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L’acupuncture dans le syndrome du canal carpien. Rôle du jing jin du Maître du Cœur

Résumé : Le syndrome du canal carpien, conséquence d’une irritation ou d’une compression du nerf médian dans le défilé carpien du poignet est responsable de douleurs nocturnes insomniantes, surtout chez la femme. Après un bref chapitre exposant la nosologie occidentale, 5 observations servent de cadre à la proposition d’un protocole acupunctural basé sur la technique thérapeutique du traitement de la zone tendino-musculaire du méridien du Maître du Coeur (shoujueyin). Les points utilisés sont donc MC 7 (Daling), MC 6 ( Neiguan), MC 5 (Jianshi), MC 9 (Zhongchong), VB 22 (Yuanye) mais également TR 5 (Waiguan), le tout, à la lumière des données de la chronoacupuncture. Pour terminer, sont cités quelques autres protocoles issus de la recherche bibliographique. Mots clés : Chrono-acupuncture, syndrome du canal carpien, rhumatologie, Jingjin, Maître du Coeur, Xie, Bi, Shoujueyin.

Summary: Carpal tunnel syndrome, resulting from an irritation or a compression of the median nerve in the carpal duct in the wrist is the cause of pains provoking sleeplessness at night, especially among women. After a short chapter describing the Western nosology, five observations serve as the basis for the proposition of an acupunctural protocole based on the therapeutic technique of the treatment of the tendino muscular area of the the meridian of the Pericardium Channel (Shou Jue Yin). The Points used are thus MC 7 (Daling), MC 6 (Neiguan), MC 5 (Jianshi), Mc 9 (Zhongchong), VB 22 (Yuanye) but also TR 5 (Waiguan), all of which is explained with the help of chrono acupunctural data. In conclusion, the author cites several other protocols coming from bibliographical research.  Keywords : Chrono acupuncture, carpal tunnel syndrome, rheumatology, JingJin, Pericardium, Channel, XiéShoujueyin.

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Le syndrome du canal carpien est le plus fréquent des syndromes canalaires. Exposé pour la première fois en 1867 par Nothnagel qui signalait que les patientes passaient la nuit éveillées, frottant et frappant les mains l’une contre l’autre, cherchant ainsi un peu d’apaisement, ce syndrome ne fut réellement décrit de manière anatomique qu’en 1913 par Pierre Marie et Foix., puis par Phalen en 1951 (4). Il traduit la souffrance du nerf médian dans le tunnel carpien.

Dans un premier temps, il sera fait un rappel d’anatomie et de physiopathologie occidentale. Dans un second temps, un protocole de traitement acupunctural réalisé chez 5 patientes sera présenté, suivi d’une discussion à la lumière de la Médecine Traditionnelle Chinoise, expliquant l’intérêt des points utilisés. 

 Le syndrome du canal carpien selon le nosologie occidentale

A) Rappel anatomique

Le canal carpien est un tunnel ostéo-fibreux inextensible, ayant la forme d’un sablier ou d’un diabolo constitué par :

en arrière, la gouttière antérieure des os du carpe avec le semi-lunaire et le grand os

en avant, le ligament annulaire antérieur du carpe qui envoie une lame fibreuse antéro-postérieure, isolant du coté radial le tendon du grand palmaire et sa gaine synoviale, et du coté cubital le nerf médian et les tendons fléchisseurs des doigts.

Le nerf médian situé directement sous le ligament annulaire antérieur du carpe est l’élément le plus superficiel et entre surtout en rapport avec les tendons du long fléchisseur du pouce et des fléchisseurs superficiels de l’index et du médius, mais aussi l’artère du nerf médian située à sa face antérieure.

B) Etiologie

Dans la plupart des cas, aucune cause patente n’est retrouvée. Cependant , il convient de rechercher:

– une cause anatomique : muscle surnuméraire, artère volumineuse du nerf médian…

– un traumatisme ancien : fracture de l’extrémité du radius, fracture déplacée du carpe, luxation carpo-métacarpienne ou oedème post traumatique

– une cause tumorale : lipome, kyste synovial…

– une cause inflammatoire ou infectieuse : ténosynovite à mycobactérie, polyarthrite rhumatoïde, rhumatisme à microcristaux (goutte,hydroxyapatite…), amylose

– une cause métabolique et endocrinienne : dyalise (amylose tendineuse et synoviale), myxoedème de l’hypothyroïdie, acromégalie, oedème lors de la grossesse.

Mais souvent il n’y a aucune cause précise. Ce sont les formes dites idiopathiques.

En règle générale, il s’agit de femmes de 40 ans environ, qui présentent des phénomènes de rétention hydrique du fait de troubles hormonaux. Lorsque les mouvements actifs au niveau du bras et de la main cessent, lors du sommeil, une stase périphérique s’installe qui augmente la pression intracanalaire, dépassant la pression veineuse. D’où ceci engendre un cercle vicieux avec suppression du retour veineux, oedème accru, augmentation de la pression intracanalaire, qui peut alors être au dessus de la pression artérielle.

Vers 2 à 3 heures du matin, les douleurs apparaissent, en rapport avec une vraisemblable ischémie nerveuse (2).

C) Clinique

Le diagnostic est essentiellement clinique, orienté par l’interrogatoire. Le syndrome du canal carpien est quatre fois plus fréquent chez la femme que chez l’homme.

Typiquement la patiente décrit des paresthésies à type de fourmillements ou de picotements dans les trois premiers doigts et la moitié radiale du quatrième, c’est à dire correspondant au territoire sensitif du nerf médian. Ces douleurs à type aussi d’engourdissements ou de décharges électriques peuvent irradier le long de l’avant-bras, jusqu’à l’épaule.

Les dysesthésies sont très souvent nocturnes, réveillant la patiente quelques heures après son endormissement. Mais rapidement apparaissent l’engourdissement du réveil et les accès douloureux diurnes, déclenchés par certains petits gestes de la vie active, à l’origine donc d’une réelle maladresse.

Des troubles vasomoteurs sont souvent associés à type d’oedème des doigts au réveil, de cyanose, d’ulcérations, de sudation paroxystique des paumes.

L’examen clinique recherche des signes déficitaires sensitifs : une hypoesthésie est retrouvée sur le territoire du nerf médian dans plus de la moitié des cas. Les signes déficitaires moteurs sont moins fréquents. On objective une amyotrophie des thénariens externes (court abducteur du pouce et opposant). Dans les formes évoluées, il existera une amyotrophie de l’éminence thénar.

Les manoeuvres permettant de reproduire les signes sensitifs sont au nombre de deux

Le test de Phalen consiste à maintenir le poignet en hyperflexion. Il est positif lorsque la reproduction des paresthésies ou de l’engourdissement survient en moins d’une minute.

Le test de Tinel est positif lorsque des décharges électriques irradiant dans le territoire du nerf médian sont déclenchées par la percussion modérée de la face antérieure du poignet.

Les examens complémentaires sont de peu d’intérêt diagnostique : les radiographies de main sont le plus souvent normales. L’électromyographie, non nécessaire pour établir un diagnostic, peut être utile quand il y a un doute diagnostic, tout en constituant un document médico-légal. Il permet d’étudier la vitesse de conduction nerveuse et la latence distale sensitive et motrice. Sans approfondir, on peut savoir simplement qu’ un syndrome du canal carpien s’accompagne d’une vitesse de conduction nerveuse motrice, mesurée entre deux points sus et sous-carpien, inférieure à 25m/s. La vitesse de conduction nerveuse sensitive est également diminuée. Enfin la latence distale motrice qui mesure le temps de réponse du court abducteur à une stimulation effectuée 2 cm au-dessus du canal carpien est pathologique si elle est supérieure à 5m/s.

D) Traitement

1/ le traitement médical

Le traitement , en l’absence d’étiologie connue , est le plus souvent symptomatique. On utilise des injections intracanalaires de corticoïdes retard, entre les tendons du grand et petit palmaire en regard du pli de flexion du poignet. On ne doit pas dépasser 3 infiltrations par an, avec en général un mois d’intervalle au minimum entre deux injections. L’efficacité est certaine dans 20 à 30 % des cas sur les algies et les paresthésies. Mais leur effet s’épuise en général en un à deux mois (2).

Le traitement par corticoïdes par voie générale à 20mg par jour est aussi bien efficace dans environ 80% des cas lorsque des facteurs hormonaux, comme la grossesse et la préménopause, sont présents. Les anti-inflammatoires (AINS) souvent prescrits sont inutiles car rarement efficaces.

A cela , on peut associer une immobilisation du poignet en légère extension par une attelle de repos, lors du sommeil.

2/ le traitement chirurgical

Sous anesthésie locale ou loco-régionale, on réalise une excision large du ligament annulaire du carpe. L’exploration du canal permet ensuite d’apprécier la situation en recherchant un kyste synovial ou une saillie osseuse, des muscles anormaux ou surnuméraires. Dans 75% des cas, le geste sur le nerf médian est le plus souvent une simple exoneurolyse.

Le traitement chirurgical est indiqué en cas d’échec au traitement médical, ou d’amyotrophie de l’éminence thénar ou de troubles moteurs.

Les résultats sont excellents, avec un pourcentage de réussite entre 75 et 90%. Notons cependant que la chirurgie du canal carpien étant douloureuse, de nombreuses personnes opérées d’une main refusent de répéter l’intervention sur l’autre (3).

Néanmoins, peuvent persister des douleurs au niveau des deux éminences thénar et hypothénar pendant quelques mois. Par contre, pour l’amyotrophie et les troubles moteurs, le résultat est souvent lent et incomplet (2, 5, 6).

Protocole de traitement acupunctural

  1) Présentation des cas cliniques

D’avril 1987 à avril 1996, cinq patientes furent suivies dans le cadre d’un syndrome du canal carpien bilatéral avec prédominance droite ou gauche, apparu quelques mois auparavant, mais avec une recrudescence nocturne datant de moins de 2 mois. Le tableau suivant donne les caractéristiques du traitement acupunctural.

Chaque séance d’acupuncture de 20 à 30 minutes de durée est réalisée à une semaine d’intervalle. Au bout de la quatrième, l’intervalle passe à 15 jours, et ceci généralement pendant 4 séances.

Ainsi les douleurs de ces 5 patientes, après le nombre de séances indiqué, furent apaisées. Le suivi a permis d’objectiver l’efficacité du traitement acupunctural sur le long terme.

La patiente H Mf a fait une nouvelle poussée d’algies carpiennes 16 mois plus tard. Les 6 séances ont donc été complétées par 4 autres à une semaine d’intervalle : soulagement à nouveau durable des douleurs.

De même, la patiente R mt a bénéficié 24 mois plus tard d’une nouvelle série de 8 séances, suite à une reprise algique. Depuis, elle bénéficie, à sa demande, d’une séance par mois

Quant aux autres patientes, il n’y a pas eu de reprise évolutive.

2) Méthode

a/ Matériel acupunctural

Les aiguilles sont en acier inoxydable de 0,26 x 13 mm.

Un stimulateur « Grande Muraille » KWD-808-II permet l’électro-acupuncture percutanée, c’est à dire une stimulation électrique délivrée au travers des aiguilles et appliquée à une fréquence basse de 2 à 5 hertz, puis élevée à 100 hertz, en alternance, de façon à éviter une accoutumance. L’intensité varie en fonction de la tolérance de chaque patiente.

b/ Les points utilisés

* MC 7 ( Daling )
* MC 6 ( Neiguan )
* MC 5 ( Jianshi ) 
* TR 5 ( Waiguan )
* MC 9 ( Zhongchong )
* VB 22 ( Yuanye )

 On stimule électriquement le point MC7 (électrode active) relié à MC6 (électrode terre), soit uni ou bilatéralement en fonction de la localisation du canal carpien.

Grand Canal – Venise – Italie
Grand Canal – Venise – Italie

 Discussion

Analyse explicative selon les concepts de la Médecine Traditionnelle Chinoise

Le syndrome du canal carpien est une affection de type Bi . Les causes sont le Froid et l’Humidité qui s’accumulent dans les muscles, ou le Vent qui les agresse. Un facteur traumatique peut également aboutir à un blocage du sang dans le système des méridienset entraver la circulation du sang Xue et de l’énergie Qi , entrainant une obstruction complète (8).

Le méridien atteint est le Maître du Coeur, Shou Jue Yin et en particulier sa zone tendino-musculaire : le Jing Jin.

Les énergies perverses ( Xié ) : Froid, Humidité ou Vent, pénètrent dans le Jing Jin et vont y occasionner un état de plénitude énergétique alors que le méridien principal se trouve en état de vide. Le Bi s’installe, causé donc par la perturbation de la circulation de l’énergie nourricière Rong Qi  et de l’énergie défensive Wei Qi  et une pénétration de l’énergie perverse.

Le syndrome du canal carpien est caractérisé par une atteinte en plénitude de la zone tendino-musculaire du méridien du Maître du Coeur.

Cependant, la douleur dans notre étude a des caractères à la fois de type vide et plénitude, yin et yang.  Ainsi, cette douleur s’aggrave la nuit et au repos, s’améliore par le massage et le mouvement : caractéristiques Yin.

D’autre part, elle est lancinante, fulgurante, touchant un territoire bien précis, avec un délai d’apparition peut-être ancien mais avec une recrudescence récente, moins de 2 mois : caractéristiques Yang.

On peut donc considérer le syndrome du canal carpien comme une pathologie de douleurs Yang sur un fond chronique Yin, et comme telle la traiter suivant le schéma classique de toute plénitude de Jing Jin. De plus amples informations ont été données dans un article précédent (12).

La technique thérapeutique est donc basée sur le traitement de la plénitude de la zone tendino-musculaire du méridien de Maître du Coeur :

On pique :

1- le point de tonification : MC 9 ( Zhongchong )
2- le point Ting : MC 9 ( Zhongchong )
3- le point Iu : MC 7 ( Daling )
4- le point King : MC 5 ( Jianshi ) 
5- le point de réunion (Jiao Hui Xue ) des Jing Jin : VB 22 ( Yuanye )
6- les points Ahshi « centre-douleur » en dispersion.

 Par ailleurs, le traitement ne sera réellement efficace que pour une saison donnée et à certaines heures. Pour cette raison, il sera utile d’utiliser le logiciel de chrono-acupuncture ZIWU.EXE, précédemment décrit dans le numéro 93 de Méridiens (11).

Ainsi en cas d’action nulle du point de tonification en fonction de la saison ou de l’horaire, le programme le signale et le remplace par le point Mu, point Héraut du Maître du coeur, c’est à dire le VC 17 (Shan Zhong). De plus il indique si la tonification horaire est optimale.

Notons malgré tout que dans le cas de la plénitude de Jing Jin de Maître du Coeur, il faut toujours piquer le point MC 9, car il est à la fois point Ting et point de tonification.

On disperse les points Ahshi par stimulation électrique. En règle générale, on constate que les points locaux douloureux correspondent au MC 6 ( Neiguan ) et au MC7 ( Daling ).

Le Neiguan (MC 6) est également intéressant en raison de ses autres propriétés.

En effet, en plus d’être souvent dans cette pathologie un point centre-douleur, il est également le point clé du Yin Wei Mai, Merveilleux Vaisseau qui contrôle qualitativement le Yin. Le MC 6 est aussi le point Luo du Shou Jue Yin qui fait croître le Yin et stabilise le Shen.

Rappelons que le Shen, Ame viscérale du Coeur, libéré en cas de troubles du Xue par vide, stase ou plénitude harmonise l’activité mentale consciente et inconsciente et qu’il est responsable en cas de carence de déprime, d’abattement, de plaintes, bref de problèmes d’ordre émotionnel (9).

D’où l’intérêt du MC 6 chez ces patientes devenues dépressives, insomniaques et qui ont perdu toute joie de vivre.

Le TR 5 ( Waiguan est le point maître du Merveilleux Vaisseau Yang Wei Mai , et le point Luo du Shou Shao Yang (Triple Réchauffeur). Il est considéré comme le point de commande des douleurs de poignet.

En effet, le Waiguan est préconisé dans toutes les atteintes des articulations métacarpiennes, et métacarpo-phalangiennes, pour combattre l’énergie perverse « Vent-Froid-Humidité », rétablir le cours du Rong Qi et du Wei Qi. Par ailleurs, étant un point Luo, il va relier le méridien Triple Réchauffeur au méridien Maître du Coeur par l’intermédiaire du Luo Transversal. De plus, il est le point de départ du Luo Longitudinal, système de dérivation profonde qui va directement de la superficie à l’entraille.

Ainsi, on pourra faire passer l’excès d’énergie dans le méridien couplé, puis vers la profondeur. Notons qu’ il y a couplage entre le point Luo et le point Yuan (point Source) du Maître du Coeur qui est le point Iu : MC 7 ( Daling ), également piqué en dispersion. Le Xié pourra être dérivé vers les trois réchauffeurs, c’est à dire les réserves des énergies acquises Jing Qi acquis, Zong Qi  mais surtout Rong Qi et Wei Qi. Toutes ces énergies sont issues des trois niveaux du Réchauffeur (10) .

Remarquons enfin que le point King MC 5 ( Jianshi ) est aussi un point Luo de groupe des trois méridiens Yin du membre supérieur. A ce titre, il prendra efficacement part dans la lutte contre les énergies perverses et améliorera aussi la circulation du Rong et Wei Qi.

 Étude bibliographique

La bibliographie concernant le traitement de la pathologie du canal carpien par acupuncture est pauvre. Aucune publication ne répond d’ailleurs aux critères des études en double aveugle contre placebo préconisés par les milieux médicaux autorisés.

Ainsi, Roustan dans son livre d’acupuncture propose le MC 7, le MC 6, le TR 5, et éventuellement, en fonction des symptômes, le TR 10 en cas d’engourdissement de la main et du poignet, le MC 5 en cas de douleurs des mains, le IG 3 si douleurs des doigts etc…Mais cette technique de traitement n’est qu’une traduction scrupuleuse du traité de Médecine Traditionnelle Chinoise de Shanghaï sans aucune autre explication (8).

La publication de Chen, bien qu’elle aussi ne respecte pas les critères scientifiques, étudie 36 patients atteints du syndrome du canal carpien, avec un suivi subjectif (car réalisé par questionnaire téléphonique) supérieur à 2 ans chez 29 d’entre eux. Il utilise uniquement 2 points : le MC 7 et le MC 6 qu’il puncture tous les jours puis tous les 2 jours puis 2 fois par semaine en fonction des douleurs.

Si les résultats thérapeutiques sont insuffisants au bout de la cinquième séance, Il les stimule électriquement à une fréquence de 3 hertz durant 30 minutes. Dans son essai, les résultats sont excellents puisque 97,2% des patients sont satisfaits sur un court terme entre 1 à 3 mois. Sur le long terme, suivi supérieur à 2 ans, la satisfaction ne tombe qu’à 82,8%. De ce fait, Chen propose même un traitement préventif par acupression de ces deux points (3).

Naeser en 1996 (3), citant les travaux de Chen, offre naturellement un traitement acupunctural à domicile. Le point principal utilisé est le MC 7. Le MC 6 n’est pas puncturé sauf en fonction de la topographie de la douleur. Les autres points sont : P 11 (Shaoshang), GI 1 (Shangyang), MC 9 ( Zhongchong ), TR 1 (Guanchong), C 9 (Shaochong), IG 1 (Shaoze), GI 4 (Hegu), MC 8 (Laogong), C 8 (Shaofu), P 9 (Taiyuan) ou 10 (Yuji), C 7 (Shenmen).

C’est un traitement à faire chez soi. Il vous coûtera 11,95 dollars pour simplement acheter la brochure : »Naeser Laser Home Treatment Program for the Hand » qui vous expliquera la procédure à suivre. A cela il faut rajouter le prix de l’équipement qui consiste en un stylo laser à faisceau rouge de basse énergie (5 mW) vendu 142 dollars, et l’appareil de neuro-stimulation électrique transcutanée (TENS) le MicroStim 100 TENS vendu 895 dollars.

Première étape, on stimule au laser le point MC 7 pendant 21 minutes. Deuxième étape : l’électrode « principale », placée toujours en MC 7, et l’électrode « masse » en regard de TR 4, sont excités à une intensité ajustée entre 200 et 500 microampères, à une fréquence de 292 Hz pendant 2 minutes puis 0.5 Hz pendant 18 minutes. Pendant ce temps, on reprend le Naeser Stylo Laser et on « lasérise » tous les autres points précédemment cités, 3 minutes par point, en commençant par le P 11, GI 1 et ainsi de suite…

Bref, pour de plus amples détails et voir les photos des opérations, aller sur le site de Naeser(7), s’il existe encore. A noter que cela peut paraître scandaleux à certains que l’on puisse vendre des « recettes » sous caution médicale, mais c’est chose courante aux Etats-Unis.

 En conclusion, et malgré les débordements d’Internet, on ne peut que constater le bénéfice d’un traitement acupunctural du syndrome du canal carpien. Je n’ai eu pour seul but dans la présente étude que de veiller à ce que les points soient appliqués en fonction d’un raisonnement de Médecine Traditionnelle Chinoise. Bien sûr la critique est facile selon les critères scientifiques, mais ce n’était pas non plus une étude randomisée, en double aveugle etc… Il appartient aux acupuncteurs hospitaliers de poursuivre les essais et de démontrer que dans notre société malade de sa Sécurité Sociale, l’acupuncture offre une alternative intéressante dans la réalisation des économies.


Références

1. Académie de Médecine Traditionnelle Chinoise (Pékin) : Précis d’acupuncture chinoise. Dangles, Saint-Jean-de-Braye, 1977

2. Bérard V. , Alnot J.-Y. : Syndrome du canal carpien , étiologie, physiopathologie, diagnostic, principes du traitement. Rev. Prat., 1991, 41,15, 1394-1398

3. Chen G.S. : The effect of acupuncture treatment on carpal tunnel syndrome. American Journal of Acupuncture, 1990, 18,1, 5-9

4. Leca A.-P. : Histoire illustrée de la rhumatologie. Ed. Dacosta, Paris, 1984

5. Le Loet X., Daragon A., Deshayes P. : Que faire quand la main fourmille la nuit ? ou diagnostic et traitement du syndrome du canal carpien. NPM Médecine, 1988,142, 87-90

6. Le Viet D. : Le syndrome du canal carpien, très fréquent mais souvent méconnu. Rev. Prat. Méd. Gén., 1988, 37, 51-56

7. Naeser M.A. : An alternative therapy to treat the painful symptoms of carpal tunnel syndrome. 1996, http://www.acupuncture.com/Acup/Naeser.htm

8. Roustan C : Traité d’acupuncture . Masson, Paris, tome 3, 1984, 391-392

9. Stéphan J.M. : les troubles du sommeil du nourrisson : traitement par stimulation électro-acupuncturale. Méridiens, 1990, 87, 149-167

10. Stéphan J.M. : « Chevaucher les Merveilleux vaisseaux et pourfendre le Xie « . Etude d’un protocole de traitement acupunctural des algies rhumatologiques en pratique de ville. Méridiens, 1990, 89, 131-156

11. Stéphan J.M. : Traitement informatique de la théorie des Zi Wu Liu Zhu associée à celle des points saisonniers. Application aux techniques thérapeutiques des Jing Jin, des Jing Bie et à la méthode de Yanagiya Soreï. Méridiens, 1991, 93,15-63.

12. Stéphan J.M. : Intérêt du traitement acupunctural du Jing Jin de Shou Yang Ming dans la périarthrite scapulo-humérale. Méridiens, 1992, 97, 109-133

Stéphan JM. L’acupuncture dans le syndrome du canal carpien. Rôle du jing jin du Maître du Coeur. Méridiens. 1997;108:181-192. (Version PDF)

A propos d’un cas clinique : intérêt de l’acupuncture dans la maladie de Parkinson


Moulins à vent sur la colline – Bodrum – Province de Mugla -Turquie
Moulins à vent sur la colline – Bodrum – Province de Mugla -Turquie


Résumé : 
L’étude d’un cas clinique de maladie de Parkinson, diagnostiqué vide de yin du Foie et du Rein selon la différenciation des syndromes (zheng) de la Médecine Traditionnelle Chinoise objective que l’acupuncture doit être envisagée dans l’arsenal thérapeutique de cette maladie neurodégénérative. En effet, même si les tremblements persistent après cinq mois de traitement, on constate une très nette amélioration des activités de la vie quotidienne avec disparition de la constipation, amélioration de l’insomnie et de l’anxiété, ce que confirment les essais comparatifs randomisés retrouvés dans la littérature. Les mécanismes neurophysiologiques de cette action commencent à être connus. Ils résultent d’une neuroprotection entraînant une inhibition de la microglie avec suppression des réponses inflammatoires (TNF-a, interleukine-1bêta, cyclooxygénase-2), action neurotrophique du BDNF (Brain-derived neurotrophic factor) et du GDNF (Glial cell line-derived neurotrophic factor) mais aussi d’une augmentation des neurones tyrosine hydroxylase dans la substantia nigra. Mots-clés : électroacupuncture – Parkinson – cas clinique – acupuncture expérimentale – BDNF – microglie – tyrosine hydroxylase.

Regarding a clinical case: the benefits of acupuncture in Parkinson’s disease

Summary: The study of a clinical case of Parkinson’s disease, diagnosed deficiency of yin of the Liver and Kidney according differentiation syndroms (zheng) of Traditional Chinese Medicine objective that acupuncture should be considered in the current methods of treatment for this neurodegenerative disease. Indeed, even if the tremors persist after five months of treatment, there is a very significant improvement in activities of daily living with the disappearance of constipation, decreased sleep problems and anxiety, what confirm the comparative randomized trials found in the literature. The neurophysiological mechanisms of this action are beginning to be known. They result from a neuroprotection resulting in inhibition of microglia with suppression of inflammatory responses (TNF-a, interleukin-1beta, cyclooxygenase-2), neurotrophic action of BDNF (Brain-derived neurotrophic factor) and GDNF (Glial cell line – derived neurotrophic factor) but also an increase in tyrosine hydroxylase neurons in the substantia nigra. Keywords: electroacupuncture – Parkinson – clinical case – experimental acupuncture – BDNF – microglia – tyrosine hydroxylase.

La maladie de Parkinson est une affection neurodégénérative invalidante avec une prévalence qui est  de 2 pour 1000 dans la population générale et qui s’élève à 1,5 % chez les plus de 65 ans [ [1] ]. Elle se manifeste cliniquement par un tremblement de repos, une akinésie et une rigidité : amimie, micrographie, difficulté à déclencher les mouvements, lenteur à les exécuter, sensation de raideur. Cette triade de symptômes moteurs est due à une perte massive, progressive et préférentielle d’une population de neurones, située dans la substantia nigra pars compacta (locus niger), producteurs du neurotransmetteur dopamine. Les autres signes éventuellement retrouvés dans la maladie sont le syndrome dépressif (présent chez 40 à 50% des patients), l’instabilité posturale avec troubles de l’équilibre, l’hypersudation, les bouffées de chaleur, les troubles de la mastication et de la déglutition, l’hypotension orthostatique, la constipation, le besoin impérieux d’uriner avec incontinence, les troubles du sommeil (insomnie, somnolence), la bradyphrénie, les douleurs, souvent à type de crampes ou de fourmillements désagréables.

Observation

Présentation du cas clinique

Mr B, 72 ans, retraité du bâtiment se présente, début février 2008, à ma consultation hospitalière envoyé par son médecin traitant pour maladie de Parkinson au stade I selon l’échelle de Hoehn et Yahr (H &Y). Les signes cliniques sont apparus depuis moins d’un an et la gêne fonctionnelle est essentiellement liée au tremblement de repos de l’avant-bras droit qui s’accentue lorsqu’il se sent mal à l’aise ou angoissé. Il est déprimé, anxieux, insomniaque et selon son épouse, colérique et facilement irritable. Il souffre aussi d’un reflux gastro-oesophagien avec fréquents pyrosis et d’une constipation opiniâtre depuis de longs mois.

L’examen clinique révèle une langue rouge ; le pouls est tendu (xian).

Selon la différenciation des syndromes (zheng) de la MTC, on peut porter le diagnostic d’un vide de yin du Foie et du Rein.

Protocole de traitement

Le traitement sera appliqué sur une période de 5 mois, allant de février à juin 2008, soit 12 séances au total : cinq séances à 1 semaine d’intervalle, suivies de sept séances à 15 jours d’intervalle. Les points utilisés sont : RE3 (taixi), VC6 (qihai), FO8 (ququan) pour traiter le zheng auxquels sont ajoutés VG16 (fengfu), VB20 (dazhui), FO3 (taichong), VB34 (yanglingquan) et VG20 (baihui) pour disperser le Vent Interne et enfin les points GI4 (hegu), GI11 (quchi), TR5 (waiguan) à droite en fonction de la localisation des tremblements. Après recherche du deqi, les aiguilles à usage unique en acier inoxydable (0,20 x 25mm) sont laissées in situ pendant 30 mn.

Une électroacupuncture est utilisée sur VB20 et VB34 à la fréquence de 99 Hz (durée d’impulsion rectangulaire asymétrique de 0,5ms d’un courant pulsé alternatif à moyenne nulle) par l’intermédiaire d’un stimulateur électrique Agistim duo Sédatelec® à une intensité supportable par le patient.

Au bout de la 5ème séance, le stress, l’angoisse et l’insomnie s’atténuent. Persistent les tremblements. La constipation n’étant pas améliorée, le ES25 (tianshu) est ajouté.

Résultats

Au bout de 12 séances, un bilan est réalisé. Mr B constate que le tremblement est toujours présent mais ne survient plus aussi fréquemment et apparaît surtout lors du stress. Son sommeil est nettement amélioré, il est moins angoissé et sa constipation a totalement disparu. Il ne prend toujours pas de thérapeutique spécifique et souhaite continuer l’acupuncture, bien qu’il se fasse à l’idée que le traitement antiparkinsonien sera un jour inéluctable.

Discussion

Ce cas clinique laisse entendre que l’acupuncture peut améliorer la maladie de Parkinson. Qu’en est-il vraiment, sachant qu’en Médecine Traditionnelle Chinoise, la maladie de Parkinson entre dans le cadre nosologique des maladies engendrées par le Vent Interne [2-4] et que selon la différenciation des syndromes (zheng), on observe trois cadres cliniques [ 4 -8]. Carosi traite un cas clinique de Vent Interne entraînant des tremblements sans que cela soit ainsi catalogué comme maladie de Parkinson [ [9] ]. Il s’agira aussi de déterminer si des études expérimentales démontrent l’action de l’acupuncture ou de l’électroacupuncture sur des modèles de rats parkinsoniens. Enfin, même si l’acupuncture expérimentale engendre une neuroprotection et une stimulation des neurones tyrosine hydroxylase dans la substantia nigra chez le rat, seuls les essais comparatifs randomisés peuvent offrir un grade de recommandations avec des niveaux de preuves suffisants, car il paraît difficile de transposer les résultats positifs de l’animal à l’homme.

Notre cas clinique est un vide de yin du Foie et du Rein. Comment le diagnostiquer par rapport aux autres zheng ?

Selon la Médecine Traditionnelle Chinoise

Trois cadres cliniques observés lors d’une atteinte du Vent Interne peuvent déclencher une maladie de Parkinson.

Vide de qi et de Sang

Symptômes : tous ceux du syndrome de Parkinson sont retrouvés, à savoir tremblements de repos, akinésie, rigidité et amimie. S’y ajoutent les signes propres au zheng : vertiges, voix faible, transpiration spontanée, asthénie avec épuisement physique et mental, selles non formées, teint pâle. La langue est pâle, gonflée (figure 1). Le pouls est fin (xi), faible (ruan) ou mou (ruo) [ [10] ].

Le traitement du zheng : VE20 (pishu), ES36 (zusanli), VC4 (guanyuan) ou VC6 (qihai) (dantian) [ [11] ],VE18 (ganshu), VE17 (geshu) [ [12] ].

Figure 1. Exemple de langue pâle et gonflée.

Figure 2.  Localisation des points crâniens.

Stagnation de qi et de Sang (générant le Vent Interne par Glaires Chaleur)

Symptômes : tremblements, akinésie, rigidité et amimie. On retrouve de plus : sensation de plénitude thoracique, ballonnement épigastrique et abdominal, vertiges. La langue est rouge avec enduit lingual central blanc ou jaune et gras. Le pouls est tendu en corde (xian) et rapide (shu), glissant à la barrière (hua) [10 ].

Le traitement du zheng : ES40 (fenglong)RA9 (yinlingquan), VE20 (pishu), VC12 (zhongwan).

 Vide de yin du Foie et du Rein

Symptômes : tremblements, akinésie, rigidité et amimie auxquels on rajoute les symptômes spécifiques du zheng : céphalées, crampes, anxiété, lombalgies, colère, irritabilité, vertiges, acouphènes, insomnie, perte de mémoire, constipation, vomissements de liquides amers, voire acides. La langue est rouge avec peu d’enduit. Le pouls est fin (xi) et rapide (shu) ou tendu (xian) [8 ,10 ].

Le traitement du zheng : VE23 (shenshu), RE3 (taixi), VC4 (guanyuan) ou VC6 (qihai), VE18 (ganshu), FO8 (ququan).

Traitement commun quelque soit la différenciation des syndromes

Ces points sont à puncturer systématiquement pour disperser le Vent Interne en plus des points liés au syndrome zheng :  VG16 (fengfu) ou VG14 (dazhui), VB20 (fengchi), FO3 (taichong), VB34 (yanglingquan), RA6 (sanyinjiao) et VG20 (baihui) (figure 2).

Le traitement en fonction de la manifestation des symptômes sur les méridiens

En fonction de la localisation des tremblements, on puncturera en dispersion : GI4 (hegu), GI11 (quchi), TR5 (waiguan), TR4 (yangchi) pour le membre supérieur, VB30 (huanjiao), VB40 (qiuxu), ES41 (jiexi), ES31 (biguan), ES36 (zusanli) pour le membre inférieur, IG17 (tianrong), VG15 (yamen) pour le rachis cervical.

Acupuncture expérimentale

À ce jour, la majeure partie des recherches sur la maladie de Parkinson porte sur l’étude de la mort des neurones dopaminergiques de la substance noire, le développement de stratégies de neuroprotection et d’apport de la dopamine manquante. En acupuncture, les chercheurs ont donc développé aussi ces axes de recherche. Ainsi, les études expérimentales sur l’animal suggèrent que l’électroacupuncture diminue la dégénérescence des neurones dopaminergiques [ [13,18-20], mais aussi augmenterait le nombre de neurones dopaminergiques [21 ].

 Microglie

Les cellules microgliales appartiennent au système des monocytes/macrophages et proviennent des monocytes sanguins ayant pénétré dans le parenchyme du SNC et peuvent, lors de lésions du tissu nerveux, s’activer et se transformer en macrophages. Lorsqu’elles sont activées, les cellules microgliales sécrètent de nombreuses molécules dont plusieurs cytokines, des protéases, des anions superoxyde et de l’oxyde nitrique NO. La microglie est soupçonnée de participer à la médiation de la neurodégénérescence. Le fait d’inhiber cette activation participerait donc à un effet neuroprotecteur. Vingt-quatre séances de 30 mn pendant 6 jours d’EA à 100Hz (largeur d’impulsion carrée de 0,2ms, d’intensité de 1 à 3mA par incrément de 1 mA toutes les 10 mn) ont été réalisées sur un modèle animal de rat parkinsonien par section transversale du « medial forebrain bundle » (MFB). Le MTV, encore appelé faisceau médian du télencéphale ou circuit de la récompense est constitué par les axones des neurones dopaminergiques de l’aire tegmentale ventrale (ATV) qui se projettent vers le noyau accubens.

L’EA inhibe de façon statistiquement significative (p<0,001) les récepteurs du complément 3 (CR3), donc l’activation de la microglie dans la substantia nigra pars compacta. En outre, l’EA à 100 Hz  inhibe l’uprégulation des niveaux d’ARNm du TNF-a (tumor necrosis factor alpha) (figure 3) et de l’IL1beta (interleukine-1bêta) au niveau du tronc cérébral ventral des modèles de rats parkinsoniens. Bref, la neuroprotection de l’EA à 100 Hz est médiée par la suppression des réponses inflammatoires, par l’action neurotrophique du BDNF [ [14] ] ou chez l’homme par l’amélioration du taux de dismutase superoxyde (SOD), détoxicant des radicaux libres (toxiques pour la cellule) [ [15] ]. L’étude de Kang et coll. suggère également l’action neuroprotectrice de l’acupuncture (FO3, VB34) par inhibition de l’activation microgliale. L’acupuncture contribue à atténuer l’augmentation du macrophage antigen complex-1 (MAC-1), marqueur de l’activation microgliale, et réduit l’augmentation de la cyclooxygénase-2 (COX2) et celle de l’expression de la forme inductible (iNOS ou NOS2) de l’oxyde nitrique dans le striatum et la substantia nigra [ [16] ].

GDNF (Glial cell line-derived neurotrophic factor)

Un facteur de croissance, le GDNF (Glial cell line-derived neurotrophic factor) est actuellement, le meilleur agent connu pour favoriser la survie de motoneurones de rats in vivo et in vitro et a une activité puissante sur la survie des neurones dopaminergiques du locus niger [ [17] ]. L’EA à haute fréquence sur un modèle de rat parkinsonien par transection du MFB réduit l’activité motrice rotatoire mais pas à basse fréquence. Il n’y a pas de changement significatif de la dopamine dans le striatum après EA. Par contre, l’EA à haute fréquence entraîne dans le globus pallidus bilatéralement une uprégulation de l’ARNm du GDNF [ [18] ] (figure 4).

Figure 3. La structure tridimensionnelle du tumor necrosis factor (TNF-alpha), une protéine sécrétée par les macrophages

Figure 4. GDNF (Glial Cell-Derived Neurotrophic Factor) du rat.

BDNF (Brain-derived neurotrophic factor)

Le BDNF (brain-derived neurotrophic factor) (figure 5) est un facteur neurotrophique qui exerce une action trophique sur les neurones cholinergiques du télencéphale basal, les neurones dopaminergiques du mésencéphale, les neurones gabaergiques striataux et sur les motoneurones. L’EA chez le rat  (24 sessions de 30 mn par jour sur VG20 et VG14) à la fréquence à 0 et 2 Hz n’a aucun effet sur la disparition des neurones dopaminergiques sur un modèle de rat parkinsonien (section du MFB). Par contre à la fréquence de 100 Hz, les niveaux d’ARNm du BDNF sont significativement augmentés au niveau de l’ATV uniquement du côté lésionnel [ [19] ].

Le striatum est une structure nerveuse regroupant le noyau caudé, le putamen qui reçoit des afférences à éléments dopaminergiques venant de la substantia nigra pars compacta et le fundus. C’est donc sur un modèle de rat parkinsonien par injection unilatérale de 6-hydroxydopamine (6-OHDA) au niveau du striatum que Park et coll. ont objectivé les effets neuroprotecteurs de l’acupuncture. Ils ont ainsi analysé les effets du traitement acupunctural sur les réactions immunohistochimiques de la tyrosine hydroxylase et des récepteurs protéiques tyrosine kinase trkB (se lient sélectivement au BDNF). La stimulation du VB34 et FO3 diminue significativement le déficit moteur, améliore la survie des neurones dopaminergiques dans le striatum dorsolatéral (21,4% de perte au lieu de 45,7% dans le groupe contrôle). Il y a aussi une augmentation significative (35,6%) de l’expression de trkB. Ils concluent que l’acupuncture a des effets neuroprotecteurs contre la mort neuronale [ [20] ].

Figure 5. Brain Derived Neurotrophic Factor, Neurotrophin-4.

Figure 6. Tyrosine hydroxylase et domaines tétramérisés chez le rat.

 Tyrosine hydroxylase et stimulation de la dopamine

L’autre axe de recherche de l’acupuncture expérimentale est son action directe sur les neurones dopaminergiques par l’intermédiaire de la tyrosine hydroxylase. Celle-ci est une enzyme catalysant la transformation irréversible de la L-tyrosine en dihydroxyphénylalanine ou L-DOPA.

Ainsi, sur le modèle de rat parkinsonien par injection de 6-OHDA, Kim et coll. ont objectivé que l’acupuncture quotidienne sur le point ES36 (zusanli) pendant 14 jours inhibe l’asymétrie motrice des mouvements et augmente le nombre de neurones tyrosine hydroxylase dans la substantia nigra [ [21] ].

Deux autres études ont montré aussi l’action de l’acupuncture sur la tyrosine hydroxylase (figure 6). Liang montre qu’à la fréquence de 100 Hz, 60% des neurones positifs à la tyrosine hydroxylase demeurent du côté lésionnel [19 ]. La seconde étude objective sur un modèle de rat induit par MPTP que l’acupuncture au VB34 et FO3 inhibe la décroissance de l’immunoréactivité de la tyrosine hydroxylase dans le striatum et la subtantia nigra au 1er, 3ème et 7ème jour après l’injection de MPTP.

Action aussi sur la dopamine : sur le modèle de rat parkinsonien au 6-OHDA, l’EA (FO3, RA6, ES36, VB34 pendant 30 mn) élève le niveau de dopamine dans le striatum lésé et prévient donc l’élévation (uprégulation) des récepteurs D2 à la dopamine. On sait qu’en cas de diminution de dopamine dans la maladie de Parkinson, une compensation se met en place avec uprégulation des récepteurs D2 dopaminergiques [ [22] ]. 

L’expérimentation animale objective les différents mécanismes d’action de l’acupuncture, mais peut-on transposer cela chez l’homme. Les études cliniques peuvent seules donner un début de réponse. 

Etudes cliniques

Un essai clinique chez l’homme objective que l’acupuncture peut augmenter le taux de la dopamine et des neurotransmetteurs monoaminergiques dans le liquide céphalorachidien du parkinsonien, mais sans réelle corrélation avec l’efficacité du traitement [ [23] ]. D’autres études chinoises ont démontré également l’efficacité de l’acupuncture dans le traitement de la maladie de Parkinson [6 ,7 ,12, 15 ,24-29]. Une analyse chinoise en répertorie la plupart et montre globalement l’amélioration des symptômes [ [30] , [31] ]. Malheureusement, ces études montrant une amélioration, voire une efficacité dans la maladie de Parkinson, résultent d’études écrites en langue chinoise dont l’évaluation méthodologique reste difficile à apprécier [ [32] ].

Néanmoins quelques essais comparatifs randomisés (ECR) apparaissent depuis quelques années et objectivent une certaine amélioration de la symptomatologie parkinsonienne selon les critères médicaux couramment utilisés.

Zhuang et Wang ont traité par acupuncture 29 parkinsoniens évalués à 13,10 ± 4,37 à l’échelle de Webster et au stade I à III sur l’échelle de Hoehn et Yahr versus un groupe contrôle sans acupuncture de 24 personnes (W = 14,13 ± 5,63 ; H&Y = I à III). Les deux groupes ont bénéficié du même traitement médicamenteux occidental (L-Dopa, anticholinergiques, agonistes des récepteurs dopaminergiques). En outre, le groupe acupuncture reçut le traitement suivant : 2 groupes de points puncturés alternativement un jour sur deux pendant 40 mn sur une période de 3 mois. Le premier groupe est  : EX-HN1 (sishencong), GI11, TR5, VB34, ES36 et ES40 ; le second groupe de points : VB13, VB20, VG20, GI4, RA6, FO3. Une électroacupuncture à 180 Hz était appliquée sur EX-HN1, VB13, VB20 pendant 15 mn à une intensité tolérable par le patient. D’autres points en fonction des symptômes pouvaient être utilisés comme les ES25 (tianshu) et VC6 (qihai) en cas de constipation. La recherche du deqi était faite pour tous les points. Les critères de jugement étaient la notation sur l’échelle de Webster et la modification de la prise médicamenteuse. Les résultats montrent une diminution statistiquement significative (p<0,01) des symptômes cliniques à l’échelle de Webster versus le groupe contrôle. De même, il y a une diminution significative (p<0,05) du dosage du traitement médicamenteux et des effets secondaires (insomnie, bouche sèche, distension abdominale, constipation, transpiration) liés à ces thérapeutiques (p<0,01 à 0,05) [ [33] ]. Malheureusement, l’étude est de basse qualité méthodologique. Le score de Jadad est évalué à 2/5 [ [34] ]. La randomisation est bien citée, mais non décrite. Le caractère aveugle de l’ECR aussi bien en insu-patient qu’en insu-évaluateur n’est pas défini. Par contre, les sorties d’essai sont bien notées. D’autre part, l’échelle de Webster, même si elle est sensible et validée est une échelle subjective, fonction de l’examinateur.

Un autre ECR montre l’amélioration des potentiels évoqués auditifs du tronc cérébral (PEATC) chez les parkinsoniens (au stade I à III de H & Y) traités par électroacucupuncture (N = 29) ainsi que des scores cumulatifs dans l’échelle de Webster versus groupe contrôle (N = 14 sans traitement acupunctural) [[35] ]. Mais comme la précédente étude, le score de Jadad étant à 2/5, cet ECR est aussi discutable.

En 2002, une étude pilote, non aveugle, a été menée afin de juger de la sécurité, de la tolérance et l’efficacité de l’acupuncture. 20 patients au stade II de l’échelle H & Y et évalués à l’UPDRS (Unified Parkinson’s Disease Rating Scale score) à 38,7 ont bénéficié de 2 séances d’acupuncture par semaine (entre 10 et 16 sessions au total). Les points utilisés en électroacupuncture (EA) pendant 1 heure sont : GI4, VB34, ES36 avec des points additionnels utilisés sans EA : RE3 (taixi), RP6 (sanyinjiao), IG3 (houxi), TR5 (waiguan) et de la cranio-acupuncture. Les patients ont été évalués avant et après acupuncture avec le profil d’impact de la maladie (Sickness Impact Profile : SIP), l’UPDRS, le H & Y, l’échelle de Schwab and England (S & E), les échelles de Beck Anxiety Inventory (BAI) et Beck Depression Inventory (BDI). Suite au traitement acupunctural, 85% des patients ont rapporté sur leur questionnaire une amélioration subjective des symptômes, y compris les tremblements, la marche, l’écriture, la lenteur, la douleur, le sommeil, la dépression et l’anxiété. Mais selon les échelles, on ne retrouve qu’une amélioration du repos et du sommeil (p<0,03) [ [36] ].

Suite à cette étude de Shulman qui préconisait l’intérêt de l’acupuncture dans certains aspects de la maladie de Parkinson, Cristian et coll. ont effectué une étude en double-aveugle, randomisée comparant un groupe acupuncture à un groupe contrôle non-acupuncture. Quatorze patients au stade II ou III selon de l’échelle de H & Y ont été évalués avant et après le traitement en utilisant l’échelle UPDRS, la Parkinson’s Disease Questionnaire (PDQ-39), et l’échelle de dépression gériatrique (GDS). Chaque groupe a reçu 5 sessions (20 mn) d’acupuncture répartis sur deux semaines. Le groupe acupuncture a bénéficié de la puncture des points RE3 (taixi), RE10 (yingu), VE60 (kunlun), FO3 (taichong), ES41 (jiexi), ES36 (zusanli), VB34 (yanglingquan), MC6 (neiguan), GI4 (hegu), VG20 (baihui). L’EA a été appliquée entre RE3 et RE10 à la fréquence de 4 Hz. Le groupe non-acupuncture a bénéficié de la puncture sur des zones ne possédant pas de points d’acupuncture. Les résultats montrent qu’il n’y a pas eu de changements statistiquement significatifs sur les différentes échelles utilisées. Toutefois, on note une tendance vers l’amélioration dans les activités de la vie quotidienne sur l’échelle de la qualité de vie PDQ-39 que les auteurs ont qualifié d’effets positifs : amélioration des nausées, du sommeil  [ [37] ]. Le score de Jadad est évalué à 3/5, considéré comme de haute qualité méthodologique. Mais la force de preuve de cet ECR est faible : la taille et la puissance de l’étude sont insuffisantes. D’autre part, les points d’acupuncture ne sont pas des points habituellement choisis surtout en EA. La fréquence de l’EA semble inadaptée selon les données expérimentales. Enfin le groupe contrôle non-acupuncture peut ne pas être un groupe placebo adéquat. Il aurait été préférable d’utiliser des aiguilles rétractables type Streitberger [ [38] ]. Bref, cet ECR n’est pas réellement probant.

Quoi qu’il en soit, il apparaît nécessaire de réaliser d’autres essais comparatifs randomisés de haute qualité méthodologique comme le laissent entendre deux revues systématiques parues presque simultanément en 2008. En effet pour Lee et coll., même si les onze ECR inclus dans leur revue suggèrent des effets bénéfiques de l’acupuncture, les preuves ne sont pas convaincantes du fait que la taille de la population incluse est insuffisante, tout comme la qualité méthodologique selon le score de Jadad [ [39] ]. Lam et coll. en arrivent à la même conclusion après avoir sélectionné seulement dix ECR sur les 784 études préalablement trouvées dans la littérature. Ils montrent des méthodes de randomisation incorrectes, des méthodes d’analyse statistiques invalides, des sorties de vue énoncées uniquement dans deux travaux sur dix avec aucune analyse en intention de traiter pour les autres ECR, des critères d’inclusion et d’exclusion inadéquats, et le comble, seul un ECR était réellement aveugle (celui de Cristian) [ [40] ]. Pour les prochains ECR, ils proposent l’utilisation des recommandations de la standardisation STRICTA pour les ECR d’acupuncture [ [41] ], la sélection d’une population suffisante, des critères de diagnostic et de jugements validés par des analyses statistiques correctes, des rigoureuses méthodes de randomisation avec des études en intention de traiter. Enfin, on se doit de fournir le suivi au long terme des patients après traitement, rapporter les effets secondaires et évaluer le poids économique de l’intervention, choses qui ont été réalisées que beaucoup trop rarement.

Conclusion

On peut considérer que l’acupuncture doit faire partie de l’arsenal thérapeutique de la maladie de Parkinson, même si pour l’instant l’ensemble des travaux offre un grade de recommandations C (selon l’échelle de valeurs de la Haute Autorité de Santé) correspondant à un faible niveau de preuves. Déjà selon l’étude de Rajendran et coll. 40% des patients souffrant d’une maladie de Parkinson utilisent une forme quelconque de médecine complémentaire au cours de leur maladie et l’acupuncture est l’une des trois les plus populaires [ [42] ].

 De nombreuses études à la fois en acupuncture expérimentale et en essais comparatifs randomisés objectivent un faisceau non négligeable de preuves tendant à prouver que l’acupuncture a sa place dans l’amélioration de la qualité de vie en complément des traitements classiques, permettant ainsi de diminuer les effets secondaires médicamenteux, mais aussi assurerait une certaine neuroprotection. La recherche continue. Ainsi les travaux de Piquemal objectivent sur une femme de 50 ans parkinsonienne, l’action immédiate des points d’acupuncture FO3 (taichong), CO7 (shenmen), ES36 (zusanli), VG20 (baihui) sur la cessation des tremblements grâce à l’analyse spectrale des Bio-DDP [ [43] ]. Enfin pour terminer, outre l’acupuncture, il existe d’autres voies thérapeutiques : la craniopuncture [ [44] ] et les massages tuina du pied [45, 46] qui nécessitent certainement de plus amples investigations cliniques.


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[44] . Jiang XM, Huang Y, Zhuo Y, Gao YP. [Therapeutic effect of scalp electroacupuncture on Parkinson disease]. Nan Fang Yi Ke Da Xue Xue Bao. 2006;26(1):114-6.

[45] . Walton-Hadlock J. Primary Parkinson’s disease: the use of Tuina and acupuncture in accord with an evolving hypothesis of its cause from the perspective of Chinese traditional medicine–Part 2. Am J Acupunct. 1999;27(1-2):31-49.

[46] . Eng ML, Lyons KE, Greene MS, Pahwa R. Open-label trial regarding the use of acupuncture and yin tuina in Parkinson’s disease outpatients: a pilot study on efficacy, tolerability, and quality of life. J Altern Complement Med. 2006;12(4):395-9.

Moulin à vent – Plantations de thé – District de Boseong – Jeollanam-do – Corée du Sud
Moulin à vent – Plantations de thé – District de Boseong – Jeollanam-do – Corée du Sud
Les massages yin tuina dans la maladie de Parkinson
Les massages yin tuina se basent uniquement sur les travaux de Janice Walton-Hadlock de Santa Cruz dans son projet « Parkinson’s Recovery Project ». Deux articles sont parus en 1998 et 1999. Celui de 1999 [45] explique son traitement en sept étapes et utilise vingt-deux positions des mains, tout ceci expliqué à partir d’une étude de cas (une femme de 55 ans dont a été diagnostiquée la maladie de Parkinson un mois avant le début du traitement). La seule autre étude est celle de Eng et coll. parue en 2006 [46 ] qui est un essai ouvert sur une population de 25 personnes, utilisant la technique de Walton-Haldlock associée à celle de l’acupuncture. Cette étude, un peu meilleure d’un point de vue méthodologique que la précédente (étude de cas explicative d’une méthode empirique), montre qu’il n’y a pas d’amélioration significative des mesures aux échelles UPDRS, H &Y, S & E, l’échelle de Beck et le PDQ-39, et qu’il existe même une aggravation de 2,4 points sur l’échelle UPDRS motrice. Cependant, il y a 16% d’amélioration sur le PDQ-39 (p=0,044) et 29% d’amélioration sur l’échelle Beck Depression Inventory (BDI). Seize patients rapportent une amélioration légère à marquée sur la dépression et la qualité de vie, mais aucune amélioration sur les tremblements.

En conclusion, l’acupuncture associée au tuina ne fait ni plus ni moins bien que l’acupuncture seule. Elle n’améliore pas les problèmes moteurs. A noter que c’est une étude ouverte sur 6 mois alors que les études avec utilisation de l’acupuncture seule s’effectuent sur 3 mois maximum et justement comme nous l’avons vu, il y a peu de données sur le suivi à long terme. Par ailleurs c’est une étude ouverte, donc absence de groupe contrôle (on ne peut évaluer l’évolution naturelle de la maladie), absence de groupe en aveugle (difficile aussi d’évaluer l’effet placebo du traitement), et enfin le massage tuina exécuté tous les jours avec attention pourrait être considéré comme un facteur confondant.

De ce fait, seul un véritable essai clinique randomisé respectant une haute qualité méthodologique pourrait prouver l’efficacité des massages tuina.

Stéphan JM. A propos d’un cas clinique : intérêt de l’acupuncture dans la maladie de Parkinson. Acupuncture & Moxibustion. 2008;7(4):322-330. (Version PDF)

Stéphan JM. A propos d’un cas clinique : intérêt de l’acupuncture dans la maladie de Parkinson. Acupuncture & Moxibustion. 2008;7(4):322-330. (Version 2008)

Prolonger la longévité par l’acupuncture et ses techniques associées ? À propos d’un cas clinique

Le temple du Soleil – Ruines de la cité Maya de Palenque (V-IX EC) – Mexique
Le temple du Soleil – Ruines de la cité Maya de Palenque (V-IX EC) – Mexique

Résumé. Introduction. « Certains sujets vivent jusqu’à 100 ans. Comment peuvent-ils avoir une telle longévité ? » (Chapitre 54 du Lingshu). Lors de sa rédaction quelques siècles avant notre ère, les chinois s’interrogeaient déjà sur la manière de prolonger la vie en bonne santé. Est-il possible d’utiliser l’acupuncture, l’électroacupuncture ou la moxibustion dans la perspective de prolonger la longévité selon les préceptes du chapitre 54 du Lingshu (tiannian) en appliquant les moyens et les connaissances du XXIe siècle ? Méthodes. A partir d’une étude de cas, femme de 92 ans, suivie pendant 27 ans, seront évalués les points dits « de longévité », points choisis parmi tous ceux qui, selon le Bianque xinshu, ouvrage écrit par Dou Cai en 1146, mais aussi d’autres auteurs plus modernes, ont la particularité de renforcer le corps humain en tonifiant le qi et le xue. L’action possible de ces points sera analysée à la lumière des théories scientifiques actuelles expliquant le vieillissement physiologique. Résultats. L’acupuncture et techniques associées pourraient ralentir le vieillissement de l’organisme essentiellement par la mise en place de protections (comme la superoxyde dismutase, le glutathion peroxydase, etc.), vis-à-vis du stress oxydant et de la production des radicaux libres mais aussi par le système de protection des protéines de choc thermique (heat shock proteins HSP), ou par la possibilité d’agir sur la glycation des protéines. Toutefois, dès que l’effet du vieillissement fait son œuvre et que la maladie apparaît sur les différents systèmes : nerveux central, immunitaire, cardio-vasculaire, pulmonaire, locomoteur, digestif, urinaire, etc.., de nombreuses études d’acupuncture expérimentale, mais aussi des essais comparatifs randomisés, voire des méta-analyses ont montré encore l’intérêt de l’acupuncture et techniques associées comme on peut l’observer ainsi dans la maladie d’Alzheimer, dans l’hypertension artérielle ou la bronchopneumopathie obstructive. Dans ce cas clinique, l’acupuncture et ses techniques associées ont donc semblé assurer une bonne qualité de vie à cette femme de 92 ans, et cela sans effets indésirables. Conclusion. Avant que ne se déclare la maladie, l’acupuncture, l’électroacupuncture et la moxibustion pourraient contribuer à accroître potentiellement l’espérance de vie en bonne santé en association avec une activité physique correcte et une diététique adaptée. Néanmoins, il s’agira de bien nuancer la portée des effets potentiels de l’acupuncture et techniques associées et de bien de faire la différence entre les points dits « de longévité » à utiliser en prévention, de ces mêmes points que l’on utilisera dès que les défenses naturelles ne soient dépassées. Mots clés. Acupuncture – moxibustion – électroacupuncture – longévité – gériatrie – bianque xinshu.

Extend longevity with acupuncture and its associated techniques? About a clinical case

Summary. Introduction. « Some people live up to 100 years old. How can they have such longevity? (Chapter 54 of Lingshu). When it was written a few centuries before our era, the Chinese were already wondering about how to prolong life in good health. Is it possible to use acupuncture, electroacupuncture or moxibustion in order to extend longevity according to the precepts of chapter 54 of Lingshu (tiannian) by applying the means and knowledge of the 21st century? Methods. From a case study, a 92-year-old woman, followed for 27 years, will be assessed the so-called « longevity » points, chosen from among all those who, according to the Bianque xinshu, written by Dou Cai in 1146, but also other more modern authors, have the peculiarity of strengthening the human body by toning qi and xue. The possible action of these points will be analyzed in the light of current scientific theories explaining the physiological aging. Results. Acupuncture and associated techniques could slow the aging of the body mainly by the establishment of protections (such as superoxide dismutase, glutathione peroxidase, etc.), with respect to oxidative stress and the production of free radicals but also by the system of protection of heat shock proteins (HSP), or by the possibility of acting on the glycation of proteins. However, as soon as the effect of aging does its work and the disease appears on the various systems: central nervous, immune, cardiovascular, pulmonary, locomotor, digestive, urinary, etc., many studies of experimental acupuncture , but also randomized controlled trials, or even meta-analyzes have still shown the interest of acupuncture and associated techniques as can be observed in Alzheimer’s disease, in arterial hypertension or obstructive pulmonary disease. In this clinical case, acupuncture and its associated techniques therefore seemed to ensure a good quality of life for this 92-year-old woman, without any undesirable effects. Conclusion. Before the onset of illness, acupuncture, electroacupuncture and moxibustion could potentially increase life expectancy in good health in combination with correct physical activity and appropriate dietary habits. Nevertheless, it will be necessary to nuance the scope of the potential effects of acupuncture and associated techniques and to make the difference between the points called « longevity » to use in prevention, the same points that will be used as soon as the natural defenses are exceeded. Keywords. Acupuncture – moxibustion – electroacupuncture – longevity – geriatrics – xinshu bianque.

En 2013, selon l’Insee, la France comprenait plus de 15 millions de français âgés de 60 à 75 ans et plus sur une population atteignant 65 564 756 personnes. Au premier janvier 2019, l’estimation était de 17 501 491sur une population totale de 66 992 699 français, soit plus d’un quart de la population avait plus de 60 ans. Au 1er janvier 2050, la France compterait plus de 20 millions de personnes de 65 ans ou plus, soit 8,6 millions de plus qu’en 2013. Cette population séniore augmenterait nettement plus que l’ensemble de la population : + 1,5 % en moyenne par an entre 2013 et 2050, contre + 0,3 % [[1]]. De ce fait, le vieillissement pathologique risque de poser un problème de santé publique. L’acupuncture peut-elle jouer un rôle dans le vieillissement physiologique ?

De façon générale, le vieillissement est un processus physiologique modifiant les fonctions de l’organisme à l’âge mur. C’est marqué par une diminution des capacités fonctionnelles de l’organisme qui ne s’adapte plus suffisamment aux situations d’agression comme les maladies, le stress, les traumatismes, etc.

Le vieillissement est donc un phénomène lent et progressif qui doit être distingué des manifestations des maladies. Il est multifactoriel et résulte des effets intriqués de facteurs génétiques (vieillissement intrinsèque) et de facteurs environnementaux endurés tout le long de la vie de l’être humain [[2],[3]].

La vieillesse est donc la partie de la vie correspondant à l’aboutissement du vieillement, en général au-delà de 65 ans. On parlera aussi d’espérance de vie sans incapacité : c’est le nombre d’années sans handicap.

Les Classiques chinois Huangi Neijing Suwen, Lingshu abordent le thème de la longévité. Le Bianque xinshu décrit même les points dits de longévité.

Il est alors intéressant de les évaluer à la critique de la recherche scientifique. Ainsi, à partir d’un cas clinique, l’acupuncture et ses techniques associées ont semblé assurer une bonne qualité de vie à une femme suivie pendant 27 ans en s’associant à la médecine conventionnelle qui a engendré nombre d’effets indésirables et iatrogènes. On étudiera donc, à partir d’études expérimentales, mais aussi d’essais contrôlés randomisés, comment l’acupuncture et ses techniques associées peuvent agir sur les différents systèmes : nerveux central, immunitaire, cardio-vasculaire, pulmonaire, locomoteur, digestif, urinaire, etc.

Présentation d’un cas clinique

Madame L. Françoise, née en 1926, est vue pour la première fois le 4 mai 1992 en raison d’un état dépressif datant de 1983 qui s’est accentué en mars 1992. Elle a 66 ans, vit avec son mari et son loisir préféré est de cultiver son jardin. Les antécédents chirurgicaux : deux grossesses en 1946 et 1954 ; une hystérectomie en 1983 à la suite d’un fibrome. Elle se plaint aussi de douleurs diffuses, mais surtout touchant le rachis lombaire, de perte d’appétit avec ballonnement abdominal. Elle pèse 62kg pour 1m60. La langue est pâle, les pouls sont fins (xi) et faibles (ruo). Le traitement conventionnel : dosulépine 75mg : un comprimé par jour depuis de nombreux mois associé à du zolpidem au coucher et du paracétamol pour les douleurs. Le questionnaire QD2A de Pichot, questionnaire simple et maniable d’auto-évaluation de la dépression, qui comporte treize items a permis de quantifier sa dépression comme sévère à la première consultation, puisque cotée à 13 sur 13 [[4]]. On retrouve ainsi la perte de goût et d’intérêt, le manque d’énergie, la tristesse, la mémoire déficiente, le peu d’espoir pour l’avenir, une insomnie chronique marquée par les cauchemars, etc. Son état entre dans le cadre de la différenciation des syndromes (bianzheng) de Vide de qi et de xue avec Vide de yang des Reins, Vide de Cœur et de Rate. Le traitement appliqué lors de cette première séance et jusqu’au 14 décembre 1992, à raison d’une séance par semaine pendant trois semaines, puis une tous les quinze jours (trois séances), puis une par mois est : yongquan (1Rn), baihui (20DM), zhongwan (12RM), guanyuan (4RM), qihai (6RM), zusanli (36E), sanyinjiao (6Rt), neiguan (6MC) et shenmen (7C). Tous ces points, sauf le point baihui (20VG), sont stimulés par moxibustion à l’armoise (artemisia vulgaris), chaque point étant chauffé jusqu’à la sensation de brûlure pendant 20 à 25 minutes.

L’évaluation par le questionnaire QD2A objective une amélioration sensible, puisque dès la quatrième séance, il est coté à 3 sur 13.

Le 11 janvier 1993, Mme L. se plaint de dorsalgies sur sa cyphose dorsale qui engendrent à nouveau un sommeil difficile. Trois séances rapprochées à quinze jours d’intervalle vont faire passer les douleurs évaluées sur une échelle visuelle analogique de 8 à 4 sur 10. Le traitement de moxibustion laissera la place à un protocole acupunctural associant acupuncture et électroacupuncture sur les points : shenmai (62V), houxi (3IG), zulinqi (41VB), yanglingquan (34VB), xuanzhong (39VB) et les points huatuojiaji dorsaux qui seront stimulés par électroacupuncture (EA) à une fréquence de 2Hz alternée à celle de 100 hertz (stimulateur WQ-10C2 fabriqué en République populaire de Chine) selon un protocole décrit préalablement en 1990 [[5],[6]].

Le traitement de l’état dépressif à la moxibustion est repris dès le 15 février 1993, le test QD2 remontant à 5 sur 13. La moxibustion sera poursuivie à raison d’une séance par mois. Cela permettra de maintenir une humeur et un sommeil corrects, le test QD2 oscillant entre 2 et 4 maximum.

En février 1994, une névralgie intercostale nécessitera à nouveau le protocole déjà décrit avec EA. En septembre 1994, à nouveau son état psychologique se dégrade : le QD2 passe à 11/13. L’inventaire de dépression de Beck (échelle BDI 13) [[7],[8]] qui est utilisé aussi indique une dépression modérée puisque cotée à 8[1]. Sa voisine, proche amie, est décédée et son fils se retrouve au chômage. Le protocole de moxibustion précédemment utilisé est appliqué auquel sont associés les points danzhong (17RM), juque (14RM), kufang droit (14E), lingxu gauche (Rn24) [[9]][2]. Cela permet de rétablir son humeur et le QD2 oscille entre 2 et 6/13. On poursuit donc la moxibustion à raison d’une séance par mois jusqu’au 21 octobre 1996, en supprimant progressivement les points du triangle de l’anxiété. Son poids est toujours stable à 62kg, mais elle a perdu 2 cm (1m58) et se plaint de plus en plus d’arthralgies diffuses surtout lombaires, mais aussi des gonalgies surtout à gauche. La pression artérielle est normale à 120/80. Le bilan sanguin est normal. De ce fait sont rajoutés des points en électroacupuncture : yanglingquuan (34VB), xuanzhong (39VB), houxi (3IG), zulinqi (41VB) à la fréquence de 2Hz.

Le 8 septembre 1997, des clichés du rachis lombaire objectivent une inflexion droite du rachis lombaire et une gonarthrose interne gauche. À partir de cette date et jusqu’au 14 juin 1999, seront alternés traitement de moxibustion mais aussi selon les mois, traitement d’acupuncture et d’EA suivant le protocole rhumatologique. On puncturera également les points des genoux en insistant sur le yanglingquan (34VB) et le zusanli (36E) avec EA à la fréquence de 2HZ, mais aussi dubi (35E), heding et neixiyan.

Le 25 octobre 1999, le dosulépine est arrêté et remplacé par citalopram 20mg. Son mari, qui était suivi pour un carcinome prostatique vient de décéder fin août. Elle présente un état dépressif réactionnel associé à un trouble anxieux généralisé. Par ailleurs, la pression artérielle qui grimpe progressivement (155/99 ce jour) avec nombreux accès de tachycardie avec extrasystoles nécessite la prise de métoprolol 200 mg LP. Le diagnostic chinois change aussi au cours des mois : la langue est devenue rouge piquetée avec un enduit mince et jaune à la racine, le pouls, avant la prise du bétabloquant, est rapide (shuo), tendu (xian), profond (chen) et fin (xi). Son état entre selon les bianzheng dans le cadre d’une déficience de yin avec Feu abondant et Vide de yin des Reins. La moxibustion est donc arrêtée et remplacée par l’EA à 2Hz pour traiter les douleurs qui sont devenues sourdes, chroniques avec raideur lombaire, lombalgies et gonalgies bilatérales. Aux points du précédent protocole rhumatologique sont ajoutés shaohai (3C), neiguan (6MC), xinshu (15V), shenmen (7C), taichong (3F), shenshu (23V), taixi 3Rn, sanyinjiao (6Rt), weizhong (40V), kunlun (60V) et qihai (6RM).

Ce traitement acupunctural sera poursuivi en fonction de la variation de son état selon les douleurs ou l’état anxio-dépressif jusqu’au 26/01/2004 avec le même traitement conventionnel associant un anti-dépresseur (citalopram 20mg), des antalgiques (paracétamol), des antiinflammatoires pendant les crises, un antihypertenseur (le métoprolol sera remplacé à un moment par le moexipril 15, un antihypertenseur agissant sur le système rénine-angiotensine). Elle suivra également durant cette période des cures thermales à Allevard-les-bains en Isère pour l’indication rhumatologique.

Le 2 mars 2004, elle bénéficie d’une phaco-émulsification de l’œil gauche en raison d’une cataracte.

A partir d’avril 2004, elle va surtout se plaindre des arthralgies du rachis et de plus en plus des genoux. On maintient le même protocole rhumatologique ainsi que celui de la déficience de yin tous les mois. Progressivement la gonarthrose bilatérale s’intensifie. La marche se limite à 100m et une prothèse totale de genou gauche est mise en place le 18 juillet 2007.

Le 3 septembre 2007, les gonalgies sont atténuées mais pas les douleurs dorso-lombaires (EVA 6/10). Elle est asthéniée mais remarche bien après les séances de rééducation de la marche. À nouveau, elle présente un syndrome dépressif. Son poids 54kg et mesure 1m56. Elle présente un vide de qi, xue et yang. La moxibustion est reprise à raison d’une séance par mois.

Elle bénéficie le 21 novembre 2008 d’une chirurgie de la cataracte de l’œil droit.

Le 17 décembre 2008, quelques jours avant son 82e anniversaire, elle présente à nouveau une grande fatigue avec sommeil agité, voire insomnie. Elle a des acouphènes et des vertiges. Sa pression artérielle monte à 180/100 ; elle se plaint de névralgies intercostales, de lombalgies. Sa langue est rouge ; les pouls sont ininterprétables du fait du nébivolol. Le bianzheng correspond à un Vide de yin des Reins à nouveau. Le protocole rhumatologique est repris pour calmer les algies en utilisant l’EA (appareil schwa-medico © ; fréquence alternant 2Hz et 100Hz ; durée d’impulsion 0,3ms) et la moxibustion est arrêtée.

Et durant dix ans, son état va osciller en raison du vieillissement physiologique de son organisme entre Vide de qi et xue, voire Vide de yang qui intéresse les Reins et Vide de yin des Reins avec des périodes de Vide de yin de Cœur (voir tableau I). Une dégénérescence maculaire liée à l’âge est diagnostiquée en septembre 2014. Quelques hospitalisations seront à déplorer, en particulier en décembre 2015 lorsqu’une arythmie complète est détectée lors d’une consultation pour infection pulmonaire. Au cours de l’hospitalisation, cette ACFA, s’avérant être en rapport avec une pneumopathie lobaire inférieure gauche, aboutit à la prise du rivaroxaban, molécule elle-même à l’origine d’un méléna et d’une anémie sévère à 5,2g d’hémoglobine nécessitant une ré-hospitalisation en urgence.

Le tableau I montre la chronologie de son état durant 27 ans de mai 1992 à mai 2019.

Enfin, le 6 mai 2019, son traitement conventionnel a largement été restreint. Elle présente toujours une insomnie peuplée de nombreux rêves et cauchemars associée à un état d’anxiété chronique. Elle se plaint essentiellement de rachialgies touchant autant le rachis dorsal que lombaire, peu calmées par le tramadol. La langue est rouge, sèche, le pouls est difficilement interprétable du fait du traitement anti-hypertenseur. Son état entre dans le cadre d’un Vide de yin des Reins. Et sont puncturés taixi (3Rn), sanyinjiao (6Rt), shenshu (23V), guanyuan (4RM), zhaohai (6Rn), shenmai (62V), kunlun (60V) et électroacupuncture[3]  des points houxi (3IG), zulinqi (41VB), yanglingquan (34VB), xuanzhong (39VB), zusanli (36E) et les points huatuojiaji dorsaux.

Mme L. Françoise suivie depuis 27 ans est donc bien décidée à poursuivre chaque mois le traitement acupunctural qui selon ses dires, lui a permis de traverser ces trois décennies en surmontant les diverses hospitalisations, tout en limitant les thérapeutiques usuelles. Elle se dit persuadée qu’elle atteindra ses cent ans afin de voir grandir ses arrière-petits-enfants, tout en continuant à profiter de son jardin.

On peut malgré tout se poser la question de savoir si réellement l’acupuncture et les techniques associées peuvent prolonger la vie dans de bonnes conditions.

Nous verrons donc dans un premier temps la longévité selon les Classiques de Médecine Chinoise, les mécanismes physiologiques à l’origine du vieillissement, les effets du vieillissement et les stratégies pour les ralentir d’un point de vue occidental ; puis dans un second temps l’action de l’acupuncture et techniques associées.

Tableau I. Chronologie du cas : les principales étapes.
Date (jour/mois/date) ÂgeStatutThérapie conventionnelleAcupuncture et techniques associées
04/05/1992 66 ansEtat dépressif majeur : QD2 : 13/13 ; poids 62kg ; 1m60 ; lombalgies chroniques ; algies diffuses ; troubles digestifsDosulépine 75mg, zolpidemVide de qi, xue et yang des Reins ; Vide de Cœur et de Rate : moxibustion : 1Rn, 12RM, 4RM, 6RM, 36E, 6Rt, 6MC, 7C, 20DM à l’aiguille.
11/01/1993Dorsalgies (EVA=8/10) ; QD2 : 2/13Paracétamol : 3 à 4 grammes par jour, voire dextropropoxyphène en cas de criseAcupuncture et EA (2/100 Hz) : 62V, 3IG, 41VB, 34VB, 39VB et huatuojiaji dorsaux
15/02/1993QD2 : 5/13Maintien du dosulépineMoxibustion : reprise du protocole du 5 mai 1992
19/09/1994QD2 : 11/13 ; BDI 13 : 8 (dépression modérée) Moxibustion : reprise des points précédents plus   17RM, 14RM, 14E droit, Rn24 gauche
21/10/1996  QD2 = 2 ; arthralgies diffusesParacétamol, AINS (diclofenac 50mg associé misoprostol  0,2 mg) : 2/jMoxibustion et EA 2Hz (3IG, 39VB, 34VB, 41VB)
24/06/1999 73 ansRadios genoux : gonarthrose fémoro-tibiale bilatérale avec pincement très net ; pincement discaux D12-L1 et arthrose interapophysaire postérieure bilatérale L3-L4, L4-L5 et L5-S1 ; nette inflexion droite du rachis lombaire de face avec pincement des disques interverétbraux à partitr de L2-L3Paracétamol, AINS, infiltration genou droit de Triamcinolone acétonide 40 mgProtocole d’électroacupuncture à 2Hz et 34VB et le 36E, 35E, heding et neixiyan
25/10/1999HTA et arthralgies diffuses, trouble anxieux généralisé ; ECG = hémibloc antéro-supérieur gauche sans troubles du rythme avec discrète hypertrophie auriculaire gauche mais sans trouble de la repolarisationMétoprolol 200, citalopram 20 mg, dextropropoxyphène et paracétamolDéficience de yin avec Feu abondant et Vide de yin des Reins : Protocole rhumatologique avec EA 2Hz ; 3C, 6MC, 15V, 7C, 3F, 23V, 3Rn, 6Rt, 40V, 60V, 6RM
14/02/2001Névralgie intercostale gauche ; Radios : pincement modéré des disques C5-C6 et C6-C7 ; lésions de dorsarthrose étagée avec accentuation cyphose dorsale, tassement cunéiforme séquellaire en D11, lombarthrose étagée sur nette hyperlordose avec arthrose interaopophysaire postérieure marquée de L3-L4 à L5-S1 ;moexipril 15, paracétamol; piroxicam-bétacyclodextrine 20mg ; Citalopram 20mgProtocole rhumatologique en EA à 2Hz et traitement de la déficience de yin
02/03/2004 78 ansArthralgies rachis et gonalgies bilatérales, EVA = 7/10Cataracte : phaco-émulsification de l’œil gaucheIdem
26/03/2007Gonarthrose bilatérale surtout gauche ; 54kgs ; 1m56Infiltration genou gauche : Triamcinolone acétonide 40 mg  Tramadol 50 mg x 2Protocole rhumatologique en EA à 2Hz et traitement de la déficience de yin
18 juillet 2007Gonalgie gauche avec limitation marche : 100m Etat dépressif QD2 : 8/13Prothèse totale genou gaucheVide de qi, xue et yang desReins: moxibustion
23/12/2008 82 ansECG : hémibloc antéréro-supérieur gauche sans trouble de la repolarisation ; Echographie cardiaque : maladie aortique minime (insuffisance de grade 1 et sclérose aortique) ; insuffisance mitrale de grade 1 ; fraction d’éjection ventriculaire gauche conservée à 60% ; radios rachis : ostéoporose ; discopathie dégénérative pluri-étagée sur important trouble de la statique dorso-lombaireNébivolol 2,5 ; périndopril/ indapamide ; Tramadol 50 x2 Paracétamol 1g x2 CitalopramVide de yin des Reins : protocole rhumatologique avec EA à 2 Hz
12/08/2011ECG : BAV 1° degré, rythme sinusal 82 ; Hémibloc antéro-supérieur Gauche ; quelques extra-systoles ; bilan biologique normal, TSH= 0,639mU/ml (euthyroïdienne)Même traitement, mais arrêt nébivolol 
17/09/2012Scoliose dorso-lombaire avec tassement en D11, somato-discarthrose étagée, lombarthrose étagée, EVA=8/13 ; 52 kgs ; 1m55Idem 
16/11/2013 87 ans  Hospitalisation pour céphalées avec vomissements : bilan réalisé normal : scanner cérébral : légère atrophie cortico-sous corticale ; calcifications vasculaires  Zolpidem ; périndopril/ indapamide ; citalopram 20 mg   
07/04/2015 89 ansRadios rachis cervical : cervicarthrose avec discopathie dégénérative très importante avec réduction des trous de conjugaison à droite en C5-C6 et C6-C7. DMLA depuis fin 2014.  
11/12/2015Lors de la consultation : arythmie complète confirmée le jour même en hospitalisation :  fibrillation auriculaire (cadence ventriculaire à 155) ; contexte de vomissement et pneumopathie du lobe inférieur gauche, TSH normale ; hypoxie (PO² : 77)Rivaroxaban 20mg pendant 6 semaines ; Zolpidem ; périndopril indapamide ; rilménidine 1 mg     Vide de yin de Cœur (pouls fins (xi), rapide (shuo), langue rouge). Xinshu (15V), juque (14RM), 7C, 6MC, 23V, 3Rn, 6 Rt
26/12/2015Ré-hospitalisation à la suite de diarrhée noirâtre : anémie normochrome nomocytaire à 5,2 g Hb ; Aucune lésion fibro-oesophagienne mais béance cardiale non compliquée ; coloscopie normale :Arrêt rivaroxaban, ; Pantoprazole Arrêt citalopram 
13/03/2017Dorsalgie, arthralgies diffuses rachidiennes Bilan biologique normal : Hb : 14,4 ; Filtration glomérulaire 56 ml/mn ; ferritinémie : 86, TSH : 1,09 ; Ca+ : 99, ; K+=4,5. Asthénie, trouble anxieux généralisé, pas d’état dépressifZolpidem ; périndopril indapamide ; rilménidine 1 mg  Tramadol 50mg : 1 à 4 / j en moyenneDéficience de yin avec Feu abondant et Vide de yin des Reins : Protocole rhumatologique avec EA 2Hz plus : 3C, 6MC, 15V, 7C, 3F, 23V, 3Rn, 6Rt, 40V, 60V, 6RM, yintang et sishencong
09/05/2019 92 ans50 Kgs ; 1m47 ; bilan biologique quasi normal : Hb : 14g / dL, leucocytes : 7000 ; CRP =0,8mg/L ; Créatinine : 9mg/L ; débit de filtration glomérulaire estimée : 56ml/mn (Insuffisance rénale modérée selon formule CKD-EPI et légère selon la formule MDRD : Clairance de la créatinine : 62,7) ; K+=4,7 ; protides : 66g/L, Ca: 97 ; TSH : 1,420, SGPT = 15 ; Cholestérol HDL =0,73g/L ; TA=147/78 ; pouls 74 régulier ; SaO² = 98%  Zopiclone 7,5 mg cp au coucher ; tramadol 50mg : 1 à 4 / j en moyenne ; rilmenidine 1mg ; périndopril 4mg le matinVide de yin des Reins. 3Rn, 6Rt, 23V, 4RM, 6Rn, 62V, 60V et EA (2Hz) : 3IG, 41VB, 34VB, 39VB, 36E et les points huatuojiaji dorsaux.

La longévité selon les Classiques de Médecine Chinoise

C’est dans le livre I, chapitre 1 « de la pureté naturelle dans la haute antiquité » du Huangi Neijing Suwen [[10]] que le thème de la longévité fut abordé pour la première fois par l’Empereur Huang Di qui s’adressant au Maître Céleste Qi Bo lui demande : « On m’a rapporté que dans la haute antiquité on vivait centenaire sans que l’activité faiblisse. Les gens d’à présent sont déjà affaiblis à 50 ans. ».

S’ensuit alors tout un chapitre concernant l’altération de la puissance vitale en fonction de l’âge : « … Dans la Haute antiquité vivaient les Hommes authentiques :  … Ils tenaient en leurs mains le yin et le yang, ils expiraient et aspiraient les essences et les souffles… Ainsi atteignirent-ils la longévité même du Ciel/Terre… » [[11]].

Mais c’est surtout dans le chapitre 54 du Lingshu « Tian Nian », écho du chapitre 1 du Suwen et qui le complète, traduit selon les auteurs par « l’âge céleste » [[12]] ou « L’âge naturel » [[13]], que l’on apprend la conduite générale à tenir pour préserver sa santé d’un point de vue essentiellement physiologique. Selon la médecine chinoise, la Mort fait partie du mouvement de la Vie avec lente transformation des Cinq zang. « À 100 ans, les cinq zang sont tous vidés, les esprits souffles ensemble s’en vont, seule demeure la forme corporelle et les os, c’est la fin [13] ». Ainsi Qi Bo dit : « la longévité résulte : – de la solidité et de fermeté des 5 Viscères. – de la régularité de la circulation du sang et des vaisseaux, … -de la circulation harmonieuse du rong (ou ying, Énergie nutritive) et du wei (Énergie défensive), – du rythme lent et léger de la respiration… – de la fonction digestive des 6 Entrailles, et de la répartition parfaite du Liquide organique dans tout l’organisme. » [12]. 

Cependant, aucun de ces ouvrages n’aborde les points pouvant accroitre la longévité. C’est dans le Bianque xinshu (扁鹊心书)que quatre points sont proposés. Ils auraient selon son auteur Dou Cai (1076-1146) médecin célèbre officiant durant la dynastie Song, la particularité de renforcer le corps humain en tonifiant le qi et le xue et, de ce fait prévenir les maladies, prolonger la vie. Il propose donc que, lorsqu’une personne est bien portante, ne souffrant d’aucune maladie de moxer les points guanyuan (4RM), qihai (6RM), mingmen (DM4) et zhongwan (12RM). Ainsi, cela assurerait une longévité de plus de cent ans [[14]]. Wang considère que ces quatre points sont un minimum et en propose onze principaux de plus : shenque (8RM), neiguan (6MC), yongquan (1Rn), taixi (3Rn), sanyinjiao (6Rt), xuanzhong (39VB), zusanli (36E), baihui (20DM), dazhui (14DM), shenzhu (12DM) et shenshu (23V) et n’en néglige pas non plus cinq autres accessoires, les points dorsaux comme waiguanxiashu ou yishu (EX-B3), feishu (13V), xinshu (15V), ganshu (18V), danshu (19V) [[15]]. Toujours selon Wang, appliqués d’une manière constante pendant des mois ou années par moxibustion, acupuncture, massage ou ventouses, cela « augmenterait les défenses immunitaires du corps, renforcerait la constitution physique, lutterait contre le vieillissement et prolongerait l’espérance de vie ».

Les mécanismes à l’origine du vieillissement

De nombreuses théories sont à la base des mécanismes responsables du vieillissement : génétique, oxydative, de la glycation de protéines ou impliquant les protéines de choc thermique (HSP).

Théories génétiques

Cela concerne les facteurs héréditaires et le rôle de certaines altérations génétiques acquises. Plusieurs travaux ont mis en évidence des relations étroites entre certains facteurs génétiques et le vieillissement [[16],[17],[18]]. Chez l’homme, les études menées chez les jumeaux ont montré que la durée de vie semble fortement liée à des facteurs génétiques [[19],[20]]. Certaines altérations acquises du matériel génétique pourraient intervenir également dans le vieillissement. La fréquence des altérations de l’ADN (délétions, mutations) et des anomalies de sa réparation augmente avec l’âge. Les travaux de Hayflick ont montré que le potentiel de division cellulaire est limité et proportionnel à la longévité de l’espèce [[21]]. L’altération de l’ADN, induite par des facteurs extérieurs (exposition aux rayonnements électromagnétiques, chimiques, etc.) ou bien à des facteurs intrinsèques (exemple la division cellulaire, par mutations somatiques, perte de télomère, etc.) engendre de nombreuses conséquences en modifiant l’expression de certains gènes et la synthèse des protéines, ou encore en perturbant le cycle cellulaire, en agissant sur le système immunitaire [[22]]. La mort cellulaire est donc programmée (apoptose) et déterminée par l’expression de gènes spécifiques. Il a été aussi démontré que les centenaires en bonne santé avaient des télomères beaucoup plus longs sur l’ADN de lymphocytes sanguins que les centenaires en mauvaise santé (p = 0,0475) [[23]]. De ce fait, les variations du gène de la télomérase humaine associées à un meilleur maintien de la longueur des télomères peuvent conférer une longévité exceptionnelle en bonne santé [[24],[25]].

Théorie oxydative impliquant les radicaux libres

Il s’agit de la production des radicaux libres au cours du stress oxydant.  Les radicaux libres, encore dénommées espèces réactives de l’oxygène (ROS), molécules très réactives produites au cours du métabolisme de l’oxygène, exercent un stress oxydatif prononcé capable d’altérer l’ADN et les acides gras de la membrane cellulaire. L’organisme se protège contre ces radicaux par plusieurs systèmes : les superoxydes dismutases, les catalases, la glutathion peroxydase séléno-dépendante et les vitamines anti-oxydantes (A, E, C). Au cours du vieillissement, cet équilibre est altéré : la production de radicaux libres augmente au sein des mitochondries et les systèmes de protection sont moins efficaces. Une surexpression du gène de la superoxyde dismutase et de la catalase chez la mouche drosophile pourrait allonger la durée de vie [[26]]. Mais c’est controversé [[27]]. Une autre étude, toujours chez la mouche drosophile a observé que la surexpression de la voie de la MAP kinase p38 (p38K) / Mef2 / MnSOD (SOD2) se traduit par une augmentation de leur longévité [[28]]. De même, l’activité Cu/Zn-SOD (SOD1) contribuerait à la longévité extraordinaire des reines des termites [[29]]. Bref, il convient de noter que les résultats négatifs des études sur la surexpression des antioxydants ne réfutent pas directement l’hypothèse du vieillissement en rapport avec le stress oxydatif. Néanmoins, les déductions basées sur les effets des antioxydants sur la durée de vie ne sont pas totalement convaincantes du fait que les oxydants sont intimement liés à la régulation de l’expression des gènes.

Théorie de la glycation des protéines

Il s’agit de la glycation non enzymatique des protéines. La glycation est un des facteurs de vieillissement accéléré des tissus. Les produits PTG (produits terminaux de glycation) ou AGE (Advanced glycation end-product) issus de la glycation sont hautement dangereux pour l’organisme et s’accumulent avec l’âge [[30]] et plus particulièrement lors du diabète. Ainsi, on considère que le diabète est un modèle de vieillissement accéléré [[31]]. Les PTG induisent la formation de pontages moléculaires entre les fibres de collagène, le rendant plus rigides et moins solubles. Enfin, les PTG pourraient avoir d’autres actions en se liant à des récepteurs spécifiques présents sur les macrophages, les cellules endothéliales et mésangiales, en induisant la sécrétion de cytokines proinflammatoires ou de facteurs de croissance[4] [[32]]. Les PTG participent ainsi au développement de plusieurs maladies, telles que l’artériosclérose, l’insuffisance rénale, la rétinopathie diabétique et la cataracte. Ce sont ces mêmes PTG qui sont pour la plupart responsables des complications du diabète (principalement des complications micro vasculaires). Mais, on peut dire que la glycation a tout de même l’intérêt par exemple de permettre de suivre le diabète : en effet l’HbA1c (hémoglobine glyquée) est un marqueur de l’évolution de la maladie. En gérontologie, la possibilité d’inhiber la glycation ralentirait donc le vieillissement.

Théorie impliquant les protéines de choc thermique (heat shock proteins – HSP)

Le dernier système de protection de l’organisme, les protéines de choc thermique (heat shock protéines HSP), protéines chaperons, initialement découvertes en raison de leur accumulation et de leur inductibilité sous l’effet de la chaleur), est altéré au cours du vieillissement. Les HSP sont des facteurs protecteurs endogènes en réponse à l’hyperthermie et autres stress environnementaux, famille de protéines produites en réponse aux agressions (comme la HSP70[5], 85 et 100 sensibles aux chocs thermiques), aux traumatismes, etc. Ces protéines rendent les cellules plus résistantes à une nouvelle agression et stimulent les systèmes de réparation et le catabolisme des macromolécules endommagées. Au cours du vieillissement, la sécrétion de ces protéines est diminuée. Ainsi, on, a démontré que la diminution de l’expression de HSP83, homologue du chaperon HSP90 chez le puceron des pois, Acyrthosiphon pisum a réduit la longévité et la fécondité [[33]] mais aussi chez la Drosophila melanogaster [[34],[35]].

Quels sont alors les effets du vieillissement sur l’organisme et quelles peuvent être les stratégies de ralentissement du vieillissement par la médecine occidentale ? L’annexe 1 fait le point.

Place de l’acupuncture et techniques associées dans les stratégies de ralentissement du vieillissement

L’acupuncture et techniques associées pourraient-elle alors agir aussi sur le vieillissement de l’organisme essentiellement par la mise en place de protections vis-à-vis du stress oxydatif et de la production des radicaux libres mais aussi par le système de protection des protéines de choc thermique (heat shock protéines – HSP).

Dans cette étude de cas, les points les plus fréquemment utilisés l’ont été par acupuncture et moxibustion, mais aussi par électroacupuncture.

Acupuncture

De nombreux travaux expérimentaux chez les souris SAMP10 ou 8[6] ont exploré l’intérêt de l’acupuncture en tant que thérapeutique antivieillissement. L’acupuncture pourrait modifier complètement ou partiellement les altérations de l’expression les profils des gènes induits par le vieillissement [[36],[37]]. Ainsi, dans le vieillissement cérébral de la souris SAMP10 qui est lié à une expression anormale des gènes HSP84 et HSP86, l’acupuncture pourrait renforcer la protection des cellules, inhiber l’apoptose et le stress anti-oxydant en régulant l’expression de ces gènes [[38],[39]]. L’acupuncture permettrait de retarder le vieillissement cérébral en régulant positivement les expressions des protéines de choc thermique HSP84 et HSP86 (p<0,01) tout en augmentant également de manière statistiquement significative les concentrations de superoxyde dismutase (SOD) et de glutathion peroxydase (GSH-Px)[7] (p<0,05 ; p<0,01 respectivement) dans l’hippocampe du groupe acupuncture versus groupe non traité [[40]].

Moxibustion

Lamoxibustion a fait l’objet de recherches sur la longévité [[41]]. Chez le sportif, on a noté ses effets sur l’élimination de la fatigue, la prévention des lésions du myocarde. Cela agirait par la régulation de la fonction endocrinienne du myocarde[8], le piégeage des radicaux libres et sa résistance aux dommages oxydatifs, et enfin permettrait de moduler la rhéologie du sang. De ce fait, les auteurs soulèvent un nouveau mécanisme potentiel sous-jacent à l’effet protecteur de la moxibustion sur les cellules du myocarde, à savoir l’action antivieillissement par la médiation de la télomérase mitochondriale [[42]]. On sait ainsi que l’insuffisance cardiaque pourrait participer au déclenchement et/ou à l’accélération du processus de vieillissement pathologique. Et le rôle du dysfonctionnement télomérique, de la réponse aux dommages de l’ADN, de l’altération de la fonction mitochondriale interviendraient dans l’insuffisance et le vieillissement cardiaques. La longueur des télomères peut être maintenue grâce à l’activité de la télomérase, une reverse transcriptase qui permet de transcrire les séquences télomériques en utilisant comme matrice, un ARN non codant, le TERC (telomerase RNA component) [[43]].

Trois effets de la moxibustion à l’armoise (artemisia vulgaris) ont été décrits : thermique, rayonnement électromagnétique et pharmacologique. Une activation des thermorécepteurs type récepteurs TRPV (transient receptor potential vanilloide) et des récepteurs polymodaux est réalisée par effet thermique[9]. De même, une induction des protéines de choc thermique (HSP) dans les tissus locaux (HSP70, 85, 100) va impliquer un pliage et un déploiement d’autres protéines, facteurs protecteurs endogènes en réponse à l’hyperthermie et autres stress environnementaux. Par effet de rayonnement, les infrarouges favoriseraient la circulation sanguine et amélioreraient les activités enzymatiques cellulaires. Les effets pharmacologiques de la moxibustion indirecte font intervenir plus de soixante types de composants. On notera ainsi dans les huiles volatiles issues de la combustion le 1,8-cinéole, le camphre, les aldéhydes, cétones, phénols, alcanes et composés de la série benzénique, les tanins, flavonoïdes, etc. Les produits de combustion du moxa pénètrent dans le corps humain à travers la peau. Leur action est variable en fonction de la pathologie. Par exemple, le camphre aura une action importante sur le système respiratoire. La fumée a une action antivirale, anti-infectieuse, etc. Chez le rat, une action immunomodulatrice sur les lymphocytes T a été objectivée par diminution des proportions des lymphocytes T régulateurs (Treg) CD4+CD25+ dans les cellules T CD4+ dans le sang périphérique [[44]].

En conclusion, globalement, la moxibustion interviendrait selon la théorie impliquant les heat shock proteins (HSP) car elle induit en particulier la HSP70, 85 et 100 qui comme nous l’avons vu plus haut, sont diminuées lors du vieillissement. La moxibustion agirait également par l’intermédiaire des flavonoïdes contenues dans l’armoise qui réduiraient cette fois le stress oxydatif en agissant sans doute par régulation à la hausse de l’expression des gènes de la superoxyde dismutase (SOD). Notons aussi que la moxibustion aurait une action sur la déficience en androgènes en augmentant les taux sériques de testostérone et en diminuant ceux de la FSH et LH par moxibustion des points guanyuan (4RM) et shenshu (23V) [[45]].

Electroacupuncture (EA)

Les effets du traitement préventif de l’EA dans la sénescence ont été réalisés sur les souris SAMP8 afin d’étudier ses effets sur les changements cognitifs et les lésions cérébrales [[46],[47]]. Ainsi une stimulation EA sur les points baihui (20DM) et yintang (EX-HN3) réalisée tous les deux jours pendant douze jours pourrait améliorer les déficits cognitifs et les modifications neuropathologiques, ce qui pourrait être dû, du moins en partie, aux effets de la réduction des dommages neuronaux cérébraux, de la diminution de l’apoptose neuronale et de l’inhibition des agrégats de protéines β amyloide dans l’hippocampe et le cortex pariétal dans des modèles [[48]]. L’EA (2Hz) peut intervenir également préventivement sur les espèces réactives de l’oxygène (ROS) en les réduisant dans les tissus cérébraux comme cela a été démontré après une lésion ischémique en régulant à la baisse l’expression de la NADPH oxydase 4 (NOX4)[10] (Figures 1 et 2) [[49]] ou en régulant à la hausse l’activité de SOD et GSH-Px dans le sérum et au niveau de l’hippocampe (EA à 2-3Hz) [[50]], ou sur des modèles de démence vasculaire chez le rat [[51]].

L’EA est impliquée aussi dans les réactions immunitaires et peut réguler également à la hausse les taux de lymphocytes T, ralentir ainsi l’immunosénescence chez des rats modèles vieillissants [[52],[53]]. Elle régule à la baisse le taux d’interleukine 6 (IL-6) [[54],[55]] mais aussi à la hausse les lymphocytes à IL-2/IL-2R, les CD8+ et CD28 et IL-1 bêta et TNF-alpha dans l’hippocampe et  pourrait contribuer ainsi aux effets anti-vieillissements et immuno-stimulants chez les rats sénescents [53,55]. L’EA, mais aussi la moxibustion, peut atténuer la progression de l’insuffisance rénale en diminuant la pression artérielle moyenne (MAP) et la protéinurie chez les rats [[56]].

L’EA permettrait d’améliorer le dysfonctionnement de l’axe hypothalamo-hypophysaire. Ainsi les taux sériques de TSH, T3, T4 et E2 ont été augmentés dans le groupe EA (p<0,05 ; p<0,01), tandis que ceux de ACTH, cortisol, FSH et LH étaient significativement réduits (p<0,05, p<0,01) en stimulant guanyuan (4VC), zusanli (E36) et baihui (VG20) chez des rats sénescents en déficit yang [[57]]. Même action de stimulation de la testostérone de l’EA (20-30Hz) chez les rats âgés [[58]] ; à noter que la moxibustion serait plus efficace que l’EA [45].

Figure 1. Le prétraitement de l’EA a réduit la taille de l’infarctus et amélioré les fonctions motrices et neurologiques après une ischémie cérébrale focale. A. Schéma illustrant les événements chronologiques des expériences. Les souris ont reçu un prétraitement EA de 20 minutes une fois par jour pendant trois jours avant l’événement ischémique ; ensuite une ischémie cérébrale focale a été induite par une occlusion de l’artère cérébrale moyenne.  B. Schéma des points d’acupuncture utilisés dans l’étude. C. Photographies représentatives de coupes cérébrales coronales colorées avec du chlorure de 2,3,5-triphényltétrazolium (TTC) chez des souris témoins et prétraitées par EA. La région blanche indique la zone d’infarctus. E. quantification du déficit neurologique évalué à l’aveugle 24 h après occlusion artère cérébrale. Les données sont exprimées sous forme de moyenne ± SEM (N =7). * p <0,05 par rapport au groupe témoin [49].  

Figure 2. Le prétraitement par EA a diminué l’expression de NOX4, et non de NOX2, après une ischémie cérébrale focale. A, B.  PCR en temps réel montre les taux d’ARNm de NOX2 et NOX4 dans les tissus du cerveau ischémique 24 h après une ischémie cérébrale focale. (n=4, ** p <0,01 par rapport au groupe témoin dans son milieu). C. Western blots de NOX2 et NOX4 dans le cortex ischémique 24 h après une ischémie cérébrale focale. La β-actine a été utilisée comme contrôle interne. D. Graphique de quantification densitométrique des bandes de transfert de Western de NOX4. Les données sont exprimées sous forme de moyenne ± SEM (n=4). * p <0,05 par rapport au groupe témoin dans son milieu [49].

Discussion

Les points utilisés peuvent-ils avoir un effet antivieillissement ? Parmi les nombreux points qui tonifient le qi et le xue, Dou Cai proposait quatre points à moxer : guanyuan (4RM), qihai (6RM), mingmen (DM4) et zhongwan (12RM). Wang en propose quatorze autres : shenque (8RM), neiguan (6MC), yongquan (1Rn), taixi (3Rn), sanyinjiao (6Rt), xuanzhong (39VB), zusanli (36E), baihui (20DM), dazhui (14DM), shenzhu (12DM) et shenshu (23V), waiguanxiashu ou yishu (EX-B3), feishu (13V), xinshu (15V), ganshu (18V) et danshu (19V).

Dans ce cas clinique, on remarquera que durant vingt-sept ans, l’état de la patiente, alors âgée de 66 ans au début de la prise en charge va évoluer en raison du vieillissement physiologique de son organisme essentiellement vers un Vide des Reins oscillant entre Vide de yin ou de yang. Au début de la prise en charge, le problème majeur concernait un syndrome dépressif majeur, quelques arthralgies qui au fil du temps se sont transformées en gonarthrose, lombarthrose étagée, ostéoporose puis atteinte pulmonaire, cardiaque, etc. De ce fait, l’intrication des différentes pathologies obligent à s’adapter sans cesse. Et parmi les points utilisés, il s’avère que la plupart des points généralement puncturés font partie de ces fameux points dits « de longévité », ainsi : guanyuan (4RM), qihai (6RM), zhongwan (12RM), yongquan (1Rn) (utilisés en moxibustion) ; xuanzhong (39VB), zusanli (36E) (en EA) ; puncturés à l’aiguille taixi (3Rn), baihui (20DM), xinshu (15V) et shenshu (23V) ; sanyinjiao (6Rt), neiguan (6MC) (selon les bianzheng soit en acupuncture ou en moxibustion). Qu’en disent les Textes, mais aussi les données de la médecine expérimentale ou de la médecine factuelle ? Quelle peut être réellement la portée des effets potentiels de ces points utilisés en acupuncture et techniques associées dans l’intrication vieillissement et pathologies associées ?  

Les points selon les Textes [15,[59],[60],[61],[62]]

Guanyuan (4RM)

Guanyuan (traduit selon les auteurs par Porte de l’Origine, du qi Originel), situé à 3 cun sous l’ombilic, est le point mu d’Intestin Grêle, point de croisement du Vaisseau Conception avec les Méridiens de Rate, Foie et Reins et du Merveilleux Vaisseau chongmai. Point important pour la tonification. Tonifie le yin des Reins et élimine par la moxibustion le Froid et l’Humidité du Réchauffeur inférieur, tonifie le qi Originel (yuan qi). De plus en tonification et réchauffement, 4RM renforce le yang des Reins. En outre, il calme le shen.

Qihai (6RM)

Traduit part « Mer du qi », à 1,5 cun de l’ombilic, le qihai (6RM), comme le guanyun (4RM), tonifie le qi des Reins, le qi général, le qi Originel (yuan qi), fortifie le yang, mais surtout le yang des Reins, harmonise le xue et élimine l’Humidité en tonifiant la Rate. Par exemple chez vingt-quatre enfants âgés de 12 à 14 ans présentant une déficience de l’Essence (jing) des Reins, la moxibustion de qihai (6RM) associée à celle de trois autres points de longévité guanyuan (4RM), zusanli (36E), xuanzhong (39VB) a permis d’accroître significativement la croissance de tous les enfants versus avant traitement (p<0,05) avec chez tous les enfants une augmentation de la concentration en testostérone mais pas en estradiol [[63]].

Zhongwan (12RM)

Point mu de l’Estomac, point de réunion (hui) des Entrailles (fu), point de croisement avec les méridiens de l’Intestin grêle, du Triple Réchauffeur et de l’Estomac, il est situé à 4 cun sous l’ombilic, ou encore entre celui-ci et l’angle sterno-costal. Zhongwan (traduit par « Cavité du Centre », « Milieu de L’Épigastre » ou « Cavité du milieu ») a pour fonction de tonifier l’Estomac, et de fortifier la Rate, harmoniser le Réchauffeur moyen, réguler la circulation du qi, éliminer les Mucosités-Glaires (tanyin) et l’Humidité.

Yongquan (1Rn)

Point Puits (jing), point Bois, yongquan, « la Source bouillonnante » situé sur la plante des pieds entre 2e et 3e métatarsiens à la jonction du tiers antérieur et des deux tiers postérieurs de la plante du pied a une action sur le yang, élimine la Chaleur et chasse le Vent de la tête, fait descendre le yang et calme l’Esprit (shen).

Xuanzhong (39VB)

Xuanzhong « Cloche suspendue », 3 cun au-dessus du sommet de la malléole latérale, sur le bord antérieur de la fibula est le point Réunion (hui) des Moëlles, et également le point luo de groupe des méridiens yang des membres inférieurs. Il a pour action d’avoir des effets bénéfiques sur les tendons (jin), les os (gu) et la moelle (sui) ; élimine le Vent-Chaleur et disperse la Chaleur de Vésicule Biliaire. Intérêt donc du xuanzhong (39VB) dans tout problème arthrosique entraînant inflammation, douleur, et impotence fonctionnelle, dans les ostéoporoses et dans toutes douleurs névralgiques de type sciatique [5]. Ainsi dans un bianzheng de Vide de yin des Reins et de Foie, et en association avec ganshu (18V), shenshu (23V), zusanli (36E), hegu (4GI) et taichong (3F), l’EA a permis de réduire de manière statistiquement significative (p<0,05) les algies et la fonction articulaire de la maladie rhumatoïde dans le groupe méthotrexate et EA versus groupe méthotrexate uniquement (essai comparatif randomisé n=64) [[64]]. 

Zusanli (36E)

Zusanli (« trois miles du pied ») est le point Mer (he) du méridien d’Estomac, point Terre, utilisé pour faire descendre le qi et clarifier la Chaleur. Sa puncture permet de calmer, contrôler, équilibrer voire tonifier le qi. C’est un grand point du yang général, dont la tonification fait croître le yang, nourrit le Sang (xue) et le qi. Il est aussi conseillé dans certains troubles psychologiques tels le stress, l’anxiété ou la perte de confiance en soi, car calme le shen. Enfin, il fait partie des douze points « Étoiles Célestes »[11] mentionnés par le Zhenjiu Dacheng de Yang Jizhou (1522-1620), point de la Mer de l’Eau et des Aliments [[65]]. Rappelons qu’il est situé trois cun en dessous de dubi (35E) (point du foramen externe de la rotule), à un travers de doigt de la crête tibiale antérieure. Zusanli, point Terre du zuyangming va aussi indirectement tonifier les Reins qui sont, ici, en déficience. Bref, zusanli (36E) va harmoniser Rate et Estomac, le xue et le qi [[66]].

Taixi (3Rn)

Taixi (« Grande Rivière »), point antique (shu), yuan (source) et shu (rivière), point Terre, a pour fonction de tonifier les Reins que ce soit le yin ou le yang des Reins, stabilise le qi du Poumon, élimine la Chaleur-Vide. Il est situé dans la dépression située entre le sommet de la malléole médiale et le tendon d’Achille.

Baihui (20DM)

« Les cent réunions » baihui est situé au sommet du crâne, à l’intersection de la ligne médiane et d’une ligne qui relie l’apex des oreilles, 5 cun en arrière de la ligne antérieure des cheveux ou 7 cun au-dessus de la ligne postérieure des cheveux. Il est le point de croisement du Vaisseau Gouverneur avec les méridiens de Vessie, Vésicule Biliaire, Triple Réchauffeur et du Foie ; point de la Mer des Moëlles. Il a pour action de faire tomber le Vent interne, soumet le yang, a des effets bénéfiques sur le Cerveau et les organes des sens, calme l’Esprit (shen).

Shenshu (23V)

Appelé « shu du dos », le 23V est situé à 1,5 cun en dehors de la ligne médiane postérieure, au niveau du bord inférieur du processus épineux de la 2e vertèbre lombaire. Il est le point shu du dos des Reins. Il a pour fonction de renforcer les Reins, tonifier le qi, le yang des Reins, de nourrir le yin des Reins. Il a aussi des effets bénéfiques sur l’Essence (jing), régule le Réchauffeur inférieur et tonifie essentiellement le yang des Reins. La moxibustion est à utiliser si Vide de yang des Reins, mais ne pas l’utiliser si Vide de yin des Reins.

Sanyinjiao (6Rt)

Situé 3 cun au-dessus du sommet de la malléole médiale, au bord postérieur de la crête médiale du tibia sanyinjiao « Réunion des trois yin », harmonise et tonifie l’Énergie de la Rate et de l’Estomac. Il est le point luo de groupe des méridiens ying des membres inférieurs (Rate, Foie, Reins) et de ce fait contribue à remonter le yin du bas de la Rate, des Reins et du Foie. Dans la stagnation par Vide de Sang, sanyinjiao est un des points à action générale qui permettra en association avec zusanli (36E) de régulariser aussi bien le yangming que le taiyin [66]. Il élimine l’Humidité, calme le shen, nourrit le Sang et le yin. Associé à guanyuan (4RM), il peut renforcer le xian tian (Inné ou Ciel antérieur), le hou tian (Acquis ou Ciel postérieur), le yuan yang (yang originel) et le yuan yin (yin originel).

Neiguan (6MC)

« Porte interne », neiguan (MC6) est situé à 2 cun au-dessus de l’espace de l’articulation du pli antérieur du poignet, entre les tendons du muscle long palmaire et du muscle fléchisseur radial du carpe. Il est le point clé d’ouverture du yinweimai (Vaisseau yin de liaison), Merveilleux Vaisseau qui contrôle qualitativement le yin. Par ailleurs, il est le point luo du shoujueyin permet de faire croître le yin et de stabiliser le shen. Il a pour fonction d’ouvrir la poitrine, calmer le shen, faire circuler le qi et le Sang (xue), le qi du Foie, harmoniser l’Estomac.

Xinshu (15V)

Traduit par « shu du Cœur », le xinshu, situé à 1,5 cun en dehors de la ligne médiane postérieure, au niveau du bord inférieur du processus épineux de la 5e vertèbre thoracique est le point shu du dos du Cœur. Il a pour action de calmer l’Esprit (shen), nourrir le Cœur, lever les Stases de Sang, élimine le Feu, régule le qi du Cœur.

Les points : mécanismes physiologiques selon l’acupuncture expérimentale

Action par acupuncture, EA ou moxibustion sur les protéines de choc thermique, l’apoptose et l’expression des gènes : shenshu (23V), xinshu (15V), zhongwan (12RM), sanyinjiao (6Rt), guanyuan (4RM), zusanli (36E), baihui (20DM), neiguan (6MC), taixi (3Rn).

Pour étudier l’effet de l’EA sur le vieillissement, les points guanyuan (4RM), zusanli (36E) et baihui (20DM) ont été stimulés chez un modèle de rats en sénescence subaiguë. Il a été observé des différences de profil d’expression génique au niveau de l’hippocampe [[67]]. Chez les souris SAMP10, la stimulation acupuncturale de zhongwan (12RM), de qihai (6RM), de zusanli (36E) peut complètement ou partiellement inverser certains profils d’expression de gènes liés aux dommages oxydatifs dans l’hippocampe dus au vieillissement, y compris les protéines HSP84, HSP86, et retarderait donc les événements moléculaires en rapport avec le vieillissement chez les mammifères. La spécificité de ces points ayant une action sur la sénescence a été démontrée versus non-points d’acupuncture [37].

Ces mêmes points (zhongwan (12RM), qihai (6RM) et zusanli (36E)), utilisés par moxibustion versus non-points d’acupuncture chez vingt-quatre sujets volontaires sains ont objectivé une inhibition de l’apoptose des cellules épithéliales (GES-1) de la muqueuse gastrique humaine in vitro. Ceci est étroitement lié aux effets de la moxibustion qui engendre une régulation positive de l’expression de la HSP70 intra-cellulaire (p<0,01) et une régulation à la baisse de l’expression du peptide Smac, de la Caspase-3 et Caspase-9 (p<0,05, p<0,01) tous trois impliqués dans l’apoptose[12] [[68]]. De même chez le rat, la moxibustion sur 15V peut inhiber l’expression de la protéine MyD88 du myocarde et celle de l’ARNm de la Caspase-3 induites par l’insuffisance cardiaque chronique (ICC) [[69]] tout comme elle pourrait réduire cette ICC en régulant à la hausse les protéines des cardiomyocytes liées à l’autophagie[13], ce qui pourrait contribuer à soulager les lésions du myocarde [[70]]. On notera qu’un traitement préventif d’EA et de moxibustion sur le 6MC a eu un effet cardioprotecteur sur un modèle d’ischémie myocardique aigüe du lapin en régulant à la hausse l’expression myocardiale des HSP27 et HSP70 [[71]] ou chez les rats (EA 10/50Hz) en réduisant l’apoptose des cardiomyocytes par régulation des expressions des protéines LC3-Ⅰ et LC3-Ⅱ (marqueurs de l’autophagie) dans le tissu myocardique [[72]].

Sur un modèle de rats Sprague Dawley ayant des lésions muqueuses gastriques aiguëes, il a été démontré également versus groupe de rats témoins que la moxibustion de zusanli (36E) et de zhongwan (12RM) permet une surexpression de HSP60 et HSP70 (p<0,01) et de réguler à la baisse l’expression de Smac (p<0,01), susceptible de supprimer l’apoptose cellulaire [[73]]. Mêmes observations de l’effet protecteur de la muqueuse gastrique par moxibustion du 36E chez des modèles d’ulcère gastrique chez des rats en supprimant l’apoptose gastrique et régulation positive de l’expression de la HSP70 (p<0,05), mais aussi augmentation marquée (p<0,01) dans la muqueuse de l’expression de la TGF-alpha (transforming growth factor alpha) [[74]]. Dans une étude sur des rats, la capacité antioxydante sur les points sanyinjiao (6Rt) et shenshu (23V) a été étudiée et il a été observé au niveau du tissu hépatique la modulation de l’action de l’EA sur la HSP70, la MDA[14], la SOD et la GSH-Px [[75]].

Chez l’homme, une étude a démontré que l’acupuncture sur les points taixi (3R), neiguan (6MC), baihui (20DM), entre autres points, entraine une régulation à la baisse de la méthylation du gène BDNF (Brain Derived Neurotrophic Factor), visualisé sur des analyses épigénétiques, d’où l’une des actions de l’acupuncture pourrait être une régulation de l’activité des gènes et dans cette étude, une diminution du trouble anxieux généralisé, tel que l’on peut le trouver dans le vieillissement physiologique [[76]].

Dans le traitement des déficiences cognitives chez les souris transgéniques APP/PS1 correspondant à un modèle de maladie d’Alzheimer, l’EA au baihui (20DM) a amélioré considérablement les troubles cognitifs en réduisant la surexpression aberrante de la β-amyloïde et en inhibant l’apoptose neuronale par régulation positive de l’expression du BDNF, d’où son effet neuroprotecteur [[77]].

Sur un modèle de rat parkinsonien par MPTP (1-méthyl-4-phényl-1,2,3,6-tétrahydropyridine), on objectivera le même effet de neuroprotection de l’EA (2Hz ; durée impulsion 100µs) du 20DM et 23DM en restaurant l’activation de la voie de signalisation BDNF-TrkB (Figure 3). L’EA a amélioré aussi le déficit de la fonction motrice et réduit la perte de neurones dopaminergiques [[78]].

Figure 3. Pour identifier le rôle du récepteur TrkB dans l’effet protecteur de l’AE, les souris ont été distribuées de manière aléatoire en trois groupes (10 souris/groupe) : groupe de modèle (MPTP + EA sham), Groupe EA (MPTP + EA) et groupe témoin (vehicle control). L’EA a préservé les fonctions de la voie de signalisation BDNF-TrkB. Les tissus du cerveau moyen ont été lysés et analysés par Western blot en utilisant des anticorps anti-Akt, phospho-Akt, ERK1 / 2, phospho-ERK1 / 2, CREB, phospho-CREB et BDNF, GAPDH servant de contrôle de chargement. (A) Un blot représentatif a été présenté. (B) L’analyse quantitative pour la phosphorylation de Akt, ERK1 / 2 et CREB. (C) Quantification de l’expression du BDNF détectée par Western blot. Les intensités de signal des bandes de protéines (n=3) ont été déterminées par une méthode densitométrique et analysées quantitativement par ANOVA à une voie. * p <0,05, ** p <0,01 [78].

Réduire le stress oxydant ou action sur les produits terminaux de glycation par EA : sanyinjiao (6Rt), baihui (20DM), yongquan (1Rn), zusanli (36E).

Chez l’homme, il est possible de réduire le métabolisme des radicaux libres par EA appliquée sur zusanli (36E), sanyinjiao (6Rt) entre autres points. Ainsi cela a été objectivé chez des athlètes après une activité d’endurance avec une augmentation de l’activité de la superoxyde dismutase (SOD) et diminution de la concentration plasmatique de la malondialdéhyde sérique (MDA) [[79]].

Chez le rat, l’EA sur le point yongquan (1Rn) a montré aussi une augmentation de l’activité de la SOD de manière significative (p <0,01) [[80]]. Même effet de l’EA (2/80Hz) appliquée sur baihui (20DM), sanyinjiao (6Rt) sur les concentrations au niveau des neurones dopaminergiques (DA) de la substance noire sur un modèle de rats parkinsoniens. L’EA engendre une régulation à la hausse de l’activité de la SOD et de la GSH-Px ainsi qu’une régulation à la baisse de la concentration du glutathion et de la MDA ; réduction aussi de l’apoptose des neurones DA de la Substantia Nigra, le tout suggérant un effet anti-oxydant [[81]].

L’EA peut agir aussi sur les produits terminaux de glycation (PTG), en particulier sur les douleurs inflammatoires. Ainsi, il a été demontré sur un modèle d’hyperalgies de type inflammatoire chez le rat que l’EA (2Hz, durée impulsion 100 μs) sur zusanli (36E) réduit les voies de signalisation des protéines S100-B non neuronales activant les récepteurs des produits finis de glycation avancée (RAGE) au niveau des astrocytes et des cellules gliales. Suppression également du TRPV1 au niveau neuronal qui active la voie de signalisation des canaux sodium Nav1.7 et Nav1.8 [[82]] avec libération d’opiacés endogènes et d’adénosine A1 [[83]].

Action sur les effets du vieillissement : modulation immunitaire, déficits hormonaux, appareil respiratoire, système nerveux central, appareil urinaire et cardio-vasculaire : xuanzhong (39VB), zusanli (36E), shenshu (23V), guanyuan (4RM), zhongwan (12RM), taixi (3R), baihui (20DM).

Un certain nombre d’études cliniques ont indiqué que l’acupuncture ou l’EA est efficace pour la gestion et le traitement de maladies liées au système immunitaire, y compris les troubles allergiques, les infections, les maladies auto-immunes et les syndromes d’immunodéficience en renforçant les lymphocytes T cytotoxiques (TCD8 ou T killer), en corrigeant le déséquilibre de la réponse des cellules Th1 / Th2[15] et en agissant sur la communication neuro-immunitaire [[84]]. Ainsi l’acupuncture sur les points de longévité xuanzhong (39VB), zusanli (36E) mais aussi autres points comme le yanglingquan (34VB), le dubi (35E), le xuehai (10Rt), le yinlingquan (9Rt), heding va engendrer dans un ECR (n=78) concernant la gonarthrose correspondant à un bianzheng de stagnation du qi et de Stase du Sang, une amélioration des symptômes associée à une diminution de l’IL-1 et du facteur de croissance tumorale-α (tumor necrosis factor-α -TNF-α)[16] (p<0,05) et IL-6 mesuré dans l’épanchement synovial versus groupe témoin [[85]]. On observera aussi chez les rats âgés que les points dits de longévité zusanli (36E) et guanyuan (4RM) stimulés par EA (2Hz) induisent une up-regulation des lymphocytes T, de l’IL-2/IL-2R, et des lymphocytes TCD8, contribuant à l’effet d’antivieillissement et d’immuno-amélioration [53]. Ces mêmes points, stimulés toujours par EA (2Hz) associés à la stimulation manuelle du baihui (20DM) peuvent améliorer la capacité antifatigue chez les rats âgés présentant un Vide de yang [[86]].

Les déficits hormonaux peuvent être aussi améliorés. La moxibustion avec aiguille chauffée sur shenshu (23V), zusanli (36E) améliore l’ostéoporose post-ménopausique mesurée par densité minérale osseuse s’est amendée de manière significative (p<0,05) dans le groupe acupuncture versus groupe traité par calcium et vitamine D2. On retrouvait en outre une augmentation de la concentration en estradiol (E2) [[87]]. On retrouve des résultats identiques dans un autre ECR chez des femmes ménopausées présentant une déficience de Foie et Rein. L’acupuncture sur shenshu (23V), guanyuan (4RM) augmente la densité osseuse et l’E2, diminue la FSH et LH (p<0,01) [[88]].

Expérimentalement des études sur rats ont objectivé que l’acupuncture avec aiguilles chauffées, l’EA (2/100Hz) et la moxibustion sur shenshu (23V), guanyuan (4RM) avaient un effet anti-âge en rapport avec l’augmentation des taux sériques de testostérone et de la GnRH (gonadotropin-releasing hormone) chez le rat âgé versus groupe témoin (p<0,05) [[89]] avec réduction de l’expression de la COX-2, de l’IL-1 β et de la TNF-α [[90]]. Une étude similaire a objectivé aussi que L’EA et la moxibustion augmentent significativement les concentrations de testostérone alors que celles de la LH et FSH diminuaient significativement dans les groupes traités par rapport au groupe témoin avec une supériorité de la moxibustion [[91]].

Du fait du vieillissement, il y a diminution des mesures de la fonction pulmonaire telles que la capacité vitale, affaiblissement des muscles respiratoires et des mécanismes de défense pulmonaire. De ce fait, les personnes âgées sont à risque plus élevé de pneumonies qui se surajoutent à d’éventuelles maladies provoquées par le tabac, comme la bronchopneumopathie obstructive chronique (BPOC). Un essai comparatif randomisé (n=68) a essayé de déterminer si l’acupuncture était supérieure au placebo chez des patients atteints de BPCO âgés de 75 ans en moyenne qui recevaient des médicaments standard. Le critère d’évaluation principal était le score de l’échelle de Borg modifié[17], évalué immédiatement après le test de marche de 6 minutes. Les mesures ont été obtenues au début et après 12 semaines de traitement. Les points dits « de longévité » utilisés : guanyuan (4RM), zhongwan (12RM), zusanli (36E), taixi (3Rn) et shenshu (23V). À cela ont été rajoutés 1P (zongfu), 9P (taiyuan), 18GI (futu), 12VB (wangu), 13V (feishu), 20V (pishu). Cet ECR démontre qu’après 12 semaines, les scores sur l’échelle de Borg étaient statistiquement améliorés dans le groupe acupuncture [[92]]. Une étude de cas concernant une personne de 72 ans présentant une fibrose pulmonaire idiopathique combinée avec un emphysème pulmonaire montre aussi l’amélioration de la dyspnée au score de Borg [[93]].

La maladie d’Alzheimer (MA) est un trouble neurodégénératif caractérisé cliniquement par une perte de mémoire progressive et des déficits cognitifs. Les signes neuropathologiques de la MA incluent la production et l’accumulation anormales de plaques de bêta-amyloïde (Aβ) et d’enchevêtrements neurofibrillaires de la protéine tau hyperphosphorylée dans le cerveau, à l’origine probable de la perte neuronale et de la déficience cognitive. Une revue des études expérimentales dans des modèles de MA pour rongeurs montrent que l’acupuncture ou l’EA à des points d’acupuncture spécifiques améliorent la déficience cognitive. L’EA ou l’acupuncture sur le baihui (20DM) a été largement étudiée et est associée à des effets sur la signalisation du BDNF et sur la déficience cognitive. De même, l’acupuncture sur zusanli (36E) ou shenmen (7C) semble avoir des effets spécifiques sur le débit sanguin cérébral régional et le métabolisme du glucose [[94]]. Ainsi une étude expérimentale plus récente sur un modèle de MA chez le rat SAMP8 objective que l’EA (2Hz) appliquée sur les points dits « longévité » baihui (20DM), shenshu (23V) et taixi (3R), a une bonne efficacité dans la régulation positive de l’expression de la néprilisyne[18] (p<0,05) et régulation négative (p<0,05) des concentrations en peptides amyloïdes Aβ1-40 et Aβ1-42 dans le cortex temporal des souris, suggérant une efficacité potentielle dans la prévention et le traitement de la maladie d’Alzheimer [[95]].

Les effets de l’EA et de l’acupuncture sur l’hypertension induite par l’insuffisance rénale (IR) ont également été étudiés sur un modèle de rats Sprague-Dawley mâles. Les points utilisés sont taixi (3R) et zusanli (36E) en acupuncture et les mêmes dans le groupe EA à 2hz. Dans l’étude histopathologique, les augmentations de la glomérulosclérose et de la fibrose tubulo-interstitielle induites par l’IR ont été atténuées par un traitement par EA (p <0,05). L’augmentation du taux d’albuminurie dans le groupe IR a également été réduite par le traitement par EA, de même que la concentration en créatinine (p <0,05) tandis que les taux d’ARNm et de protéines de l’IGF-I[19] induite par IR étaient augmentés. Ces résultats suggèrent que le mécanisme anti-hypertensif de l’EA pourrait être lié aux effets du stress oxydatif sur IGF-I dans l’hypertension induite par insuffisance rénale [[96]]. Une autre étude expérimentale sur un modèle de rats Wistar a montré que l’EA (20Hz) sur le zusanli (36E) mais aussi la moxibustion sur shenshu (23V) a aussi des effets bénéfiques sur la maladie rénale chronique par modulation de l’activité nerveuse sympathique rénale et des taux d’oxyde nitrique, ce qui a entraîné une diminution de la pression artérielle, associée à une protéinurie moindre [[97]].

Conclusion

Le but de cette étude est de montrer l’intérêt de l’acupuncture, de l’électroacupuncture et de la moxibustion chez les personnes âgées afin de les accompagner dans le vieillissement physiologique de l’organisme et ceci, avant qu’une maladie ne se déclare. Accroître la vie dans de bonnes conditions est possible mais en association toujours avec une activité physique correcte et une diététique adaptée. Intérêt ainsi du qigong par exemple dans la prévention des risques de maladies chroniques [[98]] et de suivre les recommandations concernant la diététique [[99]].

Néanmoins, il s’agira de bien nuancer la portée des effets potentiels de l’acupuncture et techniques associées et de bien de faire la différence entre les points dits « de longévité » à utiliser en prévention, de ces mêmes points que l’on utilisera dès que la maladie s’installe, les défenses naturelles dépassées.

Ainsi dans un cas par exemple de maladie d’Alzheimer, les points utilisés sont également similaires. Les points les plus couramment utilisés sont deux points de longévité : baihui (20RM) et zusanli (36E) avec une incidence de 40% parmi les 10 ECR de cette méta-analyse. Parmi les autres points utilisés on en retrouve d’autres points de longévité comme taixi (3Rn), zhongwan (12RM), qihai (RM6), xuanzhong (39VB), neiguan (6MC), shenshu (23V), sanyinjiao (6Rt). Les autres points : dazhui (14DM), danzhong (17RM), waiguan (5TR), yintang (29DM), et dans 30% des dix ECR xuehai (10Rt) et sishencong [[100]].

En cas d’HTA avérée chez la personne âgée, l’acupuncture et l’EA sont aussi d’un grand intérêt en complément du traitement classique avec utilisation des points sanyinjiao (6Rt) et zusanli (36E) (EA 2/100Hz), acupuncture sur baihui (20DM), taixi (3R), neiguan (6MC), guanyuan (4RM) (moxibustion), 18V (ganshu) et 15RM (jiuwei) [[101]]. L’intérêt de l’EA à basse fréquence 2Hz sur 36E et 6MC a également été démontré dans cette étude pilote (n=65, âge moyen 58 ans plus ou moins 2). La pression artérielle systolique maximale et moyenne et, dans une moindre mesure, la pression artérielle diastolique ont été abaissées de 4 à 8 mmHg [[102]].

Le vieillissement physiologique engendre progressivement un Vide des Reins. Les points dits « de longévité » utilisés dans ce cas clinique vont tous dans le sens d’agir sur le qi et le xue selon les principes de la médecine chinoise mais aussi d’un point de vue scientifique d’avoir une action observée par acupuncture expérimentale sur les diverses théories à la base des mécanismes responsables du vieillissement, qu’elles soient génétiques, oxydatives, en rapport avec la glycation de protéines ou impliquant les protéines de choc thermique.

Et en agissant tôt et surtout avant qu’une pathologie ne s’installe définitivement, il est possible d’accroître potentiellement l’espérance de vie en bonne santé.

Acropole – tête du Dieu Maya Pauahtun – Copan -VIIe siècle EC – Honduras
Acropole – tête du Dieu Maya Pauahtun – Copan -VIIe siècle EC – Honduras

 

Annexe 1

Effets du vieillissement sur l’organisme

En dehors des maladies, le vieillissement naturel va affecter tout l’organisme : métabolisme, système nerveux, systèmes cardio-vasculaire et respiratoire, appareils locomoteur, digestif et urinaire, organes sexuels, appareil immunitaire, sans oublier le système cutané et les organes des sens [2,3].

De ce fait, on observe une réduction relative de la masse maigre et d’une majoration proportionnelle de la masse grasse. Il s’agit surtout d’une diminution de la masse musculaire (sarcopénie) et de sa force ainsi qu’apparition d’une insulino-résistance d’un point de vue métabolique. Au niveau du système nerveux, on objective une réduction modérée des performances mnésiques, concernant notamment l’acquisition d’informations nouvelles. Réduction et déstructuration du sommeil par diminution de sécrétion de mélatonine, désorganisation des rythmes circadiens, réduction de la sensibilité des récepteurs de la soif (osmorécepteurs) avec modifications du métabolisme de l’arginine vasopressine, augmentation du temps de conduction des nerfs périphériques entraînant une diminution de la sensibilité proprioceptive et favorisant instabilité posturale et chutes sont les autres atteintes physiologiques liées au vieillissement du système nerveux central.

Au niveau du système nerveux autonome, on retrouvera une hyperactivité sympathique mais aussi une réduction des réponses sympathiques en raison d’une diminution de sensibilité des récepteurs aux catécholamines. Ainsi il y aura moins de tachycardie induite par l’effort.

Le système cardio-vasculaire objective un débit cardiaque au repos stable, même s’il diminue un peu à l’effort. Des modifications anatomiques sont observées : augmentation de la masse cardiaque et de l’épaisseur pariétale du ventricule gauche. L’altération de la fonction diastolique et la diminution de la compliance artérielle entrainent une augmentation de la pression artérielle systolique.

On a une diminution de la capacité ventilatoire et une augmentation du volume aérien non mobilisable en fin d’expiration. Par ailleurs, la capacité de diffusion de l’oxygène et la pression partielle en oxygène du sang artériel (PaO2) diminuent progressivement avec l’âge.

L’appareil locomoteur est touché par la réduction de la densité minérale osseuse avec ostéopénie, voire ostéoporose et arthrose des articulations engendrée par le vieillissement du cartilage articulaire

On a des modifications de l’appareil bucco-dentaire associées à une diminution du flux salivaire, d’une diminution de la sécrétion acide gastrique et d’une hypochlorhydrie gastrique. Le péristaltisme intestinal est ralenti également.

La réduction de la filtration glomérulaire et des capacités d’élimination du rein est objectivée aussi avec en outre une diminution des capacités de concentration et de dilution des urines. La clairance de la créatinine des personnes âgées de 80 ans est par exemple d’environ la moitié de celle de sujets de 20 ans ayant le même poids. 

La réponse immunitaire humorale est globalement préservée. Mais les réponses immunitaires à médiation cellulaire sont diminuées, notamment celles impliquant les lymphocytes T. Après 70 ans, la diversité des lymphocytes T naïfs a ainsi fortement diminué, avec notamment une diminution de plus de 10 fois du compartiment des lymphocytes CD4+ et de plus de 100 fois du compartiment des CD8+[20]. Des travaux récents suggèrent que cet effondrement de la diversité naïve de lymphocytes T résulte du fait que les lymphocytes T atteignent la limite de Hayflick [21,22]. La mise en jeu de certaines interleukines (IL) est modifiée également avec diminution de la production d’IL-2[21] et d’IL-4[22] et augmentation de l’IL-6[23].

Ménopause, andropause avec baisse progressive de la sécrétion de testostérone, augmentation du volume prostatique ; altération du tissu élastique avec un épaississement fibreux du derme, aplanissement de la jonction dermo-épidermique et diminution du nombre de mélanocytes, xérose liée à une diminution de l’activité des glandes sébacées, sudoripares, eccrines et apocrines ; réduction de l’accommodation avec presbytie, opacification progressive du cristallin (cataracte) ; presbyacousie, surtout sur les sons de fréquence élevée sont les autres atteintes irrémédiables liées aux effets de l’âge.

Compte-tenu de tous ces éléments, en médecine occidentale, on préconise des stratégies de ralentissement du vieillissement.

Stratégies de ralentissement du vieillissement par la médecine occidentale

La restriction diététique

Plusieurs travaux ont montré que la restriction calorique allongeait la durée de vie d’animaux d’expérience (nématodes, insectes, rongeurs [[103],[104],[105],[106]], à condition que la restriction ne soit pas trop précoce [[107]]. Certaines maladies, comme les cancers et les infections, sont moins fréquentes chez les animaux soumis à la restriction diététique, et certains organes ou fonctions semblent avoir un vieillissement ralenti. La restriction calorique pourrait agir en ralentissant la glycation des protéines ou en améliorant la protection de l’organisme contre les radicaux libres, le stress ou l’infection. Chez l’homme adulte, le respect d’un poids « idéal » est un facteur de longévité sachant que, chez le sujet âgé, la restriction calorique est au contraire néfaste.

Activité physique

L’activité physique a des effets qui s’opposent à ceux du vieillissement [[108]].  Ainsi les directives de 2008 sur l’activité physique pour les Américains qui recommandaient un minimum de 75 minutes d’activité physique aérobie d’intensité vigoureuse ou de 150 minutes d’intensité modérée par semaine (7,5 heures d’équivalent métabolique) pour un bénéfice substantiel pour la santé ont été confirmées par la méta-analyse d’Arem et coll. en 2015. Une activité physique régulière ralentit la diminution de la masse musculaire liée à l’avancée en âge. Parallèlement, l’activité physique limite l’augmentation de la masse grasse et les problèmes métaboliques associés comme l’intolérance au glucose par insulinorésistance. Les fonctions cardio-vasculaire et respiratoire sont aussi mieux préservées chez les sujets âgés qui ont une activité physique régulière. Même débutée à un âge avancé, l’activité physique peut avoir des effets positifs sur la santé, notamment en réduisant le risque de maladie cardiovasculaire et en prévenant le risque de chute. Par ailleurs, cela permet également de maintenir un fonctionnement cognitif supérieur et limite le risque de déclin cognitif, de maladie d’Alzheimer et de démence. Les preuves d’une activité physique contribuant au vieillissement cérébral en bonne santé sont maintenant solides [[109]].

Réduire le stress oxydant

L’administration au long cours de substances antioxydantes (vitamine E, vitamine C, vitamine A et dérivés) a représenté une première voie de recherche. Les effets antivieillissement varient selon les travaux expérimentaux et il n’y a pas eu de consensus sur l’intérêt de cette approche. Néanmoins des récents travaux sur la supplémentation en canneberge, baie de consommation courante riche en de nombreux types de composés phytochimiques bioactifs[24] favoriserait la longévité lorsqu’elle est mise en œuvre à n’importe quel stade de la vie, probablement en réduisant les dommages oxydatifs, et en particulier en régulant principalement à la hausse la superoxyde dismutase de cuivre-zinc (SOD1) et une régulation à la baisse de la protéine de type Mathusalem (MTH), des récepteurs d’insuline (InR) [[110],[111]]. La myrtille aurait les mêmes effets [[112]] par régulation à la hausse de l’expression des gènes de la superoxyde dismutase (SOD), de la catalase (CAT) et de la protéine Rpn11 et par la régulation à la baisse du gène de la MTH. D’autres travaux expérimentaux basés sur la superoxyde dismutase 1 et la catalase montrent aussi leur intérêt dans la longévité [[113],[114]]. D’autres plantes comme le curcuma longa ou l’emblica officinalis augmenteraient la durée de vie des mouches Drosophiles. Les auteurs pensent que cela serait du aux propriétés antioxydantes élevées de ces plantes médicinales qui interviennent sur l’activité de la SOD et de la catalase en piégeant les activités réactives de l’oxygène (ROS) [[115]] et en régulant positivement la fonction de la transcriptase inverse de la télomérase (TERT) au niveau des télomères [[116]].

Déficits hormonaux

Le traitement hormonal substitutif de la ménopause par son action sur l’os, la peau, le cerveau et les organes urogénitaux, s’oppose à certains effets du vieillissement chez la femme. L’administration de testostérone à des hommes âgés ayant des concentrations basses a permis d’éviter la sarcopénie mais pas l’hormone de croissance (GH) [[117]]. La déhydroépiandrostérone (DHEA) et le déhydroépiandrostérone-sulfate (DHEAS) sont les hormones stéroïdes surrénales qui varient au cours du développement humain, avec un maximum au début de l’âge adulte et un déclin marqué au cours du vieillissement[25] [[118],[119]]. Des études chez l’animal ont suggéré de nombreux effets bénéfiques du traitement à la DHEA, notamment l’amélioration de la fonction immunitaire et la prévention de l’athérosclérose, de la sarcopénie, du cancer, du diabète et de l’obésité. De ce fait, le rôle thérapeutique de la DHEA en tant que facteur anti-âge pour la prévention et/ou le traitement de ces affections chez l’homme a été étudiée. Malheureusement, les revues systématiques récentes ne semblent toutefois pas prometteuses [119,[120]].

Notes


[1]. Cotation de 8 à 15 correspond à une dépression modérée ; l’étendue de l’échelle va de 0 à 39 ; et plus la note est élevée et plus le sujet est déprimé

[2]. Points faisant partie du Triangle de l’Anxiété (14Rm, 17RM, 14E droit et 24Rn gauche) et décrits par le Dr Thérèse Martiny et le Dr Allouche (Allouche M. Stress et acupuncture. Méridiens.1986;75-76:163-178).

[3]. EA à une fréquence de 2Hz (durée d’impulsion rectangulaire asymétrique de 0,5ms d’un courant pulsé alternatif à moyenne nulle) par l’intermédiaire d’un stimulateur électrique Agistim duo Sédatelec® à une intensité supportable par le patient.

[4]. Les récepteurs spécifiques des AGE, dénommés RAGE (receptor for advanced glycation end-products) ont été découverts au début des années 1990. Au cours des vingt dernières années, un large répertoire de ligands de RAGE a été caractérisé incluant la protéine HMGB1 (high mobility group box 1), plusieurs membres de la famille des protéines S100 ou encore les peptides amyloïdes β. Le trait commun à tous ces ligands est que leur présence dans le fluide extracellulaire est conditionnée par la pathologie qui sous-tend leur formation et/ou leur surexpression (cancers pour les protéines S100, septicémie ou cancer pour HMGB1, maladies neurodégénératives pour les peptides amyloïdes β, diabète pour les AGE). RAGE est ainsi capable de détecter des signaux de danger multiples associés à des pathologies humaines très variées.

[5]. Les HSP70 protègent les cellules du stress protéotoxique associé à une prolifération anormalement rapide, suppriment la sénescence cellulaire et confèrent une résistance à l’apoptose induite par le stress, notamment une protection contre les médicaments cytostatiques et la radiothérapie.

[6]. La souris SAMP10 est un modèle de vieillissement cérébral dans lequel la sénescence est caractérisée par une atrophie cérébrale plus importante dans le cortex frontal, une détérioration des performances des tâches d’apprentissage et de la mémoire et des altérations du système dopaminergique central. La SAMP8 (Senescence Accelerated Mouse-Prone 8) est une lignée de souris naturelle qui présente un phénotype de vieillissement accéléré.

[7]. La glutathion peroxydase (GPx), protéine contenant du sélénium, permet de lutter contre les radicaux libres.

[8]. Le cœur synthétise et sécrète deux hormones, l’« atrial natriuretic peptide » (ANP) et le « brain natriuretic peptide » (BNP), lesquels régulent en aiguë l’homéostasie hydrosodée grâce à leur propriété natriurétique. Leurs taux plasmatiques (ANP, BNP) sont des marqueurs hormonaux de sévérité de l’insuffisance cardiaque et ont une valeur pronostique de mortalité.

[9]. La moxibustion comme la capsaïcine, molécule activatrice des TRPV1 naturellement présente dans le piment a un mode d’action biphasique : elle engendre d’abord une irritation (brûlure) due à la stimulation de TRPV1. Puis les fibres sensorielles présentant ce récepteur se désensibilisent. Ainsi quand les TRPV sont saturés (stimulés par un excès de chaleur ou de capsaïcine), une downregulation (régulation négative) se produit avec diminution des récepteurs à la surface des fibres, d’où cela provoque ainsi un effet analgésique. Dans certains cas, la stimulation de TRPV1 entraîne une augmentation permanente de la concentration intracellulaire en Ca²+ qui engendre une dégénérescence des fibres portant les TRPV1. Ainsi la douleur est atténuée.

[10]. La NADPH oxydase (NOX) est un complexe enzymatique membranaire, enzyme clé de l’explosion oxydative, où elle catalyse la réaction d’oxydation du NADPH par l’oxygène O2, ce qui produit du NADP+, de l’H+ et de l’O2–. Ces deux derniers réagissent ensuite sous l’action de la superoxyde dismutase pour former du peroxyde d’hydrogène H2O. On suspecte la NOX4 d’être impliquée dans l’hypertension. 

[11]. Les points Etoiles célestes ont été tout d’abord onze décrits par Ma Dan Yang (1123-1183) dans sa « chanson des onze points Etoiles célestes ». Le douzième point taichong (F3) a été rajouté sous la dynastie Ming (1368-1644) par Xu Feng Zhuan dans son « Classique du Dragon de Jade ». Aujourd’hui on les retrouve dans le classique Zhenjiu Dacheng (针灸大成) daté de 1601. Les points sont : E36 zusanli, E44 neiting, GI11 quchi, GI4 hegu, V40 weizhong, V57 chengshan, F3 taichong, V60 kunlun, VB30 huantiao, VB34 yanglingquan, C5 tongli, P7 lieque.

[12]. Les caspases sont indispensables à l’apoptose des cellules. Certaines caspases sont requises par le système immunitaire pour la maturation des lymphocytes. Une apoptose insuffisante est l’un des principaux facteurs contribuant au développement des tumeurs et des maladies auto-immunes, tandis qu’une apoptose excessive accompagne l’ischémie et maladie d’Alzheimer. La protéine mitochondriale Smac est un second activateur mitochondrial des caspases et a une fonction également apoptosique.

[13]. L’autophagie est un processus du catabolisme cellulaire dont le rôle premier est de maintenir l’homéostasie en dégradant et recyclant continuellement des composants cytoplasmiques. Elle dépend d’un récepteur autophagique (comme les protéines p62, protéines LC3-Ⅰ et LC3-Ⅱ dans le tissu myocardique).

[14]. Le stress oxydant peut être évalué par la mesure du produit terminal de la péroxidation lipidique, le malondialdéhyde (MDA). C’est un marqueur de stress oxydant sensible et spécifique.

[15].  Les lymphocytes T CD4 + naïfs peuvent être différenciés en sous-populations distinctes, Th1 et Th2, sur la base de leurs modes de production de cytokines. En général, les cellules Th1 produisent IL-2, IFN-γ et TNF-β qui sont principalement responsables de l’immunité à médiation cellulaire ou de l’hypersensibilité de type retardée, alors que les cellules Th2 produisent de l’IL-4, de l’IL-5, de l’IL-10 et IL-13 qui sont principalement impliqués dans l’immunité humorale. Les cytokines spécifiques Th1 et Th2 favorisent le développement du même sous-ensemble et inhibe la prolifération et l’activité de l’autre sous-ensemble. Le déséquilibre des réponses des cellules Th1 / Th2 pourrait être une cause principale de maladies infectieuses, allergiques et auto-immunes. Par conséquent, la modulation de la balance Th1 / Th2 a été une stratégie clé dans le traitement de divers troubles immunitaires.

[16]. L’interleukine 1 (IL-1) est sécrétée par les macrophages pour stimuler la prolifération puis la différenciation des lymphocytes T CD4 spécifiques à un antigène présenté sur les membranes des macrophages, et ayant préalablement été phagocytés par ces derniers. Ses actions sont variées et redondantes avec celles du tumor necrosis factor-α (TNF-α) : augmentation de la température corporelle (fièvre), dérèglement du sommeil, rejet de greffe, prolifération de fibroblastes…

[17]. L’échelle de Borg est particulièrement utilisée dans le diagnostic médical en interprétant les signes cliniques de l’essoufflement, de la dyspnée, de la douleur thoracique et des douleurs musculosquelettiques. On mesure les différents aspects de l’effort et de la fatigue par la verbalisation entre « léger, moyen, difficile, pénible » sur une échelle numérotée de 6 à 20 couvrant la subjectivité, de sorte qu’une congruence dans la signification a été obtenue entre les nombres et la verbalisation.

[18]. La néprilysine est une enzyme capable de dégrader la protéine β-amyloïde qui apparaît lors d’une maladie d’Alzheimer. Or dans la MA, l’expression de la néprilysine est réduite.

[19]. L’IGF-1, de l’anglais insulin-like growth factor-1 (littéralement, facteur de croissance 1 analogue à l’insuline), encore appelée somatomédine C, est une hormone peptidique ayant une structure chimique semblable à celle de la proinsuline. Un taux bas d’IGF-1 semble corrélé avec un risque plus élevé de survenue de maladies cardiovasculaires ou de mortalité de cause cardiaque. L’hormone pourrait diminuer ainsi la progression de l’athérome par plusieurs mécanismes : diminution de l’inflammation et du stress oxydatif, stabilisation de la plaque d’athérome, etc.

[20]. Les lymphocytes T auxiliaires (T helper), ou lymphocytes CD4+ agissent comme des intermédiaires de la réponse immunitaire, régulent d’autres fonctions lymphocytaires, car ils sécrètent une cytokine, l’interleukine 2. Les lymphocytes T cytotoxiques (TCD8 ou T killer) identifient et détruisent les cellules infectées par un virus ou les cellules atteintes par le cancer.

[21]. L’interleukine 2 (IL-2) contribue à la réponse naturelle du corps à une infection microbienne (en stimulant la prolifération lymphocytaire) et à la différenciation de la réponse des lymphocytes T auxiliaires. Elle agit en se liant aux récepteurs IL-2, qui sont exprimés par les lymphocytes, les cellules qui sont responsables de l’immunité humaine.

[22]. L’interleukine 4 (IL-4) a pour rôle d’induire la différenciation des lymphocytes T auxiliaires naïfs (lymphocytes Th0) en lymphocytes Th2.

[23]. L’interleukine 6 (IL6) est une cytokine pro-inflammatoire impliquée dans la phase aiguë de l’inflammation. Une hyperproduction d’interleukine 6 et de son récepteur (IL6R) provoque l’inflammation et les lésions articulaires associées à la polyarthrite rhumatoïde.

[24]. Les proanthocyanidines constituent une famille de composés flavonoïdes présents dans bon nombre de végétaux, ayant des propriétés antioxydantes. On estime que leur activité antioxydante est de 20 à 50 fois plus importante que celle des vitamines C et E.

[25]. La DHEA favorise l’expression des chaperons moléculaires, protéines essentielles au processus de repliement, de translocation, de maintenance et de réparation des protéines, de l’ARN et de l’ADN, ainsi qu’à l’homéostasie, à la réponse immunitaire et à la résistance au cancer. Le niveau d’expression du chaperon est en corrélation avec la longévité et montre un déclin au cours du vieillissement.


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Stéphan JM. Prolonger la longévité par l’acupuncture et ses techniques associées ? A propos d’un cas clinique. Acupuncture & Moxibustion. 2019;18(1):12-36.

Eclipse ?

11 août 1999 : éclipse totale de Soleil

Yang absorbé par le yin, ou yin ne faisant plus qu’un avec le yang, telle est l’impression donnée par l’observation en ce 11 août 1999 de l’éclipse totale de Soleil qui fut la dernière du XXᵉ siècle et du IIᵉ millénaire, l’an 2000 n’ayant connu que des éclipses partielles. Une éclipse solaire se produit lorsque la Lune passe entre la Terre et le Soleil, obscurcissant ainsi totalement ou partiellement l’image du Soleil pour un observateur sur Terre. L’éclipse solaire totale se produit quant à elle, lorsque le diamètre apparent de la Lune est plus grand que celui du Soleil, bloquant ainsi toute la lumière directe du soleil, transformant le jour en obscurité. La totalité se trouve dans un chemin étroit à travers la surface de la Terre alors que l’éclipse solaire partielle est visible sur une région environnante de milliers de kilomètres de large. Deux minutes plus tard, le soleil réapparaissait. Et c’est le sentiment de renaissance qui pourra se dégager de cet ultime numéro de la revue « Acupuncture & Moxibustion ».

Oui ultime, car toute l’équipe éditoriale qui a créé cette revue il y a vingt ans en janvier 2002, a été dans la lumière durant toute ces années, donnant sans compter et cela bénévolement. La revue, étant une émanation de l’association loi 1901 à but non lucratif, avait pour seul objectif de faire rayonner l’acupuncture francophone. Et nous avons vu évoluer l’acupuncture qui, de traditionnelle, a suivi de plus en plus la démarche scientifique de toute discipline médicale, sans néanmoins oublier ses fondements.

Je ne remercierai jamais assez tous ceux qui au cours de ces années ont su entretenir la flamme. Et il est temps pour nous de passer le relais et de se tourner vers une nouvelle forme de diffusion. Nous arrêtons la publication papier mais pas celle passant par le site internet. Ainsi, les nouveaux articles qui nous arriveront, paraitront régulièrement et en libre accès. Sans doute, publierons nous encore de temps en temps des numéros imprimés payants.

Mais, ce jour, vous tenez entre les mains le dernier numéro.

11 août 1999 : éclipse totale de Soleil
11 août 1999 : éclipse totale de Soleil

Aussi plongez vous dans l’histoire épistémologique de l’électroacupuncture, profitez de l’expérience clinique du Dr Florence Phan Choffrut concernant le traitement par les ventouses, lisez l’étude qualitative du Dr Marc Stéphan relative à l’expérience acupuncturale pour le sevrage tabagique en milieu pénitentiaire ou l’action de l’acupuncture dans les douleurs d’amputations observée par le Dr Patrick Sautreuil. Les preuves et l’évaluation selon l’acupuncture factuelle seront à votre portée avec le traitement de la dermatite atopique des Drs Olivier Goret et Johan Nguyen, les recommandations pour la paralysie faciale du Dr Sophie Lison ou dans la lecture des brèves des Drs Jean-Marc Stéphan et Tuy Ngna Brignol. On n’oubliera pas d’approfondir l’application des diagnostics par la différenciation des syndromes physiopathologies (bianzheng) dans des maladies cutanées ou dans les symptômes invalidants de la malformation d’Arnold-Chiari par le Dr Robert Hawawini.

Et puis, grâce à la revue partenaire « Chinese Medicine And Culture », vous découvrirez les perspectives autres sur la médecine chinoise que sont la pratique de la calligraphie sur le développement de l’intelligence émotionnelle des enfants des Drs Bin Zhou, Jun-Sheng Liu, Biao Sang ; et le changement de paradigme concernant le régime diététique traditionnel chinois de Yin‑Chen Chang, Xia Liu, Qi Xu, Jia‑Zhen Wu et Hong-Yi Shen.

Enfin, dans le climat délétère qui se développe depuis quelques années autour de l’acupuncture, une analyse complète du Syndicat National des Médecins Acupuncteurs de France (SNMAF) permettra de comprendre la guerre politique, informationnelle qui se joue par médias interposés entre une association voulant chapeauter l’acupuncture au même titre que l’ostéopathie ou l’hypnose au sein d’une Agence des médecines complémentaires et alternatives, et un collectif de médecins anti-acupuncture, nommé collectif Fakemed. C’est encore un des balbutiements de l’Histoire qui n’est pas sans rappeler les différentes tentatives d’abolition de l’acupuncture en 1822, 1929 ou bien plus récemment en 2006 [1-3].

Il est ainsi clair que la Capacité d’acupuncture a très certainement atteint ses limites et donc la solution en France passe par un véritable diplôme d’état universitaire qu’est le Diplôme d’Etudes Spécialisées en acupuncture, le DES.

Eclipse certes ce jour, mais donc pour mieux s’éloigner de l’obscurité et rejaillir à la lumière !  

Excellente lecture !

Eclipse solaire du 11 août 1999
Eclipse solaire du 11 août 1999


[1]. Nguyen J. L’interdiction de l’acupuncture en 1822 par l’empereur Daoguang et l’instrumentalisation de l’histoire. Acupuncture & Moxibustion. 2018;17(1):5.

[2]. Nguyen J. 1929 : la tentative avortée « d’abolition » de la médecine chinoise. Acupuncture & Moxibustion. 2018;17(2):151.

[3]. Stéphan JM. Abrégé de l’histoire de la médecine chinoise. Acupuncture & Moxibustion. 2011;10(2):138-146.


Stéphan JM. Eclipse ? Acupuncture & Moxibustion. 2021;20(2):140-141.

Anosmie au château d’Amboise

Ne plus pouvoir percevoir le parfum des brins de lavande si odoriférants lorsqu’ils sont cueillis juste avant l’ouverture des fleurs, est un vrai crève-cœur pour chaque patient atteint par le virus SARS-CoV-2, même si la vue sous le ciel  orageux du château royal d’Amboise, palais grandiose des rois Charles VIII et François Ier à la Renaissance, lieu de sépulture de Léonard de Vinci, témoignage exceptionnel des profonds changements qui se sont opérés en Europe aux XVe et XVIe siècles [1], pourrait compenser la perte d’un sens.

Château royal d’Amboise (XV -XVIe) – France
Château royal d’Amboise (XV -XVIe) – France

Aussi, l’on peut se réjouir qu’à la suite d’un article sur l’anosmie post-traumatique [2], François Pierrot va nous montrer l’intérêt de l’acupuncture dans l’anosmie en rapport cette fois avec la pandémie COVID-19, alors que la thérapeutique usuelle est peu efficace. Toujours concernant cette pandémie, ne manquez pas l’article de Marc Petitpierre sur la place de la médecine traditionnelle chinoise et surtout comment traiter le syndrome de fatigue chronique lié au Covid long. Dans les brèves, voyez aussi le cas clinique d’une femme médecin anesthésiste et acupunctrice de 37 ans, travaillant dans une unité de soins intensifs COVID à New York, patiente qui s’est rétablie de la pneumonie COVID dans la semaine sans hospitalisation en appliquant un protocole acupunctural.

Ce numéro est aussi consacré à la gynéco-obstrétrique : évaluation de l’évolution des pratiques professionnelles des sages-femmes, l’hypogalactie en suites de couches, l’engorgement mammaire, l’accouchement sous électroacupuncture, la rétention urinaire du post-partum ; à la neurologie : neuropathie diabétique, paralysie de Bell ; à la médecine physique, antalgique de niveau IV dans l’appareil locomoteur et le rachis ; à la pédiatrie avec les coliques du nourrisson. Ceux qui préférent aborder les traitements selon la différenciation des syndromes (bianzheng), liront avec intérêt les cas cliniques que nous rapporte Robert Hawawini. Certains préféreront l’acupuncture factuelle basée sur les preuves et les pratiques trouveront alors les protocoles utilisés dans la neuropathie périphérique chimio-induite, la prostatite chronique, l’épaule douloureuse par la technique de la puncture du tiaokou (38E), les douleurs du cancer, l’épicondylite. Enfin découvrez aussi les perspectives autres sur la médecine chinoise mais aussi sur l’auriculothérapie. En conclusion, on constate encore une fois le riche éventail de choix thérapeutiques qu’offrent l’acupuncture et ses techniques associées.

Jean-Marc Stéphan

[1]. Château royal d’Amboise. [Consulté le 04/06/2021]. Diponible à l’URL: https://www.chateau-amboise.com/fr/

[2]. Stéphan JM, Anosmie, à propos d’un cas clinique : intérêt de l’acupuncture et techniques associées. Acupuncture & Moxibustion 2020;(19)1:24-30.

Stéphan JM. Anosmie au Château d’Amboise. Acupuncture & Moxibustion. 2021;20(1):4-5.

Gorda Gertrudis et syndrome métabolique ?

Jouxtant l’entrée de l’église San Domingo sur la place du même nom à Cartagena en Colombie trône la statue de 650 kg, la « Gorda Gertrudis ». Cette imposante femme couchée avec ses formes opulentes fut donnée à la ville par Fernando Botero le 14 avril 2000. Fernando Botero, né le 19 avril 1932 à Medellín, est un aquarelliste et sculpteur colombien réputé pour ses personnages aux formes rondes et voluptueuses, inspirés de l’art précolombien.

L’on peut se demander s’ils ne souffrent pas tous du syndrome métabolique qui désigne la coexistence de plusieurs désordres métaboliques pouvant augmenter considérablement le risque de diabète de type 2, de maladies cardiaques, mais aussi de neuropathies. Le diagnostic est fait lorsque le sujet présente au moins trois des symptômes suivants : hypertension artérielle, glycémie élevée mais sans réel diabète de type 2, surpoids ou embonpoint abdominal, faible taux de HDL cholestérol et taux élevé de triglycérides. L’on lira donc comment l’acupuncture et techniques associées (électroacupuncture et moxibustion) peuvent avoir à la fois un effet immédiat mais aussi prolongé sur le diabète de type 2, mais aussi sur la neuropathie périphérique. L’histoire de l’acupuncture n’est pas absente du sommaire de ce numéro : pas moins de trois articles lui sont consacrés avec la vie de Nguyen Van Nghi, pionnier de la médecine traditionnelle chinoise d’Anita Bui, mais aussi les premières traductions du Huangdi neijing suwen de Valentine Thiebaut ou l’étude de Johan Nguyen sur la taupe de l’industrie du tabac, Petr Skrabanek, figure de proue du mouvement sceptique anglo-saxon qui déploie une critique systématique de l’acupuncture. En cette période de pandémie au SARS-CoV-2, il sera intéressant aussi de connaître l’approche que les Chinois se font des maladies épidémiques selon la médecine chinoise et les Classiques comme le Zhenjiu Dacheng, par Jean-Claude Dubois.

La « Gorda Gertrudis » à Cartagena – Colombie
La « Gorda Gertrudis » à Cartagena – Colombie

A ne pas manquer également le remarquable essai comparatif randomisé (ECR) en simple aveugle de Coralie Lesport, Laurianne Lopez et coll. qui s’est déroulé dans la maternité du Centre Hospitalier Sud Francilien, à Corbeil- Essonne, en région parisienne, sur une période de six mois. Pour la première fois, un ECR de grande puissance, puisque portant sur 350 patientes, a démontré l’intérêt de la puncture du point sanyinjiao Rt6 sur l’ampliation et les lésions du périnée au cours de l’accouchement.

Vous découvrirez également dans ce numéro de nouvelles rubriques concernant les preuves et les pratiques de l’acupuncture. Olivier Goret et Johan Nguyen suivent pour nous l’actualité de l’acupuncture et font une analyse des publications et commentaires sur des problématiques concernant notre discipline. Comme ils le disent, « il s’agit d’aider le professionnel dans sa pratique, de lui apporter des outils et des méthodes, d’alimenter sa réflexion ». Ils abordent entre autres sujets, le canal carpien et l’intérêt d’ajouter les points 3F (taichong) et 4F (zhongfeng) en controlatéral ; à quel moment effectuer l’acupuncture dans les nausées et vomissements chimio-induits ; le consensus d’experts sur le traitement de la gonarthrose par acupuncture ; ou la différenciation des zheng comme option thérapeutique etc.. En parlant de différenciation des syndromes (bianzheng), Robert Hawawini nous montre d’ailleurs, à partir d’une observation clinique, comment les utiliser dans la myopathie acquise du sujet âgé.

Les brèves nous apportent aussi les résumés des méta-analyses récemment sorties : efficacité dans la constipation fonctionnelle, dans les bouffées de chaleur post-ménopausiques, eczéma atopique, etc. mais assortis des réserves si nécessaire.

Stéphan JM. Gorda Gertrudis et syndrome métabolique ? Acupuncture & Moxibustion. 2020;19(2):128-129

Les couronnes de Ñaupa Mujer et Ñaupa Diablo 

Le carnaval de la ville d’Oruro est le plus grand événement culturel annuel de Bolivie. Il a été inscrit en 2008 par l’Unesco sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Ancien site de cérémonies précolombien situé à 3700 mètres d’altitude, Oruro fut un important centre minier aux XIXe et XXe siècles. Refondée par les Espagnols en 1606, la ville est restée un site sacré pour les Uru, qui venaient pour la grande fête d’Ito. Cette cérémonie a été transformée en rituel chrétien avec la Diablada, danse traditionnelle des hauts plateaux des Andes, devenue la danse principale du carnaval d’Oruro. La Diablada représente l’affrontement entre les forces infernales et celles des anges, danse créée dans un but d’évangélisation [[1]].

 Ñaupa Diablo et sa compagne Ñaupa Mujer - Musée du Quai Branly - Paris - France
 Ñaupa Diablo et sa compagne Ñaupa Mujer – Musée du Quai Branly – Paris – France

Sur la photo prise au Musée du Quai Branly – Jacques-Chirac à Paris sont présentés à droite le costume de « Ñaupa Diablo », le « vieux diable » et à gauche celui de sa compagne « Ñaupa Mujer ». L’origine de la danse de « la Diablada » remonte au XVIIe siècle quand les mineurs des villes de Potosí et d’Oruro reconnurent la Vierge de la Candelaria (Vierge du Socavón) comme la Mère Protectrice des travailleurs, Sainte Patronne des mineurs. La Diablada fusionne des éléments de la religion catholique et des croyances autochtones au travers d’une danse théâtrale qui met en scène les personnages de Lucifer, « Ñaupa Diablo » et son épouse, escortés d’une légion de démons et de l’Archange Saint-Michel, qui est le chef de la milice des Anges [[2]]. Remarquons ces têtes couronnées qui ne peuvent qu’évoquer en cette période de pandémie Covid-19, la fameuse couronne du SARS-CoV-2 (ici vue d’artiste au microscope électronique), coronavirus (du latin corona et virus, littéralement « virus à couronne »). Son nom provient de l’apparence des images du virion au microscope électronique, caractérisée par une frange de grandes protubérances qui entourent l’enveloppe comme une couronne.

Aurons-nous un moyen de prévention ou thérapeutique comme notre Saint-Michel terrassant le Dragon ? On peut le croire comme vous le verrez dans ce numéro. Ainsi lisez l’article de Claude Fontaine « Maladies fébriles, épidémies et coronavirus » qui propose, en s’appuyant sur les théories du Shanhanlun et autres, de traiter le stade de la récupération de Covid-19 par la pharmacopée chinoise.

D’autres protocoles de pharmacopée concernant les autres stades de la maladie sont disponibles sur le site internet de la revue.

Costume d’un ange, des ailes au masque du carnaval d’Oruro (2008)
Costume d’un ange, des ailes au masque du carnaval d’Oruro (2008)

Voyez aussi la synthèse « COVID-19 et acupuncture : existe-t-il une nouvelle voie de recherche thérapeutique ? » de Beltrán Carrillo Manrique et Esther Martínez García. Ils proposent d’ailleurs, pour ceux qui sont intéressés, de participer à deux protocoles de recherche cliniques à l’étude dans certains hôpitaux espagnols : ACU-COVID- 19, essai comparatif randomisé sur l’effet de l’acupuncture en traitement adjuvant en phase aigüe, et  AcuPOSTCov, ECR mis en place pour réduire l’apparition des complications pulmonaires.

 SARS-CoV-2 (vue d’artiste au microscope électronique).
SARS-CoV-2 (vue d’artiste au microscope électronique).

On sait que l’anosmie ou l’agueusie apparaissent au stade précoce du Covid-19. La récupération se fait au bout de quelques semaines, mais parfois de manière partielle. L’article « Anosmie, à propos d’un cas clinique : intérêt de l’acupuncture et techniques associées » peut vous aider à accélérer la guérison.  Et puis, pour travailler dans de bonnes conditions en cette période de pandémie, le « Guide de préconisations de sécurité sanitaire pour la continuité des soins par acupuncture en période d’épidémie de coronavirus COVID-19 » rédigé par le Collège Français d’Acupuncture et de MTC (société savante d’acupuncture) vous assurera d’être plus serein dans votre travail.

La neurologie est aussi un sujet important traité dans ce numéro. Olivier Cuignet vous présente son travail « Efficacité de l’électroacupuncture pour soulager les phénomènes de spasticité  après des lésions de la moelle épinière : à propos d’un cas » et Patrick Sautreuil, Tuy Nga Brignol et col. nous exposent cinq cas cliniques dans « Acupuncture dans les douleurs myofasciales des neurodystrophies musculaires : quels effets ? ».

On lira aussi avec grand intérêt l’article d’obstétrique de Florence Phan-Choffrut, Winder Wen-Te Chang « Engorgement mammaire et soins du post-partum : intérêt de la MTC », article qui fait suite à un stage à Taiwan organisé par l’Association Scientifique des Médecins Acupuncteurs de France (ASMAF-EFA).

Pour terminer, Robert Hawawini nous offre plusieurs articles « À propos d’une observation de maladie de Dupuytren », « À propos d’une observation complexe d’un état de stress » et « 31 exemples de puncture unique en acupuncture ». On n’oubliera pas l’essai sur le Palais impérial que nous explique Henning Strøm en référence au Daodejing. Et bien sûr, ne ratez pas non plus les « Brèves d’acupuncture », mettant en exergue les derniers travaux scientifiques (méta-analyses, ECR, acupuncture expérimentale) sur l’acupuncture et techniques associées.

 Jean-Marc Stéphan

 [1]. Patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. Le carnaval d’Oruro. [Consulté le 28/05/2020]. Disponible à l’URL : https://ich.unesco.org/fr/RL/le-carnaval-doruro-00003.

[2]. Musée du Quai Branly Jacque Chirac. Costume de Ñaupa Diablo : masque-heaume. [Consulté le 28/05/2020]. Disponible à l’URL : http://www.quaibranly.fr/fr/explorer-les-collections/base/Work/action/show/notice/431096-costume-de-naupa-diablo-masque-heaume/page/3/


Stéphan JM. Les couronnes de Ñaupa Mujer et Ñaupa Diablo. Acupuncture & Moxibustion. 2020;19(1):4-5.

Acupuncture au pays de Tintin

L’Atomium est un monument de Bruxelles, construit à l’occasion de l’Exposition universelle de 1958. En acier inoxydable et aluminium, il est devenu, au même titre que le Manneken Pis et la Grand-Place, un symbole de la capitale de la Belgique. Il culmine à 102m d’altitude. Il se compose d’une charpente d’acier et de trois piliers bipodes portant neuf sphères de 18 mètres de diamètre pour environ 250 tonnes. Il représente la maille conventionnelle du cristal de fer (structure cubique centrée) agrandie 165 milliards de fois [1].

Atomium – 1958 – Bruxelles – Belgique
Atomium – 1958 – Bruxelles – Belgique

  Les escaliers mécaniques installés dans les tubes obliques, comptent parmi les plus longs d’Europe. Le plus grand mesure 35 m de long (photo).

Escaliers – Atomium – 1958 – Bruxelles – Belgique
Escaliers – Atomium – 1958 – Bruxelles – Belgique

Et c’est à Bruxelles que se sont tenues en novembre dernier le congrès conjoint de la Fédération des Acupuncteurs pour la Formation Médicale Continue (Faformec) et de l’ABMA/BVAA (Association Belge des Médecins Acupuncteurs/Belgische Vereniging der Artsen Acupuncturisten) consacré à l’Art de Vieillir.

Congrès international, car en plus des Français et Belges, étaient présents des conférenciers Suisses, Roumains et Chinois.

Un reportage est consacré à la richesse de ces deux journées. De nombreux articles seront présentés également dans ces colonnes faisant suite à ceux déjà parus dans le précédent numéro. Vous lirez ainsi : l’étude clinique sur la façon de préserver la beauté du ventre ; l’électroacupuncture intégrée à la procréation médicale assistée dans les cas de troubles d’implantation de l’embryon ; l’intérêt de l’acupuncture dans la maladie de Parkinson avec un état des lieux des connaissances théoriques en 2019 ; comment agir en acupuncture dans l’aplasie médullaire ; comment la pratique du taijiquan peut-elle être aussi un «art de longue vie» ; traitement de la Dégénérescence Maculaire Liée à l’Age (DMLA) atrophique par acupuncture et enfin les données probantes (médecine factuelle fondées sur les preuves) en 2019 concernant le « bien vieillir ».

En dehors des articles ayant fait l’objet d’une communication au congrès, plusieurs sujets ne manquent pas d’intérêt. Ainsi Robert Hawawini abordera le sujet d’une observation clinique complexe selon la différenciation des syndromes (bianzheng) : les Reins ne reçoivent pas le qi. Olivier Goret et Johan Nguyen expliqueront l’intérêt des jiaji lombaires dans le traitement des lombalgies et lombosciatiques, confirmé par une revue systématique incluant onze essais comparatifs randomisés. Henri Truong Tan Trungsr parlera des notions fondamentales de la chronoacupuncture, en analysant les considérations énergétiques et climatiques sur l’année métal – rat (gengzi / 7-I) 2020-2021. Enfin une évaluation de l’acupuncture sera faite sur l’article de Zhao, Li et al. qui a tant fait parler de lui durant le courant de l’été 2019, à savoir l’efficacité de l’électroacupuncture dans l’angor stable.

[1]. Wikipédia. Atomium [Consulté le 08/12/2019]. Disponible à l’adresse URL :  https://fr.wikipedia.org/wiki/Atomium.

Stéphan JM. Acupuncture au pays de Tintin. Acupuncture & Moxibustion. 2019;18(2):100-101

17 ans déjà de pérégrinations ! Et Chronos fit une halte à Shanghai, dans le district de Pudong

En 2014 fut créée la revue chinoise « Chinese Medicine and Culture », gérée par l’Université de Médecine Traditionnelle Chinoise de Shanghai (SHUTCM). Elle a pour vocation de présenter la médecine chinoise sous le regard ethnologique mais aussi anthropologique de la santé. Fondée en 1956, le SHUTCM est l’un des quatre premiers collèges de médecine traditionnelle chinoise de Chine. Son campus, d’une superficie de 35 hectares, est situé dans la section de la recherche et de l’éducation du parc de haute technologie de Zhangjiang, dans la nouvelle zone de Pudong, immense district futuriste visant à faire de Shanghai une ville innovante. Innovante et on veut bien le croire quand on observe la photo de Shanghai en 2001 et du même point de prise de vue, celle prise en 2018. Dix-sept ans les séparent et la tour de télévision Perle de l’Orient [1], qui se caractérise par ses sphères roses, tout comme la tour Jinmao[2]  bien visible en 2001 ne sont plus que des petits gratte-ciels comparés notamment à la tour Shanghai[3], haute de 632 m et achevée en 2015 et le Shanghai World Financial Center [4].

A Shanghai, et tout particulièrement au SHUTCM, l’Association Scientifique des Médecins Acupuncteurs de France-Ecole Française d’Acupuncture (ASMAF-EFA) a organisé l’année dernière un stage. Vous en avez lu le reportage dans le précédent numéro [[1]].

La tour de télévision Perle de l’Orient en 2001 – Shanghai – Chine
La tour de télévision Perle de l’Orient en 2001 – Shanghai – Chine

L’ASMAF-EFA gère avec le Groupe d’étude et de recherches en acupuncture (GERA) la revue « acupuncture & Moxibustion ». Le premier numéro d’Acupuncture & Moxibustion, revue de référence des médecins acupuncteurs francophones, issue de la fusion en janvier 2002 de « Méridiens » et de la « Revue Française de Médecine Traditionnelle Chinoise » est parue en juin 2002 [5].

Nous fêtons donc en 2019, avec le même écart temporel qui sépare ces deux photos nos 17 ans d’existence mais aussi un accord de coopération avec la revue « Chinese Medicine and Culture » qui vient d’être signé à la suite de ces stages dirigés par Florence Phan-Choffrut. L’objectif est de promouvoir les échanges sino-français et surtout d’échanger des articles parus dans l’une ou l’autre revue.

Vous lirez d’ailleurs dans ce numéro la présentation de leur revue par son comité éditorial, avec quelques photos où vous reconnaitrez aisément Jean-Claude Dubois, le premier directeur d’Acupuncture & Moxibustion en collaboration avec Christine-Recours-Nguyen. Découvrez aussi le premier article d’Anita Bui déjà paru en anglais dans Chinese Medicine and Culture et consacré à la médecine traditionnelle vietnamienne qui revient justement sur l’héritage que nous devons au Dr Nguyen Van Nghi[6].

Dix-sept ans et le temps qui passe ! Chronos, dieu primordial de la mythologie grecque personnifiant le Temps, surtout connu pour être représenté sous les traits d’un vieil homme sage avec une longue barbe grise apporte aussi au temps la notion qui rend compte du changement et du mouvement dans le monde. On pourrait de ce fait lui adjoindre la notion de la longévité, ou comment traverser les ans en préservant sa santé, peut-être avec l’aide de la médecine chinoise ? c’est aussi un grand thème abordé dans ce numéro : l’art de vieillir de Henning Strom, en suivant les principes du Daodejing ou comment prolonger la longévité par l’acupuncture et ses techniques associées selon les données issues de la médecine fondée sur les preuves ou sur l’acupuncture expérimentale ? Mais aussi on pourra comprendre comment aider ces femmes en désir de grossesse dont l’horloge biologique tourne irrémédiablement par une pratique de Médecine Chinoise Antique proposée par Chantal Diezi Ludi, Fabienne Taugwalder et Alain Mestrallet.

La maladie de Parkinson survient souvent chez les personnes âgées. On verra dans les brèves qu’une méta-analyse suggère un effet protecteur de l’acupuncture sur un modèle de rongeurs atteints de la maladie de Parkinson.

Enfin, même si cette étude n’a pas de rapport précis avec le thème de la longévité, découvrez aussi la paralysie faciale a frigore décrite par Robert Hawawini dont une méta-analyse objective le bien-fondé de son efficacité, à voir dans les brèves aussi. Enfin ne manquez pas non plus les deux synthèses de Claude Pernice et Florence Phan-Choffrut sur kulun (60V) et zhubin (9Rn) : données factuelles et questionnements, sans oublier l’intérêt du qimen (14F) chez les femmes enceintes pour diagnostiquer une dystocie cervicale.


 Notes

[1]. La tour de télévision et de radio Perle d’Orient est une tour de télévision au bord de la rivière Huangpu, en face de la célèbre promenade du Bund, où s’alignent des immeubles de l’époque coloniale. La construction, d’une hauteur de 468 m, a commencé en 1991 et la tour a été achevée en 1994. Il s’agissait de la plus haute structure de Chine de 1994 à 2007, date à laquelle elle a été dépassée par le Shanghai World Financial Center (Centre mondial des finances de Shanghai)

[2]. La tour Jinmao a été le gratte-ciel le plus haut de Chine depuis son achèvement en 1999 jusqu’en 2007 avec ses 88 étages (93 si on compte les étages dans la flèche) à Lujiazui, Pudong. Elle mesure 420,5 mètres de hauteur et reste l’un des plus hauts bâtiments du monde. Avec la Perle de l’Orient, le Centre mondial des finances de Shanghai et la Tour de Shanghai, elle fait partie de la ligne d’horizon de Lujiazui vue du Bund. En 2007, la tour Jinmao a été dépassée en hauteur par le Centre mondial des finances de Shanghai.

[3]. La tour de Shanghai, un bâtiment de 121 étages situé à côté de ces deux bâtiments, a surpassé à son tour la hauteur de ces deux bâtiments en 2015, créant ainsi le premier trio au monde de supers gratte-ciel adjacents.

[4]. Le Centre mondial des finances de Shanghai est un gratte-ciel situé dans le quartier financier de Lujiazui, le district de Pudong, dans la ville chinoise de Shanghai. À son ouverture en 2008, il était le deuxième plus haut gratte-ciel du monde avec ses 492 mètres et ses 101 étages.

[5]. Le Docteur Didier Fourmont, fondateur de la Revue Méridiens en 1968, en a été le Directeur jusqu’en 1997, date à laquelle lui a succédé le Docteur Jean Claude Dubois. Le Mensuel du Médecin Acupuncteur a été crée en 1973 par Nguyen Van Nghi, avec comme premier rédacteur en chef Albert Gourion. En 1982 le Mensuel du médecin acupuncteur est devenu la Revue Française de Médecine Traditionnelle Chinoise.

[6]. Notons l’étrange raccourci du Temps : le premier numéro d’Acupuncture & Moxibustion de 2002;1(1-2) lui était consacré avec en couverture sa photo.


 Références

[1]. Dian Z, Phan-Choffrut F, Wei Z, Tamendjou Djilo L.  Soins esthétiques ou cosmétologie en MTC (中医美容面面观). Acupuncture & Moxibustion. 2018; 17(2) :244-253. 

Stéphan JM. 17 ans déjà de pérégrinations ! Et Chronos fit une halte à Shanghai, dans le district de Pudong. Acupuncture & Moxibustion. 2019;18(1):4-5.

Invitation au voyage

Je vous invite au voyage, hors des sentiers battus comme le dit dans son article Patrick Sautreuil, afin de découvrir l’acupuncture et la médecine chinoise du Yunnan, cette province du sud-ouest de la Chine peuplée de vingt-cinq ethnies. Vous découvrirez ainsi la minorité des Bai et leur impressionnante pharmacopée, mais aussi la moxibustion, le taijiquan tous deux imprégnés de la philosophie taoïste. L’autre découverte à laquelle je vous convie est celle de Délos, une minuscule île grecque des Cyclades, à proximité de Mykonos. Henning Strøm vous révèlera des similitudes entre métaphysique grecque et chinoise. Cet ilot rocheux de 3,5km² a connu son apogée au VIsiècle AEC. C’était un important centre commercial dont on voit d’ailleurs sur la photo supérieure les ruines d’un bâtiment daté de l’époque classique (Ve – IVe siècles AEC) [[1]]. En dessous, admirez la célèbre terrasse aux lions au style si particulier avec un corps maigre, très allongé associé à une petite tête (VIIIe siècle AEC) et le théâtre construit entre la fin du IVe et le troisième quart du IIIe siècle AEC [[2]]. Mais le plus édifiant est ce petit relief du dieu Hermès et de sa demi-sœur Athéna daté du IIe EC. Hermès est une des divinités de l’Olympe, messager des dieux, dieu des voyageurs, du commerce, des professions qui s’occupent de la communication comme les imprimeurs, le gardien des routes et des carrefours, dieu des voleurs, puis dieu accompagnateur des âmes des morts aux Enfers. Son équivalent latin est Mercure. Le caducée d’Hermès est un de ses attributs ; il est représenté comme une baguette de laurier ou d’olivier surmontée de deux ailes que l’on ne discerne pas ici et entourée de deux serpents. Ceux-ci, dressés et entrelacés, signifient l’union du ciel et de la terre et l’éveil de la conscience cosmique. Ce n’est pas un symbole médical. Le lien entre Hermès, son caducée et la médecine semble être né de son rapport avec l’alchimie. Les deux serpents représenteraient les principes antagonistes (soufre/mercure, humide/sec, chaud/froid…), comme le yinyang en médecine chinoise, qui doivent s’unifier dans l’or unitaire de la tige. Et malgré le fait que le bâton à serpent unique d’Asclépios soit le véritable symbole de la médecine, de nombreux groupes médicaux ont adopté le caducée d’Hermès comme symbole médical aux XIXe et XXe siècles. Ainsi, le département médical de l’armée des États-Unis en 1902 [[3],[4]]. Aux côtés d’Hermès, se tient Athéna, déesse de la Raison, de la Prudence, de la stratégie militaire et de la Sagesse.

Il est possible de poursuivre votre voyage en allant à nouveau en Chine, à Shanghai plus précisément et aborder les soins esthétiques ou cosmétologie, discipline qui traite aussi les problèmes dermatologiques comme l’acné, l’eczéma, le psoriasis, etc. Toujours en Chine, voyez, grâce à Johan Nguyen, comment en 1929, une tentative avortée « d’abolition » de la médecine chinoise ressemble étrangement à ce que l’on vit en ce moment en France, mais aussi en Espagne, à savoir la polémique contre les « fake-medicine » qui tend à discréditer l’acupuncture [[5]]. En lisant les brèves, ces polémiqueurs auraient pu constater les nombreuses études (ECR, méta-analyses) positives ou même découvrir l’étude d’Anne-Gaëlle Curreaux et coll. objectivant l’intérêt de l’impact de la puncture des points GI4 hegu et RM3 zhongji sur le poids des pertes sanguines lors d’un accouchement par voie basse.

Enfin et pour achever votre périple, explorez l’acupuncture balancée de Benoît Bataille, l’approche globale dans la clinique médicale chinoise de Jean-Marc Eyssalet, l’auriculomédecine et le Réflexe Auriculo-Cardiaque (RAC) de Pilar Margarit Bellver, les considérations énergétiques et climatiques sur l’année Terre – Cochon de Truong Tan Trung,  le gubi  de Robert Hawawini ou enfin par Alain Destribats le zhubin, un pont entre deux mondes qui clôt ainsi votre voyage.

Hermès et de sa demi-sœur Athéna ( IIe EC) - Délos - Grèce
Hermès et de sa demi-sœur Athéna ( IIe EC) – Délos – Grèce

[1]. Karvonis K. Les installations commerciales dans la ville de Délos à l’époque hellénistique, BCH 132, 2008, p. 153-219.

[2]. Frank Sear, Roman theatres : An architectural study, Oxford University Press, 2006, 609 p. 12

[3]. Gourdol JY. Caducées et Serpent d’Asklépios.[Consulté le 09/12/18]. Disponible à l’URL: http://medarus.org/Medecins/MedecinsTextes/divers_institutions/caducee.htm.

[4]. Blayney K.The Caduceus vs the Staff of Asclepius.[Consulté le 09/12/18]. Disponible à l’URL: http://drblayney.com/Asclepius.html

[5]. https://fakemedecine.blogspot.com/2018/01/fakedex-acupuncture.html

Stéphan JM. Invitation au voyage. Acupuncture & Moxibustion. 2018;17(2):140-141.