Il sera beaucoup question de naissance dans ce numéro, car nombreux sont les articles consacrés à l’obstétrique et à la préservation d’une grossesse à mener à terme pour aboutir au miracle de la Vie. Intérêt de la pratique de l’acupuncture sur la maturation cervicale à terme dépassé, prévention de la pré-éclampsie, moxibustion en obstétrique où entre autres sujets sera abordée la moxibustion dans les versions des présentations du siège qui permet ainsi d’éviter souvent les césariennes.
Et en parcourant les autres articles, peut-être serez-vous surpris d’apprendre que le kunlun 昆仑 (60V) facilite l’expulsion pendant l’accouchement et que certains auteurs le contre-indiquent avant le terme parce que sa puncture provoquerait des contractions utérines et faciliterait donc les fausses couches.
Et la médecine coréenne n’est pas en reste car en 2000 ont été mises en place dans le système des spécialistes de médecine coréenne (KM), huit spécialités dont la gynécologie KM (韓方婦人科) et la pédiatrie KM (韓方小兒科).
La médecine traditionnelle coréenne a subi les aléas de l’Histoire pour finir par s’imposer définitivement en 1951 par la loi sur le service médical national (MSA, Gukmin Uiryobeop, 國民醫療法) qui reconnaissait les praticiens traditionnels en tant que médecins. En Chine, Johan Nguyen vous expliquera pourquoi en 1822, il y a eu instrumentalisation de l’Histoire pour que l’acupuncture soit interdite par l’empereur Daoguang. On en subit encore les conséquences qui selon les « trois discours New Age, sceptique et anthropologique post-moderne » engendrent « l’idéalisation à la dépréciation systématique de la médecine chinoise ».
Dépression mélancolique, acouphènes, syndromes méniériformes, entorse aiguë de la cheville, maladie d’Alzheimer, maladie de Parkinson, syndrome ménopausique post-chimiothérapique, diabète non insulino-dépendant, canal lombaire étroit, dysménorhée, sans oublier deux essais concernant l’usage physiologique de nos méridiens, l’interprétation de la tonification et de la dispersion et un reportage sur le 5e Forum International des Études Occidentales sur la Médecine Chinoise dans le Yunnan en Chine font de ce premier numéro de l’année 2018 un passionnant inventaire à la Prévert de ce que l’acupuncture et techniques associées peuvent apporter à l’être humain, de la naissance à la mort.
Indissociables des paysages de Flandre, les moulins à vent du Nord de la France, tels que celui de Watten de neuf mètres de haut au sommet du mont culminant à soixante-douze mètres, se dresse fièrement sur son bastion dominant la plaine maritime flamande et l’Audomarois depuis 1731, date de sa construction [[1]]. Face au vent, il servait à moudre du grain. Dans nos contrées, dès le Moyen-Age, les deux éléments naturels que sont l’eau et le vent ont été domestiqués par l’homme, permettant de conquérir des terres nouvelles sous le niveau de la mer. Ainsi, les moulins à vent ont été utilisés dans l’Audomaroiss pour drainer l’eau autour de Saint-Omer et de Clairmarais et rejeter ainsi le surplus d’eau dans la mer. C’est au XIIe siècle que le comte de Flandre, crée les « Wateringues » pour coordonner l’action collective de drainage de la plaine entre Watten, Calais et Dunkerque. L’eau était rejetée dans des fossés et canaux appelés watergangs. Ces moulins étaient équipés d’une roue à palettes et pouvaient remonter jusqu’à deux mètres d’eau afin de drainer le marais audomarois.
L’approche analogique de l’acupuncture fait correspondre l’élément Vent feng avec le Bois et les méridiens de Foie et de Vésicule Bilaire ; et, l’élément Eau shui 水 avec ceux de Rein et Vessie. Le fengshui (風水), art traditionnel extrême-oriental, littéralement « le vent et l’eau » » a pour but d’apporter à un site de travail ou d’habitat un environnement harmonieux propice au bien-être, à la santé et la qualité de vie de ses occupants en tenant compte justement de l’interaction des cinq phases (Eau, Bois, Feu, Terre, Métal, Feu), du yin et du yang, ect. [[2]]. Toujours par analogie, la mare ou encore traduit par piscine 池 est en rapport avec l’eau. Ainsi dire que si le Rein est en insuffisance par Vide de yin (élément Eau), le Bois (Foie-Vésicule Biliaire) dans le cycle d’engendrement sheng ne sera pas nourri et de ce fait l’élévation du yang de Foie s’ensuivra, cause de Vent interne. Il est alors nécessaire selon les principes de la médecine chinoise de tonifier la Racine (ben), le Rein, mais aussi le Foie afin d’éviter que ce Vent ne se transforme en tempête, tout comme les ailes d’un moulin s’emballant car non freinées par le pompage de l’eau.
Moulin à vent de Watten -Nord – France
Ainsi fengchi (20VB), mare du vent, point du méridien de Vésicule Biliaire, point de croisement avec le méridien du Triple Réchauffeur (sanjiao shushaoyang), du yangweimai et du yangqiaomai a pour indications de chasser, éliminer et expulser le Vent, d’améliorer l’audition, d’avoir des effets bénéfiques sur la tête et les yeux, de réanimer la conscience, de « rafraîchir » la tête en fortifiant la Moëlle et le Cerveau [3-5] et aussi selon le professeur Wei Jia d’agir sur les ulcères gastriques (wei wan tong), d’agir sur l’asthme dû au Vent Mucosités en purgeant le Feu du Foie et de la Vésicule Bilaire (dans les troubles de la ménopause), d’agir sur l’alopécie en libérant le qi du Foie déprimé et en régulant le qi du Poumon, de traiter diverses céphalées de type Vent ou par Stase de Sang, les acouphènes, les rhinites, etc. [[6]].
Vous ne serez pas alors étonnés de voir dans « Voyage d’étude en Chine » de Florence Phan-Choffrut que le fengchi est encore cité dans les rhinites allergiques, mais aussi dans les urticaires chroniques (car selon la MTC, maladie classée dans les maladies dues au Vent). Robert Hawawini nous fera part aussi de son expérience du 20VB dans le diabète non insulino-dépendant en association par exemple avec le neiguan 6MC et le taichong 3F car ces points mobilisent la Stagnation du qi du Foie, chassent le Vent, clarifient la Chaleur du Cœur et du Foie en cas d’élévation de son yang (chasse le Vent interne neifeng).
Mais à cette vision toute analogique des choses, on peut y associer aussi l’approche cybernétique qui considère que tout système doit maintenir son homéostasie par des mécanismes d’autorégulation et ses boucles de rétroaction (feedback). Ainsi fengchi (20VB) est un bon exemple de cette action cybernétique. Tout d’abord, c’est un des soixante-trois points majeurs, comme vous pourrez le constater en lisant « Points majeurs, points courants et points secondaires » de Claude Pernice et Johan Nguyen. Dans les vertiges, vous lirez dans les brèves de ce numéro que 20VB accélère la vitesse du flux sanguin en améliorant l’apport sanguin aux artères vertébrales ; mais en cas de migraine et si une électroacupuncture (EA) à une fréquence de 2/15Hz est appliquée, son action serait associée au récepteur cannabinoïde de type 1 avec inhibition du système trigéminovasculaire et de l’inflammation neuronale et/ou modulation des voies descendantes du tronc cérébral. Si on recherche le deqi sur le 20VB, son action dans la migraine est alors davantage liée au système de signalisation du gène de la calcitonine plasmatique (CGRP) et de la substance P (SP) qui serait inhibé. Découvrir aussi qu’en fonction de la fréquence de l’EA, l’effet sur la migraine est différent. A étudier en lisant le long article sur la prévention des migraines par traitement des jingbie.
Et de ce fait, il est peut-être intéressant comme le signale Johan Nguyen dans son éditorial, de s’approprier « les outils des neurosciences, essentiels dans la compréhension de l’acupuncture, tout comme les modalités de preuve en thérapeutique avec l’Evidence-Based Medicine ».
[1]. Office du Tourisme de Watten. [Consulté le 02/12/2017]. Disponible à l’URL: http://www.watten.fr/IMG/pdf/plaquette_moulin_2017.pdf
[2]. Truong Tan Trung Hsr. Comment organiser son habitat selon le fengshui ? Acupuncture & Moxibustion. 2016;15(3):174-181.
[3]. Cobos R, Vas J. Manual de Acupuntura y Moxibustión (libro de Texto). Volumen 1. Beijing: ediciones Morning Glory Publishing; 2000.
[4]. Focks C. et collectif, traduit par Sylviane Burner. Atlas d’acupuncture. Issy-les-Moulineaux : Elsevier Masson; 2009.
[5]. Deadman P, Al-Khafaji M. Manuel d’acupuncture. Bruxelles: Satas; 2003.
[6]. Shan Bao Zhi. Utilisation clinique du point fengchi (20VB) selon l’expérience du professeur Wei Jia. Médecine Chinoise et Médecines Orientales. 1995;13:41-5. [Consulté le 02/12/2017]. Disponible à l’URL: http://www.gera.fr/Downloads/Formation_Medicale/POINT-d-ACUPUNCTURE-approche-THEORIQUE-CLINIQUE-ET-EXPERIMENTALE/Fonctions-et-indications-des-points-d-acupuncture/shan-11985.pdf.
Le but de la médecine chinoise est d’allonger la vie, d’atteindre l’immortalité. Deux animaux, la tortue et la grue sont d’ailleurs liés à cette longévité dans la symbolique taoïste qui imprègne la civilisation asiatique (Vietnam, Japon ou Chine..). La tortue (龜) est l’un des quatre animaux célestes, surnaturels ou bénéfiques de la Chine ancienne, avec le dragon, le qilin (animal composite fabuleux possédant pelage et/ou écailles et une paire de cornes ou une corne unique) et le phénix. Du fait de sa durée de vie exceptionnelle, elle est l’une des allégories de la longévité et symbolise la sagesse et l’immortalité. La voici représentée au sein de la Cité interdite (紫禁城) de Beijing ou le long de la Voie des Esprits à l’entrée de la nécropole impériale des Ming (figure 1).
Tortue au sein de la Cité interdite (紫禁城) de Beijing – Chine
Figure 1. Le Pavillon de la Stèle (beiting) accueille en son centre une énorme tortue, portant sur son dos la plus grande stèle de Chine, haute de dix mètres, fabriquée en 1425. Le Pavillon de la Stèle (Beiting) se trouve sur la Voie des Esprits des Tombeaux des Ming, à environ 50 kilomètres au nord-ouest de Pékin, en Chine. Ce pavillon est une étape emblématique de cette voie sacrée qui mène au mausolée de l’empereur Yongle, dans la nécropole impériale de Changling. La stèle est dédiée aux mérites et vertus de l’empereur Yongle.
En Chine, dès les civilisations protohistoriques (dynastie Xia 夏(2205‐1766 AEC1), Shang 商 (1765-1122 AEC) et Zhou 周 (1121-722 AEC), la tortue permettait la divination par l’étude de son écaille, comme ultérieurement, on utilisa la lecture des hexagrammes du Classique des Mutations (Yijing 易經) [[1]]. On recherchait la volonté du Ciel en brûlant la carapace de la tortue. Et d’après les diverses formes de déchirures, produites sous l’action de la chaleur, les conjectures étaient prononcées. Sous la dynastie Tang, si la carapace était couverte de mousses ou d’algues, c’était ainsi un présage de longévité. Elle pouvait être aussi protectrice des digues du fait de la solidité de sa carapace. Par contre, si quelqu’un dessinait une tortue sur la porte de sa maison, c’était signe d’impudicité et de mauvaise conduite [[2]].
La grue appelée grue à couronne rouge en Chine (丹顶鹤 ; dāndǐnghè) en raison de sa tache rouge vermillon sur la tête, est également surnommée grue des immortels (仙鹤 ; xiānhè), du fait de ses relations avec les huit Immortels, divinités du Taoïsme. En effet, dans la mythologie taoïste, elle les portait sur le dos, servant de monture [[3]] (figure 2). Elle est le symbole de la longévité et fait partie des emblèmes supertitieux qui sont érigés devant les pagodes ou devant l’entrée principale des maisons [1,[4]] (figure 3). Ainsi, un couple de grues sur un petit lac protège la ville de Xian de Shangri-La (Xiānggélǐlā Shi, 香格里拉市), anciennement dénommée Zhongdian (中甸县). De même, dans les peintures murales tibétaines, on retrouve les symboles de « longue vie », comme la biche, la grue, le vieil homme grisonnant avec une longue barbe, l’eau éternellement courante, l’arbre séculaire et les parois rocheuses des montagnes.
Figure 2. Les huit Immortels traversent la mer accompagnés par la grue.Werner ETC. [Consulté le 14/05/2017]. Disponible à l’URL :http://www.gutenberg.org/ebooks/15250.
Figure 3. Peinture murale de grues à Dali (大理), province du Yunnan (Chine)
Figure 4. Un bougeoir, objet ornemental habituel dans les maisons chinoises, représentant une grue, montée sur une tortue d’eau, tenant dans son bec une fleur de lotus. Dans la tradition populaire, la grue symbolise aussi les sentiments durables et la protection, tandis que la tortue évoque davantage la longévité. Ensemble, ils symbolisent donc la longévité, la protection et la sincérité des sentiments (figure 4).
La grue blanche est également le symbole du médecin dans la Chine taoïste, comme signalé dans l’ouvrage de Rosenblatt dont vous trouverez la recension dans ce numéro. Vous découvrirez que l’acupuncture américaine doit beaucoup à un acupuncteur chinois Ju Gim Shek. L’acupuncture en 1968 qui fleurissait en Californie était pratiquée plus ou moins de manière ésotérique [a], s’incrivant dans une certaine altérité de la médecine chinoise. Et justement, le débat est ouvert par Johan Nguyen : le discours ésotérique doit-il toujours faire partie de notre champ professionnel ? N’est-il pas nécessaire pour être crédible vis-à-vis de la communauté médicale d’avoir l’impératif éthique de rompre avec ce discours ? Mais sommes-nous prêts ?
Lisez alors l’article de Nadine Streit, qui relatant sa propre expérience, montre que le patient expert de sa maladie souhaite davantage participer au traitement en partenariat avec les scientifiques et les acupuncteurs en se basant sur la médecine factuelle fondée sur le niveau de preuve (Evidence Based Medicine). Il s’agit de s’éloigner donc de l’altérité de la médecine chinoise et de son ésotérisme promue par certains, mais aussi d’éviter le chant des sirènes de la zététique qui n’hésite pas à comparer l’acupuncture à une pseudo-médecine[b].
Les détracteurs de l’acupuncture en oublient que l’acupuncture est une médecine qui découle de la méthode scientifique. Ainsi, dès l’Antiquité, les médecins chinois ont développé des méthodes scientifiques rationnelles empiriques (dans le sens philosophique où l’origine de nos connaissances est uniquement attribuée à l’expérience et non à une quelconque Révélation dogmatique). L’empirisme procède de modes de connaissance dérivés de l’expérience et de la logique et elle accompagna ainsi la naissance de la science moderne, caractérisée par sa mathématisation et son utilisation massive de la méthode expérimentale. Ainsi suite à l’influence européenne des jésuites, médecins officiels de l’empereur lors de leur arrivée en Chine aux XVIe et XVIIe siècles, les acupuncteurs chinois ont adapté rapidement leur pratique au nouveau paradigme de la médecine scientifique moderne [[5]]. Actuellement, la méthode scientifique désignant l’ensemble des démarches nécessaires pour obtenir des connaissances scientifiques par le biais d’instruments fiables est et doit être à la base de la validation de l’acupuncture. Elle est basée sur la reproductibilité et la réfutabilité qui nous protègent de la subjectivité.
L’outil majeur que la médecine possède donc dans sa démarche scientifique est la médecine factuelle basée sur l’évaluation. Pour vous en faire une idée, lisez justement l’évaluation du traitement des entorses aiguës de la cheville par point distal unique, ou bien les brèves d’acupuncture dans lesquelles des méta-analyses objectivent l’efficacité de l’acupuncture dans la maladie de Parkinson, les troubles de l’articulation temporo-mandibulaire ou les troubles psychologiques dans la grossesse. Et toujours dans cette optique de la démarche scientifique, on n’oubliera pas qu’avant d’avoir évaluation, il est nécessaire d’avoir des cas et des études cliniques. Ainsi sont abordées dans ce numéro de nombreuses pathologies traitées par acupuncture : rhinites saisonnières dites allergiques, épuisement physique et mental par excès ou inactivité professionnelle, libido féminine, myasthénie oculaire associée à une anosmie, maladies dégénératives traitées par la théorie du yinhuo, troubles du sommeil chez une patiente atteinte de schizophrénie et la perte de poids chez les patients obèses souffrant d’anémie ferriprive. Les études expérimentales sont également abordées : les effets de l’acupuncture sur un modèle expérimental de dépression chez le rat, les études par imagerie par résonnance magnétique fonctionnelle, etc. chez des volontaires sains ou animaux de laboratoire à la recherche du substratum du méridien.
En tant que médecine à part entière, il est clair que le prix à payer pour que l’acupuncture puisse avoir enfin réellement droit de cité au sein de l’enseignement Universitaire, c’est de l’éloigner de l’ésotérisme, mais aussi de celui de la pseudo-médecine, tout en faisant confiance à la démarche scientifique de la médecine factuelle.
Notes
[a]. René Guénon (1886-1951) qui est considéré par beaucoup comme une autorité de l’ésotérisme définit l’ésotérisme comme étant du domaine de l’intérieur pour un public restreint et se comprend par son contraire l’exotérisme qui est du domaine de l’extérieur pour un public ouvert. Dans l’ésotérisme, l’enseignement oral est réservé au cercle restreint d’initiés et de disciples réguliers. Ainsi, le taoïsme, par exemple dans son aspect relatif à la quête d’immortalité peut être considéré comme étant de nature ésotérique. Pour Riffard PA, l’ésotérisme est un « un enseignement occulte, doctrine ou théorie, technique ou procédé, d’expression symbolique, d’ordre méta-physique, d’intention initiatique. Le druidisme, le Compagnonnage, l’alchimie sont des ésotérismes. ». Riffard PA. Dictionnaire de l’ésotérisme. 1e éd.Paris : Payot; 1983.
[b]. La zététique est définie comme « l’art du doute » par Henri Broch. Elle se destine aux théories respectant le critère de discrimination de Karl Popper qui met l’accent sur l’idée de réfutabilité par l’expérimentation ou l’échange critique comme critère de démarcation entre science et pseudo-science. Elle est présentée comme « l’étude rationnelle des phénomènes présentés comme paranormaux, des pseudosciences et des thérapies étranges ». Broch H. Université Nice Sophia Antipolis. [Consulté le 3 mai 2017]. Disponible à l’URL : http://www.unice.fr/zetetique.
Références
[1]. Granet M. La Civilisation chinoise. 1e Ed. Paris: la Renaissance du livre; 1929. [Consulté le 14 mai 2017]. Disponible à l’URL : https://www.chineancienne.fr/d%C3%A9but-20e-s/granet-la-civilisation-chinoise/.
[2]. Doré H. Recherches sur les superstitions en Chine, première partie : les pratiques supertitieuses.quatrième volume. Tome II, 4(35). 1e Ed. Chang-Hai: Imprimerie de la Mission Catholique à l’orphelinat de T’ou-sè-wè ; 1912. [Consulté le 14 mai 2017], Disponible à l’URL : http://fr.calameo.com/read/00021549889ad38150d20.
[3] Werner ETC. Myths & Legends of China. New York: George G. Harrap & Co. Ltd; 1922.
[4]. Doré H. Manuel des superstitions chinoises ou petit indicateur des superstitions les plus communes en Chine. 1e Ed. Chang-Hai: Imprimerie de la Mission Catholique à l’orphelinat de T’ou-sè-wè ; 1926. [Consulté le 14 mai 2017], Disponible à l’URL : https://www.chineancienne.fr/d%C3%A9but-20e-s/dor%C3%A9-manuel-des-superstitions-chinoises/#extrait01.
[5]. Bossy J. Histoire de l’acupuncture en occident : exotisme–ésotérisme et opposition au rationalisme cartésien, complémentarité au système médical occidental. Méridiens.1980;49-50:13-54.
Ces figurines en terre cuite dont l’une a le visage en forme d’oiseau représentent la déesse Astarté, divinité constamment associée à Baal. Elle est l’élément féminin du couple suprême qu’elle forme avec lui, le dieu sémitique, cananéen, puis phénicien. Baal est un élément théonymique générique d’un dieu, qui lorsqu’il est accompagné d’un qualificatif ou adjonctif, donne l’aspect adoré. Ainsi, on aura Baal Shamen, dieu du ciel ; Baal Bek, le Baal solaire ; le dieu sémite Belzébuth ; Baal Hammon, le dieu des Carthaginois. En fait, Baal est devenu l’appellation punique de nombreux dieux d’origine sémite dont le culte a été célébré depuis le IIIe millénaire avant notre ère. Le temple de Baal (ou Bêl) le plus tristement célèbre est celui de Palmyre en Syrie qui a été inscrit au patrimoine mondial par l’Unesco en 1980, mais détruit à l’explosif le 30 août 2015 par l’État islamique [[1]]. Et ici, ces figurines datées de l’âge de bronze de -1600 à -1050 ans avant notre ère ont été retrouvées sur l’île de Chypre, l’île d’Aphrodite, qui était sous domination phénicienne vers -1200 ans avant notre ère. Astarté est une déesse connue dans tout le Proche-Orient, de l’âge du bronze à l’Antiquité et est l’équivalent de la déesse mésopotamienne Ishtar (vénérée autant chez les Assyriens que les Babyloniens), Tanit pour Carthage, Sidon et Tyr et toute la Phénicie.
Astarté – figurines de l’âge de bronze de -1600 à -1050 ans AEC – Chypre
Plus tard, elle a été assimilée à Aphrodite en Grèce, Vénus à Rome. On retrouve d’ailleurs dans le culte d’Aphrodite, née de l’écume de mer à Petra tou Romiou non loin de Paphos en Chypre (voir photo), les principaux traits de celui d’Astarté [[2]]. Astarté est liée à la fécondité et à la fertilité tout comme Artémis (Diane pour les Romains) le sera ultérieurement mais en tant que déesse de la fécondité, de la chasse, de l’enfantement, des jeunes filles [[3]] alors qu’Aphrodite sera davantage consacrée à l’amour, la beauté et à la sexualité. Fertilité qui est grandement augmentée dans les fécondations in vitro car l’acupuncture augmente le pourcentage de grossesse clinique. Fertilité qui fait l’objet de nombreux travaux en acupuncture puisque cent-cinq essais contrôlés randomisés sont parus depuis vingt ans. Et qui dit fertilité dit enfant.. à lire donc l’enquête de Séverine Roos-Bernard sur l’acupuncture en pédiatrie, tout comme la recension consacrée au shonishin, l’acupuncture japonaise pédiatrique qui permet de soigner les enfants sans aiguilles. A connaître car c’est un merveilleux champ d’activité qui peut s’ouvrir à vous, de la même manière que l’hypnose associée à l’acupuncture fera des merveilles en gynéco-obstétrique ou en anesthésie.
Petra Tou Romiou – Rocher de Vénus – Paphos – Chypre
[1]. Unesco. Le site de Palmyre. [Consulté le 28/12/2016]. Available from URL : http://whc.unesco.org/fr/list/23 .
[2]. Brooklyn Museum New York. Astarte. Astarte. [Consulté le 28/12/2016]. Available from URL : https://www.brooklynmuseum.org/eascfa/dinner_party/heritage_floor/astarte
[3]. Stéphan JM. Artémis, Chasseresse et Déesse de la Fécondité. Acupuncture & Moxibustion. 2014;13(2):80.
A Beijing, du haut des 108 mètres de la colline de Charbon (煤山), on peut observer les toits mordorés caractéristiques de la Cité interdite noyés dans le brouillard trop souvent habituel. Au nord de celle-ci, Meishan est un monticule artificiel de débris, remblais provenant des constructions du palais impérial. Il fut édifié en 1420 sous le règne de l’empereur Yongle de la dynastie Ming. Certains pensent que son nom proviendrait du charbon que l’on entreposait au pied de la colline, ou bien de la terre noire comme du charbon, extraite lors de la construction des immenses douves qui entourent la Cité, d’autres enfin citent une vieille légende qui prétend qu’un empereur de la dynastie des Liao (Xe-XIe siècle) aurait enterré un dépôt de charbon à l’emplacement du futur jardin impérial Yuan et de la future colline. Quoi qu’il en soit, cette colline qui offre un magnifique panorama sur la Cité interdite, répond aux principes du fengshui (風水), littéralement « le vent et l’eau ».
Colline du Chardon – Pékin – Chine
Cela a pour but d’harmoniser le qid’un site afin de favoriser le bien-être, la santé et la prospérité de ses occupants. Ainsi Meishan, se plaçant au nord de la Cité interdite, protège l’Empereur des influences néfastes septentrionales. Si vous voulez en savoir davantage sur le fengshui et l’école de la boussole (figure : tortue boussole fengshui en bois exotique avec les signes du zodiaque chinois sur le dos), lisez l’article de Henri Truong Tan Trungsr.
A découvrir aussi dans ce numéro très éclectique comment les pouls varient avec la Chaleur, la place de la diététique chinoise dans les troubles psychiques, le traitement des pathologies liées à l’environnement, les observations cliniques complexes traités par acupuncture, l’approche thérapeutique des parodontoses. Pour poursuivre cet inventaire à la Prévert, il ne faudra pas manquer la revue de littérature sur l’efficacité de l’acupuncture dans les soins de supports en oncologie, l’intérêt de l’électroacupuncture dans les nausées-vomissements, la maturation cervicale et l’induction du travail en obstétrique, l’origine de l’auriculothérapie vue sous l’angle épistémologique, les apnées obstructives du sommeil et last but not least, le syndrome post-traumatique lié aux violences faites aux femmes qui n’est pas sans rappeler celui des hommes lors de la guerre du Golfe traité également par acupuncture [1].
1. Conboy L, Gerke T, Hsu KY, St John M, Goldstein M, Schnyer R. The Effectiveness of Individualized Acupuncture Protocols in the Treatment of Gulf War Illness: A Pragmatic Randomized Clinical Trial. PLoS One. 2016 Mar 31;11(3):e0149161.
A plus de 1600 m d’altitude dans les Cameron Highlands en Malaisie, les brugmansias se dressent au milieu des plantations de thé. Ce sont des arbustes, longtemps confondus avec les daturas car comme eux possèdent des fleurs ayant la forme de trompettes (d’où son autre nom de trompette des anges ou trompette du jugement). La principale distinction entre les deux genres vient du fait que les brugmansias sont des arbustes aux fleurs tombantes, en clochettes, alors que la plupart des daturas sont des plantes herbacées avec des fleurs érigées. Les deux plantes sont cependant très voisines et sont autant toxiques l’une que l’autre. En Chine, du Xe au XVIIe siècle, le datura stramonium (曼陀罗属 man tuo luo shu), que l’on trouve également dans nos régions, était utilisé dans un mélange de vin et de cannabis préconisé comme anesthésique ou bronchodilatateur [[1],[2]].
Plus riches en alcaloïdes que les daturas (en scopolamine et en atropine notamment), les brugmansias sont responsables de graves intoxications pouvant engendrer un syndrome anticholinergique induit par les alcaloïdes du système nerveux central, caractérisé par fièvre, délire, hallucinations, pouvant aller jusque la paralysie flasque, les convulsions et le décès [[3],[4]]. En effet, les alcaloïdes contenus dans la plante (notamment la scopolamine) provoquent une inhibition compétitive post-synaptique des récepteurs cholinergiques muscariniques. Les propriétés psychotropes de ces plantes sont connues depuis longtemps et utilisées par certaines ethnies d’Amérique à des fins médicinales ou lors de rituels initiatiques ou chamaniques car entraînant des hallucinations délirantes. L’atropine, la scopolamine et l’hyosciamine induisent un état de conscience confusionnel assimilé à une phase de début de psychose aigüe où surviennent des hallucinations véritables. Les usagers consomment ces plantes pour vivre une expérience introspective avec la sensation de rêve éveillé et d’avoir de puissantes hallucinations auditives, visuelles, tactiles, etc. Par ailleurs, cela engendre une insensibilité à la douleur. Ainsi la scopolamine est utilisée dans le traitement symptomatique des manifestations douloureuses aiguës liées aux troubles fonctionnels du tube digestif et des voies biliaires mais aussi dans les manifestations douloureuses aiguës en gynécologie. Ce numéro d’Acupuncture & Moxibustion se consacre justement pour une grande part aux algies : céphalée, douleurs post-zostériennes, douleurs réfractaires, algies postopératoires du premier jour, douleurs allodyniques d’amputation des membres et électroacupuncture dans les algies obstétricales. On pourra ainsi découvrir ou redécouvrir comment l’acupuncture ou l’électroacupuncture peut, comme le brugmansia, intervenir entre autres sur ces récepteurs cholinergiques muscariniques.
Brugmansias – plantations de thé -Cameron Highlands – Malaisie
[1]. Flora of China. [Consulté le 12/06/2016]. Available from URL: http://foc.eflora.cn/content.aspx?TaxonId=200020520.
[2]. Richard D, Senon JL, Valleur M. Dictionnaire des drogues et des dépendances, Larousse, 2009.
[3]. Isbister GK, Oakley P, Dawson AH, Whyte IM. Presumed Angel’s trumpet (Brugmansia) poisoning: clinical effects and epidemiology. Emerg Med (Fremantle). 2003;15(4):376-82.
[4]. Kim Y, Kim J, Kim OJ, Kim WC. Intoxication by angel’s trumpet: case report and literature review. BMC Res Notes. 2014;7:553.
La médecine chinoise offre avec la diététique un moyen de traiter la maladie de manière prophylactique. Au cours d’un repas, on pense régulièrement à harmoniser les cinq saveurs (acide, amère, douce, piquante, salée) qui nourrissent les Viscères (respectivement Foie, Cœur, Rate, Poumons, Reins) mais, moins souvent à la nature de l’aliment selon la théorie des quatre Energies (Froid, Fraîcheur, Chaleur ou Tiédeur). On doit penser également à la texture, à la forme de l’aliment et à la couleur, comme ici ces pâtes vertes, rouges, blanches, jaunes (manque la couleur noire) que l’on retrouve sur tous les marchés du Yunnan. Ainsi, au cours d’une grossesse, la diététique dont la nature (xing) des aliments yin dits frais ou froids ou les aliments yang dits chauds et tièdes sans oublier les aliments de nature neutre, sera à privilégier car harmonise le yin, yang, le xue et le qi [[1]]. Et la couleur est essentielle parce que comme le fait remarquer Henri Truong Tan Trungsr dans son article « Diététique : saveurs et nutrition », mise à jour de son précédent article paru en 1997 [[2]], « contribue aux plaisirs des yeux et au shen du Coeur ». Oui, la diététique est même préventive dans le cancer [[3]], où chaque aliment choisi selon les règles de la médecine chinoise peut contribuer à la protection contre les tumeurs.
Dans ce numéro, il sera question aussi de la place de l’acupuncture dans la sclérose en plaques, dans le canal lombaire étroit ou de l’électroacupuncture dans les céphalées primaires. Peut-on traiter sans risque une femme enceinte par acupuncture ? Quelle peut être la place de l’électroacupuncture dans les douleurs du travail lors de l’accouchement ou de la moxibustion dans les soins de support du cancer ? La rhumatologie : quel est l’état de l’évaluation en 2015 ? Que pensez de la nomenclature des points d’oreille ? Autant de questions qui trouveront leurs réponses dans ce premier numéro de l’année du Singe.
pâtes du Yunnan – Chine
[1]. Stéphan JM. Recension. Nourrir la vie par Patricia Duchateau. Acupuncture & Moxibustion. 2014;13(1):72.
[2]. Truong Tan Trung Hsr. Diététique et nutrition. Revue Française de MTC.1997;173:17-23.
La médecine chinoise comporte cinq disciplines : l’acupuncture et moxibustion 针灸 (zhenjiu), la pharmacopée, les massages tuina, la diététique et les exercices énergétiques (taijiquan et qigong). Au Karolinska Institutet à Stockholm, le 7 décembre 2015, le prix Nobel de médecine a été remis à la pharmacologue chinoise Tu Youyou qui a mis à l’honneur la médecine traditionnelle chinoise et les Classiques médicaux dont elle s’est inspirée, en particulier le Zhou Hou Bei Ji Fang, le « Manuel de Prescriptions des Urgences » écrit par Ge Hong (284-346). C’est le développement pharmaceutique de la substance antipaludique l’artémisinine, extraite de l’armoise annuelle (artemisia annua L.) qui est surtout célébré par le Nobel [1,2]. Surplombant en contrebas un immeuble rouge en forme de pagode dans le Yunnan au sud-ouest de la Chine, la grande plante herbacée aux tiges élancées de couleur rouge-violacée est l’artemisia vulgaris, une autre armoise utilisée dans la moxibustion, tout comme l’artemisia absinthum de la même famille des Astéracées le sera dans la fabrication de l’absinthe, Muse au yeux verts des poètes comme Rimbaud, Baudelaire, Verlaine et tant d’autres artistes. Ce numéro sera l’occasion de parler de la pharmacopée chinoise dont Marc Fréard étudie deux formules banxia xiexin tang et zhishi xiaopi wan au travers des Classiques comme le Shanghanlun, le Jingui yaolüe fanglun et le Lanshi micang. Je vous laisse aussi découvrir que malgré ses bienfaits thérapeutiques démontrés par IRMf, la moxibustion peut être source d’effets indésirables pour chaque praticien. Découvrez aussi l’intérêt de l’électroacupuncure dans l’anxiété, la constipation chronique et surtout dans les céphalées primaires par l’article de physiopathologie acupunturale d’Olivier Cuignet. Grande première, l’analyse épigénétique réalisée par Ariane Giacobino, Marc Petitpierre et Hong Guang Dong montre que l’une des actions de l’acupuncture pourrait être une régulation de l’activité des gènes, entraînant ainsi dans le cas particulier du stress une augmentation de la production du BDNF (Brain Derived Neurotrophic factor). Fabienne Taugwalder observe que l’acupuncture doit jouer un rôle de premier plan dans la préparation à la naissance des femmes désirant accoucher par voie basse après un premier accouchement par césarienne. Découvrez aussi les études traditionnelles de médecine chinoise de Robert Hawawini, Henning Strom, Henri Truong Tan Trungsr sans oublier le reportage de Patrick Sautreuil sur la relation entre mathématiques et médecine chinoise.
Armoise Xian de Shangri La – Yunnan – Chine
Tu Y. Discovery of Artemisinin – A gift from Traditional Chinese Medicine to the World. Available from: URL: http://www.nobelprize.org/nobel_prizes/medicine/laureates/2015/tu-lecture-slides.pdf.
Tu Y. The discovery of artemisinin (qinghaosu) and gifts from Chinese medicine. Nature Medicine. 2011;17:1217-1220.
Les galeries du « Bayon » sont ornées de sculptures qui décrivent la vie des Khmers ainsi que de nombreuses scènes de guerre. Temple central de l’ancienne ville d’Angkor Thom au Cambodge, capitale des souverains Khmers au début du XIIIe siècle, le « Bayon » est le dernier des « temples-montagnes » du site d’Angkor, bâti par Jayavarman VII (règne de 1181 à 1220), restaurateur de la puissance du royaume. Sa décoration est d’une exceptionnelle richesse, à l’apogée de l’art bouddhique mahāyāna. Sa structure compte cinquante-quatre tours ornées de deux-cent-seize visages monumentaux du Bodhisattva Avalokiteshvara qui expriment par un sourire distant, énigmatique à la fois la puissance, l’autorité et la bienveillance. Sous le règne de Jayavarman VIII, vers 1350, le temple fut ensuite converti à l’hindouisme.
Aidée par une matrone, une femme est ici en train d’accoucher. Ce bas-relief de la galerie extérieure sud, côté est du « Bayon » montre une scène bien connue d’accouchement à la khmer, une scène triviale de la vie courante qui tranche de celles de la vie spirituelle exprimée par toutes les nombreuses Apsaras, nymphes célestes d’une grande beauté, sorties de la littérature védique du Rig-Véda, mais aussi du Mahabharata, et qui ornent tant de murs d’Angkor Thom et d’Angkor Vat, le plus grand temple d’Angkor au Cambodge.
La médicalisation de l’accouchement que nous connaissons de nos jours l’est depuis les années 1930, suite à une baisse significative du nombre d’accouchements à la maison, de la concurrence des médecins dans le domaine de la grossesse et de l’augmentation du nombre de services d’obstétrique. La fin de l’accouchement à domicile avait commencé à cette époque en rapport avec la médicalisation de l’enfantement, et, la maternité comme un passage obligé [[1]]. Et si le renouveau de la sage-femme, comme profession indépendante et responsable de structure autonome dirigée par elles-mêmes, telles les Maisons de Naissance qui sont en expérimentation depuis 2013 [[2]], passait aussi par leur activité et savoir-faire en acupuncture. Lisez pour vous en convaincre l’article d’Amélie Gallet et Laura Levallois qui objectivent que l’acupuncture paraît être une bonne alternative dans l’induction du travail lors de la rupture prématurée des membranes à terme. Cela semble de ce fait, soutenir le processus naturel de l’accouchement, processus que l’on souhaite mettre en valeur dans ces Maisons afin d’éviter la surmédicalisation de la grossesse.
Accouchement – Galerie du Bayon (12e siècle) – Angkor Thom (Patrimoine mondial de l’UNESCO 1992) – Cambodge
1. Jacques B. De la matrone à l’obstétricien : quel partage des rôles pour les professionnels ? La santé de l’homme. 2007;391:20-22. [consulté le 05/09/2015]. Available from URL: http://www.inpes.sante.fr/slh/articles/391/02.htm.
2. Sénat. Loi autorisant l’expérimentation des maisons de naissance : Loi n° 2013-1118 du 6 décembre 2013 parue au JO n° 284 du 7 décembre 2013. [consulté le 05/09/2015]. Available from URL: http://www.senat.fr/dossier-legislatif/ppl10-548.html.
Notre ami Pierre Dinouart-Jatteau a rejoint le Panthéon des Grands de l’Acupuncture. Pierre était rédacteur en Chef de la revue depuis sa création en 2002.
Nous avons tous en mémoire ses articles. Sa connaissance de la langue et de la médecine chinoise était un réel atout pour nous. Malgré la maladie, il continuait encore à traduire les textes de la Who International Standard Terminologies on Traditional Medicine in the Western Pacific Region. Vous pourrez d’ailleurs lire son dernier opus dans ce numéro. Le voici ici au congrès de la FA.FOR.MEC à Lyon en 2005 où avec Philippe Castera, il présentait « Instances psychiques et cinq mouvements selon le Lingshu 8». La même année, il participait au débat sur « Entrée ou sortie de Chine ? » qui alimenta pendant quelques numéros les colonnes de notre revue et nous expliqua que la « pulsologie est de la sphygmologie ». Pierre n’est plus mais il est toujours dans nos esprits.
Vous trouverez également dans ce numéro l’hommage de Claude Pernice qui l’a côtoyé durant de nombreuses année ainsi que deux autres rendus à Georges Willem, médecin pédiatre acupuncteur qui nous fit comprendre ce que l’acupuncture pouvait apporter à la posturologie et Marc Piquemal, médecin et ingénieur en électronique, autre grande figure de notre revue qui nous fit découvrir la complexité de la biophysique.