrostimulation à la fréquence élevée de 50 à 100 hertz. L’installation de l’analgésie est immédiate mais de dure pas.
D’autre part, le deuxième mécanisme fait intervenir des substances morphinomimétiques endogènes: bêta-endorphines et met-enképhalines. Cela a été mis en évidence dans le liquide céphalo-rachidien de l’homme après stimulation électro-acupuncturale, à une fréquence basse de 2 à 4 hertz. L’installation de l’hypoalgésie est retardée, mais persiste à l’arrêt de l’électrostimulation.
Enfin il existe un aspect psychologique non négligeable, indépendant des mécanismes neurophysiologiques. Cet aspect non spécifique, placebo, peut être mis en jeu, induit par la demande d’acupuncture, par les croyances, et les attentes d’efficacité.
VII) CONCLUSION
Les résultats de cette étude permettent d’apprécier l’efficacité d’un protocole standard, applicable à chaque patient.
Évidemment, cela ne s’intègre pas entièrement à la pensée chinoise qui préconise un traitement spécifique du malade, en fonction des renseignements issus de l’interrogatoire, de l’examen clinique, de la typologie, des relations chronobiologiques et des variations saisonnières.
Cependant, l’intérêt d’un protocole standard offre la possibilité de démontrer son efficacité en milieu hospitalier, selon les méthodes scientifiques, comme on le fait pour n’importe quel médicament.
Par exemple, il serait ainsi judicieux d’étudier les effets de ce protocole dans un service de gériatrie, grand recruteur d’algies rhumatologiques, avec des séances peut-être plus rapprochées et plus chroniques, en raison même de l’ancienneté « Yin » des douleurs chez les personnes âgées et réaliser de ce fait un grand essai clinique contrôlé et randomisé.
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Résumé.Introduction. La base de la Médecine Chinoise s’appuie sur le concept du Temps et de ses Rythmes. Les Branches Terrestres (地支, dìzhī) et les Troncs Célestes (天干, tiāngān), à l’origine du cycle sexagésimal, permettent de prévoir l’émergence d’une éventuelle chronopathologie. À différencier de la rhinite perannuelle, la rhinite saisonnière en rapport avec certains facteurs environnementaux est de ce fait l’une de ces chronopathologies que l’on pourrait prévenir.
Méthodes. Une étude épidémiologique de type cas-témoins portant sur sept-mille-trois-cent-quarante-deux actes vus en cabinet médical a évalué ainsi les possibles liaisons entre les saisons et la chronopathologie. Un protocole de traitement acupunctural appliqué par moxibustion électrique chez un enfant présentant une rhinite allergique saisonnière invalidante a été ainsi mis en place.
Résultats. Il s’avère que la finesse des observations chinoises corrélant ainsi les allergies au printemps avec le couple zujueyin (Foie) – zushaoyang (Vésicule-Biliaire) est confirmée, selon la méthode du cosinor, par la découverte d’un rythme circannuel des syndromes allergiques avec une acrophase printanière. Par ailleurs, ce protocole mis en pratique chaque année chez cet enfant vu à la fin de l’hiver, et cela pendant neuf ans, a permis de réduire nettement la prise des antihistaminiques. La qualité de vie s’en est trouvée améliorée avec disparition quasi-complète de la rhinite, de la conjonctivite et du prurit. La recherche du mode d’action physiopathologique par acupuncture expérimentale, l’état des lieux des méta-analyses et des essais comparatifs randomisés (ECR) objectivent qu’effectivement la chronothérapie par acupuncture à visée préventive offre une perspective de traitement non négligeable dans la rhinite allergique saisonnière.
Conclusion. La chronoacupuncture et ses techniques associées apportent une contribution utile, efficace et sans effets indésirables dans la prophylaxie de la rhinite allergique saisonnière.
Prophylaxis of seasonal allergic rhinitis: study of a chronoacupunctural treatment protocol from a pediatric clinical case
Summary.Introduction. The basis of Chinese Medicine is based on the concept of Time and its Rhythms. The Terrestrial Branches (地支, dìzhī) and the Celestial Stems (天干, tiāngān), at the origin of the sexagesimal cycle, make it possible to predict the emergence of a possible chronopathology. To be differentiated from perennial rhinitis, seasonal rhinitis related to certain environmental factors is therefore one of these chronopathologies that could be prevented.
Methods. A case-control type epidemiological study of seven thousand three hundred and forty-two acts seen in a doctor’s office thus assessed the possible links between the seasons and chronopathology. An acupunctural treatment protocol applied by electrical moxibustion in a child with debilitating seasonal allergic rhinitis has been set up.
Results. It turns out that the fineness of the Chinese observations thus correlating the allergies in spring with the couple zujueyin (Liver) – zushaoyang (Gall Bladder) is confirmed, according to the cosinor method, by the discovery of a circaannual rhythm of allergic syndromes with a spring acrophase. In addition, this protocol put into practice each year in this child seen at the end of winter, and this for nine years, made it possible to significantly reduce the intake of antihistamines. The quality of life was improved with almost complete disappearance of rhinitis, conjunctivitis, and pruritus. The search for the pathophysiological mode of action by experimental acupuncture, the inventory of meta-analyses and randomized comparative trials (RCTs) show that chronotherapy by acupuncture for preventive purposes does indeed offer a significant treatment perspective in rhinitis. seasonal allergy.
Conclusion. Chronoacupuncture and its associated techniques make a useful, effective contribution without adverse effects in the prophylaxis of seasonal allergic rhinitis.
Diagnostic des rhinites allergiques (RA) selon la médecine occidentale
Les symptômes cardinaux de la rhinite allergique sont définis par des éternuement en salve, rhinorrhée séreuse, obstruction nasale, prurit nasal, du palais et de la gorge. Peuvent s’y associer dans 60-70% des signes oculaires, un prurit et larmoiement. Les troubles de l’odorat sont en revanche absents ou modérés chez l’adulte. La périodicité des symptômes est également importante à préciser pour débuter l’enquête étiologique. De ce fait, on classe les RA en fonction des symptômes.
Des symptômes présents tout au long de l’année correspondent en règle générale à la rhinite perannuelle liée à des pneumallergènes domestiques, comme la poussière, les moisissures, les acariens.
En revanche, une symptomatologie limitée à certaines périodes de l’année, à certains lieux ou au contact de certains facteurs environnementaux correspond à la rhinite allergique saisonnière.
Des comorbidités atopiques sont souvent associées. Ainsi l’interrogatoire doit rechercher systématiquement chez le patient ou ses parents au premier degré de l’asthme mais aussi par ordre de fréquence parmi une conjonctivite et une dermatite ; des troubles du sommeil (mauvaise qualité, ronflements, réveils nocturnes). Enfin les symptômes généraux non spécifiques comme l’asthénie, l’irritabilité, la baisse de concentration peuvent exister et permettent d’évaluer l’impact de la rhinite allergique sur la qualité de vie [[1]].
Prise en charge thérapeutique occidentale
Le traitement de la RA repose en priorité sur l’éviction allergénique (Grade A)[2], puis les traitements symptomatiques (Grade A) et l’immunothérapie allergénique (Accord professionnel). Les mesures d’éviction les plus nombreuses et les mieux connues concernent les rhinites perannuelles liées aux acariens. L’ensemble des mesures d’éviction physiques, utilisant des housses antiacariens, purificateurs d’air (niveau de preuve 2) ou acaricides (niveau de preuve 2) permet une diminution significative du nombre d’allergènes dans l’environnement intérieur. Idem, l’intérêt d’éloigner un animal lors rhinites perannuelles liées aux allergènes d’animaux domestiques (niveau de preuve 2). Notons que cette mesure est très peu suivie. En ce qui concerne les rhinites allergiques saisonnières, les mesures d’éviction liées à la pollinisation sont peu efficaces et peu évaluées [[3]].
Les traitements par des antihistaminiques de deuxième et troisième génération réduisent efficacement le prurit nasal, les éternuements et la rhinorrhée. L’efficacité sur l’obstruction nasale est cependant souvent partielle. Les antihistaminiques sont simples d’utilisation par une monoprise quotidienne et un excellent profil de tolérance. Pour les formes plus sévères, il est possible d’associer les antihistaminiques et la corticothérapie nasale en cas d’inefficacité d’une monothérapie. Les rhino corticostéroïdes (RCS) sont davantage indiqués dans la RA modérée à sévère après échec des mesures d’éviction, où il est recommandé de les prescrire en première intention, mais avec un niveau de Grade B. En cas de symptômes insuffisamment contrôlés par RCS en monothérapie, il est recommandé de prescrire une association rhinocorticostéroïde-AntiH1 nasal en dose fixe (Grade A).
L’immunothérapie allergénique peut être utilisée en cas de rhinite allergique modérée ou sévère, persistante ou intermittente (saisonnière ou per annuelle) insuffisamment contrôlée par les traitements symptomatiques et les mesures d’éviction des allergènes, mais recommandations faites à la suite d’un accord professionnel.
La rhinite allergique saisonnière selon les conceptions de la médecine chinoise
Les Branches Terrestres et les Troncs Célestes
La base de la Médecine Chinoise s’appuie sur le concept du Temps et de ses Rythmes. Les Branches Terrestres (地支, dìzhī) et les Troncs Célestes (天干, tiāngān), à l’origine du cycle sexagésimal permettraient de prévoir l’émergence d’une éventuelle chronopathologie [4-6]. Celle-ci est abordée pour l’essentiel dans les chapitres 69, 70, 71 et 74 du Huangdi Neijing Suwen [[7]]. À partir de la prévision météorologique des saisons, les acupuncteurs traditionnels chinois pourraient ainsi déduire la survenue de certains troubles pathologiques.
Selon l’union de la Branche Terrestre et du Tronc Céleste, le climat dominant, agressif en fonction de la saison, peut être déterminé avec installation d’une pathologie chez la personne à risque. D’où l’intérêt de la traiter de manière prophylactique.
Ainsi, deux études chinoises [[8],[9]] commentées par Henning Strøm [[10]], ont essayé d’objectiver une corrélation entre épisodes épidémiques et cycles du calendrier chinois sur une période de 1200 ans durant lesquels deux-cent-soixante-trois épidémies sont survenues. La première étude de Zhang Nianshun conclut qu’il n’y a pas de corrélation sûre. La deuxième étude de Bixian montre par l’astuce de regrouper les Troncs Célestes deux par deux selon l’appartenance aux « cinq éléments ou mouvements » que les épidémies sont en accord avec la cause, c’est à dire le Feu. Elles reviendraient de manière cyclique et surtout pendant « les années Bois qui produisent du Feu, les années Feu qui produisent un excès de Feu », le tout en accord avec la cause : le Feu… » [9] Cependant les chiffres sans évaluation statistique ne sont pas convaincants : une épidémie dépend de trop de variables (guerre, réchauffement climatique, perturbation politique, etc.) pour être prévisible en fonction des Troncs Célestes et des Branches Terrestres [4].
En revanche, selon la théorie des cinq éléments où chaque Organe est attribué à une saison, il serait possible de trouver des manifestations pathologiques ayant un caractère rythmique saisonnier.
Atteinte selon les 5 Mouvements
Ainsi à partir du Suwen et du Lingshu, les pathologies saisonnières correspondant à chaque méridien ont pu être déterminées. Tous les vaisseaux pourront présenter des symptômes sur leur trajet, des symptômes dus aux atteintes de l’Organe ou de l’Entraille par les Énergies Perverses (Froid, Vent, Chaleur, Humidité, Sécheresse), mais aussi des symptômes en rapport avec un Vide ou une Plénitude de qi [[11]]. Il ne sera pas ici détaillé tous ces symptômes. Cependant, en schématisant, on peut dire (figure 1) :
Figure 1. Schématisation des pathologies observées en fonction de la saison.
Durant l’été, quatre méridiens interviennent : Cœur, Intestin Grêle, Maître du Cœur et Triple Réchauffeur. Le couple Cœur, Intestin Grêle touche essentiellement la pathologie cardiaque : troubles du rythme, syncopes, perte de connaissance, précordialgies, palpitations, dyspnée à l’effort et même hypertension artérielle. À cela, il faut ajouter pour le couple Maître du Cœur et Triple Réchauffeur, tous les troubles touchant les fonctions sexuelles : fécondité accrue, activités sexuelles débordantes ou au contraire stérilité, frigidité et impuissance en cas de vide énergétique.
À la fin de l’été (cinquième saison) correspondent les méridiens de Rate Pancréas et d’Estomac. Ils jouent un rôle important sur le métabolisme (obésité), les fonctions endocriniennes (diabète, régulation du cycle menstruel), les troubles digestifs (diarrhées, vomissements, constipation, gastralgies), les troubles circulatoires (insuffisance veineuse ou artérielle), les problèmes rhumatologiques (arthralgies, douleurs musculaires, œdèmes) …
L’automne contrôle les méridiens Poumons et Gros Intestin. Ce couple, outre sa fonction respiratoire dans les asthmes et les broncho-pneumopathies chroniques, est le maître absolu du qi et va ainsi occasionner les asthénies, les états dépressifs, la mélancolie. Par ailleurs, il sera en relation avec l’épiderme et tout ce qui touche la qualité des phanères et de la peau, d’où les dermatoses : eczéma chronique, psoriasis, acné, mais aussi les chutes de cheveux, les ongles cassants. Il ne faut pas oublier les pathologies de la sphère oto-rhino laryngée et digestive : laryngites, angines, rhinites, pharyngites, sinusites, odontalgies, gingivites, constipation, diarrhées, colopathies.
En hiver, le couple des méridiens Reins et Vessie est à son maximum énergétique. En cas de troubles, les douleurs en rapport avec le système osseux seront au premier plan : douleurs cervicales, dorsales, lombo-sacrées, douleurs des membres inférieurs, céphalées frontales, occipitales avec ou sans acouphènes et vertiges, raideurs osseuses, contractures. La défaillance du Rein explique aussi tous les syndromes infectieux sévères, rebelles, récidivants ou chroniques touchant tout l’organisme : appareil pulmonaire, dermatologique, osseux, viscéral, O.R.L, etc.
Enfin au printemps sont rattachés les méridiens de Foie et de Vésicule Biliaire. « Le Foie est du domaine du printemps. Son vaisseau, le jueyin, est spécifiquement lié au taiyang (Vésicule Biliaire) ». La pathologie concernera globalement les allergies que ce soient les dermatoses (urticaire, eczéma), ou les manifestations spasmodiques respiratoires (asthme, bronchite, rhinites allergiques…). D’autre part, on retrouvera les tendinites, contractures, crampes, spasmes abdominaux et artériels, les migraines, les acouphènes, les vertiges, les troubles de la vision avec baisse de l’acuité visuelle, les troubles psychiques avec la colère et l’agressivité, mais également l’anxiété et la dépression.
Dénommé par les chinois le « général des armées », il recouvre effectivement toute la logistique de l’organisme. On pourra évoquera une pathologie Foie devant :
Des troubles de la fonction de défense
Il sera impliqué dans les allergies et les problèmes immunitaires, ou hypersensibilité aux infections. Il sera la réponse aux agressions extérieures par l’énergie wei [6].
De ce fait l’objectif de cette étude sera de déterminer globalement dans quelle mesure les pathologies observées varient au cours des saisons, et de faire une corrélation avec les connaissances de la Médecine Traditionnelle Chinoise. Ainsi il s’agira de répondre à la question de savoir si la fréquence des pathologies d’ordre allergique et précisément des rhinites allergiques saisonnières est-elle plus élevée au printemps que lors des autres saisons ?
Une étude épidémiologique de type cas-témoins portant sur sept-mille-trois-cent-quarante-deux actes vus en cabinet médical a évalué ainsi les possibles liaisons entre les saisons et la chronopathologie. Un protocole de traitement acupunctural appliqué par moxibustion électrique, puis électroacupuncture (EA) chez un enfant présentant une rhinite allergique saisonnière invalidante a été ainsi mis en place à visée prophylactique.
Méthodes
Etude épidémiologique
Protocole
Les objectifs
Il s’agit de déterminer globalement dans quelle mesure les pathologies observées varient au cours des saisons et de faire une corrélation avec les connaissances de la Médecine Chinoise. Ainsi il s’agit de répondre aux questions suivantes :
La fréquence des pathologies d’ordre allergique est-elle plus élevée au printemps que lors des autres saisons ?
Observe-t-on une fréquence accrue des syndromes psychiatriques au printemps mais aussi en automne ?
La fréquence des troubles digestifs est-elle plus forte à la cinquième saison ainsi que les douleurs rhumatologiques ?
L’automne voit-il une recrudescence des problèmes infectieux pulmonaires, O.R.L. ; et l’hiver celle des algies rhumatologiques et également des syndromes infectieux viraux ?
Le type d’enquête choisi
Une étude épidémiologique de type cas-témoins rétrospective portant sur 7342 actes médicaux (1987 à 1992) a établi des liaisons entre les saisons et la chronopathologie occidentale. Il a été possible d’estimer l’augmentation de la probabilité d’avoir la maladie quand on est exposé au facteur de risque (en l’occurrence, les saisons), en comparant la fréquence de l’exposition chez les cas et chez les témoins. A donc été calculé pour chaque catégorie de maladies une valeur, le risque relatif estimé (RRE), encore dénommée odds-ratio (OR) avec RRE = A1 A4 / A2 A3 (figure 2).
Hiver
Printemps
Sujets malades
A1
A2
Sujets indemnes
A3
A4
Figure 2. Calcul du RRE.
Un risque relatif estimé égal à 2 signifiera dans l’exemple qu’en hiver, il y a une probabilité d’avoir la maladie qui est 2 fois plus élevée qu’au printemps. Le risque relatif estimé sera accompagné de son intervalle de confiance à 95% ; le test statistique du Chi² permettra de décider si la valeur du RRE est significativement différente de 1 (si RRE est égal à 1, il n’y a pas de différence entre les groupes comparés).
Les critères de sélection des sujets étudiés
Ont été considérés comme atteints tous les sujets ayant les symptômes ou la maladie durant la période choisie dans un échantillon de population générale se présentant dans un cabinet de médecine. Les témoins sont, pour la même période, les sujets indemnes dans un échantillon considéré comme représentatif de la population générale d’une petite ville de 3500 habitants, se présentant pour des symptômes différents dans le même cabinet de médecine générale. Le sexe et l’âge n’ont pas été retenus comme source de biais.
Les renseignements à recueillir pour chaque sujet observé
Les renseignements ont été classés en sept catégories :
Ont été considérés comme malades témoins les cas d’actes de cardiologie, phlébologie, neurologie, dermatologie, endocrinologie, gynécologie, uro-néphrologie, traumatologie et autres actes n’entrant pas dans le cadre direct de la pathologie étudiée.
Les saisons
Les saisons ont été découpées de la façon suivante :
– printemps : du 1 mars au 31 mai
– été : du 1er juin au 31 août
– automne : du 1 septembre au 30 novembre
– hiver : du 1er décembre à fin février.
La cinquième saison a été assimilée à un sous-ensemble de l’été, période allant du 1er au 31 août [4].
Pour chaque pathologie, il sera fait une comparaison des saisons deux à deux : été – automne, été – hiver, été – printemps, automne – hiver, automne – printemps, hiver – printemps ou vice-versa selon les cas. Le risque relatif estimé (R.R.E.) est noté dans un tableau, accompagné de son intervalle de confiance, du test Chi² et du degré de signification p. Le risque relatif estimé est significatif si p est inférieur à 0,05.
Résultats
Tous les résultats peuvent être retrouvés dans l’article de la revue Méridiens [[12]].
Néanmoins, voici les principales conclusions et celles surtout concernant les allergies.
Eté – fin de l’été et troubles digestifs, douleurs rhumatologiques
Il y a recrudescence des troubles digestifs en été (R.R.E = 1,32 ; p=0,024) par rapport à l’automne, et par rapport au printemps (R.R.E = 1,36 ; p=0,013). Cela est à mettre essentiellement sur le compte des diarrhées aigües estivales. La Médecine Traditionnelle Chinoise avait ici observé que l’augmentation des troubles digestifs liés au méridien de Rate – Pancréas se retrouvait à la fin de l’été (5e saison). D’où confirmation par les données occidentales (tableau I). De même, à la fin de l’été en Médecine Chinoise correspond les problèmes rhumatologiques (bi humidité). Les études occidentales objectivent un pic de la fréquence des poussées arthrosiques en été, et en hiver pour les maladies de type inflammatoire [4]. On confirme en partie ces données puisque le risque relatif estimé est de 1,32 en été versus hiver (p=0,0085) ; de 1,26 en été versus automne (p=0,031) ; de 1,26 au printemps versus hiver (p=0,017).
Tableau I. Troubles digestifs plus importants en été versus automne ou printemps.
Automne et pathologies ORL et psychiatriques
On retrouve une recrudescence des états dépressifs en automne par rapport à l’hiver avec un risque relatif estimé à 1,23, statistiquement significatif (p=0,044), avec confirmation de certaines données chinoises. Ainsi l’automne avec son Organe Poumons engendre mélancolie, états dépressifs (tableau II). De même davantage de pathologies ORL en automne (RRE= 1,47 versus été ; RRE= 1,19 versus printemps), mais aussi en hiver avec un RRE à 1,34 (p=0,00053) versus été. Le tout corrobore en partie les données de la Médecine Traditionnelle Chinoise [12].
Tableau II. Les syndromes psychiatriques plus importants en automne versus l’hiver.
Hiver et pathologies infectieuses pulmonaires
L’hiver offre une recrudescence de la pathologie broncho-pulmonaire que ce soit versus le printemps (RRE=1,46), l’automne (RRE=1,33), ou surtout versus l’été (RRE=2,27 ; p<0,0000001). En fait, en examinant les statistiques, il s’avère que par rapport à toutes les autres saisons, l’été se manifeste par un abaissement important de ces pathologies. Les études épidémiologiques occidentales retrouvent d’ailleurs une baisse de la pathologie estivale opposée au pic hivernal. La Médecine Chinoise considère que la fréquence des maladies pulmonaires s’accroît en automne avec une éventuelle altération énergétique du couple Poumons – Gros intestin, mais aussi en hiver, surtout si l’infection est sévère ou récidivante.
Printemps et allergies
On constate que le risque relatif estimé de contracter une pathologie allergique est de 3,15 fois plus élevé en été qu’en hiver (p<0,0000001), et de 2,49 fois plus élevé au printemps qu’en hiver (p<0,0000002). Cela confirme en partie les données de la Médecine Traditionnelle Chinoise : allergie et foie, allergie et printemps (Tableau III).
Tableau III. Les pathologies allergiques plus importantes au printemps versus automne et hiver mais aussi été versus automne et hiver.
Conclusions
Cette enquête cas-témoins a pu constituer une première approche de la chronopathologie traditionnelle chinoise et elle a objectivé la qualité exceptionnelle des observations des médecins chinois, qui très longtemps avant les occidentaux, avaient compris le rôle des saisons dans la genèse de certaines pathologies.
Pour aller plus loin que cette première partie qui essayait d’objectiver si une saison associée à ses facteurs climatiques pouvait influencer l’apparition d’une pathologie comme les rhinites allergiques, il était intéressant alors d’essayer de déterminer s’il y avait reproductibilité des pathologies à chaque saison, brefs rythmes biologiques, comme l’entend la Médecine Chinoise. En effet, cette étude épidémiologique donne une estimation globale de la probabilité d’avoir la maladie en fonction de la saison sur une période de cinq ans, mais ne permet pas d’objectiver si cela se reproduit de la même façon chaque année. Il est tout à fait possible d’avoir une année avec présentant une pathologie précise, suivie d’une année sans. Il a fallu donc utiliser le modèle mathématique du Cosinor.
Recherche des rythmes biologiques
La finesse des observations chinoises qui associaient depuis la nuit des temps le Bois au Printemps, et le Foie aux allergies, doit être confirmée par la découverte, selon la méthode du Cosinor, d’un rythme circannuel des syndromes allergiques avec une acrophase printanière.
Définition d’un rythme biologique
Le rythme biologique peut être représenté par une fonction sinusoïdale, quantifiée par l’utilisation du modèle mathématique du Cosinor. Cette fonction sinusoïdale correspond à la formule suivante :
Y (t) = M + A Cos (ω t + Φ)
(t est le temps; ω est la fréquence angulaire = 2 π / τ )
Cette modélisation permet la description de quatre paramètres.
La période τ
C’est la durée d’un cycle complet de la variation biologique, exprimée généralement en unité de temps (seconde, minute, heure, jour ou année). Cet intervalle est mesuré entre deux sommets (acrophase) ou deux creux (bathyphase). Par exemple, le cortisol plasmatique a une période de 24 heures entre les 2 pics de sécrétion. Cette période peut également être exprimée en degrés : 24 heures est équivalent à 360°. À partir de l’étude de ces différentes périodes, on a distingué plusieurs grands domaines de rythmes :
Les rythmes ultradiens dont la période τ est inférieure à 20 heures ;
Les rythmes circadiens : la période est comprise entre 20 et 28 h, généralement 24 heures ;
Les rythmes infradiens dont la période est supérieure à 28 heures, subdivisés eux-mêmes en rythme circamensuel (1 mois), rythmes circannuels (τ = 1 an).
L’acrophase Φ
C’est l’intervalle de temps estimé pour atteindre le sommet d’une variation biologique de période τ. C’est la localisation temporelle exprimée, par exemple, en heures et minutes de l’emplacement du pic ou du sommet de la fonction sinusoïdale, mais aussi en degrés (exemple : 1 heure = 15°). À l’opposé, la bathyphase est le moment où la variation biologique est à son amplitude minimale, à l’emplacement du creux.
L’amplitude A
C’est la différence des valeurs entre le moment du pic et celui du creux. Elle est égale à la moitié de la variation totale du changement rythmique pour la période considérée.
Le mésor M
C’est la moyenne ajustée du rythme de période τ, niveau moyen de la variation biologique rapporté à la durée de la période.
Figure 3. Représentation d’un rythme biologique par le modèle mathématique du Cosinor.
Un rythme biologique (figure 3) peut donc être caractérisé par ce modèle mathématique, à condition que la variation ne s’écarte pas trop de la fonction sinusoïdale et qu’elle soit statistiquement significative par la méthode des moindres carrés [4].
Recherche des rythmes biologiques
L’étude épidémiologique préalablement effectuée a analysé la relation causale entre la maladie et l’exposition au facteur de risque. On a déterminé une approximation du risque relatif estimé en fonction du niveau d’exposition chez les cas et les témoins.
Mais, cette valeur du RRE, calculée avec un seuil de signification à 5% par le test du Chi², ne montre que l’existence d’une association plus ou moins forte entre des variables de nature qualitative (par exemple : le nombre de gastro-entérites en hiver ou en été).
Il a donc été nécessaire de transformer cette variable qualitative (nombre de cas) en quantitative (pourcentage de cas), afin d’obtenir un mode de description apportant le plus d’informations possibles, et de discuter d’autre part l’importance du RRE. On peut ainsi voir que le risque relatif estimé est malgré tout biaisé vers l’unité et que l’analyse des variances va nettement améliorer les résultats de l’enquête épidémiologique.
Le rythme circannuel a été recherché pour les sept catégories de pathologies. La méthode du Cosinor a été employée, en utilisant les 7342 actes médicaux concernant le fichier de 1337 patients vus de juin 1987 à mai 1992.
Les dates, mois et années, de chaque maladie ont été soigneusement enregistrées ainsi que le nombre de patients atteints. Les caractères étudiés, c’est à dire les maladies entrant dans les sept classifications, sont distribuées selon une loi normale de type gauss pour chaque saison, surtout qu’il s’agit de grands échantillons.
Il a fallu ensuite comparer les moyennes dans leur ensemble par une analyse des variances (le test global de F : rapport de la variance inter-colonnes sur la variance intra-colonne résiduelle), afin de répondre à la question : les saisons sont-elles équivalentes pour la chronopathologie étudiée ?
Dans l’affirmative, il ne peut y avoir bien sûr de rythme biologique, même si l’enquête épidémiologique montre une probabilité plus forte d’avoir une chronopathologie à une saison donnée.
Dans la négative, on procède alors à des comparaisons deux à deux, ce qui permet de discuter du degré de l’association décrite dans le chapitre épidémiologique. Il est donc possible d’objectiver un rythme biologique par la méthode du Cosinor (pour l’explication mathématique, voir annexe 1).
Détection rythme biologique pour les allergies
L’analyse des variances a donc été réalisée entre les quatre saisons pour les sept catégories de pathologies décrites plus haut. Aucun rythme biologique n’a été objectivé pour les pathologies infectieuses : pour une période de 365 jours, le rythme des maladies infectieuses n’a pas été détecté : l’amplitude A (différence des valeurs entre le moment du pic et celui du creux) ne diffère pas de zéro. Le test F montre : F = 2,1031 avec un p>5%, non significatif. De ce fait, le modèle d’une fonction sinusoïdale est inapproprié. La fonction correspondra davantage à une droite car la variation de l’amplitude est nulle.
Idem pour un rythme des infections ORL : l’hypothèse de l’amplitude nulle ne peut être rejetée. Le test F montre : F = 0,276 avec un p>5%, non significatif. De ce fait, pas de rythme biologique suivant le modèle d’une fonction sinusoïdale. La fonction correspondra aussi à une droite car la variation de l’amplitude est nulle pour une période circannuelle.
Il n’est pas retrouvé non plus de rythme biologique pour les pathologies infectieuses purement pulmonaires ; pour les algies rhumatologiques, même si celles-ci semblent augmentées à la fin de l’été en rapport avec l’excès d’humidité ; pour les troubles digestifs et les syndromes relevant de la sphère psychiatrique. Ainsi pour ces derniers, on retrouve bien un excès de syndromes psychiatriques en automne, mais excès global sur une longue période de cinq ans, non cyclique, et à relativiser compte tenu du risque relatif estimé tendant vers l’unité (RRE=1,23).
En revanche, pour les pathologies allergiques, l’analyse des variances entre les quatre saisons objective un test F = 9,29 (p=0,00013). Les saisons diffèrent de manière statistiquement significative.
Il y a confirmation des données épidémiologiques : accroissement de la pathologie allergique en été et au printemps versus les deux autres saisons. Pas de différence significative entre l’été et le printemps, automne – hiver, automne – printemps. On peut donc penser à une acrophase de l’allergie située au printemps-été, et, une bathyphase en début d’hiver.
La recherche d’un rythme circannuel est positive. L’hypothèse d’une amplitude A non nulle par l’analyse de variance sur les valeurs de ß et δ est validée : le test F est égal à 7,7411. Cette valeur est statistiquement significative, p = 0,00638.
En appliquant le modèle mathématique du Cosinor, nous obtenons les résultats suivants :
– période circannuelle de 365 jours, soit 360° ;
– le mésor M = 4,45 avec un intervalle de confiance à 95% compris entre 3,63 et 5,27 (soit +/- 0,825) ;
– l’amplitude A = 0,379 avec un intervalle de confiance à 95% compris entre 0,190 et 0,569
– l’acrophase à -120° avec un intervalle de confiance à 95% compris entre -88° et -152°, c’est à dire une acrophase le 1er mai ((intervalle de confiance à 95% : du 30 mars au 3 juin). Les figures 4 et 5 visualisent ces données.
Figure 4. Distribution mensuelle de la pathologie allergique sur une période de 5 ans.
Figure 5. Rythme circannuel de la pathologie allergique analysé par la méthode du Cosinor.
Bref, il y a donc une acrophase de l’allergie du printemps au tout début de l’été.
En conclusion, si l’on démontre qu’il y a effectivement une probabilité de 2,27 fois plus forte d’avoir des infections broncho-pulmonaires en hiver, on ne peut pourtant pas affirmer que cela se répète circannuellement, à la manière du rythme biologique des manifestations allergiques. Même chose pour toutes les autres pathologies. Il peut être possible que la période soit différente. Au lieu d’un an, il peut s’agir d’une période de 60 ans, comme celle du cycle sexagésimal chinois.
Donc selon l’imbrication des Troncs célestes et des Branches terrestres, la pathologie se retrouvera tous les 60 ans par exemple. Malheureusement, cela est difficile à confirmer sur une aussi longue période.
Et les deux études portant sur 1200 ans concernant les épidémies n’ont pas permis de confirmer formellement un rythme biologique [5,8,9,10].
Quoi qu’il en soit, prévenir les maladies à la lumière des conceptions chinoises des rythmes n’est pas impossible. Il suffit de connaître toutes les données concernant les prévisions météorologiques, ainsi que la chronopathologie des qi en fonction des années du cycle sexagésimal, appliquer les lois citées, puis, piquer les points d’acupuncture en fonction des rythmes. Le cas clinique concernant une rhinite allergique a objectivé que cela était du domaine du possible.
Cas clinique
Lt V, enfant de 8 ans souffrant depuis quelques années d’une rhino-conjonctivite allergique et d’un prurit généralisé au début du printemps est vu pour la première fois le 3 juin 2014. Sa grand-mère a des antécédents d’asthme allergique. Le bilan allergologique n’a pas été réalisé mais le pollen semble être la source de son allergie, du fait du lieu d’habitation à la campagne.
Son médecin traitant l’adresse pour avis acupunctural car le traitement antihistaminique à base de desloratadine (aérius®), antagoniste sélectif sur les récepteurs-H1 périphériques est insuffisant sur les symptômes et les parents craignent les effets secondaires.
Il est également sous antiallergiques locaux : acide spaglumique (naabak®) pour la conjonctivite et azélastine (allergodil®), antihistaminiques H1 pour la rhinite qui le soulage momentanément.
Un traitement en moxibustion électrique est donc commencé avec l’appareil électrique (Premio 10 moxa Sédatelec ®).
Les points utilisés sont : yintang (29VG – Ex-HN-3), lieque (7P), hegu (4GI), zusanli (36E), yingxiang (20GI), quchi (11GI). Trois séances de 20 mn sont réalisées à une semaine d’intervalle qui améliorent nettement son état.
Il est revu le 6 avril 2015 : le prurit et une hyperhémie conjonctivale commence à s’installer. Une seule séance sera suffisante avec le traitement suivant appliqué en moxibustion électrique : xingjian (2F), taichong (3F), qimen (14F), zhongfu (1P), lieque (7P), hegu (4GI), quchi (11GI), shanzhong (17 JM), zusanli (36E).
L’année 2015 se passe sans qu’il ne s souffrît trop des signes de la sphère allergique.
De ce fait, les parents prennent un rendez-vous l’année suivante en 2016 à titre prophylactique.
Une séance identique est donc réalisée en moxibustion début mars.
Globalement, selon le patient et les parents, les résultats sont très positifs ; le prurit ayant cédé complètement dès 2017 ainsi que la rhino-conjonctivite, mais plus tardivement à partir de 2020.
Comment expliquer l’efficacité ?
L’acupuncture expérimentale sur animaux peut-elle l’expliquer les différents mécanismes physiopathologiques ?
Et existe-t-il des essais comparatifs randomisés ou de méta-analyses ayant le même résultat.
Acupuncture expérimentale
La sensibilisation de la muqueuse nasale à certains allergènes aériens entraîne des interactions multiples entre les cellules présentatrices d’antigènes, les lymphocytes Th2 CD4 et les cellules B productrices d’IgE spécifiques des allergènes, qui se lient ensuite aux mastocytes et aux basophiles. En cas de nouvelles expositions aux allergènes, les IgE se fixeront sur les mastocytes, entraînant une dégranulation, d’où libération de médiateurs préformés comme l’histamine et production de médiateurs néoformés comme le leucotriène C4 et la prostaglandine D2. Les cytokines pro-inflammatoires, comme l’IL-4, IL-5 et IL-13 peuvent être également produites à la fois par les lymphocytes Th2 et les mastocytes lors de l’exposition aux allergènes. Ces cytokines régulent à la hausse les molécules d’adhésion sur l’endothélium vasculaire et conduisent à la migration de ces cellules inflammatoires, comme les lymphocytes, les éosinophiles et les basophiles, vers les sites inflammatoires des tissus. Plusieurs cytokines favorisent également la chimiotaxie et la survie de ces cellules inflammatoires recrutées et conduisent à une réponse immunitaire secondaire en raison de leur capacité de favoriser la synthèse d’IgE par les cellules B. Le système nerveux joue également un rôle important en amplifiant et en entretenant les réactions allergiques. Ces modifications inflammatoires réduisent le seuil de réactivité de la muqueuse à divers stimuli spécifiques et non spécifiques, ce qui rend les patients allergiques plus sensibles aux stimuli auxquels ils sont quotidiennement exposés [[13]].
L’acupuncture expérimentale sur l’animal permet de comprendre l’action physiopathologique de l’acupuncture et techniques associées dans le cas de la rhinite allergique avérée mais aussi d’une éventuelle action physiologique prophylactique.
Physiopathologie de l’action de l’acupuncture et techniques associées sur la rhinite allergique avérée
L’acupuncture et les techniques associées agiraient sur la diaphonie complexe existant entre plusieurs molécules de l’inflammation allergique, mais aussi par une action antihistaminique via une inhibition des récepteurs de l’histamine 1 (H1R) [[14]].
Cette diaphonie se ferait entre les cytokines pro-inflammatoires, les neuropeptides et les neurotrophines.
L’acupuncture engendrerait une régulation à la baisse les neuropeptides pro-inflammatoires (SP[15], VIP[16] et CGRP[17]). Or on sait que la substance P et CGRP activent en synergie les monocytes pour libérer les cytokines pro-inflammatoires tels que TNF-α, IL-1β, IL-6 et IL-10. De ce fait, cela limiterait l’inflammation des muqueuses par diminution de la dégranulation des mastocytes, diminution de la vasodilatation et de l’extravasation plasmatique engendrant la congestion nasale.
L’acupuncture et techniques associées permettraient aussi la régulation à la baisse des cytokines pro-inflammatoires issues des lymphocytes Th2 (IL-4, 5, 10, 13, etc.)[18] et régulation à la hausse des cytokines issues des lymphocytes Th1 (IFN-γ et TNF-α)[19] produisant ainsi un changement dans l’équilibre Th1/Th2 des cellules T auxiliaires vers une dominance Th1.
Et enfin, l’acupuncture et techniques associées réguleraient à la baisse les neurotrophines[20], comme le facteur de croissance nerveuse (NGF, nerve growth factor)[21] ou le facteur neurotrophique dérivé du cerveau (Brain-Derived Neurotrophic Factor, BDNF)[22].
Voici ainsi quelques exemples d’études expérimentales récentes objectivant ces mécanismes physiopathologiques.
Ainsi, sur un modèle de muqueuse nasale atteint de rhinite allergique chez le rat, la stimulation de yingxiang (GI20) et yintang (VG29) soulage les symptômes par régulation négative des récepteurs H1 (H1R) et H4 de l’histamine [[23]].
Dans un modèle murin de rhinite allergique, l’acupuncture et la moxibustion à Artemisia vulgaris au niveau du yingxiang (20GI), présentent un effet antiallergique et anti-inflammatoire par régulation de la différenciation cellulaire des lymphocytes auxiliaires Th2 et de l’activité de la NFκB[24], avec diminution significative du nombre d’éosinophiles sanguins, réduction de la substances P (SP), diminution des activités de la STAT6[25] et de l’oxyde nitrique synthase inductible (iNOS)[26] [[27]]. De la même façon, toujours sur un modèle de rat avec rhinite allergique, Liang et coll. observent que la moxibustion à aiguille sur fengchi (VB20), yintang (EX-HN3 ou VG29), yingxiang (GI20) inhibe l’immunoglobuline E (IgE) sérique, l’interleukine-1 β (IL-1 β) et le facteur de nécrose tumorale α (TNF-α)[28] [[29]]. Il a été démontré que la stimulation de GI20 et yintang engendre également une régulation négative de l’expression des récepteurs de l’histamine H1 (H1R) et H4 dans la muqueuse nasale de rats atteints de rhinite allergique [23], corrige le déséquilibre des lymphocytes Th17 / lymphocytes régulateurs Treg[30] avec diminution de l’IL17, interleukine initiatrice des réactions pro-inflammatoires [[31]].
Sur un modèle de lapin avec rhinite allergique, l’acupuncture sur neiyingxiang bilatéraux (EX-HN9) dans la cavité nasale a permis de soulager les symptômes par diminution (régulation négative) dans la muqueuse nasale de l’expression de la SP, du peptide vasoactif intestinal (VIP) avec diminution des taux sériques de l’immunoglobuline E (IgE), de l’interleukine 4 (IL-4) ; et régulation positive du neuropeptide Y (NPY)[32], et de l’interféron-γ (IFN-γ) [33] [[34]]. A noter que chez l’homme, un ECR (N=50) a observé que l’EA à la fréquence 80-100Hz) pendant 30mn de la zone ganglionnaire sphénopalatine, du yingxiang (GI20), shangyingxiang (EX-HN 8) et yintang engendrait également une diminution du peptide intestinal vasoactif (VIP) et de la substance P [[35]].
Une autre étude expérimentale de Zhang et col. sur un modèle de rhinite allergique chez le rat objective que la moxibustion sur yingxiang (GI20), yintang (EX-HN3), feishu (V13) et zusanli (E36) engendre une augmentation de l’expression des cellules et des protéines positives à l’IFN-γ et une diminution de l’expression des cellules et des protéines positives à l’interleukine-4 (IL-4) supérieure à l’effet de l’acupuncture (p<0,05), d’où régulation de l’expression des cytokines liées au Th1/Th2 [[36]].
Plus récemment, les mêmes auteurs observent que la stimulation des points yingxiang (GI20), yintang (EX-HN3) inhibe le niveau d’expression anormal du récepteur 4 de type Toll (TLR4)[37], du facteur de différenciation myéloïde 88 (MyD88)37 et de la protéine activatrice 1 (AP-1)[38] de la muqueuse nasale liée à l’activation anormale de la voie de signalisation TLR4 / AP-1 et régule de ce fait le déséquilibre de Th1/Th2 [[39]].
En résumé, les mécanismes possibles de l’acupuncture, mais surtout de la moxibustion dans la rhinite allergique avérée font appel, outre l’action antihistaminique par inhibition des H1R, une régulation négative de la concentration nasale des cytokines pro-inflammatoires comme les interleukines-1 (IL-1), IL-6, IL-4, IL-10, IL-12, IL-17 et IL-18, le facteur de nécrose tumorale alpha (TNF-α), mais aussi avec interactions diaphoniques entre ces cytokines, les neurotrophines (NGF et BDNF) et les neuropeptides pro-inflammatoires (SP, CGRP et VIP), produisant de ce fait un changement dans l’équilibre Th1/Th2 des cellules T auxiliaires avec réduction de la dominance Th2 vers la dominance Th1[40] (figure 6).
Physiologie prophylactique sur la rhinite allergique
Il n’existe pas d’études expérimentales concernant la prévention de la rhinite allergique. Néanmoins, quelques études chinoises sur l’asthme offrent quelques pistes. Ainsi, en prévention, la moxibustion pourrait réguler à la baisse le facteur de croissance nerveuse (NGF), substance P (SP), le peptide lié au gène de la calcitonine (CGRP) comme cela a été objectivé sur un modèle de rats asthmatiques [[41]]. De même, plus récemment en 2020, la moxibustion au point feishu chez les rats asthmatiques, mais non en crise, améliore la compliance de la ventilation respiratoire par diminution de la SP, de la CGRP et de l’histamine [[42]].
Le rôle du potentiel du TRPV1 (transient receptor potential vanilloide 1) dans la réponse de phase précoce dans la rhinite allergique pourrait être aussi essentiel.
Ainsi on sait que la réponse allergique de phase précoce dans la rhinite allergique est déclenchée dans les minutes suivant l’inhalation d’allergènes lorsque les anticorps IgE, liés aux mastocytes, reconnaissent les allergènes et provoquent la dégranulation et la libération de médiateurs inflammatoires tels que l’histamine, la tryptase, les leucotriènes, la prostaglandine D2, et les cytokines pro-inflammatoires (TNFα, IL-4, etc). Cette réponse de phase précoce est généralement caractérisée par des éternuements, des démangeaisons nasales et une rhinorrhée. Il a été démontré que les éternuements et les démangeaisons nasales sont des réponses neuronales médiées par l’histamine activant le récepteur H1R et le TRPV1. Celui-ci augmente donc la production et la libération de neuropeptides pro-inflammatoires SP et CGRP qui agissent en synergie pour favoriser la dégranulation des mastocytes [14]. L’acupuncture et techniques associées peuvent inhiber l’expression et la sensibilité de TRPV1 en régulant à la baisse la production et la libération de NGF et / ou en bloquant la voie de signalisation phosphatidylinositol 3-kinase / phosphatidylinositol phosphate 3 (PI3K / PIP3) entre le récepteur TrkA[43] et TRPV1 [[44]]. L’inhibition induite par l’acupuncture du TRPV1 peut être obtenue en régulant à la baisse SP et CGRP, ce qui réduirait la dégranulation des mastocytes, réduisant ainsi la libération d’histamine et l’activation de l’histamine de TRPV1 via H1R. Une autre possibilité est que la régulation négative de TRPV1 (quelle que soit la source de cette régulation négative) entraîne la réduction de la libération de SP et de CGRP.
En résumé, les mécanismes possibles de l’acupuncture et techniques associées en prophylaxie de la rhinite allergique pourraient faire intervenir le TPVR1. Une inhibition de son expression et de sa sensibilité se ferait par la baisse de la production et de la libération de NGF. Régulation aussi à la baisse de la CGRP et de la SP, d’où réduction de la dégranulation des mastocytes, de la libération d’histamine et de l’activation de l’histamine de TRPV1 via H1R (figure 6)
Figure 6. Modèle proposé expliquant les effets de l’acupuncture et techniques associées dans l’inflammation des muqueuses (d’après 14).
L’acupuncture expérimentale, si elle lève le voile sur les mécanismes physiopathologiques dans la rhinite allergique ne prouvent pas réellement son efficacité. D’où la nécessité des ECR et des éventuelles méta-analyses ou recommandations des sociétés savantes. L’efficacité sur la rhinite allergique avérée a été objectivée par de nombreuses études. Cependant, en ce qui concerne la prévention, les études manquent.
Essais comparatifs randomisés (ECR), méta-analyses, recommandations dans la rhinite allergique avérée
De nombreuses méta-analyses (niveau de preuve 1) de 2015 à 2023 ont statué sur l’efficacité de l’acupuncture et techniques associées sur la rhinite allergique saisonnière [45-53].
Ainsi l’une des dernières en date, celle de He et coll concerne trente ECR (n=4413). La norme méthodologique Cochrane a été suivie pour mener cette revue systématique. L’acupuncture a amélioré le score total des symptômes nasaux (TNSS) et la qualité de vie mesurée par le questionnaire (RQLQ) chez les adultes atteints de rhinite allergique, par rapport à l’acupuncture placebo. L’acupuncture s’est également avérée plus efficace que l’acupuncture simulée pour les symptômes nasaux (n=489, DM : – 0,60 ; IC à 95 % – 1,16 à – 0,04) et la qualité de vie (RQLQ, n=436 ; -0,26 : IC à 95 % – 0,44 à -0,07) (figure 7a). En outre, l’effet de l’acupuncture et de la cétirizine ou de la loratadine dans la rhinite allergique paraissent équivalents [50].
Mêmes remarques dans la méta-analyse de Du et coll en 2022 sur l’amélioration des symptômes nasaux, la qualité de vie mais en plus sur la limitation de la prise médicamenteuses (figure 7b) [51].
En conclusion, l’acupuncture usuelle apparait supérieure à l’acupuncture placebo et équivalente à la cetirizine ou loratadine et de ce fait a sa place comme traitement de la rhinite allergique avec un niveau de preuve modéré à élevé [[54]].
Figure 7a. L’acupuncture est plus efficace que l’acupuncture simulée pour les symptômes nasaux ( n=489, DM : – 0,60 ; IC à 95 % – 1,16 à – 0,04) et la qualité de vie (RQLQ, n=436 ; -0,26 : IC à 95 % – 0,44 à -0,07).
Figure 7b. L’acupuncture améliore le score total des symptômes nasaux, DMS : – 0,29 ; IC à 95 % : – 0,43 à – 0,15) ; améliore la qualité de vie (DMS : -0,23 [-0,37, -0,08] ; limite la prise médicament (DMS : -0,3 [-0,49, -0,11]).
De même, une revue systématique en suivant la norme méthodologique Cochrane et incluant vingt et un ECR (N=1549 patients) a évalué la moxibustion indirecte dans la rhinite allergique. Il existe un effet statistiquement significatif sur le taux d’efficacité sur les symptômes globaux de la rhinite allergique : (RR=1,16 ; IC à 95 % = 1,11 à -1,21, I²=30 % ; p=0,10) ; (voir figure 7c). En outre, l’intervention indirecte de moxibustion a également montré une différence significative dans le score gradué des symptômes (DMS = -1,10 ; IC à 95 % : -1,58, -0,61 ; p<0,00001 ; I²=88 %) ; score TNSS (DMS=-1,36 ; IC à 95 % : -2,14, -0,58 ; p=0,76 ; I²=0%) et l’échelle RQLQ (DMS=-2,60 ; IC à 95 % : -4,06 à -1,14 ; p< 0,00001 ; I²=92 %) chez les patients atteints de rhinite allergique. Cependant, même si la moxibustion peut avoir un bon effet clinique sur le traitement global de la rhinite allergique saisonnière, les auteurs concluaient que les limites de la méta-analyse venaient de la faible puissance avec des ECR de petite taille, de qualité méthodologique modérée. Bref, nécessité d’ECR de haute qualité méthodologique [49].
Figure 7c. La moxibustion indirecte seule ou la combinaison de la moxibustion indirecte avec l’acupuncture est efficace dans la rhinite allergique saisonnière. Pas d’hétérogénéité significative : I²=30%.
Notons aussi l’existence de méta-analyses et ECR (niveau de preuve 2) concernant l’utilisation d’une technique particulière de l’acupuncture, à savoir la stimulation à la profondeur de 20mm du point die-e encore appelé point sphénopalatin (SPA), point situé sous l’arcade zygomatique entre l’apophyse coronoïde et le condyle mandibulaire, stimulant de ce fait le ganglion sphénopalatin[55], qui concluent également à l’efficacité dans la rhinite allergique [56-59].
En 2015, l’acupuncture a été recommandée comme l’un des traitements optionnels pour la première fois dans la directive clinique américaine [[60]]. D’autres recommandations de sociétés savantes ont suivi, comme celle de l’International Consensus Statement on Allergy and Rhinology (ICAR) [[61]], ou de la société savante chinoise (Chinese Society of Allergy) [[62]].
Essais comparatifs randomisés (ECR), méta-analyses, recommandations en prévention de la rhinite allergique
Agir sur la rhinite allergique saisonnière en prévention semble possible en tenant compte de la saison. Ainsi, de nombreuses études proposent de traiter les maladies survenant en hiver, comme la toux chronique ou l’asthme par un traitement préventif durant l’été [[63]], appelé San-Fu-Tie et San-Fu-Jiu comme cela est cité dans la revue systématique et narrative de Wen et coll. [[64]].
La première thérapie du San-Fu-Tie est une technique de phytothérapie par application de patchs composés d’une pâte spéciale de Bai Jie Zi (Semen SinapisAlbae), Xi Xin (Herba Asari), Gan Sui (Radix Kansui) et Yan Hu Suo (Rhizowa Corydalis) déposés en fonction des possibles bianzheng attendus. Ainsi en cas de risque de Déficience de Poumon ou Invasion par le Froid (rhinite allergique), application sur fengmen (V12), hegu (4GI) et feishu (V13) ; si possible Déficience de qi de Rate : pishu (V20), zusanli (E36) et dazhui (VG14) ; si possible Déficience de qi et/ou de yang du Rein : shenshu (V23), yaoyangguan (VG3), mingmen (VG4) et/ou dingchuan (EX-B1) et bailao (EX-HN 15) (Figure 8) [64-66].
La seconde est le San-Fu-Jiu qui est une moxibustion indirecte de poudre d’armoise déposée sur une tranche de gingembre frais appliquée sur les points d’acupuncture précédents. Cinq à sept cônes de moxa consécutifs sont nécessaires pour être brûlés sur chaque point d’acupuncture. Généralement, le traitement dure une demi-heure à chaque fois. Une sensation de chaleur, des rougeurs cutanées et des cloques locales sont des phénomènes normaux (figure 9)
Figure 8. San-Fu-Tie appliqué sur shenshu (V23), yaoyangguan (VG3), mingmen (VG4) et pishu (V20) (photo issue de [64]).
Figure 9.San-Fu-Jiu appliqué sur VG4, VG14, etc. (photo issue de [64]).
Ces techniques de San-Fu-Tie San-Fu-Jiu seront appliquées pendant ce qu’on appelle les « jours de chien ou journées canines » afin de traiter préventivement les maladies hivernales. Les « jours de chien » correspondent généralement aux trois périodes de dix jours de la saison la plus chaude, en été donc. Ils sont divisés selon les auteurs [64,65] en « 1er jour de chien » (correspond au premier jour du solstice d’été, 10 jours à partir du 21 juin généralement), « 2e jour de chien » (du 13 au 23 juillet) et « 3e jour de chien » (du 2 au 12 août).
Quoi qu’il en soit, il ressort de cette revue systématique et narrative de dix-huit ECR (n=1785 sujets) que ces thérapies San-Fu-Tie et San-Fu-Jiu concernant la rhinite allergique mais aussi de l’asthme possèdent des avantages thérapeutiques favorables avec une bonne acceptabilité et observance des patients et cela, avec peu d’effets secondaires. Cependant, l’efficacité, l’innocuité et les mécanismes de San-Fu-Tie et San-Fu-Jiu dans la prévention de la rhinite allergique ou de l’asthme doivent être validés par des ECR de meilleure qualité méthodologique et de plus grande puissance [64].
Une autre technique de moxibustion indirecte sur tranche de gingembre, celle de Sanjiu utilise comme pour les « jours de chien », les trois périodes de dix jours les plus froids de l’hiver entre décembre et janvier [[67]] ou selon d’autres auteurs la période de neuf jours après le solstice d’hiver (en général le 22 décembre) [[68]] pour prévenir et traiter l’asthme bronchique. Huang et coll. ne détectent pas de différence d’efficacité entre la technique San-Fu-Jiu et celle de Sanjiu [67]. Cependant Deng et coll. observent que les effets thérapeutiques sont plus efficaces chez les enfants en déficit de qi ou de déficit en yang, plutôt que les enfants avec un bianzheng de mucosités [68].
En 2023, Song et coll. observaient également que l’acupuncture à visée préventive administrée quatre semaines avant la période allergique, soit juste avant le début du printemps, une fois tous les deux jours, 3 fois par semaine pendant quatre semaines, réduisait l’incidence de la rhinite allergique saisonnière modérée à sévère, soulageait les symptômes, améliorait la qualité de vie et réduisait l’utilisation de médicaments d’urgence. Le pourcentage de crises dans le groupe acupuncture était de 84,0 % (42/50), ce qui était significativement inférieur (p<0,05) aux 100% de crise dans le groupe témoin (48/48). Les points utilisés essentiellement : yintang, yingxiang (GI20), hegu (GI4), zusanli (E36), fengchi (VB20), feishu (V13) [[69]].
Cas clinique : discussion sur le choix des points en phase avérée et argumentaire du protocole chronoacupunctural à visée prophylactique
Selon De Wurstemberger, l’allergie est une maladie du Vent au Métal et de ce fait, la personne allergique, incapable de se défendre des Vents Externes, aura alors une atteinte du zang Poumon, qui se manifestera par des symptômes au niveau du nez, des bronches, des conjonctives et de la peau [[70]]. Et cela va engendrer la pathologie de la rhinite allergique saisonnière selon les bianzheng : Vide du qi du Poumon, Vide de qi de Rate, Attaque du Poumon par le Vent-Froid, Vide de qi et/ou de yang du Rein, etc. Kiener, pour sa part, considère que les rhinites allergiques saisonnières proviennent d’une déficience de la « Racine », à savoir une déficience du qi de Poumon, Rate et Reins, et qu’en traitant la Racine (à savoir la cause), on soulagera et on guérira les Branches et la Cime (les conséquences) qui sont une attaque de Vent-Froid, attaque du Vent, une accumulation de mucosités, etc. [[71]].
Les différents points utilisés avaient donc pour but de renforcer les défenses de l’organisme en tenant compte des risques de déficience.
En début de traitement : rhinite allergique saisonnière avérée
En 2011, une enquête réalisée auprès quatre-cent-quatorze médecins acupuncteurs en France avait montré que la pratique de l’acupuncture en pédiatrie était importante, l’aiguille ne constituant pas un obstacle, et utilisée chez l’enfant à partir de 6 ans. Ainsi, les aiguilles étaient utilisées dans 62% dans consultations pédiatriques en association avec éventuellement les autres techniques, comme la moxibustion (33%), les massages des points (34%), le marteau fleur de prunier (7%), l’électroacupuncture (10%), et plus rarement l’auriculothérapie (3,5%) et de manière très négligeable la technologie laser [[72]].
Dans ce cas clinique, chez cet enfant de 8 ans, vu en juin 2014, pour la première fois, le traitement de moxibustion électrique a été appliqué trois fois de suite à une semaine d’intervalle, du fait que la rhino-conjonctivite était déjà installée.
Le choix des points a été décidé selon les données de l’essai comparatif randomisé (ECR) de Ng [[73]].
Dans cet ECR concernant la rhinite allergique perannuelle, 35 patients (âge moyen : 11,7 ± 3,2 ans) ont été randomisés pour recevoir de l’acupuncture active pendant 8 semaines tandis que 37 autres patients (âge moyen : 11 ± 3,8 ans) ont bénéficié de l’acupuncture simulée. L’acupuncture a été effectuée deux fois par semaine dans les deux groupes. Les pédiatres évaluateurs et les patients ont été mis en aveugle. L’évaluation de la rhinite était quotidienne et offrait des taux d’amélioration significativement plus élevés avec davantage de jours sans symptômes dans le groupe recevant de l’acupuncture active, à la fois pendant les périodes de traitement et de suivi, versus groupe placebo. Les scores sur l’échelle visuelle analogique pour une amélioration immédiate après l’acupuncture étaient également significativement meilleurs dans le groupe d’acupuncture active.
Trois points principaux ont été utilisés : yingxiang (20GI), yintang (29VG – Ex-HN-3) et fengchi (20VB). Un point d’acupuncture a été déterminé individuellement selon la différenciation des syndromes (bianzheng) : hegu (4GI) si syndrome de déficience du qi des Poumons, zusanli (E36) si syndrome de déficience de qi de Rate, ou qihai (6VC) pour le syndrome de Vide de Rein.
Les points utilisés dans notre cas clinique de ce fait s’apparentent à cet ECR : yintang (29VG – Ex-HN-3), hegu (4GI), zusanli (36E), yingxiang (20GI), auquel nous avons préféré ajouter lieque (7P) et quchi (11GI), à la place de 20VB et 6VC.
Il s’avère que les points utilisés : yintang (29VG – Ex-HN-3), hegu (4GI), zusanli (36E), yingxiang (20GI), lieque (7P) et quchi (11GI) font partie des points les plus couramment utilisés dans les ECR. Ainsi Nguyen et Lison avaient répertorié les points proposés le plus souvent et selon la différenciation des syndromes (bianzheng) : yingxiang (20GI) dans plus de 45% des ECR, feishu (V13) (35%), yintang et hegu (4GI) dans 25% des ECR, E36 zusanli (22%), 14VG dazhui (21%), V23 shenshu (18%), V12 fengmen et 20V pishu (15%) et enfin 20VB fengchi dans 12% des ECR [[74],[75]]. Certains auteurs ajoutent le lieque (7P) ou taiyuan (9P) en cas de Vide de qi de Poumon, le sanyinjiao (Rt6) en cas de Vide de Rate, shenshu (V23) ou qihai (6VC) si Vide de Rein, etc. [[76],[77]].
Les auteurs de vingt-trois ECR (n=2589 patients) distribuent la rhinite allergique dans cinq syndromes essentiels selon les bianzheng : Vide du qi du Poumon (23,95%), Vide de qi de Rate (22,95%), Attaque du Poumon par le Vent-Froid (14,75%), Vide de qi et/ou de yang du Rein (11,17%) ; le reste se répartissant de manière moins importante parmi les dix autres types restants de zheng [[78]]. Il a été également objectivé que le bianzheng de Vide du Poumon était principalement d’apparition saisonnière chez des patients jeunes, forme accompagnée d’éternuements et d’obstruction nasale ; les patients présentant un Vide en qi de Rate étaient également plus jeunes, avec une obstruction nasale et un œdème de la muqueuse nasale plus sévères ; les patients de type Vide de yang de Rein étaient plus âgés et avaient une évolution de la maladie plus longue, davantage de rhinorrhée et des IgE sériques élevées [78,[79]].
Choix des points à visée prophylactique de la rhinite allergique
L’enfant voit son état nettement amélioré et il est alors prévu de le voir l’année suivante avant le début du printemps : fin février, début mars.
Le choix de cette période était d’agir de façon préventive sur la rhinite saisonnière en sachant que pour cet enfant, le début de la période allergique commençait vers mi-avril et que selon le rythme circannuel précédemment décrit, les probabilités étaient grandes qu’il soit à nouveau atteint.
Il s’agira donc de renforcer les Méridiens qui pourraient être atteints au printemps en agissant en hiver selon la méthode similaire à la technique Sanjiu, mais en agissant plus tardivement que la période préconisée du solstice d’hiver.
Ainsi dans notre cas, en s’aidant des conclusions de l’étude épidémiologique qui montre que l’acrophase des périodes d’allergie est fixée au 1 mai avec un intervalle de confiance à 95% entre le 30 mars et 3 juin, la meilleure période d’intervention se situe à la fin de l’hiver ou au tout début du printemps selon la climatologie chinoise qui considère que le printemps débute au 1 mars.
Par exemple, notre patient était déjà touché par la rhinoconjonctivite allergique lorsqu’il a été vu début avril. De ce fait, toutes les consultations à visée prophylactique doivent être réalisées fin février ou durant la première semaine de mars.
Les points utilisés en prophylaxie sont donc quelque peu différents car bien sûr, l’objectif est d’empêcher les phénomènes inflammatoires allergiques de s’installer.
Par ailleurs, il est aussi possible que la prévention de la rhinite allergique saisonnière puisse être modulée par une action électroacupuncturale sur la muqueuse nasale. Ainsi une étude prospective monocentrique a été menée à l’Université Teikyo Heisei, à Tokyo, au Japon, chez 20 adultes en bonne santé. L’EA à 2 Hz (250µs) au niveau de la 6e vertèbre cervicale stimule le tronc sympathique cervical et la noradrénaline (NA) du nerf cervical moyen, du ganglion cervical supérieur, du nerf vasoconstricteur sympathique, ainsi que du neuropeptide Y (NPY). De plus, la NA libérée par une stimulation unique provoque une vasoconstriction de la muqueuse nasale via les nerfs autonomes, entraînant une diminution de la température de la peau nasale. Selon les auteurs, les fibres sympathiques postganglionnaires, du ganglion cervical supérieur, qui mènent au nerf ptérygoïdien via le ganglion ptérygopalatin, pourraient alors affecter l’œdème muqueux dû à la perméabilité vasculaire et la rhinite allergique due à l’hyperémie de la muqueuse nasale [[81]].
Conclusion
Dans la rhinite allergique avérée, nombreuses sont les recommandations, les méta-analyses et les ECR qui objectivent une efficacité de Grade A de l’acupuncture et techniques associées. En revanche, dans la prévention, les différents ECR et méta-analyses, du fait de leur grande hétérogénéité et faible puissance n’offrent pas suffisamment de preuves scientifiques. Néanmoins, au vu de ce cas clinique chez un enfant suivi pendant neuf années, on peut considérer que la chronoacupuncture, associée à la moxibustion et l’électroacupuncture apporterait une contribution utile, efficace et sans effets indésirables dans la prophylaxie de la rhinite allergique saisonnière. Peut-être un essai comparatif randomisé de grande puissance et de bonne qualité méthodologique pourra voir ainsi le jour.
Dr Jean-Marc Stéphan (MD)
Directeur et Coordinateur du Diplôme Inter Universitaire (D.I.U) d’Acupuncture Obstétricale (Université de Lille – Faculté de Médecine)
Directeur de la revue « Acupuncture & Moxibustion »
Président du SNMAF (Syndicat National des Médecins Acupuncteurs de France)
Chargé d’enseignement au DIU initiation acupuncture (Université de Rouen Normandie -Faculté de Médecine)
Coordinateur module « électroacupuncture » du Master of Research in Acupuncture (Acupuncture Research Master Degree) de l’Université Unicamillus de Rome – Italie
Médecin acupuncteur attaché au Centre Hospitalier Général de Denain 59220
Annexe 1 : Calcul du rythme biologique selon la méthode du Cosinor
On recherche la fonction sinusoïdale correspondant à la formule Y(t) = M + A Cos (wt + φ) ; (t est le temps ; w est la fréquence angulaire = 2π/τ).
Y(t) est la valeur au temps t de la fonction définie par les paramètres du mésor M, de l’amplitude A, de la période et de l’acrophase φ. La période τ sera ici de 365 jours, soit 360° (rythme circannuel). L’acrophase sera exprimée en degrés. Ainsi janvier correspond à -360°, février : -30°, mars : -60°, avril : -90°, mai : -120°, juin : -150°…, décembre : -330°.
Pour les cinq séries de valeurs : j=1, 2, …5 observées pendant les 5 années de l’étude, il faut considérer la somme des valeurs des fonctions Y (t) au temps t(j) égale à une fonction Y(j) = M + A Cos (wtj + φ). Dans le but de l’analyse statistique, on utilise une forme équivalente :
Y(j) = M + A cos φ * cos w tj – A sin φ * sin φ wtj
Et on substitue :
ß = A cos φ ; δ = -A sin φ
xj = cos wtj ; zj = sin wtj
D’où, on arrive à l’équation :
Y(j) = M + ßxj + δzj
Puis il est obligatoire de confirmer si un rythme est réellement détectable en validant l’hypothèse d’une amplitude A non nulle par une analyse de variance (test F) sur les valeurs de ß et δ. Si l’amplitude est égale à zéro, c’est à dire si ß=δ=0, il n’existe évidemment pas de rythme.
Dans le cas contraire, et toujours à partir de la méthode des moindres carrés, on peut obtenir les valeurs estimées de l’acrophase φ, l’amplitude A, le mésor M, avec leurs limites de confiance à 95%. Pour plus de détails sur les procédures mathématiques du Cosinor, se reporter aux articles [[82],[83]].
Annexe 2. Le choix des points
Xingjian (2F)
Il a pour actions et indications selon les auteurs [84-86] d’éliminer le Feu du Foie, de diffuser le qi du Foie, de calmer le Vent (Interne) du Foie, d’éliminer la Chaleur et la Chaleur du Sang, arrêter les saignements, d’avoir des effets bénéfiques sur le Réchauffeur Inférieur. C’est un point ying, point Feu, point de sédation, point de drainage, point majeur pour les syndromes de plénitude du Foie. Il est indiqué selon Maciocia entre autres indications si douleurs de l’œil, sensation de chaleur, yeux rouges.
Taichong (3F)
Ce point Source (yuan), point Rivière (shu), point Terre », point « Étoile Céleste » de Ma Dan Yang mentionné par le Zhenjiu Dacheng de Yang Jizhou (1522-1620)[87], a des effets bénéfiques sur les yeux, calme les spasmes, soulage la douleur. Il est considéré nourrir le Sang et le yin du Foie, fait tomber le Vent (Interne) et pacifie le yang du Foie. Point dit « Barrière », en association au hegu (4GI), il contrôle le qi du Poumon et de ce fait on le retrouve dans les indications : polypose nasales, sinusites chroniques, rhinites allergiques [[88]]. On le préconise aussi si vision trouble, irritabilité, insomnies, etc. [84,85,86].
Qimen (14F)
Point mu antérieur du Foie, point de croisement avec le Merveilleux Vaisseau yinweimai et le méridien de la Rate, le qimen régule le qi et le Sang du Foie, rafraîchit le Sang, disperse les accumulations, et harmonise le Foie, la Rate et l’Estomac en favorisant la libre circulation du qi du Foie [84,85,86].
Zhongfu (1P)
C’est le point mu de Poumon et point de croisement avec le Méridien de Rate-Pancréas. De ce fait, il régule et fait descendre le qi du Poumon, calme la toux en éliminant la Chaleur du Réchauffeur Supérieur, transforme les Glaires. Les indications sont donc la toux, la dyspnée avec respiration sifflante, asthme, expectoration de glaires, obstruction douloureuse de la gorge, congestion nasale, etc. [84,85,86].
Lieque (7P)
Lieque est également un point « Étoile Céleste » et point Clé du Merveilleux Vaisseau (Vaisseau Conception, renmai), point luo de Communication. Il chasse le Vent, fait descendre le qi du Poumon. Il a des effets bénéfiques sur la tête et la nuque. Il est préconisé il y a des frissons, de la fièvre, une congestion et un écoulement nasal, la gorge douloureuse, une dyspnée, de la toux, des crachats de mucosités, une respiration sifflante comme on la voit dans l’asthme [84,85,86].
Hegu (4GI)
Hegu, également point « Etoile céleste », point Source (yuan), point Barrière en association avec le taichong (3F), il régule la face et la tête, régule le qi de Défense (weiqi), ouvre les méridiens luo de communication du Méridien couplé Poumon [[89]]. Indication comme point Barrière selon Dessouter dans les rythmes de la médecine traditionnelle chinoise lorsque qu’une « dysryhmie entre la régularité des fonctions d’inspiration et d’expiration, cette dernière répondant au relâchement, peut se manifester dans le cadre de ces troubles du rythme biologique. Ceci n’est pas sans évoquer de nombreuses dyspnées dont la tension émotionnelle déclenche souvent les crises » [[90]].
Quchi (11GI)
Point Mer (he), point Terre, point de tonification, point des fantômes du grand médecin Sun Simiao 孫思邈 (581-682) sous la dynastie Tang [[91]], point « Étoile Céleste » de Ma Dan Yang, quchi est également un point important pour éliminer la Chaleur, expulser le Vent, éliminer le Feu du yangming, rafraîchir le Sang et drainer l’Humidité. Ce point est indiqué pour soulager les dysphagies, aphonies, dysphonies, odontalgies, conjonctivites, douleurs des yeux, larmoiements mais aussi prurit, urticaire, éruption cutanée, peau sèche et squameuse, zona, etc. [84,85,86].
Shanzhong (17JM)
Point mu antérieur du Maître du Cœur, Point mu antérieur du Réchauffeur Supérieur, point hui « Grande Réunion de l’Energie et de l’appareil respiratoire », point de croisement avec les méridiens de la Rate, du Rein, de l’Intestin Grêle et du Triple Réchauffeur, point de la Mer du qi, le 17JM est un point important pour les troubles respiratoires. Selon les Classiques, ce point est indiqué en cas de « toux, d’essoufflement et de respiration courte, d’asthme bronchique, de douleurs thoraciques et d’oppression » [84,85,86].
Zusanli (36E)
Zusanli est le point Mer (he) du méridien d’Estomac, point Terre, utilisé pour faire descendre le qi et clarifier la Chaleur, transforme l’Humidité. Sa puncture permet de calmer, contrôler, équilibrer voire tonifier le qi. C’est un grand point du yang général, dont la tonification fait croître le yang, nourrit le Sang (xue) et le qi. Il fait partie aussi des douze points « Étoiles Célestes », point de la Mer de l’Eau et des Aliments. C’est aussi un grand point du yang général [85].
Il est indiqué en cas d’obstruction douloureuse de la gorge avec incapacité à parler, frissons et fièvre, maladie fébrile avec absence de transpiration, maux de tête, nez froid, céphalées, etc. [84].
Références
[1]. SFORL et SFA. Prise en charge diagnostique et thérapeutique des Rhinites Allergiques par l’ORL (hors rhinites professionnelles). 2021. [consulté le 08/05/2023]. Disponible à l’URL : https://www.sforl.org/wp-content/uploads/2020/07/Recommandation-SFORL-Prise-en-charge-diagnostique-et-th%C3%A9rapeutique-des-Rhinites-Allergiques-par-lORL-2020.pdf
[2]. Grade A : Preuve scientifique établie : Niveau de preuve 1 (Essais comparatifs randomisés de forte puissance -ECR- ; Méta-analyses d’ECR ; Analyse de décision basée sur des études bien menées). Grade B : Présomption scientifique : Niveau de preuve 2 (ECR de faible puissance ; études comparatives non randomisées bien menées ; Études de cohorte). Grade C :Faible niveau de preuve scientifique : Niveau 3 (études cas-témoins ; essais comparatifs avec série historique) ; Niveau 4 (ECR avec des biais importants ; études rétrospectives ; série de cas ; Études épidémiologiques descriptives transversales, longitudinales). Accord professionnel. Toute autre publication (cas report, avis d’expert, etc.) ; ou aucune publication.
[3]. Chen QY, Li L, Zhang L, Mo JH, Yang ZF, Wei XL, Li YY, Xia JY, Bai XB, Xie PF. Efficacy of indoor air purification in treating Artemisia (mugwort) pollen allergic rhinitis: study protocol for a randomised controlled trial. BMC Public Health. 2018 Jul 6;18(1):841.
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[5]. Stéphan JM. Prévisions météorologiques et chronopathologie selon les conceptions chinoises : mythe ou réalité. Acupuncture & Moxibustion. 2006;5(2):146-147.
[6]. Stéphan JM. À propos des troncs célestes et des branches terrestres : réflexions sur les rythmes biologiques, la chronopathologie et les prévisions météorologiques selon les conceptions chinoises (2e partie). Méridiens. 1995;104:37-74.
[7]. Husson A. Huangdi Neijing Suwen. Ed. A.S.M.A.F., Paris, 1973.
[8]. Zhang Nianshun. Correlative study on spreading of pestilence and sixty–year cycle in 1200 years. China Journal of TMC and Pharmacy (Zhongguo yiyaoxue bao) 2004 ;19(3):133-4.
[9]. Chen Bixian. Second study on correlative study on epidemiology of pestilence and the years designated by heavenly stems and earthly branches of the late 1200 years. China Journal of TMC and Pharmacy (Zhongguo yiyaoxue bao) 2004;19(11):647-9.
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[15]. La substance P est un neuropeptide inflammatoire impliqué dans la libération d’histamine.
[16]. Le peptide vasoactif intestinal (VIP) est un neuropeptide possédant une puissante activité vasodilatatrice au niveau du tractus gastro-intestinal. Il aurait aussi des effets anti-inflammatoires potentiels en modulant la réponse du système immunitaire en réduisant la signalisation inflammatoire récepteur Toll-like (TLR) [Villanueva-Romero R, Gutiérrez-Cañas I, Carrión M, Pérez-García S, Seoane IV, Martínez C, Gomariz RP, Juarranz Y. The Anti-Inflammatory Mediator, Vasoactive Intestinal Peptide, Modulates the Differentiation and Function of Th Subsets in Rheumatoid Arthritis. J Immunol Res. 2018 Aug 1;2018:6043710.]
[17]. Le peptide relié au gène de la calcitonine (CGRP), outre d’être comme le VIP un médiateur de la douleur, active de façon identique à la substance P, les monocytes pour libérer les cytokines pro-inflammatoires.
[18]. Les lymphocytes auxiliaires Th2 produisent l’interleukine 4 (IL-4), l’interleukine 5, l’interleukine 10 et l’interleukine 13. Celles-ci servent à l’activation des lymphocytes B et des polynucléaires éosinophiles. L’interleukine 4 ou IL-4 est une cytokine dont le rôle est d’induire la différenciation des lymphocytes T auxiliaires naïfs (lymphocytes Th0) en lymphocytes Th2, tout comme l’IL13.
[19]. Les cellules T auxiliaires de type 1 (Th1) et les cellules T auxiliaires de type 2 (Th2) sont deux sous-types de cellules T auxiliaires qui se distinguent par le type de cytokines qu’elles sécrètent. Les cellules Th1 sécrètent l’interféron-γ (IFN-γ) et le facteur de nécrose tumorale alpha (TNF-α). Les cellules Th2 sécrètent les interleukines 1, 4, 5, 10 et 13 (IL-1, IL-4, IL-5, IL-10 et IL-13) et protègent principalement l’organisme contre les agents pathogènes extracellulaires.
[20]. Les neurotrophines, ou facteurs de croissance nerveuse, sont des protéines qui régulent la survie, la mort ou la différenciation des neurones. La fonction principale des neurotrophines est de favoriser la croissance nerveuse. Les principales neurotrophines sont le facteur de croissance nerveuse (NGF) et le facteur neurotrophique dérivé du cerveau (BDNF) mais aussi les neurotrophine-3 (NT-3), neurotrophine-4 (NT-4), NT-5 et 6. On sait que les expressions nasales de NGF et de BDNF sont significativement augmentées chez les patients atteints de rhinite allergique par rapport aux témoins sains après provocation à l’allergène nasal. Les neurotrophines jouent un rôle essentiel dans les mécanismes de signalisation bidirectionnelle entre les cellules immunitaires et les structures du réseau neurosensoriel dans les voies respiratoires et la peau. Le prurit et l’hyperréactivité des voies respiratoires, deux caractéristiques majeures de la dermatite atopique et de l’asthme, respectivement, sont associés à la perturbation des activités du réseau neurosensoriel [Manti S, Brown P, Perez MK, Piedimonte G. The Role of Neurotrophins in Inflammation and Allergy. Vitam Horm. 2017;104:313-341. doi: 10.1016/bs.vh.2016.10.010.].
[21]. Le facteur de croissance nerveuse (NGF) est une neurotrophine qui joue un rôle clé dans l’hypersensibilisation à la douleur, régule le développement et la survie de certains neurones. Le NGF est essentiel au développement du système nerveux sensoriel périphérique et sympathique chez les mammifères. Il a également une action sur le système immunitaire en engendrant une production de cytokines, une dégranulation de mastocytes, des lymphocytes T et B, des monocytes, etc.
[22]. Le facteur neurotrophique dérivé du cerveau, Brain-Derived Neurotrophic Factor (BDNF) est essentiellement impliqué dans la survie, le développement et la fonction des neurones, agissant sur la plasticité synaptique, capacité des connexions entre les neurones à se renforcer ou à s’affaiblir en réponse à l’activité neuronale. [Miao C, Li X, Zhang Y. Effect of acupuncture on BDNF signaling pathways in several nervous system diseases. Front Neurol. 2023 Sep 14;14:1248348. doi: 10.3389/fneur.2023.1248348]. Par ailleurs, le BDNF, comme les autres neurotrophines, sont impliqués dans la physiologie et la physiopathologie de plusieurs maladies des voies respiratoires, des maladies pulmonaires néonatales, des maladies allergiques et inflammatoires, de la fibrose pulmonaire et même du cancer du poumon. Ainsi le BDNF augmente dans l’inflammation des voies respiratoires et dans les maladies allergiques. [Manti S, Xerra F, Spoto G, Butera A, Gitto E, Di Rosa G, Nicotera AG. Neurotrophins: Expression of Brain-Lung Axis Development. Int J Mol Sci. 2023 Apr 11;24(8):7089. doi: 10.3390/ijms24087089.]
[23]. Liang FH, Hou XR, Li LH, Liang X, Lu YW, Yang H, Zhang Y. [Acupoint Injection at « Yingxiang »(LI 20) and « Yintang »(GV 29) May Relieve Nasal Allergic Symptoms Possibly by Down-regulating Expression of Histamine Receptor H 1 and H 4 in Nasal Mucosa of Allergic Rhinitis Rats]. Zhen Ci Yan Jiu. 2018 Apr 25;43(4):231-5.
[24]. Le NF-κB (nuclear factor-kappa B) est une protéine de la superfamille des facteurs de transcription impliquée dans la réponse immunitaire et la réponse au stress cellulaire. Son activation exagérée (en cas de septicémie par exemple) peut provoquer un choc septique. NF-κB est connu aussi pour être un des multiples régulateurs de plusieurs gènes codant des protéines de l’inflammation que l’on retrouve dans diverses pathologies inflammatoires comme : arthrite, maladies inflammatoires de l’intestin, asthme, athérosclérose, et même serait impliqué dans la cancérogenèse.
[25]. La protéine STAT6 (STAT6) est impliquée dans la transcription et la production de l’interleukine (IL)-4. Les cytokines, médiateurs chimiques de l’inflammation, sont des peptides messagers intercellulaires qui jouent un rôle important dans la régulation de la fonction des éosinophiles. L’interleukine-4 régule l’activité des lymphocytes du groupe de différenciation (CD4) en particulier et active également les neutrophiles. Le facteur de transcription de L’IL-4, le STAT6, est essentiel donc à la différenciation des cellules Th2 en régulant les réactions dans l’inflammation allergique.
[26]. L’oxyde nitrique synthase inductible (iNOS) est impliqué dans la production d’oxyde nitrique (NO), qui augmente le mouvement mucociliaire de la muqueuse paranasale. La forme inductible se trouve dans les macrophages et fait partie du système immunitaire. Elle est capable de programmer l’apoptose des cellules. NO dans les macrophages sert de médiateur pour la réponse immunitaire. La concentration en iNOS est normalement très faible, mais sera très augmentée lors d’une agression de l’organisme par un agent extérieur, déclenchant un mécanisme d’inflammation, une production de cytokines.
[27]. Jung D, Lee S, Hong S. Effects of acupuncture and moxibustion in a mouse model of allergic rhinitis. Otolaryngol Head Neck Surg. 2012 Jan;146(1):19-25.
[28]. L’interleukine-1 (IL-1) est une cytokine pro-inflammatoire qui possède de multiples fonctions au sein de la réponse immunitaire. Cependant, une production incontrôlée de cette cytokine peut contribuer à l’apparition et/ou au développement de nombreuses maladies de type auto-inflammatoire. De même le facteur de nécrose tumorale (TNF α) fait partie aussi de ces cytokines impliquées dans l’inflammation.
[29]. Zheng XL, Tian YP, Luo HY, Zhao YD, Liu XY, Jiang Y, Ma CX, Wang MJ, Liu M. [Effect of Warm Acupuncture on the Levels of Serum Immunoglobulin E, Interleukin-1 β and Tumor Necrosis Factor-α in Rats with Allergic Rhinitis]. Zhen Ci Yan Jiu. 2018 Jan 25;43(1):35-8.
[30]. Les lymphocytes T régulateurs (Tr ou Treg) sont une sous-population de lymphocytes T CD4+ ayant la propriété d’inhiber la prolifération d’autres lymphocytes T effecteurs et maintiennent la tolérance immunitaire en traitant les réponses immunitaires excessives comme les allergies.
[31]. Wang Y, Hou XR, Li LH, Zhang Y, Yang H, Liang X, Lu YW. [Acupoint injection improves allergic rhinitis by balancing Th17/Treg in allergic rhinitis rats]. Zhen Ci Yan Jiu. 2019 Apr 25;44(4):276-81.
[32]. Le neuropeptide Y est localisé avec la noradrénaline dans le système nerveux sympathique et donc est un puissant vasoconstricteur. Il inhibe également la libération de neurotransmetteurs parasympathiques (acétylcholine et peptide vasoactif intestinal (VIP) entraînant donc une action antisécrétoire digestive, en bloquant le peptide vasoactif intestinal.
[33]. L’interféron gamma (ou IFNγ) est une cytokine essentielle à l’immunité innée et adaptative contre les infections virales avec des propriétés antivirales, immunorégulatrices et antitumorales. Les cellules T auxiliaires de type 1 (Th1) sécrètent l’IFNγ, qui provoque la différenciation d’un plus grand nombre de cellules CD4+ indifférenciées (cellules Th0) en cellules Th1.
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[37]. Le Toll Like Receptor 4 (TLR 4) activé conduit à une voie de signalisation intracellulaire NF-κB et à la production de cytokines inflammatoires, responsables de l’activation du système immunitaire inné. TLR4 interagit avec le facteur de différenciation myéloïde 88 (MyD88) qui est indispensable pour la résistance humaine aux infections virales courantes…
[38]. La protéine activatrice 1 (AP-1) est impliquée dans la régulation de l’expression de gènes impliqués dans la réponse à divers stimuli, comme les cytokines, facteurs de croissance, stress et infections virales ou bactériennes.
[39]. Zhou YL, Zhang Q, Wang YJ, Hou XR, Zhou KA, Li LH. [Acupoint injection ameliorates Th1/Th2 imbalance through Toll-like receptor 4/activator protein-1 signal pathway and improves inflammatory response in rats with allergic rhinitis]. Zhen Ci Yan Jiu. 2023 Apr 25;48(4):366-71.
[40]. Les cellules T CD4+ naïves peuvent être différenciées en sous-populations distinctes, les cellules Th1 et Th2, sur la base de leurs profils de cytokines production. De manière générale, les cellules Th1 produisent de l’IL-2, de l’IFN-γ et du TNF-β qui sont principalement responsables de l’immunité à médiation cellulaire ou de l’hypersensibilité de type retardé alors que les cellules Th2 produisent IL-4, IL-5, IL-10 et IL-13 qui sont principalement impliqués dans l’immunité humorale. Le déséquilibre des réponses des cellules Th1/Th2 pourrait être une cause principale de maladies infectieuses, maladies allergiques et auto-immunes.
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[43]. La transduction de signal PI3K/Akt joue un rôle charnière dans l’homéostasie cellulaire, le développement neurologique, le métabolisme et d’autres processus. Elle régule différents aspects du développement cellulaire comme l’apoptose, la progression du cycle cellulaire et la différenciation cellulaire. Les récepteurs Trk ont une activité kinase intrinsèque et se dimérisent lors de la liaison du ligand dimérique de la neurotrophine. Trois récepteurs Trk ont été identifiés : TrkA, B et C. TrkA interagit spécifiquement avec le NGF, tandis que TrkB se lie à la fois au BDNF et au NT-4. TrkC est le récepteur spécifique du NT-3.
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[55]. Le ganglion ptérygopalatin (ou sphénopalatin), également appelé ganglion de Meckel, est situé derrière la cavité nasale, dans la fosse ptérygo-palatine. Ce ganglion contient des fibres nerveuses du système nerveux autonome reliées aux nerfs crâniens et qui innervent les cavités nasale et orale (ou buccale), ainsi que les glandes lacrymales et la partie supérieure du larynx. Il est responsable également de l’innervation parasympathique du lobe pariétal.
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[87]. Les points « Etoiles célestes » ont été tout d’abord onze décrits par Ma Dan Yang (1123-1183) dans sa « chanson des onze points Etoiles célestes ». Ces points sont considérés comme les points les plus importants et les plus utilisés en pratique clinique car capables, selon les Classiques, de traiter la plupart des pathologies. Le douzième point taichong (F3) a été rajouté sous la dynastie Ming (1368-1644) par Xu Feng Zhuan dans son « Classique du Dragon de Jade ». Aujourd’hui on les retrouve dans le classique Zhenjiu Dacheng (针灸大成) daté de 1601. Les points sont : E36 zusanli, E44 neiting, GI11 quchi, GI4 hegu, V40 weizhong, V57 chengshan, F3 taichong, V60 kunlun, VB30 huantiao, VB34 yanglingquan, C5 tongli, P7 lieque.
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Cathédrale de Lausanne (XII- XIIIe) – Vue sur le lac Léman – Suisse
Brouillard dans la baie de Hạ Long, Thành phố Hạ Long, Quảng Ninh, Vietnam
Résumé : Introduction. L’objectif de ce travail est d’évaluer la possibilité d’utiliser l’acupuncture et l’électroacupuncture dans la prévention des migraines, autant pour la crise que dans le traitement de fond. Méthodes. Deux études de cas clinique de migraines permettent d’étudier le protocole de traitement selon la différenciation des syndromes (bianzheng) mais surtout en utilisant la piqûre miu applicable aux méridiens jingbie, l’électroacupuncture et la chronoacupuncture (théorie des points saisonniers et celle des ziwuliuzhu). Après un rappel de la physiopathologie selon la Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC) et celle de la médecine expérimentale, un état des lieux des méta-analyses et des essais comparatifs randomisés (ECR) est réalisé. Résultats. L’acupuncture peut être utilisée seule ou en association avec le traitement classique dans le cadre de la médecine intégrative. Selon les preuves issues des méta-analyses, des ECR et même des recommandations d’experts, on peut considérer sa contribution utile, efficace et sans effets indésirables. Conclusion. L’utilisation de l’acupuncture dans la prévention des migraines peut être proposée avec un grade A de preuve scientifique établie selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé française (HAS). Mots clés : Acupuncture – migraines – électroacupuncture – neurologie – jingbie – chronoacupuncture – ziwuliuzhu.
Summary:Introduction. The objective of this work is to evaluate the possibility of using acupuncture and electroacupuncture in the prevention of migraines, both for the crisis and in the background treatment. Methods. Two clinical case studies of migraines make it possible to study the treatment protocol according to the differentiation of syndromes (bianzheng) but especially by using the miu sting applicable to jingbie meridians, electroacupuncture and chronoacupuncture (seasonal point theory and that of ziwu liuzhu). After a review of the pathophysiology according to Traditional Chinese Medicine (TCM) and that of experimental medicine, an inventory of meta-analyzes and randomized controlled trials (RCTs) is carried out. Results. Acupuncture can be used alone or in combination with conventional therapy in integrative medicine. Evidence from meta-analyzes, RCTs and even expert recommendations can be considered useful, effective and without adverse effects. Conclusion. The use of acupuncture in the prevention of migraines can be proposed with a grade A of scientific evidence established according to the recommendations of the French High Authority of Health (HAS). Key words: Acupuncture – migraines – electroacupuncture – neurology – jingbie – chronoacupuncture – ziwu liuzhu.
Introduction
La migraine est une maladie neurologique dont la prévalence est estimée chez l’adulte de 18 à 65 ans, entre 12 et 15 % de la population mondiale, avec une prédominance féminine de trois femmes pour un homme [[1]]. Elle se traduit par la survenue des céphalées se répétant régulièrement plus ou moins associées à d’autres symptômes (intolérance à la lumière et aux bruits, nausées/vomissements). La sévérité des crises peut entraîner un retentissement socioprofessionnel important avec des arrêts maladies itératifs. Existent deux principales formes de crises migraineuses : avec ou sans aura. La plus habituelle des migraines est celle sans aura. Il s’agit de douleurs importantes qui durent entre quatre et soixante-douze heures sans traitement. Deux des quatre caractères suivants sont nécessaires pour parler de migraine : prédominance d’une douleur unilatérale (hémicranie), pulsatile, d’intensité modérée (gênant les activités habituelles) à sévère (nécessité de se coucher dans l’obscurité et le silence) et céphalée aggravée par le mouvement (montée ou descente d’escaliers par exemple).
Typiquement, la migraine s’accompagne de nausées et/ou vomissements et/ou d’une photophobie et phonophobie. La maladie migraineuse se définit aussi par la répétition des crises, au moins cinq.
Migraine avec aura
La céphalée peut être précédée ou s’accompagne d’un trouble neurologique transitoire entièrement réversible, l’aura. Typiquement, ce sont des troubles visuels, mais aussi sensitifs, associés ou non à des troubles du langage (dysarthrie). Dans 90% des cas, les troubles visuels sont une perte de vision ou vision trouble associée ou pas à la présence de phosphènes avec taches brillantes ou formes géométriques. Plus rarement, on peut observer des paresthésies ou des engourdissements d’une main ou de la face, ou encore de difficultés à s’exprimer. Cela s’installe généralement lentement, en quelques minutes et cela peut durer moins d’une heure. D’autres sous-types de migraines plus rares avec aura ont été observés, comme la migraine hémiplégique familiale, la migraine basilaire et même des auras migraineuses sans céphalée [[2]].
Généralement, la durée de la crise ne dépasse pas six heures grâce au traitement et peut être raccourcie par les traitements. La fréquence des crises peut varier de quelques épisodes par an à plusieurs par mois, générant des douleurs plus de quinze jours par mois. Entre chaque crise, la rémission des symptômes est totale, tout au plus peut persister quelques jours de fatigue et une légère céphalée.
Il faudra faire le diagnostic différentiel avec la céphalée de tension qui engendre une douleur plus diffuse, bilatérale, continue et non pulsatile, à type de sensation de compression, d’étau, d’intensité peu ou moyennement forte et sans signes digestifs associés ou d’intolérance au bruit. Elle est plus répandue que la migraine. A noter qu’une personne migraineuse peut avoir des céphalées de tension entre deux crises.
Les facteurs déclenchants
Le caractère héréditaire est connu depuis le 19e siècle, surtout pour les migraines avec aura. Par ailleurs depuis 2010, plus d’une douzaine de gènes de susceptibilité à la migraine ont été identifiés qui codent notamment des protéines impliquées dans la régulation glutamatergique. Ainsi dans le cas de la migraine hémiplégique familiale (avec aura par déficit moteur associé à des signes sensitifs, visuels ou troubles du langage), on a découvert en 1993 que l’hérédité de la maladie est monogénique, en rapport avec une mutation génique sur le chromosome 19 avec implication des canaux calciques. La transmission de la maladie est autosomique dominante, signifiant qu’une personne malade a 50% de risque de transmettre la mutation à chacun de ses enfants [[3]].
Néanmoins, ce sont surtout des facteurs internes ou externes qui sont davantage impliqués dans le déclenchement de la crise. Tous ces facteurs ont en commun un changement de rythme ou d’état. Cela peut être engendré par un changement qu’il soit émotionnel (stress ou émotions agréables), physique (surmenage ou relâchement du dimanche par exemple), hormonal (chez les femmes, la chute des taux d’œstrogènes en période menstruelle déclenchant la migraine cataméniale), climatique (chaleur ou froid, vent violent), sensoriel (lumière ou odeur désagréable), ou bien une diététique inadaptée par un repas trop lourd, une prise d’alcool, un repas oublié..), des troubles du sommeil soit par dette, soit par excès, etc.
En identifiant et en évitant certains de ces facteurs, les crises peuvent être ainsi réduites.
Les mécanismes physiopathologiques
La migraine est due à une excitabilité neuronale anormale, liée dans certains cas à une prédisposition génétique, le tout pouvant être modulée par les facteurs environnementaux. La compréhension des mécanismes impliqués dans les différents symptômes des crises n’est pas complète. On sait que dans la prédisposition génétique, les mutations au niveau de trois gènes différents des canaux ioniques CACNA1A, ATP1A2 et SCN1A peuvent être causales. Des études fonctionnelles de ces mutations ont montré qu’elles peuvent entraîner une régulation défectueuse de la neurotransmission glutamatergique et déséquilibre excitateur/inhibiteur au niveau du cortex cérébral avec augmentation du potassium et du glutamate dans la fente synaptique. Cela conduit donc à une hyperexcitabilité neuronale, une dépression corticale envahissante qui engendre la création d’une vague de dépolarisation. Celle-ci est considérée comme impliquée dans les mécanismes d’initiation des migraines à prédisposition génétique mais aussi celles avec aura. Par l’imagerie par résonnance magnétique, on observe ainsi une légère diminution du débit sanguin cérébral pouvant expliquer les troubles neurologiques visuels, sensitifs, de langage, ou même l’état d’asthénie réactionnelle. De nombreux autres gènes responsables ont été découverts comme le KCKN18, PRRT2, CSNK1D, etc. La recherche continue qui pourrait se traduire pour ces patients par des traitements ciblés.
La physiopathologie de la migraine à proprement parlé est partiellement comprise, mais on pense qu’elle peut être provoquée par l’activation du système trigéminovasculaire qui comprend les nerfs trijumeaux innervant les méninges et les vaisseaux sanguins intracrâniens. La crise de migraine résulterait de l’activation des nocicepteurs innervant les vaisseaux sanguins crâniens, transmettant un signal aux neurones bipolaires trijumeaux, puis relayé aux zones thalamique et corticale, produisant ainsi la sensation de douleur. Ce sont les neuropeptides vasoactifs tels la substance P, le peptide lié au gène de la calcitonine (CGRP) et l’oxyde nitrique, libérés par les nocicepteurs eux-mêmes qui vont conduire à une vasodilatation au niveau des méninges et une inflammation neurogène puis sensibilisation centrale du tronc cérébral par libération de neuromédiateurs inflammatoires, ce qui contribue au déclenchement et au maintien du circuit douloureux [[4]].
La thérapeutique
La prise en charge de la migraine repose bien sûr sur l’éviction des facteurs déclenchants, le traitement des crises et éventuellement leur prévention par une thérapeutique de fond quotidienne.
Pour limiter la sévérité et la durée de la crise, le traitement devra être pris le plus tôt possible, dès les prodromes. On préconisera le traitement de fond pour diminuer la fréquence des crises et sera prescrit de ce fait en cas de crises fréquentes et invalidantes avec consommation excessive d’antalgiques.
La crise
Pour le traitement de crise, deux classes thérapeutiques sont préconisées :
non spécifique : anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ou aspirine (grade A de preuve scientifique établie selon l’HAS[1] ou paracétamol seul (Grade C de faible niveau de preuve scientifique) en cas de crise légère à modérée ;
soit spécifique (triptan ou dérivé ergoté, dihydroergotamine en spray (grade A) ou ergotamine (Grade B de présomption scientifique), en cas de crise sévère d’emblée ou résistant aux AINS.
Quelle que soit l’option, il ne faut pas dépasser huit jours de prise par mois pour éviter l’abus médicamenteux. Les antalgiques opiacés (codéine, tramadol, morphine et autres opioïdes forts) ne doivent pas être utilisés en raison du risque de surconsommation, voire d’addiction, sans oublier qu’ils peuvent entraîner une céphalée chronique en raison de l’abus médicamenteux (AE)[2].
Les triptans, traitements spécifiques de la migraine sont des agonistes des récepteurs sérotoninergiques 5HT1B/D et inhibent l’inflammation neurogène et la vasodilatation en agissant sur le système trigéminovasculaire. Chez l’animal, le zolmitriptan par exemple, grâce à son activité agoniste sur les récepteurs 5-HT1, induit une vasoconstriction et une inhibition de la libération du peptide lié au gène de la calcitonine (CGRP), du peptide vasoactif intestinal (VIP) et de la substance P. Ces deux effets (vasoconstriction et inhibition de la libération de neuropeptides) sont vraisemblablement à l’origine de l’amélioration des crises de migraine. Ils sont contre-indiqués néanmoins en cas d’antécédent de pathologie cardiaque ischémique (infarctus du myocarde, angor, accident vasculaire cérébral, etc.) ou d’accident ischémique transitoire (AIT), de syndrome de Wolff-Parkinson-White, d’hypertension artérielle quelque soit le niveau d’intensité et à éviter également en présence de facteurs de risque ischémique (tabagisme, hyperlipidémie, diabète, hérédité). Les effets indésirables sont habituellement transitoires, apparaissent en début de traitement et disparaissent spontanément touchant essentiellement le système nerveux (sensations anormales ou troubles des sensations, étourdissements, céphalées, hyperesthésie, paresthésie, somnolence, sensation de chaleur, asthénie, sensation d’oppression, myalgies, etc.) et la sphère gastro-intestinale avec les douleurs abdominales, nausée, vomissement, sécheresse buccale, dysphagie.
D’autres traitements de crise spécifiques et non vasoconstricteurs sont à l’étude comme les gépans (antagonistes de la CGRP) ou les ditans (agonistes sérotoninergiques 5HT1F, dérivés des triptans).
Prophylaxie de la migraine
Elle repose sur l’analyse des crises (fréquence, intensité, sévérité, retentissement sur la qualité de vie) et de la consommation médicamenteuse (> 6 à 8 prises mensuelles depuis 3 mois, même efficaces).
Donc, si les crises sont très fréquentes (au moins deux par mois), longues, intenses, mal soulagées, le traitement de fond peut s’envisager. Le délai d’action est de quatre à six semaines et son objectif est la diminution de la fréquence ou de l’intensité des crises. La suppression complète des crises est exceptionnelle.
Aucune molécule n’a démontré de supériorité en termes d’efficacité par rapport aux autres (grade A). En tenant compte des contre-indications et des effets indésirables, on pourra utiliser en première intention les bêtabloquants (propranolol, metoprolol), le topiramate ou l’amitriptyline. En seconde intention les antisérotoninergiques : l’oxétorone ou le pizotifène et en dernière intention la flunarizine [1] qui ont pour effets indésirables surtout la somnolence, la prise de poids, voire les manifestations extrapyramidales.
Il est possible aussi d’utiliser la stimulation magnétique transcrânienne ou stimulation du grand nerf occipital qui fait également leurs preuves chez certains patients. Les impulsions magnétiques modifient le fonctionnement électrique des neurones et préviennent la migraine [[5]].
La Haute Autorité de Santé française propose aussi les approches non pharmacologiques. La relaxation-sophrologie, le rétrocontrôle biologique (biofeedback) et les thérapies cognitives et comportementales de gestion du stress ont fait preuve d’efficacité (grade B). On peut en faire bénéficier certains patients en fonction de leur profil psychologique. De même, l’acupuncture peut-être proposée [1,2,[6]] surtout si le migraineux ne souhaite pas de traitement de fond médicamenteux. Les autres approches non-pharmacologiques (homéopathie, ostéopathie…), par contre n’ont pas fait la preuve de leur efficacité et de leur intérêt dans le traitement de fond de la migraine.
Mme MS est revue dix jours après. Elle a souffert d’une céphalée latente pendant les deux à trois jours qui ont suivi la séance, puis disparition des migraines. Le même traitement est appliqué mais allégé par la suppression des points taichong 3F, hegu 4GI, baihui 20V, sanyinjiao 6Rt et yinlingquan 9Rt droit remplacé par le yinbai 1Rt droit (point saisonnier en été). Elle est à nouveau revue fin août, lors de la 5e saison. Le pyrosis a nettement diminué et elle n’a eu que deux migraines. La piqûre miu est continuée avec le jiexi 41E et dadu 2Rt points de tonification saisonniers du couple des jingbie atteints à droite stimulé par EA à 2Hz.
Le 8 novembre, soit deux mois après la précédente séance, elle est revue à nouveau : trois jours de migraines sur cette période. La piqûre miu est encore appliquée : les nouveaux points de tonification saisonniers en automne : zusanli 36E (EA à 2Hz bilatéralement) et taibai 3Rt droit. Mme MS est globalement satisfaite surtout qu’elle a d’elle-même diminué de vingt mg l’ésoméprazole, le pyrosis s’étant bien estompé.
Une migraine temporale
En cas de crise migraineuse, M. SLM prend un triptan (frovatriptan) et/ou un AINS. Le traitement de fond : propranolol à la dose d’½ comprimé matin et ¼ soir, mais en vain car les migraines sont quasi constantes et nécessitent un alitement au moins une à deux fois par semaine. Âgé de trente-cinq ans, il subit ces migraines temporales gauches ou droites depuis l’âge de vingt ans, pouvant entraîner des arrêts de travail itératifs chez cet enseignant anxieux. Sportif, il a été obligé de ralentir ses activités ; de même il évite d’être trop longtemps devant les écrans ou de se coucher tardivement. Il est de corpulence normale avec une IMC à 24,7 pour un poids de 81kg. Il présente souvent des colopathies spasmodiques. Il est allergique aux acariens et du fait d’une myopie a bénéficié d’une chirurgie réfractive de l’œil. Son sommeil est perturbé avec difficulté d’endormissement. Il se réveille très fréquemment le matin, la vue trouble et accompagnée d’une hémicrânie souvent gauche qui va durer toute la journée associée à des nausées. Lors de la première consultation le 11 janvier 2017, il n’est pas en crise mais est resté alité trois jours durant les vacances scolaires et se sent fatigué. La langue est à bords rouges. Les pouls sont faibles (ruo) et profonds (chen), sans doute rapides (shuo) mais ininterprétables du fait de la prise du bêtabloquant (propranolol). Le Vide de yin des Reins peut engendrer des céphalées déclenchées et aggravées par l’anxiété et peuvent se manifester sur le trajet du méridien du zushaoyang (Vésicule Biliaire)quand un yang de Foie est extériorisé. Le traitement a consisté donc à agir sur le Vide de yin des Reins pour éviter l’élévation du yang de Foie : baihui 20VG, shenshu 23V, taixi 3R, zhaohai 6R (EA à 2Hz), fengchi 20VB (EA à 2Hz), taiyang (PEM), shuaigu 8VB, jiaosun 20TR, xuanzhong 39VB (EA à 2Hz), yanglingquan 34VB (EA à 2Hz). Les aiguilles sont identiques au cas précédent, de même l’appareil d’électroacupuncture.
Il est revu huit jours après, expliquant que la séance précédente avait déclenché une grosse migraine gauche avec aura le lendemain ayant perduré deux à trois jours ; puis, quatre jours sans. Le même traitement est appliqué. Il est à nouveau revu le deux mars 2017, en début de d’hémicrânie gauche accompagnée de quelques nausées. Durant cette période d’un mois et demi, il a bénéficié de quinze jours sans aucune migraine. Il a même repris la course à pied. Les bords de la langue sont toujours rouges, le corps rouge. Les pouls sont tendus (xian). Un traitement de la crise est entrepris utilisant la piqure miu du méridien atteint zushaoyang, un des deux méridiens atteints du couple yin-yang (Foie-Vésicule Biliaire). Sont puncturés et laissés en place pendant 20 mn à droite les points jing : dadun 1F et zuqiaoyin 44VB ; les points shu bilatéralement : taichong 3F et zulinqi 41VB (en EA à la fréquence de 2Hz en alternance avec celle de 100Hz (2/100 Hz) ; durée d’impulsion 0,3ms pendant 20mn) ; les points de tonification saisonniers (printemps) du jingbie zushaoyang atteint à gauche ainsi que celui du méridien couplé zujueyin : xiaxi 43VB et ququan 8F ; les points « ashi » temporaux gauches douloureux ici au taiyang, tianchong 9VB et shuaigu 8VB ; les points de jonction : qugu 2VC et tongziliao 1VB ; fengchi 20VB (EA à 2/100Hz) et xuanzhong 39VB (EA à 2/100Hz). Il est revu deux fois de suite à huit jours, puis trois autres à quinze jours d’intervalle. Un traitement similaire est toujours appliqué en tenant toujours compte de la latéralité de la dernière crise, de la théorie des points saisonniers mais aussi de celle des ziwu liuzhu[5][7] mais avec une EA à la fréquence de 2Hz, du fait qu’il ne sera plus vu en période de crise. Revu fin mai, il signale cinq crises gauches durant cette période de trois mois, mais sans aura et avec juste un état nauséeux supportable. Durant l’été et jusque fin août, il subit plusieurs hémicrânies droites, dont une avec trouble de la vue, mais très nettement supportables. Il a perdu du poids : 73kgs et s’est remis de manière régulière à la course à pied. Il déclare être très satisfait : il est passé de migraines quasi quotidiennes à une à deux migraines par mois très nettement gérables. Il est préconisé de réaliser une séance par mois.
Discussion
Ces deux cas cliniques parmi tant d’autres, objectivent que l’acupuncture a toute sa place dans l’arsenal thérapeutique de la migraine comme le préconisent autant la Société Française d’Étude des Migraines et des Céphalées (SFEMC) que les organismes de santé d’État (HAS, INSERM) [1,2,6]. Notons cependant l’ambiguïté de SFEMC qui sur leur site grand public mentionne que l’acupuncture peut être proposée alors que dans leurs recommandations, elle signale que les données de la littérature ne sont pas concluantes [[8]]. D’autre part, leurs recommandations initialement élaborées à la demande de la HAS, ont été totalement récusées par ce même organisme du fait que la majorité des membres du groupe de travail déclarait des liens d’intérêt importants avec les laboratoires pharmaceutiques. La SFEMC avait donc décidé de produire en son nom propre ces recommandations [[9]]. Malgré tout, les données de la médecine factuelle ont permis en 2021 que les recommandations de la SFEMC évoluent favorablement en faveur de l’acupuncture [[10]]. Ainsi à la question : quelle est l’efficacité de l’acupuncture dans la prévention de la migraine ? La réponse : « l’acupuncture peut être efficace par rapport au placebo dans la prophylaxie à court terme de la migraine épisodique (niveau de preuve moyen), et présente une efficacité similaire et moins d’effets secondaires que de nombreux agents pharmaceutiques standards. Les études à long terme de l’acupuncture dans la migraine épisodique et dans la migraine chronique font défaut ».
Tout d’abord, voyons les mécanismes physiopathologiques de l’action de l’acupuncture dans les migraines ? Puis dans un second temps, quelles sont les preuves apportées par les méta-analyses et essais comparatifs randomisés (ECR) ? Enfin, dans un troisième temps, on discutera de la physiopathologie selon la médecine chinoise et de la thérapeutique acupuncturale.
Mécanismes physiopathologiques de l’acupuncture ou de l’électroacupuncture
Action sur la dépression corticale envahissante
L’électroacupuncture agirait sur la dépression corticale envahissante et sur la concentration en peptide lié au gène de la calcitonine plasmatique (CGRP) et en substance P (SP). En effet, l’EA à une fréquence alternée de 2/100Hz appliquée sur les points yanglingquan (34VB) et taichong (3F) bilatéralement lors d’une provocation d’une crise migraine par injection de 3mmol/L de KCl dans le cortex cérébral de rats randomisés en trois groupes (N=30) témoin, modèle de rats migraineux et EA, supprime de manière statistiquement significative (p<0,01) la dépression corticale envahissante versus groupe modèle. De même, les taux plasmatiques de CGRP et de SP diminuaient considérablement dans le groupe EA versus groupe modèle et groupe témoin (respectivement p<0,05 ; p<0,001), suggérant de ce fait un effet inhibiteur de l’EA sur les substances provoquant la douleur [[11]].
Inhibition du système trigéminovasculaire et de l’inflammation neuronale
Une autre étude montre que les effets anti-nociceptifs de l’EA dans la migraine seraient associés au récepteur cannabinoïde de type 1 (CB1)[6][[12],[13]]. L’EA interviendrait en inhibant l’inflammation neurogène par un mécanisme impliquant l’activation des récepteurs CB1. Cela a été démontré dans une étude expérimentale sur un modèle de migraine chez le rat induit par la stimulation électrique unilatérale du ganglion du trijumeau (SEGT). L’EA était délivrée sur les points fengchi 20VB et waiguan 5TR à la fréquence 2/15Hz et appliquée tous les jours pendant 30mn au cours des cinq jours précédant la SGET. Les auteurs constataient alors que les concentrations sériques de CGRP et de PGE2 étaient diminuées dans le groupe EA (p<0,001 par rapport aux autres groupes de rats traités uniquement par acupuncture minimale, placebo ou groupe témoin. Par ailleurs, une molécule antagoniste des récepteurs CB1 atténuait cette diminution associée à l’EA, ce qui signifie que des effets anti-inflammatoires de l’EA sont médiés par les récepteurs CB1 dans un modèle de migraine chez le rat [[14]].
Sensibilisation centrale et contrôles inhibiteurs descendants
Le système modulateur de la douleur descendante du tronc cérébral, comprenant la substance grise périaqueducale (PAG), le noyau raphe magnus (NRM) et le noyau trijumeau caudalis (NTC), pourrait être impliqué dans la physiopathologie de la migraine. Quarante rats mâles Sprague-Dawley ont été assignés au hasard à l’un des quatre groupes suivants : un groupe EA (stimulation à une fréquence de 2Hz alternée à celle de 15Hz sur le point fengchi 20VB bilatéralement ; un groupe factice d’acupuncture (SA : acupuncture manuelle sur un non-point d’acupuncture) ; un groupe modèle de migraine témoin sans aucun traitement) ; et un groupe contrôle témoin sans migraine et sans aucun traitement. On observe une augmentation significative du nombre moyen de neurones c-Fos dans les groupes PAG, NRM et NTN dans le groupe modèle de migraine versus groupe témoin (p <0,001) et des troubles du comportement en rapport avec la douleur (figure 1). Tout ceci est significativement atténué par le traitement EA (p<0,001 au niveau immunocytochimique ; p<0,01 pour le comportement). Le prétraitement EA améliore donc un modèle de migraine récurrente chez le rat, sans doute également par modulation des voies descendantes du tronc cérébral [[15]].
Figure 1. Distribution immunocytochimique des cellules positives au c-Fos dans la région grise périaqueducale (PAG) (A) et nombre de cellules positives pour 100 μm² (B) chez 40 rats qui ont subi une implantation d’électrodes suivie d’aucune stimulation (groupe contrôle témoin, n=10) ou stimulation électrique répétée durale (n=30) sans traitement (groupe modèle, n=10), prétraitement par électroacupuncture (groupe EA, n=10) ou un prétraitement d’acupuncture fictif (groupe SA, n=10). Des images représentatives montrent un marquage c-Fos relativement clairsemé dans le groupe témoin (C) et un groupe EA (F) et un marquage c-Fos relativement intense dans le groupe SA (D) et le groupe modèle (E). Barre d’échelle = 200 μm. Les données sont présentées en moyenne ± écart-type. *** p <0,001 vs groupe témoin. ### p <0,001 vs groupe de modèles. ++ p<0,01 par rapport au groupe SA. Aq, aqueduc (Sylvius); Dk: noyau de Darkschewitsch ; dlf, fascicule longitudinal dorsal (Graphique issu de [15], distributed in accordance with the Creative Commons Attribution Non Commercial (CC BY-NC 4.0) license.
Sensibilisation centrale et vasodilatation
Lors de la migraine, on sait que la stimulation des terminaisons nerveuses du trijumeau autour des vaisseaux sanguins provoque la libération de la substance P, de CGRP et autres substances vasculaires actives entraînant sensibilisation centrale et forte vasodilatation, d’où la douleur. La myosine kinase à chaîne légère (MLCK) et la protéine kinase C sont tous deux impliquées dans ce processus de vasodilatation et vasoconstriction. Zhou et coll. ont donc étudié l’effet de l’action de l’acupuncture au point fengchi (20VB) sur l’activation de la MLCK dans l’artère méningée moyenne des rats modélisés pour la migraine. Quarante-quatre rats Sprague-Dawley (SD) femelles en bonne santé ont été répartis au hasard en quatre groupes : le groupe normal témoin, le groupe témoin modélisé (GTM) mais sans traitement, le groupe d’acupuncture fengchi 20VB (après modélisation de la migraine : le fengchi 20VB est puncturé avec recherche du deqi pendant 2mn et maintenu en place pendant 20mn) et le groupe de prévention fengchi 20VB (on puncture d’abord le baihui 20VG avec recherche du deqi pendant 2mn, aiguille laissée en place 20mn puis on déclenche la crise sur ce modèle de migraine par une stimulation électrique). Comparée au groupe normal témoin, l’activation de la MLCK était significativement diminuée dans le groupe GTM (p<0,01), ce qui indique que les migraines aiguës pourraient être associées à une diminution de MLCK en rapport avec le système de signalisation CGRP. Et à la suite de l’action de l’acupuncture autant en prévention qu’en curatif, la MLCK dans l’artère méningée moyenne est statistiquement augmentée (p<0,05), ce qui pourrait indiquer son efficacité dans la prévention et le soulagement des crises de migraine [[16]].
L’acupuncture associée à l’électroacupuncture permettrait donc à la fois d’intervenir sur les crises mais aussi surtout de manière prophylactique.
Une méta-analyse de la bibliothèque Cochrane a confirmé d’ailleurs en 2009 l’effet de l’acupuncture comme traitement prophylactique de la migraine [[17]].
Méta-analyses et essais comparatifs randomisés (ECR)
Sur vingt-deux ECR avec 4419 participants, six avaient démontré que l’acupuncture réduisait versus aucune intervention le nombre de jours de céphalées évalué trois à quatre mois après la randomisation. L’effet s’estompait neuf mois après avoir cessé le traitement. Quatorze ECR montraient que l’acupuncture véritable n’était pas plus efficace que l’acupuncture simulée, factice ou placebo. Quatre études objectivaient que l’acupuncture était un peu plus efficace et surtout avait moins d’effets secondaires que les médicaments habituels indiqués en prévention. Ainsi, les auteurs suggéraient que l’acupuncture devait avoir une place seule ou associée aux soins classiques dans la thérapeutique de la crise ou en prophylaxie du fait de son équivalence au traitement usuel mais surtout sans tous leurs effets secondaires.
Le fait que l’intervention feinte soit aussi efficace que la véritable acupuncture pouvait être difficilement interprétable et liée, selon les auteurs à ce que la localisation du point pourrait être d’une importance limitée. Il est fort possible aussi que cette absence de spécificité soit liée à des interventions factices non inertes et/ou des protocoles d’acupuncture non optimum [[18],[19],[20]][7].
En 2016, la méta-analyse de 2009 était mise à jour avec recherche des ECR jusqu’en avril 2016 [[21]].
Vingt-deux essais étaient inclus (N=4985) avec exclusion de cinq essais précédemment inclus, car incluant des personnes souffrant de migraine depuis moins de 12 mois. En revanche cinq nouveaux ECR étaient inclus. L’objectif de cette nouvelle méta-analyse était triple : déterminer si l’acupuncture est 1- plus efficace que l’absence de traitement prophylactique ou de routine ; 2- plus efficace que l’acupuncture factice (placebo) ; et 3- aussi efficace qu’un traitement prophylactique médicamenteux en vue de réduire la fréquence des céphalées chez les adultes atteints de migraine épisodique.
Acupuncture versus absence d’acupuncture et de traitement préventif
L’acupuncture était associée à une réduction statistiquement significative (p<0,00001) de la fréquence des maux de tête après traitement par rapport à l’absence d’acupuncture (quatre essais, 2199 participants ; différence moyenne standardisée (DMS) -0,56 ; intervalle de confiance IC à 95% de -0,65 à -0,48) ; les résultats étaient statistiquement hétérogènes (Chi²=6,96 P=0,07 ; I²=57% ; preuves de qualité modérée[8]). Après le traitement, la fréquence de réduction de 50% des migraines était réduite chez 41% des participants traités à l’acupuncture et chez 17% des personnes n’ayant pas été traitées à l’acupuncture (risque relatif RR à modèle fixe : 2,40 ; IC à 95% de 2,08 à 2,76 ; 4 études, 2519 participants) ; il n’y avait pas d’indication d’hétérogénéité statistique (Chi²=3,24 P=0,36 ; I²=7%). Malgré cela les auteurs considéraient que ces résultats après traitement fournissaient une preuve de qualité modérée car risque de biais dû au manque d’insu.
Acupuncture versus acupuncture factice
Aussi bien après le traitement (12 ECR, 1646 participants) que lors du suivi (10 ECR, 1534 participants), l’acupuncture était associée à une réduction de la fréquence des migraines par rapport à l’acupuncture factice, statistiquement significative (respectivement p<0,0004) ; p<0,0003). La différence moyenne à modèle standardisée (DMS) est de -0,18 (IC à 95 % de -0,28 à -0,08 ; I²=47% ; P=0,04) après le traitement et -0,19 (IC à 95% de -0,30 à -0,09 ; I²=59% ; P=0,010) lors du suivi. Il existe une grande hétérogénéité signifiant cependant des preuves de qualité modérée. Néanmoins, et c’est la grande différence par rapport à la précédente méta-analyse, c’est que ces données suggèrent également la présence d’un effet de l’acupuncture véritable, comparée au traitement factice même si cet effet est faible.
Acupuncture versus traitement médicamenteux prophylactique
L’acupuncture a réduit la fréquence des migraines de manière statistiquement significative (p<0,0001) comparativement à la prophylaxie médicamenteuse (métoprolol, flunarizine ou recommandations de prévention médicale) (DMS -0,25 ; IC à 95% de -0,39 à -0,10 ; 3 ECR, N=739 ; I²=0% ; P=0,76), mais cette différence ne s’est pas maintenue (p=0,08) lors du suivi (DMS -0,13 ; IC à 95 % de -0,28 à 0,01 ; 3 ECR, N=744). Après trois mois, la fréquence de réduction de 50% des migraines se retrouvait chez 57% des participants traités à l’acupuncture et chez 46 % de ceux recevant une thérapeutique préventive (RR à modèle fixe 1,24 ; IC à 95% de 1,08 à 1,44) et après six mois chez 59% et 54%, respectivement RR 1,11 ; IC à 95 % de 0,97 à 1,26 (figure 2).
Figure 2. 3.2.1 pour au moins 50% de fréquence de réduction des migraines, l’acupuncture est statistiquement plus efficace (p=0,003) versus traitement de fond après 3 mois de traitement ; 3.2.2 : pas d’efficacité significative (p=0,12) à 6 mois [21].
Pas d’hétérogénéité des résultats : I²=0%. Par ailleurs, on remarquait qu’il y avait moins d’effets indésirables chez les patients bénéficiant d’acupuncture. Les auteurs concluaient que l’acupuncture pouvait être considérée comme une option thérapeutique aussi efficace que le traitement à visée prophylactique, surtout chez les personnes ne souhaitant pas ou ne supportant pas le traitement médicamenteux. On peut même rajouter que les données et les conclusions sont en faveur d’une recommandation de l’acupuncture avec un effet spécifique mis en évidence, du fait que l’acupuncture est plus efficace que l’acupuncture factice, placebo.
Les autres méta-analyses
D’autres méta-analyses montrent que l’efficacité à court et à long terme de l’acupuncture est significativement meilleure que celle de la médecine occidentale dans le traitement de la migraine [[22],[23],[24]] ; meilleur effet analgésique pour traiter les crises versus acupuncture factice à 2 h (MD=0,36, IC95% : 0,08 à 0,65, P=0 01 ; à 4h : MD=0,49 ; IC95% : 0,14 à 0,84, P=0,007) [[25]] ; meilleure efficacité de l’acupuncture véritable versus acupuncture factice (risque relatif RR : 0,24, IC 95% 0,15 à 0.38, p <0,0001, quatre ECR) et diminution du taux de récurrence des migraines (RR : 0,47 ; IC à 95% 0,28 à 0,81, p=0,006, deux essais) [[26]]. Concernant l’électroacupuncture, une méta-analyse de 2019 analysant 13 ECR impliquant 1559 patients, a rapporté que l’EA était supérieure (p<0,05) à un traitement placebo en ce qui concerne la fréquence des migraines (versus médecine occidentale, EA simulée ou groupe témoin) (figure 3), et son efficacité clinique (versus la médecine occidentale, EA placebo) selon l’échelle visuelle analogique [[27]].
Figure 3. La fréquence des migraines après EA est plus basse que celle retrouvée avec la thérapeutique occidentale (MD différence moyenne : – 0,98 – IC à 95% = -1,57 à – 0,38) ; p=0,001), mais grande hétérogénéité I²=90%, non retrouvée dans la comparaison entre EA et EA placebo I²=0%, MD : -1,42 – IC 95% = -1,89 à -0,96).
Quoi qu’il en soit et même s’il était démontré que l’acupuncture était aussi efficace que le traitement de fond médicamenteux, on peut noter qu’elle est encore réfutée car considérée par certains comme thérapeutique placebo [[28]]. Cet auteur ne tient compte ni de son efficacité spécifique non expliquée par l’effet placebo seul, ni du peu d’effets secondaires de l’acupuncture, ni des études de coût-efficacité réalisées sur ce sujet surtout en Grande Bretagne qui objective un coût moindre que la thérapeutique usuelle [[29]]. Cependant, Coeytaux et coll. exposent que les effets placebo peuvent contribuer à l’efficacité clinique de l’acupuncture et que dans une perspective d’efficacité purement comparative, les preuves issues des ECR et des méta-analyses démontrent de manière convaincante le rôle potentiellement important de l’acupuncture dans les migraines mais aussi dans les céphalées de tension et autres types de céphalées chroniques [[30]].
Néanmoins, la recherche clinique continue, preuve cet ECR d’avril 2017 qui objective l’effet à long terme de l’acupuncture dans la prophylaxie de la migraine [[31]]. Il s’agit d’un ECR à trois bras comparant électroacupuncture avec recherche du deqi préalable (séance d’EA 2/100 Hz une fois par jour de 30mn pendant 5 jours consécutifs suivis d’une pause de deux jours pendant quatre semaines) par rapport à l’acupuncture factice et un groupe en liste d’attente, réalisé durant 24 semaines (quatre semaines de traitement puis vingt semaines de suivi). Deux-cent-quarante-neuf participants âgés de 18 à 65 ans souffrant de migraine sans aura, avec une migraine survenant deux à huit fois par mois ont été sélectionnés. Les auteurs objectivaient que la moyenne (SD) de la fréquence des crises de migraine différait significativement entre les trois groupes à 16 semaines après la randomisation (p <0,001) avec une réduction plus importante des migraines dans le groupe EA que dans celui de l’acupuncture factice (p=0,002) et dans le groupe EA versus liste d’attente (p<0,001). On peut citer aussi de deux autres ECR plus récents objectivant que l’acupuncture manuelle en prévention offre une réduction des symptômes migraineux à court ou long terme [[32],[33]].
En conclusion, les recommandations de bonne pratique données par un groupe d’experts dans la migraine comparant les thérapeutiques disponibles sont largement en faveur de l’acupuncture dans le monde entier [[34],[35],[36],[37],[38]] y compris depuis 2021 en France avec un niveau fort de recommandations : « Chez les patients souffrant de migraine épisodique et demandant des traitements non-pharmacologiques ou n’obtenant pas une efficacité suffisante avec les traitements pharmacologiques, proposer l’acupuncture comme alternative ou complément à la prophylaxie pharmacologique » [10]. Notons que les auteurs ont établi les recommandations françaises à partir de trois revues systématiques ou méta-analyses internationales [21,[39],[40]].
Quelles sont alors les thérapeutiques acupuncturales usuelles, comment traite-t-on la migraine selon la médecine chinoise ?
Étiopathogénie selon la médecine chinoise
On parle de toutong pour la céphalée (tou signifianttête et tong douleur) et de piantoutong pour la migraine (pian signifiant unilatéral, partiel) [[41]]. D’ailleurs, à part quelques auteurs qui en font la distinction [40,[42],[43]], céphalées et migraines font souvent partie en médecine chinoise de la même entité nosologique [[44],[45],[46],[47],[48],[49],[50],[51]].
En effet, c’est au XVe siècle, que le terme toutong est apparu en distinguant les céphalées d’atteinte externe waigan toutong de celles d’atteinte interne neishang toutong [46] alors que dans le Suwen on parlait essentiellement de « Vent de Foie » ou de « Vent de Cerveau » si atteinte par le Vent (feng) (SW42 : « Des Vents ») [[52]].
Les différents auteurs s’accordent pour distinguer deux types de céphalées selon la différenciation des syndromes (bianzheng) :
– les céphalées aiguës d’étiologie externe waigan toutong par Vent-Froid, Vent-Chaleur ou Vent-Humidité (cela correspondrait aux étiologies fébriles infectieuses comme les états grippaux, les sinusites, etc. et qui ne font pas partie stricto sensu du cadre des migraines) ;
– les céphalées chroniques d’étiologie interne neishang toutong par globalement : Stagnation du qi du Foie, déficience de Rate-Pancréas ou par insuffisance des Reins.
De nombreux sous-syndromes nosologiques d’étiologie interne ont été reconnus : Feu du Foie, excès de yang du Foie, Froid du Foie, Vide des Reins (déficience du yin, déficience du yang), déficience de qi, déficience de Sang, stagnation des Glaires (yin) et Mucosités (tan), Stase du Sang ; etc. [44,48,49,50].
Cependant, en pratique quotidienne, on peut considérer que seuls deux syndromes sont à identifier dans les céphalées chroniques : Stagnation ou Stase du qi du Foie et Vide de Sang et d’Énergie [44,48].
La crise de migraine quant à elle peut être considérée comme des céphalées de type Plénitude en rapport le plus souvent avec le Mouvement Bois (Foie-Vésicule Biliaire) mettant en cause les niveaux shaoyang (TR-VB) et jueyin (MC-F) [40] ou un syndrome de Stagnation du qi du Foie [44,48].
Néanmoins, un autre élément important à prendre en compte est la topographie de la douleur céphalique. Elle pourra établir une correspondance entre Grands Méridiens et collatérales atteints et type de migraine [40,45,46]. Ainsi, classiquement une migraine frontale et sus-orbitaire correspond au yangming (GI-E) ; une localisation occipitale avec irradiations dans le cou correspond au taiyang (IG-V) ; une localisation temporale, c’est une atteinte du shaoyang (TR-VB) ; un siège au sommet du crâne et vers l’œil, on pensera au jueyin (MC-F).
Les points, les protocoles de traitement les méthodes les plus fréquemment utilisés dans les migraines
Le traitement de la pathologie migraineuse devra tenir compte autant du caractère aigu de la crise que de la mise en place du traitement de fond en prévention.
Ainsi dans les cas cliniques présentés, on peut distinguer un traitement de fond, mais aussi quelques traitements en phase de crise. Gourion propose par exemple dans son traitement de fond de tonifier les Reins, de rééquilibrer le couple du Mouvement Bois, de régulariser jueyin, de régulariser le Sang et le shen [40]. Les points utilisés entre autres sont donc : shenshu (23V), jinmen (25VB), taixi (3R), ququan (8F), taichong (3F), yanglinquan (34VB), neiguan (6MC), dadun (1F), xuehai (10Rt), zhiyang (9VG), geshu (17V), zhangmen (13F), zhongwan (12VC) et shenmen (7C). Pendant la crise, il propose des traitements divers en fonction des caractères étiologiques et topographiques de la crise : traitement du jingjin du Méridien de Vésicule Biliaire[9][[53]], traitement du jingbie de Foie-Vésicule Biliaire [[54]], traitement du Grand Méridien jueyin, traitement du Sang, etc.
Maciocia préfère lui parler de traiter la Racine (ben) et la Branche (biao) [50]. Ainsi dans les migraines chroniques, l’élévation du yang de Foie lors d’une crise correspond à la Branche qui elle-même provient d’une Racine en rapport soit avec un Vide de yin des Reins, soit un Vide de Sang du Foie, soit un Vide de yin du Foie, soit un Vide de yang des Reins, soit un Vent interne. Donc il s’agira souvent de traiter le ben en préventif et le biao si crise. Il est proposé ainsi de traiter le biao par fengchi 20VB, baihui 20VG, hegu 4GI et en même temps le ben par taichong 3F, yanglingquan 34VB, xiaxi 43VB, taixi 3R, shenshu 23V, neiguan 6MC, ququan 8F, etc.
On remarquera que de nombreux points sont similaires et même si l’éventail des possibilités thérapeutiques est vaste : Méridiens, niveaux énergétiques des Grands Méridiens, points choisis selon des formules, différenciation des syndromes (bianzheng), il peut être judicieux d’appliquer des protocoles simples comme l’ont proposé certains auteurs [44,48,49]. Le point commun de tous ces protocoles est l’utilisation systématique des points : fengchi 20VB, hegu 4GI et taiyang auxquels il faut rajouter les points souvent locaux.
Il est alors intéressant de connaître les points utilisés au cours des ECR.
Au cours du congrès de la Society for Acupuncture Research (SAR), le Professeur Lixing Liao de Hong-Kong a exposé suite à une revue de littérature d’acupuncture médicale chinoise qu’au cours de dix dernières années le choix des points utilisés en Chine était le plus souvent basé sur l’identification des syndromes selon la théorie des Méridiens (41%), les formules (15%), les organes-entrailles (zangfu 臟腑 [脏腑]) (7%) qui correspond à la différenciation des syndromes (bianzheng), et enfin les six niveaux qui correspond au concept des niveaux énergétiques des Grands Méridiens (2%). Par ailleurs, six études sur dix appliquent un protocole fixe stéréotypé [[55]].
On constate ainsi dans le tableau I ci-dessous concernant les ECR ayant fait preuve d’une efficacité dans les migraines que les auteurs utilisent toutes les possibilités de traitement. Mais effectivement il en ressort que la théorie des méridiens obtient davantage les faveurs des auteurs avec 36% des ECR. On vérifie d’autre part que les points les plus utilisés sont : fengchi 20VB, hegu 4GI et baihui 20VG, confirmant le dénominateur commun à tous les traitements.
Tableau I. Les points et les méthodes les plus utilisées dans les principaux ECR ayant objectivé une efficacité.
Points choisis selon la théorie des Méridiens
Xu 2020 [32]
Acupuncture manuelle avec puncture bilatérale selon formule de base : hegu (4GI), taichong (3F), taiyang (EX-HN5), fengchi (20VB), shuaigu (8VB) et points additionnels selon le théorie des méridiens : touwei (8E) si migraine correspondant au méridien yangming ; tianzhu (10V) si migraine sur le territoire du taiyang ; baihui (20VG) pour migraine type jueying.
Zhao 2017 [30]
EA sur quatre points : 20VB et 8VB systématiquement et les deux autres points choisis en fonction de la différenciation de l’atteinte du méridien lors de la migraine : 5TR, 34VB, 60V, 3IG, 4GI, 44E, 3F et 40VB
Selon la différenciation des syndromes (bianzheng) ; en cas d’attaque par les énergies perverses : 20VB, 8E, EX-HN5 (taiyang), plus 8VB, 12V, 60V dans le syndrome de Vent-Froid ; et 5TR et 14VG dans le syndrome Vent-Chaleur, et 40E, 6Rt et 12VC dans le syndrome Vent-Humidité. Pour les syndromes internes : a) hyperactivité des points d’acupuncture yang du Foie : 8VB, 20VB, 38VB, 8E, 3F, 4F, EX-HN5 ; b) obstruction du réchauffeur moyen en raison de Glaires-Humidité : 8E, 40E, 9Rt, 23VC, 12VC, EX-HN5 ; c) Vide de jing de Rein : 12VB, 20VB, 10V, 12V, 23V, 3R ; stagnation du qi et du Sang : 8VB, 20VB, 6Rt, 10Rt, 3F, EX-HN5, plus points ashi sur le méridien de VB
20VB, taiyang, 8VB, 4GI pour tous et points supplémentaires selon les bianzheng 20VG, 2F, 3F, 3R, 39VB, 6Rt
Musil 2018 [31]
Selon la différenciation des syndromes (bianzheng) :Excès de yang du Foie : 20VB (fengchi), taiyang, 8VB (shuaigu) et les points optionnels : baihui (20VG), xingjian (2F), taichong (3F), taixi (3R), xuanzhong (39VB), sanyinjiao (6Rt) ; Vide de Sang et d’Énergie : hegu (4GI) et les points optionnels : baihui (20VG), shangxing (23VG), zusanli (36E), sanyinjiao (6Rt) ; Stagnation des glaires par attaque du Vent : fenglong (40E), zhongwan (12VC), yinlingquan (9Rt) , Stase du Sang : sanyinjiao (6Rt), xuehai (10Rt) et points ashi
Traitement selon le concept des niveaux énergétiques des Grands Méridiens
1) groupe de traitement avec atteinte spécifique à shaoyang : 5TR, 34VB, 40VB, 20VB ; groupe 2) groupe de traitement avec atteinte non spécifique à shaoyang : 19TR, 8TR, 33VB, 42VB ; groupe 3) groupe de traitement avec atteinte spécifique à yangming : 8E, 6GI, 36E, 42E. Électroacupuncture sur tous les points
Les points obligatoires inclus 20VG (baihui), 24VG (shenting), 8E (touwei), 8VB (shuaigu) et 20VB (fengchi). Selon différents syndromes des Grands Méridiens, les points supplémentaires pourraient être choisis individuellement : 5TR (waiguan) et 34VB (yanglingquan) pour la migraine de type shaoyang (TR-VB) ; 4GI (hegu) et 44E (neiting) pour la migraine yangming (GI-E) ; 60V (kunlun) et 3IG (houxi) pour les migraines taiyang (IG-V) ; 3F (taichong) et VB40 (qiuxu) pour l’atteinte jueyin (MC-F) ; 6MC (neiguan) si nausées et vomissements ; et 3F en cas de troubles de l’humeur ou susceptibilité à la colère.
Les points obligatoires inclus 20VG (baihui), 24VG (shenting), 8E (touwei), 8VB (shuaigu) et 20VB (fengchi). Selon différents syndromes des Grands Méridiens, les points supplémentaires pourraient être choisis individuellement : 5TR (waiguan) et 34VB (yanglingquan) pour la migraine de type shaoyang (TR-VB) ; 4GI (hegu) et 44E (neiting) pour la migraine yangming (GI-E) ; 60V (kunlun) et 3IG (houxi) pour les migraines taiyang (IG-V) ; 3F (taichong) et VB40 (qiuxu) pour l’atteinte jueyin (MC-F) ; 6MC (neiguan) si nausées et vomissements ; et 3F en cas de troubles de l’humeur ou susceptibilité à la colère.
Autre traitement : points gâchettes ou trigger points ou ashi
Dans les cas cliniques présentés dans cet article, le choix de points correspond à un traitement plus individualisé qui associe une thérapie complexe utilisant à la fois la théorie des Méridiens, le traitement fondé sur la différenciation des syndromes bianzhenglunzhi 辨證論治, la chronoacupuncture, sans oublier l’électroacupuncture.
La thérapie de la théorie des Méridiens
Notons que la thérapeutique de la théorie des Méridiens répond ici à une technique typiquement française car utilise le traitement des vaisseaux secondaires des Méridiens et en particulier celui des jingbie ou Méridiens Distincts 經別 [经别]. Bien décrite et connue par les auteurs français [40,43] et même utilisé en milieu hospitalier [42], la piqûre miu l’est beaucoup moins des auteurs des ECR étrangers car sans doute plus difficile aussi à mettre en œuvre. Par ailleurs, elle reste sujette à controverse en France [53,[77]]. On sait ainsi que selon le Zhenjiu jiayi jing de Huangfu Mi, chapitre : « La piqûre miu » traduit par Milsky et Andrès [[78]], les vaisseaux secondaires peuvent représenter aussi les vaisseaux luo (luomai 絡脉 [络脉]). De même Husson les appelle les vaisseaux secondaires, « vaisseaux de liaison » ou « grandes liaisons » selon le cas [[79]] et Wang et col. les nomment méridiens secondaires de communications [[80]]. On peut donc dire que cette technique de la piqûre miu est peu usitée car peu ou pas connue des auteurs des ECR qui lui préfèrent nettement un traitement plus classique des Méridiens par les points shu antiques, les couples des huit Merveilleux Vaisseaux, etc.
L’électroacupuncture
Les paramètres de l’EA ont été appliqués en fonction des données issues de l’acupuncture expérimentale [11,14,15,[81]]. La fréquence basse de 2Hz avec une intensité maximale en dessous du seuil de la douleur pendant 20mn a été utilisée dans le traitement de fond. Outre le fait d’avoir un effet anti-nociceptif spécifique dans la migraine en rapport avec l’activation du récepteur cannabinoïde de type 1 (CB1), permettant l’inhibition de l’inflammation neurogène [14], elle a une action également spécifique sur la sensibilisation centrale et les contrôles inhibiteurs descendants dans la migraine [15], mais aussi moins spécifique sur le GABA, les enképhalines, la sérotonine (5HT) et la noradrénaline, neurotransmetteurs tous impliqués dans les contrôles inhibiteurs descendants supraspinaux [80,[82]].
La fréquence de 2Hz en alternance avec la fréquence rapide de 100Hz avec les mêmes paramètres en intensité et en durée, est utilisée lors des crises. Elle est préférée à la fréquence uniquement rapide de 100Hz préconisée par Cuignet [80] car les études expérimentales montrent son action spécifique sur la dépression corticale envahissante et sur son inhibition de la concentration en peptide lié au gène de la calcitonine plasmatique (CGRP) et en substance P (SP) [11] mais aussi son action non spécifique sur les algies [[83]].
La chronoacupuncture
Considérée comme une thérapeutique absconse car difficile d’accès [7,[84]], elle n’en est pas moins importante à connaître car améliore de façon très notable les résultats thérapeutiques. Quelques études de cas cliniques ont déjà démontré son intérêt [[85],[86]]. Chez les rates gravides en fin de grossesse, la stimulation des points clés fermés selon la méthode de linggui bafa (灵龟八法 : huit méthodes de la tortue magique), concernant l’utilisation des points-clés des huit Merveilleux Vaisseaux peut réduire davantage les contractions utérines que le traitement classique [[87]] ; tout comme elle donnera de meilleurs résultats chez l’être humain dans le traitement des gastrites chroniques superficielles [[88],[89]], en cas de dépression post-accident vasculaire cérébral [[90]] ou dans la prévention des arythmies cardiaques [[91]].
Le traitement acupunctural selon la théorie des ziwu liuzhu a permis aussi de montrer son bénéfice dans un ECR concernant le déficit fonctionnel et neurologique des maladies cérébrovasculaires ischémiques [[92]] mais aussi dans les ischémies myocardiques post accident vasculaire cérébral [[93]]. Dans un ECR (n=190), la sélection des points puncturés selon la méthode de najia de ziwu liuzhu qui propose de puncturer les points aussi en fonction des tables des Troncs Célestes, en plus de l’horaire, a permis d’améliorer de manière statistiquement significative (p<0,05) les scores de la déficience fonctionnelle neurologique, l’état de la capacité de vie totale, les indices rhéologiques sanguins et l’efficacité clinique globale chez les personnes ayant eu un AVC versus groupe AVC ayant bénéficié de l’acupuncture habituelle. Le traitement a été effectué ainsi durant la période de la Branche Terrestre chen (7h00-9h00) à la période si (9h00-11h00) [[94]].
La recherche concernant la chronoacupuncture se poursuit en Chine et en particulier sur la théorie des ziwuliuzhu [[95]]. Cependant, de plus en plus grâce aux progrès sur l’étude des rythmes circadiens, on s’aperçoit de la justesse des observations des sciences médicales chinoises. Ainsi le système de synchronisation circadien adapte la majeure partie de la physiologie et du comportement des êtres vivants au cycle lumière / obscurité des 24 heures. Cette coordination temporelle repose sur des horloges circadiennes endogènes présentes dans pratiquement tous les tissus et organes et impliquées dans la régulation de processus cellulaires clés tels que le métabolisme, le transport et la sécrétion [[96]]. Les conséquences d’une perturbation de ces cycles sont nombreuses pouvant déclencher diabète, obésité, maladies cardiovasculaires, cancer, etc. [[97],[98]]. Mais plus intéressant et se rapprochant de la théorie des ziwuliuzhu est l’étude des possibilités de traitement selon ces rythmes. Ainsi une étude française toute récente objective que la lésion myocardique périopératoire lors d’un remplacement valvulaire aortique est orchestrée par l’horloge circadienne et en particulier le gène Rev-Erbα[10] [[99]] et que son antagonisme semble être une stratégie pharmacologique de cardioprotection. Et de ce fait, ils ont démontré dans une étude observationnelle prospective monocentrique de patients (n=596) présentant une sténose aortique sévère et une fraction d’éjection ventriculaire gauche préservée (>50%) qu’il était préférable de réaliser le remplacement chirurgical de la valve aortique l’après-midi plutôt que le matin. En effet, la libération de troponine T était significativement plus faible dans le groupe de l’après-midi que dans le groupe du matin (p=0,045) et que le récepteur nucléaire Rev-Erbα était en revanche plus élevé le matin. Ainsi la protection myocardique périopératoire est meilleure si la chirurgie est réalisée l’après-midi [[100]]. Cela correspond à la marée énergétique des branches Terrestres wu (Cœur) entre 11h et 13h et wei (Intestin Grêle) entre 13 et 15h, ce qui correspond en fonction de l’heure légale en hiver (1 h en avance par rapport à la course solaire) entre 12h et 16h et 13h-17h en été (2 heures en avance).
Conclusion
Au terme de cette synthèse réalisée à partir de deux cas cliniques, l’acupuncture quelle que soit la théorie de médecine chinoise appliquée (Méridiens, niveaux énergétiques des Grands Méridiens, points choisis selon des formules, différenciation des syndromes bianzheng) a fait la preuve de son efficacité selon les critères de la médecine factuelle fondée sur les preuves, autant versus acupuncture factice ou placebo que thérapeutique usuelle dans les migraines. Le rapport coût-efficacité qui analyse de façon comparative l’efficacité et les coûts de deux stratégies de santé, même s’il n’a pas été étudié en France est nettement favorable à l’acupuncture par rapport aux traitements médicamenteux dans certains pays, et cela sans effets indésirables tels qu’ils sont rapportés avec de nombreuses molécules thérapeutiques. Un plus est apporté par l’électroacupuncture et l’utilisation de la chronoacupuncture. On ne peut donc que recommander son utilisation autant dans les crises que dans le traitement de fond avec un grade A de preuve scientifique établie selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé française (HAS).
Notes
[1]. HAS. Niveau de preuve et gradation des recommandations de bonne pratique – État des lieux. 2013. [cité le 06/11/2017]. Available from URL : https://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2013-06/etat_des_lieux_niveau_preuve_gradation.pdf.
[2]. AE : l’accord d’experts correspond, en l’absence de données scientifiques disponibles, à l’approbation d’au moins 80% des membres du groupe de travail.
[3]. Le traitement d’une attaque de xie dans les jingbie consiste à 1) punturer les deux points jing (ting) du couple yin-yang du côté opposé au jingbie atteint ; 2) punturer bilatéralement les points shu (yu) du couple des jingbie yin et yang ; 3) punturer le point de tonification du jingbie atteint ainsi que celui du méridien couplé ; 4) disperser les points « ashi » au niveau de la zone douloureuse ; 5) punturer les points de jonction (ou d’union) ; 6) piquer le point « cent réunions » : 20VG (baihui).
[4]. La théorie des points saisonniers, une des théories de la chronoacupuncture, permet de déterminer des points de tonification et de dispersion en fonction de la saison. En effet, les points de tonification et de dispersion habituellement utilisés ne le sont qu’en fonction de leur mouvement et sont en relation directe avec le point Racine (Pennou ben). De ce fait, ces points ne sont réellement efficaces que dans leur mouvement. La méthode permettant de les trouver ne se préoccupe pas de la saison. Intérêt donc de la théorie des points saisonniers qui montre que l’activité énergétique des points varie selon la saison au cours de laquelle le patient est traité.
[5]. La théorie des ziwu liuzhu concerne la circulation du qi et du xue dans les méridiens à des heures précises du jour et de la nuit. Cela consistera, en fonction de chaque heure définie par une Branche Terrestre qui se trouve en corrélation avec un Méridien principal à tonifier son organe en vide ou à disperser son organe en plénitude en piquant le point horaire concerné. On utilise la Branche Terrestre de l’heure ou de l’heure couplée selon la méthode « midi-minuit », par exemple le Méridien de Foie est en plénitude entre 1 et 3h solaire, d’où son point tonifiant horaire sera le xingjian 2F et son point dispersant horaire sera le ququan 8F. La théorie des ziwu liuzhu, la théorie des points saisonniers, la méthode de linggui bafa (灵龟八法 huit méthodes de la tortue magique) qui concerne l’utilisation des points-clés des huit Merveilleux Vaisseaux), ainsi que celle basée sur le jia (méthode des points dits ouverts ») sont les quatre règles thérapeutiques essentielles de la chronoacupuncture. On tiendra compte de l’heure d’été ou d’hiver. L’heure d’été est en avance de deux heures par rapport à l’heure solaire; l’heure d’hiver l’est d’une seule. Et on remplacera les points de tonification ou de dispersion ayant une action horaire nulle par les points mu (tonifiant) ou les points beishu du dos (dispersant).
[6]. Un endocannabinoïde est une molécule endogène capable de se lier à un récepteur cannabinoïde et d’activer les voies de transduction du signal auxquelles est couplé le récepteur. Le système endocannabinoïde (EC) comprend deux récepteurs principaux : les récepteurs de type 1 cannabinoïdes CB1 qui se distribuent au niveau du système nerveux central (SNC : hippocampe, système limbique, cortex et hypothalamus) et en périphérie (testicule, utérus, système immunitaire, intestin, vessie, etc.) ; et le récepteur aux cannabinoïdes de type 2 (CB2) présent principalement dans le système immunitaire et dans une moindre mesure au niveau du SNC. Au niveau spinal, les endocannabinoïdes sont efficaces pour inhiber la transmission des fibres nociceptives de petit diamètre, et ils diminueraient la libération de neurotransmetteurs tels que la substance P ou le peptide lié au gène de la calcitonine (CGRP), responsables de la transmission de la douleur. Enfin, au niveau périphérique, les récepteurs CB1 et CB2 jouent un rôle synergique d’inhibition des stimuli nociceptifs.
[7]. Certains auteurs ont suggéré de ce fait que les interventions avec acupuncture factice avaient des effets plus grands que les placebos qu’ils soient pharmacologiques ou physiques Ainsi l’acupuncture feinte sur des non-points, surtout appliquée sur le même dermatome, ne semble pas réellement inerte et ne peut être considérée comme placebo car fait intervenir le système limbique.
[8]. Notons qu’il existe une hétérogénéité dans la cohérence des résultats de la méta-analyse objectivé par le test I² de Higgins I²= 57%, (une valeur I² <25% indique une hétérogénéité faible, des valeurs comprises entre 25% et 50% une hétérogénéité modérée et une valeur >50%, une hétérogénéité importante). Le test χ² objective une hétérogénéité pas tout à fait significative car P=0,07 ; serait significative si P<0,05 ; d’où les preuves de qualité modérée, malgré une différence significative (p<0,00001).
[9]. Les jingjin sont encore appelés méridiens tendino-musculaires ou « Muscles des Méridiens » ou « Zone tendino-musculaire des méridiens ».
[10]. Les récepteurs nucléaires sont des récepteurs biochimiques, protéines actives dans le noyau des cellules qui peuvent transmettent à celles-ci des signaux hormonaux spécifiques conduisant à la modulation de l’expression de gènes cibles. Ainsi Rev-Erbα est exprimé dans certains types cellulaires du système immunitaire tels que les macrophages, ainsi que dans différents types cellulaires de la paroi vasculaire. Rev-Erbα joue également un rôle au niveau inflammatoire et dans le métabolisme des lipoprotéines riche en triglycérides, facteur de risque dans le développement de l’athérosclérose.
Références
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[6]. Société Française d’études des migraines et céphalées (SFEMC). Comment traiter la migraine. [Consulté le 10/11/2017]. Disponible à : URL: http://sfemc.fr/maux-de-tete/la-migraine/7-comment-traiter-la-migraine.html.
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Hôtel de ville de Veere (1474-1517) -Zélande – Pays-Bas
Résumé : La chrono-acupuncture exige de jongler avec des connaissances et des raisonnements abstrus. De ce fait, l’acupuncteur risque d’être vite dépassé et n’utilisera pas alors ces données pourtant indispensables. Dans le but d’optimiser l’efficacité du traitement acupunctural, un logiciel a été conçu, permettant d’éluder la complexité de la théorie des Zi Wu Liu Zhu associée à celle des points saisonniers. Au travers de l’étude des textes et de l’interprétation des différents auteurs, l’existence dès Jing Jin et des Jing Bie est discutée ainsi que leurs thérapeutiques. La synthèse des analyses servira de base au programme informatique qui offrira pour chaque technique (Jing Jin, Jing Bie, Yanagiya Sarei) un ensemble des points à piquer en fonction du méridien choisi. S’il s’avère que certaines » fosses du Qi » soient inopérantes, le logiciel signalera et donnera des points de remplacement. Bref, l’informatique permet d’appréhender et de réaliser un traitement acupunctural approfondi, digne des Grands Maîtres. Mots-clés : Chrono-acupuncture, informatique, Zi Wu Liu Zhu, points saisonniers, Jing Jin, Jing Bie, Lua Mai, vaisseaux secondaires, Yanagiya Sarei: points Beishu, points Mu, thérapeutique.
Summary. -When undertaking chrono-acupuncture, it is essential for the practitioner to be a skilful handler of the esoteric knowledge and reasoning involved. If he is not skilful, the acupuncturist soon runs the risk of finding himself out of his depth and at this point he will not use information which is vital. With a view to obtaining maximum benefit from treatment by acupuncture a logiciel has been devised which allows the therapist to avoid the complexities of the theory of the Zi Wu Liu Zhu associated with that of the Seasonal Points. By studying the texts and the interpretations of the different authors, the existence of the Jing Jin and of the Jing Bie is discussed as is also their treatments. The synthesis of the analyses will serve as the basis of the computer programme which will provide for each technique (Jing Jin, Jing Bie and Yanagyia Sorei) a group of acupuncture points depending on the meridian chosen. If it proves that certain » Qi holes » are not functioning, the logiciel will indicate this fact and will specify alternative points. ln short, a complete programme gives the opportunity to choose and carry out a treatment by acupuncture in depth and worthy of the great masters. Key words. -Chrono-acupuncture, computer-programme, Zi Wu Liu Zhu, seasonal points, Jing Jin, Jing Bie, Lua Mai, secondary vessels, Yanagiya Sorei, Beishu points, Mu points, therapeutic.
La théorie des Zi Wu Liu Zhu concerne la circulation du « Qi » et du « Xue » dans les méridiens à des heures précises du jour et de la nuit.
La théorie des points saisonniers permet de déterminer les points tonifiants ou dispersants en fonction de la saison.
La théorie des Zi Wu Liu Zhu, la théorie des points saisonniers, ainsi que celle basée sur le « Jia » (méthode des points dits ouverts ») sont les trois règles thérapeutiques essentielles de la chrono-acupuncture.
Notons toutefois que la méthode des points dits « ouverts » implique l’utilisation des points Shu antiques qu’il est usuel de piquer systématiquement avant toute séance d’acupuncture (26). De ce fait, la théorie basée sur le « Jia » est indépendante des deux autres. En effet, même si le point dit « ouvert » correspond à un point dispersant ou tonifiant saisonnier, ou à un point horaire, cela n’entraîne pas de conséquence.
Notre travail a donc consisté à relier les deux principales théories en vue d’appliquer les résultats à trois importantes techniques d’acupuncture.
Dans ce cadre, l’informatique satisfait aux exigences considérables de la chrono-acupuncture. Elle seule, nous donne ainsi la possibilité d’effectuer les associations et d’éliminer les « fosses du Qi » » inefficaces, sans difficulté et sans perte de temps.
1) La théorie des Zi Wu Liu Zhu
Elle est basée sur la perception holistique de l’homme et de son environnement.
A travers l’observation de phénomènes naturels tels que les mouvements de la lune et du soleil, les saisons, le jour et la nuit, le flux et reflux des marées, les Anciens Chinois ont observé que ces changements périodiques se déroulaient selon certains rythmes immuables.
Dans la théorie des Jing Luo ou théorie des méridiens, les organes » Zang » et les viscères creux « Fu » forment le centre du corps humain, chargés en énergie « Qi » et sang « Xue « , le tout relié par les différents méridiens (3).
Le » Qi » et le « Xue » vont donc y circuler en suivant les cycles induits par l’environnement, en particulier le rythme du jour et de la nuit.
Pour exprimer ces rythmes, les Anciens ont mis en oeuvre le système des 10 troncs célestes (les « Tian Gan« ) et les 12 branches terrestres (les » » Di Zhi « ), système qui est le fondement du calendrier chinois (10).
En effet, celui-ci repose essentiellement sur la théorie des 5 éléments et des 6 énergies.
Le ciel est divisé en 10 parties qui sont les dix troncs célestes. Ils sont en relation avec les 5 mouvements (bois, feu, terre, métal, eau), et correspondent au cycle dénaire. Cependant, si l’origine du cycle est céleste, l’action se répercute au niveau de la terre.
Huang Di dit: « le ciel a cinq pouvoirs qui régissent les cinq orients: Nord, Sud, Centre, Est, Ouest, auxquels sont attachés: le froid, la chaleur, la sécheresse, l’humidité, le Fong (vent)… il existe une corrélation entre les cinq activités terrestres et les cinq activités célestes qui se font sentir alternativement durant toute l’année, durant un cycle sans fin » (5).
De la même façon, la terre, divisée en 12 parties, les 12 branches terrestres, est en relation avec les 6 énergies: c’est le cycle duodénaire qui s’impose au ciel.
Dans le Su Wen, Koai Yu Tchu dit: « les énergies Inn et Yang sont variables, l’une peut être plus ou moins forte que l’autre; il convient de les subdiviser en trois énergies Inn et en trois énergies Yang » (5).
Les 6 énergies sont Shao Yang, Yang Ming, Tai Yang, lue Yin, Shao Yin et Tai Yin.
« ..Le froid et la chaleur, la sécheresse et l’humidité, le vent et le feu sont le Yin et le Yang célestes, Les 3 Yin et les 3 Yang les reçoivent d’en haut, Le Bois, le Feu, la Terre, le Métal, et l’Eau sont le Yin et Yang de la terre, et la naissance, la croissance, la maturation et l’engrangement leur répondent en bas », dans le Yang il y a du Yin et dans le Yin il y a du Yang » (18).
L’union des troncs célestes et des branches terrestres permet de dénommer les jours, Ces combinaisons se font en associant le 1er tronc céleste et la 1ère branche terrestre, puis le 2e tronc céleste et la 2e branche terrestre jusqu’au 10e tronc céleste. Puis, les associations à ce niveau continuent en recommençant le cycle des troncs célestes tandis que l’on continue celui des branches terrestres jusqu’à la 12e et ainsi de suite jusqu’à ce que l’on arrive à la 60e association,
Dans le Su Wen, Qi Bo dit: « le Qi céleste débute avec Jia (1er du cycle décimal) et le Qi terrestre débute avec Zi (1er cycle duodécimal), La conjonction lia-Zi marque le début du cycle annuel sexagésimal (Sui Li) » .
« L’étape est de 60 jours et une fraction, 24 de ces fractions totalisées forment un nombre entier de journées de 100 encoches ».
Donc, 100 encoches de clepsydre correspondent à 24 heures,
Qi Bo dit encore: « 5 jours font un Hou, 3 Hou font un Qi, 6 Qi fon tun Shi (saison) et 4 Shi font un Sui (année) » (18).
« .. Le Hou est donc de 60 heures chinoises, soit un cycle sexagésimal ».
Notons ici qu’une heure chinoise correspond à 2 heures occidentales.
Ainsi les 12 branches terrestres qui se combinent avec les 10 troncs célestes pour former le cycle sexagésimal permettent d’appréhender le temps qui passe, les siècles, les années (Sui = 360 jours), les saisons (Shi = 90 jours), les mois, les quinzaines (Qi = 15 jours), les Hou (5 jours), les jours et enfin les heures.
Intéressons-nous davantage au cycle duodénaire qui est à l’origine des heures chinoises et des douze mois de l’année.
En effet, chaque heure est définie par une branche, et se trouve en corrélation avec un méridien principal, suivant le tableau ci-dessous :
Méridiens
branches terrestres
heure de plénitude
Vésicule biliaire
Zi
23 à 1 h.
Foie
Chou
1 à 3 h.
Poumon
Yin
3 à 5 h.
Gros intestin
Mao
5 à 7 h.
Estomac
Chen
7 à 9 h.
Rate-Pancréas
Si
9 à Il h.
Coeur
Wu
11 à 13h
Intestin Grêle
Wei
13 à 15 h.
Vessie
Shen
15 à 17 h.
Rein
You
17 à 19h.
Maître du coeur
Xu
19 à 21 h.
Triple réchauffeur
Hai
21 à 23 h.
Le réseau énergétique emprunte les méridiens, l’un après l’autre, dans l’ordre bien défini des heures.
De cette façon, « Zi » (minuit) et » Wu » (midi) reflètent la croissance et le déclin du Yin et du Yang (34).
Dans le Su Wen, chapitre 4: des vérités du coffre d’or, Qi Bo dit: « on parle de Yin dans le Yin et de Yang dans le Yang; en effet de l’aube à midi c’est le jour et le Yang dans le Yang; de midi au crépuscule, c’est encore le jour, mais avec du Yin dans le Yang; de la nuit close au chant du coq, c’est la nuit et le Yin dans le Yin; du chant du coq à l’aurore, c’est toujours la nuit mais du Yang est dans le Yin » (18).
Dans l’heure Zi (23-1 h.), l’énergie du Yin atteint son acrophase, localisation temporelle où l’amplitude énergétique est maximale. Après cela, le Yin commence à décliner et l’énergie du Yang commence à croître.
Dans l’heure Wu (11-13 h.), l’énergie Yang est la plus extrême, à l’acrophase Yang. Puis, elle commence à décliner et l’énergie du Yin commence à croître. Ainsi, on peut considérer que le Zi et le Wu représentent les points pivots de la croissance et du déclin du jour et de la nuit, du Yin et du Yang.
Les branches terrestres sont à la base de la règle Midi-Minuit qui objective la variation circadienne de l’amplitude énergétique dans les méridiens.
Elle peut s’énoncer ainsi: pour tonifier le méridien Midi, il faut disperser le méridien Minuit et vice-versa.
Le couplage des méridiens selon cette règle sont Vésicule biliaire et Cœur, Foie et Intestin Grêle, Poumon et Vessie, etc…
La théorie des Zi Wu Liu Zhu décrit également la circulation du Qi et du Xue dans les Jing Luo selon les heures des branches terrestres. D’où le nom de « marées des méridiens » donné à une autre règle issue de cette théorie.
Liu et Zhu correspondent à la circulation des entrées et des sorties du Qi et du Xue de l’être humain. Zhu est le flux, Liu est le reflux de l’énergie et du sang.
L’intérêt thérapeutique de la théorie des Zi Wu Liu Zhu est donc tout d’abord la règle Midi-Minuit qui permet de tonifier ou disperser un méridien en fonction de l’heure d’aggravation ou d’amélioration de la symptomatologie; d’autre part, la règle des » Marées des méridiens » qui utilise le « Po » (effet tonifiant) et le » Xie » (effet dispersant) des points Mère et Fils des 12 méridiens. Il s’agit dans ce cas du « ‘ Po » et du « » Xie » des points Shu antiques: Ting, long, lu, King, Ho. (Jing, Rong, Yu, Jing, He).
Dans le Ling Shu, chapitre premier: « ‘le sang et l’énergie circulent sans cesse dans les douze méridiens, grâce aux quinze points de vaisseau secondaire, ils circulent dans tout le corps. Le point du départ est situé au point Ting, puis l’énergie et le sang passent aux points long, lu, King, Ho, puis aux points disséminés sur les méridiens; soit en tout à trois cent soixante-cinq points » (5).
Selon la théorie des 5 éléments, le point Ting des organes correspond au mouvement bois et le point Ting des entrailles correspond au métal (Voir schéma ci-dessous).
Chaque méridien possède un point ayant une action plus particulièrement tonifiante ou dispersante. La détermination se fait donc par la règle Mère-Fils en se basant sur le point Penn ou point Racine du Méridien, qui représente le point élément dans le mouvement même (35).
Si un mouvement est en déficit, il faut le tonifier par la « Mère « .
Si un mouvement est en excès, il faut le disperser par le « Fils « .
Cette loi est à la base de toute la thérapeutique acupuncturale.
On peut la récapituler sous la forme du tableau n° 2 :
élément
Feu
Terre
Métal
Eau
Bois
dispersion
Terre
Métal
Eau
Bois
Feu
fils
tonification
Bois
Feu
Terre
Métal
Eau
mère
Ainsi donc, en application de cette règle, on peut affirmer que l’énergie dans les méridiens atteint son flux (Zhu) maximum pendant une durée d’une heure chinoise au cours de laquelle le fait de piquer le point fils va entraîner un effet dispersant (Xie). De la même façon, piquer le point mère durant la période de reflux (Liu) va provoquer un effet de stimulation, de tonification (Po) (12).
Branche
Dispersion
Tonification
Méridiens
terrestre
heures
fils
heures
mère
Poumon
yin
3- 5 h.
5P
5- 7h.
9P
Gros intestin
Mao
5- 7h.
2GI
7- 9h.
11 GI
Estomac
Chen
7- 9h.
45E
9-11 h.
41E
Rate Pancréas
Si
9-11 h.
5RP
11-13 h.
2 RP
Coeur
Wu
11-13 h.
7C
13-15 h.
9 C
Intestingrêle
Wei
13-15 h.
8IG
15-17h.
3 IG
Vessie
Shen
15-17h.
65V
17-19h.
67 V
Rein
You
17-19h.
IR
19-21 h.
7 R
Maître du Cœur
Xu
19-21 h.
7MC
21-23 h.
9 MC
Triple foyer
Hai
21-23 h.
10 TR
21- 1 h.
3 TR
V. biliaire
Zi
23- 1 h.
38VB
1- 3 h.
43 VB
Foie
Chou
1- 3 h.
2F
3- 5 h.
8 F
En conclusion, on constate que la théorie des Zi Wu Liu Zhu qui repose sur l’utilisation des branches terrestres, va engendrer deux règles essentielles: la règle midi-minuit et celle des « marées des méridiens « .
C’est celle-ci, appelée également règle , » entraver-écouler » par Faubert (8), qui sera appliquée dans notre traitement informatique.
II) La théorie des points saisonniers
C’est une autre utilisation de la règle Mère-Fils. Cette théorie permet ainsi de déterminer des points de tonification et de dispersion en fonction de la saison.
En effet, les points de tonification et de dispersion habituellement utilisés ne le sont qu’en fonction de leur mouvement et sont en relation directe avec le point racine (Penn). De ce fait, ces points ne sont réellement efficaces que dans leur mouvement. La méthode permettant de les trouver ne se préoccupe pas de la saison.
Intérêt donc de la théorie des points saisonniers qui montre que l’activité énergétique des points varie selon la saison au cours de laquelle le patient est traité (4).
Ainsi prenons l’exemple d’une plénitude de cœur (mouvement feu) à traiter en hiver (mouvement eau). Il faut disperser le Fils. Le Fils de l’élément eau est l’élément bois. D’où le point dispersant du cœur en hiver est le point Ting soit le 9 C.
De la même façon, un vide de Poumon vu en été (mouvement feu) sera traité en tonifiant cette fois la Mère, c’est-à-dire le bois. Piquer donc le point Ting du poumon: Il P, point tonifiant saisonnier.
Voir le schéma n° 1 et le tableau n° 2 qui récapitule la règle Mère-Fils.
En procédant de la même manière pour tous les méridiens nous allons
donc obtenir les points saisonniers suivant les tableaux suivants.
Organes
ting
iong
iu
king
ho
Foie
1F
2F
3F
4F
8F
Cœur
9C
8C
7C
4C
3C
Maître du cœur
9MC
8MC
7MC
5MC
3MC
Rate-Pancréas
1RP
2RP
3RP
5RP
9RP
Poumon
11 P
10P
9P
8P
5P
Rein
1R
2R
3R
7R
10R
tonification
été
5e saison
automne
hiver
printemps
Dispersion
hiver
printemps
été
5e saison
automne
Viscères
ting
iong
iu
king
ho
Vésicule Biliaire
44VB
43VB
41VB
38VB
34VB
Intestin Grêle
1IG
2IG
3IG
5IG
8IG
Triple Foyer
1TR
2TR
3TR
6TR
10TR
Estomac
45E
ME
43E
41E
36E
Gros Intestin
1 GI
2GI
3GI
5GI
11 GI
Vessie
67V
66V
65V
60V
40V
Tonification
hiver
printemps
été
5e saison
automne
Dispersion
5e saison
automne
hiver
printemps
été
III) Les Jing Jin
Encore appelés méridiens tendino-musculaires, les Jing Jin représentent une notion diversement interprétée par les auteurs occidentaux.
Notons d’ailleurs que les Jing Jin ne sont pas utilisés en Chine, ni en Extrême-Orient. C’est une notion théorique apportée par Nguyen Van Nghi (36).
Revenons donc aux textes de base; le chapitre 13 du Ling Shu. La traduction du titre par Chamfrault est: « Les méridiens et les muscles » ; par Schnorrenberger: « Les méridiens et les tendons »; et pour Milsky et Andrès : « Les tendons des méridiens » (traduction du titre du chapitre 6 du Zhen Jiu Jia Yi Jing qui reprend le chapitre 13 du Ling Shu).
Selon Lara, l’idéogramme « Tsing Tsing » représente la notion de muscle traversé par un méridien (22), Pour Lafont, Giraud et Taillandier, le concept de méridien tendino-musculaire est impropre car il sous-entend un système de méridiens identique au système des méridiens principaux. Ils préfèrent parler de « Zone tendino-musculaire des méridiens « , En effet, ils considèrent que le méridien tendino-musculaire (M.T,M,) correspond aux muscles squelettiques placés sous la dépendance des méridiens principaux (20, 33).
Pareillement, Auteroche et Navailh précisent que les M.T,M. représentent les muscles répartis le long des méridiens. « Leur fonction est de relier le squelette, de maintenir la cohésion de l’ensemble du corps et de commander le mouvement des articulations « . Pour eux, il n’existe que trois catégories de méridiens: les principaux (jing Mai), les méridiens extraordinaires (Qi Jing Mai) et enfin les méridiens distincts (jing Bie). Les Jing Jin ne sont donc pas des méridiens (2).
Milsky et Andrès décrivent également les trajets des Jing Jin en parlant des tendons des méridiens: « quand le tendon de Taiyang de Pied est malade, on souffre de tiraillements et de douleurs au petit orteil et au talon, de spasmes et de contractions… » (16).
» Les méridiens ont sous leur influence les muscles qui se trouvent sur leur trajet et envoient des ramifications aux muscles environnants » (Ling Shu). La traduction de Chamfrault est donc à cet égard très explicite. Il ne parle absolument pas d’un nouveau réseau de méridiens. Et pourtant Chamfrault, dans son tome VI, reprend avec Nguyen Van Nghi ce système des méridiens tendino-musculaires et y développe une théorie énergétique intéressant la circulation de l’ énergie Wei, les attaques par les énergies perverses Xie et le traitement des M.T.M. (6). D’autres auteurs (Faubert, Guillaume, Ming Wong, Lebarbier, etc.) utilisent également ce système des M.T.M. selon la conception de Chamfrault et Nguyen Van Nghi (8, 13,27,23,30).
Il convient donc actuellement d’harmoniser les dénominations. L’usage restera sans doute, et on continuera longtemps à parler des M.T.M. Cependant, il serait judicieux de parler plutôt de « Jing Jin « , de « Muscles des Méridiens » ou de » Zone tendino-musculaire des méridiens » plutôt que de « Méridiens tendino-musculaires ».
Quoiqu’il en soit, la connaissance des Jing Jin débouche sur une utilisation thérapeutique. Selon Nguyen Van Nghi : « En cas d’atteinte par l’énergie perverse, celle-ci emprunte les capillaires pour atteindre les méridiens tendino-musculaires. Lorsque l’énergie Dé (défensive) n’est pas assez puissante, c’est-à-dire lorsqu’elle se trouve en état de vide, l’énergie perverse pénètre dans les méridiens principaux et gagne les organes » (36, 6).
Ainsi les énergies perverses (Xie), (le vent, le froid, l’humidité, la chaleur) pénètrent tout d’abord dans les Jing Jin et vont occasionner un état de plénitude énergétique alors que le méridien principal se trouve en état de vide.
Ensuite le Xie, dans un second temps et après avoir séjourné dans le Jing Jin, passe dans le méridien principal en y provoquant la plénitude tout en laissant le Jing Jin en vide.
» Tous les méridiens ont des vaisseaux secondaires qui les relient à l’épiderme. Quand on est atteint par l’énergie perverse, celle-ci passe d’abord dans les vaisseaux secondaires pour pénétrer ensuite dans les méridiens, les organes, ou pour séjourner dans les muscles et les os… Quand les vaisseaux secondaires sont en plénitude et le méridien en vide, il faut faire des moxas au Inn (au méridien) et puncturer le Yang (aux vaisseaux secondaires). Quand le méridien est en plénitude et les vaisseaux secondaires en vide, il faut puncturer le Inn (le méridien) et faire des moxas au Yang… (Su Wen chapitre LVI, « l’épiderme ») (5).
Le problème est que Nguyen Van Nghi a interprété le terme « vaisseau secondaire » par méridien tendino-musculaire dans son ouvrage » Pathogénie et Pathologie énergétique en médecine chinoise « . Or il s’avère que les vaisseaux secondaires sont en fait les vaisseau Luo (Luo Mai). A noter tout de même que Nguyen Van Nghi en 1986 dans la Revue Française de Médecine Traditionnelle Chinoise reprend la traduction du Su Wen et retraduit le terme par Luo Mai (38).
De ce fait, qu’en est-il du traitement de Chamfrault et de Nguyen Van Nghi? En cas de plénitude du M.T.M., on devait disperser l’énergie perverse au niveau des points douloureux du M.T.M. et tonifier le méridien principal. En cas de vide du M.T.M., c’est l’inverse: moxer les points douloureux (points Ashi) du M.T.M. et disperser le méridien principal.
Et bien, à notre avis, il semblerait que l’erreur de traduction ne modifie pas réellement le traitement des Jing Jin.
En effet, on peut considérer que les énergies perverses attaquent l’épiderme, la chair et les muscles, protégés par l’ énergie Wei, énergie de défense.
« Le Wei est l’ardeur des aliments, il est d’une nature trop fluide pour être contenu dans les vaisseaux, aussi circule-t-il dans la peau et entre les fibres de la chair… » (Su Wen chapitre43: les « Bi ») (18).
« Quand l’énergie perverse attaque l’épiderme, le malade ressent des frissons, les pores de sa peau s’ouvrent. Quand elle atteint les vaisseaux secondaires, ceux-ci se mettent en plénitude et la couleur de l’épiderme change, Cette énergie perverse peut se localiser dans les muscles et dans les os, Si l’énergie perverse est de nature Inn, il y a spasmes aux muscles et douleurs aux os ; si elle est de nature Yang, les muscles sont relâchés et la chair est comme fondue (atrophiée), Ce n’est qu’au moment où les énergies long et Oé sont affaiblies que l’énergie perverse peut atteindre les entrailles ou les organes « . (Su Wen, chapitre 56 : « l’épiderme « ) (5).
De ces citations, on peut en déduire que tout d’abord l’énergie Wei circule bien dans les zones tendino-musculaires et les territoires cutanés (Pi Bu). Par ailleurs, le Xie peut attaquer les Pi Bu et en même temps le muscle, les os… De ce fait, cela entraînera une plénitude de l’épiderme et du muscle sous-jacent, associée à un vide du méridien intéressé.
Puis, on peut très bien concevoir qu’avec le temps, l’affaiblissement de l’énergie Wei provoque un passage du Xie dans le méridien principal y occasionnant une plénitude associée à un vide du territoire cutané et de la zone tendino-musculaire, ceci se faisant, bien-sûr, par l’intermédiaire des fameux vaisseaux secondaires, les Luo Mai.
« L’énergie perverse pénètre en premier lieu dans les méridiens tendino-musculaires qui sont les plus superficiels des méridiens. Elle gagne ensuite des points Ting, qui sont des points de Grande Réunion des Énergies Inn et Yang (Nei King) sur les méridiens Principaux. Elle passe ensuite aux points lu qui correspondent à l’énergie extérieure. C’est à ces points lu que l’on peut toucher l’Énergie perverse… » (6).
Ainsi donc, de nombreux auteurs préconisent de puncturer les points Ting et Iu dans toutes les atteintes par le Xie.
Notons que le point Ting est le point de départ de l’énergie Wei dans les Jing Jin. C’est aussi un « carrefour de l’énergie » Yin et Yang (35),
Le point lu est le » point d’embarquement de l’Énergie perverse » (6) et doit être utilisé dans les maladies des articulations, des os et des muscles (35),
» Quand un Muscle ou un Os est atteint par l’Énergie perverse, on dit que l’affection se trouve dans le Yang de Inn. Il faut puncturer les points King et les points lu des méridiens Yang ou Inn « .
« Quand une entraille est atteinte par l’Énergie perverse, on dit que l’affection est dans le Yang de Inn. Il faut puncturer les points Ho des Méridiens Yang » (6).
Les points King ont un rôle considérable dans le traitement des affections liées au Xie. Chamfrault insiste sur leurs rôles de débarquement de l’énergie perverse (6). » C’est le point de concentration et d’arrêt de l’énergie » pour Nguyen Tai Thu (35).
« Le point King attire l’Énergie perverse vers le passage dans un méridien principal dont le point Iu, de son côté, assure la dispersion » (6).
Enfin les points Ho sont les points d’entrée et de sortie de l’Énergie. Ils permettent de relier l’Intérieur à l’Extérieur.
Selon la loi des 5 éléments, le point Ho va correspondre à l’humidité pour les méridiens Yang. Le puncturer permettra d’évacuer cette énergie perverse, tout comme le point Iu le fera pour les méridiens Yin.
Par ailleurs, n’oublions pas que pour les méridiens Yang, les points Iu sont des points , « vent » qui permettent de chasser l’humidité en utilisant le cycle de domination (Ko).
Pour être complet dans le traitement des Jing Jin, il nous faut parler de leurs zones d’union.
En effet, les Jing Jin sont reliés par trois, selon leur nature et leur topographie.
Ainsi la réunion des trois Jing Jin des méridiens Yang des membres inférieurs est située au niveau de l’os malaire, au point 18 IG.
La réunion des trois Jing Jin des méridiens Yang des membres supérieurs est le 13 VB.
Le 3 VC est la réunion des Jing Jin des méridiens Yin des membres inférieurs. Enfin, le 22 VB est celui des trois Yin des membres supérieurs.
Le Ling Shu (2) ne parle pas de ces zones d’union. On peut alors se référer au Zhen Jiu Jia Yi Jing de Huangfu Mi : « Le tendon du Taiyang de pied commence au petit orteil… et descend se nouer à la pommette… » ; « Le tendon du Shaoyang de pied commence sur le quatrième orteil… et monte se nouer à la pommette… » ; » Le tendon du Yang Ming du pied commence au troisième orteil… arrive au creux sus claviculaire et s’y noue, monte au cou et des deux côtés de la bouche, s’unit aux pommettes… » (16).
On remarque qu’à chaque Jing Jin d’un méridien Yang du membre inférieur, correspond une intersection commune avec les deux autres Jing Jin de la même catégorie; dans le cas présent, la pommette avec le point 18IG.
Notons également que les textes vont notifier une intersection à tous les autres zones tendino-musculaires.
L’intérêt de puncturer les points de réunion est de stopper l’énergie perverse et de l’empêcher de gagner les deux autres zones tendino-musculaires couplées.
En conclusion, le traitement des Jing Jin peut se résumer par les tableaux ci-dessous:
Plénitude de la zone tendino-Musculaire
1) piquer le point de tonification du méridien principal.
2) piquer le point Ting.
3) piquer le point lu.
4) piquer – le point King si le Jing Jin est de nature Yin,
– le point Ho si le Jing Jin est de nature Yang.
5) piquer le point de réunion des Jing Jin.
6) disperser les points « » Ahshi ‘ » de la zone douloureuse.
Vide de la zone tendino-musculaire
1) piquer le point de dispersion du méridien principal.
2) piquer le point Ting.
3) piquer le point lu.
4) piquer – le point King si le Jing Jin est de nature Yin,
– le point Ho si le Jing Jin est de nature Yang.
5) piquer le point de réunion.
6) moxer les points « ‘ Ahshi » de la zone douloureuse.
IV) Les Jing Bie
Les 12 Jing Bie, encore dénommés méridiens distincts partent des 12 méridiens principaux au niveau d’une grosse articulation et offrent une liaison avec la profondeur, entraille ou organe.
Ils assurent donc une liaison surface-intérieur (Biao/Li) et sont décrits par couple.
Le chapitre XI : « Les méridiens et les vaisseaux secondaires » du Ling Shu ainsi que le chapitre LXIII; « piqûres fausses » du Su Wen leur sont entièrement consacrés et décrivent les trajets superficiels et profonds ainsi que leurs symptomatologies et leurs traitements (5, 18).
On pourra ainsi constater que quatre méridiens distincts ont des trajets superficiels très courts; les Jing Bie d’Intestin grêle, de Coeur, de Maître du coeur et de Poumons.
« Le méridien de Chéou Taé Inn (poumons) -Son vaisseau annexe part du point Iuann lé 22 VB et rentre dans les poumons à ce point. Des poumons, il s’intègre dans le méridien de Taé Yang, remonte à la clavicule, suit la gorge et se relie à Yang Ming » (Ling Shu) (5).
De ce fait, on ne connaît pas de symptomatologie propre pour ces quatre méridiens distincts à trajet essentiellement interne. Les symptômes sont ceux des méridiens principaux.
Par contre, les huit autres ont des manifestations pathologiques intermittentes, unilatérales à type de syndrome douloureux associé à des signes d’atteinte de l’organe ou de l’entraille correspondant.
« Quant le Xie est installé parmi les viscères, une douleur suit le trajet du vaisseau de celui qui est atteint. Si le mal est épisodique, on fait la piqûre Miu (sur le point Jing) au-dessus de l’angle du pied ou de la main correspondant au vaisseau du viscère malade». (Su Wen, chapitre 63 : « de la piqûre Miu »). (18).
Le traitement des Jing Bie peut faire l’objet d’une controverse.
En effet, d’après Chamfrault et Nguyen Van Nghi, le terme « vaisseau secondaire » doit être traduit par « Méridien distinct » (6). Ainsi la citation précédente issue cette fois-ci du tome VI devient: « , Si l’énergie perverse se loge dans un des cinq organes, la douleur peut suivre le trajet du méridien principal ou du vaisseau secondaire (méridien distinct). Il faut bien reconnaître le caractère intermittent de la maladie et savoir employer le procédé du traitement à l’opposé » (6).
Selon le Zhen Jiu Jia Yijing de Huangfu Mi, chapitre: « La piqûre Miu » traduit par Milsky et Andrès (17), les vaisseaux secondaires représentent les vaisseaux Luo (Luo Mai). Même chose pour Husson qui appelle les vaisseaux secondaires, » vaisseaux de liaison » ou » grandes liaisons » selon le cas (18).
Ainsi donc le traitement de la piqûre Miu que Chamfrault et Nguyen Van Nghi appliquaient pour les Jing Bie serait en fait un des traitements des vaisseaux Luo.
On peut alors se poser la question de savoir s’il n’y a pas incohérence dans la traduction des termes Luo et Bie.
Effectivement Auteroche et Navailh appellent les grosses ramifications » Bie Luo » alors que les petites ramifications sont nommées » Fu Luo » et « Sun Luo « , tout en les différenciant des Jing Bie (2).
Le Zhen Jiu Jia Yi Jing, chapitre 1 du tome 2, reprenant intégralement le chapitre 10 du Ling Shu va décrire tous les vaisseaux Luo et ceux-ci seront dénommés Luo Bie (15). Ce chapitre décrit également le trajet des méridiens distincts et les appellent « Bie » !!! Une note mettra toutefois le lecteur en garde contre les confusions.
Un autre auteur Ming Wong, dans sa traduction du chapitre 10 du Ling Shu fera d’ailleurs l’amalgamme en parlant de : Vaisseau secondaire Luo ou » méridien distinct « . Dans le texte, il traduira d’autre part le terme » vaisseau secondaire » de Chamfrault par » embranchement distinct « . Dans le chapitre Il du Ling Shu, Ming Wong reprend le terme « méridien distinct », en parlant cette fois-ci des Jing Bie (27).
Comme nous le constatons, rien n’est simple et les termes varient beaucoup selon les auteurs.
Giraud et Lafont, pour leur part, considèrent que l’utilisation thérapeutique de la piqûre à l’opposé concerne les affections d’origine externe localisées en Biao, c’est-à-dire dans les » grandes liaisons « , sans atteinte du méridien principal (11,21).
Il semble donc que les Vaisseaux secondaires sont réellement des vaisseaux Luo. De ce fait, le traitement des Jing Bie par la piqûre Miu préconisée par Chamfrault et Nguyen Van Nghi est-il erroné? Ne s’agit-il pas uniquement d’un traitement des vaisseaux Luo ?
Oui et non, serait-on tenté de répondre. Ainsi Kespi prétend que les Jing Bie n’ont ni symptomatologie, ni traitement (19). Cependant les méridiens distincts ne sont-ils pas couplés en Biao/Li? N’assurent-ils pas une régularisation entre le méridien principal et la profondeur? Or notons que les vaisseaux Luo ont également des connexions viscérales (Lo longitudinal), et des connexions avec le méridien couplé (Lo transversal).
« Les Jing Bie relient les organes et les textures du corps, au sens histologique, que n’atteignent pas les trajets des Jing Mai. Ils complètent l’action des Jing Luo, ils renforcent et harmonisent dans l’intervalle médian des méridiens ce système de liaison et de libre communication entre intérieur et extérieur… » (29).
D’autre part la symptomatologie des vaisseaux Luo décrite dans le chapitre X du Ling Shu est différente de celle du chapitre 63 du Su Wen; tout en ayant malgré tout quelques similitudes, qui s’expliquent par leur même action physiologique:
Chapitre X Ling Shu
Chapitre LXIII Su Wen
Méridiens
(Chamfrault, Milsky & Andrès)
(Chamfrault, Milsky & Andrès)
Poumon
plénitude: paume des mains
très chaude
vide: bâillement, toux,
pollakiurie
traitement: 7 P
Cœur
plénitude: gêne au
diaphragme
vide: ne peut pas parler
traitement: 5 C
Maître du cœur
plénitude: chaleur au cœur
vide: raideur du cou
traitement: 6 MC
Chapitre X Ling Shu
Chapitre LXIII Su Wen
Méridiens
(Chamfrault, Milsky & Andrès)
(Chamfrault, Milsky & Andrès)
Intestin grêle
plénitude : gêne aux articulations du coude et de l’épaule vide : boutons au niveau de la peau traitement: 7 IG
Gros intestin
plénitude : odontalgie, douleurs aux gencives, surdité vide : sensation de froid aux gencives et aux dents traitement: 6 GI
– dyspnée, côtés gonflés,
douleur à la poitrine
traitement: 1 GI + Il P côté
opposé
– surdité par intermittence,
acouphènes
traitement: 1 GI côté opposé
9 MC côté opposé
– odontalgie
traitement: à l’opposé
Triple réchauffeur
plénitude : contracture du coude vide : articulation du coude relâchée traitement: 5 TR
angine, langue rentrée,
révulsée, bouche sèche,
malaise au cœur, douleur à la
partie externe du bras
empêchant la main d’être
portée à la tête.
traitement: 9 MC + 1 TR
côté opposé
Vessie
plénitude : nez bouché, douleurs à la tête et au dos vide : épistaxis traitement: 58 V
– douleurs aux épaules, au cou,
à la tête, spasmes musculaires
au dos et aux côtés du corps.
traitement: 67 V côté opposé
Vésicule Biliaire
plénitude: jambes glacées vide : jambes paralysées, le malade ne peut pas marcher traitement: 37 VB
– douleurs aux côtés du
thorax, difficulté à respirer,
toux, transpiration.
traitement: 44 VB côté
opposé
– douleurs à l’articulation de la
hanche
traitement: 30 VB
Chapitre X Ling Shu
Chapitre LXIII Su Wen
Méridiens
(Chamfrault, Milsky & Andrès)
(Chamfrault, Milsky & Andrès)
Estomac
perturbation énergétique : angine, le malade devient muet plénitude : folie vide : articulations des jambes relâchées ou décharnées traitement: 40 E
épistaxis, rhinorrhée, froid aux
dents du maxillaire supérieur
traitement : 45 E + 44 E côté
opposé
Rate Pancréas
perturbation de l’énergie : troubles intestinaux comme dans le choléra plénitude : douleurs dans les intestins, douleurs dans tout le corps (grand Lo) vide : gonflement intestinal, articulations relâchées (grand Lo) traitement: 4 RP ou 21 RP(grand Lo)
douleurs à la région rénale,
irradiant au bas ventre et aux
côtés du corps empêchant de
se renverser en arrière.
traitement: 2 VG ou 34 V
Reins
perturbation de l’énergie : malaise à la poitrine plénitude: ne peut aller à la selle, ni uriner vide: douleurs dans la région rénale traitement: 4 R
– douleurs au cœur,
gonflement à la poitrine et
aux côtés.
traitement: 2 R
– angine avec gêne pour
avaler, se met en colère sans
raison
traitement: 1 R des 2 côtés
Foie
perturbation de l’énergie : scrotum brutalement enflé plénitude : allongement du scrotum et verge vide : démangeaisons au scrotum traitement: 5 F
douleur brutale aux parties
génitales ou hernie
traitement: 1 F côté opposé
pour tous les méridiens ayant
symptomatologie
Douleur intermittente suivant
le trajet du « » Vaisseau
secondaire » ou du méridien.
traitement: point Ting côté
opposé + point Ashi.
A la lecture du tableau, on constate que la symptomatologie décrite dans le Su Wen est suffisamment différente de celle du Ling Shu pour considérer que la piqûre Miu peut éventuellement s’appliquer aux Jing Bie, ou du moins, s’appliquer à ces maladies irrégulières (Ji Bing) maladies douloureuses unilatérales, d’origine externe, et sans atteinte du méridien proprement dit.
Ne peut-on donc alors penser que les Ji Bing sont la traduction clinique de la symptomatologie des Jing Bie?
Bref, » vaisseau secondaire » peut être synonyme de » grande liaison « , de « Luo Mai « , mais aussi dans le cas du chapitre 63 du Su W en, de « Jing Bie ».
Le rôle des Jing Bie, chargés également d’énergie Wei, énergie de défense, est de permettre au même titre que les Jing Jin de lutter contre les énergies perverses. Mais à la différence des Jing Jin, qui ont un trajet superficiel, les méridiens distincts pénètrent dans les entrailles ou les organes.
Comme les Jing Jin, les méridiens distincts commencent donc aux extrémités ou plutôt au niveau des grosses articulations (genou, hanche, épaule), circulent dans la profondeur, et se terminent tous à la tête, dans les méridiens Yang. De là, existent des branches secondaires qui se croisent au sommet du crâne au point 20 VG (Baihui), encore appelé « Cent réunions « .
L’étude des trajets des Jing Bie permet de déduire les zones de réunion qui unissent un méridien distinct Yang à un méridien distinct Yin, mais aussi à un ou deux méridiens principaux Yang. On aura ainsi deux zones d’union, jonctions inférieures et supérieures:
Jonction
Jonction
Jing Bie
inférieure
supérieure
Rein – Vessie
40V
10V
Foie – Vésicule Biliaire
2RM
1VB
Estomac – Rate Pancréas
30E
1E
Intestin grêle – Coeur
1C
1V
Triple Réchauffeur – Maître Coeur
16TR
Gros intestin – Poumon
18GI
Il est donc intéressant de constater que tous les méridiens Yin ou Yang se terminent, selon Chamfrault, au niveau de la tête ou du cou, et que d’autre part, le 20 VG est le point de passage obligé de la circulation des méridiens Yang de droite vers les méridiens Yang de gauche, et vice-versa (6).
Le blocage de l’énergie perverse peut se réaliser aussi au niveau des zones de jonction et du point « Cent réunions « . Et si le Xie n’est pas chassé d’un méridien distinct, il passera automatiquement dans l’autre opposé.
D’où la technique du traitement à l’opposé qui utilise les deux points Ting du couple gauche de Jing Bie, si l’atteinte est à droite. Piquer les points Ting à l’opposé permet d’une part, de rétablir l’équilibre des deux parties du corps droite et gauche, par la circulation organesentrailles; d’autre part, d’attirer l’ énergie Wei dans le méridien distinct perturbé, afin de combattre le Xie situé en profondeur.
Il faudra rajouter les points lu à piquer de chaque côté (voir explication au chapitre précédent).
En outre les points de tonification du méridien principal et de son méridien couplé seront piqués du côté atteint. En effet, le Jing Bie étant en excès, le méridien principal se retrouve en déficit énergétique.
Enfin, ne pas oublier de disperser l’énergie perverse superficielle aux points Ahshi.
En conclusion, voici le tableau récapitulatif du traitement des Jing Bie.
Traitement d’une attaque de Xie dans les Jing Bie
1) piquer les deux points Ting du couple Yin- Yang du côté opposé au
Jing Bie atteint.
2) piquer bilatéralement les points lu du couple des Jing Bie Yin et
Yang.
3) piquer le point de tonification du Jing Bie atteint ainsi que celui du
méridien couplé.
4) disperser les points « Ahshi » au niveau de la zone douloureuse.
5) piquer les points de jonction.
6) piquer le point « cent réunions » : 20 VG (Baihui)
V) La méthode de Yanagiya Soreï
Appelée aussi technique des 4 aiguilles, la méthode de Yanagiya Soreï autorise une régulation énergétique par l’utilisation du cycle de destruction et celui de génération, en fonction de la règle Mère-Fils.
Cette méthode conçue par le moine Sa-Am-Do-In au XVIe siècle fut révélée en Occident par Yanagiya (25).
Elle permet soit de tonifier, soit de disperser un élément selon la loi des 5 éléments (voir chapitre 1 et 2).
Ainsi tonifier un mouvement en vide revient à :
-tonifier le point Penn de la Mère.
-tonifier le point Shu antique correspondant à la Mère sur le mouvement en déficit.
-disperser le point Penn du mouvement dominateur dans le cycle de destruction, c’est-à-dire la Grand-Mère.
-disperser le point Shu antique correspondant à la Grand-Mère sur le mouvement en vide.
De la même façon, la plénitude d’un mouvement sera dispersée en suivant la procédure suivante :
-tonifier le point Penn du mouvement dominateur dans le cycle de destruction (Ko), c’est-à-dire la Grand-Mère.
-tonifier le point Shu antique correspondant à la Grand-Mère sur le mouvement en excès.
-disperser le point Penn du fils.
-disperser le point Shu antique correspondant au Fils sur le mouvement en plénitude.
Le tableau suivant nous donne la liste complète des points utilisés grâce à la méthode de Yanagiya Soreï :
Méridiens
en vide
en plénitude
tonifier
disperser
tonifier
disperser
Foie
10 R 8 F
8P 4F
8P 4F
8C 2F
Vésicule-Biliaire
66V 43VB
1 GI 44VB
1 GI 44 VB
5 GI 38 VB
Coeur
1F 9C
10R 3C
10R 3 C
3RP 7C
Intestin grèle
41VB 3IG
66V 2 IG
66V 2 IG
36E 8IG
Maître du coeur
1 F 9 MC
10R 3MC
10R 3MC
3RP 7MC
Triple réchauffeur
41VB 3TR
66V 2TR
66V 2TR
36E l0TR
Rate-Pancréas
8C2RP
1F 1RP
1F 1RP
8P 5RP
Estomac
5 IG 41 E
41VB 43E
41VB 43E
1 GI 45 E
Poumon
3RP 9P
8C 10P
8C 10P
10R 5P
Gros intestin
36E 1l GI
5 IG 5 GI
5 IG 5 GI
66V 2GI
Rein
8P 7R
3RP 3R
3RP 3R
1F 1R
Vessie
1 GI 67V
36E 40V
36E 40V
41VB 65V
VI) Le logiciel
Le logiciel est écrit en Turbo Basic Borland. Celui-ci est un compilateur puissant qui permet d’obtenir un logiciel directement exécutable et très rapide sans utiliser l’interpréteur Basic. De ce fait, après la compilation du programme source, il suffit de taper le nom du logiciel, en l’occurrence « » ZIWU.EXE « , et l’exécution est immédiate.
Il s’agit tout d’abord de sélectionner l’heure d’été ou d’hiver. L’heure d’été est en avance de deux heures par rapport à l’heure solaire; l’heure d’hiver l’est d’une seule.
Or toutes les heures correspondant aux branches terrestres sont indiquées en heures solaires et non occidentales. Il convient donc d’effectuer la sélection afin que l’ordinateur en fasse la correction.
-Saison
Le logiciel recherche automatiquement l’heure et la date du jour. Ne pas oublier donc, chez les ordinateurs dont l’horloge n’est pas sauvegardée à la fin de la session, de notifier la date et l’heure à chaque mise sous tension.
Puis la saison sera indiquée au milieu de la première ligne.
Selon le calendrier, le printemps débute le 21 mars, l’été le 21 juin, l’automne le 23 septembre et l’hiver le 22 décembre.
Or la médecine traditionnelle chinoise décrit 5 saisons, ou du moins, 4 saisons et une 5e saison complémentaire.
Dans le Su Wen chapitre 29 « du Tai Yin et du Yang Ming « , Huang Di demande: « Pourquoi la Rate n’a-t-elle pas la souveraineté d’une saison? « . Qi Bo répond: » La Rate est Terre, elle gouverne le Centre. En toute saison elle est « ‘ soutien de famille » pour les 4 autres viscères qui lui délèguent chacun 18 jours de commandement. Elle n’a donc pas de saison propre… » (18).
Il apparaÎt donc que la cinquième saison est constituée de 4 périodes intermédiaires de 18 jours se situant entre les quatre saisons, centrées sur les équinoxes et les solstices. Et pourtant le chapitre 9 du Su W en nous donne une autre interprétation.
« Le printemps prévaut sur « ‘l’été de croissance » (Zhang Xia -6e mois), celui-ci prévaut sur l’hiver, l’hiver sur l’été, l’été sur l’automne et l’automne sur le printemps. Tel est le cycle des prédominances des saisons conformément aux 5 éléments donc chacun commande un viscère » (18).
Notons que le sixième mois du calendrier chinois correspond à la période du 7 juillet au 7 août. Ainsi la cinquième saison semble être à ce niveau qu’une seule période se situant entre l’été et l’automne, bref la fin de l’été, ou le fameux « été indien » pour les Nord-Américains.
Une étude faite par Choisnel et Dinouart a permis d’avancer des arguments solides en faveur de la seconde hypothèse (7).
Ainsi selon eux la cinquième saison, associée à l’humidité, coïncidant avec le maximum du contenu en vapeur d’eau de l’atmosphère se situe au mois d’août. Par ailleurs, est préconisée l’idée de centrer les saisons hiver et été sur les solstices, et non de les y faire débuter. D’autre part, il faut tenir compte de « l’inertie thermique de l’atmosphère » qui entraîne un décalage de 3 semaines par rapport au début de la saison du calendrier astronomique.
En conclusion, les saisons météorologiques peuvent se définir de la façon suivante:
-printemps: du 1er mars au 31 mai
-été: du 1er juin au 31 juillet
-5e saison: du 1er août au 31 août
-automne: du 1er septembre au 30 novembre
-hiver: du 1er décembre à la fin février.
Le logiciel a donc été conçu sur ces bases
-Thérapeutique
Après avoir choisi le méridien à soigner, il vous faudra sélectionner la technique de traitement, soit par les Jing Jin, les Jing Bie ou la méthode de Yanagiya Soreï.
On vous demandera ensuite s’il y a une atteinte en vide, en plénitude, ou une atteinte droite, gauche. A partir de là, la thérapeutique complète vous sera proposée.
En fait l’ordinateur aura calculé, puis comparé de nombreux paramètres en fonction de la technique employée.
* Yanagiya Soreï
Dans la méthode de Yanagiya Soreï, les 4 points tonifiants et dispersants seront comparés aux points de tonification et de dispersion saisonniers.
Si le point tonifiant ou dispersant est identique au point saisonnier, le programme le notifiera en marquant » tonification ou dispersion maximale « .
Par contre, si le point tonifiant se retrouve être un point saisonnier dispersant, et vice-versa, sera alors noté: » Action nulle « ‘. En effet un point ne peut être à la fois tonifiant et dispersant.
Le programme aura alors à cœur de déterminer un point de remplacement.
Puis après cette première phase, les 4 points de Yanagiya seront comparés à nouveau avec les 2 points horaires, actifs à l’heure de la consultation.
S’il y a intersection entre un point horaire tonifiant et le point tonifiant de Yanagiya, alors apparaîtra en exergue la phrase « tonification horaire maximale « . Même principe pour le point dispersant.
* Jing Jin et Jing Bie
Lors d’un vide d’une zone tendino-musculaire, il s’agit de piquer le point de dispersion du méridien principal en excès. Le programme va rechercher le point saisonnier dispersant, puis les points horaires.
Plusieurs cas de figures vont se présenter:
1er cas: le point saisonnier est identique au point dispersant classique.
L’action est alors optimale.
2e cas: le point saisonnier dispersant correspond au point de tonification de l’élément.
De ce fait, l’action est nulle.
3e cas: le point saisonnier dispersant correspond au point horaire dispersant selon la théorie du Zi Wu Liu Shu. On aura alors une dispersion horaire maximale.
Dernier cas: le point saisonnier dispersant est égal au point horaire tonifiant. L’action sera nulle et un point de remplacement apparaîtra.
La même méthode sera appliquée à une plénitude de Jing Jin.
En cas d’atteinte des Jing Bie, l’algorithme sera identique mais appliqué au couple des Jing Bie.
-points de remplacement
Le problème du choix à remplacer les points de tonification ou de dispersion ayant une action nulle peut être résolu par les points Mu (Mo) et les points Beishu (Shu du dos).
Ne pas les remplacer revient à utiliser une autre méthode ou effectuer un traitement déséquilibré. La technique la plus judicieuse lors des atteintes internes ou profondes est l’application des points Shu-Mu. Or, n’oublions pas que le Xie en franchissant les barrières des Jing Jin et des Jing Bie entraîne une attaque du méridien principal puis de l’organe ou de l’entraille.
De ce fait, il est tout à fait concevable de tonifier le méridien principal, ou selon le cas, de le disperser, en puncturant l’un de ces points.
– les points Beishu ou points d’assentiment Shu
Le chapitre LI du Ling Shu : « les points Iu d’organes » : « Si vous appuyez du doigt sur ces points, la douleur siégeant à l’organe correspondant est immédiatement soulagée. Il ne faut jamais puncturer ces points, qu’il y ait plénitude ou vide, il faut faire uniquement des moxas… il ne faut, en aucun cas, puncturer ces points, surtout Ka Iu 17 V, car on risque de
blesser l’organe qui lui correspond et l’on épuise l’énergie du malade » (5).
La citation est donc formelle, les points Beishu ont une action dispersante. Mais est-il cependant possible de les puncturer ?
Reprenons alors le chapitre X du Su Wen : « Ce que commandent les cinq organes » : « Il y a douze points d’assentiment lu. Tous ces points correspondent à l’énergie de l’extérieur, et c’est à ces points que l’on trouvera l’énergie perverse du dehors, d’où on pourra la chasser avec des aiguilles d’acupuncture » (5).
Pas de doute, les points Beishu sont des points « puncturables « , dispersant l’énergie perverse. Notons d’ailleurs que c’est une des voies préférentielles de pénétration du Xie.
A ce titre les points Beishu gèrent les rapports de l’organisme avec l’extérieur et permettent de traiter les états pathologiques de type plénitude (14).
Le tableau ci dessous les récapitule.
Points Beishu
Point Mu
Méridiens
assentiment
hérauts
Foie
18V
14F
Vésicule-Biliaire
19V
24VB
Coeur
15V
14VC
Intestin Grêle
27V
4VC
Maitre du coeur
14V
17VC
Triple réchauffeur
22V
5VC
Rate Pancréas
20V
13 F
Estomac
21V
12VC
Poumon
13V
1P
Gros intestin
25V
25 E
Rein
23V
25VB
Vessie
28V
3VC
– les points Mu ou points hérauts
Les points Mu, ou devrait-on dire plutôt point Mo, sont décrits partiellement dans au moins sept chapitres du Nei Jing. Tous situés sur le ventre ou le thorax, ils ont le sens de » rassemblement « , mais également celui de » tenture » (9).
Comme pour les points Beishu, ils sont à utiliser pour combattre les déséquilibres internes (entrailles-organes). Par ailleurs selon Soulié de Morant (31), les points Mu sont recommandés dans toutes les insuffisances d’énergie originelle. Faubert les compare à des robinets que l’on ouvre lorsque l’on veut renforcer un méridien carentiel (8). Luong a étudié la symptomatologie des points et en a conclu que l’atteinte de ces points donnait l’impression d’insuffisance, de blocage par non distribution du Qi. Le 17 VC (Shan Zhong) présente ainsi dans les indications: oppression, asthme bronchique; le 13 F (Zhangmen) : diarrhée, météorisme, douleurs de la région des côtes; le 14F (Qimen) : douleur de poitrine, pleurite, douleur des hypocondres; le 25 E (Tianshu) : paralysie des muscles abdominaux, gastro-entérite aiguë ou chronique… etc. (24).
On peut utiliser les points Mu non seulement pour traiter les affections internes mais aussi les affections en surface en relation avec les organes ou les entrailles correspondants. Leur fonction est donc tonifiante.
Pour terminer, notons que pour Soulié de Morant le méridien Maître du Cœur ne possède pas de point héraut. Par contre existent un point Mu des organes sexuels le 15VC et celui des vaisseaux: le 6VC (31).
Cependant la plupart des auteurs considèrent le 17 VC, héraut du méridien Maître du Cœur.
En conclusion, les Beishu sont des points à utiliser en remplacement de ceux de dispersion car ils traitent des symptomatologies de type plénitude le plus souvent consécutives à une agression extérieure (Xie). Par contre, les points Mu remplaceront sans dommage les points de tonification du fait de leur action dans les tableaux d’insuffisance et de vide d’énergie.
VIII) Conclusion
Au terme de ce travail, il est satisfaisant de constater le rendement remarquable du programme informatique dans la recherche des points ayant une efficacité optimale pour la tonification ou la dispersion.
Cependant, plusieurs problèmes sont apparus qui objectivent fort bien les ambiguïtés considérables de la Médecine Traditionnelle Chinoise. De nombreux ont été résolus. D’autres peuvent être encore source de polémique.
Ainsi le terme même de » vaisseau secondaire » sera traduit par méridien tendino-musculaire dans certains chapitres du Su Wen ou du Ling Shu; ailleurs, le terme aura la signification de vaisseau Luo et enfin dans d’autres chapitres, il s’agira des Jing Bie.
Il nous semble évident que les erreurs de traduction initiales peuvent engendrer une approche différente quant à la thérapeutique.
Pourtant tout cela ne doit pas nous détourner du but réel de l’acupuncture, à savoir soulager le patient. Et dans cet esprit, l’informatique est une aide précieuse, permettant à l’acupuncteur de se consacrer entièrement à son malade, car le libérant des difficiles contingences de raisonnement.
2) Auteroche B., Navailh P. : Le diagnostic en médecine chinoise. Maloine, Paris, 1983.
3) Bargeton Y., De L’Homme G. : Dictionnaire d’expressions techniques en médecine traditionnelle chinoise, Institut de médecine chinoise de Gong dong. Rev. fr. d.acup., A.F.A., Paris, 1987, 50, 61-71.
4) Borsarello J. : Acupuncture. Masson, Paris, 1981.
5) Chamfrault A. : Traité de médecine chinoise: Les livres sacrés de médecine chinoise., tome 2, éd. Chamfrault, Angoulême, 1981.
6) Chamfrault A., Van Nghi N. : Traité de médecine chinoise: L’énergétique humaine en médecine chinoise. tome 6, éd. Chamfrault, Angoulême, 1981.
7) Choisnel E., Dinouart P. : A propos de la cinquième saison chinoise: Premiers éléments de réflexion. Méridiens, 1986, 73-74, 125-139.
14) GuilleminotJ.-C.: Étude des points Beishu et Mo (assentiments et Hérauts). Mémoire D.I.U., Montpellier, 1988.
15) Huangfu Mi, Milsky C, Andres G. : Zhen jui jia yi jing, Les douze méridiens, Luo et branches distinctes. Rev. fr. d’acup., 1986,45,43-66; 46, 53-68; 47, 51-60.
16) Huangfu Mi, Milsky C, Andres G. : Zhen jui yi jing, Les tendons des méridiens. Rev. fr. d’acup., 1987, 50, 45-60.
17) Huangfu Mi, Milsky C, Andres G. : Zhen jui jia yi jing, La piqûre Miu. Rev. fr. d’acup., 1990, 64, 49-60.
18) Husson A. : Huang Di Nei Jing Su Wen. éd. A.S.M.A.F., Paris, 1973.
19) Kespi N., KespiJ.-M. : Fondements de la physiologie traditionnelle chinoise. Encycl. Méd. Nat., Paris, 1989, IA-4a, 1-29.
20) LafontJ.-L., GiraudJ.-P., Taillandier J. : Les muscles et les méridiens. Rev. fr. d’acup., 1986,46,17-31.
22) Lara J. : Les problèmes musculaires traités dans le So-Ouenn. La rev. fr. de méd. trad. chin., 1987, 122, 154-163.
23) Lebarbier A. : Acupuncture pratique. Maisonneuve, Moulin-les-Metz, 1975.
24) Luong J.-C. : Les points Mu. Mémoire de l’A.F.A., Paris, 1989.
25) Mary M., Bibault F. : Technique de Yanagiya et théorie des points saisonniers, traitement informatique. Méridiens, 1983, 63-64, 79-92.
26) Mary M. : Points dits ..ouverts » et traitement informatique. Méridiens, 1988, 83, 45-59. 27) Ming Wong : Ling Shu, base de l’acupuncture traditionnelle chinoise. Masson, 1987. 28) Mrejen D. : L’acupuncture en rhumatologie, Techniques traditionnelles, Bases scientifiques. Maloine, Paris, 1982.
29) Oury C. : Essai sur les Jing Bie. Rev. fr. acup., 1986,45,7-15.
30) Simatos, Salva M.-E. : Réflexions sur l’existence des méridiens tendino-musculaires, contrepoint, Bulletin de la société d’acupuncture et de stimulothérapie de Toulouse.1987, 23, 22-27.
31) Soulié de Morant G. : L’acupuncture chinoise. Maloine, Paris, 1972.
32) Sun G. : Clinical and experimental studies in ziwu liushu needling method, communication. lIe congrès mondial d’acupuncture. Paris, 5 décembre 1990.
33) Taillandier J. : Les muscles et les méridiens, l’appareil locomoteur. A.F.E.R.A. Nîmes, 1989, 43-61.
34) Tang Shude, Wang Guliang, Wang Xianyan : Zi Wu Liu Shu, midnight-noon ebb,flow theory. Jo. of chin. med., 1990, 33,41-42.
35) Tai Thu N., Lafont J.-L. : Utilisation thérapeutique des points Shu. Méridiens, 1983, 61-62, 145-157.
36) Van Nghi N. : Pathogénie et pathologie énergétique en médecine chinoise. Don Bosco, Marseille, 1971.
37) Van Nghi N., Fisch G., KaoJ. : An introduction to classical acupuncture, Amer.Jour. of clin. Med., 1973, 1, 75-83.
38) Van Nghi N. : Dissertation sur les sites et les voies énergétiques, discours sur les territoires cutanés; essai sur les Jingluo. La rev. fr. de méd. trad., 1986, 114, 17-20.
Résumé: La base de la Médecine Traditionnelle Chinoise s’appuie sur le concept du Temps et de ses rythmes. Les Branches Terrestres (« Di Zhi ») et les Troncs Célestes (« Tian Gan »), à l’origine du cycle sexagésimal, permettent d’expliquer les grands mouvements énergétiques, de concevoir un système de prévisions météorologiques, et de prévoir l’émergence d’une éventuelle chronopathologie. Après une définition des rythmes biologiques selon les conceptions occidentales puis une étude bibliographique de la chronopathologie circadienne et circannuelle, l’union des « Tian Gan » et des « Di Zhi » est analysée dans le but d’établir un protocole d’aide efficace à la détection des événements climatologiques et chronopathologiques intervenant durant le cycle sexagésimal. Le troisième chapitre est consacré à la confrontation des climats de la Chine et de la France, fait accéder dans une certaine mesure à la saisie des conditions d’application de la chronopathologie issue du Nei Jing Su Wen, sujet du quatrième chapitre. Les cinquième, sixième et septième chapitres ont pour objet, tout d’abord le calcul des conditions climatiques d’une année du cycle sexagésimal, puis la description météorologique des années 1987 à 1992 en fonction des données chinoises, enfin les corrélations entre les prévisions chinoises et les relevés météorologiques fournis par Météo France.
Une étude épidémiologique de type cas-témoins portant sur 7342 actes médicaux a ensuite établi des liaisons entre les saisons et la chronopathologie occidentale. Puis, des correspondances ont été recherchées entre ces données et les connaissances provenant de la Médecine Traditionnelle Chinoise. L’association humidité-précipitations fut examinée dans le but de trouver la genèse des douleurs rhumatologiques concernant le » Bi Fixe’. Pour clore ce travail, la finesse des observations chinoises qui associaient depuis la nuit des temps le Bois au Printemps, et le Foie aux allergies, est confirmée par la découverte, selon la méthode du cosinor, d’un rythme circannuel des syndromes allergiques avec une acrophase printanière. Mots clés : Chrono-acupuncture, branches terrestres, « Di Zhi, troncs célestes ‘Tian Gan’, rythmes biologiques, chronopathologie, épidémiologie, prévisions météorologiques, climatologie, saisons, humidité, rhumatologie, ‘Bi fixe’ , allergie, cosinor.
Abstract: The basis of traditional chinese medicine depends on the concept of time and its rythms. The terrestrial branches (‘Di Zhi’) and the celestial trunks (‘Tian Gan’), at the beginning of the sexagesimal cycle allow the possibility of explaining great energy movements, of conceiving a system of meterorological forecasting and of predicting the emergence of an eventual chronopathology. Following a definition of the biological rythms according to western ideas, and then a bibliographic study of circadian and circannual chronopathology, the author carries out a study of the union of the ‘Tian Gan’ and the ‘Di Zhi’ with the object of establishing a protocol of an effective means for detecting climatological and chronopathological changes taking place during the sexagesimal cycle. The third chapter, dealing with a comparison 01 the climates of China and France, to a certain extent gives an idea of understanding the conditions for making use choronopathology such as it derives from the neil jing su wen, wich is the subject of the fourth chapter. The aim of chapters 5, 6 and 7 is, first of all, to show how to calculate climatological description of the years from 1987 to 1992, according to chinese data, and finally come the correlations between the chinese predictions and the meteorological records provided by Meteo France.
An epidemiological study of the type case-witness relative to 7, 342 medical operations has subsequently established the link between the seasons and western chronopathology. Next the author carried out a study to find the links between these data and the knowledge coming from traditional chinese medicine. An examination was made of the association between humidity and rain tall 50 as to discover the source of rheumatic pains connected with ‘stationary bi’. To bring this work to a close, the author established the exactitude of Chinese observations, which since the dawn of time has linked the the ‘awood of the springtime’ to the liver with its allergies, by the discovery, using the cosinor method, of the circannual rhythm of the allergy syndromes with a springtime acrophase. Keywords : chrono-acupuncture, terrestrial branches, ‘Di Zhi’, celestial trunks, ‘Tian Gan’, biological rythms, chronopathology, epidemiology, meteorological predictions, seasons, humidity, climatology, rhumatology, allergy, cosinor.
Le comportement des êtres vivants semble toujours avoir été marqué par les variations périodiques de l’environnement. Le cycle des marées, la rotation de la Lune autour de la Terre, les solstices de l’hiver et de l’été, les équinoxes de l’automne et du printemps en sont les exemples les plus connus.
Les néo-confucianistes de la dynastie des Song (960-1280) élaborèrent à partir des spéculations taoïstes un système métaphysique concernant la formation du monde à partir d’un état primordial chaotique et ténébreux où le Yin et le Yang étaient confondus.
Cet univers est éternel mais évolue par périodes de 129600 années au bout desquelles une catastrophe ramène le chaos suivi d’une nouvelle formation du monde.
Les astrophysiciens du XXème siècle ne sont pas très éloignés de cette théorie. Ils parlent d’une formation de l’univers à partir du fameux big bang, survenu il y a environ 15 milliards d’années. L’univers serait en expansion pendant encore 22 milliards d’années, puis se rétracterait afin de revenir au point de départ et entraîner le big crunch. A nouveau, expansion suivie d’un autre big-bang, etc… Bref chaque période durerait 114 milliards d’années.
Au sein du monde visible et invisible que représente le Tao du Yi Jing, le mouvement produit le Yang, puis quand il s’épuise et aboutit au repos, celui-ci produit le Yin, et le processus recommence, donnant naissance aux Cinq Eléments (Eau, Bois, Feu, Métal, Terre) qui sont des Energies (Qi).
Ainsi, selon la Pensée Chinoise, tous les phénomènes de la Nature ne sont que le produit des oscillations cycliques de deux énergies contradictoires mais aussi complémentaires: le Yin et le Yang.
Cette alternance, le système des cinq mouvements et celui de la grande circulation de l’Energie ne sont-ils pas une approche typique de l’observation des phénomènes rythmiques ?
Les cycles naturels n’ont-ils pas un rôle déterminant sur la physiologie humaine ?
A partir de la prévision météorologique des saisons, les acupuncteurs traditionnels chinois en déduisent l’arrivée de certains troubles pathologiques.
Selon l’union de la Branche Terrestre et du Tronc Céleste, ils peuvent déterminer le climat dominant, agressif en fonction de la saison, puis soigner le Mal avant qu’il n’apparaisse chez la personne à risque.
De même, chaque saison est en corrélation avec un organe lié à un méridien. Et ce méridien sera d’ordinaire préférentiellement atteint au cours de la saison en correspondance, d’où les possibilités thérapeutiques préventives. Mais, est-on en droit de considérer que ce traitement applicable en Chine, le soit également en Europe?
Et les maladies résultantes sont-elles réellement en rapport avec ces éventuels rythmes?
Ne pouvons-nous pas alors prévoir l’émergence de certaines pathologies et les traiter de manière prophylactique? Est ce vraiment possible dans un pays comme la France, qui a priori n’a pas les mêmes conditions climatiques que la Chine?
Bref, peut-on utiliser dans un pays européen toutes les données issues du Su Wen, en particulier les chapitres consacrés à la rythmologie du Temps et des Saisons, dont l’origine est à l’évidence tout à fait chinoise.
Autant de questions auxquelles la Médecine Traditionnelle Chinoise, mais aussi la Médecine Occidentale s’appliquent à répondre.
En fonction des données météorologiques du Nord de la France, et à partir d’un fichier de 7342 actes répartis sur une période de 5 ans et concernant une population de 1337 personnes, une enquête épidémiologique rétrospective de type cas-témoins a tenté d’établir des corrélations entre saisons, maladies et rythmes biologiques.
« Il y eut ensuite des ‘Sages de second ordre’ (Xian Ren) qui, éveillés aux lois de la nature à l’image de la lune et du soleil, surent reconnaître le zodiaque, le sens des flux du Yin et du Yang et distinguer les saisons. Par les mêmes voies que dans la haute antiquité ils s’efforçaient d’accroître leur longévité, mais seulement dans une certaine limite » (Huang Di Nei jing Su Wen : de la pureté naturelle dans la haute antiquité) (55).
RYTHMES BIOLOGIQUES SELON LA MEDECINE OCCIDENTALE
DEFINITIONS D’UN RYTHME BIOLOGIQUE
Le rythme biologique peut être représenté par une fonction sinusoïdale, quantifiée par l’utilisation du modèle mathématique du Cosinor (50,82). Cette fonction sinusoïdale correspond à la formule suivante:
Y (t) = M + A Cos (ω t + Φ)
(t est le temps; ω est la fréquence angulaire = 2 π / τ )
Cette modélisation permet la description de quatre paramètres.
a) La période τ
C’est la durée d’un cycle complet de la variation biologique, exprimée généralement en unité de temps (seconde, minute, heure, jour ou année). Cet intervalle est mesuré entre deux sommets (acrophase) ou deux creux (bathyphase). Par exemple, le cortisol plasmatique a une période de 24 heures entre les 2 pics de sécrétion. Cette période peut également être exprimée en degrés: 24 heures est équivalent à 360°. (82,50,94).
A partir de l’étude des ces différentes périodes, on a distingué plusieurs grands domaines de rythmes:
-les rythmes ultradiens dont la période τ est inférieure à 20 heures;
-les rythmes circadiens: la période est comprise entre 20 et 28 h, généralement 24 heures;
-les rythmes infradiens dont la période est supérieure à 28 heures, subdivisés eux-mêmes en rythme circamensuel (1 mois), rythmes circannuels (τ = 1 an).
b) L’acrophase Φ
C’est l’intervalle de temps estimé pour atteindre le sommet d’une variation biologique de période τ. C’est la localisation temporelle exprimée, par exemple, en heures et minutes de l’emplacement du pic ou du sommet de la fonction sinusoïdale, mais aussi en degrés (exemple: 1 heure = 15°). A l’opposé, la bathyphase est le moment où la variation biologique est à son amplitude minimale, à l’emplacement du creux.
c) L’amplitude A
C’est la différence des valeurs entre le moment du pic et celui du creux. Elle est égale à la moitié de la variation totale du changement rythmique pour la période considérée.
d) Le mésor M
C’est la moyenne ajustée du rythme de période τ , niveau moyen de la variation biologique rapporté à la durée de la période.
Un rythme biologique peut donc être caractérisé par ce modèle mathématique, à condition que la variation ne s’écarte pas trop de la fonction sinusoïdale et qu’elle soit statistiquement significative par la méthode des moindres carrés.
CARACTERISTIQUES D’UN RYTHME BIOLOGIQUE
Les rythmes biologiques ont une origine génétique, mise en évidence chez les mouches Drosophiles par Konopka et collaborateurs (62) et l’équipe de Bargiello (5). Ainsi, le chromosome X est porteur d’un gène « per » qui contrôle la longueur de la période activité-repos et celle de la ponte. Il existe aussi ungène « clock » qui contrôle la phase de certains rythmes. Par ailleurs, Reinberg et collaborateurs ont constaté que les rythmes circadiens de l’excrétion urinaire des 17-hydroxycorticostéroïdes avaient davantage de caractéristiques communes chez des jumeaux monozygotes qu’entre des jumeaux dizygotes (93).
Les noyaux suprachiasmatiques (NSC), formation hypothalamique bilatérale située près du chiasma optique, sont une des horloges biologiques ou oscillateurs, responsables de certains rythmes circardiens, en particulier ceux des sécrétions de l’ACTH, de la prolactine, et du comportement de la faim et de la soif, mais aussi le rythme éveil-sommeil (94,65). Moore a ainsi démontré que la destruction des NSC entraînait la disparition plus ou moins totale de ces rythmes. A noter que les sécrétions persistent, mais sans variation temporelle (76).
D’autres oscillateurs semblent exister, comme l’atteste la persistance de l’activité circadienne corticosurrénalienne du rat, et cela, malgré l’abolition du rythme de l’ACTH par destruction du NSC (109). La glande pinéale (épiphyse), autre oscillateur des rythmes circadiens régulée par l’intensité lumineuse, secrète la mélatonine, responsable de la régulation de l’axe hypothalamo-hypophysaire au cours du nycthémère (104,119).
Une équipe strasbourgeoise a démontré d’ailleurs le rôle d’un gène baptisé CREM dont la surexpression nocturne entraîne une puissante répression de la transcription génique AMPc dépendante, d’où éventuelle interruption ou ralentissement des métabolismes neuro-endocriniens liés à l’épiphyse et aux noyaux suprachiasmatiques (58).
Enfin chez l’homme, il a été démontré que des oscillateurs corticaux gouvernent vraisemblablement les rythmes circadiens des activités complexes (35).
Ces horloges biologiques sont elles-mêmes sous le contrôle des synchroniseurs (50). Un synchroniseur est un ou plusieurs facteurs de l’environnement capables de régler les oscillateurs et la période des rythmes circadiens. Cela peut correspondre à l’alternance du jour et de la nuit, mais aussi à celle des saisons. Notons cependant que la suppression des synchroniseurs, comme cela a été fait dans les expériences d’isolement en grotte souterraine (101,102,3), laisse persister les rythmes circadiens, mais avec généralement une période naturelle allongée à 25 heures environ chez l’homme sain (10,94).
CHRONOPATHOLOGIE
La chronopathologie est l’étude des variations périodiques d’une maladie, et des altérations persistantes de la structure temporelle, qu’elles soient résultat ou cause du processus pathologique (94).
Depuis bien longtemps, les médecins savent qu’une crise ulcéreuse digestive, selon son horaire, sera soit d’origine gastrique, soit d’origine duodénale. La crise de goutte disparaît toujours au chant du coq. Le dérouillage et la douleur matinale sont typiques de la polyarthrite rhumatoïde.
D’autre part, à côté de ces rythmes circadiens, on connaît aussi les rythmes annuels: les dépressions saisonnières, les épidémies de grippe hivernale, les rhinites allergiques du printemps ou de l’été …
Ainsi, la chronopathologie est étudiée actuellement dans tous les domaines de la médecine.
Appareil cardio-vasculaire
Rythmes circadiens
* L’hypertension artérielle
L’acrophase des pressions systolique et diastolique se situe respectivement à 18 et 22 heures. Les pressions sont à leur bathyphase durant le sommeil, puis s’elèvent progressivement juste avant le réveil, de même les sécrétions de catécholamines et la fréquence cardiaque. L’acrophase de sécrétions de catécholamines se situe vers midi; celle de la fréquence cardiaque entre midi et 16 heures. Chez l’hypertendu, tous ces rythmes circadiens persistent (94).
* L’infarctus du myocarde
Dans une étude portant sur 2999 patients hospitalisés pour infarctus du myocarde en phase aiguë, Muller a mis en évidence un pic de survenue entre 6 heures et midi, la fréquence la plus élevée étant retrouvée à 9 heures. La fréquence de survenue de l’infarctus est de 1,26 fois plus élevée dans la période de 6 heures à midi que la moyenne des fréquences des trois autres tranches horaires (79).
Toujours selon l’équipe de Muller, il existe un 2ème pic de fréquence,moins important entre 19 heures et 20 heures.
Pour Hjalmarson, 28% des infarctus ont un pic de fréquence entre 6 heures et midi. Le 2ème pic de fréquence (25% des infarctus) entre 18 et 24 heures (54).
Une troisième équipe a également mis en évidence une nette augmentation de la fréquence de survenue de l’infarctus entre 6 heures et midi, fréquence multipliée par 1,8 par rapport à la fréquence moyenne des 3 autres tranches de 6 heures (121). A noter que la prise de bêta-bloquants supprime ou modifie le rythme circadien de l’infarctus (79,121,54).
* L’angor
Nademanee a constaté sur les holters des 24 heures de 68 patients ayant un angor chronique stable, un pic de fréquence des épisodes ischémiques cliniques et silencieux entre 8 heures et 15 heures (81).
Rocco, dans une étude portant sur 32 patients ayant un angor chronique stable, 39% des épisodes de sous-décalage du segment ST sont survenus entre 6 heures et midi sans qu’il y ait augmentation de la fréquence cardiaque ou de l’activité physique (96).
L’angor de Prinzmétal évalué chez 13 patients sur Holter de 48 heures montre un sus-décalage de ST très nettement prédominant entre 0 heure et 8 heures (114).
Yasue a évalué 13 patients ayant un angor de Prinzmétal par épreuve d’effort le matin entre 5 heures et 8 heures, puis dans l’après-midi du même jour de 15 à 16 heures. Ces auteurs ont induit une crise angineuse avec sus-décalage de ST, le matin, chez tous les patients. Deux patients seulement ont eu une crise dans l’après-midi (123).
* Les morts subites
Une prédominance matinale des arrêts cardiaques a également été notée par l’équipe de Muller. En effet, l’étude de l’heure de décès des 2203 patients de l’Etat du Massachusetts, morts subitement par arrêt cardiaque en 1983 objective un pic de fréquence entre 7 heures et Il heures, avec un second pic moins important entre 17 heures et 18 heures (78).
Willich, dans une étude prospective portant sur une cohorte de 5209 sujets suivis pendant 38 ans a enregistré 33% de morts subites entre 6 heures et 12 heures. En outre, le risque horaire de mort subite entre 7 heures et 9 heures est d’au moins 70% plus important que pour les autres 22 heures de la journée (120).
Plus récemment, 1423 arrêts cardiaques ont été analysés par l’équipe de Levine à Houston entre le 1er décembre 1989 et le 30 novembre 1990. L’existence d’un rythme circadien a été démontré de façon très significative (p<O,OOOl). Il existe un minimum aux environs de 3 heures du matin, puis le rythme des décès s’accélère très rapidement à partir de 6 heures et passe par un pic aux environs de midi. La fréquence des décès diminue alors très progressivement entre midi et 2 heures du matin (69).
* Arythmies
Cugini a mis en évidence un pic de fréquence de survenue des arythmies supra-ventriculaires graves à type de flutter ou fibrillation auriculaire, entre 8 heures et 11heures chez 87 patients (24).
En conclusion, toutes ces études suggèrent qu’il existe un rythme circadien des pathologies cardio-vasculaires avec une acrophase entre 6 heures du matin et midi. Divers mécanismes déclenchants matinaux ont été mis en évidence. Ainsi le pic de sécrétion matinal des catécholamines (adrénaline et noradrénaline) (118, 94), l’élévation de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque qui accroissent les besoins myocardiques en oxygène (73), et enfin l’hyperagrégation plaquettaire au cours de la matinée (111,87) avec à l’opposé une activité fibrinolytique du sang diminuée (98,2) sont les principaux événements responsables de ces pathologies. Ces différents processus ayant une intensité accentuée le matin, expliqueraient l’évolution de la plaque d’athérome vers la formation d’un thrombus occlusif (infarctus, mort subite, accidents vasculaires cérébraux) ou non (angor instable) (79,26). Les thérapeutiques doivent prendre en considération cette période matinale de vulnérabilité et l’heure d’administration du médicament doit être étudiée. A cet égard, un bêta-bloquant d’action prolongée pris au coucher, ou un bêta-bloquant d’action rapide pris le matin, aura une meilleure efficacité (86,94).
Rythme circannuel
* Thromboses coronaires et cérébrales
La mortalité par infarctus du myocarde ou par accident vasculaire cérébral, en rapport avec une thrombose ou une embolie, suit un rythme circannuel avec une acrophase en hiver (janvier, février). Les auteurs expliquent ce fait par l’augmentation de la viscosité sanguine, des hématies et des plaquettes associée à une baisse du taux d’antithrombine III au cours de l’exposition au froid de l’hiver (60).
Entrican observe également que les artériopathies coronariennes et cérébrales sont beaucoup plus fréquentes en décembre et janvier (30). D’autres travaux (28,88) arrivent aux mêmes conclusions : les maladies cardio-vasculaires, en particulier les infarcissements myocardiques, ont une incidence surtout accrue durant les mois hivernaux de janvier et février.
* Embolies périphériques
C’est toujours en hiver qu’une acrophase a été objectivée pour les embolies périphériques, en particulier dans les artères fémorales (20). En ce qui concerne les thrombo-embolies veineuses, un rythme saisonnier avec un pic en décembre, janvier, et, une bathyphase en juillet, août, a été aussi observé (30).
Neurologie
Rythme circadien
* Accidents vasculaires cérébraux
Comme pour les accidents ischémiques myocardiques, un pic de fréquence maximale est observé entre 6 heures et midi (80).
Rythme circannuel
* Hémorragies intra-cérébrales
Une périodicité saisonnière fut notée chez 118 patients hospitalisés de 1970 à 1975 avec le diagnostic d’hémorragie intra-cérébrale. Le pic du plus grand nombre de cas a été retrouvé chaque année en janvier et février. Ce rythme circannuel a été démontré selon l’analyse par la méthode du Cosinor, l’acrophase se situant le 24 janvier, avec un intervalle de confiance à 95 % (p<0,05) entre le 23 novembre et le 4 mars. Cette périodicité coïncide avec celle des mortalités dues aux maladies cardio-vasculaires ou cérébro-vasculaires (89).
Obstétrique
Un rythme circannuel des naissances a été objectivé par une étude statistique des 12 035 680 nouveau-nés français mis au monde entre le 1er janvier 1968 et le 31 décembre 1982 (49). Cette enquête montre que le nombre de conceptions est au maximum en été, minimum lors de l’hiver. De ce fait, la répartition des naissances représente une courbe sinusoïde, avec une acrophase au printemps (en mai), et une bathyphase en automne (début novembre). Cette étude confirmait les résultats d’un précédent travail effectué sur 5 927 978 naissances françaises des sept années 1968 à 1974 (48).
Psychiatrie
Rythme circadien
* Insomnie
L’heure d’endormissement est régulée par le rythme circadien de la température corporelle. Ce sont les expériences d’isolement temporel (101,102,3) qui ont permis de montrer ces liens étroits. Ainsi, les horaires les plus propices à l’endormissement correspondent à la 3ème ou 8ème heure avant le minimum thermique. En règle générale, le minimum thermique, étant entre 5 et 8 heures du matin, entraîne donc un endormissement physiologique vers 23 heures ou 3 heures du matin (105).
De ce fait, des horaires d’activité irréguliers, tels le travail de nuit, le travail posté, ou même le décalage horaire lié au franchissement des fuseaux horaires par avion vont désynchroniser de façon notable les rythmes circadiens (36).
En effet, en l’absence de repères temporels externes, l’alternance veille-sommeil maintient sa régularité mais la période du rythme s’allonge pour prendre une valeur de 25 heures environ. Les relations entre le sommeil et la courbe thermique se maintiennent, les deux rythmes demeurent synchronisés, bien que le début du sommeil se rapproche du minimum thermique et que le réveil spontané apparaît lors de la remontée de la température (10,101,102,3).
Rythme circannuel
* La dépression saisonnière
Le syndrome dépressif saisonnier réunit les caractéristiques habituelles des dépressions endogènes ou mélancoliques, mais contrairement à celles-ci, il y a une augmentation de l’appétit vis-à-vis essentiellement des hydrates de carbone avec prise de poids et non une anorexie avec perte de poids; il y a une tendance à l’hypersomnie au lieu de la classique insomnie; et surtout il y a une récidive rythmée par les saisons avec un début au mois d’octobre et une fin au printemps en avril, en passant par une acrophase en plein hiver (janvier) (97,106,70).
Ces dépressions hivernales sont très sensibles à la photothérapie sous une intensité de 2500 lux environ (104, 105). L’exposition à la lumière intense inhibe la libération de mélatonine par la glande pinéale (épiphyse) qui serait donc un autre oscillateur des rythmes circadiens, au même titre que le noyau supra-chiasmatique (104,119). Ceci permettrait de resynchroniser les rythmes circadiens, en particulier, celui de la mélatonine, très perturbé par un effondrement de son taux plasmatique (97,105).
Tout récemment, deux études canadiennes du Dr Lam ont décelé des anomalies oculaires chez les patients atteints de dépression saisonnière, en particulier une diminution de la sensibilité rétinienne à la lumière (19,66). Cela pourrait expliquer la rythmicité hivernale de cette affection qui culmine en hiver lors des journées à ensoleillement court.
* Dépressions estivales
Wehr, Rosenthal, Sack ont décrit un tableau à l’inverse de celui de la dépression saisonnière hivernale, marqué cette fois-ci par une dépression estivale associée à une manie ou une hypomanie hivernales. Ce tableau pourrait être corrélé par le nombre de dépressions endogènes et de suicides à la fin du printemps. Le traitement repose sur l’application de froid (116).
* Dépressions endogènes
Elles correspondent essentiellement aux psychoses maniaco-dépressives. L’incidence du déclenchement des épisodes est culminante au printemps et en automne. Ceci est une donnée classique qui a été vérifiée statistiquement (4,105). D’autre part, les études épidémiologiques portant sur les variations saisonnières des suicides montrent que les taux sont plus élevés au printemps et en automne, avec une bathyphase hivernale (3,104). Ces périodes, printemps et automne, coïncident avec les équinoxes. Ce sont les périodes des plus grandes variations de la longueur du jour qui entraîneraient une désynchronisation des rythmes circadiens (4,104).
Une étude de Maes, parue dans l’American journal of psychiatry de septembre 1993, réalisée sur les registres officiels de Bruxelles concernant près de 20000 suicides survenus pendant la période de janvier 79 à décembre 1987, montre également une fréquence accrue au printemps et en été, en fonction de l’âge et de la violence de l’acte. L’acrophase, tous critères confondus, est cependant située en avril-mai, la bathyphase en décembre janvier (31).
Allergologie
Rythmes circadiens
* Asthme
La majorité des crises d’asthme se produit habituellement pendant la nuit ou le matin. Elles sont observées à 75 % entre 2 heures et 7 heures du matin, avec une acrophase des dyspnées vers 4 heures (6,94).
Les conséquences les plus graves de l’asthme sont l’arrêt cardiaque et la mort. Douglas a montré que 43 % des cas de décès sont survenus entre minuit et 8 heures du matin (29).
Le mécanisme de l’asthme nocturne est expliqué par le développement d’un processus inflammatoire dans les voies respiratoires, cause d’une obstruction aiguë et immédiate. Par ailleurs, l’exposition à un ou des allergènes pendant le jour peut produire l’exacerbation des crises quelques heures après, c’est la phase retardée de l’asthme (21,27).
D’autre part, il existe des variations circadiennes endogènes du cortisol, de l’histamine, et de l’activité du système nerveux autonome. Ainsi, il est intéressant de constater que c’est au milieu de la nuit entre minuit et 4 heures que les concentrations plasmatiques de cortisol et d’adrénaline sont les plus faibles alors qu’au même moment, on a une acrophase de l’histamine plasmatique (6,7). A la même heure, le débit expiratoire de pointe est aussi au minimum, signe précurseur d’une éventuelle crise asthmatique mortelle (53,9).
* Rhinites allergiques
Une acrophase à 6 heures du matin a été retrouvée dans les rhinites allergiques concernant les symptômes suivants: éternuements, obstruction nasale, rhinorrhée (p<O,OOOl). Par contre, pas de rythme circadien concernant l’irritation conjonctivale, la dyspnée ou la toux résultante (90).
Une étude précédente, concernant 246 « rhumes des foins » avait également découvert une prévalence matinale (84).
Le mécanisme physiopathologique est tout à fait comparable à celui de l’asthme nocturne: réactions spécifiques aux allergènes et à l’histamine, sécrétion des catécholamines, etc. (90).
Rythme circannuel
* Asthme
Selon une enquête épidémiologique en Grande-Bretagne, les décès par crise asthmatique sont plus fréquents de mai à octobre, avec une acrophase en été (61).
Cette périodicité saisonnière a été récemment confirmée par une étude américaine (117), mais uniquement pour la tranche d’âge de 5 à 34 ans, avec une acrophase en juillet. Par contre, chez des sujets âgés de 65 ans et plus, c’est l’hiver, entre janvier et mars, que se situe l’acrophase. Entre 35 et 64 ans, il n’y a pas de variations saisonnières nettes. Les auteurs expliquent que l’acrophase en hiver chez les sujets âgés serait due à un excès de diagnostic chez des patients décédés en réalité d’une autre maladie respiratoire ou d’une affection cardiaque (117).
Toujours selon les mêmes auteurs, l’hospitalisation pour crise asthmatique s’observe au maximum en automne (de septembre à novembre) chez des sujets entre 5 et 34 ans, en hiver (de janvier à mars) chez les sujets de 35 à 64 ans et plus. Il n’y a pas de parallélisme entre hospitalisation et décès chez les 5-34 ans, du fait semble-t-il, que pendant la période des vacances d’été (acrophase des décès), le diagnostic est porté plus tardivement, associé à un traitement lui-même bien souvent retardé (acrophase en automne des hospitalisations) (117).
* Rhinites allergiques
Les allergies polliniques ont un pic à la fin du printemps et au début de l’été en mai et juin (18). Ceci est confirmé par le pic annuel de vente des anti-histaminiques, telle méquitazine (90).
Une étude épidémiologique concernant 765 patients a montré une acrophase au début du printemps (mars et avril), en ce qui concerne les éternuements et en janvier et février pour les rhinorrhées et les obstructions nasales, bref un pic annuel de janvier à avril, statistiquement significatif (p<0,005). A noter que l’intensité de symptômes est au plus bas de septembre à octobre (90). Selon les auteurs, cette acrophase de janvier à avril, plus précoce que prévu, (c’est à dire mai, juin) s’explique par le fait que leur échantillon étudié n’offre que 25 % de patients allergiques aux pollens de graminées alors qu’il y a 53 % d’allergiques aux poussières de maisons et le reste (13 %) est sensible aux autres pollens. Or seuls les pollens de graminées offrent une acrophase de l’allergie en mai et juin. Par ailleurs, une autre théorie fait intervenir certains facteurs endogènes:
l’acrophase des catécholamines en décembre et celle des immunoglobulines E sériques spécifiques de septembre à novembre chez les patients atopiques.
Infectiologie
Rythme circadien
Le pic de mortalité résultant d’une maladie infectieuse se situe vers 6 heures du matin (91).
Rythme circannuel
Le pic annuel de mortalité et de morbidité des infections respiratoires se situe entre janvier et mars dans tous les Etats Unis d’Amérique, que le climat soit doux ou rigoureux (91,103).
Aux U.S.A., l’acrophase des oreillons se situe de janvier à mai. Le taux le plus bas est en été et au début de l’automne (juillet, août, septembre). Les épidémies de rubéole, quant à elles, ont une acrophase plus tardive au printemps de mars à mai et une bathyphase également en été (33).
Une étude épidémiologique, faite par les « Centers for Disease Control » (CDC) d’Atlanta aux U.S.A., montre le caractère saisonnier du syndrome de mort subite du nourrisson, avec une acrophase en janvier, et une bathyphase en juillet et août. Cette acrophase se retrouve aussi pour les maladies infectieuses: acrophase en hiver, bathyphase en été. La proportion des décès en janvier par rapport à juillet est comparable, qu’il s’agisse de morts subites ou de maladies infectieuses (16). Ainsi, cette recrudescence hivernale de la mort subite du nourrisson suggère l’existence d’une causalité des infections cardiorespiratoires. Mais, le fait que certaines épidémies printanières ou estivales ne s’accompagnent pas d’une augmentation parallèle de l’incidence de mort subite du nourrisson, indique que l’infection en période hivernale n’est qu’un des cofacteurs amenant le décès (83). Enfin, notons qu’en France une équipe de l’Inserm a constaté également que la mort subite du nourrisson avait une acrophase en décembre, janvier et une bathyphase en août (14).
Endocrinologie
Rythme circadien
L’hyper ou l’hypofonctionnement d’un système endocrinien s’associe toujours à des altérations des rythmes circadiens de sécrétion. De cette façon, au cours de l’hypocorticisme (insuffisance corticosurrénalienne quelle qu’en soit la cause), ou durant l’hypercorticisme (Cushing), le rythme circadien du cortisol et des autres corticostéroïdes est complètement perturbé (94).
Par ailleurs, de nombreuses variables endocriniennes possèdent un rythme circadien: ACTH, LH, FSH, TSH, prolactine, hormone antidiurétique, hormone de croissance, aldostérone, testostérone, thyroxine, insuline, glucagon, adrénaline, etc. (94). Même chose pour les variables hématologiques: hémoglobine, hématies, plaquettes, leucocytes, lymphocytes, neutrophiles, monocytes, etc., qui possèdent également chacune leurs propres rythmes circadiens. (94,95).
Cependant, épidémiologiquement, il est très difficile d’affirmer qu’une pathologie puisse être déclenchée à une heure précise en raison de la rupture du cycle circadien d’une de ces variables sanguines.
Rythme circannuel
Les nouveaux cas de diabète insulino-dépendant ont un pic d’incidence accrue en automne et en hiver, et la bathyphase est toujours retrouvée en été (37).
Ceci a été partiellement confirmé aux U.S.A. : bathyphase en été, acrophase de janvier à avril. Néanmoins en automne, il y a aussi une remontée des nouveaux cas de diabète (33).
L’explication qui mettait en corrélation les pics d’incidence des maladies virales infectieuses (rubéole, oreillons) avec ceux du diabète n’a pas été infirmée (33).
Gastro-entérologie
Rythme circadien
L’ulcération gastro-duodénale résulte bien souvent d’un déséquilibre entre, d’une part des facteurs agressifs endogènes et exogènes, et d’autre part, les facteurs de protection.
Le facteur endogène le plus agressif est la sécrétion gastrique d’acide chlorhydrique qui montre aussi bien chez les personnes saines que celles souffrant d’ulcère duodénal, un rythme circadien indépendant des horaires de repas, avec une acrophase de l’acidité de 21 heures à 22 heures (74,75).
Les facteurs de protection: mucus gastrique, production épithéliale de bicarbonates, concentration de prostaglandines dans les tissus gastriques, mouvements ioniques, etc., possèdent également des rythmes circadiens en phase ou variant parallèlement à ceux des facteurs d’agressions, du moins chez le rat. Ainsi l’acrophase se situe de 17 heures à 18 heures environ (113).
De ce fait, la situation pathologique d’ulcère pourrait résulter d’une altération du synchronisme des fonctions d’agression et de protection. Il y aurait un déphasage d’une des fonctions par rapport à l’autre et dans ce cas, les facteurs d’agression pourraient l’emporter sur la capacité de résistance de la muqueuse (94).
Rythme circannuel
* Ulcères peptiques
Depuis longtemps, on connaît le caractère saisonnier des nouveaux cas d’ulcères peptiques ou des reprises évolutives d’anciens ulcères. Ainsi les pics d’incidence évoluent selon deux modes, soit acrophase en automne et hiver, soit au printemps et automne (56).
Ceci a été confirmé par de nombreuses études. L’équipe de Fich (32) a objectivé un pic annuel hivernal pour l’ulcère duodénal dans une population israélienne. Une autre équipe a mis en évidence des pics d’ulcérations en hiver (février) et au début de l’automne (septembre) chez 50 patients suivis pendant 5 ans par des endoscopies répétées, et cela de manière statistiquement significative (43).
Gibinski a observé aussi un pic de récurrence des ulcères en automne et au printemps chez 10 patients suivis pendant 8 ans par endoscopie tous les 3 mois {42).
Une autre étude suggère une véritable périodicité saisonnière dans l’apparition de l’ulcère gastro-duodénal, du moins dans une population vivant au nord de la Norvège (85).
Bref, il semblerait que les variations saisonnières printemps-automne ou automne-hiver, pourraient différer selon la situation géographique. Néanmoins, il est à remarquer que le volume et l’acidité de la sécrétion gastrique sont les plus élevés au printemps et en automne, ce qui peut expliquer les variations saisonnières de la maladie (94).
* Diarrhées aiguës infectieuses
L’étiologie est bactérienne (salmonella, campylobacter, escherichia coli) d’origine alimentaire mais aussi virale (rotavirus et virus Norwalk) avec importante transmission inter humaine. Les pics épidémiques se situent en hiver, généralement en janvier (47).
* Diarrhées aiguës estivales
L’acrophase de leur incidence se situe au cours de la saison chaude. Les conditions de pollution hydrique les favorisent. On les appelle de façon erronée intoxication alimentaire, gastro-entérite aiguë, ou encore grippe intestinale. En fait, il s’agit généralement de toxi-infections alimentaires dont les germes responsables les plus fréquemment isolés sont les salmonelles, le staphylocoque doré et les protéus (52).
Rhumatologie
Rythme circadien
* Polyarthrite rhumatoïde
Empiriquement, on connaît depuis toujours l’existence des recrudescences de la douleur et de la raideur matinale. Des études ont confirmé l’heure de ces douleurs. Kowanto et son équipe ont observé que l’intensité de la douleur était réellement à son acrophase entre 8 heures et 12 heures du matin (63,64).
Une autre étude réalisée chez 8 cas de polyarthrite rhumatoïde et recherchant le temps optimal d’administration du ténoxicam a également constaté un pic matinal des douleurs (92).
* Spondylarthrite ankylosante
Le plus important pic de la douleur a été observé entre 6 heures et 9 heures, mais aussi il existe un deuxième pic le soir de 18 heures à 21 heures (34).
Confirmation par l’étude de Reinberg (92), 2 pics: le matin et le soir chez 11 cas de spondylarthrite ankylosante.
* Gonarthrose, Coxarthrose
Les travaux de Lévi (68) sur 68 patients atteints de gonarthrose ou de coxarthrose ont déterminé des variations interindividuelles du rythme circadien de la douleur. 19 patients ont un seul pic de 14 heures à 20 heures; 8 ont un pic nocturne de 20 heures à 8 heures; 23 autres ont 2 pics: un en matinée et l’autre en soirée. De la même façon, les travaux de Bellamy sur l’arthrose du genou chez des patients suivis pendant 7 jours montrent des rythmes circadiens avec des variations interindividuelles (8).
Il est à noter que généralement les patients atteints d’arthrose évoluée du genou ou de la hanche ont plutôt une acrophase de la douleur en soirée, vers 21 heures (92,57). La friction mécanique expliquerait que la douleur serait plus importante en fin de période d’activité des malades.
Rythme circannuel
La périodicité annuelle montre essentiellement une recrudescence des algies durant la période hivernale. Ceci a été vérifié chez les patients atteints de spondylarthrite ankylosante. Il existe une bathyphase de la douleur en été (34).
Dans une communication à la XV ème journée de rhumatologie à Marseille en Février 93, Tavernier relate que d’après une étude hollandaise, une augmentation des douleurs arthrosiques apparaît avec le changement de température et d’humidité, surtout en période estivale.
Par ailleurs, Tavernier signale qu’une autre étude israélienne de 1990 observait que l’arthrose était plutôt aggravée par la pluie que par les variations de pression. Bref, il semblerait que le malade trouve un bénéfice psychologique en attribuant ainsi ses douleurs aux conditions climatiques plutôt qu’à la dégénérescence de ses articulations (25).
Pneumologie
Rythme circadien
Une équipe italienne a découvert un pic de fréquence matinal des embolies pulmonaires fatales (22).
Rythme circannuel
* Embolies pulmonaires
Colantonio a étudié 152 personnes décédées d’une embolie pulmonaire entre janvier 1971 et décembre 1988 (23).
Selon l’analyse par la méthode du Cosinor, il a constaté un rythme circannuel significatif (p<0,04) avec un pic en février et un intervalle de confiance à 95 % de janvier à mars.
Une autre analyse, effectuée de janvier 1970 à décembre 1986, a permis également de constater une mortalité très hautement significative (p<O,OI) suite à des embolies pulmonaires au cours des mois de novembre à février. A noter que cette étude montre que la mortalité survient dans 90 % des cas 1 mois environ après la mise en place d’une prothèse de hanche et intéresse 0,7 % des 18104 arthroplasties réalisées dans cet hôpital.
D’autre part, les auteurs font remarquer que les autres causes de mortalité (2 %) sont étalées sur toute l’année, avec un pic néanmoins, en janvier (122).
* Infections pulmonaires
Comme nous l’avons déjà vu dans le chapitre d’infectiologie, les infections pulmonaires ont une acrophase d’apparition en hiver et au début du printemps, de janvier à mars.
RYTHMES BIOLOGIQUES SELON LA MEDECINE TRADITIONNELLE CHINOISE
La base de la Médecine Traditionnelle Chinoise s’appuie sur le concept du Temps. Les traités les plus anciens, que ce soit le Nei Jing Su Wen, le Ling Shu, ou le Zen Jiu Jia Yi Jing y font constamment référence. D’ailleurs la chrono-acupuncture, forme thérapeutique de la Médecine Traditionnelle Chinoise qui s’intéresse davantage aux rythmes des saisons, au cycle du Yin et du Yang, ou, à la circulation horaire de l’énergie dans les méridiens, n’est pas comme l’on pourrait s’y attendre une spécialisation de l’acupuncture, mais plutôt un des fondements de la Médecine Traditionnelle Chinoise.
Effectivement, l’acupuncteur utilise à tout moment la théorie des cinq mouvements qui offre des analogies avec les saisons. Qui n’a pas observé l’influence du climat sur les pathologies? Ne pique-t-on pas alors en fonction de ces analogies? Tonifier par exemple le méridien de foie au début du printemps chez un allergique atteint systématiquement de « rhume des foins », voire de crises d’asthme au mois de mai.
Et pourtant, la rythmologie et la chronopathologie qui imprègnent toute la pensée médicale chinoise sont des notions encore très mystérieuses. La conception occidentale du Temps montre que celui-ci est un mouvement irréversible: passé, présent et futur. On ne peut pas retourner en arrière et le temps Présent est unique, comme l’est celui du Passé.
Par contre, la conception chinoise du Temps est tout autre. L’évolution n’est plus linéaire et irréversible, mais au contraire cyclique. Tout est éternel recommencement. Les climats, les événements météorologiques obéissent à des règles cycliques prévisibles qui vont influencer les êtres vivants et entraîner certaines pathologies en fonction de leur résistance (45,46). Ainsi un cycle de 60 ans (sexagésimal), propre à la rythmologie chinoise est à la base du calendrier chinois. Et selon l’étude des énergies de la Terre (Branches Terrestres), ou de celles du Ciel (Troncs Célestes), selon le passage des énergies invitées dans l’année, et selon les grands mouvements annuels, l’on pourra prévoir et constater des avances ou des retards dans le climat, entraînant donc, des pathologies tout à fait prévisibles.
La chrono-acupuncture, puisqu’il faut entériner malgré tout ce terme, va de ce fait, aider l’acupuncteur à prédire et traiter la pathologie chez les patients prédisposés.
Pour cela, la connaissance des dix troncs célestes et des douze branches terrestres, respectivement selon la transcription Pin Yin, les » Tian Gan » (Kan) et les » Di Zhi » (Che), est indispensable et débouche sur les traitements. Ainsi, on peut déterminer les points ouverts à certaines heures d’une journée bien précise: c’est la méthode basée sur le Jia, méthode qui répond à l’intrication des « Gan » et des « Zhi » (72,40,41,11).
La méthode basée sur le Zi permet, grâce aux douze branches terrestres, d’agir sur le méridien en le tonifiant ou en le dispersant en fonction de l’heure des marées énergétiques. Deux règles essentielles en découlent: la règle Minuit-Midi (Zi-Wu) et celle des marées des méridiens (107,108,110).
La théorie du Zi Wu Liu Zhu se subdivise donc en deux applications thérapeutiques selon qu’elle soit en rapport avec les troncs célestes (méthode basée sur le Jia), ou en rapport avec les branches terrestres (méthode basée sur le Zi), le tout régissant le flux et le reflux de la circulation du « Qi » et du « Xue’ (124,107,72).
Outre la théorie du Zi Wu Liu Zhu, il convient de rappeler que la chrono-acupuncture comporte aussi la théorie des points saisonniers. Celle-ci peut entrer dans le cadre des rythmes circannuels.
De même que pour la médecine occidentale, on mettra en exergue deux rythmes importants: circadien et circannuel.
Rythme circadien
Comme nous l’avons déjà décrit dans un précédent article, les branches terrestres vont être à la base du rythme circadien (107). Ainsi de 23 heures à 1 heure du matin va correspondre la branche terrestre Zi et le méridien Vésicule Biliaire. De 1 heure à 3 heures, branche Chou, l’énergie passera dans le méridien de Foie et y sera à son acmé. Et ainsi de suite.
Des auteurs ont ainsi remarqué que chez 100 patients hypertendus, la pression artérielle systolique et diastolique est plus élevée durant les heures des branches terrestres Shen, You et Shu (15 à 21 heures), ceci de manière statistiquement significative (p<0,05). Ils ont observé aussi que la pression la plus basse se situe à 4 heures (branche terrestre Yin). Ils expliquent que l’heure Shen, You, et Shu correspondent successivement à l’acrophase de l’énergie dans les méridiens de Vessie puis de Rein, et enfin de Maître du Cœur. De ce fait, l’hypertension artérielle essentielle serait causée par une faiblesse du Qi du méridien de Rein, conduisant à un manque d’harmonie entre le Yin et le Yang (110).
Une étude concernant la mesure des biopotentiels électriques spontanés de la peau réalisée chez 6 sujets et concernant certains points d’acupuncture a permis d’obtenir des rythmes circadiens. Ainsi l’acrophase du biopotentiel mesuré sur le IG 7 (Zhizheng) est à 14 h 39 et correspond bien à l’horaire d’activité maximale du méridien Intestin Grêle (77). Mais quoique ces résultats puissent être prometteurs, ils sont malgré tout insuffisants pour confirmer le rythme circadien des branches terrestres. Des investigations supplémentaires sont encore nécessaires.
Bref, en l’état actuel des choses, on peut cependant considérer que selon les heures des branches terrestres, la circulation du Qi et du Xue dans les Jing Luo est régulière avec des variations d’amplitude bien déterminées. En cas de blocage, de stagnation, d’insuffisance ou au contraire d’excès d’énergie ou de sang, les marées avec leur flux et reflux ne sont plus respectées, d’où la survenue d’une chronopathologie.
Rythme circannuel
« Le cycle des règnes successifs des 5 éléments répond à une année céleste. Les Yin et Yang passent et reviennent, le froid et la chaleur s’affrontent et se succèdent, des perversions s’attaquent au souffle inné, l’intérieur s’isole de l’extérieur, les 6 méridiens fluctuent, les 5 viscères se déséquilibrent, il y a des dépassements et des carences, des abus et des défaillances » (Su Wen : chapitre 69 : des « rencontres » des Qi et leurs altérations)
L’observation minutieuse des planètes et leurs déplacements dans le firmament est à l’origine de la théorie des 5 éléments. Le Bois est affecté à la planète Jupiter, le Feu à Mars, la Terre à Saturne, le Métal à Vénus et l’Eau à la planète Mercure. Les Chinois, à partir de l’origine astronomique ont établi ensuite des corrélations avec les viscères, les saisons, les points cardinaux, les pathologies etc…
« L’arrivée prématurée du froid est sous le signe de Mercure. Dans les cas graves le ventre grossit, les jambes enflent, il y a toux, sueurs nocturnes et crainte du vent. S’il survient de fortes pluies ou des brumes opaques c’est sous le signe de Saturne. S’il y a coïncidence avec la tutelle du Tai Yang (ans 53 et 23) ce sont des pluies glacées, de la neige, de la gelée blanche permanente, l’humidité altère les choses. Les maladies réactionnelles sont: réplétion abdominale, diarrhée, indigestion ». (Su Wen : chapitre 69).
A chaque saison va donc correspondre un organe, un élément mais aussi une énergie céleste.
Tableau 1
Foie
Cœur
Rate
Poumon
Rein
Printemps
Eté
5ème saison
Automne
Hiver
Vent
Chaleur
Humidité
Sécheresse
Froid
Bois
Feu
Terre
Métal
Eau
La cinquième saison peut être considérée comme une saison à part entière, ou comme quatre périodes de 18 jours se situant entre les saisons centrées sur les équinoxes et les solstices. Cependant, il apparaît que la cinquième saison doit être plutôt assimilée à un sous-ensemble de l’été.
Il est à noter que le Poumon correspond à la sécheresse mais aussi à la fraîcheur, à la brume et à la rosée. Le Foie, c’est le vent et la tiédeur. La Rate: nuages, pluies. Le Rein: froid, gelée, neige et glace.
« Le vent et la tiédeur s’apparentent au printemps. La chaleur et le feu diffus s’apparentent à l’été… Sécheresse, fraîcheur, brume et rosée s’apparentent à l’automne… » (Su Wen 71).
Chaque saison est en corrélation avec une pathologie touchant l’organe ou le viscère correspondant. En d’autres termes, au printemps par exemple, la pathologie touche essentiellement le mouvement Bois et a donc des répercussions sur le méridien de Foie ou de Vésicule Biliaire.
Les 5 mouvements se décomposent en une dualité Yin et Yang. De ce fait, chaque saison se subdivise en une période Yin et une Yang, comme il y a des méridiens Yin et des méridiens Yang.
Les Troncs Célestes » Tian Gan »
Le cycle dénaire des Troncs Célestes dérive ainsi de la théorie des 5 éléments. Le tableau 2 suivant montre les différentes relations.
Tableau 2
Mouvement
Saison
Méridien
Tronc Céleste
Polarité
Bois
Printemps
V. Biliaire
Jia 1
Yang
Foie
Yi 2
Yin
Feu
Eté
Int. Grêle
Bing 3
Yang
Cœur
Ding 4
Yin
Terre
5e saison
Estomac
Wu 5
Yang
Rate
Ji 6
Yin
Métal
Automne
G. Intestin
Geng 7
Yang
Poumon
Xin 8
Yin
Eau
Hiver
Vessie
Ren 9
Yang
Reins
Gui 10
Yin
Notons que pour Gaurier, les Tian Gan (Kan) ne concernent que les organes et non les viscères. C’est pourquoi, toujours selon lui, les troncs Célestes n’ont pas de relations avec tous les méridiens Yang. Il préfère parler de concentration (période Yang) et de manifestation (période Yin) du mouvement (38). Nous préférons de beaucoup l’interprétation de Gourion ou de Schrodi qui donnent deux classifications aux troncs célestes. La première est notifiée dans le tableau précédent: troncs 1 et 2, élément Bois, loge Foie, Vésicule Biliaire ; et ainsi de suite (45,46,99).
La seconde est aussi importante, car elle permettra de déterminer le mouvement prédominant de l’année. Cette deuxième classification associe donc les 5 premiers troncs Yang aux 5 derniers troncs célestes Yin, comme l’avait compris l’Empereur Huang Di s’adressant au Maître Céleste Qi Bo : « Je voudrais apprendre de vous les calculs sur les 5 règnes élémentaires.
Vous avez bien dit que chacun s’étendait sur une année en commençant par l’année Jia (1er tronc céleste). J’en ai parlé à Gui Yu Qu ; il dit que la Terre domine les troncs célestes 1 et 6, le Métal les troncs 2 et 7, l’Eau les troncs 3 et 8, le Bois les troncs 4 et 9 et le Feu les troncs 5 et 10″ (Su Wen : chapitre 67 : Des 5 cycles élémentaires).
Bref, on obtient donc une relation entre un tronc céleste et une année. Et chaque année sera sous le contrôle d’un mouvement selon le cycle de 10 ans. C’est le Grand Mouvement Annuel ou Grand Gouvernement Annuel. Celui-ci correspond toujours à la Terre, lors de la première année, puis les autres se classent dans l’ordre de production des 5 mouvements.
Tableau 3
Grand Mouvement Annuel
Gan
Années
Gouvernement Terrestre Annuel
Terre
Jia
1,11,21,31,41,51
Humidité
Métal
Yi
2, 12, 22, 32, 42,52
Chaleur
Eau
Bing
3, 13, 23, 33, 43, 53
Froid
Bois
Ding
4, 14, 24, 34, 44, 54
Sécheresse
Feu
Wu
5,15,25,35,45, 55
Chaleur
Terre
Ji
6, 16, 26, 36, 46, 56
Vent
Métal
Geng
7,17,27,37,47, 57
Sécheresse
Eau
Xin
8, 18, 28, 38, 48, 58
Humidité
Bois
Ren
9, 19, 29, 39, 49,59
Vent
Feu
Gui
10, 20, 30, 40, 50, 60
Froid
On remarquera d’autre part que le Gouvernement Terrestre Annuel n’est pas toujours en correspondance avec son élément. Ainsi, durant l’année Jia, à la Terre coïncide bien le Gouvernement Terrestre Annuel : Humidité; par contre, durant l’année Yi, le mouvement Métal n’est pas associé comme on pouvait s’y attendre à la Sécheresse, mais à la Chaleur qui est l’élément dominant selon le cycle » Ko’ des cinq mouvements.
On trouvera l’explication encore dans le Su Wen, au chapitre 70, traduit par Van Nghi. « L’année » Zung Ge » (Soumission/Restauration) appelée l’année « Qie Qu » désigne la circumduction annuel « Métal » en état d’insuffisance… Le Feu augment sa puissance… parce que le Métal s’affaiblit, le Feu devient excessif et sa puissance est de brûler… » (112).
Le même passage sera traduit par Husson de cette façon: « La période «d’abrogation de docilité» est celle de l’abaissement du Qi de rétraction (ans 2, 12, 22, 32, 42, 52). Son retard exalte le Qi de naissance. Si le Qi de croissance et celui de maturation conservent leur mesure, le gouvernement du Feu se fait sentir… »
Effectivement, il faut distinguer les Troncs Célestes de type Yang de ceux qui sont Yin. Le Su Wen fait d’ailleurs mention d’année en « dépassement » au règne prolongé, aux saisons en avance, et d’année en carence au règne écourté, aux saisons en retard.
« Le dépassement de la période du Métal donne cours à une sécheresse qui affecte le Bois du foie… Quand le Qi de « naissance » (Bois) est soumis à la puissance du Qi de « rétraction » (Métal), les végétaux se rétractent, la verdure sèche et se flétrit… La défaillance du Métal donne cours à un temps torride. Le Qi de « naissance » agit et le Qi de « croissance » (Feu) prévaut spécialement pour épanouir tous les êtres et faire régner une chaleur à faire fondre ». (Su Wen: chapitre 69: des « rencontres » des Qi et leurs altérations (55).
« Dans le cycle sexagésimal les années impaires sont Yang, le Qi médian est en « dépassement » ce qui se traduit par une « avance » dans les saisons. Les années paires sont Yin, Qi médian en « défaut », saisons en retard ». (55).
Les années en dépassement correspondant aux Troncs Célestes Yang possèdent donc les caractères dominants du mouvement. Les années en carence sont celles des Troncs Yin. Les caractères de l’élément correspondant étant en insuffisance, on verra alors une réaction de la Grand-mère selon le cycle » Ko » par un phénomène d’invasion. Il pourra même s’y adjoindre, dans certains cas, une réplique de l’élément fils.
« C’est ainsi que profitant d’une défaillance, le Qi qui prévaut abuse sans mesure de son avantage. Puis la réaction du fils se manifeste avec une vigueur proportionnée à la gravité de l’attaque subie par son générateur » (Su Wen : « Des 5 gouvernements normaux ») (55).
En résumé, dans le cycle sexagésimal, on pourra donc classer, selon les Troncs Célestes, des années à dépassement au cours desquelles les saisons seront en avance et sous influence climatique du Grand Mouvement Annuel, et des années à carence avec des saisons en retard sous influence du Mouvement dominateur selon le cycle » Ko » de destruction, le tout entraînant une éventuelle chronopathologie qui sera fonction de la concordance ou non des Branches Terrestres.
Les Branches Terrestres « Di Zhi »
Le cycle duodénaire et ses douze branches terrestres se combinant avec le cycle dénaire et ses dix troncs célestes forme le cycle sexagésimal. Comme nous l’avons déjà vu, les douze branches terrestres sont à l’origine des heures chinoises, mais aussi des douze mois de l’année.
L’origine du cycle duodénaire provient vraisemblablement de l’observation des planètes, en particulier de celle de la planète Jupiter. Jupiter a une durée de révolution de 11 ans et 314 jours, soit près de 12 ans. Même chose pour le cycle sexagésimal : Saturne effectue sa révolution complète en 29 ans et 167 jours, soit près de 30 ans; et les conjonctions Saturne Jupiter ont lieu tous les 59,6 ans. Bref, à rapprocher du cycle de 60 ans du calendrier chinois (45).
Le tableau suivant montre les correspondances entre les branches terrestres, les méridiens, les 12 mois de l’année, le cycle des 12 années chinoises, les 6 énergies et les climats.
« Les années 1 et 7 du cycle terrestre duodécimal sont sous le signe du Shao Yin, 2 et 8 du Tai Yin, 3 et 9 du Shao Yang, 4 et 10 du Yang Ming, 5 et 11 du Tai Yang, 6 et 12 du Jue Yin. Le Shao Yin est le « porte-enseigne » (Biao) et le Jué Yin est le dernier. Au-dessus du Jué Yin est le domaine du Vent, du Shao Yin celui de la chaleur, du Tai Yin celui de l’humidité, du Shao Yang celui du Feu Ministre, du Yang Ming celui de la sécheresse et du Tai Yang celui du froid. Ces 6 phénomènes météorologiques primordiaux sont les « troncs » (dont les ramures sont les 3 Yin et les 3 Yang) (Su Wen : chapitre 66 : Du calendrier céleste primordial) (55).
Tableau 4
Di Zhi
Méridien
Mois
Année
Energie
Climat
Zi I
V. Biliaire
Décembre
1
Shao Yin
Feu Maître
Chou Il
Foie
janvier
2
Tai Yin
Humidité
Yin III
Poumon
Février
3
Shao Yang
Feu Ministre
Mao IV
G. Intestin
Mars
4
Yang Ming
Sécheresse
Chen V
Estomac
Avril
5
Tai Yang
Froid
Si VI
Rate
Mai
6
Jue yin
Vent
Wu VII
Cœur
Juin
7
ShaoYin
Feu Maître
Wei VIII
Int. Grêle
Juillet
8
TaiYin
Humidité
Shen IX
Vessie
Août
9
ShaoYang
Feu Ministre
You X
Reins
Septembre
10
Yang Ming
Sécheresse
Xu XI
Maître Cœur
Octobre
11
Tai Yang
Froid
Hai XII
Triple Foyer
Novembre
12
Jue yin
Vent
* Energies « Hôte de passage » ou Invitées
Les 6 énergies sont symbolisées par la notion des trois Yin et des trois Yang qui sont donc associées aux 12 branches terrestres. Ces énergies vont expliquer l’évolution anormale du climat de chaque année. Gourion parle « d’énergies invitées » (45, 46). Husson dans le Su Wen au chapitre 74 traduit le terme chinois par « hôte de passage » (55).
« La première moitié de l’année, du 1er au 3ème Qi, est soumise au Qi du ciel, c’est le moment normal des prédominances. La deuxième moitié, du 4ème au dernier Qi, est sous la domination du Qi terrestre, c’est le moment normal des répliques » (Su Wen, chapitre 74 : Résumé de la très authentique vérité).
En effet, les 6 premiers mois de l’année sont sous l’influence de cette Energie d’origine Yang, céleste; la deuxième moitié de l’année sera sous l’influence d’une réponse Yin, Terrestre, déterminée par le principe de la montée et de la descente des énergies: « Quand le Jue Yin est en haut, le Shao Yang est en bas …Quand le Shao Yin est en haut, le Yang Ming est en bas …Quand le Tai Yin est en haut, le Tai Yang est en bas, le Jué Yin est à gauche et le Yang Ming à droite …Le haut et le bas alternent… Si les Qi se succèdent dans l’ordre naturel, tout va bien, sinon c’est pathologique (Su Wen : Chapitre 67 : Des 5 cycles élémentaires).
Le tableau suivant montre ainsi l’évolution, selon les branches terrestres, des énergies invitées annuelles, des énergies dominantes durant les 6 premiers mois de l’année (énergies célestes Yang), et de celles dominantes durant les 6 derniers mois de l’année (terrestres Yin).
Ainsi par exemple, si l’énergie invitée annuelle est le Shao Yin (à la présidence), les 6 premiers mois seront sous l’influence du Qi invité céleste : le Shao Yin.. et les 6 derniers mois seront sous celle du Qi invité terrestre (à la source) : le Yang Ming.
Tableau 5
Branche
Energie Annuelle
Invitées célestes
terrestres
Zi 1
Shao Yin
Shao Yin
Yang Ming
Chou II
Tai Yin
Tai Yin
Tai Yang
Yin III
Shao yang
Shao Yang
Jue Yin
Mao IV
Yang Ming
Yang Ming
Shao Yin
Chen V
Tai Yang
Tai Yang
Tai Yin
Si VI
Jue Yin
Jue Yin
Shao Yang
Wu VII
Shao Yin
ShaoYin
Yang Ming
Wei VIII
Tai Yin
Tai Yin
Tai Yang
Shen IX
Shao Yang
Shao Yang
Jue Yin
YouX
Yang Ming
Yang Ming
Shao Yin
Xu XI
Tai Yang
Tai Yang
Tai yin
Hai XII
Jue Yin
Jue Yin
ShaoYang
* Energies « Maîtres de maison » ou « hôtesses »
Par ailleurs, l’évolution normale du climat suit bien sûr l’ordre invariable des saisons; il s’agit des énergies « Maîtres de maison ou hôtesses ». Elles servent à connaître l’énergie normale des différentes saisons (46). Ainsi au Vent correspondra toujours l’énergie Jue Yin; au Feu Maître l’énergie Shao Yin; au Feu Ministre l’énergie Shao Yang; à l’humidité l’énergie Tai Yin ; à la sécheresse l’énergie Yang Ming, et enfin au froid correspondra l’énergie Tai Yang.
Ces six énergies hôtesses se subdivisent en 24 divisions climatiques ou « Qi » qui marquent les étapes saisonnières normales. Chaque division correspond à 15 jours.
» 5 jours font un Hou, 3 Hou font un Qi, 6 Qi font un Shi (saison) et 4 Shi font un Sui (année) (Su Wen : chapitre 9 : Des 6 divisions de l’année et des phénomènes viscéraux).
Les Chinois ont observé chaque période de 5 jours et ont étudié la croissance ou la décroissance, le Yin ou le Yang de la Nature. Chaque Hou est ainsi défini : les 5 premiers jours du commencement du printemps, le vent d’est fond la glace; les 5 jours suivants on a le réveil des vers et des microbes; les 5 jours suivants: les poissons font leur apparition; à l’eau de pluie les loutres attrapent les poissons… etc…
Le tableau 6 récapitule les correspondances entre les énergies « maîtres de maison », les climats, les 24 divisions et les dates occidentales (45, 46, 15, 38, 39, 40).
Tableau 6
E. Hôtesses
Climats
les 24 divisions
(les 24 Qi)
JUEYIN
VENT
Grand Froid
21 janvier
Commencement Printemps
6 février
Eau de pluie
20 février
Réveil des vers et insectes
5 mars
SHAOYIN
FEU MAITRE
Equinoxe de printemps
21 mars
Lumière pure
5 avril
Pluie pour les pousses
20 avril
Commencement de l’été
5 mail
SHAOYANG
FEU MINISTRE
Les épis se forment
21 mai
Les céréales ont des barbes
6 juin
Solstice d’été
21 juin
Chaleur modérée
7 juillet
TAIYIN
HUMIDITE
Grande chaleur
23 juillet
Commencement automne
7 août
Fin de la chaleur
23 août
Brouillard épais
8 septembre
YANG MING
SECHERESSE
Equinoxe d’automne
23 septembre
Rosée froide
8 octobre
Gelée blanche, givre
23 octobre
Commencement hiver
7 novembre
TAI YANG
FROID
Petites neiges
22 novembre
Grandes neiges
7 décembre
Solstice d’hiver
22 décembre
Petit froid
6 janvier
* La loi « maître de maison -hôte de passage »
La loi « Maître de maison -hôte de passage », encore appelée loi hôte invité, va permettre de lier les six énergies variables de l’année (les énergies invitées) à celles qui sont invariables selon les saisons, c’est à dire les Energies Hôtesses ou Maîtres de maison (39,55). Ainsi selon les cycles de domination ou de génération, on pourra déterminer une prédominance de l’énergie climatique du Maître ou celle de l’Invitée.
« Quand la prédominance céleste revient au Jué Yin: la prédominance de l’hôte donne des bourdonnements d’oreille, vertiges, chute et même toux. La prédominance du maître donne des douleurs de poitrine, de la difficulté d’élocution d’origine linguale. » (Su Wen : chapitre 74 : Résumé de la très authentique vérité) (55).
Il faut comprendre que la présidence céleste signifie les cinquième et sixième mois de l’année. Au « Maître de maison » correspond toujours le Shao Yang (Feu Ministre). A « l’hôte de passage », nous avons ici le Jue Yin (Vent). Ainsi le Jue Yin peut être prédominant sur le Shao Yang car le Bois alimente le Feu. Mais on peut également avoir une prédominance du Maître par le phénomène de réplique: le Feu brûle le Bois.
De la même manière quand la présidence céleste est au Yang Ming, l’hôte de passage sera bien sûr le Yang Ming (Métal) et le Maître, le Shao Yang: la prédominance de l’hôte est impossible car le Métal ne peut s’imposer au Feu.
« La prédominance du Maître est contraire au bon ordre. Celle de l’hôte est dans l’ordre. C’est tout naturel » (Su Wen).
Il en résulte 3 règles essentielles:
– La prédominance du Maître sur l’hôte invité entraîne des variations climatiques importantes et anormales; la pathologie sera grave. Ces possibilités sont rencontrées, par exemple, quand le Yang Ming et le Tai Yin sont à la présidence céleste et que le maître est le Shao Yang.
– La prédominance de l’hôte invité sur le maître de maison : les variations climatiques seront faibles et les pathologies peu inquiétantes. On verra ces cas lorsque le Tai Yang, le Jue Yin, et le Shao Yin sont à la présidence céleste, le Shao Yang étant le maître.
– Identité entre hôte invité et maître, il y a amplification des variations climatiques. Ainsi le Shao Yang étant le maître, si son invité à la présidence céleste est également le Shao Yang, alors le climat sera d’une chaleur torride.
* Les Qi saisonniers
Après avoir étudié l’énergie annuelle correspondant à l’énergie invitée céleste, et pour pouvoir appliquer la loi maître-hôte, décrite ci-dessus, il faut connaître les différentes énergies invitées selon les saisons. Pas de problème pour les énergies « maître de maison », elles sont invariables et correspondent aux saisons. Pour les autres, le chapitre 71 du Su Wen (calendrier normal des 6 Qi primordiaux) expose clairement l’évolution et la prééminence de chaque énergie invitée (Qi) ainsi que les pathologies.
En résumé, il faut savoir que l’énergie annuelle correspond toujours à l’énergie invitée à la présidence céleste : c’est le troisième Qi. L’énergie à la source est toujours le sixième Qi. A partir de là, il est aisé d’en déduire les autres sachant qu’elles se placent dans l’ordre productif des énergies invitées.
Par exemple, si l’énergie céleste est Tai Yang, alors le 1er Qi : Shao Yang, le 2ème Qi: Yang Ming, le 3ème Qi: Tai Yang, le 4ème Qi: Jue Yin, le 5ème Qi : Shao Yin et enfin le 6ème Qi à la source, bref énergie terrestre sera le Tai Yin (voir tableau 5).
« Sous le gouvernement du Tai Yang le processus climatique est en avance. Le Qi céleste est sévère, le Qi terrestre est silencieux… Au cours du 1er Qi (Shao Yang), le Qi terrestre change, il fait très tiède, la végétation est précoce… Le 2ème Qi (Yang Ming) apporte une grande fraîcheur… Le Feu est refoulé… Puis le froid commence et c’est le 3ème Qi (Tai Yang) qui prolonge le gouvernement céleste (homologue). Le froid règne puis la pluie tombe. Le peuple souffre alors de refroidissements… Avec le 4ème Qi (Jue Yin) le vent combat l’humidité qui est transformée en pluie… Le 5ème Qi (Shao Yin) apporte la résurrection du Yang… Le dernier est justement l’homologue du Qi terrestre (Tai Yin). C’est le règne de l’humidité… (Su Wen : chapitre 71 : Calendrier normal des 6 Qi primordiaux).
Comme nous le constatons, les énergies célestes invitées et variables selon l’année vont gouverner les saisons. Mais selon la loi Maître-Hôte, ces énergies seront plus ou moins perturbées.
En effet, il faut comparer « l’hôte invité » au « maître de maison » pour connaître les éventuelles variations saisonnières et les pathologies résultantes. Dans ce cas précis l’hôte invité Tai yang domine le maître Shao Yang, d’où les variations climatiques saisonnières sont peu importantes. Cependant l’année est globalement une année à tendance météorologique froide. Les 3 premiers Qi sont sous l’influence du Qi Celeste, le Tai Yang représenté par son énergie climatique le froid, alors que les 3 derniers Qi sont plutôt sous l’influence du Qi Terrestre, le Tai Yin (humidité). (récapitulatif : tableau 7)
Tableau 7
* Relation entre les « Di Zhi » et les 5 éléments
Cette relation sert à calculer certaines particularités que sont les années à triple conjonction «San He» ou «Tai Yi Tian Fu» et à connaître les emplacements normaux des énergies, c’est à dire les « Trônes ».
Pour cela, il faut faire intervenir une nouvelle classification des branches terrestres. Le Su Wen au chapitre 29 indique que la Rate n’a pas la souveraineté d’une saison. « La Rate est Terre, elle gouverne le Centre. En toute saison, elle est « soutien de famille » pour les 4 autres viscères qui lui délèguent chacun 18 jours de commandement. Elle n’a pas de saison propre ».
C’est vrai que d’autres chapitres du Su Wen, en particulier les chapitres 9 et 70 donnent une interprétation différente: « La période « achèvement de maturité » est coopération et bienfait. Ses vertus s’épandent sur les 4 autres règnes pour rendre équitables leurs élaborations… Catégorie: Terre… Climat: vapeurs et humidité… Correspondance: 6ème mois… » (chapitre 70 : Des 5 gouvernements normaux) (55).
Ainsi donc, même si la Rate possède une saison propre, on doit aussi envisager qu’elle intervienne avant les périodes de commencement du printemps, de l’été, de l’automne et de l’hiver. Ceci nous permettra de connaître les différentes années en concordance selon le Su Wen.
Dans ce cas, la deuxième branche Zi correspond à la Terre, la troisième et quatrième est au Bois, la cinquième est à nouveau Terre, etc. Le tableau et le schéma 8 récapitulent l’ensemble.
Tableau 8
Branches Terrestres
Elément
II
Chou
TERRE
V
Chen
VIII
Wei
XI
Xu
III
Yin
BOIS
IV
Mao
VI
Si
FEU
VII
Wu
IX
Shen
METAL
X
You
XII
Hai
EAU
I
Zi
Schéma 8
Tout ceci ne concerne que les Branches Terrestres. Il ne faut pas oublier les Troncs Célestes qui gèrent les avances ou les retards de saisons en fonction de la présidence au Ciel.
Union des « Tian Gan »et des « Di Zhi »
L’union des Troncs Célestes et des Branches Terrestres est encore utilisée de nos jours par les Chinois pour dresser leur calendrier, déterminer les heures, les jours, les mois et surtout les années.
Ainsi la combinaison du premier tronc céleste Jia avec la première branche terrestre Zi va marquer le début du cycle annuel sexagésimal. Le dernier cycle de 60 ans a commencé en 1924 et s’est terminé le 20 décembre 1983. Le nouveau cycle Jia-Zi a débuté le 21 décembre 1983 et se terminera à la fin de 2043, année Gui-Hai.
Les 60 années sont donc toutes caractérisées par le Grand Mouvement Annuel, l’énergie invitée annuelle, l’énergie invitée à la présidence céleste ou hôte de passage et l’énergie invitée à la source (énergie invitée terrestre).
Plus intéressante, l’union des « Gan » et des « Zhi » aide à la prévision météorologique et à la pathologie sexagésimale ou circannuelle qui en découle.
Comme nous l’avons déjà décrit, les Troncs célestes permettent de déterminer les années à avance ou retard climatique. Tout le chapitre 70 du Su Wen (des 5 gouvernements normaux) concerne et étudie les interactions entre les « Gan » et les « Zhi ».
« La période de « débordement » est celle de la mise en réserve (ans 3, 13, 23, 33, 43, 53). Le froid préside aux transformations des choses. Le ciel et la terre se figent… Climat: hiver… Si le Yu (Tai Yang) préside au ciel, le Qi de croissance est inhibé. L’abus suscite une réplique du Qi de maturation avec des nuages de poussières, la Terre et l’Eau se heurtent et de grandes pluies surviennent. Le Xie frappe le rein. C’est ainsi qu’un Qi qui manque de retenue subit les représailles de celui qui le domine. Si son règne est raisonnable, celui qui le domine collabore avec lui. (chapitre 70 : Des 5 gouvernements normaux) (55).
On constate à partir de cette citation, mais aussi de tout le chapitre 70, que les interactions entre troncs et branches se font selon le cycle de domination ou de génération.
Ainsi par « période de débordement », il faut comprendre que le Grand Mouvement Annuel est l’Eau, en état excessif. De ce fait, les saisons sont en avance. Cependant, l’année est globalement froide. Lorsque le Tai Yang prédomine au Ciel, nous avons un renforcement du froid car il y a une identité entre le tronc céleste (Eau: Froid) et la branche terrestre (Tai Yang: Eau). Cela va susciter à cause du phénomène de victoire de l’élément en excès sur l’élément inhibé (112) une réaction de celui-ci, en l’occurrence ici le Feu qui se soulève et s’accompagne de la réplique de son fils (terre). L’énergie perverse (Xie) issue de la Rate agresse alors le Rein en accord avec les règles du cycle de domination.
Notons malgré tout que si le froid n’est pas prédominant, le climat sera moins perturbé.
Huang Di demande au Maître Céleste Qi Bo dans le chapitre 9 du Su Wen : « Comment connaître ces prédominances? « .
« En recherchant leur arrivée. Toutes se réfèrent au début du printemps. Si elles arrivent avant la date cela s’appelle un « dépassement » ; elles outragent celles qui les dominent et accablent celles qu’elles dominent: c’est un empiétement de souffle » (Qi Yin). Quand elles ne sont pas arrivées à leur date, il y a « carence » et le souffle sur lequel elles prévalent a une conduite déréglée; celui qu’elles engendrent périclite et celui qui les domine les brime: c’est une « vexation de souffle » (Qi Po).
La recherche de leur arrivée se fait dans les 15 jours qui précèdent le début de la saison. Si la date a été respectée, le souffle qui précède a pu parvenir à son terme. Si elles manquent d’exactitude, les 5 gouvernements se confondent et il apparaît des désordres et des perturbations intérieures qu’aucun art ne peut empêcher ».
Donc, le commencement du printemps étant fixé, selon le calendrier chinois au 6 février, il faudra surveiller si l’Energie Invitée et l’Energie Jue Yin « Maître de maison » apparaissent normalement entre le 21 janvier et le 6 février. Arbitrairement, on pourra considérer que si les énergies apparaissent avant le 29 janvier, nous serons en avance. Dans le cas contraire, toute énergie survenant après cette date sera en retard. Ainsi, des altérations climatiques vont perturber les saisons à certaines périodes de l’année en fonction du « Gan » et du « Zhi« .
On peut déduire de tout ce qui précède une loi » Gan-Zhi » régissant les rapports entre les branches et les troncs et permettant de connaître l’évolution normale ou anormale d’une année.
Loi « Gan-Zhi »
Il s’agit donc à chaque fois de comparer le Grand Mouvement Annuel à l’Energie Invitée Annuelle qui est à la présidence.
1er cas: les années à dépassement: toutes les saisons seront en avance.
a) Si le« Gan »est identique au « Zhi »
La domination est despotique. L’élément dominé dans le cycle Ko aura sa saison retardée. Le fils de l’élément dominé va répliquer.
Exemple: l’eau en excès entraîne une année à prédominance froide. Si le Tai Yang est à la présidence céleste, l’année sera particulièrement froide, l’été sera retardé, froid. D’où la réplique de la Terre entraînant de grandes pluies. Il existera de plus un Xié sur l’élément dominateur correspondant au « Gan ».
b) Si le« Gan »domine le « Zhi«
Dans le cycle de domination (Ko), le « Gan » étant en excès, il n’y a pas d’influence du « Zhi ». D’où la saison correspondant au tronc Céleste ‘Gan’, c’est à dire au Gouvernement Terrestre influence le climat général de l’année. Cependant s’il y a excès alors le fils de l’élément dominé répliquera. Il peut y avoir un Xié si le Grand Mouvement Annuel est la Terre.
Exemple: trop d’humidité sur l’élément Terre entraîne une réplique du vent et un Xié sur le « Gan ». Les énergies Terrestres dominantes servent de base aux conditions climatiques saisonnières.
c) Si le« Gan »génère le « Zhi »
Dans le cycle de génération, il y a toujours un excès de la saison correspondant au Gouvernement Terrestre. La branche Terrestre (Zhi) ne peut s’y opposer. On a alors une réplique du fils de l’élément inhibé dans le cycle de domination et une énergie perverse (Xie) attaque le « Gan ».
Exemple: le métal en excès entraîne une année à tendance sèche. Le Tai Yang en présidence céleste ne peut s’y opposer d’où perturbation de l’élément inhibé, le bois, impliquant une réaction de son fils : le feu, d’où la chaleur torride en été.
Notons que les Energies Terrestres dominantes servent néanmoins de base au calcul des climats saisonniers.
d) Si le« Zhi »domine le « Gan »
Dans le cycle de domination, le « Zhi » va inhiber l’excès du tronc Céleste (Gan), c’est à dire du Gouvernement Terrestre et rend ainsi les saisons normales sans excès.
Exemple: le Tai Yang (eau) éteint le Feu, on a alors un vrai été, et l’automne est à sa place.
Les Energies Célestes (venant des énergies des branches terrestres mais énergies invitées) servent dans ce cas de base au calcul des climats saisonniers.
e) Si le« Zhi »génère le « Gan »
Dans le cycle de génération, il n’y aura pas d’influence du tronc céleste sur la branche terrestre. Le « Zhi » ne peut pas rectifier le dépassement du « Gan ». Néanmoins ce sont les Energies Célestes qui serviront de base au calcul des saisons.
Exemple: « Gan » terre; « Zhi » : Shao Yang. Le Feu engendre la Terre, elle-même en dépassement; d’où l’année sera humide, mais sans excès. Par ailleurs, ce sont pour chaque saison, les Energies Célestes invitées qui prédomineront sur les Energies Terrestres « hôtesses de maison ».
2e cas: les années à carence: toutes les saisons seront en retard.
a) Si identité du « Gan » et du « Zhi’
Dans ce cas, le climat du gouvernement terrestre annuel est rectifié et correspondra au climat du « Zhi » et à l’énergie annuelle. Les saisons rentrent dans la normalité.
b) Si le« Gan »domine le ‘Zhi‘’
Dans le cycle de domination, le climat de l’année est généralement sous le contrôle du Gouvernement Terrestre Annuel, ily a aussi une domination de l’Energie Annuelle, suivie de la réplique du fils de l’élément en insuffisance et d’un Xié sur l’organe correspondant à la branche terrestre, sauf si le Foie est le G.M.A (Grand Mouvement Annuel)
Exemple: « Gan » : Feu; Gouvernement: Froid; « Zhi » : Yang Ming. Le froid gouverne l’année, la sécheresse se manifeste, pouvant entraîner, si elle est trop forte, une réplique du fils du « Gan » en insuffisance, c’est-à-dire la Terre (humidité) et une énergie perverse sur le Cœur.
Notons, d’autre part, que les Energies Terrestres servent de base au calcul des différents climats saisonniers.
c) Si le« Gan »génère le « Zhi »
Dans le cycle de génération, cette condition n’entraîne pas d’influence sur le climat qui correspondra au Gouvernement Terrestre, c’est à dire à l’élément dominateur selon le cycle de domination. Par ailleurs, les Energies Terrestres influencent le calcul des climats saisonniers.
Exemple: « Gan » : métal; la chaleur influencera la tendance météorologique de l’année, car le Tronc céleste étant en insuffisance, et la Branche Terrestre n’intervenant pas, l’année est alors uniquement sous le contrôle du Gouvernement Terrestre.
d) Si le« Zhi’domine le « Gan »
Dans le cycle de domination, le Gouvernement Terrestre correspond au climat de l’élément dominateur du Tronc Céleste selon le cycle Ko. S’il y a abus du Gouvernement Terrestre, on pourra avoir une réplique du fils du « Gan » en carence. Les Energies Célestes servent de base aux saisons. Ily a un Xié attaquant la branche terrestre.
Exemple: « Gan » : terre; Gouvernement Terrestre: vent; Energie Céleste: Jue Yin; le vent dominera durant toute l’année. Réplique possible par le Yang Ming.
e) Si le« Zhi »génère le « Gan »
Pas d’influence du tronc sur la branche. Le Gouvernement Terrestre régit globalement le climat annuel mais on devra tenir compte des Energies Célestes pour connaître les conditions météorologiques saisonnières.
Remarque: Attention dans l’explication de la loi «Gan Zhi» de ne pas confondre Tronc Céleste (Tian Gan) avec énergie Céleste qui, elle, dépend de la branche Terrestre («Di Zhi»).
CAS PARTICULIERS
1) « Etre sur son trône »
« C’est quand le cycle du Bois coïncide avec une année Mao (an 4 du cycle sexagésimal), quand celui du Feu coïncide avec une année Wu (an 55), celui de la Terre avec les 4 fins de saisons (ans 41, Il,26, 56), celui du Métal avec l’année You (an 22), celui de l’Eau avec une année Zi (an 13). Ces années sont celles de l’ajustement des cycles annuels terrestres et de l’égalisation des Qi ». (Su Wen : chapitre 68 : Explication du mystère des « six »).
Ainsi, les « Gan » et les « Zhi, » étant sur leurs Trônes, les saisons et les conditions météorologiques se rapprochent de la normalité, même si une perturbation liée à la loi » Gan-Zhi, » semble exister. Mais, cette loi s’appliquera pleinement en cas contraire.
2) L’Ajustement Céleste ou » Tian Fu » (AC)
Cela correspond à l’identité entre le Grand Mouvement Annuel et l’Energie Annuelle à la présidence au ciel.
« Quand le Qi médian est le même que celui qui préside au ciel on dit qu’il est sous sa tutelle. Qu’il soit en dépassement ou en déficit c’est une « coïncidence céleste » (Tian Fu)… » (Su Wen: chapitre 71).
L’année sera sous la prédominance marquée de l’énergie céleste quelque soit l’état de carence ou de dépassement de la branche terrestre.
« – ans 53 et 23 = Yu en excès, années de coïncidence céleste (Tai Yang et Yu sont homologues). Règne du froid. Elaboration : congélation. Altération: glace, neige, grêle. Maladie: séjour du froid dans les « vallées » (Su Wen : chapitre 71 : calendrier normal des 6 Qi primordiaux).
3) L’Ajustement Terrestre ou « Sui Kuai » (AT)
Quand le Qi médian est le même que celui qui est « à la source » on dit qu’il le double en s’ajoutant à lui. S’il est en dépassement, c’est comme une coïncidence céleste. S’il est en déficit c’est comme une « coïncidence terrestre » » (Su Wen : chapitre 71).
Donc en fonction de l’état de carence ou de dépassement du » Gan », nous aurons soit réellement un ajustement terrestre avec une année sous contrôle de l’énergie à la source, puis selon la loi « Gan-Zhi’, soit un ajustement céleste car le « Gan » étant en excès, le gouvernement terrestre annuel correspond à l’énergie à la source. D’où, dans ce cas, le climat dominant de l’année sera sous dépendance du Gouvernement Terrestre Annuel.
4) Le Tai Yi Tian Fu (TYTF)
« Quand il (l’ajustement céleste) se rencontre avec l’ajustement terrestre cela s’appelle Tai Yi Tian Fu (ans 26, 56, 55 et 22) » (Su Wen : chapitre 68).
Cela correspond à une triple coïncidence entre la branche terrestre, le tronc céleste et l’élément correspondant au « Zhi, ». De ce fait, le climat de l’année sera particulièrement marqué par les Energies Célestes.
5) Remarques
Concernant les pathologies rencontrées, notons qu’il y a ainsi peu ou pas de maladies lorsque les Qi sont sur leur Trône, au contraire des autres cas de figure.
» L’ajustement céleste Tian Fu est de la classe des ministres, l’ajustement des règnes terrestres Sui Wei est de la classe des officiers, le Tai Yi Tian Fu est de la classe d’un souverain. »
« Quand la perversion atteint les ministres, le mal est rapide et critique. Quand elle frappe les officiers, le mal est lent et tolérable. Quand elle frappe le souverain, le mal est foudroyant. » (Su Wen : chapitre 68 : Explication du mystère des « Six »).
Ainsi donc, si une maladie se déclare, elle sera plus ou moins grave en fonction des différents ajustements terrestres ou célestes.
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Résumé : La base de la Médecine Traditionnelle Chinoise s’appuie sur le concept du Temps et de ses rythmes. Les Branches Terrestres (di zhi) et les Troncs Célestes (tian gan), à l’origine du cycle sexagésimal, permettent d’expliquer les grands mouvements énergétiques, de concevoir un système de prévisions météorologiques, et de prévoir l’émergence d’une éventuelle chronopathologie. Après avoir vu dans la première partie la définition des rythmes biologiques selon les conceptions occidentales puis une étude bibliographique de la chronopathologie circadienne et circannuelle, l’union des «tian gan» et des «di zhi » est analysée dans le but d’établir un protocole d’aide efficace à la détection des événements climatologiques et chronopathologiques intervenant durant le cycle sexagésimal. Cette seconde partie, consacré à la confrontation des climats de la Chine et de la France, fait accéder dans une certaine mesure à la saisie des conditions d’application de la chronopathologie issue du Neijing Suwen. On calculera les conditions climatiques d’une année du cycle sexagésimal, puis la description météorologique des années 1987 à 1992 en fonction des données chinoises, enfin les corrélations entre les prévisions chinoises et les relevés météorologiques fournis par Météo France. Mots-clés : Chrono-acupuncture – branches terrestres – di zhi – troncs célestes – tian gan – rythmes biologiques – chronopathologie – épidémiologie – prévisions météorologiques – climatologie – saisons – humidité.
Summary : The basis of traditional chinese medicine depends on the concept of time and its rythms. The terrestrial branches (di zhi) and the celestial trunks (tian gan), at the beginning of the sexagesimal cycle allow the possibility of explaining great energy movements, of conceiving a system of meterorological forecasting and of predicting the emergence of an eventual chronopathology. Following a definition of the biological rythms according to western ideas, and then a bibliographic study of circadian and circannual chronopathology, the author carries out a study of the union of the tian gan and the di zhi with the object of establishing a protocol of an effective means for detecting climatological and chronopathological changes taking place during the sexagesimal cycle. This part, dealing with a comparison the climates of China and France, to a certain extent gives an idea of understanding the conditions for making use choronopathology such as it derives from the Neijing Suwen. We ‘ll calculate climatological description of the years from 1987 to 1992, according to chinese data, and finally come the correlations between the chinese predictions and the meteorological records provided by Meteo France. Key-words : chrono-acupuncture – terrestrial branches – di zhi, celestial trunks – tian gan – biological rythms – chronopathology – epidemiology – meteorological predictions – seasons – humidity – climatology.
Etude comparée des climats de la Chine et de la France
Peut-on utiliser en France la Médecine Traditionnelle Chinoise qui fait intervenir les Troncs Célestes et les Branches Terrestres aussi bien dans le calcul du calendrier que dans les prévisions météorologiques chinoises?
Quelle confiance devons-nous accorder à toute cette chronopathologie induite directement par des conditions climatiques qui se réfèrent à celles de la Chine et dont pourtant nous appliquons les données dans les pays européens?
A ces questions, il n’est possible d’y répondre qu’en comparant les deux pays. Tout d’abord, il importe de limiter notre propos de façon géographique.
En effet, il faut savoir que le berceau de la Médecine Traditionnelle Chinoise mais aussi celui de la Philosophie (Taoïsme, Confucianisme) [59] se situe dans la région des cours moyen et inférieur du Fleuve Jaune [71], de la région de Zhengzhou dans la province du Hénan à celle de Jinan ou de Qingdao dans la province du Shandong.
Ceci fut confirmé par la découverte archéologique à Anyang, site d’une des capitales de la dynastie Shang (XVII-XIème siècle av. JC), dans le Nord du Hénan, d’os et d’écailles de tortues, sur lesquels étaient gravés des oracles et des croyances religieuses. Ainsi à cette lointaine époque, le temps était déjà conçu comme cyclique sur des périodes de 60 jours, mois ou années [59].
Figure 1. Plastron d’une tortue. Epoque Shang 17e avant JC.
Climatologie de la Chine
La Chine, située essentiellement entre le 20e et le 50e parallèle, s’étend sur plusieurs zones climatiques: zone froide, zone tropicale et zone tempérée [67].
La Chine du Nord, jusqu’au 35ème parallèle environ, appartient à la zone tempérée mais connaît les influences de la mousson. Le Fleuve jaune (Huanghe) va suivre ce 35ème parallèle sur à peu près 400kilomètres, des longitudes 110°à 115° Est, puis remonte sur 500kilomètres vers le Nord-Est pour se jeter dans le golfe de Po-Haï, latitude 38° Nord, longitude 119° Est environ.
L’existence d’un flux d’air froid et continental en hiver, d’un flux d’air maritime et tiède en été, détermine le climat général. L’air arctique ou polaire continental venu de Sibérie donne des vents très froids en hiver, alors qu’en été les températures moyennes mensuelles dépassent souvent partout 25°C. Ainsi en été, il y a une certaine unification des régimes climatiques entre Chine du Nord et du Sud.
Un autre caractère de la Chine du Nord provient du régime des moussons. En hiver, il tombe quelques précipitations dues à des passages cycloniques, à la faveur d’affaiblissements temporaires de l’anticyclone continental sibérien. En été, les pluies ne sont pas directement liées à la mousson humide du Sud-Est asiatique, mais plutôt aux dépressions cycloniques caractéristiques de la circulation générale des latitudes tempérées.
Aux phénomènes climatiques réguliers, on doit ajouter les cataclysmes, en particulier les typhons. Ce sont des vents très violents, générateurs de pluies abondantes, se produisant de mai à novembre, atteignant quelquefois la Chine du Nord.
La chaîne montagneuse des Qinling assure la séparation entre le monde tempéré et le monde subtropical, plus au Sud du 35ème parallèle. La zone tempérée se subdivise elle-même en deux grandes régions: à l’Ouest, l’intérieur continental, à l’Est, la région du Pacifique.
Celle-ci est soumise tout l’hiver aux vents du nord-ouest. Des températures sibériennes sévissent dans l’extrême nord de la Mandchourie : -40’C est habituel et cela pendant six mois de l’année. Le dégel ne commence qu’à la mi-avril mais le temps reste instable. Effectivement, une journée de mai à 20°C peut être suivie le lendemain par une tempête de neige et un gel à -10°C. Il y a peu de pluies. De juin à septembre, il y a la mousson et son cortège de pluies et de chaleur. Puis dès le 15 octobre les lacs commencent à geler.
Plus au Sud de la Mandchourie, les caractères généraux du climat restent les mêmes, mais atténués dans leurs aspects extrêmes. Ainsi, à Pékin dans la grande plaine de la Chine du Nord, l’automne est chaud (30° en septembre) ; octobre a un air sec et une température moyenne de 20°C. L’hiver est froid: -4°c. Mais vers midi la température redevient très souvent positive. le printemps commence dès mars et est chaud, bien qu’il y ait toujours de brusques variations de températures comme en Mandchourie. L’été est très chaud, il pleut souvent chaque jour (de 400 à 600 mm en trois mois).
Les provinces du Hénan et du Shandong sont un peu au Sud de la grande plaine de la Chine du Nord. Les climats y sont similaires mais encore plus atténués dans leurs extrêmes.
Le tableau qui suit offre un récapitulatif climatologique en fonction des provinces et des régions précédemment citées.
RégionsProvinces, Villes (latitude/longitude)
Températures Moyennesen °C)
Précipitations annuelles (en mm)
Janvier
Juillet
Mandchourie
Heilongjiang
1 Harbin(46° Nord, 127° Est)
– 20
23
607
Jilin
2 – Shuangliao(43°N, 123° E)
-16
23
645
Liaoning
3 – Shenyang(42°N, 123°E)
-13
24
714
Grande plaine Nord
Hebei
4 – Pékin (Beijing)(40°N, 116°E)
-5
25
603
Région du cours inférieur du Fleuve Jaune
Shandong
5 – Qingdao(36°N, 121°’E)
-1
23
663
Région du cours moyen du Fleuve Jaune
Hénan
6 – Zhengzhou(34°N, 113°E)
1
25
565
Shenxi
7 -Xi’an
0
26
559
(34°N, 109° E)
Chine du Sud
Jiangsu
8 Nankin(32°N, 119°E)
6
28
1993
Guangdong
9 Canton(24°N, 113°E)
14
28
1619
Climatologie de la France
Riche en variations et nuances selon l’année et la région, le climat de la France appartient dans son ensemble à la zone tempérée. Cela s’explique par la situation même de la France qui est comprise entre le 42ème et le 52ème parallèle. D’autre part, en dehors de la région méditerranéenne, la France est soumise à l’influence prédominante des vents d’Ouest, vents tièdes l’hiver, frais l’été, et dont l’action est renforcée par le courant marin du Gulf Stream qui modère les températures. Les quatre grandes masses d’air océaniques et continentales, polaires et tropicales, sans cesse en mouvement, donnent naissance aux dépressions cycloniques, souvent imprévisibles par leur soudaineté [13].
De façon générale, la température moyenne annuelle augmente du Nord (9°C) au Sud (15°C), et les écarts de température dans le mois le plus froid (janvier) croissent d’Ouest en Est. Les moyennes mensuelles de janvier et de juillet montrent qu’en hiver, du fait de l’influence maritime, il fait aussi doux en Bretagne que sur la Côte d’Azur, et qu’en été, les régions les plus chaudes sont à l’Est, plutôt qu’à l’Ouest.
Les pluies sont aussi modérées que les températures. Leur répartition est fort inégale selon que l’on se situe en région méditerranéenne ou atlantique. Quantitativement, les montagnes et l’Ouest reçoivent le plus d’eau: jusqu’à 3 mètres de hauteur d’eau par an dans les Alpes du Nord et les Cévennes; 800 mm à 1 mètre sur les régions en bordure de l’Océan Atlantique; plus de 600 mm dans les régions à l’abri des vents d’Ouest (Alsace, Allier), dans les plaines du bas Rhône, du Languedoc et du Roussillon. Les zones les moins arrosées sont situées plutôt à l’Est, ainsi Colmar est la ville la plus sèche de France avec 480 mm de précipitations par an. Les pluies sont aussi abondantes au Nord qu’au Sud, mais leur survenue se fera plus violemment sur les pays méditerranéens.
Ce climat tempéré peut se subdiviser en quatre zones :
– Le climat océanique caractérisé par des températures douces toute l’année et des vents d’Ouest dominants amenant des pluies fines et persistantes. C’est le climat typique de la Bretagne, de la Normandie. Le climat du Nord de la France s’en distingue par une amplitude thermique un peu plus forte. Le type de la région aquitaine y est également rattaché, en plus humide, mais aussi avec des étés beaucoup plus chauds.
– Le climat à tendance continentale est retrouvé su1tout au Nord-Est de la France (Alsace, Lorraine, Champagne, plateaux bourguignons, Nivernais, vallée de la Saône). Les hivers sont rudes avec une moyenne à 0°C en janvier mais pouvant descendre à -20°C. Les étés sont chauds avec une moyenne en juillet à 19°C, atteignant aussi les 35°C. Le climat dit parisien forme une transition entre le climat à tendance continentale et le climat océanique, avec des pluies peu abondantes en toutes saisons (moins de 600 mm).
– Le climat méditerranéen se retrouve au nord jusqu’à la plaine de Valence. Il est caractérisé par des étés secs, chauds et la douceur de ses hivers. les vents venus du Nord, mistral et tramontane sont violents et froids. Les pluies abondantes tombent sous forme d’averses courtes et brutales avec un maximum en automne, mais persistantes jusqu’au début du printemps.
– Le climat de montagne retrouvé dans les Alpes, le Massif Central, les Vosges, le Jura et les Pyrénées est caractérisé par les pluies abondantes, les hivers longs, rigoureux, neigeux et des étés frais. Il faut noter aussi l’influence méditerranéenne dans les Alpes du Sud et les Pyrénées orientales.
Le tableau qui suit récapitule différentes données climatologiques de France, issues de Météo France.
Villes
Températures moyennes(en °C)
Précipitations annuelles
Janvier
Juillet
(en mm)
Bastia
9
23
670
Biarritz
8
19,5
1470
Bordeaux
5,5
19,5
950
Brest
6,5
16
1160
Cherbourg
6
16,5
1050
Clermont-Ferrand
3,1
19
570
Dijon
1
19,5
730
Dunkerque
4
17
650
Grenoble
2
20
1000
La Rochelle
5,5
19,5
790
Lille
2,5
17
610
Limoges
3,5
18
910
Lyon
3
20,5
830
Marseille
6,5
23,5
610
Nancy
1
17,5
730
Nantes
5
18,5
820
Nice
8,5
22,5
870
Nîmes
6
23
710
Orléans
3
18
620
Paris
4
19,5
620
Perpignan
8
24
630
Reims
2,5
18
570
Rennes
5
18
630
Rouen
3,5
17
720
Strasbourg
0,5
19
600
Toulouse
5,5
21
660
Conclusion
La plus grande partie de l’Europe bénéficie d’un climat tempéré, reconnaissable par une température moyenne supérieure à 10°C pour le mois le plus chaud et de la pluie (ou de la neige les mois hivernaux) tout au long de l’année, sans variation majeure entre l’hiver et l’été.
A l’intérieur de ce grand domaine climatique, existent des différences: les climats maritimes plus humides, plus doux et plus changeants en Europe de l’Ouest et au Nord-Ouest de l’Amérique du Nord ; les climats continentaux plus extrêmes dans le froid et la chaleur en Europe centrale et dans les parties orientales de l’Amérique du Nord et de l’Asie, dont la Chine.
Ainsi, la comparaison entre les relevés météorologiques de la région du cours moyen et inférieur du Fleuve Jaune et ceux de la France objective que les températures estivales sont plus élevées de 2° à 8°C en Chine en fonction de la latitude française. Les températures hivernales sont globalement plus douces en France. Les précipitations sont sensiblement comparables.
Bref à certaines nuances près, il n’est pas déraisonnable d’utiliser pour la France les conditions d’application des prévisions météorologiques chinoises à partir de l’union des « tian gan » et des « di zhi ».
Chronopathologie selon le Neijing Suwen
La chronopathologie concernant les Troncs Célestes et les Branches Terrestres est extraite pour l’essentiel des chapitres 69, 70, 71 et 74 du Huang Di Neijing Suwen traduit par Husson. Il faut ainsi distinguer différents cadres nosologiques en fonction de l’atteinte du « tian gan» ou du « di zhi ». Les tableaux ci-dessous énumèrent les symptômes qui apparaissent plus ou moins selon la gravité.
Atteinte des Troncs Célestes
Atteinte des Branches Terrestres
Pathologies
JUE YIN
SHAO YIN
SHAO YANG
TAI YIN
YANG MING
TAI YANG
à la source
frissons tremblement bâillements précordialgies spasmes des cotés gosier bouché rejet des aliments gonflement du ventre éructation, pesanteurs soulagement par émission de gaz et de selles
régurgitation amères grands soupirs douleurs intercostales sécheresse gosier teint terreux peau sèche chaleur extérieure des jambes
rétraction des testicules avec douleur irradiée du bas-ventre aux lombes cœur douloureux hémorragies mal de gorge enflure du menton
à la présidence
souffrance estomac douleurs précordiales tension des côtes dysphagie raideur base langue diarrhée froide dilatation du ventre selles pâteuses rétention d’urines
suffocations sécheresse du gosier poids hypocondre droit peau douloureuse fièvre alterne toux bouffées de chaleur dans la poitrine
céphalées, accès fébriles, frilosité, malaria, peau douloureuse oedème de la face et corps réplétion du ventre halètements, coryza écoulements blancs, rouges ulcères hémoptysies, épistaxis chaleur dans la poitrine malaises du cœur
A côté de cette chronopathologie tout à fait spécifique des troncs Célestes et des Branches Terrestres, il est possible d’observer d’autres symptômes cycliques liés aux cinq mouvements.
Ainsi, selon la théorie des cinq éléments, chaque organe est attribué à une saison. Ceci est vraisemblablement le résultat d’observations cliniques minutieuses et rigoureuses relatives aux manifestations pathologiques ayant un caractère rythmique saisonnier.
« Le Foie est du domaine du printemps. Son vaisseau, le Jue Yin, est spécifiquement lié au Tai Yang (Vésicule Biliaire)… ».
« Ainsi donc, quand une perversion se loge dans le corps, elle s’ajoute à la répression inter viscérale. La guérison intervient lors du règne de l’élément engendré (fils). Une aggravation survient lors du règne de l’élément non dominé (aïeul). Un état stationnaire se situe lors du règne de l’élément générateur (mère). Le début se produit lors du règne de l’élément correspondant au viscère atteint… ».
« Poumon malade: dyspnée et toux, par reflux de Qi, douleurs dans le haut du dos, transpirations du périnée, des cuisses et des genoux, douleurs de la hanche aux mollets et aux pieds. Si c’est un « vide»: le Qi manque pour répondre aux besoins de la respiration, surdité, sécheresse du gosier… » (Su Wen : chapitre 22 : Des horaires suivis par les souffles viscéraux) [55].
« Le malade a l’impression de chaleur au cœur, le bras et le coude sont contracturés, l’aisselle est enflée. Si les troubles sont graves, il y a plénitude à la poitrine et aux côtés, le cœur est très agité, la figure est rubiconde, les conjonctives sont jaunes, le malade est très gai, il rit. Le Maître du Cœur régit toutes les artères» (Ling Shu : chapitre X) [17].
Ainsi à partir du Su Wen et du Ling Shu, les pathologies saisonnières correspondant à chaque méridien ont pu être déterminées. Tous les vaisseaux pourront présenter des symptômes sur leur trajet, des symptômes dus aux atteintes de l’organe ou de l’entraille par les énergies perverses (froid, vent, chaleur, humidité), mais aussi des symptômes en rapport avec un vide ou une plénitude d’énergie [12]. Il ne sera pas ici détaillé tous ces symptômes. Cependant, il est intéressant de connaître certaines grandes lignes pour la suite de l’exposé.
Au printemps sont rattachés les méridiens de Foie et de Vésicule Biliaire. La pathologie concernera globalement les allergies que ce soient les dermatoses (urticaire, eczéma), ou les manifestations spasmodiques respiratoires (asthme, bronchite…). D’autre part, on retrouvera les tendinites, contractures, crampes, spasmes abdominaux et artériels, les migraines, les acouphènes, les vertiges, les troubles de la vision avec baisse de l’acuité visuelle, les troubles psychiques avec la colère et l’agressivité, mais également l’anxiété et la dépression.
Durant l’été, quatre méridiens interviennent : Cœur, Intestin Grêle, Maître du Cœur et Triple Réchauffeur. Le couple Cœur, Intestin Grêle touche essentiellement la pathologie cardiaque: troubles du rythme, syncopes, perte de connaissance, précordialgies, palpitations, dyspnée à l’effort et même hypertension artérielle. A cela, il faut ajouter pour le couple Maître du Cœur et Triple Réchauffeur, tous les troubles touchant les fonctions sexuelles: fécondité accrue, activités sexuelles débordantes ou au contraire stérilité, frigidité et impuissance en cas de vide énergétique.
A la fin de l’été (cinquième saison) correspondent les méridiens de Rate Pancréas et d’Estomac. Ils ont un rôle important sur le métabolisme (obésité), les fonctions endocriniennes (diabète, régulation du cycle menstruel), les troubles digestifs (diarrhées, vomissements, constipation, gastralgies), les troubles circulatoires (insuffisance veineuse ou artérielle), les problèmes rhumatologiques (arthralgies, douleurs musculaires, oedèmes)…
L’automne contrôle les méridiens Poumons et Gros Intestin. Ce couple, outre sa fonction respiratoire dans les asthmes et les broncho-pneumopathies chroniques, est le maître absolu de l’énergie et va ainsi occasionner les asthénies, les états dépressifs, la mélancolie. Par ailleurs, il sera en relation avec l’épiderme et tout ce qui touche la qualité des phanères et de la peau, d’où les dermatoses: eczéma chronique, psoriasis, acné, mais aussi les chutes de cheveux, les ongles cassants. Il ne faut pas oublier les pathologies de la sphère oto-rhino laryngée et digestive: laryngites, angines, rhinites, pharyngites, sinusites, odontalgies, gingivites, constipation, diarrhées, colopathies.
En hiver, le couple des méridiens Reins et Vessie est à son maximum énergétique. En cas de troubles, les douleurs en rapport avec le système osseux seront au premier plan: douleurs cervicales, dorsales, lombo-sacrées, douleurs des membres inférieurs, céphalées frontales, occipitales avec ou sans acouphènes et vertiges, raideurs osseuses, contractures. La défaillance du Rein explique aussi tous les syndromes infectieux sévères, rebelles, récidivants ou chroniques touchant tout l’organisme: appareil pulmonaire, dermatologique, osseux, viscéral, O.R.L, etc.
Pour être complet, il existe aussi les symptômes liés aux énergies perverses (Xie) que l’on retrouvera sous certaines conditions dans l’année, et que l’on peut considérer aussi comme faisant partie de la chronopathologie [107].
Protocole de calcul des conditions climatiques d’une année du cycle sexagésimal selon les Troncs Célestes et les Branches Terrestres
Il est possible de prévoir pour chaque année du cycle sexagésimal les conditions climatiques des périodes des six « Qi ». Ont été ainsi appliquées les règles suivantes :
1 -connaître les prédominances météorologiques qui sévissent durant les 15 jours précédant le début du printemps.
2 -connaître le Grand Mouvement Annuel. S’il est en excès, les saisons seront en avance ; dans le cas contraire, les saisons seront en retard. La tendance climatique de l’année sera donnée par le Gouvernement Terrestre.
3 -connaître l’Energie Annuelle et ses corollaires: énergies invitées à la présidence ou à la source.
4 -appliquer la loi « Gan – Zhi ».
5 -appliquer la loi « Maître de maison -hôte de passage », intervenant pour les six « Qi ».
6 -tempérer la loi précédente en fonction de l’énergie à la présidence (pendant les trois premiers « Qi») ou à la source (les trois derniers « Qi ») :
– le Maître domine l’Invitée, voir donc si l’énergie à la présidence ou à la source compense les gros écarts climatiques.
* Si oui, c’est-à-dire s’il y a domination du Maître dans le cycle Ko par l’énergie à la présidence ou à la source, alors l’Invitée ne s’exprime pas. Le climat sera dominé par l’énergie à la présidence ou à la source qui tempérera celle du maître. (Exemple: Tai Yang, froid à la présidence; Maître = Shao Yin, chaleur ; Invitée : Yang Ming = fraîcheur, sécheresse ; d’où le climat de cette période sera une fraîcheur importante).
* Si non (pas de domination), ou si l’énergie à la source ou à la présidence est identique à celle du maître alors toutes les énergies s’expriment et il y a de gros écarts climatiques.
* Si l’énergie à la présidence ou à la source est identique à celle de l’invitée, celle-ci s’exprimera également.
* Si dans le cycle de génération, l’énergie « Maître de maison » est générée par l’énergie à la présidence ou à la source, alors le climat sera l’expression combinée des énergies « Maître et Invitée », sans aucun effet des énergies à la source ou à la présidence.
– L’invitée domine ou génère le Maître : peu d’écarts climatiques ; et les énergies à la source ou à la présidence s’expriment généralement dans une faible mesure.
– L’invitée est identique au Maître: il y a amplification du climat surtout si l’énergie à la présidence ou à la source est également identique. Dans le cas contraire, celles-ci s’expriment malgré tout.
7 -connaître le « Zhi élément » et ainsi déterminer les ajustements Célestes ou Terrestres, l’existence d’une triple conjonction, les énergies sur leur trône, qui tempéreront la loi « Gan -Zhi », ou même la loi hôte -invitée.
Description des années 1987 à 1992 selon les données chinoises
Année 1987
Le Su Wen indique au chapitre 71 (calendrier normal des 6 six Qi primordiaux) :
« Quand le Yang Ming préside au ciel, dans les années Mao et You, le Shao Yin est à la source. Les Qi médians sont en insuffisance (années paires) : -ans 4 et 34 = jiao (Bois) étant insuffisant, la fraîcheur (Métal) abuse et provoque une réplique de chaleur (Feu fils du Bois), le temps est celui de l’automne (Shang). Le cycle comporte d’abord du vent, puis de la fraîcheur et enfin de la chaleur ».
«La période d’« harmonie déchue » (ans 4, 14…) est une défaite du Qi de naissance… Parfois il y a des pluies fraîches accompagnées de nuages et de vent… Il y a moitié de jiao (printemps) et moitié de Shang (automne)… Si le Yang Ming (Shang) préside au ciel, le règne est comme celui du Shang vrai. Les maladies sont des paralysies, phlegmons, ulcères&Le Xie atteint le foie… » (Su Wen : chapitre 69).
« Quand le Yang Ming préside au ciel (années paires) les saisons sont en retard… Au 1er Qi (Tai Yin), le temps devient rigoureux, l’eau gèle, il tombe une pluie froide… Au 2ème Qi (Shao yang),le Yang se déploie, le peuple est à l’aise… Le 3ème Qi (Yang Ming) prolonge le gouvernement Céleste. Il fait frais, la sécheresse et la chaleur conjuguent leurs propriétés… Au 4ème Qi (Tai Yang) il tombe une pluie froide… Le sème Qi (Jue Yin) est un retour du printemps… Le dernier Qi (Shao Yin) déploie le Yang. Le temps se réchauffe, l’hibernation est suspendue, les eaux vives dégèlent… » (Su Wen 71).
1987 est donc la quatrième année dans le cycle sexagésimal. Année Ding Mao.
Année Bois en insuffisance : saisons en retard.
Gouvernement Terrestre Annuel : sécheresse et/ou fraîcheur, brume et rosée.
Energie Annuelle à la présidence : Yang Ming : fraîcheur et/ou sécheresse gouvernant les 6 premiers mois de l’année chinoise.
Energie à la source : Shao Yin : chaleur gouvernant les 6 derniers mois de l’année chinoise.
Le « Zhi» domine le « Gan» : possibilité de Xié sur le Bois durant le 3èmeQi. Les énergies Célestes prédominent pour le calcul des saisons.
Mais les énergies sont sur leur TRONE, d’où il y a une régularisation des saisons et les pathologies observées seront peu importantes.
On peut ainsi connaître en fonction de toutes les données issues du Su Wen et les règles décrites dans les chapitres précédents, les prévisions météorologiques de chaque Qi. Le tableau ci-dessous, ainsi que les suivants, offre après les explications sur les calculs, les tendances climatiques de l’année.
MAITRE
INVITE
EXPLICATIONS, CONCLUSIONS CLIMATIQUES
1er Qi JUE YIN
TAI YIN
Le maître domine d’où gros écarts Mais domination de Yang Ming à la présidence; trône. FRAICHEUR, VENT et HUMIDITE
2e Qi SHAO YIN
SHAO YANG
Quasi-identité entre maître et invité d’où amplification des variations, mais tempérée par le trône et le Yang Ming. PERIODE PRINTANIERE DANS LA NORME
3e Qi SHAO YANG
YANG MING
Le maître domine: gros écarts non compensés par le Yang Ming mais par le trône. Le Yang Ming s’exprime. FRAICHEUR
4e Qi TAI YIN
TAI YANG
Le maître domine. Shao Yin à la source génère Tai Yin, d’où ne s’exprime pas. Le trône régularise les gros écarts. HUMIDITE et FROID
5e Qi YANG MING
JUE YIN
Le maître domine. Shao Yin à la source domine Yang Ming : invité non exprimé. Le trône régularise les gros écarts AUTOMNE DOUX
6e Qi TAI YANG
SHAO YIN
Le maître domine. Identité de la source et de l’invité : d’où expression. Le trône tempère les gros écarts HIVER PEU RIGOUREUX, DOUX
Année 1988
« Dans les années Chen et Xu le Tai Yang préside au ciel, le Tai Yin est à la source et entre les deux, au point de rencontre, sont les Qi médians: ans 5 et 35 = Zhi en excès, comme un été normal, règne de chaleur, élaboration de réchauffement et de chaleur paralysante… » (Su Wen 71).
«La période de «flamboiement » est celle de la prospérité (ans 5, 15…). Il règne une chaleur qui fait foisonner les créatures… Si le Yu (Tai Yang) préside au ciel, c’est comme un vrai Zhi, l’automne arrive à son heure et les maladies sont des paralysies… « (Su Wen 70).
« Sous le gouvernement du Tai Yang le processus climatique est en avance… Au cours du 1er Qi (Shao Yang), le Qi terrestre change, il fait très tiède, la végétation est précoce… Le 2ème Qi (Yang Ming) apporte une grande fraîcheur… Le Feu est refoulé… Puis le froid commence et c’est le 3ème Qi (Tai Yang) qui prolonge le gouvernement Céleste (homologue). Le froid règne puis la pluie tombe… Avec le 4ème Qi (Jue Yin) le vent combat l’humidité qui est transformée en pluie… Le 5ème Qi (Shao Yin) apporte la résurrection du Yang… Le dernier Qi est justement l’homologue du Qi terrestre (Tai Yin). C’est le règne de l’humidité… » (Su Wen 71).
1988 est la cinquième année du cycle sexagésimal.
Année Wu Chen.
Année Feu en excès : saisons en avance. Gouvernement Terrestre Annuel : chaleur.
Energie Annuelle à la présidence : Tai Yang: froid gouvernant les 6 premiers mois de l’année chinoise.
Energie à la source : Tai Yin : humidité gouvernant les 6 derniers mois de l’année chinoise.
Le » Zhi » domine le » Gan » : les énergies Célestes prédominent pour le calcul des saisons.
MAITRE
INVITE
EXPLICATIONS, CONCLUSIONS CLIMATIQUES
1er Qi ]UE YIN
SHAO YANG
Le maître génère: gros écarts mais Tai Yang à la présidence génère Je Yin, donc Tai Yang non exprimé VENT et TIEDEUR
2e Qi SHAO YIN
YANG MING
Le maître domine: gros écarts. Tai Yang domine ShaoYin d’où compensation et l’invité ne s’exprime pas. FRAICHEUR
3e Qi SHAO YANG
TAI YANG
L’invité domine: peu d’écarts le Zhi compense l’excès de chaleur dû au Gouvernement terrestre annuel. ETE FRAIS quasi normal
4e Qi TAI YIN
]UE YIN
L’invité domine: peu d’écarts climatiques toutes les énergies s’ expriment. VENT, PLUIES et HUMIDITE
5e Qi YANG MING
SHAO YIN
L’invité domine: peu d’écarts climatiques toutes les énergies s’expriment. AUTOMNE CHAUD et HUMIDE
6e Qi TAI YANG
TAI YIN
L’invité domine: peu d’écarts mais amplification de l’invité par l’énergie à la source Tai Yin HIVER TRES HUMIDE ET PLUVIEUX
Année 1989
« Dans les années Si et Hai, le Jue Yin préside au ciel, le Shao Yang est à la source, le Qi médian en insuffisance est: -ans 6 et 36 = Gong. Abus de vent, réplique de fraîcheur comme un vrai printemps. Cycle: pluie, vent fraîcheur» (Su Wen 71).
« La période de gouvernement avili» est celle où le Qi de maturation est abrégé (ans 6, 16…). Sa défection permet le despotisme du Qi de naissance. Si le Qi de croissance le corrige, il y a des pluies prolongées et le Qi de rétraction reste normal. Vent et froid s’élèvent ensemble… Sous l’influence du Bois il y a peu de Gong (6ème mois) et un peu de Jiao… Si le Jiao (Jue Yin) préside au ciel c’est comme un vrai Jiao… Des tempêtes ébranlent tout… » (Su Wen 70).
« Quand le Jue Yin préside au ciel les saisons sont retardées… Le 1er Qi (Yang Ming) commence par des gelées destructives. Le 2ème Qi (Tai Yang), par persistance du froid avec flocons de neige et glace, donne libre cours au Qi de destruction. Des gelées blanches grillent le haut des arbres. Fréquentes pluies froides… Le 3ème Qi (Jue Yin) prolonge l’autorité Céleste. Il y a des coups de vent… Au 4ème Qi (Shao Yin) l’humidité et la chaleur s’affrontent dans le haut du côté gauche du corps… Au Sème Qi (Tai Yin) la sécheresse et l’humidité prévalent alternativement, le ciel se fait très nuageux… Au dernier Qi (Shao yang), sous l’autorité du feu subalterne le Yang se développe largement, interrompt l’hibernation, dégèle les cours d’eau… » (Su Wen 71).
1989 est donc la sixième année du cycle sexagésimal.
Année Ji Si.
Année terre en insuffisance : saisons en retard. Gouvernement Terrestre Annuel : vent.
Energie Annuelle à la présidence : Jue Yin : vent, tiédeur gouvernant les 6 premiers mois de l’année chinoise.
Energie à la source : Shao Yang: chaleur gouvernant les 6 derniers mois de l’année chinoise.
Le « Zhi» domine le « Gan» : les énergies Célestes prédominent pour le calcul des saisons. Possibilité de Xié sur la Terre durant le 3ème Qi, dû à l’excès de vent entraînant une réplique de fraîcheur.
MAITRE
INVITE
EXPLICATIONS, CONCLUSIONS CLIMATIQUES
1er Qi JUE YIN
YANG MING
L’invité domine le maître peu d’écarts climatiques toutes les énergies s’expriment. FRAICHEUR et VENT
2ème Qi SHAO YIN
TAI YANG
L’invité domine le maître peu d’écarts climatiques toutes les énergies s’expriment. PRINTEMPS FROID
3ème Qi SHAO YANG
JUE YIN
L’invité génère: peu d’écarts. Excès de vent (Jue Yin à la présidence)possible réplique de Yang Ming. ETE VENTEUX
4ème Qi TAI YIN
SHAO YIN
L’invité génère: peu d’écarts climatiques toutes les énergies s’expriment. CHALEUR et HUMIDITE
5ème Qi YANG MING
TAI YIN
L’invité génère le maître: peu d’écarts climatiques toutes les énergies s’expriment. AUTOMNE CHAUD et HUMIDE, PLUIES
6ème Qi TAI YANG
SHAO YANG
Le maître domine: gros écarts énergie à la source identique à celle de l’invité: expression de l’invité. HIVER DOUX, PEU RIGOUREUX
Année 1990
« Dans les années Zi et Wu le Shao Yin préside au ciel, le Yang Ming est à la source et les Qi intermédiaires en dépassement: -ans 37 et 7 = Shang. Comme un automne normal. Fraîcheur stimulante. Elaboration : brouillard, rosée, vent froid. » (Su Wen 71).
« La période de «durcissement» est celle de la rétraction du Yang (ans 7…)… La sécheresse assure son office qui conduit les choses à leur achèvement… Si le Zhi (Shao Yin et Shao Yang) préside au ciel c’est comme un vrai Shang, le Qi de naissance se rééquilibre… Si son gouvernement devient brutal… alors le Qi de croissance vient secourir le Bois que maltraite le Métal et une chaleur torride brûle la végétation… » (Su Wen 70).
«Quand le Shao Yin préside au ciel, les saisons sont en avance… Le froid remplace la chaleur qui va s’ajouter à la sécheresse. Les nuages se hâtent vers la demeure de la pluie, l’humidité règne avec des pluies passagères. Le Métal et le Feu unissent leurs propriétés… Avec le 1er Qi (Tai Yang) le Qi terrestre change, la sécheresse s’en va, le froid commence… L’eau gèle et il vente… Au 2ème Qi (Jue Yin) le Yang se déploie et donne cours au vent. C’est comme un vrai printemps… Le 3ème Qi (Shao Yin) prolonge le gouvernement Céleste, il donne cours à une forte chaleur… Parfois il y a un refroidissement… Le 4ème Qi (Tai Yin) est une période de chaleur humide avec pluies passagères et alternance de froid et de chaud… Le sème Qi (Shao Yang) est sous la tutelle du Feu subalterne, les chaleurs reviennent sous l’influence du Yang… Le dernier Qi (Yang Ming) donne cours à la sécheresse… Puis les froids deviennent plus fréquents, des brumes se lèvent.. »
1990 est donc la septième année du cycle sexagésimal.
Année Geng Wu.
Année Métal en excès : saisons en avance.
Gouvernement Terrestre Annuel : sécheresse et/ou fraîcheur.
Energie Annuelle à la présidence: Shao Yin: chaleur gouvernant les 6 premiers mois de l’année chinoise.
Energie à la source: Yang Ming.. sécheresse et/ou fraîcheur gouvernant les 6 derniers mois de l’année chinoise.
Le « Zhi » domine le « Gan » : les énergies Célestes prédominent pour le calcul des saisons.
Il y a de plus un Ajustement Terrestre correspondant en fait à une Coïncidence Céleste, d’où domination de la fraîcheur et de la sécheresse durant l’année, comme un vrai automne.
MAITRE
INVITE
EXPLICATIONS, CONCLUSIONS CLIMATIQUES
1er Qi JUE YIN
TAI YANG
l’invité génère le maître peu d’écarts climatiques toutes les énergies s’expriment. FROID, VENT et CHALEUR PRINTANIERE
2ème Qi SHAO YIN
JUE YIN
l’invité génère le maîtrepeu d’écarts climatiquestoutes les énergies s’expriment.PRINTEMPS CHAUD, VENTEUX
3ème Qi SHAO YANG
SHAO YIN
Identité des énergies fraîcheur, sécheresse (excès Yang Ming)rectifiée par Shao Yin à la présidence. ETE CHAUD
4ème Qi TAI YIN
TAI YIN
Identité: amplification humiditél’énergie à la source s’exprime aussi.HUMIDITE, PLUIES, FRAICHEUR
5ème Qi YANG MING
SHAO YANG
L’invité domine le maître :peu d’écarts climatiques toutes les énergies s’expriment. AUTOMNE CHAUD et SEC
6ème Qi TAI YANG
YANG MING
L’invité génère: peu d’écarts source identique à l’invité et au Gan en excès: expression de l’invité. HIVER SEC
Année 1991
« Dans les années Chou et Wei le Tai Yin préside au ciel, le Tai yang est à la source, le Qi médian est en déficit: -ans 8 et 38 = Yu. Abus de pluie, réplique de vent. Froid, pluie et vent. »
« La période « cours asséché » est une réaction Yang (ans 8, 18…). Si le Gong (Tai Yin) préside au ciel, c’est comme un vrai Gong… Après les pluies et les tempêtes il y a les tremblements de terre en réplique du Bois.. »
« Quand le Tai Yin préside au ciel la saison est retardée… Il y a de grands vents passagers… De fréquentes pluies retardent la récolte jusqu’aux premiers jours de l’automne… Au 1er Qi (Jue Yin),… le froid s’éloigne et le printemps arrive avec le vent… Le vent et l’humidité s’affrontent et les pluies sont retardées… Le 2ème Qi (Shao Yin) est justement le Feu Maître. L’humidité et les vapeurs s’affrontent, il y a des pluies opportunes. Le 3ème Qi (Tai Yin) prolonge le gouvernement du ciel. L’humidité descend, le Qi terrestre monte et des pluies passagères tombent, suivies de froid… Au 4ème Qi (Shao Yang), Feu Ministre, l’humidité est vaporisée… il souffle un vent froid. Les vapeurs et la chaleur s’affrontent… L’humidité ne s’écoule pas, la rosée se dépose à l’ombre, il fait un temps d’automne… Le 5ème Qi (Yang Ming)… gelées précoces… Le froid gagne le corps… Le dernier Qi (Tai Yang) apporte un grand froid qui transforme l’humidité en gelées blanches accumulées…» (Su Wen 71).
1991 est la huitième année du cycle sexagésimal.
Année Xin Wei.
Année Eau en insuffisance: saisons en retard.
Gouvernement Terrestre Annuel: humidité.
Energie Annuelle à la présidence: Tai Yin: humidité, pluies gouvernant les 6 premiers mois de l’année chinoise.
Energie à la source: Tai Yang: froid gouvernant les 6 derniers mois de l’année chinoise.
Le « Zhi» domine le « Gan» : les énergies Célestes prédominent pour le calcul des saisons. Xié sur le Rein avec réplique possible au 3ème Qi de vent et tempêtes.
Il y a de plus un Ajustement Terrestre de l’énergie à la source Tai yang avec le grand mouvement annuel correspondant au Tronc Céleste, d’où le froid sera prédominant pendant l’année 1991.
MAITRE
INVITE
EXPLICATIONS, CONCLUSIONS CLIMATIQUES
1er Qi JUE YIN
JUE YIN
Identité des énergies amplification de l’invité l’énergie à la présidence s’exprime. VENT et PLUIES
2ème Qi SHAO YIN
SHAO YIN
Identité des énergies amplification de l’invité toutes les énergies s’expriment. CHALEUR et PLUIES
3ème Qi SHAO YANG
TAI YIN
Le maître génère: gros écarts pas de compensation par la présidence si excès : réplique possible par le vent. ETE TRES HUMIDE, PLUIES
4ème Qi TAI YIN
SHAO YANG
L’invité génère: peu d’écarts toutes les énergies s’expriment. CHALEUR PEU IMPORTANTE, HUMIDITE
5ème Qi YANG MING
YANG MING
Identité du maître et de l’invité amplification de Yang Ming. FRAICHEUR IMPORTANTE
6ème Qi TAI YANG
TAI YANG
Identité du maître et de l’invité l’énergie à la source est également Tai Yang: ajustement terrestre. HIVER RIGOUREUX
Année 1992
« Dans les années Yin et Shen le Shao Yang préside au ciel et le Jue Yin est à la source. Le Qi médian en dépassement est: -ans 39 et 9 = Jiao. Règne de coups de vent… »(Su Wen 71).
« La période d’ « élan vital» est celle du renouveau (ans 9, 19…)… L’excès de ]iao équivaut au Shang dans le ciel. Si le Zhi (Shao Yang et Shao Yin) préside au ciel son Qi est » désobéissant »… S’il perd toute retenue, le Qi de rétraction vient répliquer, et le Qi d’automne sévit avec vigueur. Une grande fraîcheur arrive… »(Su Wen 70).
« Quand le Shao Yang préside au ciel (années impaires) le Qi médian est en dépassement et la saison est avancée… Des coups de vents couchent les arbres… Au 1er Qi (Shao Yin) le Qi terrestre change. Le vent est d’abord abusif puis le froid s’en va et le temps tiédit fortement… Les retours de froids ne surmontent pas la tiédeur… Le 2ème Qi (Tai Yin) réprime le feu, soulève des nuées blanches. Les nuages se hâtent vers la demeure des pluies, le vent ne peut vaincre l’humidité et il pleut longuement… Le 3ème Qi (Shao yang) prolonge le gouvernement Céleste (feu). Fortes chaleurs suivies de pluies noyant l’horizon… Le 4ème Qi (Yang Ming) apporte la fraîcheur. Les chaleurs deviennent intermittentes. La rosée descend… Le 5ème Qi (Tai Yang) chasse le Yang, le froid vient avec la pluie… Le dernier Qi (Jue Yin) est justement celui de la terre. vent, brumes… » (Su Wen 71).
1992 est la neuvième année du cycle sexagésimal.
Année Ren Shen.
Année Bois en excès : saisons en avance.
Gouvernement Terrestre Annuel : vent.
Energie Annuelle à la présidence: Shao yang: chaleur gouvernant les 6 premiers mois de l’année chinoise.
Energie à la source: Jue Yin: vent gouvernant les 6 derniers mois de l’année chinoise.
Le « Gan» génère le « Zhi» : les énergies terrestres prédominent pour le calcul des saisons. Xié sur le Foie, réplique possible du fils de l’élément par la fraîcheur, sécheresse au 3ème Qi.
Il y a de plus un Ajustement Terrestre de l’énergie à la source Jue Yin avec le grand mouvement annuel correspondant en fait à une coïncidence Céleste, d’où domination du vent durant l’année.
MAITRE
INVITE
EXPLICATIONS, CONCLUSIONS CLIMATIQUES
1er Qi JUE YIN
SHAO YIN
Le maître génère: gros écarts présidence identique à l’invité toutes les énergies s’expriment. CHALEUR et VENT
2ème Qi SHAO YIN
TAI YIN
Le maître génère: gros écarts identité de la présidence et du maître toutes les énergies s’expriment. CHALEUR et HUMIDITE
3ème Qi SHAO YANG
SHAO YANG
Identité maître et invité présidence accentue la chaleur réplique possible de Yang Ming. ETE TRES CHAUD
4ème Qi TAI YIN
YANG MING
Le maître génère: gros écarts Jue Yin domine Tai Yin: compensation l’invité ne s’exprime donc pas. HUMIDITE et VENT
5ème Qi YANG MING
TAI YANG
Maître prédominant : gros écarts pas de correction par la source toutes les énergies s’expriment. VENT, FROID, SECHERESSE
6ème Qi TAI YANG
JUE YIN
Maître prédominant : gros écarts pas de compensation par Jue Yin Identité source et invité. VENT, FROID
Corrélations entre les prévisions chinoises et les relevés météorologiques occidentaux
Hao a réussi dans la région de Xi’an à trouver une concordance de 76,7% entre les données météorologiques de trente années (de 1951 à 1980) et les mouvements invités déduits des Troncs Célestes et des Branches Terrestres [51].
D’autres auteurs [71], sur la même durée mais dans la région de Zhengzhou, ont objectivé un taux de concordance supérieur à 95 %. Ils expliquaient d’ailleurs ce taux élevé par le fait que Zhengzhou soit située dans la région des cours moyen et inférieur du Fleuve Jaune, lieu d’origine de la Médecine et de la philosophie chinoise. La comparaison des résultats obtenus selon la théorie des « Gan » et des « Zhi » avec les données météorologiques d’autres régions avait également montré des taux de concordances élevés : 70 % dans les régions de Harbin et de Pékin, 76 % dans la région de Nankin, 71 % dans celle de Canton, 84 % dans celle de Qingdao.
Il est alors intéressant d’effectuer le même travail avec les données de la France, surtout qu’il semble y avoir des analogies entre certains climats de la Chine et ceux de l’Hexagone.
Ont été utilisés les relevés de données mensuelles fournis par Météo France de janvier 1987 à mai 1992.
La station météo est celle de Valenciennes, au lieu-dit de la Sentinelle dans le département du Nord, altitude 45 mètres, latitude 50°20′ Nord, longitude 3°27′ Est.
Les relevés ne concernent que les hauteurs des précipitations en millimètres et les températures moyennes en degrés °c.
Pour chaque Qi nous avons déterminé une moyenne sur 5 ans des précipitations et des températures moyennes, assortie de leur intervalle de confiance à 95 %. Une comparaison est effectuée ensuite entre les mesures observées et ces moyennes. Par convention, il y aura concordance si les données météorologiques correspondent aux prévisions calculées selon la méthode chinoise pour au moins une des deux variables. Exemple : prévision chinoise: chaleur, pluies. Température observée: 20°, 60 mm de précipitations. Moyennes : 19°, 55 mm de pluies. La température et les précipitations observées étant supérieures à la moyenne, il y aura donc concordance.
1987 DATES
CLIMAT CHINOIS SELON MTC
T° MOYENNE MENSUELLE (°C)
MOYENNE SUR 5 ANS
PRÉCIPITATIONS MENSUELLES(mm)
MOYENNE SUR 5 ANS
CONCLUSIONS
INTERVALLE CONFIANCE
INTERVALLE CONFIANCE
1er Qi
FRAICHEURVENTHUMIDITE
février
3,1
6,26°C
février: manque
52,91 mm
CONCORDANT
du 21 janvier
mars
4,2
i,c:4,64 à 7,88
mars
76
i,c : 35,84 à 69,97
CONCORDANT
au 19 mars
moyenne
3,65
moyenne
mq
CONCORDANT
2ème Qi
PERIODEPRINTANIERE DANSLA NORME
avril
12,1
11,70°C
avril
33,8
40,95 mm
CONCORDANT
du 20 mars
mai
10,9
i,c : 10,05 à 13,35
mai
70,6
i,c : 27,48 à 54,41
CONCORDANT
au 20 mai
moyenne
11,50
moyenne
52,2
CONCORDANT
3ème Qi
FRAICHEUR
juin
14,7
16,72°C
juin
104,8
68,2 mm
CONCORDANT
du 21 mai
juillet
17,8
i,c : 15,56 à 17,87
juillet
85,6
i,c : 46,40 à 89,99
NON CONCORDANT
au 22 juillet
moyenne
16,25
moyenne
95,2
CONCORDANT
4ème Qi
HUMIDEFROID
août
17,7
17,27°C
août
110,6
50,92 mm
CONCORDANT
Du 23 juillet
septembre
16,6
i,c : 16,05 à 18,48
septembre
38,2
i,c : 31,18 à 70,65
NON CONCORDANT
Au 22 septembre
moyenne
‘ 17,15
moyenne
: 74,4
CONCORDANT
5ème Qi
AUTOMNEDOUX
octobre
: 12,0
9,46°C
octobre
: 118,8
61,15
CONCORDANT
23 septembre
novembre
: 6,6
i,c: 7,41 à Il,51
novembre
: 60,8
i,c : 44,40 à 77,89
NON CONCORDANT
21 novembre
moyenne
: 9,3
moyenne
: 89,8
NON CONCORDANT
6ème Qi
HIVER PEURIGOUREUXDOUX
décembre
: 0,5
4,2°C
décembre
: 0,4
41,74
NON CONCORDANT
22 novembre
janvier
: 6,2
i,c : 3,09 à 5,30
janvier
: 42,4
i,c : 27,07 à 56,40
CONCORDANT
21 janvier 88
moyenne
:3,35
moyenne
: 21,4
NON CONCORDANT
1988 DATES
CLIMAT CHINOIS SELON MTC
T° MOYENNE MENSUELLE (°C)
MOYENNE SUR 5 ANS
PRÉCIPITATIONS MENSUELLES (mm)
MOYENNE SUR 5 ANS
INTERVALLE CONFIANCE
INTERVALLE CONFIANCE
1er Qi
VENT TIEDEUR
février
: 5,0
6,26°C
février
: 56
52,91 mm
NON CONCORDANT
du 21 janvier
mars
: 7,0
i,c:4,64à7,88
mars
: 66
i,c : 35,84 à 69,97
CONCORDANT
au 19 mars
moyenne
: 6,00
moyenne
: 61
NON CONCORDANT
2ème Qi
FRAICHEUR
avril
: 10,2
Il,70°C
avril
: 5,4
40,95 mm
CONCORDANT
du 20 mars
mai
: 15,1
i,c : 10,05 à 13,35
mai
: 43,2
i,c : 27,48 à 54,41
NON CONCORDANT
au 20 mai
moyenne
: 12,65
moyenne
: 24,3
NON CONCORDANT
3ème Qi
ETE FRAIS dansla norme
juin
: 15,7
16,72°C
juin
: 13,6
68,2 mm
CONCORDANT
du 21 mai
juillet
: 16,9
i,c: 15,56 à 17,87
juillet
: 105,6
i,c : 46,40 à 89,99
CONCORDANT
au 22 juillet
moyenne
:16,3
moyenne
:59,6
CONCORDANT
4ème Qi
HUMIDITEPLUIESVENT
août
: 17,9
17,27°C
août
: 80,8
50,92 mm
CONCORDANT
23 juillet
Septembre
: 15,0
i,c : 16,05 à 18,48
septembre
: 71,0
i,c : 31,18 à 70,65
CONCORDANT
au 22 septembre
moyenne
: 16,45
moyenne
: 75,9
CONCORDANT
5ème Qi
AUTOMNECHAUDHUMIDE
octobre
: 12,1
9,46°C
octobre
: 60,8
61,15
CONCORDANT
23 septembre
novembre
: 6,3
i,c: 7,41 à II,51
novembre
: 62,0
i,c : 44,40 à 77,89
CONCORDANT
21 novembre
moyenne
:9,2
moyenne
: 61,4
CONCORDANT
6ème Qi
HIVERTRESHUMIDEPLUVIEUX
décembre
: 6,7
4, 2°C
décembre
: 29,8
41,74
NON CONCORDANT
22 novembre
janvier
: 4,7
i,c : 3,09 à 5,30
janvier
: 26,4
i,c : 27,07 à 56,40
NON CONCORDANT
21 janvier 89
moyenne
: 5,7
moyenne
: 28,1
NON CONCORDANT
1989DATES
CLIMAT CHINOIS SELON MTC
T° MOYENNE MENSUELLE (°C)
MOYENNE SUR 5 ANS
PRÉCIPITATIONS MENSUELLES mm
MOYENNE SUR 5 ANS
INTERVALLE CONFIANCE
INTERVALLE CONFIANCE
ler Qi
FRAICHEURVENT
février : 5,4
6,26°C
février : 33,4
52,91 mm
CONCORDANT
du 21 janvier
mars : 9,3
i.c : 4,64 à 7,88
mars : 90,4
i.c : 35,84 à 69,97
NON CONCORDANT
au 19 mars
moyenne 7,35
moyenne :61,9
NON CONCORDANT
2ème Qi
PRINTEMPSFROID
avril : 7,7
11,70°C
avril : 76
40,95 mm
CONCORDANT
du 20 mars
mai :15,5
i.c : 10,05 à 13,35
mai :31,8
i.c : 27,48 à 54,41
NON CONCORDANT
au 20 mai
moyenne 17,60
moyenne :53,9
CONCORDANT
Sème Qi
ETE VENTEUX
juin : 16,2
16,72°C
juin : 59,8
68,2 mm
Données insuffisantes
du 21 mai
juillet 19,5
i.c : 15,56 à 17,87
juillet : 36,00
i.c : 46,40 à 89,99
au 22 juillet
moyenne :17,85
moyenne :47,9
4ème Qi
CHALEURHUMIDITE
août :18,7
17,27°C
août : 26,6
50,92 mm
CONCORDANT
23 juillet
septembre : 16,3
i.c : 16,05 à 18,48
septembre : 50,4
i.c : 31,18 à 70,65
NON CONCORDANT
au 22 septembre
moyenne :17,50
moyenne : 35
CONCORDANT
5ème Qi
AUTOMNECHAUDHUMIDE PLUIES
octobre :13,4
9,46°C
octobre :46,3
61,15
CONCORDANT
23 septembre
novembre : 6,1
i.c : 7,41 à 11,51
novembre : 25,4
i.c : 44,40 à 77,89
NON CONCORDANT
21 novembre
moyenne 9,75
moyenne 35,85
CONCORDANT
6ème Qi
HIVER DOUXPEUrigoureux
décembre ~i,3
4,2°C
décembre :71,4
41,74
CONCORDANT
22 novembre
janvier 5,3
i.c : 3,09 à 5,30
janvier : 45,6
i.c : 27,07 à 56,40
CONCORDANT
21 janvier 90
Moyenne 1,8
moyenne 58.5
CONCORDANT
1990 DATES
CLIMAT CHINOIS SELON MTC
T° MOYENNE MENSUELLE (°C)
MOYENNE SUR 5 ANS
PRÉCIPITATIONS MENSUELLES (mm)
MOYENNE SUR 5 ANS
CONCLUSIONS
INTERVALLE CONFIANCE
INTERVALLE CONFIANCE
1er Qi
FROID, VENT CHALEUR PRINTANIERE
février
: 8,6
6,26°C
février
72,4
52,91 mm
CONCORDANT
du 21 janvier
mars
: 8,9
i.c : 4,64 à 7,88
mars
12,0
i.c : 35,84 à 69,97
CONCORDANT
au 19 mars
moyenne
:8,75
moyenne
42,2
CONCORDANT
2ème Qi
PRINTEMPS CHAUD VENTEUX
avril
: 9,0
11,70°C
avril
55,8
40,95 mm
NON CONCORDANT
du 20 mars
mai
: 14,8
i.c : 10,05 à 13,35
mai
5,0
i.c : 27,48 à 54,41
CONCORDANT
au 20 mai
moyenne
: 11,90
moyenne
30,4
CONCORDANT
3ème Qi
ETE CHAUD
juin
: 15,5
16,72°C
juin
79,4
68,2 mm
NON CONCORDANT
du 21 mai
juillet
: 18,4
i.c: 15,56 à 17,87
juillet
18,40
i.c : 46,40 à 89,99
CONCORDANT
au 22 juillet
moyenne
:16,95
moyenne
48,9
CONCORDANT
4ème Qi
HUMIDITE PLUIES Fraicheur
août
: 20,4
17,27°C
août
26,4
50,92 mm
NON CONCORDANT
23 juillet
septembre
: 14,1
i.c : 16,05 à 18,48
septembre
27,2
i.c : 31,18 à 70,65
CONCORDANT
au 22 septembre
moyenne
‘17,25
moyenne
26,8
NON CONCORDANT
5ème Qi
AUTOMNECHAUD SEC
octobre
: 13,6
9,46°C
octobre
59,6
61,15
CONCORDANT
23 septembre
novembre
: 7,0
i.c : 7,41 à Il,51
novembre
43,6
i.c : 44,40 à 77,89
CONCORDANT
21 novembre
moyenne
: 10,3
moYenne
51,6
CONCORDANT
6ème Qi
HIVER SEC
décembre
: 3,8
4,2°C
décembre
72,8
41,74
NON CONCORDANT
22 novembre
janvier
: 3,8
i.c : 3,09 à 5,30
janvier
58,0
i.c : 27,07 à 56,40
NON CONCORDANT
21 janvier 91
moyenne
: 3,8
moyenne
65,4
NON CONCORDANT
1991 DATES
CLIMAT CHINOIS SELON MTC
T’ MOYENNE MENSUELLE (‘C)
MOYENNE SUR 5 ANS
PRÉCIPITATIONS MENSUELLES(mm)
MOYENNE SUR 5 ANS
INTERVALLE CONFIANCE
INTERVALLE CONFIANCE
1er Qi
VENTPLUIES
février
: 0,6
6,26°C
Février
: Il,00
52,91 mm
NON CONCORDANT
du 21 janvier
mars
: 9,8
i,c : 4,64 à 7,88
mars
: 36,6
i,c : 35,84 à 69,97
NON CONCORDANT
au 19 mars
moyenne
:5,2
moyenne
: 23,8
NON CONCORDANT
2ème Qi
CHALEURPLUIES
avril
: 9,2
1l,70°C
avril
: 43,4
40,95 mm
NON CONCORDANT
du 20 mars
mai
: 10,7
i,c : 10,05 à 13,35
mai
: 18,2
i,c : 27,48 à 54,41
NON CONCORDANT
au 20 mai
moyenne
:9,95
moyenne
: 30,8
NON CONCORDANT
3ème Qi
ETE TRESHUMIDEPLUIES
juin
: 13,9
16,72°C
juin
: 94,6
68,2 mm
CONCORDANT
du 21 mai
juillet
: 18,6
i,c: 15,56 à 17,87
juillet
: 84,2
i.c ‘ 46,40 à 89,99
CONCORDANT
au 22 juillet
moyenne
: 16,25
moyenne
: 89,4
CONCORDANT
4ème Qi
CHALEUR PEUIMPORTANTEHUMIDITE
août
: 19,3
17,27°C
août
: 9,8
50,92 mm
NON CONCORDANT
23 juillet
septembre
‘16,7
i,c : 16,05 à 18,48
septembre
:68,2
i,c : 31,18 à 70,65
NON CONCORDANT
au 22 septembre
moyenne
:18
moyenne
:39,0
NON CONCORDANT
5ème Qi
FRAlCHEURIMPORTANTE
octobre
: Il,2
9,46°C
octobre
: 43,6
61,15
NON CONCORDANT
23 septembre
novembre
: 6,3
i,c : 7,41 à Il,51
novembre
: 90,6
i.c : 44,40 à 77,89
CONCORDANT
21 novembre
moyenne
: 8, 75
moyenne
: 67,1
CONCORDANT
6ème Qi
HIVERRIGOUREUX
décembre
: 3,8
4,2°C
décembre
: 51,8
41,74
NON CONCORDANT
22 novembre
janvier
: 2,9
i,c : 3,09 à 5,30
janvier
: 18,8
i.c : 27,07 à 56,40
CONCORDANT
21 janvier 92
moyenne
: 3,35
moyenne
: 35,3
CONCORDANT
1992 DATES
CLIMAT CHINOIS SELON MTC
T’ MOYENNE MENSUELLE (‘C)
MOYENNE SUR 5 ANS
PRÉCIPITATIONS MENSUELLES(mm)
MOYENNE SUR 5 ANS
INTERVALLE CONFIANCE
INTERVALLE CONFIANCE
1er Qi
VENTCHALEUR
février
: 5,4
6,26°C
février
: 39,8
52,91 mm
NON CONCORDANT
du 21 janvier
mars
: 7,9
i,c : 4,64 à 7,88
mars
: 88,4
i,c : 35,84 à 69,97
CONCORDANT
au 19 mars
moyenne
6,65
moyenne
: 64,1
CONCORDANT
2ème Qi
CHALEURHUMIDITE
avril
: 9,5
Il,70°C
avril
: 47,4
40,95 mm
NON CONCORDANT
du 20 mars
mai
: 15,7
i,c : 10,05 à 13,35
mai
: 60,8
i.c : 27,48 à 54,41
CONCORDANT
au 20 mai
moyenne
: 12,6
moyenne
:54,1
CONCORDANT
En suivant la méthode précédemment décrite, nous obtenons une concordance de 64,52% entre les prévisions effectivement observées et les prévisions chinoises, ceci concernant 31 Qi. Est exclus un Qi dont les données du vent manquent. Effectivement, celles-ci ne sont malheureusement pas exploitables du fait que Météo France n’a pas pu fournir de manière mensuelle les fréquences moyennes par groupe de vitesse.
En conclusion, il est hasardeux de prétendre que prévoir la météorologie de nos régions à la lumière des théories chinoises soit plus efficace que les prévisions réalisées par Météo France, surtout que le taux de concordance tombe à 56,45 % dès que l’on étudie les corrélations de manière mensuelle. Bref, on a à peu près une chance sur deux d’être dans le vrai.
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Moines bouddhistes se protégeant du soleil à Phnom Penh – Cambodge
Résumé: La base de la Médecine Traditionnelle Chinoise s’appuie sur le concept du Temps et de ses rythmes. Les Branches Terrestres (« Di Zhi ») et les Troncs Célestes (« Tian Gan »), à l’origine du cycle sexagésimal, permettent d’expliquer les grands mouvements énergétiques, de concevoir un système de prévisions météorologiques, et de prévoir l’émergence d’une éventuelle chronopathologie.
Une étude épidémiologique de type cas-témoins portant sur 7342 actes médicaux a ensuite établi des liaisons entre les saisons et la chronopathologie occidentale. Puis, des correspondances ont été recherchées entre ces données et les connaissances provenant de la Médecine Traditionnelle Chinoise. L’association humidité-précipitations fut examinée dans le but de trouver la genèse des douleurs rhumatologiques concernant le » Bi Fixe’. Pour clore ce travail, la finesse des observations chinoises qui associaient depuis la nuit des temps le Bois au Printemps, et le Foie aux allergies, est confirmée par la découverte, selon la méthode du cosinor, d’un rythme circannuel des syndromes allergiques avec une acrophase printanière. Mots clés : Chrono-acupuncture, branches terrestres, « Di Zhi, troncs célestes ‘Tian Gan’, rythmes biologiques, chronopathologie, épidémiologie, prévisions météorologiques, climatologie, saisons, humidité, rhumatologie, ‘Bi fixe’ , allergie, cosinor.
Abstract: The basis of traditional chinese medicine depends on the concept of time and its rythms. The terrestrial branches (‘Di Zhi’) and the celestial trunks (‘Tian Gan’), at the beginning of the sexagesimal cycle allow the possibility of explaining great energy movements, of conceiving a system of meterorological forecasting and of predicting the emergence of an eventual chronopathology.
An epidemiological study of the type case-witness relative to 7, 342 medical operations has subsequently established the link between the seasons and western chronopathology. Next the author carried out a study to find the links between these data and the knowledge coming from traditional chinese medicine. An examination was made of the association between humidity and rain tall 50 as to discover the source of rheumatic pains connected with ‘stationary bi’. To bring this work to a close, the author established the exactitude of Chinese observations, which since the dawn of time has linked the the ‘awood of the springtime’ to the liver with its allergies, by the discovery, using the cosinor method, of the circannual rhythm of the allergy syndromes with a springtime acrophase. Keywords : chrono-acupuncture, terrestrial branches, ‘Di Zhi’, celestial trunks, ‘Tian Gan’, biological rythms, chronopathology, epidemiology, meteorological predictions, seasons, humidity, climatology, rhumatology, allergy, cosinor.
ETUDE EPIDEMIOLOGIQUE
A partir de 7342 actes médicaux concernant un fichier de 1337 patients vus de juin 1987 à mai 1992, une enquête épidémiologique a été organisée.
Protocole
– les objectifs
Il s’agit de déterminer globalement dans quelle mesure les pathologies observées varient au cours des saisons, et de faire une corrélation avec les connaissances de la Médecine Traditionnelle Chinoise. Ainsi il s’agit de répondre aux questions suivantes :
La fréquence des pathologies d’ordre allergique est-elle plus élevée au printemps que lors des autres saisons?
Observe-t-on une fréquence accrue des syndromes psychiatriques au printemps mais aussi en automne ?
La fréquence des troubles digestifs est-elle plus forte à la cinquième saison ainsi que les douleurs rhumatologiques ?
L’automne voit-il une recrudescence des problèmes infectieux pulmonaires, O.R.L., et l’hiver celle des algies rhumatologiques et également des syndromes infectieux viraux ?
Il s’avère aussi qu’a été éliminée d’emblée toute tentative de trouver une fréquence accrue des pathologies en fonction des Qi, les symptômes n’entrant pas dans le cadre d’une nosologie suffisamment précise. La recherche des incidences des maladies en fonction des saisons est donc beaucoup plus intéressante.
– le type d’enquête choisi
Une enquête de type cas-témoins a été réalisée. Elle est dite rétrospective, car la maladie est déjà survenue quand le travail fut débuté. Il a été possible d’estimer l’augmentation de la probabilité d’avoir la maladie quand on est exposé au facteur de risque (en l’occurence, les saisons), en comparant la fréquence de l’exposition chez les cas et chez les témoins. On a donc calculé pour chaque catégorie de maladies une valeur, le risque relatif estimé (RRE), encore dénommée odds-ratio (OR) par les anglo-saxons (44).
Hiver
Printemps
sujets malades
A1
A2
sujets indemnes
A3
A4
RRE = A1 A4 / A2 A3
Un risque relatif estimé égal à 2 signifiera dans l’exemple qu’en hiver, il y a une probabilité d’avoir la maladie qui est 2 fois plus élevée qu’au printemps. Le risque relatif estimé devra bien sûr être accompagné de son intervalle de confiance à 95% ; on fera également le test statistique du Chi², pour décider si la valeur du RRE est significativement différente de 1 (si RRE est égal à 1, il n’y a pas de différence entre les groupes comparés).
– les critères de sélection des sujets étudiés
Ont été considérés comme atteints tous les sujets ayant les symptômes ou la maladie durant la période choisie dans un échantillon de population générale se présentant dans un cabinet de médecine. Les témoins sont, pour la même période, les sujets indemnes dans un échantillon considéré comme représentatif de la population générale d’une petite ville de 3500 habitants, se présentant pour des symptômes différents dans le même cabinet de médecine générale. Le sexe et l’âge n’ont pas été retenus comme source de biais.
– les renseignements à recueillir pour chaque sujet observé
Les renseignements ont été classés en 7 catégories :
Ont été considérés comme malades témoins les cas d’actes de cardiologie, phlébologie, neurologie, dermatologie, endocrinologie, gynécologie, uro-néphrologie, traumatologie et autres actes n’entrant pas dans le cadre direct de la pathologie étudiée.
Résultats et discussion
Les saisons ont été découpées de la façon suivante : – printemps : du 1 mars au 31 mai
– été : du 1er juin au 31 août
– automne : du 1 septembre au 30 novembre
– hiver : du 1er décembre à fin février.
La cinquième saison a été assimilée à un sous-ensemble de l’été, période allant du 1er au 31 août.
Pour chaque pathologie, il sera fait une comparaison des saisons deux à deux : été – automne, été – hiver, été – printemps, automne – hiver, automne – printemps, hiver – printemps ou vice-versa selon les cas. Le risque relatif estimé (R.R.E.) est noté dans un tableau, accompagné de son intervalle de confiance, du test Chi² et du degré de signification p. Le risque relatif estimé est significatif si p est inférieur à 0,05. Sur les tableaux suivants, les R.R.E statistiquement significatifs sont écrits en caractères gras italiques.
* allergie
On constate donc que le risque relatif estimé de contracter une pathologie allergologique est de 3,15 fois plus élevé en été qu’en hiver (p<0,0000001), et de 2,49 fois plus élevé au printemps qu’en hiver (p<0,0000002). Cela confirme en partie les données de la Médecine Traditionnelle Chinoise: allergie et foie, allergie et printemps. Notons que dans la chronopathologie occidentale (voir chapitre ci-dessus), il y a aussi confirmation de ces données.
* syndromes psychiatriques
En ce qui concerne les syndromes psychiatriques, il y a une recrudescence en automne par rapport à l’hiver, risque relatif estimé à 1,23, statistiquement significatif (p=0,044). Là aussi, il y a confirmation de certaines données chinoises : automne = poumons = mélancolie, états dépressifs.
* troubles digestifs
Il y a recrudescence des troubles digestifs en été (R.R.E=1,32 ; p=0,024) par rapport à l’automne, et par rapport au printemps (R.R.E=1,36 ; p=0,013). Cela est à mettre essentiellement sur le compte des diarrhées aigues estivales.
La Médecine Traditionnelle Chinoise avait ici encore observé que l’augmentation des troubles digestifs liés au méridien de Rate – Pancréas se retrouvait à la fin de l’été (5e saison). D’où confirmation encore par les données occidentales.
* problèmes rhumatologiques
A la fin de l’été en Médecine Chinoise correspond les problèmes rhumatologiques (Bi humidité). Au printemps se verront surtout les problèmes musculo-tendineux (Bi « errant »). En hiver, ce sont principalement les douleurs osseuses rachidiennes (Bi douloureux). Les études occidentales objectivent une acrophase de la fréquence des poussées arthrosiques en été, et en hiver pour les maladies de type inflammatoire. Cette présente étude infirme en partie cela puisque le risque relatif estimé est de 1,32 en été versus hiver (p=0,0085) ; de 1,26 en été versus automne (p=0,031) ; de 1,26 au printemps versus hiver (p=0,017). Par contre, cette enquête ne confirme pas la thèse chinoise de l’ augmentation des algies en hiver. Il serait intéressant de rechercher alors le rôle d’un facteur de confusion telle l’humidité, la pluie ou le froid dans la genèse de ces algies.
* problèmes infectieux pulmonaires
L’hiver offre une recrudescence de la pathologie broncho-pulmonaire que ce soit par rapport au printemps (R.R.E=1,46), à l’automne (R.R.E=1,33), ou surtout par rapport à l’été (R.R.E= 2,27 ; p<0,0000001). En fait, en examinant les statistiques, il s’avère que l’été versus les autres saisons voit un abaissement important de ces pathologies. Les études épidémiologiques occidentales retrouvent la bathyphase estivale et l’acrophase hivernale. La Médecine Chinoise considère que la fréquence des maladies pulmonaires s’accroît en automne avec une éventuelle altération énergétique du couple Poumons – Gros intestin, mais aussi en hiver, surtout si l’infection est sévère ou récidivante.
* problèmes infectieux O.R.L.
Comme pour les problèmes pulmonaires, il y a peu de pathologie O.R.L en été. La survenue des cas infectieux se voit essentiellement en automne (R.R.E= 1,47 versus été ; R.R.E= 1,19 versus printemps) et en hiver avec un R.R.E à 1,34 (p=0,00053) versus été. Le tout corrobore en partie les données de la Médecine Traditionnelle Chinoise.
* maladies infectieuses
Les maladies infectieuses sont aussi en nette recrudescence hivernale, et recoupent également les pathologies broncho-pulmonaires et O.R.L quant à leur survenue: surtout hiver versus été (R.R.E=1,81), printemps (R.R.E=2,19) et même automne.
Malheureusement, cette étude n’est vraisemblablement pas exempte de biais. La crainte d’y être confronté m’a obligé à utiliser par exemple tous les consultations à visée cardiologique, gynécologique, urologique, endocrinologique… comme des cas dits témoins car il y avait trop de facteurs de confusion entraînant à la fois des biais de sélection et de mesure.
Mais la plus grande difficulté réside dans l’obligation d’un diagnostic exact permettant à la maladie d’entrer dans le cadre d’une nosologie précise. Ainsi donc, l’amalgame des différents syndromes dans chaque catégorie est volontaire et ne doit pas être considéré comme un biais de recrutement. Par exemple, l’allergie peut toucher chez un même patient aussi bien l’appareil respiratoire que dermatologique ou O.R.L, et à des moments différents. Il en résulte bien sûr une certaine imprécision avec un intervalle de confiance un peu large, mais il est préférable d’avoir une diminution de la puissance que d’avoir des valeurs fausses parce que trop élevées ou trop basses. De toute façon, n’ont été considérées comme statistiquement significatives, que les valeurs du risque relatif estimé non biaisé vers l’unité (c’est à dire tendant vers 1), ayant un test du Chi² avec un degré de signification inférieur à 5% (p<0,05).
Quoiqu’il en soit, cette enquête cas-témoins peut constituer une première approche de la chronopathologie traditionnelle chinoise et devrait être suivie d’une enquête prospective. Néanmoins elle objective la qualité exceptionnelle des observations des médecins chinois, qui très longtemps avant les occidentaux, avaient compris le rôle des saisons dans la genèse de certaines pathologies.
Cela m’a poussé à aller encore de l’avant et à rechercher dans une première partie si un facteur climatique telles l’humidité ou les précipitations peut influencer l’apparition des algies rhumatologiques. Dans une seconde partie, il était intéressant d’essayer de déterminer s’il y a reproductibilité des pathologies à chaque saison, bref rythmes biologiques, comme l’entend la Médecine Traditionnelle Chinoise. En effet, cette étude épidémiologique donne une estimation globale de la probabilité d’avoir la maladie en fonction de la saison sur une période de 5 ans, mais ne permet pas d’objectiver si cela se reproduit de la même façon chaque année. En effet, il est tout à fait possible d’avoir une année avec beaucoup de pathologie, suivie d’une année sans. Intérêt donc d’utiliser le modèle mathématique du Cosinor.
Précipitations, humidité et douleurs rhumatologiques
Il a été décrit dans un chapitre précédent que certaines équipes avaient essayé d’associer poussées algiques arthrosiques et changement de température et d’humidité. Ils avaient ainsi démontré une recrudescence estivale. Néanmoins un doute était émis dans le sens où le malade pouvait trouver un bénéfice psychologique en attribuant les douleurs au mauvais temps.
La Médecine Traditionnelle Chinoise expose une pathologie rhumatologique en rapport avec l’humidité. Il s’agit du Bi «fixe» ou Bi des Chairs survenant au 6ème mois (5ème saison), et en rapport avec la Terre et le méridien de Rate-Pancréas. Selon le chapitre 43 du Su Wen, les manifestations en sont : « Impotence des membres, rejet d’humeurs dans les quintes de toux, occlusion de la poitrine ». Il est dit aussi : « Il y a douleur quand le froid prévaut.. »
Dans le chapitre précédent, a été démontrée l’existence d’une probabilité de 1,32 fois plus élevée d’avoir des algies rhumatologiques en période estivale qu’en période hivernale (p=0,0005). L’étude des facteurs précipitations et humidité peut éclairer ce résultat.
Il faut tout d’abord savoir que l’air renferme toujours entre 1 et 4% de vapeur d’eau en moyenne. Cette quantité varie en fonction de la température. Plus l’air est chaud, plus sa capacité d’absorption est importante. A une température donnée, il se saturera d’une quantité maximale de vapeur d’eau. Ainsi à -20°C, cette valeur de saturation n’est que d’1 gramme de vapeur d’eau par mètre cube d’air. A 0°, cette valeur passe à 4,9 g/m3 ; à 10° : 9,8 g/m3 et à 30°C : 30,4 g/m3.
Cela entraîne des impressions directement perceptibles par l’être humain. Un air tropical, très humide et chaud empêche par exemple la sueur de s’évaporer et de rafraîchir le corps. De même, plus il fait froid et que l’air est humide, plus il semble glacial.
Ont donc été calculées les moyennes des précipitations en fonction des saisons. Il s’avère que l’été est la saison la plus pluvieuse. Malheureusement, il n’a pas été trouvé de différence significative entre les précipitations de l’année. Le tableau suivant récapitule les résultats.
saisons
Moyenne
Ecart type
variance
été
62,41 mm
36,86
1359,33
automne
57,76 mm
24,02
577,04
hiver
41,99 mm
22,35
499,93
printemps
45,36 mm
27,95
781,63
Même si la moyenne des précipitations est plus élevée en été (62,41mm) que pour les autres saisons, l’analyse des variances par le test F de snedecor montre un F égal à 1,77 à 3 et 56 degrés de liberté. De ce fait, les moyennes ne diffèrent pas significativement (p>0,05). De la même façon, en groupant les valeurs et en étudiant les variances été versus autres saisons, la valeur de F (1/58) est égal à 2,78 , valeur non significative (p = 0,10).
En conclusion, les moyennes des précipitations sont à peu près semblables quelque soit la saison. Ce qui pourrait faire la différence, c’est la valeur de saturation de la vapeur d’eau dans l’air qui est beaucoup plus élevée en été que durant les autres saisons, du fait de la chaleur. La pluie ne semble donc pas intervenir directement dans la genèse des douleurs. Par contre, l’humidité que l’on retrouve à la fin de l’été, en rapport avec la chaleur et une moyenne des précipitations un peu plus élevée expliquerait les algies retrouvées dans le Bi «fixe».
La recherche d’un rythme biologique rhumatologique s’est faite en vain. En effet, les algies de type Bi «fixe» doivent se présenter toujours au même moment de l’année : la fin de l’été. Cela s’explique par la prévision météorologique chinoise à base des «Gan» et des «Shi» qui voit certes des étés différents en fonction des années, mais souvent avec un point commun : l’humidité. Exemple pour le quatrième Qi : humidité et froid en 1987, humidité, pluies et vent en 1988, été chaud et humide en 1989 ; humidité, pluies et fraîcheur en 1990 ; humidité et chaleur peu importante pour l’année 1991. Comme on peut le constater, l’humidité est vraiment le dénominateur commun. Mais malheureusement, il n’y a pas toujours concordance avec les observations mesurées. De ce fait, certains mois d’été furent secs alors que la pluie était prévue (cf chapitre précédent). Aucune détection de rythme biologique rhumatologique ne fut découvert , ainsi que cela va être maintenant démontré.
Recherche des rythmes biologiques
L’étude épidémiologique préalablement effectuée a analysé la relation causale entre la maladie et l’exposition au facteur de risque. On a déterminé une approximation du risque relatif estimé en fonction du niveau d’exposition chez les cas et les témoins.
Mais, cette valeur du R.R.E, calculée avec un seuil de signification à 5% par le test du Chi², ne montre que l’existence d’une association plus ou moins forte entre des variables de nature qualitative (exemple : le nombre de gastro-entérites en hiver ou en été).
Pour la suite de l’étude, il a donc été nécessaire de transformer cette variable qualitative (nombre de cas) en quantitative (pourcentage de cas), afin d’obtenir un mode de description apportant le plus d’informations possibles, et de discuter d’autre part l’importance du R.R.E (100). On peut ainsi voir que le risque relatif estimé est malgré tout biaisé vers l’unité et que l’analyse des variances va nettement améliorer les résultats de l’enquête épidémiologique.
Le rythme circannuel a été recherché pour les 7 catégories de pathologies. La méthode du cosinor a été employée, en utilisant les 7342 actes médicaux concernant le fichier de 1337 patients vus de juin 1987 à mai 1992.
Les dates, mois et années, de chaque maladie ont été soigneusement enregistrées ainsi que le nombre de patients atteints. Les caractères étudiés, c’est à dire les maladies entrant dans les 7 classifications, sont distribuées selon une loi normale de type gauss pour chaque saison, surtout qu’il s’agit de grands échantillons.
Il a fallu ensuite comparé les moyennes dans leur ensemble par une analyse des variances (le test global de F : rapport de la variance inter-colonnes sur la variance intra-colonne résiduelle), afin de répondre à la première question : les saisons sont-elles équivalentes pour la chronopathologie étudiée ?
Dans l’affirmative, il ne peut y avoir bien sûr de rythme biologique, même si l’enquête épidémiologique montre une probabilité plus forte d’avoir une chronopathologie à une saison donnée.
Dans la négative, on procède alors à des comparaisons deux à deux, ce qui permet de discuter du degré de l’association décrite dans le chapitre épidémiologique. Il est donc possible d’objectiver un rythme biologique par la méthode du Cosinor.
On recherche la fonction sinusoïdale correspondant à la formule Y(t) = M + A Cos(wt + φ).( t est le temps; w est la fréquence angulaire = 2π/τ ).
Y(t) est la valeur au temps t de la fonction définie par les paramètres du mésor M, de l’amplitude A, de la période et de l’acrophase φ. La période τ sera ici de 365 jours, soit 360° (rythme circannuel). L’acrophase sera exprimée en degrés. Ainsi janvier correspond à -360°, février : -30°, mars : -60°, avril : -90°, mai: -120°, juin :-150°…, décembre : -330°.
Pour les cinq séries de valeurs : j=1, 2, …5 observées pendant les 5 années de l’étude, il faut considérer la somme des valeurs des fonctions Y (t) au temps t(j) égale à une fonction Y(j) = M + A Cos (wtj + φ). Dans le but de l’analyse statistique, on utilise une forme équivalente :
Y(j) = M + A cos φ * cos w tj – A sin φ * sin φ wtj
Et on substitue :
ß = A cos φ ; δ = -A sin φ
xj = cos wtj ; zj = sin wtj
D’ où, on arrive à l’équation :
Y(j) = M + ßxj + δzj
Puis il est obligatoire de confirmer si un rythme est réellement détectable en validant l’hypothèse d’une amplitude A non nulle par une analyse de variance (test F) sur les valeurs de ß et δ . Si l’amplitude est égale à zéro, c’est à dire si ß=δ=0, il n’existe évidemment pas de rythme.
Dans le cas contraire, et toujours à partir de la méthode des moindres carrés, on peut obtenir les valeurs estimées de l’acrophase φ, l’amplitude A, le mésor M, avec leurs limites de confiance à 95%. Pour plus de détails sur les procédures mathématiques du Cosinor, se reporter à l’article référencé de Nelson (82).
1) maladies infectieuses
L’analyse des variances entre les quatre saisons montre : F = 3,4438 ; p=0,022 . Les saisons diffèrent de manière statistiquement significative.
Le tableau suivant donne les valeurs de l’analyse des variances des saisons comparées deux par deux ainsi que celles de l’analyse des moyennes par le test t de Student avec 56 degrés de liberté. Il conclut sur une différence significative si le risque est inférieur à 5% entre les 2 saisons, la valeur de p donne le degré de signification aussi bien pour la valeur de F que celle du test t.
On constate donc que la différence objectivée entre les saisons hiver versus printemps ou été, est confirmée de manière statistiquement significative. Pas de différence par contre, versus automne ou entre les autres saisons.
On peut chercher maintenant la fonction sinusoïdale qui s’approche le mieux de la série temporelle des valeurs expérimentales. L’acrophase pour une période estimée à 12 mois se situe en hiver alors que la bathyphase doit se situer au printemps ou en été.
Malheureusement, pour une période de 365 jours, le rythme des maladies infectieuses n’a pas été détecté : l’amplitude A (différence des valeurs entre le moment du pic et celui du creux) ne diffère pas de zéro. Le test F montre : F = 2,1031 avec un p>5%, non significatif.
De ce fait, le modèle d’une fonction sinusoïdale est inappropriée. La fonction correspondra davantage à une droite car la variation de l’amplitude est nulle.
2) problèmes infectieux O.R.L.
L’analyse des variances entre les quatre saisons montre : F = 3,310 ; p=0,0259 . Les saisons diffèrent de manière statistiquement significative.
La différence existe uniquement en automne et hiver versus été. On démontre de manière statistiquement significative que l’automne est la saison la plus propice aux affections O.R.L (acrophase), et l’hiver dans une moindre mesure. La Médecine Traditionnelle Chinoise avait certifié qu’en cas d’atteinte des méridiens de la loge Métal, la pathologie O.R.L survenait essentiellement en automne. Nous avons ici une confirmation statistiquement significative à condition de la coupler à l’étude épidémiologique qui donne le sens de l’association.
La fonction sinusoïdale est également cherchée par la méthode du Cosinor. L’acrophase pour une période estimée à 12 mois devrait se situer en automne et la bathyphase probablement en été.
Pour une période de 365 jours, le rythme des infections O.R.L n’a pas été détecté : l’hypothèse de l’amplitude nulle ne peut être rejetée. Le test F montre : F = 0,276 avec un p>5%, non significatif.
De ce fait, pas de rythme biologique suivant le modèle d’une fonction sinusoïdale. La fonction correspondra aussi à une droite car la variation de l’amplitude est nulle pour une période circannuelle.
3) problèmes infectieux pulmonaires
L’analyse des variances entre les quatre saisons montre : F = 4,066 ; p=0,011 . Les saisons diffèrent de manière statistiquement significative.
Comme pour les infections O.R.L, il y a une différence significative hiver et autommne versus été. Pas de différence significative entre les autres saisons. Au contraire des affections O.R.L, l’acrophase semble culminer ici plutôt en hiver qu’en automne. En couplant avec l’étude épidémiologique, on constate ainsi que le R.R.E est de 2,27 en hiver par rapport à l’été alors qu’il n’est que de 1,70 en automne. Confirmation encore des données de la Médecine Traditionnelle Chinoise.
Ici aussi, le rythme circannuel déterminé par le modèle mathématique du cosinor est manquant : F = 2,3434 avec un p supérieur à 5%, non significatif.
4) problèmes rhumatologiques
L’analyse des variances entre les quatre saisons montre : F = 1,1996 ; p=0,318. Les saisons ne diffèrent pas de manière statistiquement significative en ce qui concerne la chronopathologie d’ordre rhumatologique. De ce fait, il est impossible d’une part de comparer les saisons entre elles, et d’autre part d’observer un rythme biologique circannuel.
L’étude épidémiologique avait pourtant mis en exergue une augmentation des algies rhumatologiques en été, qui semblait liée à l’humidité (voir chapitre précédent). En fait, cela se répartit globalement sur cinq années et ne se reproduit pas de façon cyclique. Par ailleurs, le risque estimé relatif est peu élevé (1,32), proche de l’unité, même si cette valeur est statistiquement significative (p=0,008).
5) troubles digestifs
L’analyse des variances entre les quatre saisons montre : F = 3,707 ; p=0,016 . Les saisons diffèrent de manière statistiquement significative.
Il y a confirmation des données épidémiologiques, avec une possible acrophase de la pathologie en été versus automne et printemps. A noter que le test de student montre une différence presque significative entre l’été et l’hiver : p=0,0502.
A nouveau, le rythme circannuel n’est pas retrouvé : F = 0,139 , p non significatif.
6) syndromes psychiatriques
L’analyse des variances entre les quatre saisons montre : F = 0,127 ; p = 0,5. Les saisons ne diffèrent pas de manière statistiquement significative en ce qui concerne la chronopathologie d’ordre psychiatrique. D’où on ne détecte pas de rythme biologique circannuel.
Mêmes réflexions à faire que pour la pathologie rhumatologique. Excès certes de syndromes psychiatriques en automne, mais excès global sur une longue période de 5 ans, non cyclique, et à relativiser compte tenu du risque relatif estimé tendant vers l’unité (R.R.E = 1,23).
7) Allergie
L’analyse des variances entre les quatre saisons montre : F = 9,29 ; p=0,00013 . Les saisons diffèrent de manière statistiquement significative.
Confirmation des données épidémiologiques : accroissement de la pathologie allergique en été et au printemps versus les deux autres saisons. Pas de différence significative entre l’été et le printemps, automne – hiver, automne – printemps. On peut donc penser à une acrophase de l’allergie située au printemps-été, et, une bathyphase en début d’hiver.
La recherche d’un rythme circannuel est positive. L’hypothèse d’une amplitude A non nulle par l’analyse de variance sur les valeurs de ß et δ est validée : le test F est égal à 7,7411. Cette valeur est statistiquement significative, p = 0,00638.
En appliquant le modèle mathématique du Cosinor, nous obtenons les résultats suivants :
– Période circannuelle de 365 jours, soit 360°
– Le Mésor M = 4,45 avec un intervalle de confiance à 95% compris entre 3,63 et 5,27 (soit +/- 0,825)
– L’Amplitude A = 0,379 avec un intervalle de confiance à 95% compris entre 0,190 et 0,569
– L’Acrophase à -120° avec un intervalle de confiance à 95% compris entre -88° et -152°, c’est à dire une acrophase le 1er mai (intervalle de confiance à 95% : du 30 mars au 3 juin).
Les deux schémas suivants visualisent ces données.
Distribution mensuelle de la pathologie allergique sur une période de 5 ans.
Rythme circannuel de la pathologie allergique analysé par la méthode du Cosinor.
Bref, il y a donc une acrophase de l’allergie du printemps au tout début de l’été.
En conclusion, si l’on démontre qu’il y a effectivement une probabilité de 2,27 fois plus forte d’avoir des infections broncho-pulmonaires en hiver, on ne peut pourtant pas affirmer que cela se répète circannuellement, à la manière du rythme biologique des manifestations allergiques. Même chose pour toutes les autres pathologies.
Par contre, rien ne prouve que la période soit différente. Au lieu d’un an, il peut s’agir d’une période de 60 ans, comme celle du cycle sexagésimal chinois.
Donc selon l’imbrication des troncs célestes et des branches terrestres, la pathologie se retrouvera tous les 60 ans (voir chapitre précédent). Malheureusement, cela est difficile à infirmer sur une aussi longue période.
Conclusion
« On dit que dans la haute antiquité il y eut des «Immortels» qui maîtrisèrent la nature en maniant le Yin-Yang. Par la respiration ils affinaient leur souffle, se libéraient par la concentration d’esprit en stabilisant leurs chairs. Ils pouvaient alors vivre comme l’univers sans connaître le déclin car ils vivaient le Dao. Dans la moyenne antiquité il y eut des «Parfaits» qui accomplissaient le Dao par leur seule vertu. Ils se mettaient en harmonie avec le Yin-Yang et s’accomodaient aux saisons. Vivant hors du siècle ils réservaient leur essence au maintien de l’intégrité de leur esprit. Leur vue et leur ouïe atteignent partout, même au delà des huit frontières. Ainsi accroissaient-ils leur longévité, et, dans les meilleures conditions, à l’égal des Immortels. » (Su Wen : chapitre 1 « De la pureté naturelle dans la haute antiquité »)
Prolonger la longévité dans les meilleures conditions possibles est le rôle essentiel de tout médecin. Les Anciens, par leurs minutieuses observations des lois de la Nature, et malgré une conception de l’anatomie et de la physiologie humaine des plus rudimentaires, y avaient réussi dans une certaine mesure.
Les Troncs Célestes et les Branches Terrestres qui s’imbriquent, créant le cycle sexagésimal, doivent être utilisés pour la connaissance des pathologies rythmées par les saisons. L’épidémiologie occidentale a permis d’infirmer en grande partie cette vision holistique de l’Univers. Bien-sûr à l’échelle de l’Europe, on ne peut pas tout appliquer sans faire des ajustements.
Néanmoins, prévenir les maladies à la lumière des conceptions chinoises des rythmes n’est pas impossible. Il suffit de connaître toutes les données concernant les prévisions météorologiques, ainsi que la chronopathologie des «Qi» en fonction des années du cycle sexagésimal, appliquer les lois citées, puis, piquer les points d’acupuncture nécessaires.
Evidemment, toutes ces notions sont complexes et difficiles à maîtriser. De ce fait, une prochaine publication proposera un logiciel informatique apte à contrôler toutes les données du traitement chronoacupunctural.
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Les deux études chinoises commentées par Henning Strøm dans ce numéro [1], ont essayé d’objectiver une corrélation entre épisodes épidémiques et cycles du calendrier chinois.
La première étude de Zhang Nianshun conclut qu’il n’y a pas de corrélation sûre. La deuxième étude de Chen Bixian montre par l’astuce de regrouper les Troncs Célestes deux par deux selon l’appartenance aux « 5 mouvements » que les épidémies sont en accord avec la cause, c’est à dire le Feu. Henning Strøm fait remarquer avec justesse que ces chiffres sans évaluation statistique ne sont pas convaincants.
Certes, il pourrait y avoir un certain intérêt à utiliser les Branches Terrestres et les Troncs Célestes afin de concevoir un système de prévisions météorologiques. Cependant, il apparaît hasardeux de prétendre que prévoir la météorologie sous nos latitudes à la lumière des théories chinoises soit plus efficace par exemple que les prévisions réalisées par Météo France. Il y a des analogies entre le climat de la France et certains climats de la Chine, en particulier toute la zone du berceau de la Médecine Traditionnelle Chinoise, mais aussi de la philosophie chinoise qui se situe dans la région des cours moyen et inférieur du Fleuve Jaune, de la région de Zhengzhou dans la province du Henan à celle de Jinan ou de Qingdao dans la province du Shandong.
J’avais décrit la climatologie sur une période de cinq ans (1987 à 1992) selon les prévisions chinoises [2] et réalisé une corrélation avec les mesures météorologiques occidentales de la même période relevées par Météo France précisant hauteur des précipitations, température moyenne et degré Celsius. Cette étude avait été réalisée de manière statistique avec moyenne sur 5 ans et calcul de l’intervalle de confiance à 95%. J’en avais conclu qu’il y a une concordance de 56,45% entre les prévisions météorologiques chinoises et celles observées par Météo France, bref à peu près une chance sur deux d’être dans le vrai.
Henning Strøm s’interroge de la réalité des pluies plus abondantes pendant la période de l’élément Terre qui prédominerait 18 jours avant chaque commencement de saison. Il me semble qu’il faut plutôt envisager la 5e saison comme un sous-ensemble de l’été, période allant du 1 août au 31 août. La médecine traditionnelle chinoise décrit 5 saisons, ou du moins, 4 saisons et une 5e saison complémentaire. Dans le Suwen chapitre 29 « du taiyin et du yangming », Huang Di demande : « Pourquoi la Rate n’a-t-elle pas la souveraineté d’une saison ? ». Qi Bo répond : « La Rate est Terre, elle gouverne le Centre. En toute saison elle est « ‘ soutien de famille » pour les quatre autres viscères qui lui délèguent chacun 18 jours de commandement. Elle n’a donc pas de saison propre.. » [3].
Il apparaît donc que la cinquième saison est constituée de 4 périodes intermédiaires de 18 jours se situant entre les quatre saisons, centrées sur les équinoxes et les solstices. Et pourtant le chapitre 9 du Suwen nous en donne une autre interprétation avec une cinquième saison appelée « été de croissance » : « Le printemps prévaut sur « ‘l’été de croissance » (zhangxia – 6e mois), celui-ci prévaut sur l’hiver, l’hiver sur l’été, l’été sur l’automne et l’automne sur le printemps. Tel est le cycle des prédominances des saisons conformément aux 5 éléments donc chacun commande un viscère » [3].
Ainsi la cinquième saison semble être à ce niveau qu’une seule période se situant entre l’été et l’automne, bref la fin de l’été, ou le fameux « été indien » pour les Nord-Américains. Une étude faite par Choisnel et Dinouart a permis d’avancer des arguments solides en faveur de la seconde hypothèse [4].
Pour eux, la cinquième saison, associée à l’humidité, coïncidant avec le maximum du contenu en vapeur d’eau de l’atmosphère se situe au mois d’août. Néanmoins, j’avais montré que les moyennes de précipitations sont à peu près semblables quelle que soit la saison. Mais ce qui pourrait faire la différence, c’est effectivement la valeur de saturation de la vapeur d’eau dans l’air qui est beaucoup plus élevée en été que durant les autres saisons, du fait de la chaleur [5].
D’autre part, les deux études chinoises ont essayé de démontrer que l’on pourrait prévoir les épidémies, car elles reviendraient de manière cyclique et surtout pendant les années Bois « qui produisent du Feu, les années Feu qui produisent un excès de Feu.. », le tout en accord avec la cause : le Feu. Il eût été judicieux d’utiliser la méthode de cosinor appliquée à cette période de 1200 ans qui aurait permis de déterminer un éventuel rythme biologique. Ainsi une étude épidémiologique sur 5 ans de type cas-témoins portant sur 7342 actes médicaux avec analyse de variance des saisons comparées deux par deux et test t de student avait constaté une différence significative (p=0,012) entre le nombre de maladies infectieuses apparues entre l’été et l’hiver, ce qui semble évident, mais pas de rythme détecté par la méthode de cosinor. Idem pour les problèmes infectieux ORL et pulmonaires. On a pu néanmoins noter que la pathologie infectieuse ORL survenait essentiellement en automne, de manière statistiquement significative (p=0,004), conforme donc aux données de la médecine traditionnelle chinoise [5]. En conclusion cette étude, bien que limitée dans le temps et ne concernant que des épisodes infectieux et non les épidémies (quoique durant cette période, il y eut aussi une épidémie de grippe et de gastro-entérites), objective qu’il n’y a pas de rythme sur 5 ans. Et malheureusement, les deux études chinoises dont l’intérêt était justement de rechercher un éventuel rythme sur une période de 1200 ans semble aller dans ce sens. On peut penser comme Henning Strøm qu’une épidémie dépend de trop de variables pour être prévisible en fonction des Troncs Célestes et des Branches Terrestres.
Références
1. Strøm H. Les épisodes épidémiques sont-ils corrélés aux cycles du calendrier chinois ? Acupuncture & Moxibustion. 2006,5(2):154-158. 2. Stéphan JM. A propos des troncs célestes et des branches terrestres : réflexions sur les rythmes biologiques, la chronopathologie et les prévisions météorologiques selon les conceptions chinoises (2e partie). Méridiens. 1995;104:37-74. 3. Husson A. Huang Di Nei Jing Su Wen. 3ème éd. Paris: ASMAF; 1987. 4. Choisnel E, Dinouart P. A propos de la cinquième saison chinoise: Premiers éléments de réflexion. Méridiens. 1986;73-74:125-139. 5. Stéphan JM. A propos des troncs célestes et des branches terrestres : réflexions sur les rythmes biologiques, la chronopathologie et les prévisions météorologiques selon les conceptions chinoises (3e partie). Méridiens. 1995;105:33-58.
luie d’orage au Grand palais royal de Bangkok construit en 1782 par le roi Rama I – Thaïlande