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Prophylaxie de la rhinite allergique saisonnière : étude d’un protocole de traitement chronoacupunctural à partir d’un cas clinique pédiatrique

Igreja do Santissimo Sacramento (XVIIIe) - Pelourinho - Salvador De Bahia - Pelourinho - Brésil
Igreja do Santissimo Sacramento (XVIIIe) – Pelourinho – Salvador De Bahia – Pelourinho – Brésil

Résumé. Introduction. La base de la Médecine Chinoise s’appuie sur le concept du Temps et de ses Rythmes. Les Branches Terrestres (地支, dìzhī) et les Troncs Célestes (天干, tiāngān), à l’origine du cycle sexagésimal, permettent de prévoir l’émergence d’une éventuelle chronopathologie. À différencier de la rhinite perannuelle, la rhinite saisonnière en rapport avec certains facteurs environnementaux est de ce fait l’une de ces chronopathologies que l’on pourrait prévenir.

Méthodes. Une étude épidémiologique de type cas-témoins portant sur sept-mille-trois-cent-quarante-deux actes vus en cabinet médical a évalué ainsi les possibles liaisons entre les saisons et la chronopathologie. Un protocole de traitement acupunctural appliqué par moxibustion électrique chez un enfant présentant une rhinite allergique saisonnière invalidante a été ainsi mis en place.

Résultats. Il s’avère que la finesse des observations chinoises corrélant ainsi les allergies au printemps avec le couple zujueyin (Foie) – zushaoyang (Vésicule-Biliaire) est confirmée, selon la méthode du cosinor, par la découverte d’un rythme circannuel des syndromes allergiques avec une acrophase printanière. Par ailleurs, ce protocole mis en pratique chaque année chez cet enfant vu à la fin de l’hiver, et cela pendant neuf ans, a permis de réduire nettement la prise des antihistaminiques. La qualité de vie s’en est trouvée améliorée avec disparition quasi-complète de la rhinite, de la conjonctivite et du prurit. La recherche du mode d’action physiopathologique par acupuncture expérimentale, l’état des lieux des méta-analyses et des essais comparatifs randomisés (ECR) objectivent qu’effectivement la chronothérapie par acupuncture à visée préventive offre une perspective de traitement non négligeable dans la rhinite allergique saisonnière.

Conclusion. La chronoacupuncture et ses techniques associées apportent une contribution utile, efficace et sans effets indésirables dans la prophylaxie de la rhinite allergique saisonnière.

 Mots clés : Moxibustion – allergie – rhinite allergique saisonnière – chronoacupuncture – printemps – cosinor – prophylaxie – pédiatrie.


Prophylaxis of seasonal allergic rhinitis: study of a chronoacupunctural treatment protocol from a pediatric clinical case

 Summary. Introduction. The basis of Chinese Medicine is based on the concept of Time and its Rhythms. The Terrestrial Branches (地支, dìzhī) and the Celestial Stems (天干, tiāngān), at the origin of the sexagesimal cycle, make it possible to predict the emergence of a possible chronopathology. To be differentiated from perennial rhinitis, seasonal rhinitis related to certain environmental factors is therefore one of these chronopathologies that could be prevented.

Methods. A case-control type epidemiological study of seven thousand three hundred and forty-two acts seen in a doctor’s office thus assessed the possible links between the seasons and chronopathology. An acupunctural treatment protocol applied by electrical moxibustion in a child with debilitating seasonal allergic rhinitis has been set up.

Results. It turns out that the fineness of the Chinese observations thus correlating the allergies in spring with the couple zujueyin (Liver) – zushaoyang (Gall Bladder) is confirmed, according to the cosinor method, by the discovery of a circaannual rhythm of allergic syndromes with a spring acrophase. In addition, this protocol put into practice each year in this child seen at the end of winter, and this for nine years, made it possible to significantly reduce the intake of antihistamines. The quality of life was improved with almost complete disappearance of rhinitis, conjunctivitis, and pruritus. The search for the pathophysiological mode of action by experimental acupuncture, the inventory of meta-analyses and randomized comparative trials (RCTs) show that chronotherapy by acupuncture for preventive purposes does indeed offer a significant treatment perspective in rhinitis. seasonal allergy.

Conclusion. Chronoacupuncture and its associated techniques make a useful, effective contribution without adverse effects in the prophylaxis of seasonal allergic rhinitis.

 Keywords: Moxibustion – allergy – seasonal allergic rhinitis – chronoacupuncture – spring – cosinor – prophylaxis – pediatrics.


Introduction

 Diagnostic des rhinites allergiques (RA) selon la médecine occidentale

 Les symptômes cardinaux de la rhinite allergique sont définis par des éternuement en salve, rhinorrhée séreuse, obstruction nasale, prurit nasal, du palais et de la gorge. Peuvent s’y associer dans 60-70% des signes oculaires, un prurit et larmoiement. Les troubles de l’odorat sont en revanche absents ou modérés chez l’adulte. La périodicité des symptômes est également importante à préciser pour débuter l’enquête étiologique. De ce fait, on classe les RA en fonction des symptômes.

Des symptômes présents tout au long de l’année correspondent en règle générale à la rhinite perannuelle liée à des pneumallergènes domestiques, comme la poussière, les moisissures, les acariens.

En revanche, une symptomatologie limitée à certaines périodes de l’année, à certains lieux ou au contact de certains facteurs environnementaux correspond à la rhinite allergique saisonnière.  

Des comorbidités atopiques sont souvent associées. Ainsi l’interrogatoire doit rechercher systématiquement chez le patient ou ses parents au premier degré de l’asthme mais aussi par ordre de fréquence parmi une conjonctivite et une dermatite ; des troubles du sommeil (mauvaise qualité, ronflements, réveils nocturnes). Enfin les symptômes généraux non spécifiques comme l’asthénie, l’irritabilité, la baisse de concentration peuvent exister et permettent d’évaluer l’impact de la rhinite allergique sur la qualité de vie [[1]].

 Prise en charge thérapeutique occidentale

 Le traitement de la RA repose en priorité sur l’éviction allergénique (Grade A)[2], puis les traitements symptomatiques (Grade A) et l’immunothérapie allergénique (Accord professionnel). Les mesures d’éviction les plus nombreuses et les mieux connues concernent les rhinites perannuelles liées aux acariens. L’ensemble des mesures d’éviction physiques, utilisant des housses antiacariens, purificateurs d’air (niveau de preuve 2) ou acaricides (niveau de preuve 2) permet une diminution significative du nombre d’allergènes dans l’environnement intérieur. Idem, l’intérêt d’éloigner un animal lors rhinites perannuelles liées aux allergènes d’animaux domestiques (niveau de preuve 2). Notons que cette mesure est très peu suivie. En ce qui concerne les rhinites allergiques saisonnières, les mesures d’éviction liées à la pollinisation sont peu efficaces et peu évaluées [[3]].

Les traitements par des antihistaminiques de deuxième et troisième génération réduisent efficacement le prurit nasal, les éternuements et la rhinorrhée. L’efficacité sur l’obstruction nasale est cependant souvent partielle. Les antihistaminiques sont simples d’utilisation par une monoprise quotidienne et un excellent profil de tolérance. Pour les formes plus sévères, il est possible d’associer les antihistaminiques et la corticothérapie nasale en cas d’inefficacité d’une monothérapie. Les rhino corticostéroïdes (RCS) sont davantage indiqués dans la RA modérée à sévère après échec des mesures d’éviction, où il est recommandé de les prescrire en première intention, mais avec un niveau de Grade B. En cas de symptômes insuffisamment contrôlés par RCS en monothérapie, il est recommandé de prescrire une association rhinocorticostéroïde-AntiH1 nasal en dose fixe (Grade A).

L’immunothérapie allergénique peut être utilisée en cas de rhinite allergique modérée ou sévère, persistante ou intermittente (saisonnière ou per annuelle) insuffisamment contrôlée par les traitements symptomatiques et les mesures d’éviction des allergènes, mais recommandations faites à la suite d’un accord professionnel.

 La rhinite allergique saisonnière selon les conceptions de la médecine chinoise

 Les Branches Terrestres et les Troncs Célestes

La base de la Médecine Chinoise s’appuie sur le concept du Temps et de ses Rythmes. Les Branches Terrestres (地支, dìzhī) et les Troncs Célestes (天干, tiāngān), à l’origine du cycle sexagésimal permettraient de prévoir l’émergence d’une éventuelle chronopathologie [4-6]. Celle-ci est abordée pour l’essentiel dans les chapitres 69, 70, 71 et 74 du Huangdi Neijing Suwen [[7]]À partir de la prévision météorologique des saisons, les acupuncteurs traditionnels chinois pourraient ainsi déduire la survenue de certains troubles pathologiques.

Selon l’union de la Branche Terrestre et du Tronc Céleste, le climat dominant, agressif en fonction de la saison, peut être déterminé avec installation d’une pathologie chez la personne à risque. D’où l’intérêt de la traiter de manière prophylactique.

Ainsi, deux études chinoises [[8],[9]] commentées par Henning Strøm [[10]], ont essayé d’objectiver une corrélation entre épisodes épidémiques et cycles du calendrier chinois sur une période de 1200 ans durant lesquels deux-cent-soixante-trois épidémies sont survenues. La première étude de Zhang Nianshun conclut qu’il n’y a pas de corrélation sûre. La deuxième étude de Bixian montre par l’astuce de regrouper les Troncs Célestes deux par deux selon l’appartenance aux « cinq éléments ou mouvements » que les épidémies sont en accord avec la cause, c’est à dire le Feu. Elles reviendraient de manière cyclique et surtout pendant « les années Bois qui produisent du Feu, les années Feu qui produisent un excès de Feu », le tout en accord avec la cause : le Feu… » [9] Cependant les chiffres sans évaluation statistique ne sont pas convaincants : une épidémie dépend de trop de variables (guerre, réchauffement climatique, perturbation politique, etc.) pour être prévisible en fonction des Troncs Célestes et des Branches Terrestres [4].

En revanche, selon la théorie des cinq éléments où chaque Organe est attribué à une saison, il serait possible de trouver des manifestations pathologiques ayant un caractère rythmique saisonnier.

 Atteinte selon les 5 Mouvements

Ainsi à partir du Suwen et du Lingshu, les pathologies saisonnières correspondant à chaque méridien ont pu être déterminées. Tous les vais­seaux pourront présenter des symptômes sur leur trajet, des symptômes dus aux atteintes de l’Organe ou de l’Entraille par les Énergies Perverses (Froid, Vent, Chaleur, Humidité, Sécheresse), mais aussi des symptômes en rapport avec un Vide ou une Plénitude de qi [[11]]. Il ne sera pas ici détaillé tous ces symptô­mes. Cependant, en schématisant, on peut dire (figure 1) :

Figure 1. Schématisation des pathologies observées en fonction de la saison.

Durant l’été, quatre méridiens interviennent : Cœur, Intestin Grêle, Maître du Cœur et Triple Réchauffeur. Le couple Cœur, Intestin Grêle touche essentiellement la pathologie cardiaque : troubles du rythme, syncopes, perte de connaissance, précordialgies, palpitations, dyspnée à l’effort et même hypertension artérielle. À cela, il faut ajouter pour le couple Maître du Cœur et Triple Réchauffeur, tous les troubles touchant les fonctions sexuel­les : fécondité accrue, activités sexuelles débordantes ou au contraire stérili­té, frigidité et impuissance en cas de vide énergétique.

 À la fin de l’été (cinquième saison) correspondent les méridiens de Rate Pancréas et d’Estomac. Ils jouent un rôle important sur le métabolisme (obésité), les fonctions endocriniennes (diabète, régulation du cycle menstruel), les troubles digestifs (diarrhées, vomissements, constipation, gastralgies), les troubles circulatoires (insuffisance veineuse ou artérielle), les problèmes rhumatologiques (arthralgies, douleurs musculaires, œdèmes) …

 L’automne contrôle les méridiens Poumons et Gros Intestin. Ce couple, outre sa fonction respiratoire dans les asthmes et les broncho-pneumopathies chroniques, est le maître absolu du qi et va ainsi occasionner les asthénies, les états dépressifs, la mélancolie. Par ailleurs, il sera en relation avec l’épiderme et tout ce qui touche la qualité des phanères et de la peau, d’où les dermatoses : eczéma chronique, psoriasis, acné, mais aussi les chutes de cheveux, les ongles cassants. Il ne faut pas oublier les pathologies de la sphère oto-rhino laryngée et digestive : laryngites, angines, rhinites, pharyngites, sinusites, odontalgies, gingivites, constipation, diarrhées, colo­pathies.

 En hiver, le couple des méridiens Reins et Vessie est à son maximum énergétique. En cas de troubles, les douleurs en rapport avec le système osseux seront au premier plan : douleurs cervicales, dorsales, lombo-sacrées, douleurs des membres inférieurs, céphalées frontales, occipitales avec ou sans acouphènes et vertiges, raideurs osseuses, contractures. La défaillance du Rein explique aussi tous les syndromes infectieux sévères, rebelles, récidivants ou chroniques touchant tout l’organisme : appareil pulmonaire, dermatologique, osseux, viscéral, O.R.L, etc.

 Enfin au printemps sont rattachés les méridiens de Foie et de Vésicule Biliaire. « Le Foie est du domaine du printemps. Son vaisseau, le jueyin, est spécifiquement lié au taiyang (Vésicule Biliaire) ». La pathologie concernera globalement les allergies que ce soient les dermatoses (urticaire, eczéma), ou les manifestations spasmodiques respira­toires (asthme, bronchite, rhinites allergiques…). D’autre part, on retrouvera les tendinites, contractures, crampes, spasmes abdominaux et artériels, les migraines, les acouphènes, les vertiges, les troubles de la vision avec baisse de l’acuité visuelle, les troubles psychiques avec la colère et l’agressivité, mais égale­ment l’anxiété et la dépression.

Dénommé par les chinois le « général des armées », il recouvre effectivement toute la logistique de l’organisme. On pourra évoquera une pathologie Foie devant :

  • Des troubles de la fonction de défense
  • Il sera impliqué dans les allergies et les problèmes immunitaires, ou hypersensibilité aux infections. Il sera la réponse aux agressions extérieures par l’énergie wei [6].

 De ce fait l’objectif de cette étude sera de déterminer globalement dans quelle mesure les pathologies observées varient au cours des saisons, et de faire une corrélation avec les connaissances de la Médecine Traditionnelle Chinoise. Ainsi il s’agira de répondre à la question de savoir si la fréquence des pathologies d’ordre allergique et précisément des rhinites allergiques saisonnières est-elle plus élevée au printemps que lors des autres saisons ?

Une étude épidémiologique de type cas-témoins portant sur sept-mille-trois-cent-quarante-deux actes vus en cabinet médical a évalué ainsi les possibles liaisons entre les saisons et la chronopathologie. Un protocole de traitement acupunctural appliqué par moxibustion électrique, puis électroacupuncture (EA) chez un enfant présentant une rhinite allergique saisonnière invalidante a été ainsi mis en place à visée prophylactique.

  Méthodes

 Etude épidémiologique

 Protocole

Les objectifs

Il s’agit de déterminer globalement dans quelle mesure les pathologies observées varient au cours des saisons et de faire une corrélation avec les connaissances de la Médecine Chinoise. Ainsi il s’agit de répondre aux questions suivantes :

  • La fréquence des pathologies d’ordre allergique est-elle plus élevée au printemps que lors des autres saisons ?
  • Observe-t-on une fréquence accrue des syndromes psychiatriques au printemps mais aussi en automne ?
  • La fréquence des troubles digestifs est-elle plus forte à la cinquième saison ainsi que les douleurs rhumatologiques ?
  • L’automne voit-il une recrudescence des problèmes infectieux pulmonaires, O.R.L. ; et l’hiver celle des algies rhumatologiques et également des syndromes infectieux viraux ?

 Le type d’enquête choisi

Une étude épidémiologique de type cas-témoins rétrospective portant sur 7342 actes médicaux (1987 à 1992) a établi des liaisons entre les saisons et la chronopathologie occidentale. Il a été possible d’estimer l’augmentation de la probabilité d’avoir la maladie quand on est exposé au facteur de risque (en l’occurrence, les saisons), en comparant la fréquence de l’exposition chez les cas et chez les témoins. A donc été calculé pour chaque catégorie de maladies une valeur, le risque relatif estimé (RRE), encore dénommée odds-ratio (OR) avec RRE = A1 A4 / A2 A3 (figure 2).

 Hiver Printemps 
Sujets malades A1    A2   
Sujets indemnesA3   A4     

Figure 2. Calcul du RRE.

Un risque relatif estimé égal à 2 signifiera dans l’exemple qu’en hiver, il y a une probabilité d’avoir la maladie qui est 2 fois plus élevée qu’au printemps. Le risque relatif estimé sera accompagné de son intervalle de confiance à 95% ; le test statistique du Chi² permettra de décider si la valeur du RRE est significativement différente de 1 (si RRE est égal à 1, il n’y a pas de différence entre les groupes comparés).   

 Les critères de sélection des sujets étudiés

Ont été considérés comme atteints tous les sujets ayant les symptômes ou la maladie durant la période choisie dans un échantillon de population générale se présentant dans un cabinet de médecine. Les témoins sont, pour la même période, les sujets indemnes dans un échantillon considéré comme représentatif de la population générale d’une petite ville de 3500 habitants, se présentant pour des symptômes différents dans le même cabinet de médecine générale. Le sexe et l’âge n’ont pas été retenus comme source de biais.

 Les renseignements à recueillir pour chaque sujet observé

Les renseignements ont été classés en sept catégories :     

– pneumologie : bronchites, bronchopneumopathies, toux expectorantes ;

– infectiologie : grippes, varicelles, oreillons, herpès, candidoses, viroses, hépatites virales, zonas ; 

– O.R.L : rhumes, pharyngites, laryngites, rhino-pharyngites, sinusites, otites, angines, trachéites ;

– allergologie : rhino-conjonctivites allergiques, asthme, prurit, urticaire, eczéma, bronchiolites ;

– rhumatologie : lombalgies, lombo-sciatiques, cruralgies, sciatiques, périarthrites scapulo-humérales, névralgies cervico-brachiales, lumbagos, tendinites, cervicalgies, arthralgies, myalgies ;

– psychiatrie : dépressions, syndromes anxio-dépressifs, angoisse, anxiété, insomnie, asthénie fonctionnelle ;

– gastro-entérologie : gastro-entérite, colopathie, gastrite, abdomen aigu, diarrhées, reflux gastro-œsophagien, gastralgies, ulcères, appendicites.

Ont été considérés comme malades témoins les cas d’actes de cardiologie, phlébologie, neurologie, dermatologie, endocrinologie, gynécologie, uro-néphrologie, traumatologie et autres actes n’entrant pas dans le cadre direct de la pathologie étudiée.

 Les saisons

Les saisons ont été découpées de la façon suivante :

– printemps : du 1 mars au 31 mai

– été : du 1er juin au 31 août 

– automne : du 1 septembre au 30 novembre

– hiver : du 1er décembre à fin février.

La cinquième saison a été assimilée à un sous-ensemble de l’été, période allant du 1er au 31 août [4].

Pour chaque pathologie, il sera fait une comparaison des saisons deux à deux : été – automne, été – hiver, été – printemps, automne – hiver, automne – printemps, hiver – printemps ou vice-versa selon les cas. Le risque relatif estimé (R.R.E.) est noté dans un tableau, accompagné de son intervalle de confiance, du test Chi² et du degré de signification p. Le risque relatif estimé est significatif si p est inférieur à 0,05.

  Résultats

Tous les résultats peuvent être retrouvés dans l’article de la revue Méridiens [[12]].

Néanmoins, voici les principales conclusions et celles surtout concernant les allergies.

 Eté – fin de l’été et troubles digestifs, douleurs rhumatologiques

Il y a recrudescence des troubles digestifs en été (R.R.E = 1,32 ; p=0,024) par rapport à l’automne, et par rapport au printemps (R.R.E = 1,36 ; p=0,013). Cela est à mettre essentiellement sur le compte des diarrhées aigües estivales. La Médecine Traditionnelle Chinoise avait ici observé que l’augmentation des troubles digestifs liés au méridien de Rate – Pancréas se retrouvait à la fin de l’été (5e saison). D’où confirmation par les données occidentales (tableau I). De même, à la fin de l’été en Médecine Chinoise correspond les problèmes rhumatologiques (bi humidité). Les études occidentales objectivent un pic de la fréquence des poussées arthrosiques en été, et en hiver pour les maladies de type inflammatoire [4]. On confirme en partie ces données puisque le risque relatif estimé est de 1,32 en été versus hiver (p=0,0085) ; de 1,26 en été versus automne (p=0,031) ; de 1,26 au printemps versus hiver (p=0,017).

 Tableau I. Troubles digestifs plus importants en été versus automne ou printemps.

Automne et pathologies ORL et psychiatriques

On retrouve une recrudescence des états dépressifs en automne par rapport à l’hiver avec un risque relatif estimé à 1,23, statistiquement significatif (p=0,044), avec confirmation de certaines données chinoises. Ainsi l’automne avec son Organe Poumons engendre mélancolie, états dépressifs (tableau II). De même davantage de pathologies ORL en automne (RRE= 1,47 versus été ; RRE= 1,19 versus printemps), mais aussi en hiver avec un RRE à 1,34 (p=0,00053) versus été. Le tout corrobore en partie les données de la Médecine Traditionnelle Chinoise [12].

 Tableau II. Les syndromes psychiatriques plus importants en automne versus l’hiver.

Hiver et pathologies infectieuses pulmonaires

L’hiver offre une recrudescence de la pathologie broncho-pulmonaire que ce soit versus le printemps (RRE=1,46), l’automne (RRE=1,33), ou surtout versus l’été (RRE=2,27 ; p<0,0000001). En fait, en examinant les statistiques, il s’avère que par rapport à toutes les autres saisons, l’été se manifeste par un abaissement important de ces pathologies. Les études épidémiologiques occidentales retrouvent d’ailleurs une baisse de la pathologie estivale opposée au pic hivernal. La Médecine Chinoise considère que la fréquence des maladies pulmonaires s’accroît en automne avec une éventuelle altération énergétique du couple Poumons – Gros intestin, mais aussi en hiver, surtout si l’infection est sévère ou récidivante. 

 Printemps et allergies

On constate que le risque relatif estimé de contracter une pathologie allergique est de 3,15 fois plus élevé en été qu’en hiver (p<0,0000001), et de 2,49 fois plus élevé au printemps qu’en hiver (p<0,0000002). Cela confirme en partie les données de la Médecine Traditionnelle Chinoise : allergie et foie, allergie et printemps (Tableau III).

 Tableau III. Les pathologies allergiques plus importantes au printemps versus automne et hiver mais aussi été versus automne et hiver.

Conclusions

Cette enquête cas-témoins a pu constituer une première approche de la chronopathologie traditionnelle chinoise et elle a objectivé la qualité exceptionnelle des observations des médecins chinois, qui très longtemps avant les occidentaux, avaient compris le rôle des saisons dans la genèse de certaines pathologies.

Pour aller plus loin que cette première partie qui essayait d’objectiver si une saison associée à ses facteurs climatiques pouvait influencer l’apparition d’une pathologie comme les rhinites allergiques, il était intéressant alors d’essayer de déterminer s’il y avait reproductibilité des pathologies à chaque saison, brefs rythmes biologiques, comme l’entend la Médecine Chinoise. En effet, cette étude épidémiologique donne une estimation globale de la probabilité d’avoir la maladie en fonction de la saison sur une période de cinq ans, mais ne permet pas d’objectiver si cela se reproduit de la même façon chaque année. Il est tout à fait possible d’avoir une année avec présentant une pathologie précise, suivie d’une année sans.  Il a fallu donc utiliser le modèle mathématique du Cosinor.

Recherche des rythmes biologiques

 La finesse des observations chinoises qui associaient depuis la nuit des temps le Bois au Printemps, et le Foie aux allergies, doit être confirmée par la découverte, selon la méthode du Cosinor, d’un rythme circannuel des syndromes allergiques avec une acrophase printanière.

 Définition d’un rythme biologique

Le rythme biologique peut être représenté par une fonction sinusoïdale, quantifiée par l’utilisation du modèle mathématique du Cosinor. Cette fonction sinusoïdale correspond à la formule suivante :

                                     Y (t) = M + A Cos (ω t + Φ)

                   (t est le temps; ω est la fréquence angulaire = 2 π / τ )

Cette modélisation permet la description de quatre paramètres.

  • La période τ

C’est la durée d’un cycle complet de la variation biologique, exprimée généralement en unité de temps (seconde, minute, heure, jour ou année). Cet intervalle est mesuré entre deux sommets (acrophase) ou deux creux (bathyphase). Par exemple, le cortisol plasmatique a une période de 24 heures entre les 2 pics de sécrétion. Cette période peut également être exprimée en degrés : 24 heures est équivalent à 360°. À partir de l’étude de ces différentes périodes, on a distingué plusieurs grands domaines de rythmes :

  • Les rythmes ultradiens dont la période τ est inférieure à 20 heures ;
  • Les rythmes circadiens : la période est comprise entre 20 et 28 h, généralement 24 heures ;
  • Les rythmes infradiens dont la période est supérieure à 28 heures, subdivisés eux-mêmes en rythme circamensuel (1 mois), rythmes circannuels (τ = 1 an).
    • L’acrophase Φ

C’est l’intervalle de temps estimé pour atteindre le sommet d’une variation biologique de période τ. C’est la localisation temporelle exprimée, par exemple, en heures et minutes de l’emplacement du pic ou du sommet de la fonction sinusoïdale, mais aussi en degrés (exemple : 1 heure = 15°). À l’opposé, la bathyphase est le moment où la variation biologique est à son amplitude minimale, à l’emplacement du creux.

  • L’amplitude A

C’est la différence des valeurs entre le moment du pic et celui du creux. Elle est égale à la moitié de la variation totale du changement rythmique pour la période considérée.

  • Le mésor M

C’est la moyenne ajustée du rythme de période τ, niveau moyen de la variation biologique rapporté à la durée de la période.

Figure 3. Représentation d’un rythme biologique par le modèle mathématique du Cosinor.

Un rythme biologique (figure 3) peut donc être caractérisé par ce modèle mathématique, à condition que la variation ne s’écarte pas trop de la fonction sinusoïdale et qu’elle soit statistiquement significative par la méthode des moindres carrés [4].

 Recherche des rythmes biologiques

L’étude épidémiologique préalablement effectuée a analysé la relation causale entre la maladie et l’exposition au facteur de risque. On a déterminé une approximation du risque relatif estimé en fonction du niveau d’exposition chez les cas et les témoins.

Mais, cette valeur du RRE, calculée avec un seuil de signification à 5% par le test du Chi², ne montre que l’existence d’une association plus ou moins forte entre des variables de nature qualitative (par exemple : le nombre de gastro-entérites en hiver ou en été).

Il a donc été nécessaire de transformer cette variable qualitative (nombre de cas) en quantitative (pourcentage de cas), afin d’obtenir un mode de description apportant le plus d’informations possibles, et de discuter d’autre part l’importance du RRE. On peut ainsi voir que le risque relatif estimé est malgré tout biaisé vers l’unité et que l’analyse des variances va nettement améliorer les résultats de l’enquête épidémiologique.      

Le rythme circannuel a été recherché pour les sept catégories de pathologies. La méthode du Cosinor a été employée, en utilisant les 7342 actes médicaux concernant le fichier de 1337 patients vus de juin 1987 à mai 1992.

Les dates, mois et années, de chaque maladie ont été soigneusement enregistrées ainsi que le nombre de patients atteints. Les caractères étudiés, c’est à dire les maladies entrant dans les sept classifications, sont distribuées selon une loi normale de type gauss pour chaque saison, surtout qu’il s’agit de grands échantillons.

Il a fallu ensuite comparer les moyennes dans leur ensemble par une analyse des variances (le test global de F : rapport de la variance inter-colonnes sur la variance intra-colonne résiduelle), afin de répondre à la question : les saisons sont-elles équivalentes pour la chronopathologie étudiée ? 

  • Dans l’affirmative, il ne peut y avoir bien sûr de rythme biologique, même si l’enquête épidémiologique montre une probabilité plus forte d’avoir une chronopathologie à une saison donnée.
  • Dans la négative, on procède alors à des comparaisons deux à deux, ce qui permet de discuter du degré de l’association décrite dans le chapitre épidémiologique. Il est donc possible d’objectiver un rythme biologique par la méthode du Cosinor (pour l’explication mathématique, voir annexe 1).

 Détection rythme biologique pour les allergies

L’analyse des variances a donc été réalisée entre les quatre saisons pour les sept catégories de pathologies décrites plus haut. Aucun rythme biologique n’a été objectivé pour les pathologies infectieuses : pour une période de 365 jours, le rythme des maladies infectieuses n’a pas été détecté : l’amplitude A (différence des valeurs entre le moment du pic et celui du creux) ne diffère pas de zéro. Le test F montre : F = 2,1031 avec un p>5%, non significatif. De ce fait, le modèle d’une fonction sinusoïdale est inapproprié. La fonction correspondra davantage à une droite car la variation de l’amplitude est nulle.

Idem pour un rythme des infections ORL : l’hypothèse de l’amplitude nulle ne peut être rejetée. Le test F montre : F = 0,276 avec un p>5%, non significatif. De ce fait, pas de rythme biologique suivant le modèle d’une fonction sinusoïdale. La fonction correspondra aussi à une droite car la variation de l’amplitude est nulle pour une période circannuelle. 

Il n’est pas retrouvé non plus de rythme biologique pour les pathologies infectieuses purement pulmonaires ; pour les algies rhumatologiques, même si celles-ci semblent augmentées à la fin de l’été en rapport avec l’excès d’humidité ; pour les troubles digestifs et les syndromes relevant de la sphère psychiatrique. Ainsi pour ces derniers, on retrouve bien un excès de syndromes psychiatriques en automne, mais excès global sur une longue période de cinq ans, non cyclique, et à relativiser compte tenu du risque relatif estimé tendant vers l’unité (RRE=1,23).

En revanche, pour les pathologies allergiques, l’analyse des variances entre les quatre saisons objective un test F = 9,29 (p=0,00013). Les saisons diffèrent de manière statistiquement significative.

Il y a confirmation des données épidémiologiques : accroissement de la pathologie allergique en été et au printemps versus les deux autres saisons. Pas de différence significative entre l’été et le printemps, automne – hiver, automne – printemps. On peut donc penser à une acrophase de l’allergie située au printemps-été, et, une bathyphase en début d’hiver.

La recherche d’un rythme circannuel est positive. L’hypothèse d’une amplitude A non nulle par l’analyse de variance sur les valeurs de ß et δ est validée : le test F est égal à 7,7411. Cette valeur est statistiquement significative, p = 0,00638.

En appliquant le modèle mathématique du Cosinor, nous obtenons les résultats suivants :

                   – période circannuelle de 365 jours, soit 360° ;   

                   – le mésor M = 4,45 avec un intervalle de confiance à 95% compris entre 3,63 et 5,27 (soit +/- 0,825) ;

                   – l’amplitude A = 0,379 avec un intervalle de confiance à 95% compris entre 0,190 et 0,569

                   – l’acrophase à -120° avec un intervalle de confiance à 95% compris entre -88° et -152°, c’est à dire une acrophase le 1er mai ((intervalle de confiance à 95% : du 30 mars au 3 juin).  Les figures 4 et 5 visualisent ces données.

Figure 4. Distribution mensuelle de la pathologie allergique sur une période de 5 ans.

Figure 5. Rythme circannuel de la pathologie allergique analysé par la méthode du Cosinor.

 Bref, il y a donc une acrophase de l’allergie du printemps au tout début de l’été.               

En conclusion, si l’on démontre qu’il y a effectivement une probabilité de 2,27 fois plus forte d’avoir des infections broncho-pulmonaires en hiver, on ne peut pourtant pas affirmer que cela se répète circannuellement, à la manière du rythme biologique des manifestations allergiques. Même chose pour toutes les autres pathologies. Il peut être possible que la période soit différente. Au lieu d’un an, il peut s’agir d’une période de 60 ans, comme celle du cycle sexagésimal chinois.

Donc selon l’imbrication des Troncs célestes et des Branches terrestres, la pathologie se retrouvera tous les 60 ans par exemple. Malheureusement, cela est difficile à confirmer sur une aussi longue période.

Et les deux études portant sur 1200 ans concernant les épidémies n’ont pas permis de confirmer formellement un rythme biologique [5,8,9,10].

 Quoi qu’il en soit, prévenir les maladies à la lumière des conceptions chinoises des rythmes n’est pas impossible. Il suffit de connaître toutes les données concernant les prévisions météorologiques, ainsi que la chronopathologie des qi en fonction des années du cycle sexagésimal, appliquer les lois citées, puis, piquer les points d’acupuncture en fonction des rythmes. Le cas clinique concernant une rhinite allergique a objectivé que cela était du domaine du possible.

Cas clinique

 Lt V, enfant de 8 ans souffrant depuis quelques années d’une rhino-conjonctivite allergique et d’un prurit généralisé au début du printemps est vu pour la première fois le 3 juin 2014. Sa grand-mère a des antécédents d’asthme allergique. Le bilan allergologique n’a pas été réalisé mais le pollen semble être la source de son allergie, du fait du lieu d’habitation à la campagne.

Son médecin traitant l’adresse pour avis acupunctural car le traitement antihistaminique à base de desloratadine (aérius®), antagoniste sélectif sur les récepteurs-H1 périphériques est insuffisant sur les symptômes et les parents craignent les effets secondaires.

Il est également sous antiallergiques locaux : acide spaglumique (naabak®) pour la conjonctivite et azélastine (allergodil®), antihistaminiques H1 pour la rhinite qui le soulage momentanément.

Un traitement en moxibustion électrique est donc commencé avec l’appareil électrique (Premio 10 moxa Sédatelec ®).

Les points utilisés sont : yintang (29VG – Ex-HN-3), lieque (7P), hegu (4GI), zusanli (36E), yingxiang (20GI), quchi (11GI). Trois séances de 20 mn sont réalisées à une semaine d’intervalle qui améliorent nettement son état.

Il est revu le 6 avril 2015 : le prurit et une hyperhémie conjonctivale commence à s’installer. Une seule séance sera suffisante avec le traitement suivant appliqué en moxibustion électrique : xingjian (2F), taichong (3F), qimen (14F), zhongfu (1P), lieque (7P), hegu (4GI), quchi (11GI), shanzhong (17 JM), zusanli (36E).

L’année 2015 se passe sans qu’il ne s souffrît trop des signes de la sphère allergique.

De ce fait, les parents prennent un rendez-vous l’année suivante en 2016 à titre prophylactique.

Une séance identique est donc réalisée en moxibustion début mars.

Celle-ci sera réitérée une seule fois par an, soit fin février ou début mars de 2017 jusqu’en 2023 à l’âge de 17 ans pour sa rééquilibration printanière. En 2022 et 2023, les points 11GI, 3F, 14F sont utilisés en électroacupuncture à la fréquence de 8Hz (durée d’impulsion 250µs – appareil schwa-medico©) ; les autres points sont puncturés alors que 36E, 17JM, 1P sont toujours moxés électriquement.

 Résultats et Discussion

 Globalement, selon le patient et les parents, les résultats sont très positifs ; le prurit ayant cédé complètement dès 2017 ainsi que la rhino-conjonctivite, mais plus tardivement à partir de 2020.

Comment expliquer l’efficacité ?

L’acupuncture expérimentale sur animaux peut-elle l’expliquer les différents mécanismes physiopathologiques ?

Et existe-t-il des essais comparatifs randomisés ou de méta-analyses ayant le même résultat.

 Acupuncture expérimentale

 La sensibilisation de la muqueuse nasale à certains allergènes aériens entraîne des interactions multiples entre les cellules présentatrices d’antigènes, les lymphocytes Th2 CD4 et les cellules B productrices d’IgE spécifiques des allergènes, qui se lient ensuite aux mastocytes et aux basophiles. En cas de nouvelles expositions aux allergènes, les IgE se fixeront sur les mastocytes, entraînant une dégranulation, d’où libération de médiateurs préformés comme l’histamine et production de médiateurs néoformés comme le leucotriène C4 et la prostaglandine D2. Les cytokines pro-inflammatoires, comme l’IL-4, IL-5 et IL-13 peuvent être également produites à la fois par les lymphocytes Th2 et les mastocytes lors de l’exposition aux allergènes. Ces cytokines régulent à la hausse les molécules d’adhésion sur l’endothélium vasculaire et conduisent à la migration de ces cellules inflammatoires, comme les lymphocytes, les éosinophiles et les basophiles, vers les sites inflammatoires des tissus. Plusieurs cytokines favorisent également la chimiotaxie et la survie de ces cellules inflammatoires recrutées et conduisent à une réponse immunitaire secondaire en raison de leur capacité de favoriser la synthèse d’IgE par les cellules B. Le système nerveux joue également un rôle important en amplifiant et en entretenant les réactions allergiques. Ces modifications inflammatoires réduisent le seuil de réactivité de la muqueuse à divers stimuli spécifiques et non spécifiques, ce qui rend les patients allergiques plus sensibles aux stimuli auxquels ils sont quotidiennement exposés [[13]].

L’acupuncture expérimentale sur l’animal permet de comprendre l’action physiopathologique de l’acupuncture et techniques associées dans le cas de la rhinite allergique avérée mais aussi d’une éventuelle action physiologique prophylactique.

 Physiopathologie de l’action de l’acupuncture et techniques associées sur la rhinite allergique avérée

L’acupuncture et les techniques associées agiraient sur la diaphonie complexe existant entre plusieurs molécules de l’inflammation allergique, mais aussi par une action antihistaminique via une inhibition des récepteurs de l’histamine 1 (H1R) [[14]].

Cette diaphonie se ferait entre les cytokines pro-inflammatoires, les neuropeptides et les neurotrophines.

  • L’acupuncture engendrerait une régulation à la baisse les neuropeptides pro-inflammatoires (SP[15], VIP[16] et CGRP[17]). Or on sait que la substance P et CGRP activent en synergie les monocytes pour libérer les cytokines pro-inflammatoires tels que TNF-α, IL-1β, IL-6 et IL-10. De ce fait, cela limiterait l’inflammation des muqueuses par diminution de la dégranulation des mastocytes, diminution de la vasodilatation et de l’extravasation plasmatique engendrant la congestion nasale.
  • L’acupuncture et techniques associées permettraient aussi la régulation à la baisse des cytokines pro-inflammatoires issues des lymphocytes Th2 (IL-4, 5, 10, 13, etc.)[18] et régulation à la hausse des cytokines issues des lymphocytes Th1 (IFN-γ et TNF-α)[19] produisant ainsi un changement dans l’équilibre Th1/Th2 des cellules T auxiliaires vers une dominance Th1.
  • Et enfin, l’acupuncture et techniques associées réguleraient à la baisse les neurotrophines[20], comme le facteur de croissance nerveuse (NGF, nerve growth factor)[21] ou le facteur neurotrophique dérivé du cerveau (Brain-Derived Neurotrophic Factor, BDNF)[22].

Voici ainsi quelques exemples d’études expérimentales récentes objectivant ces mécanismes physiopathologiques.

Ainsi, sur un modèle de muqueuse nasale atteint de rhinite allergique chez le rat, la stimulation de yingxiang (GI20) et yintang (VG29) soulage les symptômes par régulation négative des récepteurs H1 (H1R) et H4 de l’histamine [[23]].

Dans un modèle murin de rhinite allergique, l’acupuncture et la moxibustion à Artemisia vulgaris au niveau du yingxiang (20GI), présentent un effet antiallergique et anti-inflammatoire par régulation de la différenciation cellulaire des lymphocytes auxiliaires Th2 et de l’activité de la NFκB[24], avec diminution significative du nombre d’éosinophiles sanguins, réduction de la substances P (SP), diminution des activités de la STAT6[25] et de l’oxyde nitrique synthase inductible (iNOS)[26] [[27]]. De la même façon, toujours sur un modèle de rat avec rhinite allergique, Liang et coll. observent que la moxibustion à aiguille sur fengchi (VB20), yintang (EX-HN3 ou VG29), yingxiang (GI20) inhibe l’immunoglobuline E (IgE) sérique, l’interleukine-1 β (IL-1 β) et le facteur de nécrose tumorale α (TNF-α)[28] [[29]]. Il a été démontré que la stimulation de GI20 et yintang engendre également une régulation négative de l’expression des récepteurs de l’histamine H1 (H1R) et H4 dans la muqueuse nasale de rats atteints de rhinite allergique [23], corrige le déséquilibre des lymphocytes Th17 / lymphocytes régulateurs Treg[30] avec diminution de l’IL17, interleukine initiatrice des réactions pro-inflammatoires [[31]].

Sur un modèle de lapin avec rhinite allergique, l’acupuncture sur neiyingxiang bilatéraux (EX-HN9) dans la cavité nasale a permis de soulager les symptômes par diminution (régulation négative) dans la muqueuse nasale de l’expression de la SP, du peptide vasoactif intestinal (VIP) avec diminution des taux sériques de l’immunoglobuline E (IgE), de l’interleukine 4 (IL-4) ; et régulation positive du neuropeptide Y (NPY)[32], et de l’interféron-γ (IFN-γ) [33] [[34]]. A noter que chez l’homme, un ECR  (N=50) a observé que l’EA à la fréquence 80-100Hz) pendant 30mn de la zone ganglionnaire sphénopalatine, du yingxiang (GI20), shangyingxiang (EX-HN 8) et yintang engendrait également une diminution du peptide intestinal vasoactif (VIP) et de la substance P [[35]].

Une autre étude expérimentale de Zhang et col. sur un modèle de rhinite allergique chez le rat objective que la moxibustion sur yingxiang (GI20), yintang (EX-HN3), feishu (V13) et zusanli (E36) engendre une augmentation de l’expression des cellules et des protéines positives à l’IFN-γ et une diminution de l’expression des cellules et des protéines positives à l’interleukine-4 (IL-4) supérieure à l’effet de l’acupuncture (p<0,05), d’où régulation de l’expression des cytokines liées au Th1/Th2  [[36]].

Plus récemment, les mêmes auteurs observent que la stimulation des points yingxiang (GI20), yintang (EX-HN3) inhibe le niveau d’expression anormal du récepteur 4 de type Toll (TLR4)[37], du facteur de différenciation myéloïde 88 (MyD88)37 et de la protéine activatrice 1 (AP-1)[38] de la muqueuse nasale liée à l’activation anormale de la voie de signalisation TLR4 / AP-1 et régule de ce fait le déséquilibre de Th1/Th2 [[39]].

 En résumé, les mécanismes possibles de l’acupuncture, mais surtout de la moxibustion dans la rhinite allergique avérée font appel, outre l’action antihistaminique par inhibition des H1R, une régulation négative de la concentration nasale des cytokines pro-inflammatoires comme les interleukines-1 (IL-1), IL-6,  IL-4, IL-10, IL-12, IL-17 et IL-18, le facteur de nécrose tumorale alpha (TNF-α), mais aussi avec interactions diaphoniques entre ces cytokines, les neurotrophines (NGF et BDNF) et les neuropeptides pro-inflammatoires (SP, CGRP et VIP), produisant de ce fait un changement dans l’équilibre Th1/Th2 des cellules T auxiliaires avec réduction de la dominance Th2 vers la dominance Th1[40] (figure 6).

 Physiologie prophylactique sur la rhinite allergique

Il n’existe pas d’études expérimentales concernant la prévention de la rhinite allergique. Néanmoins, quelques études chinoises sur l’asthme offrent quelques pistes. Ainsi, en prévention, la moxibustion pourrait réguler à la baisse le facteur de croissance nerveuse (NGF), substance P (SP), le peptide lié au gène de la calcitonine (CGRP) comme cela a été objectivé sur un modèle de rats asthmatiques [[41]]. De même, plus récemment en 2020, la moxibustion au point feishu chez les rats asthmatiques, mais non en crise, améliore la compliance de la ventilation respiratoire par diminution de la SP, de la CGRP et de l’histamine [[42]]. 

Le rôle du potentiel du TRPV1 (transient receptor potential vanilloide 1) dans la réponse de phase précoce dans la rhinite allergique pourrait être aussi essentiel.

Ainsi on sait que la réponse allergique de phase précoce dans la rhinite allergique est déclenchée dans les minutes suivant l’inhalation d’allergènes lorsque les anticorps IgE, liés aux mastocytes, reconnaissent les allergènes et provoquent la dégranulation et la libération de médiateurs inflammatoires tels que l’histamine, la tryptase, les leucotriènes, la prostaglandine D2, et les cytokines pro-inflammatoires (TNFα, IL-4, etc). Cette réponse de phase précoce est généralement caractérisée par des éternuements, des démangeaisons nasales et une rhinorrhée. Il a été démontré que les éternuements et les démangeaisons nasales sont des réponses neuronales médiées par l’histamine activant le récepteur H1R et le TRPV1. Celui-ci augmente donc la production et la libération de neuropeptides pro-inflammatoires SP et CGRP qui agissent en synergie pour favoriser la dégranulation des mastocytes [14]. L’acupuncture et techniques associées peuvent inhiber l’expression et la sensibilité de TRPV1 en régulant à la baisse la production et la libération de NGF et / ou en bloquant la voie de signalisation phosphatidylinositol 3-kinase / phosphatidylinositol phosphate 3 (PI3K / PIP3) entre le récepteur TrkA[43] et TRPV1 [[44]]. L’inhibition induite par l’acupuncture du TRPV1 peut être obtenue en régulant à la baisse SP et CGRP, ce qui réduirait la dégranulation des mastocytes, réduisant ainsi la libération d’histamine et l’activation de l’histamine de TRPV1 via H1R. Une autre possibilité est que la régulation négative de TRPV1 (quelle que soit la source de cette régulation négative) entraîne la réduction de la libération de SP et de CGRP.

 En résumé, les mécanismes possibles de l’acupuncture et techniques associées en prophylaxie de la rhinite allergique pourraient faire intervenir le TPVR1. Une inhibition de son expression et de sa sensibilité se ferait par la baisse de la production et de la libération de NGF. Régulation aussi à la baisse de la CGRP et de la SP, d’où réduction de la dégranulation des mastocytes, de la libération d’histamine et de l’activation de l’histamine de TRPV1 via H1R (figure 6)

Figure 6. Modèle proposé expliquant les effets de l’acupuncture et techniques associées dans l’inflammation des muqueuses (d’après 14).

Médecine factuelle (essais comparatifs randomisés -ECR-, revues systématiques, méta-analyses)

 L’acupuncture expérimentale, si elle lève le voile sur les mécanismes physiopathologiques dans la rhinite allergique ne prouvent pas réellement son efficacité. D’où la nécessité des ECR et des éventuelles méta-analyses ou recommandations des sociétés savantes. L’efficacité sur la rhinite allergique avérée a été objectivée par de nombreuses études. Cependant, en ce qui concerne la prévention, les études manquent.

 Essais comparatifs randomisés (ECR), méta-analyses, recommandations dans la rhinite allergique avérée

De nombreuses méta-analyses (niveau de preuve 1) de 2015 à 2023 ont statué sur l’efficacité de l’acupuncture et techniques associées sur la rhinite allergique saisonnière [45-53].

Ainsi l’une des dernières en date, celle de He et coll concerne trente ECR (n=4413). La norme méthodologique Cochrane a été suivie pour mener cette revue systématique. L’acupuncture a amélioré le score total des symptômes nasaux (TNSS) et la qualité de vie mesurée par le questionnaire (RQLQ) chez les adultes atteints de rhinite allergique, par rapport à l’acupuncture placebo. L’acupuncture s’est également avérée plus efficace que l’acupuncture simulée pour les symptômes nasaux (n=489, DM : – 0,60 ; IC à 95 % – 1,16 à – 0,04) et la qualité de vie (RQLQ, n=436 ; -0,26 : IC à 95 % – 0,44 à -0,07) (figure 7a). En outre, l’effet de l’acupuncture et de la cétirizine ou de la loratadine dans la rhinite allergique paraissent équivalents [50].

Mêmes remarques dans la méta-analyse de Du et coll en 2022 sur l’amélioration des symptômes nasaux, la qualité de vie mais en plus sur la limitation de la prise médicamenteuses (figure 7b) [51].

En conclusion, l’acupuncture usuelle apparait supérieure à l’acupuncture placebo et équivalente à la cetirizine ou loratadine et de ce fait a sa place comme traitement de la rhinite allergique avec un niveau de preuve modéré à élevé [[54]].

Figure 7a.  L’acupuncture est plus efficace que l’acupuncture simulée pour les symptômes nasaux ( n=489, DM : – 0,60 ; IC à 95 % – 1,16 à – 0,04) et la qualité de vie (RQLQ, n=436 ; -0,26 : IC à 95 % – 0,44 à -0,07).

Figure 7b. L’acupuncture améliore le score total des symptômes nasaux, DMS : – 0,29 ; IC à 95 % : – 0,43 à – 0,15) ; améliore la qualité de vie (DMS : -0,23 [-0,37, -0,08] ; limite la prise médicament (DMS : -0,3 [-0,49, -0,11]).

 De même, une revue systématique en suivant la norme méthodologique Cochrane et incluant vingt et un ECR (N=1549 patients) a évalué la moxibustion indirecte dans la rhinite allergique. Il existe un effet statistiquement significatif sur le taux d’efficacité sur les symptômes globaux de la rhinite allergique : (RR=1,16 ; IC à 95 % = 1,11 à -1,21, I²=30 % ; p=0,10) ; (voir figure 7c). En outre, l’intervention indirecte de moxibustion a également montré une différence significative dans le score gradué des symptômes (DMS = -1,10 ; IC à 95 % : -1,58, -0,61 ; p<0,00001 ; I²=88 %) ; score TNSS (DMS=-1,36 ; IC à 95 % : -2,14, -0,58 ; p=0,76 ; I²=0%) et l’échelle RQLQ (DMS=-2,60 ; IC à 95 % : -4,06 à -1,14 ; p< 0,00001 ; I²=92 %) chez les patients atteints de rhinite allergique. Cependant, même si la moxibustion peut avoir un bon effet clinique sur le traitement global de la rhinite allergique saisonnière, les auteurs concluaient que les limites de la méta-analyse venaient de la faible puissance avec des ECR de petite taille, de qualité méthodologique modérée. Bref, nécessité d’ECR de haute qualité méthodologique [49].

 Figure 7c. La moxibustion indirecte seule ou la combinaison de la moxibustion indirecte avec l’acupuncture est efficace dans la rhinite allergique saisonnière. Pas d’hétérogénéité significative : I²=30%.

 Notons aussi l’existence de méta-analyses et ECR (niveau de preuve 2) concernant l’utilisation d’une technique particulière de l’acupuncture, à savoir la stimulation à la profondeur de 20mm du point die-e encore appelé point sphénopalatin (SPA), point situé sous l’arcade zygomatique entre l’apophyse coronoïde et le condyle mandibulaire, stimulant de ce fait le ganglion sphénopalatin[55], qui concluent également à l’efficacité dans la rhinite allergique [56-59].

En 2015, l’acupuncture a été recommandée comme l’un des traitements optionnels pour la première fois dans la directive clinique américaine [[60]]. D’autres recommandations de sociétés savantes ont suivi, comme celle de l’International Consensus Statement on Allergy and Rhinology (ICAR) [[61]], ou de la société savante chinoise (Chinese Society of Allergy) [[62]].

Essais comparatifs randomisés (ECR), méta-analyses, recommandations en prévention de la rhinite allergique

Agir sur la rhinite allergique saisonnière en prévention semble possible en tenant compte de la saison. Ainsi, de nombreuses études proposent de traiter les maladies survenant en hiver, comme la toux chronique ou l’asthme par un traitement préventif durant l’été [[63]], appelé San-Fu-Tie et San-Fu-Jiu comme cela est cité dans la revue systématique et narrative de Wen et coll. [[64]].

La première thérapie du San-Fu-Tie est une technique de phytothérapie par application de patchs composés d’une pâte spéciale de Bai Jie Zi (Semen Sinapis Albae), Xi Xin (Herba Asari), Gan Sui (Radix Kansui) et Yan Hu Suo (Rhizowa Corydalis) déposés en fonction des possibles bianzheng attendus. Ainsi en cas de risque de Déficience de Poumon ou Invasion par le Froid (rhinite allergique), application sur fengmen (V12), hegu (4GI) et feishu (V13) ; si possible Déficience de qi de Rate : pishu (V20), zusanli (E36) et dazhui (VG14) ; si possible Déficience de qi et/ou de yang du Rein : shenshu (V23), yaoyangguan (VG3), mingmen (VG4) et/ou dingchuan (EX-B1) et bailao (EX-HN 15) (Figure 8) [64-66].

La seconde est le San-Fu-Jiu qui est une moxibustion indirecte de poudre d’armoise déposée sur une tranche de gingembre frais appliquée sur les points d’acupuncture précédents. Cinq à sept cônes de moxa consécutifs sont nécessaires pour être brûlés sur chaque point d’acupuncture. Généralement, le traitement dure une demi-heure à chaque fois. Une sensation de chaleur, des rougeurs cutanées et des cloques locales sont des phénomènes normaux (figure 9)


Figure 8. San-Fu-Tie appliqué sur shenshu (V23), yaoyangguan (VG3), mingmen (VG4) et pishu (V20) (photo issue de [64]).

 Figure 9. San-Fu-Jiu appliqué sur VG4, VG14, etc. (photo issue de [64]).

Ces techniques de San-Fu-Tie San-Fu-Jiu seront appliquées pendant ce qu’on appelle les « jours de chien ou journées canines » afin de traiter préventivement les maladies hivernales. Les « jours de chien » correspondent généralement aux trois périodes de dix jours de la saison la plus chaude, en été donc. Ils sont divisés selon les auteurs [64,65] en « 1er jour de chien » (correspond au premier jour du solstice d’été, 10 jours à partir du 21 juin généralement), « 2e jour de chien » (du 13 au 23 juillet) et « 3e jour de chien » (du 2 au 12 août).

Quoi qu’il en soit, il ressort de cette revue systématique et narrative de dix-huit ECR (n=1785 sujets) que ces thérapies San-Fu-Tie et San-Fu-Jiu concernant la rhinite allergique mais aussi de l’asthme possèdent des avantages thérapeutiques favorables avec une bonne acceptabilité et observance des patients et cela, avec peu d’effets secondaires. Cependant, l’efficacité, l’innocuité et les mécanismes de San-Fu-Tie et San-Fu-Jiu dans la prévention de la rhinite allergique ou de l’asthme doivent être validés par des ECR de meilleure qualité méthodologique et de plus grande puissance [64].

Une autre technique de moxibustion indirecte sur tranche de gingembre, celle de Sanjiu utilise comme pour les « jours de chien », les trois périodes de dix jours les plus froids de l’hiver entre décembre et janvier [[67]] ou selon d’autres auteurs la période de neuf jours après le solstice d’hiver (en général le 22 décembre) [[68]] pour prévenir et traiter l’asthme bronchique. Huang et coll. ne détectent pas de différence d’efficacité entre la technique San-Fu-Jiu et celle de Sanjiu [67]. Cependant Deng et coll. observent que les effets thérapeutiques sont plus efficaces chez les enfants en déficit de qi ou de déficit en yang, plutôt que les enfants avec un bianzheng de mucosités [68].

En 2023, Song et coll. observaient également que l’acupuncture à visée préventive administrée quatre semaines avant la période allergique, soit juste avant le début du printemps, une fois tous les deux jours, 3 fois par semaine pendant quatre semaines, réduisait l’incidence de la rhinite allergique saisonnière modérée à sévère, soulageait les symptômes, améliorait la qualité de vie et réduisait l’utilisation de médicaments d’urgence. Le pourcentage de crises dans le groupe acupuncture était de 84,0 % (42/50), ce qui était significativement inférieur (p<0,05) aux 100% de crise dans le groupe témoin (48/48). Les points utilisés essentiellement : yintangyingxiang (GI20), hegu (GI4), zusanli (E36), fengchi (VB20), feishu (V13) [[69]].

 Cas clinique : discussion sur le choix des points en phase avérée et argumentaire du protocole chronoacupunctural à visée prophylactique

Selon De Wurstemberger, l’allergie est une maladie du Vent au Métal et de ce fait, la personne allergique, incapable de se défendre des Vents Externes, aura alors une atteinte du zang Poumon, qui se manifestera par des symptômes au niveau du nez, des bronches, des conjonctives et de la peau [[70]].  Et cela va engendrer la pathologie de la rhinite allergique saisonnière selon les bianzheng : Vide du qi du Poumon, Vide de qi de Rate, Attaque du Poumon par le Vent-Froid, Vide de qi et/ou de yang du Rein, etc. Kiener, pour sa part, considère que les rhinites allergiques saisonnières proviennent d’une déficience de la « Racine », à savoir une déficience du qi de Poumon, Rate et Reins, et qu’en traitant la Racine (à savoir la cause), on soulagera et on guérira les Branches et la Cime (les conséquences) qui sont une attaque de Vent-Froid, attaque du Vent, une accumulation de mucosités, etc. [[71]].

Les différents points utilisés avaient donc pour but de renforcer les défenses de l’organisme en tenant compte des risques de déficience.

 En début de traitement : rhinite allergique saisonnière avérée

En 2011, une enquête réalisée auprès quatre-cent-quatorze médecins acupuncteurs en France avait montré que la pratique de l’acupuncture en pédiatrie était importante, l’aiguille ne constituant pas un obstacle, et utilisée chez l’enfant à partir de 6 ans. Ainsi, les aiguilles étaient utilisées dans 62% dans consultations pédiatriques en association avec éventuellement les autres techniques, comme la moxibustion (33%), les massages des points (34%), le marteau fleur de prunier (7%), l’électroacupuncture (10%), et plus rarement l’auriculothérapie (3,5%) et de manière très négligeable la technologie laser [[72]].

Dans ce cas clinique, chez cet enfant de 8 ans, vu en juin 2014, pour la première fois, le traitement de moxibustion électrique a été appliqué trois fois de suite à une semaine d’intervalle, du fait que la rhino-conjonctivite était déjà installée.  

Le choix des points a été décidé selon les données de l’essai comparatif randomisé (ECR) de Ng [[73]].

Dans cet ECR concernant la rhinite allergique perannuelle, 35 patients (âge moyen : 11,7 ± 3,2 ans) ont été randomisés pour recevoir de l’acupuncture active pendant 8 semaines tandis que 37 autres patients (âge moyen : 11 ± 3,8 ans) ont bénéficié de l’acupuncture simulée. L’acupuncture a été effectuée deux fois par semaine dans les deux groupes. Les pédiatres évaluateurs et les patients ont été mis en aveugle. L’évaluation de la rhinite était quotidienne et offrait des taux d’amélioration significativement plus élevés avec davantage de jours sans symptômes dans le groupe recevant de l’acupuncture active, à la fois pendant les périodes de traitement et de suivi, versus groupe placebo. Les scores sur l’échelle visuelle analogique pour une amélioration immédiate après l’acupuncture étaient également significativement meilleurs dans le groupe d’acupuncture active.

Trois points principaux ont été utilisés : yingxiang (20GI), yintang (29VG – Ex-HN-3) et fengchi (20VB). Un point d’acupuncture a été déterminé individuellement selon la différenciation des syndromes (bianzheng) : hegu (4GI) si syndrome de déficience du qi des Poumons, zusanli (E36) si syndrome de déficience de qi de Rate, ou qihai (6VC) pour le syndrome de Vide de Rein.

Les points utilisés dans notre cas clinique de ce fait s’apparentent à cet ECR : yintang (29VG – Ex-HN-3), hegu (4GI), zusanli (36E), yingxiang (20GI), auquel nous avons préféré ajouter lieque (7P) et quchi (11GI), à la place de 20VB et 6VC.

Il s’avère que les points utilisés : yintang (29VG – Ex-HN-3), hegu (4GI), zusanli (36E), yingxiang (20GI), lieque (7P) et quchi (11GI) font partie des points les plus couramment utilisés dans les ECR. Ainsi Nguyen et Lison avaient répertorié les points proposés le plus souvent et selon la différenciation des syndromes (bianzheng) : yingxiang (20GI) dans plus de 45% des ECR, feishu (V13) (35%), yintang et hegu (4GI) dans 25% des ECR, E36 zusanli (22%), 14VG dazhui (21%), V23 shenshu (18%), V12 fengmen et 20V pishu (15%) et enfin 20VB fengchi dans 12% des ECR [[74],[75]]. Certains auteurs ajoutent le lieque (7P) ou taiyuan (9P) en cas de Vide de qi de Poumon, le sanyinjiao (Rt6) en cas de Vide de Rate, shenshu (V23) ou qihai (6VC) si Vide de Rein, etc. [[76],[77]].

Les auteurs de vingt-trois ECR (n=2589 patients) distribuent la rhinite allergique dans cinq syndromes essentiels selon les bianzheng : Vide du qi du Poumon (23,95%), Vide de qi de Rate (22,95%), Attaque du Poumon par le Vent-Froid (14,75%), Vide de qi et/ou de yang du Rein (11,17%) ; le reste se répartissant de manière moins importante parmi les dix autres types restants de zheng [[78]]. Il a été également objectivé que le bianzheng de Vide du Poumon était principalement d’apparition saisonnière chez des patients jeunes, forme accompagnée d’éternuements et d’obstruction nasale ; les patients présentant un Vide en qi de Rate étaient également plus jeunes, avec une obstruction nasale et un œdème de la muqueuse nasale plus sévères ; les patients de type Vide de yang de Rein étaient plus âgés et avaient une évolution de la maladie plus longue, davantage de rhinorrhée et des IgE sériques élevées [78,[79]].  

Choix des points à visée prophylactique de la rhinite allergique 

L’enfant voit son état nettement amélioré et il est alors prévu de le voir l’année suivante avant le début du printemps : fin février, début mars.

Le choix de cette période était d’agir de façon préventive sur la rhinite saisonnière en sachant que pour cet enfant, le début de la période allergique commençait vers mi-avril et que selon le rythme circannuel précédemment décrit, les probabilités étaient grandes qu’il soit à nouveau atteint.

Il s’agira donc de renforcer les Méridiens qui pourraient être atteints au printemps en agissant en hiver selon la méthode similaire à la technique Sanjiu, mais en agissant plus tardivement que la période préconisée du solstice d’hiver.

Ainsi dans notre cas, en s’aidant des conclusions de l’étude épidémiologique qui montre que l’acrophase des périodes d’allergie est fixée au 1 mai avec un intervalle de confiance à 95% entre le 30 mars et 3 juin, la meilleure période d’intervention se situe à la fin de l’hiver ou au tout début du printemps selon la climatologie chinoise qui considère que le printemps débute au 1 mars.

Par exemple, notre patient était déjà touché par la rhinoconjonctivite allergique lorsqu’il a été vu début avril. De ce fait, toutes les consultations à visée prophylactique doivent être réalisées fin février ou durant la première semaine de mars.

Les points utilisés en prophylaxie sont donc quelque peu différents car bien sûr, l’objectif est d’empêcher les phénomènes inflammatoires allergiques de s’installer.

Il s’agira de renforcer le Poumon : zhongfu (1P), lieque (7P), hegu (4GI) ; renforcer la Rate et drainer l’Humidité : zusanli (36E), quchi (11GI), renforcer le qi et le Rein : shanzhong (17JM) et enfin renforcer le Foie en prévision des Attaques des Énergies Perverses xie qi le Vent, mais aussi calmer le Vent Interne : xingjian (2F), taichong (3F), qimen (14F). Pour de plus amples explications sur le choix des points, voir l’annexe 2. Notons que l’EA à basse fréquence (8Hz, durée d’impulsion 250µs) sur 11GI, 3F, 14F, correspond à la fréquence appliquée (2Hz, 1ms) dans un cas clinique ayant montré une efficacité dans la rhinite allergique persistante [[80]]. Cette fréquence a été adaptée à l’appareil schwa-medico©) qui ne délivre pas une durée d’impulsion de 1ms.

Par ailleurs, il est aussi possible que la prévention de la rhinite allergique saisonnière puisse être modulée par une action électroacupuncturale sur la muqueuse nasale. Ainsi une étude prospective monocentrique a été menée à l’Université Teikyo Heisei, à Tokyo, au Japon, chez 20 adultes en bonne santé. L’EA à 2 Hz (250µs) au niveau de la 6e vertèbre cervicale stimule le tronc sympathique cervical et la noradrénaline (NA) du nerf cervical moyen, du ganglion cervical supérieur, du nerf vasoconstricteur sympathique, ainsi que du neuropeptide Y (NPY). De plus, la NA libérée par une stimulation unique provoque une vasoconstriction de la muqueuse nasale via les nerfs autonomes, entraînant une diminution de la température de la peau nasale. Selon les auteurs, les fibres sympathiques postganglionnaires, du ganglion cervical supérieur, qui mènent au nerf ptérygoïdien via le ganglion ptérygopalatin, pourraient alors affecter l’œdème muqueux dû à la perméabilité vasculaire et la rhinite allergique due à l’hyperémie de la muqueuse nasale [[81]].

 Conclusion

 Dans la rhinite allergique avérée, nombreuses sont les recommandations, les méta-analyses et les ECR qui objectivent une efficacité de Grade A de l’acupuncture et techniques associées. En revanche, dans la prévention, les différents ECR et méta-analyses, du fait de leur grande hétérogénéité et faible puissance n’offrent pas suffisamment de preuves scientifiques. Néanmoins, au vu de ce cas clinique chez un enfant suivi pendant neuf années, on peut considérer que la chronoacupuncture, associée à la moxibustion et l’électroacupuncture apporterait une contribution utile, efficace et sans effets indésirables dans la prophylaxie de la rhinite allergique saisonnière. Peut-être un essai comparatif randomisé de grande puissance et de bonne qualité méthodologique pourra voir ainsi le jour.


DJean-Marc Stéphan (MD)

Directeur et Coordinateur du Diplôme Inter Universitaire (D.I.U) d’Acupuncture Obstétricale (Université de Lille – Faculté de Médecine)

Directeur de la revue « Acupuncture & Moxibustion »

Président du SNMAF (Syndicat National des Médecins Acupuncteurs de France)

Chargé d’enseignement au DIU initiation acupuncture (Université de Rouen Normandie -Faculté de Médecine)

Coordinateur module « électroacupuncture » du Master of Research in Acupuncture (Acupuncture Research Master Degree) de l’Université Unicamillus de Rome – Italie

Médecin acupuncteur attaché au Centre Hospitalier Général de Denain 59220

 jean-marc.stephan2@univ-lille.fr

ORCID : 0000-0002-3377-2280

Conflit d’intérêts : aucun


Annexe 1 : Calcul du rythme biologique selon la méthode du Cosinor

On recherche la fonction sinusoïdale correspondant à la formule Y(t) = M + A Cos (wt + φ) ; (t est le temps ; w est la fréquence angulaire = 2π/τ).    

Y(t) est la valeur au temps t de la fonction définie par les paramètres du mésor M, de l’amplitude A, de la période et de l’acrophase φ. La période τ sera ici de 365 jours, soit 360° (rythme circannuel). L’acrophase sera exprimée en degrés. Ainsi janvier correspond à -360°, février : -30°, mars : -60°, avril : -90°, mai : -120°, juin : -150°…, décembre : -330°.

Pour les cinq séries de valeurs : j=1, 2, …5 observées pendant les 5 années de l’étude, il faut considérer la somme des valeurs des fonctions Y (t) au temps t(j) égale à une fonction Y(j) = M + A Cos (wtj + φ). Dans le but de l’analyse statistique, on utilise une forme équivalente :

            Y(j) = M + A cos φ * cos w tj – A sin φ * sin φ wtj

                   Et on substitue :

                  ß = A cos φ ;   δ = -A sin φ

                  xj = cos wtj ;  zj = sin wtj

                  D’où, on arrive à l’équation :

                  Y(j) = M + ßxj + δzj  

Puis il est obligatoire de confirmer si un rythme est réellement détectable en validant l’hypothèse d’une amplitude A non nulle par une analyse de variance (test F) sur les valeurs de ß et δ. Si l’amplitude est égale à zéro, c’est à dire si ß=δ=0, il n’existe évidemment pas de rythme.

Dans le cas contraire, et toujours à partir de la méthode des moindres carrés, on peut obtenir les valeurs estimées de l’acrophase φ, l’amplitude A, le mésor M, avec leurs limites de confiance à 95%. Pour plus de détails sur les procédures mathématiques du Cosinor, se reporter aux articles [[82],[83]].


Annexe 2. Le choix des points

Xingjian (2F)

Il a pour actions et indications selon les auteurs [84-86] d’éliminer le Feu du Foie, de diffuser le qi du Foie, de calmer le Vent (Interne) du Foie, d’éliminer la Chaleur et la Chaleur du Sang, arrêter les saignements, d’avoir des effets bénéfiques sur le Réchauffeur Inférieur. C’est un point ying, point Feu, point de sédation, point de drainage, point majeur pour les syndromes de plénitude du Foie. Il est indiqué selon Maciocia entre autres indications si douleurs de l’œil, sensation de chaleur, yeux rouges.

Taichong (3F)

Ce point Source (yuan), point Rivière (shu), point Terre », point « Étoile Céleste » de Ma Dan Yang mentionné par le Zhenjiu Dacheng de Yang Jizhou (1522-1620)[87], a des effets bénéfiques sur les yeux, calme les spasmes, soulage la douleur. Il est considéré nourrir le Sang et le yin du Foie, fait tomber le Vent (Interne) et pacifie le yang du Foie. Point dit « Barrière », en association au hegu (4GI), il contrôle le qi du Poumon et de ce fait on le retrouve dans les indications : polypose nasales, sinusites chroniques, rhinites allergiques [[88]]. On le préconise aussi si vision trouble, irritabilité, insomnies, etc.  [84,85,86].

Qimen (14F)

Point mu antérieur du Foie, point de croisement avec le Merveilleux Vaisseau yinweimai et le méridien de la Rate, le qimen régule le qi et le Sang du Foie, rafraîchit le Sang, disperse les accumulations, et harmonise le Foie, la Rate et l’Estomac en favorisant la libre circulation du qi du Foie [84,85,86].

Zhongfu (1P)

C’est le point mu de Poumon et point de croisement avec le Méridien de Rate-Pancréas. De ce fait, il régule et fait descendre le qi du Poumon, calme la toux en éliminant la Chaleur du Réchauffeur Supérieur, transforme les Glaires. Les indications sont donc la toux, la dyspnée avec respiration sifflante, asthme, expectoration de glaires, obstruction douloureuse de la gorge, congestion nasale, etc. [84,85,86].

Lieque (7P)

Lieque est également un point « Étoile Céleste » et point Clé du Merveilleux Vaisseau (Vaisseau Conception, renmai), point luo de Communication. Il chasse le Vent, fait descendre le qi du Poumon. Il a des effets bénéfiques sur la tête et la nuque. Il est préconisé il y a des frissons, de la fièvre, une congestion et un écoulement nasal, la gorge douloureuse, une dyspnée, de la toux, des crachats de mucosités, une respiration sifflante comme on la voit dans l’asthme [84,85,86].

Hegu (4GI)

Hegu, également point « Etoile céleste », point Source (yuan), point Barrière en association avec le taichong (3F), il régule la face et la tête, régule le qi de Défense (weiqi), ouvre les méridiens luo de communication du Méridien couplé Poumon [[89]]. Indication comme point Barrière selon Dessouter dans les rythmes de la médecine traditionnelle chinoise lorsque qu’une « dysryhmie entre la régularité des fonctions d’inspiration et d’expiration, cette dernière répondant au relâchement, peut se manifester dans le cadre de ces troubles du rythme biologique. Ceci n’est pas sans évoquer de nombreuses dyspnées dont la tension émotionnelle déclenche souvent les crises » [[90]].

Quchi (11GI)

Point Mer (he), point Terre, point de tonification, point des fantômes du grand médecin Sun Simiao 孫思邈 (581-682) sous la dynastie Tang [[91]], point « Étoile Céleste » de Ma Dan Yang, quchi est également un point important pour éliminer la Chaleur, expulser le Vent, éliminer le Feu du yangming, rafraîchir le Sang et drainer l’Humidité. Ce point est indiqué pour soulager les dysphagies, aphonies, dysphonies, odontalgies, conjonctivites, douleurs des yeux, larmoiements mais aussi prurit, urticaire, éruption cutanée, peau sèche et squameuse, zona, etc. [84,85,86].

Shanzhong (17JM)

Point mu antérieur du Maître du Cœur, Point mu antérieur du Réchauffeur Supérieur, point hui « Grande Réunion de l’Energie et de l’appareil respiratoire », point de croisement avec les méridiens de la Rate, du Rein, de l’Intestin Grêle et du Triple Réchauffeur, point de la Mer du qi, le 17JM est un point important pour les troubles respiratoires. Selon les Classiques, ce point est indiqué en cas de « toux, d’essoufflement et de respiration courte, d’asthme bronchique, de douleurs thoraciques et d’oppression » [84,85,86].

Zusanli (36E)

Zusanli est le point Mer (he) du méridien d’Estomac, point Terre, utilisé pour faire descendre le qi et clarifier la Chaleur, transforme l’Humidité. Sa puncture permet de calmer, contrôler, équilibrer voire tonifier le qi. C’est un grand point du yang général, dont la tonification fait croître le yang, nourrit le Sang (xue) et le qi. Il fait partie aussi des douze points « Étoiles Célestes », point de la Mer de l’Eau et des Aliments. C’est aussi un grand point du yang général [85].

Il est indiqué en cas d’obstruction douloureuse de la gorge avec incapacité à parler, frissons et fièvre, maladie fébrile avec absence de transpiration, maux de tête, nez froid, céphalées, etc. [84].


 Références

[1]. SFORL et SFA. Prise en charge diagnostique et thérapeutique des Rhinites Allergiques par l’ORL (hors rhinites professionnelles). 2021. [consulté le 08/05/2023]. Disponible à l’URL : https://www.sforl.org/wp-content/uploads/2020/07/Recommandation-SFORL-Prise-en-charge-diagnostique-et-th%C3%A9rapeutique-des-Rhinites-Allergiques-par-lORL-2020.pdf

[2]. Grade A : Preuve scientifique établie : Niveau de preuve 1 (Essais comparatifs randomisés de forte puissance -ECR- ; Méta-analyses d’ECR ; Analyse de décision basée sur des études bien menées). Grade B : Présomption scientifique : Niveau de preuve 2 (ECR de faible puissance ; études comparatives non randomisées bien menées ; Études de cohorte). Grade C : Faible niveau de preuve scientifique : Niveau 3 (études cas-témoins ; essais comparatifs avec série historique) ; Niveau 4 (ECR avec des biais importants ; études rétrospectives ; série de cas ; Études épidémiologiques descriptives transversales, longitudinales).  Accord professionnel. Toute autre publication (cas report, avis d’expert, etc.) ; ou aucune publication.

[3].  Chen QY, Li L, Zhang L, Mo JH, Yang ZF, Wei XL, Li YY, Xia JY, Bai XB, Xie PF. Efficacy of indoor air purification in treating Artemisia (mugwort) pollen allergic rhinitis: study protocol for a randomised controlled trial. BMC Public Health. 2018 Jul 6;18(1):841.

[4]. Stéphan JM. À propos des troncs célestes et des branches terrestres : réflexions sur les rythmes biologiques, la chronopathologie et les prévisions météorologiques selon les conceptions chinoises (1e partie). Méridiens. 1994;103:103-152.

[5]. Stéphan JM. Prévisions météorologiques et chronopathologie selon les conceptions chinoises : mythe ou réalité. Acupuncture & Moxibustion. 2006;5(2):146-147.

[6]. Stéphan JM. À propos des troncs célestes et des branches terrestres : réflexions sur les rythmes biologiques, la chronopathologie et les prévisions météorologiques selon les conceptions chinoises (2e partie). Méridiens. 1995;104:37-74.

[7].  Husson A. Huangdi Neijing Suwen. Ed. A.S.M.A.F., Paris, 1973.

[8].  Zhang Nianshun. Correlative study on spreading of pestilence and sixty–year cycle in 1200 years. China Journal of TMC and Pharmacy (Zhongguo yiyaoxue bao) 2004 ;19(3):133-4.        

[9]. Chen Bixian. Second study on correlative study on epidemiology of pestilence and the years designated by heavenly stems and earthly branches of the late 1200 years. China Journal of TMC and Pharmacy (Zhongguo yiyaoxue bao) 2004;19(11):647-9.

[10]. Strøm H. Les épisodes épidémiques sont-ils corrélés aux cycles du calendrier chinois ? Acupuncture & Moxibustion. 2006,5(2):154-158.

[11]. Bossy J, Lafont JL, Maurel JC : Sémiologie en acupuncture. Doin, Paris, 1980.

[12]. Stéphan JM. À propos des troncs célestes et des branches terrestres : réflexions sur les rythmes biologiques, la chronopathologie et les prévisions météorologiques selon les conceptions chinoises (3e partie). Méridiens. 1995;105:33-58.

[13]. Corren J, traduit par Dutau G. Allergologie : le Middleton. Chapitre 7 :  Rhinite et conjonctivite allergique. Editeur : Elsevier Masson;Juin 2018.

[14]. McDonald JL, Cripps AW, Smith PK, Smith CA, Xue CC, Golianu B. The anti-inflammatory effects of acupuncture and their relevance to allergic rhinitis: a narrative review and proposed model. Evid Based Complement Alternat Med. 2013;2013:591796.

[15]. La substance P est un neuropeptide inflammatoire impliqué dans la libération d’histamine.

[16]. Le peptide vasoactif intestinal (VIP) est un neuropeptide possédant une puissante activité vasodilatatrice au niveau du tractus gastro-intestinal. Il aurait aussi des effets anti-inflammatoires potentiels en modulant la réponse du système immunitaire en réduisant la signalisation inflammatoire récepteur Toll-like (TLR) [Villanueva-Romero R, Gutiérrez-Cañas I, Carrión M, Pérez-García S, Seoane IV, Martínez C, Gomariz RP, Juarranz Y. The Anti-Inflammatory Mediator, Vasoactive Intestinal Peptide, Modulates the Differentiation and Function of Th Subsets in Rheumatoid Arthritis. J Immunol Res. 2018 Aug 1;2018:6043710.]

[17]. Le peptide relié au gène de la calcitonine (CGRP), outre d’être comme le VIP un médiateur de la douleur, active de façon identique à la substance P, les monocytes pour libérer les cytokines pro-inflammatoires.

[18]. Les lymphocytes auxiliaires Th2 produisent l’interleukine 4 (IL-4), l’interleukine 5, l’interleukine 10 et l’interleukine 13. Celles-ci servent à l’activation des lymphocytes B et des polynucléaires éosinophiles. L’interleukine 4 ou IL-4 est une cytokine dont le rôle est d’induire la différenciation des lymphocytes T auxiliaires naïfs (lymphocytes Th0) en lymphocytes Th2, tout comme l’IL13.

[19]. Les cellules T auxiliaires de type 1 (Th1) et les cellules T auxiliaires de type 2 (Th2) sont deux sous-types de cellules T auxiliaires qui se distinguent par le type de cytokines qu’elles sécrètent. Les cellules Th1 sécrètent l’interféron-γ (IFN-γ) et le facteur de nécrose tumorale alpha (TNF-α). Les cellules Th2 sécrètent les interleukines 1, 4, 5, 10 et 13 (IL-1, IL-4, IL-5, IL-10 et IL-13) et protègent principalement l’organisme contre les agents pathogènes extracellulaires.

[20]. Les neurotrophines, ou facteurs de croissance nerveuse, sont des protéines qui régulent la survie, la mort ou la différenciation des neurones. La fonction principale des neurotrophines est de favoriser la croissance nerveuse. Les principales neurotrophines sont le facteur de croissance nerveuse (NGF) et le facteur neurotrophique dérivé du cerveau (BDNF) mais aussi les neurotrophine-3 (NT-3), neurotrophine-4 (NT-4), NT-5 et 6. On sait que les expressions nasales de NGF et de BDNF sont significativement augmentées chez les patients atteints de rhinite allergique par rapport aux témoins sains après provocation à l’allergène nasal. Les neurotrophines jouent un rôle essentiel dans les mécanismes de signalisation bidirectionnelle entre les cellules immunitaires et les structures du réseau neurosensoriel dans les voies respiratoires et la peau. Le prurit et l’hyperréactivité des voies respiratoires, deux caractéristiques majeures de la dermatite atopique et de l’asthme, respectivement, sont associés à la perturbation des activités du réseau neurosensoriel [Manti S, Brown P, Perez MK, Piedimonte G. The Role of Neurotrophins in Inflammation and Allergy. Vitam Horm. 2017;104:313-341. doi: 10.1016/bs.vh.2016.10.010.].

[21]. Le facteur de croissance nerveuse (NGF) est une neurotrophine qui joue un rôle clé dans l’hypersensibilisation à la douleur, régule le développement et la survie de certains neurones. Le NGF est essentiel au développement du système nerveux sensoriel périphérique et sympathique chez les mammifères. Il a également une action sur le système immunitaire en engendrant une production de cytokines, une dégranulation de mastocytes, des lymphocytes T et B, des monocytes, etc.

[22].  Le facteur neurotrophique dérivé du cerveau, Brain-Derived Neurotrophic Factor (BDNF) est essentiellement impliqué dans la survie, le développement et la fonction des neurones, agissant sur la plasticité synaptique, capacité des connexions entre les neurones à se renforcer ou à s’affaiblir en réponse à l’activité neuronale. [Miao C, Li X, Zhang Y. Effect of acupuncture on BDNF signaling pathways in several nervous system diseases. Front Neurol. 2023 Sep 14;14:1248348. doi: 10.3389/fneur.2023.1248348]. Par ailleurs, le BDNF, comme les autres neurotrophines, sont impliqués dans la physiologie et la physiopathologie de plusieurs maladies des voies respiratoires, des maladies pulmonaires néonatales, des maladies allergiques et inflammatoires, de la fibrose pulmonaire et même du cancer du poumon. Ainsi le BDNF augmente dans l’inflammation des voies respiratoires et dans les maladies allergiques. [Manti S, Xerra F, Spoto G, Butera A, Gitto E, Di Rosa G, Nicotera AG. Neurotrophins: Expression of Brain-Lung Axis Development. Int J Mol Sci. 2023 Apr 11;24(8):7089. doi: 10.3390/ijms24087089.]

[23]. Liang FH, Hou XR, Li LH, Liang X, Lu YW, Yang H, Zhang Y. [Acupoint Injection at « Yingxiang »(LI 20) and « Yintang »(GV 29) May Relieve Nasal Allergic Symptoms Possibly by Down-regulating Expression of Histamine Receptor H 1 and H 4 in Nasal Mucosa of Allergic Rhinitis Rats]. Zhen Ci Yan Jiu. 2018 Apr 25;43(4):231-5.

[24]. Le NF-κB (nuclear factor-kappa B) est une protéine de la superfamille des facteurs de transcription impliquée dans la réponse immunitaire et la réponse au stress cellulaire. Son activation exagérée (en cas de septicémie par exemple) peut provoquer un choc septique. NF-κB est connu aussi pour être un des multiples régulateurs de plusieurs gènes codant des protéines de l’inflammation que l’on retrouve dans diverses pathologies inflammatoires comme : arthrite, maladies inflammatoires de l’intestin, asthme, athérosclérose, et même serait impliqué dans la cancérogenèse.

[25]. La protéine STAT6 (STAT6) est impliquée dans la transcription et la production de l’interleukine (IL)-4. Les cytokines, médiateurs chimiques de l’inflammation, sont des peptides messagers intercellulaires qui jouent un rôle important dans la régulation de la fonction des éosinophiles. L’interleukine-4 régule l’activité des lymphocytes du groupe de différenciation (CD4) en particulier et active également les neutrophiles. Le facteur de transcription de L’IL-4, le STAT6, est essentiel donc à la différenciation des cellules Th2 en régulant les réactions dans l’inflammation allergique.

[26]. L’oxyde nitrique synthase inductible (iNOS) est impliqué dans la production d’oxyde nitrique (NO), qui augmente le mouvement mucociliaire de la muqueuse paranasale. La forme inductible se trouve dans les macrophages et fait partie du système immunitaire. Elle est capable de programmer l’apoptose des cellules. NO dans les macrophages sert de médiateur pour la réponse immunitaire. La concentration en iNOS est normalement très faible, mais sera très augmentée lors d’une agression de l’organisme par un agent extérieur, déclenchant un mécanisme d’inflammation, une production de cytokines.

[27]. Jung D, Lee S, Hong S. Effects of acupuncture and moxibustion in a mouse model of allergic rhinitis. Otolaryngol Head Neck Surg. 2012 Jan;146(1):19-25.

[28]. L’interleukine-1 (IL-1) est une cytokine pro-inflammatoire qui possède de multiples fonctions au sein de la réponse immunitaire. Cependant, une production incontrôlée de cette cytokine peut contribuer à l’apparition et/ou au développement de nombreuses maladies de type auto-inflammatoire. De même le facteur de nécrose tumorale (TNF α) fait partie aussi de ces cytokines impliquées dans l’inflammation.

[29].  Zheng XL, Tian YP, Luo HY, Zhao YD, Liu XY, Jiang Y, Ma CX, Wang MJ, Liu M. [Effect of Warm Acupuncture on the Levels of Serum Immunoglobulin E, Interleukin-1 β and Tumor Necrosis Factor-α in Rats with Allergic Rhinitis]. Zhen Ci Yan Jiu. 2018 Jan 25;43(1):35-8.

[30]. Les lymphocytes T régulateurs (Tr ou Treg) sont une sous-population de lymphocytes T CD4+ ayant la propriété d’inhiber la prolifération d’autres lymphocytes T effecteurs et maintiennent la tolérance immunitaire en traitant les réponses immunitaires excessives comme les allergies.

[31]. Wang Y, Hou XR, Li LH, Zhang Y, Yang H, Liang X, Lu YW. [Acupoint injection improves allergic rhinitis by balancing Th17/Treg in allergic rhinitis rats]. Zhen Ci Yan Jiu. 2019 Apr 25;44(4):276-81.

[32]. Le neuropeptide Y est localisé avec la noradrénaline dans le système nerveux sympathique et donc est un puissant vasoconstricteur. Il inhibe également la libération de neurotransmetteurs parasympathiques (acétylcholine et peptide vasoactif intestinal (VIP) entraînant donc une action antisécrétoire digestive, en bloquant le peptide vasoactif intestinal.

[33]. L’interféron gamma (ou IFNγ) est une cytokine essentielle à l’immunité innée et adaptative contre les infections virales avec des propriétés antivirales, immunorégulatrices et antitumorales. Les cellules T auxiliaires de type 1 (Th1) sécrètent l’IFNγ, qui provoque la différenciation d’un plus grand nombre de cellules CD4+ indifférenciées (cellules Th0) en cellules Th1.

[34].  Gong Z, Yan ZF, Liu QP, Liu LL, Liu SM, Jiao LL, Bian FZ, Zhang LJ, Zhang LL. [Effect of intranasal acupuncture on neurogenic inflammation in allergic rhinitis rabbits]. Zhen Ci Yan Jiu. 2021 Feb 25;46(2):111-6.

[35].  Li YM, Zhuang LX, Lai XS, Jiang GH. [Effects of electroacupuncture on plasma vasoactive intestinal peptide and substance P in perennial allergic rhinitis patients]. Zhen Ci Yan Jiu. 2007 Apr;32(2):136-8.

[36]. Zhang Q, Wang Y, Zhou YL, Hou XR, Wang YJ, Li LH. [Synergistic effect of acupoint injection and moxibustion or catgut embedding or acupuncture on symptoms and expression of Th1/Th2 related cytokines in nasal mucosa of rats with allergic rhinitis]. Zhen Ci Yan Jiu. 2022 May 25;47(5):409-14.

[37]. Le Toll Like Receptor 4 (TLR 4) activé conduit à une voie de signalisation intracellulaire NF-κB et à la production de cytokines inflammatoires, responsables de l’activation du système immunitaire inné. TLR4 interagit avec le facteur de différenciation myéloïde 88 (MyD88) qui est indispensable pour la résistance humaine aux infections virales courantes…

[38]. La protéine activatrice 1 (AP-1) est impliquée dans la régulation de l’expression de gènes impliqués dans la réponse à divers stimuli, comme les cytokines, facteurs de croissance, stress et infections virales ou bactériennes.

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[40]. Les cellules T CD4+ naïves peuvent être différenciées en sous-populations distinctes, les cellules Th1 et Th2, sur la base de leurs profils de cytokines production. De manière générale, les cellules Th1 produisent de l’IL-2, de l’IFN-γ et du TNF-β qui sont principalement responsables de l’immunité à médiation cellulaire ou de l’hypersensibilité de type retardé alors que les cellules Th2 produisent IL-4, IL-5, IL-10 et IL-13 qui sont principalement impliqués dans l’immunité humorale. Le déséquilibre des réponses des cellules Th1/Th2 pourrait être une cause principale de maladies infectieuses, maladies allergiques et auto-immunes.

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[43]. La transduction de signal PI3K/Akt joue un rôle charnière dans l’homéostasie cellulaire, le développement neurologique, le métabolisme et d’autres processus. Elle régule différents aspects du développement cellulaire comme l’apoptose, la progression du cycle cellulaire et la différenciation cellulaire. Les récepteurs Trk ont une activité kinase intrinsèque et se dimérisent lors de la liaison du ligand dimérique de la neurotrophine. Trois récepteurs Trk ont été identifiés : TrkA, B et C. TrkA interagit spécifiquement avec le NGF, tandis que TrkB se lie à la fois au BDNF et au NT-4. TrkC est le récepteur spécifique du NT-3.

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Cathédrale de Lausanne (XII- XIIIe) - Vue sur le lac Léman - Suisse
Cathédrale de Lausanne (XII- XIIIe) – Vue sur le lac Léman – Suisse

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Prévention des migraines par traitement des jingbie (經別), électroacupuncture et chronoacupuncture : étude synthétique à propos d’un cas clinique

Brouillard dans la baie de Hạ Long, Thành phố Hạ Long, Quảng Ninh, Vietnam
Brouillard dans la baie de Hạ Long, Thành phố Hạ Long, Quảng Ninh, Vietnam

Résumé Introduction. L’objectif de ce travail est d’évaluer la possibilité d’utiliser l’acupuncture et l’électroacupuncture dans la prévention des migraines, autant pour la crise que dans le traitement de fond. Méthodes. Deux études de cas clinique de migraines permettent d’étudier le protocole de traitement selon la différenciation des syndromes (bianzheng) mais surtout en utilisant la piqûre miu applicable aux méridiens jingbie, l’électroacupuncture et la chronoacupuncture (théorie des points saisonniers et celle des ziwu liuzhu). Après un rappel de la physiopathologie selon la Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC) et celle de la médecine expérimentale, un état des lieux des méta-analyses et des essais comparatifs randomisés (ECR) est réalisé. Résultats. L’acupuncture peut être utilisée seule ou en association avec le traitement classique dans le cadre de la médecine intégrative. Selon les preuves issues des méta-analyses, des ECR et même des recommandations d’experts, on peut considérer sa contribution utile, efficace et sans effets indésirables. Conclusion. L’utilisation de l’acupuncture dans la prévention des migraines peut être proposée avec un grade A de preuve scientifique établie selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé française (HAS). Mots clés : Acupuncture – migraines – électroacupuncture – neurologie – jingbie – chronoacupuncture – ziwu liuzhu.

Summary: Introduction. The objective of this work is to evaluate the possibility of using acupuncture and electroacupuncture in the prevention of migraines, both for the crisis and in the background treatment. Methods. Two clinical case studies of migraines make it possible to study the treatment protocol according to the differentiation of syndromes (bianzheng) but especially by using the miu sting applicable to jingbie meridians, electroacupuncture and chronoacupuncture (seasonal point theory and that of ziwu liuzhu). After a review of the pathophysiology according to Traditional Chinese Medicine (TCM) and that of experimental medicine, an inventory of meta-analyzes and randomized controlled trials (RCTs) is carried out. Results. Acupuncture can be used alone or in combination with conventional therapy in integrative medicine. Evidence from meta-analyzes, RCTs and even expert recommendations can be considered useful, effective and without adverse effects. Conclusion. The use of acupuncture in the prevention of migraines can be proposed with a grade A of scientific evidence established according to the recommendations of the French High Authority of Health (HAS). Key words: Acupuncture – migraines – electroacupuncture – neurology – jingbie – chronoacupuncture – ziwu liuzhu.

Introduction

La migraine est une maladie neurologique dont la prévalence est estimée chez l’adulte de 18 à 65 ans, entre 12 et 15 % de la population mondiale, avec une prédominance féminine de trois femmes pour un homme [[1]]. Elle se traduit par la survenue des céphalées se répétant régulièrement plus ou moins associées à d’autres symptômes (intolérance à la lumière et aux bruits, nausées/vomissements). La sévérité des crises peut entraîner un retentissement socioprofessionnel important avec des arrêts maladies itératifs. Existent deux principales formes de crises migraineuses : avec ou sans aura. La plus habituelle des migraines est celle sans aura. Il s’agit de douleurs importantes qui durent entre quatre et soixante-douze heures sans traitement. Deux des quatre caractères suivants sont nécessaires pour parler de migraine : prédominance d’une douleur unilatérale (hémicranie), pulsatile, d’intensité modérée (gênant les activités habituelles) à sévère (nécessité de se coucher dans l’obscurité et le silence) et céphalée aggravée par le mouvement (montée ou descente d’escaliers par exemple).

Typiquement, la migraine s’accompagne de nausées et/ou vomissements et/ou d’une photophobie et phonophobie. La maladie migraineuse se définit aussi par la répétition des crises, au moins cinq.

Migraine avec aura

La céphalée peut être précédée ou s’accompagne d’un trouble neurologique transitoire entièrement réversible, l’aura. Typiquement, ce sont des troubles visuels, mais aussi sensitifs, associés ou non à des troubles du langage (dysarthrie). Dans 90% des cas, les troubles visuels sont une perte de vision ou vision trouble associée ou pas à la présence de phosphènes avec taches brillantes ou formes géométriques. Plus rarement, on peut observer des paresthésies ou des engourdissements d’une main ou de la face, ou encore de difficultés à s’exprimer. Cela s’installe généralement lentement, en quelques minutes et cela peut durer moins d’une heure. D’autres sous-types de migraines plus rares avec aura ont été observés, comme la migraine hémiplégique familiale, la migraine basilaire et même des auras migraineuses sans céphalée [[2]].

Généralement, la durée de la crise ne dépasse pas six heures grâce au traitement et peut être raccourcie par les traitements. La fréquence des crises peut varier de quelques épisodes par an à plusieurs par mois, générant des douleurs plus de quinze jours par mois. Entre chaque crise, la rémission des symptômes est totale, tout au plus peut persister quelques jours de fatigue et une légère céphalée.

Il faudra faire le diagnostic différentiel avec la céphalée de tension qui engendre une douleur plus diffuse, bilatérale, continue et non pulsatile, à type de sensation de compression, d’étau, d’intensité peu ou moyennement forte et sans signes digestifs associés ou d’intolérance au bruit. Elle est plus répandue que la migraine. A noter qu’une personne migraineuse peut avoir des céphalées de tension entre deux crises.

Les facteurs déclenchants

Le caractère héréditaire est connu depuis le 19e siècle, surtout pour les migraines avec aura. Par ailleurs depuis 2010, plus d’une douzaine de gènes de susceptibilité à la migraine ont été identifiés qui codent notamment des protéines impliquées dans la régulation glutamatergique. Ainsi dans le cas de la migraine hémiplégique familiale (avec aura par déficit moteur associé à des signes sensitifs, visuels ou troubles du langage), on a découvert en 1993 que l’hérédité de la maladie est monogénique, en rapport avec une mutation génique sur le chromosome 19 avec implication des canaux calciques. La transmission de la maladie est autosomique dominante, signifiant qu’une personne malade a 50% de risque de transmettre la mutation à chacun de ses enfants [[3]].

Néanmoins, ce sont surtout des facteurs internes ou externes qui sont davantage impliqués dans le déclenchement de la crise. Tous ces facteurs ont en commun un changement de rythme ou d’état. Cela peut être engendré par un changement qu’il soit émotionnel (stress ou émotions agréables), physique (surmenage ou relâchement du dimanche par exemple), hormonal (chez les femmes, la chute des taux d’œstrogènes en période menstruelle déclenchant la migraine cataméniale), climatique (chaleur ou froid, vent violent), sensoriel (lumière ou odeur désagréable), ou bien une diététique inadaptée par un repas trop lourd, une prise d’alcool, un repas oublié..), des troubles du sommeil soit par dette, soit par excès, etc.

En identifiant et en évitant certains de ces facteurs, les crises peuvent être ainsi réduites.

Les mécanismes physiopathologiques

La migraine est due à une excitabilité neuronale anormale, liée dans certains cas à une prédisposition génétique, le tout pouvant être modulée par les facteurs environnementaux. La compréhension des mécanismes impliqués dans les différents symptômes des crises n’est pas complète. On sait que dans la prédisposition génétique, les mutations au niveau de trois gènes différents des canaux ioniques CACNA1A, ATP1A2 et SCN1A peuvent être causales. Des études fonctionnelles de ces mutations ont montré qu’elles peuvent entraîner une régulation défectueuse de la neurotransmission glutamatergique et déséquilibre excitateur/inhibiteur au niveau du cortex cérébral avec augmentation du potassium et du glutamate dans la fente synaptique. Cela conduit donc à une hyperexcitabilité neuronale, une dépression corticale envahissante qui engendre la création d’une vague de dépolarisation. Celle-ci est considérée comme impliquée dans les mécanismes d’initiation des migraines à prédisposition génétique mais aussi celles avec aura. Par l’imagerie par résonnance magnétique, on observe ainsi une légère diminution du débit sanguin cérébral pouvant expliquer les troubles neurologiques visuels, sensitifs, de langage, ou même l’état d’asthénie réactionnelle. De nombreux autres gènes responsables ont été découverts comme le KCKN18, PRRT2, CSNK1D, etc. La recherche continue qui pourrait se traduire pour ces patients par des traitements ciblés.

La physiopathologie de la migraine à proprement parlé est partiellement comprise, mais on pense qu’elle peut être provoquée par l’activation du système trigéminovasculaire qui comprend les nerfs trijumeaux innervant les méninges et les vaisseaux sanguins intracrâniens. La crise de migraine résulterait de l’activation des nocicepteurs innervant les vaisseaux sanguins crâniens, transmettant un signal aux neurones bipolaires trijumeaux, puis relayé aux zones thalamique et corticale, produisant ainsi la sensation de douleur. Ce sont les neuropeptides vasoactifs tels la substance P, le peptide lié au gène de la calcitonine (CGRP) et l’oxyde nitrique, libérés par les nocicepteurs eux-mêmes qui vont conduire à une vasodilatation au niveau des méninges et une inflammation neurogène puis sensibilisation centrale du tronc cérébral par libération de neuromédiateurs inflammatoires, ce qui contribue au déclenchement et au maintien du circuit douloureux [[4]].

La thérapeutique

La prise en charge de la migraine repose bien sûr sur l’éviction des facteurs déclenchants, le traitement des crises et éventuellement leur prévention par une thérapeutique de fond quotidienne.

Pour limiter la sévérité et la durée de la crise, le traitement devra être pris le plus tôt possible, dès les prodromes. On préconisera le traitement de fond pour diminuer la fréquence des crises et sera prescrit de ce fait en cas de crises fréquentes et invalidantes avec consommation excessive d’antalgiques.

La crise

Pour le traitement de crise, deux classes thérapeutiques sont préconisées :

  • non spécifique : anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) ou aspirine (grade A de preuve scientifique établie selon l’HAS[1] ou paracétamol seul (Grade C de faible niveau de preuve scientifique) en cas de crise légère à modérée ;
  • soit spécifique (triptan ou dérivé ergoté, dihydroergotamine en spray (grade A) ou ergotamine (Grade B de présomption scientifique), en cas de crise sévère d’emblée ou résistant aux AINS.

Quelle que soit l’option, il ne faut pas dépasser huit jours de prise par mois pour éviter l’abus médicamenteux. Les antalgiques opiacés (codéine, tramadol, morphine et autres opioïdes forts) ne doivent pas être utilisés en raison du risque de surconsommation, voire d’addiction, sans oublier qu’ils peuvent entraîner une céphalée chronique en raison de l’abus médicamenteux (AE)[2].

Les triptans, traitements spécifiques de la migraine sont des agonistes des récepteurs sérotoninergiques 5HT1B/D et inhibent l’inflammation neurogène et la vasodilatation en agissant sur le système trigéminovasculaire. Chez l’animal, le zolmitriptan par exemple, grâce à son activité agoniste sur les récepteurs 5-HT1, induit une vasoconstriction et une inhibition de la libération du peptide lié au gène de la calcitonine (CGRP), du peptide vasoactif intestinal (VIP) et de la substance P. Ces deux effets (vasoconstriction et inhibition de la libération de neuropeptides) sont vraisemblablement à l’origine de l’amélioration des crises de migraine. Ils sont contre-indiqués néanmoins en cas d’antécédent de pathologie cardiaque ischémique (infarctus du myocarde, angor, accident vasculaire cérébral, etc.) ou d’accident ischémique transitoire (AIT), de syndrome de Wolff-Parkinson-White, d’hypertension artérielle quelque soit le niveau d’intensité et à éviter également en présence de facteurs de risque ischémique (tabagisme, hyperlipidémie, diabète, hérédité). Les effets indésirables sont habituellement transitoires, apparaissent en début de traitement et disparaissent spontanément touchant essentiellement le système nerveux (sensations anormales ou troubles des sensations, étourdissements, céphalées, hyperesthésie, paresthésie, somnolence, sensation de chaleur, asthénie, sensation d’oppression, myalgies, etc.) et la sphère gastro-intestinale avec les douleurs abdominales, nausée, vomissement, sécheresse buccale, dysphagie.

D’autres traitements de crise spécifiques et non vasoconstricteurs sont à l’étude comme les gépans (antagonistes de la CGRP) ou les ditans (agonistes sérotoninergiques 5HT1F, dérivés des triptans).

Prophylaxie de la migraine

Elle repose sur l’analyse des crises (fréquence, intensité, sévérité, retentissement sur la qualité de vie) et de la consommation médicamenteuse (> 6 à 8 prises mensuelles depuis 3 mois, même efficaces).

Donc, si les crises sont très fréquentes (au moins deux par mois), longues, intenses, mal soulagées, le traitement de fond peut s’envisager. Le délai d’action est de quatre à six semaines et son objectif est la diminution de la fréquence ou de l’intensité des crises. La suppression complète des crises est exceptionnelle.

Aucune molécule n’a démontré de supériorité en termes d’efficacité par rapport aux autres (grade A). En tenant compte des contre-indications et des effets indésirables, on pourra utiliser en première intention les bêtabloquants (propranolol, metoprolol), le topiramate ou l’amitriptyline. En seconde intention les antisérotoninergiques : l’oxétorone ou le pizotifène et en dernière intention la flunarizine [1] qui ont pour effets indésirables surtout la somnolence, la prise de poids, voire les manifestations extrapyramidales.

Il est possible aussi d’utiliser la stimulation magnétique transcrânienne ou stimulation du grand nerf occipital qui fait également leurs preuves chez certains patients. Les impulsions magnétiques modifient le fonctionnement électrique des neurones et préviennent la migraine [[5]].

La Haute Autorité de Santé française propose aussi les approches non pharmacologiques. La relaxation-sophrologie, le rétrocontrôle biologique (biofeedback) et les thérapies cognitives et comportementales de gestion du stress ont fait preuve d’efficacité (grade B). On peut en faire bénéficier certains patients en fonction de leur profil psychologique. De même, l’acupuncture peut-être proposée [1,2,[6]] surtout si le migraineux ne souhaite pas de traitement de fond médicamenteux. Les autres approches non-pharmacologiques (homéopathie, ostéopathie…), par contre n’ont pas fait la preuve de leur efficacité et de leur intérêt dans le traitement de fond de la migraine.

Observations

Une migraine fronto-orbitaire

Depuis quatre ans, Madame MS, attachée commerciale, présente régulièrement des migraines fronto-orbitaires droites sans aura accompagnées de temps en temps par des nausées mais surtout par des gastralgies avec un pyrosis et une sensation de brûlure dans la gorge. Cette migraine survient deux à trois fois par mois chez une femme de 50 ans dont la fibroscopie a objectivé un reflux gastro-œsophagien traité par quarante mg d’ésoméprazole. Elle ne prend pas de traitement de fond pour la migraine. En revanche en période estivale, en raison d’une lucite solaire, elle prend un anti-histaminique (desloratadine). Son indice de masse corporelle (IMC) est à 30,8 en obésité modérée. Elle présente également une constipation et avoue des pulsions vers le sucre. L’examen de la langue objective une langue pâle avec empreintes des dents. Les pouls sont fins (xi) et faibles (ruo). Les points choisis à la première séance du 31 mai 2017 correspondent à la piqûre miu du traitement du jingbie du zuyangming droit[3]. En effet, cette migraine suit le trajet du méridien d’Estomac, avec des manifestations pathologiques intermittentes, unilatérales à type de syndrome douloureux associé à des signes d’atteinte de l’Entraille (fu). D’où la technique du traitement à l’opposé qui utilise les deux points jing (puits) ou jing distal du couple yin-yang gauche de jingbie, si l’atteinte est à droite. Piquer les points jing à l’opposé permet, d’une part, de rétablir l’équilibre des deux parties du corps droite et gauche par la circulation Viscères (zang)/Entrailles (fu) ; d’autre part, d’attirer l’Énergie wei dans le méridien distinct perturbé, afin de combattre le xie (Énergie Perverse) situé en profondeur. Les points utilisés et puncturés avec des aiguilles de 0,18×30 mm sont donc lidui 45E et yinbai 1Rt à gauche, xiangu 43E et taibai 3Rt bilatéralement, neiting 44E et yinlingquan 9Rtà droite (points de tonification saisonniers au printemps[4]) [[7]], qichong 30E, yintang (PEM), baihui 20VG et chengqi 1E (utilisé très superficiellement). Par ailleurs, compte tenu du Vide combiné de Sang et de qi de Rate selon la différenciation des syndromes (bianzheng), mais aussi du possible Vide du Sang du Foie qui engendre un Vent interne lors de la crise sont rajoutés les points pishu 20V, sanyinjiao 6Rt, taichong 3F, fengchi 20VB (stimulé par appareil d’électroacupuncture EA schwa-medico© ; fréquence 2Hz ; durée d’impulsion 0,3ms pendant 20mn), zhongwan 12VC, hegu 4GI (EA à 2Hz) et zusanli 36E bilatéralement (EA à 2 Hz). La recherche du deqi est réalisée sur certains points comme le hegu 4GI, zusanli 36E, sanyinjiao 6Rt.

Mme MS est revue dix jours après. Elle a souffert d’une céphalée latente pendant les deux à trois jours qui ont suivi la séance, puis disparition des migraines. Le même traitement est appliqué mais allégé par la suppression des points taichong 3F, hegu 4GI, baihui 20V, sanyinjiao 6Rt et yinlingquan 9Rt droit remplacé par le yinbai 1Rt droit (point saisonnier en été). Elle est à nouveau revue fin août, lors de la 5e saison. Le pyrosis a nettement diminué et elle n’a eu que deux migraines. La piqûre miu est continuée avec le jiexi 41E et dadu 2Rt points de tonification saisonniers du couple des jingbie atteints à droite stimulé par EA à 2Hz. 

Le 8 novembre, soit deux mois après la précédente séance, elle est revue à nouveau : trois jours de migraines sur cette période. La piqûre miu est encore appliquée : les nouveaux points de tonification saisonniers en automne : zusanli 36E (EA à 2Hz bilatéralement) et taibai 3Rt droit. Mme MS est globalement satisfaite surtout qu’elle a d’elle-même diminué de vingt mg l’ésoméprazole, le pyrosis s’étant bien estompé.

Une migraine temporale

En cas de crise migraineuse, M. SLM prend un triptan (frovatriptan) et/ou un AINS. Le traitement de fond : propranolol à la dose d’½ comprimé matin et ¼ soir, mais en vain car les migraines sont quasi constantes et nécessitent un alitement au moins une à deux fois par semaine. Âgé de trente-cinq ans, il subit ces migraines temporales gauches ou droites depuis l’âge de vingt ans, pouvant entraîner des arrêts de travail itératifs chez cet enseignant anxieux. Sportif, il a été obligé de ralentir ses activités ; de même il évite d’être trop longtemps devant les écrans ou de se coucher tardivement. Il est de corpulence normale avec une IMC à 24,7 pour un poids de 81kg. Il présente souvent des colopathies spasmodiques. Il est allergique aux acariens et du fait d’une myopie a bénéficié d’une chirurgie réfractive de l’œil. Son sommeil est perturbé avec difficulté d’endormissement. Il se réveille très fréquemment le matin, la vue trouble et accompagnée d’une hémicrânie souvent gauche qui va durer toute la journée associée à des nausées. Lors de la première consultation le 11 janvier 2017, il n’est pas en crise mais est resté alité trois jours durant les vacances scolaires et se sent fatigué. La langue est à bords rouges. Les pouls sont faibles (ruo) et profonds (chen), sans doute rapides (shuo) mais ininterprétables du fait de la prise du bêtabloquant (propranolol). Le Vide de yin des Reins peut engendrer des céphalées déclenchées et aggravées par l’anxiété et peuvent se manifester sur le trajet du méridien du zushaoyang (Vésicule Biliaire)quand un yang de Foie est extériorisé. Le traitement a consisté donc à agir sur le Vide de yin des Reins pour éviter l’élévation du yang de Foie : baihui 20VG, shenshu 23V, taixi 3R, zhaohai 6R (EA à 2Hz), fengchi 20VB (EA à 2Hz), taiyang (PEM), shuaigu 8VB, jiaosun 20TR, xuanzhong 39VB (EA à 2Hz), yanglingquan 34VB (EA à 2Hz). Les aiguilles sont identiques au cas précédent, de même l’appareil d’électroacupuncture.

Il est revu huit jours après, expliquant que la séance précédente avait déclenché une grosse migraine gauche avec aura le lendemain ayant perduré deux à trois jours ; puis, quatre jours sans. Le même traitement est appliqué. Il est à nouveau revu le deux mars 2017, en début de d’hémicrânie gauche accompagnée de quelques nausées. Durant cette période d’un mois et demi, il a bénéficié de quinze jours sans aucune migraine. Il a même repris la course à pied. Les bords de la langue sont toujours rouges, le corps rouge. Les pouls sont tendus (xian). Un traitement de la crise est entrepris utilisant la piqure miu du méridien atteint zushaoyang, un des deux méridiens atteints du couple yin-yang (Foie-Vésicule Biliaire). Sont puncturés et laissés en place pendant 20 mn à droite les points jing dadun 1F et zuqiaoyin 44VB ; les points shu bilatéralement : taichong 3F et zulinqi 41VB (en EA à la fréquence de 2Hz en alternance avec celle de 100Hz (2/100 Hz) ; durée d’impulsion 0,3ms pendant 20mn) ; les points de tonification saisonniers (printemps) du jingbie zushaoyang atteint à gauche ainsi que celui du méridien couplé zujueyin : xiaxi 43VB et ququan 8F ; les points « ashi » temporaux gauches douloureux ici au taiyangtianchong 9VB et shuaigu 8VB ; les points de jonction : qugu 2VC et tongziliao 1VB ; fengchi 20VB (EA à 2/100Hz) et xuanzhong 39VB (EA à 2/100Hz). Il est revu deux fois de suite à huit jours, puis trois autres à quinze jours d’intervalle. Un traitement similaire est toujours appliqué en tenant toujours compte de la latéralité de la dernière crise, de la théorie des points saisonniers mais aussi de celle des ziwu liuzhu[5] [7] mais avec une EA à la fréquence de 2Hz, du fait qu’il ne sera plus vu en période de crise. Revu fin mai, il signale cinq crises gauches durant cette période de trois mois, mais sans aura et avec juste un état nauséeux supportable. Durant l’été et jusque fin août, il subit plusieurs hémicrânies droites, dont une avec trouble de la vue, mais très nettement supportables. Il a perdu du poids : 73kgs et s’est remis de manière régulière à la course à pied. Il déclare être très satisfait : il est passé de migraines quasi quotidiennes à une à deux migraines par mois très nettement gérables. Il est préconisé de réaliser une séance par mois.     

Discussion

Ces deux cas cliniques parmi tant d’autres, objectivent que l’acupuncture a toute sa place dans l’arsenal thérapeutique de la migraine comme le préconisent autant la Société Française d’Étude des Migraines et des Céphalées (SFEMC) que les organismes de santé d’État (HAS, INSERM) [1,2,6]. Notons cependant l’ambiguïté de SFEMC qui sur leur site grand public mentionne que l’acupuncture peut être proposée alors que dans leurs recommandations, elle signale que les données de la littérature ne sont pas concluantes [[8]]. D’autre part, leurs recommandations initialement élaborées à la demande de la HAS, ont été totalement récusées par ce même organisme du fait que la majorité des membres du groupe de travail déclarait des liens d’intérêt importants avec les laboratoires pharmaceutiques. La SFEMC avait donc décidé de produire en son nom propre ces recommandations [[9]]. Malgré tout, les données de la médecine factuelle ont permis en 2021 que les recommandations de la SFEMC évoluent favorablement en faveur de l’acupuncture [[10]]. Ainsi à la question : quelle est l’efficacité de l’acupuncture dans la prévention de la migraine ? La réponse : « l’acupuncture peut être efficace par rapport au placebo dans la prophylaxie à court terme de la migraine épisodique (niveau de preuve moyen), et présente une efficacité similaire et moins d’effets secondaires que de nombreux agents pharmaceutiques standards. Les études à long terme de l’acupuncture dans la migraine épisodique et dans la migraine chronique font défaut ».

Tout d’abord, voyons les mécanismes physiopathologiques de l’action de l’acupuncture dans les migraines ? Puis dans un second temps, quelles sont les preuves apportées par les méta-analyses et essais comparatifs randomisés (ECR) ? Enfin, dans un troisième temps, on discutera de la physiopathologie selon la médecine chinoise et de la thérapeutique acupuncturale.

Mécanismes physiopathologiques de l’acupuncture ou de l’électroacupuncture

Action sur la dépression corticale envahissante

L’électroacupuncture agirait sur la dépression corticale envahissante et sur la concentration en peptide lié au gène de la calcitonine plasmatique (CGRP) et en substance P (SP). En effet, l’EA à une fréquence alternée de 2/100Hz appliquée sur les points yanglingquan (34VB) et taichong (3F) bilatéralement lors d’une provocation d’une crise migraine par injection de 3mmol/L de KCl dans le cortex cérébral de rats randomisés en trois groupes (N=30) témoin, modèle de rats migraineux et EA, supprime de manière statistiquement significative (p<0,01) la dépression corticale envahissante versus groupe modèle. De même, les taux plasmatiques de CGRP et de SP diminuaient considérablement dans le groupe EA versus groupe modèle et groupe témoin (respectivement p<0,05 ; p<0,001), suggérant de ce fait un effet inhibiteur de l’EA sur les substances provoquant la douleur [[11]].

Inhibition du système trigéminovasculaire et de l’inflammation neuronale

Une autre étude montre que les effets anti-nociceptifs de l’EA dans la migraine seraient associés au récepteur cannabinoïde de type 1 (CB1)[6][[12],[13]]. L’EA interviendrait en inhibant l’inflammation neurogène par un mécanisme impliquant l’activation des récepteurs CB1. Cela a été démontré dans une étude expérimentale sur un modèle de migraine chez le rat induit par la stimulation électrique unilatérale du ganglion du trijumeau (SEGT). L’EA était délivrée sur les points fengchi 20VB et waiguan 5TR à la fréquence 2/15Hz et appliquée tous les jours pendant 30mn au cours des cinq jours précédant la SGET. Les auteurs constataient alors que les concentrations sériques de CGRP et de PGE2 étaient diminuées dans le groupe EA (p<0,001 par rapport aux autres groupes de rats traités uniquement par acupuncture minimale, placebo ou groupe témoin. Par ailleurs, une molécule antagoniste des récepteurs CB1 atténuait cette diminution associée à l’EA, ce qui signifie que des effets anti-inflammatoires de l’EA sont médiés par les récepteurs CB1 dans un modèle de migraine chez le rat [[14]].

Sensibilisation centrale et contrôles inhibiteurs descendants

Le système modulateur de la douleur descendante du tronc cérébral, comprenant la substance grise périaqueducale (PAG), le noyau raphe magnus (NRM) et le noyau trijumeau caudalis (NTC), pourrait être impliqué dans la physiopathologie de la migraine. Quarante rats mâles Sprague-Dawley ont été assignés au hasard à l’un des quatre groupes suivants : un groupe EA (stimulation à une fréquence de 2Hz alternée à celle de 15Hz sur le point fengchi 20VB bilatéralement ; un groupe factice d’acupuncture (SA : acupuncture manuelle sur un non-point d’acupuncture) ; un groupe modèle de migraine témoin sans aucun traitement) ; et un groupe contrôle témoin sans migraine et sans aucun traitement. On observe une augmentation significative du nombre moyen de neurones c-Fos dans les groupes PAG, NRM et NTN dans le groupe modèle de migraine versus groupe témoin (p <0,001) et des troubles du comportement en rapport avec la douleur (figure 1). Tout ceci est significativement atténué par le traitement EA (p<0,001 au niveau immunocytochimique ; p<0,01 pour le comportement). Le prétraitement EA améliore donc un modèle de migraine récurrente chez le rat, sans doute également par modulation des voies descendantes du tronc cérébral [[15]].

Figure 1. Distribution immunocytochimique des cellules positives au c-Fos dans la région grise périaqueducale (PAG) (A) et nombre de cellules positives pour 100 μm² (B) chez 40 rats qui ont subi une implantation d’électrodes suivie d’aucune stimulation (groupe contrôle témoin, n=10) ou stimulation électrique répétée durale (n=30) sans traitement (groupe modèle, n=10), prétraitement par électroacupuncture (groupe EA, n=10) ou un prétraitement d’acupuncture fictif (groupe SA, n=10). Des images représentatives montrent un marquage c-Fos relativement clairsemé dans le groupe témoin (C) et un groupe EA (F) et un marquage c-Fos relativement intense dans le groupe SA (D) et le groupe modèle (E). Barre d’échelle = 200 μm. Les données sont présentées en moyenne ± écart-type. *** p <0,001 vs groupe témoin. ### p <0,001 vs groupe de modèles. ++ p<0,01 par rapport au groupe SA. Aq, aqueduc (Sylvius); Dk: noyau de Darkschewitsch ; dlf, fascicule longitudinal dorsal (Graphique issu de [15], distributed in accordance with the Creative Commons Attribution Non Commercial (CC BY-NC 4.0) license.

Sensibilisation centrale et vasodilatation

Lors de la migraine, on sait que la stimulation des terminaisons nerveuses du trijumeau autour des vaisseaux sanguins provoque la libération de la substance P, de CGRP et autres substances vasculaires actives entraînant sensibilisation centrale et forte vasodilatation, d’où la douleur. La myosine kinase à chaîne légère (MLCK) et la protéine kinase C sont tous deux impliquées dans ce processus de vasodilatation et vasoconstriction. Zhou et coll. ont donc étudié l’effet de l’action de l’acupuncture au point fengchi (20VB) sur l’activation de la MLCK dans l’artère méningée moyenne des rats modélisés pour la migraine. Quarante-quatre rats Sprague-Dawley (SD) femelles en bonne santé ont été répartis au hasard en quatre groupes : le groupe normal témoin, le groupe témoin modélisé (GTM) mais sans traitement, le groupe d’acupuncture fengchi 20VB (après modélisation de la migraine : le fengchi 20VB est puncturé avec recherche du deqi pendant 2mn et maintenu en place pendant 20mn) et le groupe de prévention fengchi 20VB (on puncture d’abord le baihui 20VG avec recherche du deqi pendant 2mn, aiguille laissée en place 20mn puis on déclenche la crise sur ce modèle de migraine par une stimulation électrique). Comparée au groupe normal témoin, l’activation de la MLCK était significativement diminuée dans le groupe GTM (p<0,01), ce qui indique que les migraines aiguës pourraient être associées à une diminution de MLCK en rapport avec le système de signalisation CGRP. Et à la suite de l’action de l’acupuncture autant en prévention qu’en curatif, la MLCK dans l’artère méningée moyenne est statistiquement augmentée (p<0,05), ce qui pourrait indiquer son efficacité dans la prévention et le soulagement des crises de migraine [[16]].

L’acupuncture associée à l’électroacupuncture permettrait donc à la fois d’intervenir sur les crises mais aussi surtout de manière prophylactique.

Une méta-analyse de la bibliothèque Cochrane a confirmé d’ailleurs en 2009 l’effet de l’acupuncture comme traitement prophylactique de la migraine [[17]].

Méta-analyses et essais comparatifs randomisés (ECR)

Sur vingt-deux ECR avec 4419 participants, six avaient démontré que l’acupuncture réduisait versus aucune intervention le nombre de jours de céphalées évalué trois à quatre mois après la randomisation. L’effet s’estompait neuf mois après avoir cessé le traitement. Quatorze ECR montraient que l’acupuncture véritable n’était pas plus efficace que l’acupuncture simulée, factice ou placebo. Quatre études objectivaient que l’acupuncture était un peu plus efficace et surtout avait moins d’effets secondaires que les médicaments habituels indiqués en prévention. Ainsi, les auteurs suggéraient que l’acupuncture devait avoir une place seule ou associée aux soins classiques dans la thérapeutique de la crise ou en prophylaxie du fait de son équivalence au traitement usuel mais surtout sans tous leurs effets secondaires.

Le fait que l’intervention feinte soit aussi efficace que la véritable acupuncture pouvait être difficilement interprétable et liée, selon les auteurs à ce que la localisation du point pourrait être d’une importance limitée. Il est fort possible aussi que cette absence de spécificité soit liée à des interventions factices non inertes et/ou des protocoles d’acupuncture non optimum [[18],[19],[20]][7].

En 2016, la méta-analyse de 2009 était mise à jour avec recherche des ECR jusqu’en avril 2016 [[21]].

Vingt-deux essais étaient inclus (N=4985) avec exclusion de cinq essais précédemment inclus, car incluant des personnes souffrant de migraine depuis moins de 12 mois. En revanche cinq nouveaux ECR étaient inclus. L’objectif de cette nouvelle méta-analyse était triple : déterminer si l’acupuncture est 1- plus efficace que l’absence de traitement prophylactique ou de routine ; 2- plus efficace que l’acupuncture factice (placebo) ; et 3- aussi efficace qu’un traitement prophylactique médicamenteux en vue de réduire la fréquence des céphalées chez les adultes atteints de migraine épisodique.

Acupuncture versus absence d’acupuncture et de traitement préventif

L’acupuncture était associée à une réduction statistiquement significative (p<0,00001) de la fréquence des maux de tête après traitement par rapport à l’absence d’acupuncture (quatre essais, 2199 participants ; différence moyenne standardisée (DMS) -0,56 ; intervalle de confiance IC à 95% de -0,65 à -0,48) ; les résultats étaient statistiquement hétérogènes (Chi²=6,96 P=0,07 ; I²=57% ; preuves de qualité modérée[8]). Après le traitement, la fréquence de réduction de 50% des migraines était réduite chez 41% des participants traités à l’acupuncture et chez 17% des personnes n’ayant pas été traitées à l’acupuncture (risque relatif RR à modèle fixe : 2,40 ; IC à 95% de 2,08 à 2,76 ; 4 études, 2519 participants) ; il n’y avait pas d’indication d’hétérogénéité statistique (Chi²=3,24 P=0,36 ; I²=7%). Malgré cela les auteurs considéraient que ces résultats après traitement fournissaient une preuve de qualité modérée car risque de biais dû au manque d’insu.

Acupuncture versus acupuncture factice

Aussi bien après le traitement (12 ECR, 1646 participants) que lors du suivi (10 ECR, 1534 participants), l’acupuncture était associée à une réduction de la fréquence des migraines par rapport à l’acupuncture factice, statistiquement significative (respectivement p<0,0004) ; p<0,0003). La différence moyenne à modèle standardisée (DMS) est de -0,18 (IC à 95 % de -0,28 à -0,08 ; I²=47% ; P=0,04) après le traitement et -0,19 (IC à 95% de -0,30 à -0,09 ; I²=59% ; P=0,010) lors du suivi. Il existe une grande hétérogénéité signifiant cependant des preuves de qualité modérée. Néanmoins, et c’est la grande différence par rapport à la précédente méta-analyse, c’est que ces données suggèrent également la présence d’un effet de l’acupuncture véritable, comparée au traitement factice même si cet effet est faible.

Acupuncture versus traitement médicamenteux prophylactique

L’acupuncture a réduit la fréquence des migraines de manière statistiquement significative (p<0,0001) comparativement à la prophylaxie médicamenteuse (métoprolol, flunarizine ou recommandations de prévention médicale) (DMS -0,25 ; IC à 95% de -0,39 à -0,10 ; 3 ECR, N=739 ; I²=0% ; P=0,76), mais cette différence ne s’est pas maintenue (p=0,08) lors du suivi (DMS -0,13 ; IC à 95 % de -0,28 à 0,01 ; 3 ECR, N=744). Après trois mois, la fréquence de réduction de 50% des migraines se retrouvait chez 57% des participants traités à l’acupuncture et chez 46 % de ceux recevant une thérapeutique préventive (RR à modèle fixe 1,24 ; IC à 95% de 1,08 à 1,44) et après six mois chez 59% et 54%, respectivement RR 1,11 ; IC à 95 % de 0,97 à 1,26 (figure 2).

Figure 2. 3.2.1 pour au moins 50% de fréquence de réduction des migraines, l’acupuncture est statistiquement plus efficace (p=0,003) versus traitement de fond après 3 mois de traitement ; 3.2.2 : pas d’efficacité significative (p=0,12) à 6 mois [21].

Pas d’hétérogénéité des résultats : I²=0%. Par ailleurs, on remarquait qu’il y avait moins d’effets indésirables chez les patients bénéficiant d’acupuncture. Les auteurs concluaient que l’acupuncture pouvait être considérée comme une option thérapeutique aussi efficace que le traitement à visée prophylactique, surtout chez les personnes ne souhaitant pas ou ne supportant pas le traitement médicamenteux. On peut même rajouter que les données et les conclusions sont en faveur d’une recommandation de l’acupuncture avec un effet spécifique mis en évidence, du fait que l’acupuncture est plus efficace que l’acupuncture factice, placebo.

Les autres méta-analyses

D’autres méta-analyses montrent que l’efficacité à court et à long terme de l’acupuncture est significativement meilleure que celle de la médecine occidentale dans le traitement de la migraine [[22],[23],[24]] ; meilleur effet analgésique pour traiter les crises versus acupuncture factice à 2 h (MD=0,36, IC95% : 0,08 à 0,65, P=0 01 ; à 4h : MD=0,49 ; IC95% : 0,14 à 0,84, P=0,007) [[25]] ; meilleure efficacité de l’acupuncture véritable versus acupuncture factice (risque relatif RR : 0,24, IC 95% 0,15 à 0.38, p <0,0001, quatre ECR) et diminution du taux de récurrence des migraines (RR : 0,47 ; IC à 95% 0,28 à 0,81, p=0,006, deux essais) [[26]]. Concernant l’électroacupuncture, une méta-analyse de 2019 analysant 13 ECR impliquant 1559 patients, a rapporté que l’EA était supérieure (p<0,05) à un traitement placebo en ce qui concerne la fréquence des migraines (versus médecine occidentale, EA simulée ou groupe témoin) (figure 3), et son efficacité clinique (versus la médecine occidentale, EA placebo) selon l’échelle visuelle analogique [[27]].

Figure 3. La fréquence des migraines après EA est plus basse que celle retrouvée avec la thérapeutique occidentale (MD différence moyenne : – 0,98 – IC à 95% = -1,57  à – 0,38) ; p=0,001), mais grande hétérogénéité I²=90%, non retrouvée dans la comparaison entre EA et EA placebo I²=0%, MD : -1,42 – IC 95% = -1,89 à -0,96).

Quoi qu’il en soit et même s’il était démontré que l’acupuncture était aussi efficace que le traitement de fond médicamenteux, on peut noter qu’elle est encore réfutée car considérée par certains comme thérapeutique placebo [[28]]. Cet auteur ne tient compte ni de son efficacité spécifique non expliquée par l’effet placebo seul, ni du peu d’effets secondaires de l’acupuncture, ni des études de coût-efficacité réalisées sur ce sujet surtout en Grande Bretagne qui objective un coût moindre que la thérapeutique usuelle [[29]]. Cependant, Coeytaux et coll. exposent que les effets placebo peuvent contribuer à l’efficacité clinique de l’acupuncture et que dans une perspective d’efficacité purement comparative, les preuves issues des ECR et des méta-analyses démontrent de manière convaincante le rôle potentiellement important de l’acupuncture dans les migraines mais aussi dans les céphalées de tension et autres types de céphalées chroniques [[30]].

Néanmoins, la recherche clinique continue, preuve cet ECR d’avril 2017 qui objective l’effet à long terme de l’acupuncture dans la prophylaxie de la migraine [[31]]. Il s’agit d’un ECR à trois bras comparant électroacupuncture avec recherche du deqi préalable (séance d’EA 2/100 Hz une fois par jour de 30mn pendant 5 jours consécutifs suivis d’une pause de deux jours pendant quatre semaines) par rapport à l’acupuncture factice et un groupe en liste d’attente, réalisé durant 24 semaines (quatre semaines de traitement puis vingt semaines de suivi). Deux-cent-quarante-neuf participants âgés de 18 à 65 ans souffrant de migraine sans aura, avec une migraine survenant deux à huit fois par mois ont été sélectionnés. Les auteurs objectivaient que la moyenne (SD) de la fréquence des crises de migraine différait significativement entre les trois groupes à 16 semaines après la randomisation (p <0,001) avec une réduction plus importante des migraines dans le groupe EA que dans celui de l’acupuncture factice (p=0,002) et dans le groupe EA versus liste d’attente (p<0,001). On peut citer aussi de deux autres ECR plus récents objectivant que l’acupuncture manuelle en prévention offre une réduction des symptômes migraineux à court ou long terme [[32],[33]].

En conclusion, les recommandations de bonne pratique données par un groupe d’experts dans la migraine comparant les thérapeutiques disponibles sont largement en faveur de l’acupuncture dans le monde entier [[34],[35],[36],[37],[38]] y compris depuis 2021 en France avec un niveau fort de recommandations : « Chez les patients souffrant de migraine épisodique et demandant des traitements non-pharmacologiques ou n’obtenant pas une efficacité suffisante avec les traitements pharmacologiques, proposer l’acupuncture comme alternative ou complément à la prophylaxie pharmacologique » [10]. Notons que les auteurs ont établi les recommandations françaises à partir de trois revues systématiques ou méta-analyses internationales [21,[39],[40]].

Quelles sont alors les thérapeutiques acupuncturales usuelles, comment traite-t-on la migraine selon la médecine chinoise ?

Étiopathogénie selon la médecine chinoise

On parle de toutong pour la céphalée (tou signifianttête et tong douleur) et de piantoutong pour la migraine (pian signifiant unilatéral, partiel) [[41]]. D’ailleurs, à part quelques auteurs qui en font la distinction [40,[42],[43]], céphalées et migraines font souvent partie en médecine chinoise de la même entité nosologique [[44],[45],[46],[47],[48],[49],[50],[51]].

En effet, c’est au XVe siècle, que le terme toutong est apparu en distinguant les céphalées d’atteinte externe waigan toutong de celles d’atteinte interne neishang toutong [46] alors que dans le Suwen on parlait essentiellement de « Vent de Foie » ou de « Vent de Cerveau » si atteinte par le Vent (feng) (SW42 : « Des Vents ») [[52]].

Les différents auteurs s’accordent pour distinguer deux types de céphalées selon la différenciation des syndromes (bianzheng) :

– les céphalées aiguës d’étiologie externe waigan toutong par Vent-Froid, Vent-Chaleur ou Vent-Humidité (cela correspondrait aux étiologies fébriles infectieuses comme les états grippaux, les sinusites, etc. et qui ne font pas partie stricto sensu du cadre des migraines) ;

– les céphalées chroniques d’étiologie interne neishang toutong par globalement : Stagnation du qi du Foie, déficience de Rate-Pancréas ou par insuffisance des Reins.

De nombreux sous-syndromes nosologiques d’étiologie interne ont été reconnus : Feu du Foie, excès de yang du Foie, Froid du Foie, Vide des Reins (déficience du yin, déficience du yang), déficience de qi, déficience de Sang, stagnation des Glaires (yin) et Mucosités (tan), Stase du Sang ; etc. [44,48,49,50].

Cependant, en pratique quotidienne, on peut considérer que seuls deux syndromes sont à identifier dans les céphalées chroniques : Stagnation ou Stase du qi du Foie et Vide de Sang et d’Énergie [44,48].

La crise de migraine quant à elle peut être considérée comme des céphalées de type Plénitude en rapport le plus souvent avec le Mouvement Bois (Foie-Vésicule Biliaire) mettant en cause les niveaux shaoyang (TR-VB) et jueyin (MC-F) [40] ou un syndrome de Stagnation du qi du Foie [44,48].

Néanmoins, un autre élément important à prendre en compte est la topographie de la douleur céphalique. Elle pourra établir une correspondance entre Grands Méridiens et collatérales atteints et type de migraine [40,45,46]. Ainsi, classiquement une migraine frontale et sus-orbitaire correspond au yangming (GI-E) ; une localisation occipitale avec irradiations dans le cou correspond au taiyang (IG-V) ; une localisation temporale, c’est une atteinte du shaoyang (TR-VB) ; un siège au sommet du crâne et vers l’œil, on pensera au jueyin (MC-F).

Les points, les protocoles de traitement les méthodes les plus fréquemment utilisés dans les migraines

Le traitement de la pathologie migraineuse devra tenir compte autant du caractère aigu de la crise que de la mise en place du traitement de fond en prévention.

Ainsi dans les cas cliniques présentés, on peut distinguer un traitement de fond, mais aussi quelques traitements en phase de crise. Gourion propose par exemple dans son traitement de fond de tonifier les Reins, de rééquilibrer le couple du Mouvement Bois, de régulariser jueyin, de régulariser le Sang et le shen [40]. Les points utilisés entre autres sont donc : shenshu (23V), jinmen (25VB), taixi (3R), ququan (8F), taichong (3F), yanglinquan (34VB), neiguan (6MC), dadun (1F), xuehai (10Rt), zhiyang (9VG), geshu (17V), zhangmen (13F), zhongwan (12VC) et shenmen (7C). Pendant la crise, il propose des traitements divers en fonction des caractères étiologiques et topographiques de la crise : traitement du jingjin du Méridien de Vésicule Biliaire[9][[53]], traitement du jingbie de Foie-Vésicule Biliaire [[54]], traitement du Grand Méridien jueyin, traitement du Sang, etc.

Maciocia préfère lui parler de traiter la Racine (ben) et la Branche (biao) [50]. Ainsi dans les migraines chroniques, l’élévation du yang de Foie lors d’une crise correspond à la Branche qui elle-même provient d’une Racine en rapport soit avec un Vide de yin des Reins, soit un Vide de Sang du Foie, soit un Vide de yin du Foie, soit un Vide de yang des Reins, soit un Vent interne. Donc il s’agira souvent de traiter le ben en préventif et le biao si crise. Il est proposé ainsi de traiter le biao par fengchi 20VB, baihui 20VG, hegu 4GI et en même temps le ben par taichong 3F, yanglingquan 34VB, xiaxi 43VB, taixi 3R, shenshu 23V, neiguan 6MC, ququan 8F, etc.

On remarquera que de nombreux points sont similaires et même si l’éventail des possibilités thérapeutiques est vaste : Méridiens, niveaux énergétiques des Grands Méridiens, points choisis selon des formules, différenciation des syndromes (bianzheng), il peut être judicieux d’appliquer des protocoles simples comme l’ont proposé certains auteurs [44,48,49]. Le point commun de tous ces protocoles est l’utilisation systématique des points : fengchi 20VB, hegu 4GI et taiyang auxquels il faut rajouter les points souvent locaux.

Il est alors intéressant de connaître les points utilisés au cours des ECR.

Au cours du congrès de la Society for Acupuncture Research (SAR), le Professeur Lixing Liao de Hong-Kong a exposé suite à une revue de littérature d’acupuncture médicale chinoise qu’au cours de dix dernières années le choix des points utilisés en Chine était le plus souvent basé sur l’identification des syndromes selon la théorie des Méridiens (41%), les formules (15%), les organes-entrailles (zangfu 臟腑 [脏腑]) (7%) qui correspond à la différenciation des syndromes (bianzheng), et enfin les six niveaux qui correspond au concept des niveaux énergétiques des Grands Méridiens (2%). Par ailleurs, six études sur dix appliquent un protocole fixe stéréotypé [[55]].

On constate ainsi dans le tableau I ci-dessous concernant les ECR ayant fait preuve d’une efficacité dans les migraines que les auteurs utilisent toutes les possibilités de traitement. Mais effectivement il en ressort que la théorie des méridiens obtient davantage les faveurs des auteurs avec 36% des ECR. On vérifie d’autre part que les points les plus utilisés sont : fengchi 20VB, hegu 4GI et baihui 20VG, confirmant le dénominateur commun à tous les traitements.

Tableau I. Les points et les méthodes les plus utilisées dans les principaux ECR ayant objectivé une efficacité.

Points choisis selon la théorie des Méridiens
Xu 2020 [32]Acupuncture manuelle avec puncture bilatérale selon formule de base : hegu (4GI), taichong (3F), taiyang (EX-HN5), fengchi (20VB), shuaigu (8VB) et points additionnels selon le théorie des méridiens : touwei (8E) si migraine correspondant au méridien yangming tianzhu (10V) si migraine sur le territoire du taiyang ; baihui (20VG) pour migraine type jueying.
Zhao 2017 [30]EA sur quatre points : 20VB et 8VB systématiquement et les deux autres points choisis en fonction de la différenciation de l’atteinte du méridien lors de la migraine : 5TR, 34VB, 60V, 3IG, 4GI, 44E, 3F et 40VB
Ceccherelli [[56]]2V, 10V, 60V, 3VB, 20VB, 11VG, 20VG, 3F, 13VC, yintang, 8E
Li 2009 [[57]]5TR (waiguan), 34VB(yanglingquan), 40VB (qiuxu), 20TR (jiaosun) et 20VB (fengchi)
Streng 2006 [[58]]Points individualisés selon atteinte méridienne
Vickers 2004 [[59]]Points individualisés
Linde 2005 [[60]]20VB, 40VB ou 41VB ou 42VB, 20VG, 3F, 3TR ou 5TR, taiyang
Zhao 2014 [[61]]5TR, 20VB, 34VB, 40VB
Melchart 2003 [[62]]20VB, 15VB (linqi), 14VB (yangbai), 10VB (fubai), 8VB (shuaigu), 20VG, 9MC (taiyang), 4GI (hegu), 5TR (waiguan), 41VB (zulinqi), 3F (taichong) et autres points éventuellement ajoutés en fonction des symptômes associés.
Points choisis selon formules
Alecrim 2006 [[63]]Protocole semi-standardisé : 12VB, 20VB, 21VB et 10V
Allais 2002 [[64]]3F (taichong), 6Rt (sanyinjiao), 36E (zusanli), 12VC (zhongwan), 4GI (hegu), 6MC (neiguan), 20VB (fengchi), 14VB (yangbai), taiyang, 20VG (baihui)
Linde M 2004 [[65]]8VB, 20VB, 4GI, 3F, 6Rt + 14VB, taiyang ou 10V dépendant du site de douleur maximale.
Wallasch [[66]]4GI, 6Rt, 5TR, 41VB, 3IG, 62V, 20VG, 20VB, taiyang, 23TR, 3F, 3R
Traitement fondé sur la différenciation des syndromes bianzhenglunzhi 辨證論治
Alecrim 2008 [[67]]Selon la différenciation des syndromes (bianzheng)
Diener 2006 [[68]]Selon la différenciation des syndromes (bianzheng)
Faco 2008 [[69]]Selon la différenciation des syndromes (bianzheng)
Faco 2013 [[70]]Selon la différenciation des syndromes (bianzheng) ; en cas d’attaque par les énergies perverses : 20VB, 8E, EX-HN5 (taiyang), plus 8VB, 12V, 60V dans le syndrome de Vent-Froid ; et 5TR et 14VG dans le syndrome Vent-Chaleur, et 40E, 6Rt et 12VC dans le syndrome Vent-Humidité. Pour les syndromes internes : a) hyperactivité des points d’acupuncture yang du Foie : 8VB, 20VB, 38VB, 8E, 3F, 4F, EX-HN5 ; b) obstruction du réchauffeur moyen en raison de Glaires-Humidité : 8E, 40E, 9Rt, 23VC, 12VC, EX-HN5 ; c) Vide de jing de Rein : 12VB, 20VB, 10V, 12V, 23V, 3R ; stagnation du qi et du Sang : 8VB, 20VB, 6Rt, 10Rt, 3F, EX-HN5, plus points ashi sur le méridien de VB
Linde M 2000 [[71]]40VB, 14VB, 20VG, 4GI et 44E et selon la différenciation des syndromes (bianzheng)
Wang 2015 [[72]]20VB, taiyang, 8VB, 4GI pour tous et points supplémentaires selon les bianzheng 20VG, 2F, 3F, 3R, 39VB, 6Rt
Musil  2018 [31]Selon la différenciation des syndromes (bianzheng) :Excès de yang du Foie : 20VB (fengchi), taiyang, 8VB (shuaigu) et les points optionnels :  baihui (20VG), xingjian (2F), taichong (3F), taixi (3R), xuanzhong (39VB), sanyinjiao (6Rt) ; Vide de Sang et d’Énergie : hegu (4GI) et les points optionnels : baihui (20VG), shangxing (23VG), zusanli (36E), sanyinjiao (6Rt) ; Stagnation des glaires par attaque du Vent : fenglong (40E), zhongwan (12VC), yinlingquan (9Rt) , Stase du Sang : sanyinjiao (6Rt), xuehai (10Rt) et points ashi
Traitement selon le concept des niveaux énergétiques des Grands Méridiens
Li 2012 [[73]]1) groupe de traitement avec atteinte spécifique à shaoyang : 5TR, 34VB, 40VB, 20VB ; groupe 2) groupe de traitement avec atteinte non spécifique à shaoyang : 19TR, 8TR, 33VB, 42VB ; groupe 3) groupe de traitement avec atteinte spécifique à yangming : 8E, 6GI, 36E, 42E. Électroacupuncture sur tous les points
Wang 2012 [[74]]Les points obligatoires inclus 20VG (baihui), 24VG (shenting), 8E (touwei), 8VB (shuaigu) et 20VB (fengchi). Selon différents syndromes des Grands Méridiens, les points supplémentaires pourraient être choisis individuellement : 5TR (waiguan) et 34VB (yanglingquan) pour la migraine de type shaoyang (TR-VB) ; 4GI (hegu) et 44E (neiting) pour la migraine yangming (GI-E) ; 60V (kunlun) et 3IG (houxi) pour les migraines taiyang (IG-V) ; 3F (taichong) et VB40 (qiuxu) pour l’atteinte jueyin (MC-F) ; 6MC (neiguan) si nausées et vomissements ; et 3F en cas de troubles de l’humeur ou susceptibilité à la colère.
Wang 2012 [[75]]Les points obligatoires inclus 20VG (baihui), 24VG (shenting), 8E (touwei), 8VB (shuaigu) et 20VB (fengchi). Selon différents syndromes des Grands Méridiens, les points supplémentaires pourraient être choisis individuellement : 5TR (waiguan) et 34VB (yanglingquan) pour la migraine de type shaoyang (TR-VB) ; 4GI (hegu) et 44E (neiting) pour la migraine yangming (GI-E) ; 60V (kunlun) et 3IG (houxi) pour les migraines taiyang (IG-V) ; 3F (taichong) et VB40 (qiuxu) pour l’atteinte jueyin (MC-F) ; 6MC (neiguan) si nausées et vomissements ; et 3F en cas de troubles de l’humeur ou susceptibilité à la colère.
Autre traitement : points gâchettes ou trigger points ou ashi
Hesse 1994 [[76]]Points ashi

Dans les cas cliniques présentés dans cet article, le choix de points correspond à un traitement plus individualisé qui associe une thérapie complexe utilisant à la fois la théorie des Méridiens, le traitement fondé sur la différenciation des syndromes bianzhenglunzhi 辨證論治, la chronoacupuncture, sans oublier l’électroacupuncture.

La thérapie de la théorie des Méridiens

Notons que la thérapeutique de la théorie des Méridiens répond ici à une technique typiquement française car utilise le traitement des vaisseaux secondaires des Méridiens et en particulier celui des jingbie ou Méridiens Distincts 經別 [经别]. Bien décrite et connue par les auteurs français [40,43] et même utilisé en milieu hospitalier [42], la piqûre miu l’est beaucoup moins des auteurs des ECR étrangers car sans doute plus difficile aussi à mettre en œuvre. Par ailleurs, elle reste sujette à controverse en France [53,[77]]. On sait ainsi que selon le Zhenjiu jiayi jing de Huangfu Mi, chapitre : « La piqûre miu » traduit par Milsky et Andrès [[78]], les vaisseaux secondaires peuvent représenter aussi les vaisseaux luo (luomai 絡脉 [络脉]). De même Husson les appelle les vaisseaux secondaires, « vaisseaux de liaison » ou « grandes liaisons » selon le cas [[79]] et Wang et col. les nomment méridiens secondaires de communications [[80]]. On peut donc dire que cette technique de la piqûre miu est peu usitée car peu ou pas connue des auteurs des ECR qui lui préfèrent nettement un traitement plus classique des Méridiens par les points shu antiques, les couples des huit Merveilleux Vaisseaux, etc.

L’électroacupuncture

Les paramètres de l’EA ont été appliqués en fonction des données issues de l’acupuncture expérimentale [11,14,15,[81]]. La fréquence basse de 2Hz avec une intensité maximale en dessous du seuil de la douleur pendant 20mn a été utilisée dans le traitement de fond. Outre le fait d’avoir un effet anti-nociceptif spécifique dans la migraine en rapport avec l’activation du récepteur cannabinoïde de type 1 (CB1), permettant l’inhibition de l’inflammation neurogène [14], elle a une action également spécifique sur la sensibilisation centrale et les contrôles inhibiteurs descendants dans la migraine [15], mais aussi moins spécifique sur le GABA, les enképhalines, la sérotonine (5HT) et la noradrénaline, neurotransmetteurs tous impliqués dans les contrôles inhibiteurs descendants supraspinaux [80,[82]].

La fréquence de 2Hz en alternance avec la fréquence rapide de 100Hz avec les mêmes paramètres en intensité et en durée, est utilisée lors des crises. Elle est préférée à la fréquence uniquement rapide de 100Hz préconisée par Cuignet [80] car les études expérimentales montrent son action spécifique sur la dépression corticale envahissante et sur son inhibition de la concentration en peptide lié au gène de la calcitonine plasmatique (CGRP) et en substance P (SP) [11] mais aussi son action non spécifique sur les algies [[83]].

La chronoacupuncture

Considérée comme une thérapeutique absconse car difficile d’accès [7,[84]], elle n’en est pas moins importante à connaître car améliore de façon très notable les résultats thérapeutiques. Quelques études de cas cliniques ont déjà démontré son intérêt [[85],[86]]. Chez les rates gravides en fin de grossesse, la stimulation des points clés fermés selon la méthode de linggui bafa (灵龟八法 : huit méthodes de la tortue magique), concernant l’utilisation des points-clés des huit Merveilleux Vaisseaux peut réduire davantage les contractions utérines que le traitement classique [[87]] ; tout comme elle donnera de meilleurs résultats chez l’être humain dans le traitement des gastrites chroniques superficielles [[88],[89]], en cas de dépression post-accident vasculaire cérébral [[90]] ou dans la prévention des arythmies cardiaques [[91]].

Le traitement acupunctural selon la théorie des ziwu liuzhu a permis aussi de montrer son bénéfice dans un ECR concernant le déficit fonctionnel et neurologique des maladies cérébrovasculaires ischémiques [[92]] mais aussi dans les ischémies myocardiques post accident vasculaire cérébral [[93]]. Dans un ECR (n=190), la sélection des points puncturés selon la méthode de najia de ziwu liuzhu qui propose de puncturer les points aussi en fonction des tables des Troncs Célestes, en plus de l’horaire, a permis d’améliorer de manière statistiquement significative (p<0,05) les scores de la déficience fonctionnelle neurologique, l’état de la capacité de vie totale, les indices rhéologiques sanguins et l’efficacité clinique globale chez les personnes ayant eu un AVC versus groupe AVC ayant bénéficié de l’acupuncture habituelle. Le traitement a été effectué ainsi durant la période de la Branche Terrestre chen (7h00-9h00) à la période si (9h00-11h00) [[94]].

La recherche concernant la chronoacupuncture se poursuit en Chine et en particulier sur la théorie des ziwu liuzhu [[95]]. Cependant, de plus en plus grâce aux progrès sur l’étude des rythmes circadiens, on s’aperçoit de la justesse des observations des sciences médicales chinoises. Ainsi le système de synchronisation circadien adapte la majeure partie de la physiologie et du comportement des êtres vivants au cycle lumière / obscurité des 24 heures. Cette coordination temporelle repose sur des horloges circadiennes endogènes présentes dans pratiquement tous les tissus et organes et impliquées dans la régulation de processus cellulaires clés tels que le métabolisme, le transport et la sécrétion [[96]]. Les conséquences d’une perturbation de ces cycles sont nombreuses pouvant déclencher diabète, obésité, maladies cardiovasculaires, cancer, etc. [[97],[98]]. Mais plus intéressant et se rapprochant de la théorie des ziwu liuzhu est l’étude des possibilités de traitement selon ces rythmes. Ainsi une étude française toute récente objective que la lésion myocardique périopératoire lors d’un remplacement valvulaire aortique est orchestrée par l’horloge circadienne et en particulier le gène Rev-Erbα[10] [[99]] et que son antagonisme semble être une stratégie pharmacologique de cardioprotection. Et de ce fait, ils ont démontré dans une étude observationnelle prospective monocentrique de patients (n=596) présentant une sténose aortique sévère et une fraction d’éjection ventriculaire gauche préservée (>50%) qu’il était préférable de réaliser le remplacement chirurgical de la valve aortique l’après-midi plutôt que le matin. En effet, la libération de troponine T était significativement plus faible dans le groupe de l’après-midi que dans le groupe du matin (p=0,045) et que le récepteur nucléaire Rev-Erbα était en revanche plus élevé le matin. Ainsi la protection myocardique périopératoire est meilleure si la chirurgie est réalisée l’après-midi [[100]]. Cela correspond à la marée énergétique des branches Terrestres wu (Cœur) entre 11h et 13h et wei (Intestin Grêle) entre 13 et 15h, ce qui correspond en fonction de l’heure légale en hiver (1 h en avance par rapport à la course solaire) entre 12h et 16h et 13h-17h en été (2 heures en avance).

Conclusion

Au terme de cette synthèse réalisée à partir de deux cas cliniques, l’acupuncture quelle que soit la théorie de médecine chinoise appliquée (Méridiens, niveaux énergétiques des Grands Méridiens, points choisis selon des formules, différenciation des syndromes bianzheng) a fait la preuve de son efficacité selon les critères de la médecine factuelle fondée sur les preuves, autant versus acupuncture factice ou placebo que thérapeutique usuelle dans les migraines. Le rapport coût-efficacité qui analyse de façon comparative l’efficacité et les coûts de deux stratégies de santé, même s’il n’a pas été étudié en France est nettement favorable à l’acupuncture par rapport aux traitements médicamenteux dans certains pays, et cela sans effets indésirables tels qu’ils sont rapportés avec de nombreuses molécules thérapeutiques. Un plus est apporté par l’électroacupuncture et l’utilisation de la chronoacupuncture. On ne peut donc que recommander son utilisation autant dans les crises que dans le traitement de fond avec un grade A de preuve scientifique établie selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé française (HAS).

Notes


[1]. HAS. Niveau de preuve et gradation des recommandations de bonne pratique – État des lieux. 2013. [cité le 06/11/2017]. Available from URL : https://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2013-06/etat_des_lieux_niveau_preuve_gradation.pdf.

[2]. AE : l’accord d’experts correspond, en l’absence de données scientifiques disponibles, à l’approbation d’au moins 80% des membres du groupe de travail.

[3]. Le traitement d’une attaque de xie dans les jingbie consiste à 1) punturer les deux points jing (ting) du couple yin-yang du côté opposé au jingbie atteint ; 2) punturer bilatéralement les points shu (yu) du couple des jingbie yin et yang ; 3) punturer le point de tonification du jingbie atteint ainsi que celui du méridien couplé ; 4) disperser les points « ashi » au niveau de la zone douloureuse ; 5) punturer les points de jonction (ou d’union) ; 6) piquer le point « cent réunions » : 20VG (baihui).

[4]. La théorie des points saisonniers, une des théories de la chronoacupuncture, permet de déterminer des points de tonification et de dispersion en fonction de la saison. En effet, les points de tonification et de dispersion habituellement utilisés ne le sont qu’en fonction de leur mouvement et sont en relation directe avec le point Racine (Penn ou ben). De ce fait, ces points ne sont réellement efficaces que dans leur mouvement. La méthode permettant de les trouver ne se préoccupe pas de la saison. Intérêt donc de la théorie des points saisonniers qui montre que l’activité énergétique des points varie selon la saison au cours de laquelle le patient est traité.

[5]. La théorie des ziwu liuzhu concerne la circulation du qi et du xue dans les méridiens à des heures précises du jour et de la nuit. Cela consistera, en fonction de chaque heure définie par une Branche Terrestre qui se trouve en corrélation avec un Méridien principal à tonifier son organe en vide ou à disperser son organe en plénitude en piquant le point horaire concerné. On utilise la Branche Terrestre de l’heure ou de l’heure couplée selon la méthode « midi-minuit », par exemple le Méridien de Foie est en plénitude entre 1 et 3h solaire, d’où son point tonifiant horaire sera le xingjian 2F et son point dispersant horaire sera le ququan 8F. La théorie des ziwu liuzhu, la théorie des points saisonniers, la méthode de linggui bafa (灵龟八法 huit méthodes de la tortue magique) qui concerne l’utilisation des points-clés des huit Merveilleux Vaisseaux), ainsi que celle basée sur le jia (méthode des points dits ouverts ») sont les quatre règles thérapeutiques essentielles de la chronoacupuncture. On tiendra compte de l’heure d’été ou d’hiver. L’heure d’été est en avance de deux heures par rapport à l’heure solaire; l’heure d’hiver l’est d’une seule. Et on remplacera les points de tonification ou de dispersion ayant une action horaire nulle par les points mu (tonifiant) ou les points beishu du dos (dispersant).

[6]. Un endocannabinoïde est une molécule endogène capable de se lier à un récepteur cannabinoïde et d’activer les voies de transduction du signal auxquelles est couplé le récepteur. Le système endocannabinoïde (EC) comprend deux récepteurs principaux : les récepteurs de type 1 cannabinoïdes CB1 qui se distribuent au niveau du système nerveux central (SNC : hippocampe, système limbique, cortex et hypothalamus) et en périphérie (testicule, utérus, système immunitaire, intestin, vessie, etc.) ; et le récepteur aux cannabinoïdes de type 2 (CB2) présent principalement dans le système immunitaire et dans une moindre mesure au niveau du SNC. Au niveau spinal, les endocannabinoïdes sont efficaces pour inhiber la transmission des fibres nociceptives de petit diamètre, et ils diminueraient la libération de neurotransmetteurs tels que la substance P ou le peptide lié au gène de la calcitonine (CGRP), responsables de la transmission de la douleur. Enfin, au niveau périphérique, les récepteurs CB1 et CB2 jouent un rôle synergique d’inhibition des stimuli nociceptifs.

[7]. Certains auteurs ont suggéré de ce fait que les interventions avec acupuncture factice avaient des effets plus grands que les placebos qu’ils soient pharmacologiques ou physiques Ainsi l’acupuncture feinte sur des non-points, surtout appliquée sur le même dermatome, ne semble pas réellement inerte et ne peut être considérée comme placebo car fait intervenir le système limbique.

[8]. Notons qu’il existe une hétérogénéité dans la cohérence des résultats de la méta-analyse objectivé par le test I² de Higgins I²= 57%, (une valeur I² <25% indique une hétérogénéité faible, des valeurs comprises entre 25% et 50% une hétérogénéité modérée et une valeur >50%, une hétérogénéité importante). Le test χ² objective une hétérogénéité pas tout à fait significative car P=0,07 ; serait significative si P<0,05 ; d’où les preuves de qualité modérée, malgré une différence significative (p<0,00001).

[9]. Les jingjin sont encore appelés méridiens tendino-musculaires ou « Muscles des Méridiens » ou « Zone tendino-musculaire des méridiens ».

[10]. Les récepteurs nucléaires sont des récepteurs biochimiques, protéines actives dans le noyau des cellules qui peuvent transmettent à celles-ci des signaux hormonaux spécifiques conduisant à la modulation de l’expression de gènes cibles. Ainsi Rev-Erbα est exprimé dans certains types cellulaires du système immunitaire tels que les macrophages, ainsi que dans différents types cellulaires de la paroi vasculaire. Rev-Erbα joue également un rôle au niveau inflammatoire et dans le métabolisme des lipoprotéines riche en triglycérides, facteur de risque dans le développement de l’athérosclérose.


Références

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Brouillard dans la baie de Hạ Long, Thành phố Hạ Long, Quảng Ninh, Vietnam
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Stéphan JM. Prévention des migraines par traitement des jingbie (經別), électroacupuncture et chronoacupuncture : étude synthétique à propos d’un cas clinique. 23e congrès de la FA.FOR.MEC : Rouen 27 novembre 2021 (article PDF).

Stéphan JM. Prévention des migraines par traitement des jingbie (經別), électroacupuncture et chronoacupuncture : étude synthétique à propos d’un cas clinique. 23e congrès de la FA.FOR.MEC : Rouen 27 novembre 2021 (Powerpoint).