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Traitement informatique de la théorie des ziwu liuzhu associée à celle des points saisonniers

Hôtel de ville de Veere (1474-1517) -Zélande – Pays-Bas
Hôtel de ville de Veere (1474-1517) -Zélande – Pays-Bas

Résumé : La chrono-acupuncture exige de jongler avec des connaissances et des raisonnements abstrus. De ce fait, l’acupuncteur risque d’être vite dépassé et n’utilisera pas alors ces données pourtant indispensables. Dans le but d’optimiser l’efficacité du traitement acupunctural, un logiciel a été conçu, permettant d’éluder la complexité de la théorie des Zi Wu Liu Zhu associée à celle des points saisonniers. Au travers de l’étude des textes et de l’interprétation des différents auteurs, l’existence dès Jing Jin et des Jing Bie est discutée ainsi que leurs thérapeutiques. La synthèse des analyses servira de base au programme informatique qui offrira pour chaque technique (Jing Jin, Jing Bie, Yanagiya Sarei) un ensemble des points à piquer en fonction du méridien choisi. S’il s’avère que certaines  » fosses du Qi » soient inopérantes, le logiciel signalera et donnera des points de remplacement.
Bref, l’informatique permet d’appréhender et de réaliser un traitement acupunctural approfondi, digne des Grands Maîtres. Mots-clés : Chrono-acupuncture, informatique, Zi Wu Liu Zhu, points saisonniers, Jing Jin, Jing Bie, Lua Mai, vaisseaux secondaires, Yanagiya Sarei: points Beishu, points Mu, thérapeutique.

Summary. -When undertaking chrono-acupuncture, it is essential for the practitioner to be a skilful handler of the esoteric knowledge and reasoning involved. If he is not skilful, the acupuncturist soon runs the risk of finding himself out of his depth and at this point he will not use information which is vital. With a view to obtaining maximum benefit from treatment by acupuncture a logiciel has been devised which allows the therapist to avoid the complexities of the theory of the Zi Wu Liu Zhu associated with that of the Seasonal Points. By studying the texts and the interpre­tations of the different authors, the existence of the Jing Jin and of the Jing Bie is discussed as is also their treatments. The synthesis of the analyses will serve as the basis of the computer programme which will provide for each technique (Jing Jin, Jing Bie and Yanagyia Sorei) a group of acupuncture points depending on the meridian chosen. If it proves that certain » Qi holes  » are not functioning, the logiciel will indicate this fact and will specify alternative points. ln short, a complete programme gives the opportunity to choose and carry out a treatment by acupuncture in depth and worthy of the great masters. Key words. -Chrono-acupuncture, computer-programme, Zi Wu Liu Zhu, seasonal points, Jing Jin, Jing Bie, Lua Mai, secondary vessels, Yanagiya Sorei, Beishu points, Mu points, therapeutic.


 La théorie des Zi Wu Liu Zhu concerne la circulation du « Qi » et du « Xue » dans les méridiens à des heures précises du jour et de la nuit.

 La théorie des points saisonniers permet de déterminer les points tonifiants ou dispersants en fonction de la saison.

La théorie des Zi Wu Liu Zhu, la théorie des points saisonniers, ainsi que celle basée sur le « Jia  » (méthode des points dits   ouverts ») sont les trois règles thérapeutiques essentielles de la chrono-acupuncture.

Notons toutefois que la méthode des points dits « ouverts » implique l’utilisation des points Shu antiques qu’il est usuel de piquer systématique­ment avant toute séance d’acupuncture (26). De ce fait, la théorie basée sur le « Jia » est indépendante des deux autres. En effet, même si le point dit « ouvert » correspond à un point dispersant ou tonifiant saisonnier, ou à un point horaire, cela n’entraîne pas de conséquence.

Notre travail a donc consisté à relier les deux principales théories en vue d’appliquer les résultats à trois importantes techniques d’acupuncture.

Dans ce cadre, l’informatique satisfait aux exigences considérables de la chrono-acupuncture. Elle seule, nous donne ainsi la possibilité d’effectuer les associations et d’éliminer les « fosses du Qi » » inefficaces, sans difficulté et sans perte de temps.

1) La théorie des Zi Wu Liu Zhu

        Elle est basée sur la perception holistique de l’homme et de son environnement.

A travers l’observation de phénomènes naturels tels que les mouve­ments de la lune et du soleil, les saisons, le jour et la nuit, le flux et reflux des marées, les Anciens Chinois ont observé que ces changements périodi­ques se déroulaient selon certains rythmes immuables.

Dans la théorie des Jing Luo ou théorie des méridiens, les organes  » Zang  » et les viscères creux « Fu » forment le centre du corps humain, chargés en énergie « Qi  » et sang « Xue « , le tout relié par les différents méridiens (3).

        Le  » Qi » et le « Xue  » vont donc y circuler en suivant les cycles induits par l’environnement, en particulier le rythme du jour et de la nuit.

Pour exprimer ces rythmes, les Anciens ont mis en oeuvre le système des 10 troncs célestes (les «  Tian Gan« ) et les 12 branches terrestres (les  »  » Di Zhi « ), système qui est le fondement du calendrier chinois (10).

        En effet, celui-ci repose essentiellement sur la théorie des 5 éléments et des 6 énergies.

Le ciel est divisé en 10 parties qui sont les dix troncs célestes. Ils sont en relation avec les 5 mouvements (bois, feu, terre, métal, eau), et corres­pondent au cycle dénaire. Cependant, si l’origine du cycle est céleste, l’action se répercute au niveau de la terre.

Huang Di dit: « le ciel a cinq pouvoirs qui régissent les cinq orients: Nord, Sud, Centre, Est, Ouest, auxquels sont attachés: le froid, la chaleur, la sécheresse, l’humidité, le Fong (vent)… il existe une corrélation entre les cinq activités terrestres et les cinq activités célestes qui se font sentir alter­nativement durant toute l’année, durant un cycle sans fin » (5).

De la même façon, la terre, divisée en 12 parties, les 12 branches terrestres, est en relation avec les 6 énergies: c’est le cycle duodénaire qui s’impose au ciel.

Dans le Su Wen, Koai Yu Tchu dit: « les énergies Inn et Yang sont variables, l’une peut être plus ou moins forte que l’autre; il convient de les subdiviser en trois énergies Inn et en trois énergies Yang » (5).

Les 6 énergies sont Shao Yang, Yang Ming, Tai Yang, lue Yin, Shao Yin et Tai Yin.

« ..Le froid et la chaleur, la sécheresse et l’humidité, le vent et le feu sont le Yin et le Yang célestes, Les 3 Yin et les 3 Yang les reçoivent d’en haut, Le Bois, le Feu, la Terre, le Métal, et l’Eau sont le Yin et Yang de la terre, et la naissance, la croissance, la maturation et l’engrangement leur répondent en bas », dans le Yang il y a du Yin et dans le Yin il y a du Yang » (18).

L’union des troncs célestes et des branches terrestres permet de dénommer les jours, Ces combinaisons se font en associant le 1er tronc céleste et la 1ère branche terrestre, puis le 2e tronc céleste et la 2e branche terrestre jusqu’au 10e tronc céleste. Puis, les associations à ce niveau conti­nuent en recommençant le cycle des troncs célestes tandis que l’on continue celui des branches terrestres jusqu’à la 12e et ainsi de suite jusqu’à ce que l’on arrive à la 60e association,

Dans le Su Wen, Qi Bo dit: « le Qi céleste débute avec Jia (1er du cycle décimal) et le Qi terrestre débute avec Zi (1er cycle duodécimal), La conjonc­tion lia-Zi marque le début du cycle annuel sexagésimal (Sui Li) » .

« L’étape est de 60 jours et une fraction, 24 de ces fractions totalisées forment un nombre entier de journées de 100 encoches ».

Donc, 100 encoches de clepsydre correspondent à 24 heures,

Qi Bo dit encore: « 5 jours font un Hou, Hou font un Qi, Qi fon tun Shi (saison) et 4 Shi font un Sui (année) » (18).

« .. Le Hou est donc de 60 heures chinoises, soit un cycle sexagésimal ».

 Notons ici qu’une heure chinoise correspond à 2 heures occidentales.

Ainsi les 12 branches terrestres qui se combinent avec les 10 troncs célestes pour former le cycle sexagésimal permettent d’appréhender le temps qui passe, les siècles, les années (Sui = 360 jours), les saisons (Shi = 90 jours), les mois, les quinzaines (Qi = 15 jours), les Hou (5 jours), les jours et enfin les heures.

Intéressons-nous davantage au cycle duodénaire qui est à l’origine des heures chinoises et des douze mois de l’année.

 En effet, chaque heure est définie par une branche, et se trouve en corrélation avec un méridien principal, suivant le tableau ci-dessous : 

  Méridiensbranches terrestresheure de plénitude
Vésicule biliaireZi23 à 1 h.
FoieChou1 à 3 h.
PoumonYin3 à 5 h.
Gros intestinMao5 à 7 h.
EstomacChen7 à 9 h.
Rate-PancréasSi9 à Il h.
CoeurWu11 à 13h
Intestin GrêleWei13 à 15 h.
VessieShen15 à 17 h.
ReinYou17 à 19h.
Maître du coeurXu19 à 21 h.
Triple réchauffeurHai21 à 23 h.

 Le réseau énergétique emprunte les méridiens, l’un après l’autre, dans l’ordre bien défini des heures.

 De cette façon, « Zi » (minuit) et  » Wu » (midi) reflètent la croissance et le déclin du Yin et du Yang (34).

Dans le Su Wen, chapitre 4: des vérités du coffre d’or, Qi Bo dit: « on parle de Yin dans le Yin et de Yang dans le Yang; en effet de l’aube à midi c’est le jour et le Yang dans le Yang; de midi au crépuscule, c’est encore le jour, mais avec du Yin dans le Yang; de la nuit close au chant du coq, c’est la nuit et le Yin dans le Yin; du chant du coq à l’aurore, c’est toujours la nuit mais du Yang est dans le Yin » (18).

Dans l’heure Zi (23-1 h.), l’énergie du Yin atteint son acrophase, localisation temporelle où l’amplitude énergétique est maximale. Après cela, le Yin commence à décliner et l’énergie du Yang commence à croître.

Dans l’heure Wu (11-13 h.), l’énergie Yang est la plus extrême, à l’acrophase Yang. Puis, elle commence à décliner et l’énergie du Yin com­mence à croître. Ainsi, on peut considérer que le Zi et le Wu représentent les points pivots de la croissance et du déclin du jour et de la nuit, du Yin et du Yang.

Les branches terrestres sont à la base de la règle Midi-Minuit qui objective la variation circadienne de l’amplitude énergétique dans les méridiens.

       Elle peut s’énoncer ainsi: pour tonifier le méridien Midi, il faut disperser le méridien Minuit et vice-versa.

       Le couplage des méridiens selon cette règle sont Vésicule biliaire et Cœur, Foie et Intestin Grêle, Poumon et Vessie, etc…

  La théorie des Zi Wu Liu Zhu décrit également la circulation du Qi et du Xue dans les Jing Luo selon les heures des branches terrestres. D’où le nom de « marées des méridiens » donné à une autre règle issue de cette théorie.

Liu et Zhu correspondent à la circulation des entrées et des sorties du Qi et du Xue de l’être humain. Zhu est le flux, Liu est le reflux de l’énergie et du sang.

L’intérêt thérapeutique de la théorie des Zi Wu Liu Zhu est donc tout d’abord la règle Midi-Minuit qui permet de tonifier ou disperser un méri­dien en fonction de l’heure d’aggravation ou d’amélioration de la sympto­matologie; d’autre part, la règle des  » Marées des méridiens  » qui utilise le « Po » (effet tonifiant) et le  » Xie » (effet dispersant) des points Mère et Fils des 12 méridiens. Il s’agit dans ce cas du « ‘ Po  » et du «  » Xie  » des points Shu antiques: Ting, long, lu, King, Ho. (Jing, Rong, Yu, Jing, He).

Dans le Ling Shu, chapitre premier: « ‘le sang et l’énergie circulent sans cesse dans les douze méridiens, grâce aux quinze points de vaisseau secondaire, ils circulent dans tout le corps. Le point du départ est situé au point Ting, puis l’énergie et le sang passent aux points long, lu, King, Ho, puis aux points disséminés sur les méridiens; soit en tout à trois cent soixante-cinq points » (5).

Selon la théorie des 5 éléments, le point Ting des organes correspond au mouvement bois et le point Ting des entrailles correspond au métal (Voir schéma ci-dessous).

Chaque méridien possède un point ayant une action plus particulière­ment tonifiante ou dispersante. La détermination se fait donc par la règle Mère-Fils en se basant sur le point Penn ou point Racine du Méridien, qui représente le point élément dans le mouvement même (35).

Si un mouvement est en déficit, il faut le tonifier par la « Mère « .

 Si un mouvement est en excès, il faut le disperser par le « Fils « .

Cette loi est à la base de toute la thérapeutique acupuncturale.

 On peut la récapituler sous la forme du tableau n° 2 : 

élémentFeuTerreMétalEauBois
dispersionTerreMétalEauBoisFeu
fils
tonificationBoisFeuTerreMétalEau
 mère

 Ainsi donc, en application de cette règle, on peut affirmer que l’éner­gie dans les méridiens atteint son flux (Zhu) maximum pendant une durée d’une heure chinoise au cours de laquelle le fait de piquer le point fils va entraîner un effet dispersant (Xie). De la même façon, piquer le point mère durant la période de reflux (Liu) va provoquer un effet de stimulation, de tonification (Po) (12). 

 Branche Dispersion Tonification
Méridiensterrestreheuresfilsheuresmère
Poumonyin3- 5 h.5P5- 7h.9P
Gros intestinMao5- 7h.2GI7- 9h.11 GI
EstomacChen7- 9h.45E9-11 h.41E
Rate PancréasSi9-11 h.5RP11-13 h.2 RP
CoeurWu11-13 h.7C13-15 h.9 C
IntestingrêleWei13-15 h.8IG15-17h.3 IG
VessieShen15-17h.65V17-19h.67 V
ReinYou17-19h.IR19-21 h.7 R
Maître du CœurXu19-21 h.7MC21-23 h.9 MC
Triple foyerHai21-23 h.10 TR21- 1 h.3 TR
V. biliaireZi23- 1 h.38VB1- 3 h.43 VB
FoieChou1- 3 h.2F3- 5 h.8 F

 En conclusion, on constate que la théorie des Zi Wu Liu Zhu qui repose sur l’utilisation des branches terrestres, va engendrer deux règles essentielles: la règle midi-minuit et celle des « marées des méridiens « .

C’est celle-ci, appelée également règle , » entraver-écouler » par Faubert (8), qui sera appliquée dans notre traitement informatique.

 II) La théorie des points saisonniers

C’est une autre utilisation de la règle Mère-Fils. Cette théorie permet ainsi de déterminer des points de tonification et de dispersion en fonction de la saison.

En effet, les points de tonification et de dispersion habituellement utilisés ne le sont qu’en fonction de leur mouvement et sont en relation directe avec le point racine (Penn). De ce fait, ces points ne sont réellement efficaces que dans leur mouvement. La méthode permettant de les trouver ne se préoccupe pas de la saison.

Intérêt donc de la théorie des points saisonniers qui montre que l’acti­vité énergétique des points varie selon la saison au cours de laquelle le patient est traité (4).

Ainsi prenons l’exemple d’une plénitude de cœur (mouvement feu) à traiter en hiver (mouvement eau). Il faut disperser le Fils. Le Fils de l’élément eau est l’élément bois. D’où le point dispersant du cœur en hiver est le point Ting soit le 9 C.

De la même façon, un vide de Poumon vu en été (mouvement feu) sera traité en tonifiant cette fois la Mère, c’est-à-dire le bois. Piquer donc le point Ting du poumon: Il P, point tonifiant saisonnier.

Voir le schéma n° 1 et le tableau n° 2 qui récapitule la règle Mère-Fils.

En procédant de la même manière pour tous les méridiens nous allons

donc obtenir les points saisonniers suivant les tableaux suivants. 

Organestingiongiukingho
Foie1F2F3F4F8F
Cœur9C8C7C4C3C
Maître du cœur9MC8MC7MC5MC3MC
Rate-Pancréas1RP2RP3RP5RP9RP
Poumon11 P10P9P8P5P
Rein1R2R3R7R10R
tonificationété5e saisonautomnehiverprintemps
Dispersionhiverprintempsété5e saisonautomne
Viscèrestingiongiukingho
Vésicule  Biliaire44VB43VB41VB38VB34VB
Intestin  Grêle1IG2IG3IG5IG8IG
Triple Foyer1TR2TR3TR6TR10TR
Estomac45EME43E41E36E
Gros  Intestin1 GI2GI3GI5GI11 GI
Vessie67V66V65V60V40V
Tonificationhiverprintempsété5e saisonautomne
Dispersion5e saisonautomnehiverprintempsété 

III) Les Jing Jin

          Encore appelés méridiens tendino-musculaires, les Jing Jin représen­tent une notion diversement interprétée par les auteurs occidentaux.

Notons d’ailleurs que les Jing Jin ne sont pas utilisés en Chine, ni en Extrême-Orient. C’est une notion théorique apportée par Nguyen Van Nghi (36).

  Revenons donc aux textes de base; le chapitre 13 du Ling Shu. La traduction du titre par Chamfrault est: « Les méridiens et les muscles  » ; par Schnorrenberger: « Les méridiens et les tendons »; et pour Milsky et Andrès : « Les tendons des méridiens » (traduction du titre du chapitre 6 du Zhen Jiu Jia Yi Jing qui reprend le chapitre 13 du Ling Shu).

Selon Lara, l’idéogramme « Tsing Tsing » représente la notion de muscle traversé par un méridien (22), Pour Lafont, Giraud et Taillandier, le concept de méridien tendino-musculaire est impropre car il sous-entend un système de méridiens identique au système des méridiens principaux. Ils préfèrent parler de « Zone tendino-musculaire des méridiens « , En effet, ils considèrent que le méridien tendino-musculaire (M.T,M,) correspond aux muscles squelettiques placés sous la dépendance des méridiens principaux (20, 33).

Pareillement, Auteroche et Navailh précisent que les M.T,M. repré­sentent les muscles répartis le long des méridiens. « Leur fonction est de relier le squelette, de maintenir la cohésion de l’ensemble du corps et de commander le mouvement des articulations « . Pour eux, il n’existe que trois catégories de méridiens: les principaux (jing Mai), les méridiens extraor­dinaires (Qi Jing Mai) et enfin les méridiens distincts (jing Bie). Les Jing Jin ne sont donc pas des méridiens (2).

Milsky et Andrès décrivent également les trajets des Jing Jin en par­lant des tendons des méridiens: « quand le tendon de Taiyang de Pied est malade, on souffre de tiraillements et de douleurs au petit orteil et au talon, de spasmes et de contractions… » (16).

 » Les méridiens ont sous leur influence les muscles qui se trouvent sur leur trajet et envoient des ramifications aux muscles environnants » (Ling Shu). La traduction de Chamfrault est donc à cet égard très explicite. Il ne parle absolument pas d’un nouveau réseau de méridiens. Et pourtant Chamfrault, dans son tome VI, reprend avec Nguyen Van Nghi ce système des méridiens tendino-musculaires et y développe une théorie énergétique intéressant la circulation de l’ énergie Wei, les attaques par les énergies perverses Xie et le traitement des M.T.M. (6). D’autres auteurs (Faubert, Guillaume, Ming Wong, Lebarbier, etc.) utilisent également ce système des M.T.M. selon la conception de Cham­frault et Nguyen Van Nghi (8, 13,27,23,30).

 Il convient donc actuellement d’harmoniser les dénominations. L’usage restera sans doute, et on continuera longtemps à parler des M.T.M. Cependant, il serait judicieux de parler plutôt de « Jing Jin « , de « Muscles des Méridiens  » ou de  » Zone tendino-musculaire des méridiens  » plutôt que de « Méridiens tendino-musculaires ».

Quoiqu’il en soit, la connaissance des Jing Jin débouche sur une utilisa­tion thérapeutique. Selon Nguyen Van Nghi : « En cas d’atteinte par l’éner­gie perverse, celle-ci emprunte les capillaires pour atteindre les méridiens tendino-musculaires. Lorsque l’énergie Dé (défensive) n’est pas assez puis­sante, c’est-à-dire lorsqu’elle se trouve en état de vide, l’énergie perverse pénètre dans les méridiens principaux et gagne les organes » (36, 6).

        Ainsi les énergies perverses (Xie), (le vent, le froid, l’humidité, la chaleur) pénètrent tout d’abord dans les Jing Jin et vont occasionner un état de plénitude énergétique alors que le méridien principal se trouve en état de vide.

Ensuite le Xie, dans un second temps et après avoir séjourné dans le Jing Jin, passe dans le méridien principal en y provoquant la plénitude tout en laissant le Jing Jin en vide.

 » Tous les méridiens ont des vaisseaux secondaires qui les relient à l’épiderme. Quand on est atteint par l’énergie perverse, celle-ci passe d’abord dans les vaisseaux secondaires pour pénétrer ensuite dans les méri­diens, les organes, ou pour séjourner dans les muscles et les os… Quand les vaisseaux secondaires sont en plénitude et le méridien en vide, il faut faire des moxas au Inn (au méridien) et puncturer le Yang (aux vaisseaux secondaires). Quand le méridien est en plénitude et les vaisseaux secon­daires en vide, il faut puncturer le Inn (le méridien) et faire des moxas au Yang… (Su Wen chapitre LVI, « l’épiderme ») (5).

Le problème est que Nguyen Van Nghi a interprété le terme « vais­seau secondaire » par méridien tendino-musculaire dans son ouvrage  » Pathogénie et Pathologie énergétique en médecine chinoise « . Or il s’avère que les vaisseaux secondaires sont en fait les vaisseau Luo (Luo Mai). A noter tout de même que Nguyen Van Nghi en 1986 dans la Revue Fran­çaise de Médecine Traditionnelle Chinoise reprend la traduction du Su Wen et retraduit le terme par Luo Mai (38).

De ce fait, qu’en est-il du traitement de Chamfrault et de Nguyen Van Nghi? En cas de plénitude du M.T.M., on devait disperser l’énergie per­verse au niveau des points douloureux du M.T.M. et tonifier le méridien principal. En cas de vide du M.T.M., c’est l’inverse: moxer les points douloureux (points Ashi) du M.T.M. et disperser le méridien principal.

        Et bien, à notre avis, il semblerait que l’erreur de traduction ne modifie pas réellement le traitement des Jing Jin.

En effet, on peut considérer que les énergies perverses attaquent l’épi­derme, la chair et les muscles, protégés par l’ énergie Wei, énergie de défense.

« Le Wei est l’ardeur des aliments, il est d’une nature trop fluide pour être contenu dans les vaisseaux, aussi circule-t-il dans la peau et entre les fibres de la chair… » (Su Wen chapitre43: les « Bi ») (18).

            « Quand l’énergie perverse attaque l’épiderme, le malade ressent des frissons, les pores de sa peau s’ouvrent. Quand elle atteint les vaisseaux secondaires, ceux-ci se mettent en plénitude et la couleur de l’épiderme change, Cette énergie perverse peut se localiser dans les muscles et dans les os, Si l’énergie perverse est de nature Inn, il y a spasmes aux muscles et douleurs aux os ; si elle est de nature Yang, les muscles sont relâchés et la chair est comme fondue (atrophiée), Ce n’est qu’au moment où les énergies long et  sont affaiblies que l’énergie perverse peut atteindre les entrailles ou les organes « . (Su Wen, chapitre 56 : « l’épiderme « ) (5).

De ces citations, on peut en déduire que tout d’abord l’énergie Wei circule bien dans les zones tendino-musculaires et les territoires cutanés (Pi Bu). Par ailleurs, le Xie peut attaquer les Pi Bu et en même temps le muscle, les os… De ce fait, cela entraînera une plénitude de l’épiderme et du muscle sous-jacent, associée à un vide du méridien intéressé.

Puis, on peut très bien concevoir qu’avec le temps, l’affaiblissement de l’énergie Wei provoque un passage du Xie dans le méridien principal y occasionnant une plénitude associée à un vide du territoire cutané et de la zone tendino-musculaire, ceci se faisant, bien-sûr, par l’intermédiaire des fameux vaisseaux secondaires, les Luo Mai.

« L’énergie perverse pénètre en premier lieu dans les méridiens tendino-musculaires qui sont les plus superficiels des méridiens. Elle gagne ensuite des points Ting, qui sont des points de Grande Réunion des Éner­gies Inn et Yang (Nei King) sur les méridiens Principaux. Elle passe ensuite aux points lu qui correspondent à l’énergie extérieure. C’est à ces points lu que l’on peut toucher l’Énergie perverse… » (6).

         Ainsi donc, de nombreux auteurs préconisent de puncturer les points Ting et Idans toutes les atteintes par le Xie.

         Notons que le point Ting est le point de départ de l’énergie Wei dans les Jing Jin. C’est aussi un « carrefour de l’énergie » Yin et Yang (35),

Le point lu est le  » point d’embarquement de l’Énergie perverse  » (6) et doit être utilisé dans les maladies des articulations, des os et des muscles (35),

          » Quand un Muscle ou un Os est atteint par l’Énergie perverse, on dit que l’affection se trouve dans le Yang de Inn. Il faut puncturer les points King et les points lu des méridiens Yang ou Inn « .

« Quand une entraille est atteinte par l’Énergie perverse, on dit que l’affection est dans le Yang de Inn. Il faut puncturer les points Ho des Méridiens Yang  » (6).

Les points King ont un rôle considérable dans le traitement des affec­tions liées au Xie. Chamfrault insiste sur leurs rôles de débarquement de l’énergie perverse (6).  » C’est le point de concentration et d’arrêt de l’éner­gie » pour Nguyen Tai Thu (35).

«  Le point King attire l’Énergie perverse vers le passage dans un méridien principal dont le point Iu, de son côté, assure la dispersion » (6).

Enfin les points Ho sont les points d’entrée et de sortie de l’Énergie. Ils permettent de relier l’Intérieur à l’Extérieur.

Selon la loi des 5 éléments, le point Ho va correspondre à l’humidité pour les méridiens Yang. Le puncturer permettra d’évacuer cette énergie perverse, tout comme le point Iu le fera pour les méridiens Yin.

Par ailleurs, n’oublions pas que pour les méridiens Yang, les points Iu sont des points ,  « vent » qui permettent de chasser l’humidité en utilisant le cycle de domination (Ko).

        Pour être complet dans le traitement des Jing Jin, il nous faut parler de leurs zones d’union.

        En effet, les Jing Jin sont reliés par trois, selon leur nature et leur topographie.

        Ainsi la réunion des trois Jing Jin des méridiens Yang des membres inférieurs est située au niveau de l’os malaire, au point 18 IG.­

        La réunion des trois Jing Jin des méridiens Yang des membres supé­rieurs est le 13 VB.

Le 3 VC est la réunion des Jing Jin des méridiens Yin des membres inférieurs. Enfin, le 22 VB est celui des trois Yin des membres supérieurs.

Le Ling Shu (2) ne parle pas de ces zones d’union. On peut alors se référer au Zhen Jiu Jia Yi Jing de Huangfu Mi : « Le tendon du Taiyang de pied commence au petit orteil… et descend se nouer à la pommette…  » ; « Le tendon du Shaoyang de pied commence sur le quatrième orteil… et monte se nouer à la pommette…  » ;  » Le tendon du Yang Ming du pied commence au troisième orteil… arrive au creux sus claviculaire et s’y noue, monte au cou et des deux côtés de la bouche, s’unit aux pommettes… » (16).

On remarque qu’à chaque Jing Jin d’un méridien Yang du membre inférieur, correspond une intersection commune avec les deux autres Jing Jin de la même catégorie; dans le cas présent, la pommette avec le point 18IG.

        Notons également que les textes vont notifier une intersection à tous les autres zones tendino-musculaires.

L’intérêt de puncturer les points de réunion est de stopper l’énergie perverse et de l’empêcher de gagner les deux autres zones tendino-­musculaires couplées.

        En conclusion, le traitement des Jing Jin peut se résumer par les tableaux ci-dessous:

Plénitude de la zone tendino-Musculaire
1) piquer le point de tonification du méridien principal.
2) piquer le point Ting.
3) piquer le point lu.
4) piquer – le point King si le Jing Jin est de nature Yin,
– le point Ho si le Jing Jin est de nature Yang.
5) piquer le point de réunion des Jing Jin.
6) disperser les points «  » Ahshi ‘ » de la zone douloureuse.
 
Vide de la zone tendino-musculaire
1) piquer le point de dispersion du méridien principal.
2) piquer le point Ting.
3) piquer le point lu.
4) piquer – le point King si le Jing Jin est de nature Yin,
– le point Ho si le Jing Jin est de nature Yang.
5) piquer le point de réunion.
6) moxer les points « ‘ Ahshi » de la zone douloureuse.

IV) Les Jing Bie

Les 12 Jing Bie, encore dénommés méridiens distincts partent des 12 méridiens principaux au niveau d’une grosse articulation et offrent une liaison avec la profondeur, entraille ou organe.

Ils assurent donc une liaison surface-intérieur (Biao/Li) et sont décrits par couple.

Le chapitre XI : « Les méridiens et les vaisseaux secondaires  » du Ling Shu ainsi que le chapitre LXIII; « piqûres fausses  » du Su Wen leur sont entièrement consacrés et décrivent les trajets superficiels et profonds ainsi que leurs symptomatologies et leurs traitements (5, 18).

On pourra ainsi constater que quatre méridiens distincts ont des tra­jets superficiels très courts; les Jing Bie d’Intestin grêle, de Coeur, de Maître du coeur et de Poumons.

« Le méridien de Chéou Taé Inn (poumons) -Son vaisseau annexe part du point Iuann lé 22 VB et rentre dans les poumons à ce point. Des poumons, il s’intègre dans le méridien de Taé Yang, remonte à la clavicule, suit la gorge et se relie à Yang Ming » (Ling Shu) (5).

De ce fait, on ne connaît pas de symptomatologie propre pour ces quatre méridiens distincts à trajet essentiellement interne. Les symptômes sont ceux des méridiens principaux.

Par contre, les huit autres ont des manifestations pathologiques intermittentes, unilatérales à type de syndrome douloureux associé à des signes d’atteinte de l’organe ou de l’entraille correspondant.

« Quant le Xie est installé parmi les viscères, une douleur suit le trajet du vaisseau de celui qui est atteint. Si le mal est épisodique, on fait la piqûre Miu (sur le point Jing) au-dessus de l’angle du pied ou de la main corres­pondant au vaisseau du viscère malade». (Su Wen, chapitre 63 : « de la piqûre Miu »). (18).

Le traitement des Jing Bie peut faire l’objet d’une controverse.

          En effet, d’après Chamfrault et Nguyen Van Nghi, le terme « vaisseau secondaire » doit être traduit par « Méridien distinct » (6). Ainsi la citation précédente issue cette fois-ci du tome VI devient: « , Si l’énergie perverse se loge dans un des cinq organes, la douleur peut suivre le trajet du méridien principal ou du vaisseau secondaire (méridien distinct). Il faut bien recon­naître le caractère intermittent de la maladie et savoir employer le procédé du traitement à l’opposé » (6).

Selon le Zhen Jiu Jia Yijing de Huangfu Mi, chapitre: « La piqûre Miu » traduit par Milsky et Andrès (17), les vaisseaux secondaires représen­tent les vaisseaux Luo (Luo Mai). Même chose pour Husson qui appelle les vaisseaux secondaires,  » vaisseaux de liaison  » ou  » grandes liaisons  » selon le cas (18).

Ainsi donc le traitement de la piqûre Miu que Chamfrault et Nguyen Van Nghi appliquaient pour les Jing Bie serait en fait un des traitements des vaisseaux Luo.

         On peut alors se poser la question de savoir s’il n’y a pas incohérence dans la traduction des termes Luo et Bie.

Effectivement Auteroche et Navailh appellent les grosses ramifica­tions  » Bie Luo  » alors que les petites ramifications sont nommées  » Fu Luo  » et « Sun Luo « , tout en les différenciant des Jing Bie (2).

Le Zhen Jiu Jia Yi Jing, chapitre 1 du tome 2, reprenant intégralement le chapitre 10 du Ling Shu va décrire tous les vaisseaux Luo et ceux-ci seront dénommés Luo Bie (15). Ce chapitre décrit également le trajet des méri­diens distincts et les appellent « Bie » !!! Une note mettra toutefois le lecteur en garde contre les confusions.

Un autre auteur Ming Wong, dans sa traduction du chapitre 10 du Ling Shu fera d’ailleurs l’amalgamme en parlant de : Vaisseau secondaire Luo ou  » méridien distinct « . Dans le texte, il traduira d’autre part le terme  » vaisseau secondaire  » de Chamfrault par  » embranchement distinct « . Dans le chapitre Il du Ling Shu, Ming Wong reprend le terme « méridien distinct », en parlant cette fois-ci des Jing Bie (27).

        Comme nous le constatons, rien n’est simple et les termes varient beaucoup selon les auteurs.

        Giraud et Lafont, pour leur part, considèrent que l’utilisation thérapeu­tique de la piqûre à l’opposé concerne les affections d’origine externe locali­sées en Biao, c’est-à-dire dans les  » grandes liaisons « , sans atteinte du méri­dien principal (11,21).

Il semble donc que les Vaisseaux secondaires sont réellement des vaisseaux Luo. De ce fait, le traitement des Jing Bie par la piqûre Miu préconisée par Chamfrault et Nguyen Van Nghi est-il erroné? Ne s’agit-il pas uniquement d’un traitement des vaisseaux Luo ?

Oui et non, serait-on tenté de répondre. Ainsi Kespi prétend que les Jing Bie n’ont ni symptomatologie, ni traitement (19). Cependant les méri­diens distincts ne sont-ils pas couplés en Biao/Li? N’assurent-ils pas une régularisation entre le méridien principal et la profondeur? Or notons que les vaisseaux Luo ont également des connexions viscérales (Lo longitudi­nal), et des connexions avec le méridien couplé (Lo transversal).

« Les Jing Bie relient les organes et les textures du corps, au sens histologique, que n’atteignent pas les trajets des Jing Mai. Ils complètent l’action des Jing Luo, ils renforcent et harmonisent dans l’intervalle médian des méridiens ce système de liaison et de libre communication entre inté­rieur et extérieur… » (29).

D’autre part la symptomatologie des vaisseaux Luo décrite dans le chapitre X du Ling Shu est différente de celle du chapitre 63 du Su Wen; tout en ayant malgré tout quelques similitudes, qui s’expliquent par leur même action physiologique:

 Chapitre X Ling ShuChapitre LXIII Su Wen
Méridiens(Chamfrault, Milsky & Andrès)(Chamfrault, Milsky & Andrès)
Poumonplénitude: paume des mains 
 très chaude 
 vide: bâillement, toux, 
 pollakiurie 
 traitement: 7 P 
Cœurplénitude: gêne au 
 diaphragme 
 vide: ne peut pas parler 
 traitement: 5 C 
Maître du cœurplénitude: chaleur au cœur 
 vide: raideur du cou 
 traitement: 6 MC 
 Chapitre X Ling ShuChapitre LXIII Su Wen
Méridiens(Chamfrault, Milsky & Andrès)(Chamfrault, Milsky & Andrès)
Intestin grêle     plénitude : gêne aux articulations du coude et de l’épaule
vide : boutons au niveau de la peau
traitement: 7 IG
  
  
  
  
  
  
Gros intestinplénitude : odontalgie, douleurs aux gencives,
surdité vide : sensation de froid aux gencives et aux dents
traitement: 6 GI     
– dyspnée, côtés gonflés,
 douleur à la poitrine
 traitement: 1 GI + Il P côté
 opposé 
 – surdité par intermittence,
 acouphènes 
 traitement: 1 GI côté opposé
 9 MC côté opposé
 – odontalgie 
 traitement: à l’opposé
Triple réchauffeurplénitude : contracture du coude
vide : articulation du coude relâchée
traitement: 5 TR   
angine, langue rentrée,
 révulsée, bouche sèche,
 malaise au cœur, douleur à la
 partie externe du bras
 empêchant la main d’être
 portée à la tête.
 traitement: 9 MC + 1 TR
 côté opposé 
Vessieplénitude : nez bouché, douleurs à la tête et au dos
vide : épistaxis
traitement: 58 V
– douleurs aux épaules, au cou,
 à la tête, spasmes musculaires
 au dos et aux côtés du corps.
 traitement: 67 V côté opposé
Vésicule Biliaireplénitude: jambes glacées vide : jambes paralysées, le malade ne peut pas marcher
traitement: 37 VB
– douleurs aux côtés du
 thorax, difficulté à respirer,
 toux, transpiration.
 traitement: 44 VB côté
  opposé 
  – douleurs à l’articulation de la
  hanche 
  traitement: 30 VB
 Chapitre X Ling ShuChapitre LXIII Su Wen
Méridiens(Chamfrault, Milsky & Andrès)(Chamfrault, Milsky & Andrès)
Estomacperturbation énergétique : angine, le malade devient muet
plénitude : folie
vide : articulations des jambes relâchées ou décharnées
traitement: 40 E
épistaxis, rhinorrhée, froid aux
 dents du maxillaire supérieur
 traitement : 45 E + 44 E côté
 opposé
  
  
  
Rate Pancréasperturbation de l’énergie : troubles intestinaux comme dans le choléra
plénitude : douleurs dans les intestins, douleurs dans tout le corps (grand Lo)
vide : gonflement intestinal,
articulations relâchées (grand Lo)
traitement: 4 RP ou 21 RP(grand Lo)
douleurs à la région rénale,
 irradiant au bas ventre et aux
 côtés du corps empêchant de
 se renverser en arrière.
 traitement: 2 VG ou 34 V
  
  
  
  
  
  
Reinsperturbation de l’énergie : malaise à la poitrine
plénitude: ne peut aller à la selle, ni uriner
vide: douleurs dans la région rénale
traitement: 4 R
– douleurs au cœur,
 gonflement à la poitrine et
 aux côtés.
 traitement: 2 R
 – angine avec gêne pour
 avaler, se met en colère sans
 raison
  traitement: 1 R des 2 côtés
Foieperturbation de l’énergie : scrotum brutalement enflé
plénitude : allongement du scrotum et verge
vide : démangeaisons au scrotum
traitement: 5 F
douleur brutale aux parties
 génitales ou hernie
 traitement: 1 F côté opposé
  
  
  
  
  pour tous les méridiens ayant
  symptomatologie
  Douleur intermittente suivant
  le trajet du «  » Vaisseau
  secondaire » ou du méridien.
  traitement: point Ting côté
  opposé + point Ashi.

 A la lecture du tableau, on constate que la symptomatologie décrite dans le Su Wen est suffisamment différente de celle du Ling Shu pour considérer que la piqûre Miu peut éventuellement s’appliquer aux Jing Bie, ou du moins, s’appliquer à ces maladies irrégulières (Ji Bing) maladies douloureuses unilatérales, d’origine externe, et sans atteinte du méridien proprement dit.

        Ne peut-on donc alors penser que les Ji Bing sont la traduction clinique de la symptomatologie des Jing Bie?

Bref,  » vaisseau secondaire » peut être synonyme de  » grande liaison « , de « Luo Mai « , mais aussi dans le cas du chapitre 63 du Su W en, de « Jing Bie ».

Le rôle des Jing Bie, chargés également d’énergie Wei, énergie de défense, est de permettre au même titre que les Jing Jin de lutter contre les énergies perverses. Mais à la différence des Jing Jin, qui ont un trajet superficiel, les méridiens distincts pénètrent dans les entrailles ou les organes.

Comme les Jing Jin, les méridiens distincts commencent donc aux extrémités ou plutôt au niveau des grosses articulations (genou, hanche, épaule), circulent dans la profondeur, et se terminent tous à la tête, dans les méridiens Yang. De là, existent des branches secondaires qui se croisent au sommet du crâne au point 20 VG (Baihui), encore appelé « Cent réunions « .

L’étude des trajets des Jing Bie permet de déduire les zones de réunion qui unissent un méridien distinct Yang à un méridien distinct Yin, mais aussi à un ou deux méridiens principaux Yang. On aura ainsi deux zones d’union, jonctions inférieures et supérieures:

 JonctionJonction
Jing Bieinférieuresupérieure
Rein – Vessie40V10V
Foie – Vésicule Biliaire2RM1VB
Estomac – Rate Pancréas30E1E
Intestin grêle – Coeur1C1V
Triple Réchauffeur – Maître Coeur 16TR
Gros intestin – Poumon 18GI

 Il est donc intéressant de constater que tous les méridiens Yin ou Yang se terminent, selon Chamfrault, au niveau de la tête ou du cou, et que d’autre part, le 20 VG est le point de passage obligé de la circulation des méridiens Yang de droite vers les méridiens Yang de gauche, et vice-versa (6).

Le blocage de l’énergie perverse peut se réaliser aussi au niveau des zones de jonction et du point « Cent réunions « . Et si le Xie n’est pas chassé d’un méridien distinct, il passera automatiquement dans l’autre opposé.

D’où la technique du traitement à l’opposé qui utilise les deux points Ting du couple gauche de Jing Bie, si l’atteinte est à droite. Piquer les points Ting à l’opposé permet d’une part, de rétablir l’équilibre des deux parties du corps droite et gauche, par la circulation organes­entrailles; d’autre part, d’attirer l’ énergie Wei dans le méridien distinct perturbé, afin de combattre le Xie situé en profondeur.

        Il faudra rajouter les points lu à piquer de chaque côté (voir explication au chapitre précédent).

En outre les points de tonification du méridien principal et de son méridien couplé seront piqués du côté atteint. En effet, le Jing Bie étant en excès, le méridien principal se retrouve en déficit énergétique.

        Enfin, ne pas oublier de disperser l’énergie perverse superficielle aux points Ahshi.

        En conclusion, voici le tableau récapitulatif du traitement des Jing Bie. 

Traitement d’une attaque de Xie dans les Jing Bie
1) piquer les deux points Ting du couple Yin- Yang du côté opposé au
Jing Bie atteint.
2) piquer bilatéralement les points lu du couple des Jing Bie Yin et
Yang.
3) piquer le point de tonification du Jing Bie atteint ainsi que celui du
méridien couplé.
4) disperser les points « Ahshi » au niveau de la zone douloureuse.
5) piquer les points de jonction.
6) piquer le point « cent réunions » : 20 VG (Baihui)

 V) La méthode de Yanagiya Soreï

Appelée aussi technique des 4 aiguilles, la méthode de Yanagiya Soreï autorise une régulation énergétique par l’utilisation du cycle de destruction et celui de génération, en fonction de la règle Mère-Fils.

       Cette méthode conçue par le moine Sa-Am-Do-In au XVIe siècle fut révélée en Occident par Yanagiya (25).

       Elle permet soit de tonifier, soit de disperser un élément selon la loi des 5 éléments (voir chapitre 1 et 2).

Ainsi tonifier un mouvement en vide revient à :

-tonifier le point Penn de la Mère.

-tonifier le point Shu antique correspondant à la Mère sur le mouvement en déficit.

       -disperser le point Penn du mouvement dominateur dans le cycle de destruction, c’est-à-dire la Grand-Mère.

       -disperser le point Shu antique correspondant à la Grand-Mère sur le mouvement en vide.

       De la même façon, la plénitude d’un mouvement sera dispersée en suivant la procédure suivante :

       -tonifier le point Penn du mouvement dominateur dans le cycle de destruction (Ko), c’est-à-dire la Grand-Mère.

       -tonifier le point Shu antique correspondant à la Grand-Mère sur le mouvement en excès.

-disperser le point Penn du fils.

-disperser le point Shu antique correspondant au Fils sur le mouvement en plénitude.

       Le tableau suivant nous donne la liste complète des points utilisés grâce à la méthode de Yanagiya Soreï :

Méridiensen videen plénitude
 tonifierdispersertonifierdisperser
Foie10 R 8 F8P 4F8P 4F8C 2F
Vésicule-Biliaire66V 43VB1 GI 44VB1 GI 44 VB5 GI 38 VB
Coeur1F 9C10R 3C10R 3 C3RP 7C
Intestin grèle41VB 3IG66V 2 IG66V 2 IG36E 8IG
Maître du coeur1 F  9 MC10R 3MC10R 3MC3RP 7MC
Triple réchauffeur41VB 3TR66V 2TR66V 2TR36E l0TR
Rate-Pancréas8C2RP1F 1RP1F 1RP8P 5RP
Estomac5 IG 41 E41VB 43E41VB 43E1 GI 45 E
Poumon3RP 9P8C 10P8C 10P10R 5P
Gros intestin36E 1l GI5 IG 5 GI5 IG 5 GI66V 2GI
Rein8P 7R3RP 3R3RP 3R1F 1R
Vessie1 GI 67V36E 40V36E 40V41VB 65V

VI) Le logiciel

Le logiciel est écrit en Turbo Basic Borland. Celui-ci est un compilateur puissant qui permet d’obtenir un logiciel directement exécutable et très rapide sans utiliser l’interpréteur Basic. De ce fait, après la compilation du programme source, il suffit de taper le nom du logiciel, en l’occurrence «  » ZIWU.EXE « , et l’exécution est immédiate.

Vous pouvez le télécharger immédiatement

VII) Analyse et commentaires

      -heures

        Il s’agit tout d’abord de sélectionner l’heure d’été ou d’hiver. L’heure d’été est en avance de deux heures par rapport à l’heure solaire; l’heure d’hiver l’est d’une seule.

Or toutes les heures correspondant aux branches terrestres sont indi­quées en heures solaires et non occidentales. Il convient donc d’effectuer la sélection afin que l’ordinateur en fasse la correction.

-Saison

        Le logiciel recherche automatiquement l’heure et la date du jour. Ne pas oublier donc, chez les ordinateurs dont l’horloge n’est pas sauvegardée à la fin de la session, de notifier la date et l’heure à chaque mise sous tension.

Puis la saison sera indiquée au milieu de la première ligne.

Selon le calendrier, le printemps débute le 21 mars, l’été le 21 juin, l’automne le 23 septembre et l’hiver le 22 décembre.

Or la médecine traditionnelle chinoise décrit 5 saisons, ou du moins, 4 saisons et une 5e saison complémentaire.

Dans le Su Wen chapitre 29 « du Tai Yin et du Yang Ming « , Huang Di demande: « Pourquoi la Rate n’a-t-elle pas la souveraineté d’une sai­son? « . Qi Bo répond:  » La Rate est Terre, elle gouverne le Centre. En toute saison elle est « ‘ soutien de famille  » pour les 4 autres viscères qui lui délè­guent chacun 18 jours de commandement. Elle n’a donc pas de saison propre… » (18).

Il apparaÎt donc que la cinquième saison est constituée de 4 périodes intermédiaires de 18 jours se situant entre les quatre saisons, centrées sur les équinoxes et les solsticesEt pourtant le chapitre 9 du Su W en nous donne une autre interprétation.

« Le printemps prévaut sur « ‘l’été de croissance » (Zhang Xia -6e mois), celui-ci prévaut sur l’hiver, l’hiver sur l’été, l’été sur l’automne et l’automne sur le printemps. Tel est le cycle des prédominances des saisons conformément aux 5 éléments donc chacun commande un viscère » (18).

Notons que le sixième mois du calendrier chinois correspond à la période du 7 juillet au 7 août. Ainsi la cinquième saison semble être à ce niveau qu’une seule période se situant entre l’été et l’automne, bref la fin de l’été, ou le fameux « été indien » pour les Nord-Américains.

         Une étude faite par Choisnel et Dinouart a permis d’avancer des arguments solides en faveur de la seconde hypothèse (7).

Ainsi selon eux la cinquième saison, associée à l’humidité, coïncidant avec le maximum du contenu en vapeur d’eau de l’atmosphère se situe au mois d’août. Par ailleurs, est préconisée l’idée de centrer les saisons hiver et été sur les solstices, et non de les y faire débuter. D’autre part, il faut tenir compte de « l’inertie thermique de l’atmosphère » qui entraîne un décalage de 3 semaines par rapport au début de la saison du calendrier astronomique.

En conclusion, les saisons météorologiques peuvent se définir de la façon suivante:

-printemps: du 1er mars au 31 mai

 -été: du 1er juin au 31 juillet

-5e saison: du 1er août au 31 août

 -automne: du 1er septembre au 30 novembre

 -hiver: du 1er décembre à la fin février.

Le logiciel a donc été conçu sur ces bases

 -Thérapeutique

Après avoir choisi le méridien à soigner, il vous faudra sélectionner la technique de traitement, soit par les Jing Jin, les Jing Bie ou la méthode de Yanagiya Soreï.

On vous demandera ensuite s’il y a une atteinte en vide, en plénitude, ou une atteinte droite, gauche. A partir de là, la thérapeutique complète vous sera proposée.

En fait l’ordinateur aura calculé, puis comparé de nombreux paramètres en fonction de la technique employée.

 * Yanagiya Soreï

Dans la méthode de Yanagiya Soreï, les 4 points tonifiants et disper­sants seront comparés aux points de tonification et de dispersion saisonniers.

        Si le point tonifiant ou dispersant est identique au point saisonnier, le programme le notifiera en marquant  » tonification ou dispersion maximale « .

        Par contre, si le point tonifiant se retrouve être un point saisonnier dispersant, et vice-versa, sera alors noté:  » Action nulle « ‘. En effet un point ne peut être à la fois tonifiant et dispersant.

        Le programme aura alors à cœur de déterminer un point de remplacement.

        Puis après cette première phase, les 4 points de Yanagiya seront comparés à nouveau avec les 2 points horaires, actifs à l’heure de la consultation.

S’il y a intersection entre un point horaire tonifiant et le point tonifiant de Yanagiya, alors apparaîtra en exergue la phrase « tonification horaire maximale « . Même principe pour le point dispersant.

* Jing Jin et Jing Bie

Lors d’un vide d’une zone tendino-musculaire, il s’agit de piquer le point de dispersion du méridien principal en excès. Le programme va rechercher le point saisonnier dispersant, puis les points horaires.

Plusieurs cas de figures vont se présenter:

1er cas: le point saisonnier est identique au point dispersant classique.

L’action est alors optimale.

         2e cas: le point saisonnier dispersant correspond au point de tonifica­tion de l’élément.

         De ce fait, l’action est nulle.

3e cas: le point saisonnier dispersant correspond au point horaire dispersant selon la théorie du Zi Wu Liu Shu. On aura alors une dispersion horaire maximale.

Dernier cas: le point saisonnier dispersant est égal au point horaire tonifiant. L’action sera nulle et un point de remplacement apparaîtra.

La même méthode sera appliquée à une plénitude de Jing Jin.

En cas d’atteinte des Jing Bie, l’algorithme sera identique mais appli­qué au couple des Jing Bie.

-points de remplacement

        Le problème du choix à remplacer les points de tonification ou de dispersion ayant une action nulle peut être résolu par les points Mu (Mo) et les points Beishu (Shu du dos).

Ne pas les remplacer revient à utiliser une autre méthode ou effectuer un traitement déséquilibré. La technique la plus judicieuse lors des atteintes internes ou profondes est l’application des points Shu-Mu. Or, n’oublions pas que le Xie en franchissant les barrières des Jing Jin et des Jing Bie entraîne une attaque du méridien principal puis de l’organe ou de l’entraille.

De ce fait, il est tout à fait concevable de tonifier le méridien principal, ou selon le cas, de le disperser, en puncturant l’un de ces points.

– les points Beishu ou points d’assentiment Shu

        Le chapitre LI du Ling Shu : « les points Iu d’organes » : « Si vous appuyez du doigt sur ces points, la douleur siégeant à l’organe correspon­dant est immédiatement soulagée. Il ne faut jamais puncturer ces points, qu’il y ait plénitude ou vide, il faut faire uniquement des moxas… il ne faut, en aucun cas, puncturer ces points, surtout Ka Iu 17 V, car on risque de

blesser l’organe qui lui correspond et l’on épuise l’énergie du malade » (5).

        La citation est donc formelle, les points Beishu ont une action disper­sante. Mais est-il cependant possible de les puncturer ?

        Reprenons alors le chapitre X du Su Wen : « Ce que commandent les cinq organes » : « Il y a douze points d’assentiment lu. Tous ces points correspondent à l’énergie de l’extérieur, et c’est à ces points que l’on trou­vera l’énergie perverse du dehors, d’où on pourra la chasser avec des aiguilles d’acupuncture » (5).

Pas de doute, les points Beishu sont des points « puncturables « , dis­persant l’énergie perverse. Notons d’ailleurs que c’est une des voies préfé­rentielles de pénétration du Xie.

A ce titre les points Beishu gèrent les rapports de l’organisme avec l’extérieur et permettent de traiter les états pathologiques de type plénitude (14).

Le tableau ci dessous les récapitule.

 Points BeishuPoint Mu
Méridiensassentimenthérauts
Foie18V14F
Vésicule-Biliaire19V24VB
Coeur15V14VC
Intestin Grêle27V4VC
Maitre du coeur14V17VC
Triple réchauffeur22V5VC
Rate Pancréas20V13 F
Estomac21V12VC
Poumon13V1P
Gros intestin25V25 E
Rein23V25VB
Vessie28V3VC


 – les points Mu ou points hérauts

Les points Mu, ou devrait-on dire plutôt point Mo, sont décrits partiel­lement dans au moins sept chapitres du Nei Jing. Tous situés sur le ventre ou le thorax, ils ont le sens de  » rassemblement « , mais également celui de  » tenture » (9).

Comme pour les points Beishu, ils sont à utiliser pour combattre les déséquilibres internes (entrailles-organes). Par ailleurs selon Soulié de Morant (31), les points Mu sont recommandés dans toutes les insuffisances d’énergie originelle. Faubert les compare à des robinets que l’on ouvre lorsque l’on veut renforcer un méridien carentiel (8). Luong a étudié la symptomatologie des points et en a conclu que l’atteinte de ces points donnait l’impression d’insuffisance, de blocage par non distribution du Qi. Le 17 VC (Shan Zhong) présente ainsi dans les indications: oppression, asthme bronchique; le 13 F (Zhangmen) : diarrhée, météorisme, douleurs de la région des côtes; le 14F (Qimen) : douleur de poitrine, pleurite, douleur des hypocondres; le 25 E (Tianshu) : paralysie des muscles abdo­minaux, gastro-entérite aiguë ou chronique… etc. (24).

On peut utiliser les points Mu non seulement pour traiter les affec­tions internes mais aussi les affections en surface en relation avec les organes ou les entrailles correspondants. Leur fonction est donc tonifiante.

Pour terminer, notons que pour Soulié de Morant le méridien Maître du Cœur ne possède pas de point héraut. Par contre existent un point Mu des organes sexuels le 15VC et celui des vaisseaux: le 6VC (31).

Cependant la plupart des auteurs considèrent le 17 VC, héraut du méridien Maître du Cœur.

En conclusion, les Beishu sont des points à utiliser en remplacement de ceux de dispersion car ils traitent des symptomatologies de type pléni­tude le plus souvent consécutives à une agression extérieure (Xie). Par contre, les points Mu remplaceront sans dommage les points de tonifica­tion du fait de leur action dans les tableaux d’insuffisance et de vide d’énergie.

 VIII) Conclusion

Au terme de ce travail, il est satisfaisant de constater le rendement remarquable du programme informatique dans la recherche des points ayant une efficacité optimale pour la tonification ou la dispersion.

Cependant, plusieurs problèmes sont apparus qui objectivent fort bien les ambiguïtés considérables de la Médecine Traditionnelle Chinoise. De nombreux ont été résolus. D’autres peuvent être encore source de polémique.

Ainsi le terme même de  » vaisseau secondaire » sera traduit par méri­dien tendino-musculaire dans certains chapitres du Su Wen ou du Ling Shu; ailleurs, le terme aura la signification de vaisseau Luo et enfin dans d’autres chapitres, il s’agira des Jing Bie.

Il nous semble évident que les erreurs de traduction initiales peuvent engendrer une approche différente quant à la thérapeutique.

Pourtant tout cela ne doit pas nous détourner du but réel de l’acupunc­ture, à savoir soulager le patient. Et dans cet esprit, l’informatique est une aide précieuse, permettant à l’acupuncteur de se consacrer entièrement à son malade, car le libérant des difficiles contingences de raisonnement.


Bibliographie :

   1) Académie de Médecine Traditionnelle Chinoise (Pékin) : Précis d’acupuncture chinoise. Dangles, Saint-Jean-de-Braye, 1977.

2) Auteroche B., Navailh P. : Le diagnostic en médecine chinoise. Maloine, Paris, 1983.

3) Bargeton Y., De L’Homme G. : Dictionnaire d’expressions techniques en médecine traditionnelle chinoise, Institut de médecine chinoise de Gong dong. Rev. fr. d.acup.,       A.F.A., Paris, 1987, 50, 61-71.

4) Borsarello J. : Acupuncture. Masson, Paris, 1981.

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A propos des Troncs Célestes et des Branches Terrestres : réflexions sur les rythmes biologiques, la chronopathologie et les prévisions météorologiques selon les conceptions chinoises . 1e partie : rythmes circadiens et circannuel : réalités et perspectives

La Panne - Belgique
La Panne – Belgique

Résumé: La base de la Médecine Traditionnelle Chinoise s’appuie sur le concept du Temps et de ses rythmes. Les Branches Terrestres (« Di Zhi ») et les Troncs Célestes (« Tian Gan »), à l’origine du cycle sexagésimal, permettent d’expliquer les grands mouvements énergétiques, de concevoir un système de prévisions météorologiques, et de prévoir l’émergence d’une éventuelle chronopathologie.
Après une définition des rythmes biologiques selon les conceptions occidentales puis une étude bibliographique de la chronopathologie circadienne et circannuelle, l’union des « Tian Gan » et des « Di Zhi » est analysée dans le but d’établir un protocole d’aide efficace à la détection des événements climatologiques et chronopathologiques intervenant durant le cycle sexagésimal. Le troisième chapitre est consacré à la confrontation des climats de la Chine et de la France, fait accéder dans une certaine mesure à la saisie des conditions d’application de la chronopathologie issue du Nei Jing Su Wen, sujet du quatrième chapitre. Les cinquième, sixième et septième chapitres ont pour objet, tout d’abord le calcul des conditions climatiques d’une année du cycle sexagésimal, puis la description météorologique des années 1987 à 1992 en fonction des données chinoises, enfin les corrélations entre les prévisions chinoises et les relevés météorologiques fournis par Météo France. 

Une étude épidémiologique de type cas-témoins portant sur 7342 actes médicaux a ensuite établi des liaisons entre les saisons et la chronopathologie occidentale. Puis, des correspondances ont été recherchées entre ces données et les connaissances provenant de la Médecine Traditionnelle Chinoise. L’association humidité-précipitations fut examinée dans le but de trouver la genèse des douleurs rhumatologiques concernant le  » Bi Fixe’. Pour clore ce travail, la finesse des observations chinoises qui associaient depuis la nuit des temps le Bois au Printemps, et le Foie aux allergies, est confirmée par la découverte, selon la méthode du cosinor, d’un rythme circannuel des syndromes allergiques avec une acrophase printanière. Mots clés : Chrono-acupuncture, branches terrestres, « Di Zhi, troncs célestes ‘Tian Gan’, rythmes biologiques, chronopathologie, épidémiologie, prévisions météorologiques, climatologie, saisons, humidité, rhumatologie, ‘Bi fixe’ , allergie, cosinor.

Abstract: The basis of traditional chinese medicine depends on the concept of time and its rythms. The terrestrial branches (‘Di Zhi’) and the celestial trunks (‘Tian Gan’), at the beginning of the sexagesimal cycle allow the possibility of explaining great energy movements, of conceiving a system of meterorological forecasting and of predicting the emergence of an eventual chronopathology. Following a definition of the biological rythms according to western ideas, and then a bibliographic study of circadian and circannual chronopathology, the author carries out a study of the union of the ‘Tian Gan’ and the ‘Di Zhi’ with the object of establishing a protocol of an effective means for detecting climatological and chronopathological changes taking place during the sexagesimal cycle. The third chapter, dealing with a comparison 01 the climates of China and France, to a certain extent gives an idea of understanding the conditions for making use choronopathology such as it derives from the neil jing su wen, wich is the subject of the fourth chapter. The aim of chapters 5, 6 and 7 is, first of all, to show how to calculate climatological description of the years from 1987 to 1992, according to chinese data, and finally come the correlations between the chinese predictions and the meteorological records provided by Meteo France.

An epidemiological study of the type case-witness relative to 7, 342 medical operations has subsequently established the link between the seasons and western chronopathology. Next the author carried out a study to find the links between these data and the knowledge coming from traditional chinese medicine. An examination was made of the association between humidity and rain tall 50 as to discover the source of rheumatic pains connected with ‘stationary bi’. To bring this work to a close, the author established the exactitude of Chinese observations, which since the dawn of time has linked the the ‘awood of the springtime’ to the liver with its allergies, by the discovery, using the cosinor method, of the circannual rhythm of the allergy syndromes with a springtime acrophase. Keywords : chrono-acupuncture, terrestrial branches, ‘Di Zhi’, celestial trunks, ‘Tian Gan’, biological rythms, chronopathology, epidemiology, meteorological predictions, seasons, humidity, climatology, rhumatology, allergy, cosinor.

Le comportement des êtres vivants semble toujours avoir été marqué par les variations périodiques de l’environnement. Le cycle des marées, la rotation de la Lune autour de la Terre, les solstices de l’hiver et de l’été, les équinoxes de l’automne et du printemps en sont les exemples les plus connus.

Les néo-confucianistes de la dynastie des Song (960-1280) élaborèrent à partir des spéculations taoïstes un système métaphysique concernant la formation du monde à partir d’un état primordial chaotique et ténébreux où le Yin et le Yang étaient confondus.

Cet univers est éternel mais évolue par périodes de 129600 années au bout desquelles une catastrophe ramène le chaos suivi d’une nouvelle formation du monde.

Les astrophysiciens du XXème siècle ne sont pas très éloignés de cette théorie. Ils parlent d’une formation de l’univers à partir du fameux big bang, survenu il y a environ 15 milliards d’années. L’univers serait en expansion pendant encore 22 milliards d’années, puis se rétracterait afin de revenir au point de départ et entraîner le big crunch. A nouveau, expansion suivie d’un autre big-bang, etc… Bref chaque période durerait 114 milliards d’années.

Au sein du monde visible et invisible que représente le Tao du Yi Jing, le mouvement produit le Yang, puis quand il s’épuise et aboutit au repos, celui-ci produit le Yin, et le processus recommence, donnant naissance aux Cinq Eléments (Eau, Bois, Feu, Métal, Terre) qui sont des Energies (Qi).

Ainsi, selon la Pensée Chinoise, tous les phénomènes de la Nature ne sont que le produit des oscillations cycliques de deux énergies contradictoires mais aussi complémentaires: le Yin et le Yang.

Cette alternance, le système des cinq mouvements et celui de la grande circulation de l’Energie ne sont-ils pas une approche typique de l’observation des phénomènes rythmiques ?

Les cycles naturels n’ont-ils pas un rôle déterminant sur la physiologie humaine ?

A partir de la prévision météorologique des saisons, les acupuncteurs traditionnels chinois en déduisent l’arrivée de certains troubles pathologiques.

Selon l’union de la Branche Terrestre et du Tronc Céleste, ils peuvent déterminer le climat dominant, agressif en fonction de la saison, puis soigner le Mal avant qu’il n’apparaisse chez la personne à risque.

De même, chaque saison est en corrélation avec un organe lié à un méridien. Et ce méridien sera d’ordinaire préférentiellement atteint au cours de la saison en correspondance, d’où les possibilités thérapeutiques préventives. Mais, est-on en droit de considérer que ce traitement applicable en Chine, le soit également en Europe?

Et les maladies résultantes sont-elles réellement en rapport avec ces éventuels rythmes?

Ne pouvons-nous pas alors prévoir l’émergence de certaines pathologies et les traiter de manière prophylactique? Est ce vraiment possible dans un pays comme la France, qui a priori n’a pas les mêmes conditions climatiques que la Chine?

Bref, peut-on utiliser dans un pays européen toutes les données issues du Su Wen, en particulier les chapitres consacrés à la rythmologie du Temps et des Saisons, dont l’origine est à l’évidence tout à fait chinoise.

Autant de questions auxquelles la Médecine Traditionnelle Chinoise, mais aussi la Médecine Occidentale s’appliquent à répondre.

En fonction des données météorologiques du Nord de la France, et à partir d’un fichier de 7342 actes répartis sur une période de 5 ans et concernant une population de 1337 personnes, une enquête épidémiologique rétrospective de type cas-témoins a tenté d’établir des corrélations entre saisons, maladies et rythmes biologiques.

« Il y eut ensuite des ‘Sages de second ordre’ (Xian Ren) qui, éveillés aux lois de la nature à l’image de la lune et du soleil, surent reconnaître le zodiaque, le sens des flux du Yin et du Yang et distinguer les saisons. Par les mêmes voies que dans la haute antiquité ils s’efforçaient d’accroître leur longévité, mais seulement dans une certaine limite » (Huang Di Nei jing Su Wen : de la pureté naturelle dans la haute antiquité) (55).

 RYTHMES BIOLOGIQUES SELON LA MEDECINE OCCIDENTALE

  DEFINITIONS D’UN RYTHME BIOLOGIQUE

Le rythme biologique peut être représenté par une fonction sinusoïdale, quantifiée par l’utilisation du modèle mathématique du Cosinor (50,82). Cette fonction sinusoïdale correspond à la formule suivante:

                                     Y (t) = M + A Cos (ω t + Φ)

                   (t est le temps; ω est la fréquence angulaire = 2 π / τ )

Cette modélisation permet la description de quatre paramètres.

  1. a) La période τ

C’est la durée d’un cycle complet de la variation biologique, exprimée généralement en unité de temps (seconde, minute, heure, jour ou année). Cet intervalle est mesuré entre deux sommets (acrophase) ou deux creux (bathyphase). Par exemple, le cortisol plasmatique a une période de 24 heures entre les 2 pics de sécrétion. Cette période peut également être exprimée en degrés: 24 heures est équivalent à 360°. (82,50,94).

A partir de l’étude des ces différentes périodes, on a distingué plusieurs grands domaines de rythmes:

        -les rythmes ultradiens dont la période τ  est inférieure à 20 heures;

-les rythmes circadiens: la période est comprise entre 20 et 28 h, généralement 24 heures;

-les rythmes infradiens dont la période est supérieure à 28 heures, subdivisés eux-mêmes en rythme circamensuel (1 mois), rythmes circannuels (τ  = 1 an).

  1. b) L’acrophase Φ

C’est l’intervalle de temps estimé pour atteindre le sommet d’une variation biologique de période  τ. C’est la localisation temporelle exprimée, par exemple, en heures et minutes de l’emplacement du pic ou du sommet de la fonction sinusoïdale, mais aussi en degrés (exemple: 1 heure = 15°). A l’opposé, la bathyphase est le moment où la variation biologique est à son amplitude minimale, à l’emplacement du creux.

  1. c) L’amplitude A

C’est la différence des valeurs entre le moment du pic et celui du creux. Elle est égale à la moitié de la variation totale du changement rythmique pour la période considérée.

  1. d) Le mésor M

C’est la moyenne ajustée du rythme de période τ , niveau moyen de la variation biologique rapporté à la durée de la période. 

Un rythme biologique peut donc être caractérisé par ce modèle mathématique, à condition que la variation ne s’écarte pas trop de la fonction sinusoïdale et qu’elle soit statistiquement significative par la méthode des moindres carrés.

CARACTERISTIQUES D’UN RYTHME BIOLOGIQUE

Les rythmes biologiques ont une origine génétique, mise en évidence chez les mouches Drosophiles par Konopka et collaborateurs (62) et l’équipe de Bargiello (5). Ainsi, le chromosome X est porteur d’un gène « per » qui contrôle la longueur de la période activité-repos et celle de la ponte. Il existe aussi ungène « clock » qui contrôle la phase de certains rythmes. Par ailleurs, Reinberg et collaborateurs ont constaté que les rythmes circadiens de l’excrétion urinaire des 17-hydroxycorticostéroïdes avaient davantage de caractéristiques communes chez des jumeaux monozygotes qu’entre des jumeaux dizygotes (93).

Les noyaux suprachiasmatiques (NSC), formation hypothalamique bilatérale située près du chiasma optique, sont une des horloges biologiques ou oscillateurs, responsables de certains rythmes circardiens, en particulier ceux des sécrétions de l’ACTH, de la prolactine, et du comportement de la faim et de la soif, mais aussi le rythme éveil-sommeil (94,65). Moore a ainsi démontré que la destruction des NSC entraînait la disparition plus ou moins totale de ces rythmes. A noter que les sécrétions persistent, mais sans variation temporelle (76).

D’autres oscillateurs semblent exister, comme l’atteste la persistance de l’activité circadienne corticosurrénalienne du rat, et cela, malgré l’abolition du rythme de l’ACTH par destruction du NSC (109). La glande pinéale (épiphyse), autre oscillateur des rythmes circadiens régulée par l’intensité lumineuse, secrète la mélatonine, responsable de la régulation de l’axe hypothalamo-hypophysaire au cours du nycthémère (104,119).

Une équipe strasbourgeoise a démontré d’ailleurs le rôle d’un gène baptisé CREM dont la surexpression nocturne entraîne une puissante répression de la transcription génique AMPc dépendante, d’où éventuelle interruption ou ralentissement des métabolismes neuro-endocriniens liés à l’épiphyse et aux noyaux suprachiasmatiques (58).

Enfin chez l’homme, il a été démontré que des oscillateurs corticaux gouvernent vraisemblablement les rythmes circadiens des activités complexes (35).

Ces horloges biologiques sont elles-mêmes sous le contrôle des synchroniseurs (50). Un synchroniseur est un ou plusieurs facteurs de l’environnement capables de régler les oscillateurs et la période des rythmes circadiens. Cela peut correspondre à l’alternance du jour et de la nuit, mais aussi à celle des saisons. Notons cependant que la suppression des synchroniseurs, comme cela a été fait dans les expériences d’isolement en grotte souterraine (101,102,3), laisse persister les rythmes circadiens, mais avec généralement une période naturelle allongée à 25 heures environ chez l’homme sain (10,94).

 CHRONOPATHOLOGIE

La chronopathologie est l’étude des variations périodiques d’une maladie, et des altérations persistantes de la structure temporelle, qu’elles soient résultat ou cause du processus pathologique (94).

Depuis bien longtemps, les médecins savent qu’une crise ulcéreuse digestive, selon son horaire, sera soit d’origine gastrique, soit d’origine duodénale. La crise de goutte disparaît toujours au chant du coq. Le dérouillage et la douleur matinale sont typiques de la polyarthrite rhumatoïde.

D’autre part, à côté de ces rythmes circadiens, on connaît aussi les rythmes annuels: les dépressions saisonnières, les épidémies de grippe hivernale, les rhinites allergiques du printemps ou de l’été …

Ainsi, la chronopathologie est étudiée actuellement dans tous les domaines de la médecine.

Appareil cardio-vasculaire

 Rythmes circadiens

  * L’hypertension artérielle

L’acrophase des pressions systolique et diastolique se situe respectivement à 18 et 22 heures. Les pressions sont à leur bathyphase durant le sommeil, puis s’elèvent progressivement juste avant le réveil, de même les sécrétions de catécholamines et la fréquence cardiaque. L’acrophase de sécrétions de catécholamines se situe vers midi; celle de la fréquence cardiaque entre midi et 16 heures. Chez l’hypertendu, tous ces rythmes circadiens persistent (94).

* L’infarctus du myocarde

Dans une étude portant sur 2999 patients hospitalisés pour infarctus du myocarde en phase aiguë, Muller a mis en évidence un pic de survenue entre 6 heures et midi, la fréquence la plus élevée étant retrouvée à 9 heures. La fréquence de survenue de l’infarctus est de 1,26 fois plus élevée dans la période de 6 heures à midi que la moyenne des fréquences des trois autres tranches horaires (79).

Toujours selon l’équipe de Muller, il existe un 2ème pic de fréquence,moins important entre 19 heures et 20 heures.

Pour Hjalmarson, 28% des infarctus ont un pic de fréquence entre 6 heures et midi. Le 2ème pic de fréquence (25% des infarctus) entre 18 et 24 heures (54).

Une troisième équipe a également mis en évidence une nette augmentation de la fréquence de survenue de l’infarctus entre 6 heures et midi, fréquence multipliée par 1,8 par rapport à la fréquence moyenne des 3 autres tranches de 6 heures (121). A noter que la prise de bêta-bloquants supprime ou modifie le rythme circadien de l’infarctus (79,121,54).

 * L’angor

Nademanee a constaté sur les holters des 24 heures de 68 patients ayant un angor chronique stable, un pic de fréquence des épisodes ischémiques cliniques et silencieux entre 8 heures et 15 heures (81).

Rocco, dans une étude portant sur 32 patients ayant un angor chronique stable, 39% des épisodes de sous-décalage du segment ST sont survenus entre 6 heures et midi sans qu’il y ait augmentation de la fréquence cardiaque ou de l’activité physique (96).

L’angor de Prinzmétal évalué chez 13 patients sur Holter de 48 heures montre un sus-décalage de ST très nettement prédominant entre 0 heure et 8 heures (114).

Yasue a évalué 13 patients ayant un angor de Prinzmétal par épreuve d’effort le matin entre 5 heures et 8 heures, puis dans l’après-midi du même jour de 15 à 16 heures. Ces auteurs ont induit une crise angineuse avec sus-décalage de ST, le matin, chez tous les patients. Deux patients seulement ont eu une crise dans l’après-midi (123).

* Les morts subites

Une prédominance matinale des arrêts cardiaques a également été notée par l’équipe de Muller. En effet, l’étude de l’heure de décès des 2203 patients de l’Etat du Massachusetts, morts subitement par arrêt cardiaque en 1983 objective un pic de fréquence entre 7 heures et Il heures, avec un second pic moins important entre 17 heures et 18 heures (78).

Willich, dans une étude prospective portant sur une cohorte de 5209 sujets suivis pendant 38 ans a enregistré 33% de morts subites entre 6 heures et 12 heures. En outre, le risque horaire de mort subite entre 7 heures et 9 heures est d’au moins 70% plus important que pour les autres 22 heures de la journée (120).

Plus récemment, 1423 arrêts cardiaques ont été analysés par l’équipe de Levine à Houston entre le 1er décembre 1989 et le 30 novembre 1990. L’existence d’un rythme circadien a été démontré de façon très significative (p<O,OOOl). Il existe un minimum aux environs de 3 heures du matin, puis le rythme des décès s’accélère très rapidement à partir de 6 heures et passe par un pic aux environs de midi. La fréquence des décès diminue alors très progressivement entre midi et 2 heures du matin (69).

* Arythmies

Cugini a mis en évidence un pic de fréquence de survenue des arythmies supra-ventriculaires graves à type de flutter ou fibrillation auriculaire, entre 8 heures et 11heures chez 87 patients (24).

En conclusion, toutes ces études suggèrent qu’il existe un rythme circadien des pathologies cardio-vasculaires avec une acrophase entre 6 heures du matin et midi. Divers mécanismes déclenchants matinaux ont été mis en évidence. Ainsi le pic de sécrétion matinal des catécholamines (adrénaline et noradrénaline) (118, 94), l’élévation de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque qui accroissent les besoins myocardiques en oxygène (73), et enfin l’hyperagrégation plaquettaire au cours de la matinée (111,87) avec à l’opposé une activité fibrinolytique du sang diminuée (98,2) sont les principaux événements responsables de ces pathologies. Ces différents processus ayant une intensité accentuée le matin, expliqueraient l’évolution de la plaque d’athérome vers la formation d’un thrombus occlusif (infarctus, mort subite, accidents vasculaires cérébraux) ou non (angor instable) (79,26). Les thérapeutiques doivent prendre en considération cette période matinale de vulnérabilité et l’heure d’administration du médicament doit être étudiée. A cet égard, un bêta-bloquant d’action prolongée pris au coucher, ou un bêta-bloquant d’action rapide pris le matin, aura une meilleure efficacité (86,94).

 Rythme circannuel

 * Thromboses coronaires et cérébrales

La mortalité par infarctus du myocarde ou par accident vasculaire cérébral, en rapport avec une thrombose ou une embolie, suit un rythme circannuel avec une acrophase en hiver (janvier, février). Les auteurs expliquent ce fait par l’augmentation de la viscosité sanguine, des hématies et des plaquettes associée à une baisse du taux d’antithrombine III au cours de l’exposition au froid de l’hiver (60).

Entrican observe également que les artériopathies coronariennes et cérébrales sont beaucoup plus fréquentes en décembre et janvier (30). D’autres travaux (28,88) arrivent aux mêmes conclusions : les maladies cardio-vasculaires, en particulier les infarcissements myocardiques, ont une incidence surtout accrue durant les mois hivernaux de janvier et février.

 * Embolies périphériques

C’est toujours en hiver qu’une acrophase a été objectivée pour les embolies périphériques, en particulier dans les artères fémorales (20). En ce qui concerne les thrombo-embolies veineuses, un rythme saisonnier avec un pic en décembre, janvier, et, une bathyphase en juillet, août, a été aussi observé (30).

Neurologie

 Rythme circadien

* Accidents vasculaires cérébraux

  Comme pour les accidents ischémiques myocardiques, un pic de fréquence maximale est observé entre 6 heures et midi (80).

 Rythme circannuel

  * Hémorragies intra-cérébrales

Une périodicité saisonnière fut notée chez 118 patients hospitalisés de 1970 à 1975 avec le diagnostic d’hémorragie intra-cérébrale. Le pic du plus grand nombre de cas a été retrouvé chaque année en janvier et février. Ce rythme circannuel a été démontré selon l’analyse par la méthode du Cosinor, l’acrophase se situant le 24 janvier, avec un intervalle de confiance à 95 % (p<0,05) entre le 23 novembre et le 4 mars. Cette périodicité coïncide avec celle des mortalités dues aux maladies cardio-vasculaires ou cérébro-vasculaires (89).

Obstétrique

Un rythme circannuel des naissances a été objectivé par une étude statistique des 12 035 680 nouveau-nés français mis au monde entre le 1er janvier 1968 et le 31 décembre 1982 (49). Cette enquête montre que le nombre de conceptions est au maximum en été, minimum lors de l’hiver. De ce fait, la répartition des naissances représente une courbe sinusoïde, avec une acrophase au printemps (en mai), et une bathyphase en automne (début novembre). Cette étude confirmait les résultats d’un précédent travail effectué sur 5 927 978 naissances françaises des sept années 1968 à 1974 (48).

Psychiatrie

Rythme circadien

  * Insomnie

L’heure d’endormissement est régulée par le rythme circadien de la température corporelle. Ce sont les expériences d’isolement temporel (101,102,3) qui ont permis de montrer ces liens étroits. Ainsi, les horaires les plus propices à l’endormissement correspondent à la 3ème ou 8ème heure avant le minimum thermique. En règle générale, le minimum thermique, étant entre 5 et 8 heures du matin, entraîne donc un endormissement physiologique vers 23 heures ou 3 heures du matin (105).

De ce fait, des horaires d’activité irréguliers, tels le travail de nuit, le travail posté, ou même le décalage horaire lié au franchissement des fuseaux horaires par avion vont désynchroniser de façon notable les rythmes circadiens (36).

En effet, en l’absence de repères temporels externes, l’alternance veille-sommeil maintient sa régularité mais la période du rythme s’allonge pour prendre une valeur de 25 heures environ. Les relations entre le sommeil et la courbe thermique se maintiennent, les deux rythmes demeurent synchronisés, bien que le début du sommeil se rapproche du minimum thermique et que le réveil spontané apparaît lors de la remontée de la température (10,101,102,3).

 Rythme circannuel

 * La dépression saisonnière

Le syndrome dépressif saisonnier réunit les caractéristiques habituelles des dépressions endogènes ou mélancoliques, mais contrairement à celles-ci, il y a une augmentation de l’appétit vis-à-vis essentiellement des hydrates de carbone avec prise de poids et non une anorexie avec perte de poids; il y a une tendance à l’hypersomnie au lieu de la classique insomnie; et surtout il y a une récidive rythmée par les saisons avec un début au mois d’octobre et une fin au printemps en avril, en passant par une acrophase en plein hiver (janvier) (97,106,70).

Ces dépressions hivernales sont très sensibles à la photothérapie sous une intensité de 2500 lux environ (104, 105). L’exposition à la lumière intense inhibe la libération de mélatonine par la glande pinéale (épiphyse) qui serait donc un autre oscillateur des rythmes circadiens, au même titre que le noyau supra-chiasmatique (104,119). Ceci permettrait de resynchroniser les rythmes circadiens, en particulier, celui de la mélatonine, très perturbé par un effondrement de son taux plasmatique (97,105).

Tout récemment, deux études canadiennes du Dr Lam ont décelé des anomalies oculaires chez les patients atteints de dépression saisonnière, en particulier une diminution de la sensibilité rétinienne à la lumière (19,66). Cela pourrait expliquer la rythmicité hivernale de cette affection qui culmine en hiver lors des journées à ensoleillement court.

* Dépressions estivales

Wehr, Rosenthal, Sack ont décrit un tableau à l’inverse de celui de la dépression saisonnière hivernale, marqué cette fois-ci par une dépression estivale associée à une manie ou une hypomanie hivernales. Ce tableau pourrait être corrélé par le nombre de dépressions endogènes et de suicides à la fin du printemps. Le traitement repose sur l’application de froid (116).

* Dépressions endogènes

Elles correspondent essentiellement aux psychoses maniaco-dépressives. L’incidence du déclenchement des épisodes est culminante au printemps et en automne. Ceci est une donnée classique qui a été vérifiée statistiquement (4,105). D’autre part, les études épidémiologiques portant sur les variations saisonnières des suicides montrent que les taux sont plus élevés au printemps et en automne, avec une bathyphase hivernale (3,104). Ces périodes, printemps et automne, coïncident avec les équinoxes. Ce sont les périodes des plus grandes variations de la longueur du jour qui entraîneraient une désynchronisation des rythmes circadiens (4,104).

Une étude de Maes, parue dans l’American journal of psychiatry de septembre 1993, réalisée sur les registres officiels de Bruxelles concernant près de 20000 suicides survenus pendant la période de janvier 79 à décembre 1987, montre également une fréquence accrue au printemps et en été, en fonction de l’âge et de la violence de l’acte. L’acrophase, tous critères confondus, est cependant située en avril-mai, la bathyphase en décembre janvier (31).

 Allergologie

 Rythmes circadiens

   * Asthme

La majorité des crises d’asthme se produit habituellement pendant la nuit ou le matin. Elles sont observées à 75 % entre 2 heures et 7 heures du matin, avec une acrophase des dyspnées vers 4 heures (6,94).

Les conséquences les plus graves de l’asthme sont l’arrêt cardiaque et la mort. Douglas a montré que 43 % des cas de décès sont survenus entre minuit et 8 heures du matin (29).

Le mécanisme de l’asthme nocturne est expliqué par le développement d’un processus inflammatoire dans les voies respiratoires, cause d’une obstruction aiguë et immédiate. Par ailleurs, l’exposition à un ou des allergènes pendant le jour peut produire l’exacerbation des crises quelques heures après, c’est la phase retardée de l’asthme (21,27).

D’autre part, il existe des variations circadiennes endogènes du cortisol, de l’histamine, et de l’activité du système nerveux autonome. Ainsi, il est intéressant de constater que c’est au milieu de la nuit entre minuit et 4 heures que les concentrations plasmatiques de cortisol et d’adrénaline sont les plus faibles alors qu’au même moment, on a une acrophase de l’histamine plasmatique (6,7). A la même heure, le débit expiratoire de pointe est aussi au minimum, signe précurseur d’une éventuelle crise asthmatique mortelle (53,9).

 * Rhinites allergiques

Une acrophase à 6 heures du matin a été retrouvée dans les rhinites allergiques concernant les symptômes suivants: éternuements, obstruction nasale, rhinorrhée (p<O,OOOl). Par contre, pas de rythme circadien concernant l’irritation conjonctivale, la dyspnée ou la toux résultante (90).

 Une étude précédente, concernant 246 « rhumes des foins » avait également découvert une prévalence matinale (84).

Le mécanisme physiopathologique est tout à fait comparable à celui de l’asthme nocturne: réactions spécifiques aux allergènes et à l’histamine, sécrétion des catécholamines, etc. (90).

Rythme circannuel

    * Asthme

Selon une enquête épidémiologique en Grande-Bretagne, les décès par crise asthmatique sont plus fréquents de mai à octobre, avec une acrophase en été (61).

Cette périodicité saisonnière a été récemment confirmée par une étude américaine (117), mais uniquement pour la tranche d’âge de 5 à 34 ans, avec une acrophase en juillet. Par contre, chez des sujets âgés de 65 ans et plus, c’est l’hiver, entre janvier et mars, que se situe l’acrophase. Entre 35 et 64 ans, il n’y a pas de variations saisonnières nettes. Les auteurs expliquent que l’acrophase en hiver chez les sujets âgés serait due à un excès de diagnostic chez des patients décédés en réalité d’une autre maladie respiratoire ou d’une affection cardiaque (117).

Toujours selon les mêmes auteurs, l’hospitalisation pour crise asthmatique s’observe au maximum en automne (de septembre à novembre) chez des sujets entre 5 et 34 ans, en hiver (de janvier à mars) chez les sujets de 35 à 64 ans et plus. Il n’y a pas de parallélisme entre hospitalisation et décès chez les 5-34 ans, du fait semble-t-il, que pendant la période des vacances d’été (acrophase des décès), le diagnostic est porté plus tardivement, associé à un traitement lui-même bien souvent retardé (acrophase en automne des hospitalisations) (117).

  * Rhinites allergiques

Les allergies polliniques ont un pic à la fin du printemps et au début de l’été en mai et juin (18). Ceci est confirmé par le pic annuel de vente des anti-histaminiques, telle méquitazine (90).

Une étude épidémiologique concernant 765 patients a montré une acrophase au début du printemps (mars et avril), en ce qui concerne les éternuements et en janvier et février pour les rhinorrhées et les obstructions nasales, bref un pic annuel de janvier à avril, statistiquement significatif (p<0,005). A noter que l’intensité de symptômes est au plus bas de septembre à octobre (90). Selon les auteurs, cette acrophase de janvier à avril, plus précoce que prévu, (c’est à dire mai, juin) s’explique par le fait que leur échantillon étudié n’offre que 25 % de patients allergiques aux pollens de graminées alors qu’il y a 53 % d’allergiques aux poussières de maisons et le reste (13 %) est sensible aux autres pollens. Or seuls les pollens de graminées offrent une acrophase de l’allergie en mai et juin. Par ailleurs, une autre théorie fait intervenir certains facteurs endogènes:

l’acrophase des catécholamines en décembre et celle des immunoglobulines E sériques spécifiques de septembre à novembre chez les patients atopiques.

 Infectiologie

  Rythme circadien

Le pic de mortalité résultant d’une maladie infectieuse se situe vers 6 heures du matin (91).

  Rythme circannuel

Le pic annuel de mortalité et de morbidité des infections respiratoires se situe entre janvier et mars dans tous les Etats Unis d’Amérique, que le climat soit doux ou rigoureux (91,103).

Aux U.S.A., l’acrophase des oreillons se situe de janvier à mai. Le taux le plus bas est en été et au début de l’automne (juillet, août, septembre). Les épidémies de rubéole, quant à elles, ont une acrophase plus tardive au printemps de mars à mai et une bathyphase également en été (33).

Une étude épidémiologique, faite par les « Centers for Disease Control » (CDC) d’Atlanta aux U.S.A., montre le caractère saisonnier du syndrome de mort subite du nourrisson, avec une acrophase en janvier, et une bathyphase en juillet et août. Cette acrophase se retrouve aussi pour les maladies infectieuses: acrophase en hiver, bathyphase en été. La proportion des décès en janvier par rapport à juillet est comparable, qu’il s’agisse de morts subites ou de maladies infectieuses (16). Ainsi, cette recrudescence hivernale de la mort subite du nourrisson suggère l’existence d’une causalité des infections cardiorespiratoires. Mais, le fait que certaines épidémies printanières ou estivales ne s’accompagnent pas d’une augmentation parallèle de l’incidence de mort subite du nourrisson, indique que l’infection en période hivernale n’est qu’un des cofacteurs amenant le décès (83). Enfin, notons qu’en France une équipe de l’Inserm a constaté également que la mort subite du nourrisson avait une acrophase en décembre, janvier et une bathyphase en août (14).

Endocrinologie

  Rythme circadien

 L’hyper ou l’hypofonctionnement d’un système endocrinien s’associe toujours à des altérations des rythmes circadiens de sécrétion. De cette façon, au cours de l’hypocorticisme (insuffisance corticosurrénalienne quelle qu’en soit la cause), ou durant l’hypercorticisme (Cushing), le rythme circadien du cortisol et des autres corticostéroïdes est complètement perturbé (94).

 Par ailleurs, de nombreuses variables endocriniennes possèdent un rythme circadien: ACTH, LH, FSH, TSH, prolactine, hormone antidiurétique, hormone de croissance, aldostérone, testostérone, thyroxine, insuline, glucagon, adrénaline, etc. (94). Même chose pour les variables hématologiques: hémoglobine, hématies, plaquettes, leucocytes, lymphocytes, neutrophiles, monocytes, etc., qui possèdent également chacune leurs propres rythmes circadiens. (94,95).

Cependant, épidémiologiquement, il est très difficile d’affirmer qu’une pathologie puisse être déclenchée à une heure précise en raison de la rupture du cycle circadien d’une de ces variables sanguines.

 Rythme circannuel

Les nouveaux cas de diabète insulino-dépendant ont un pic d’incidence accrue en automne et en hiver, et la bathyphase est toujours retrouvée en été (37).

Ceci a été partiellement confirmé aux U.S.A. : bathyphase en été, acrophase de janvier à avril. Néanmoins en automne, il y a aussi une remontée des nouveaux cas de diabète (33).

L’explication qui mettait en corrélation les pics d’incidence des maladies virales infectieuses (rubéole, oreillons) avec ceux du diabète n’a pas été infirmée (33).

 Gastro-entérologie

  Rythme circadien

L’ulcération gastro-duodénale résulte bien souvent d’un déséquilibre entre, d’une part des facteurs agressifs endogènes et exogènes, et d’autre part, les facteurs de protection.

Le facteur endogène le plus agressif est la sécrétion gastrique d’acide chlorhydrique qui montre aussi bien chez les personnes saines que celles souffrant d’ulcère duodénal, un rythme circadien indépendant des horaires de repas, avec une acrophase de l’acidité de 21 heures à 22 heures (74,75).

Les facteurs de protection: mucus gastrique, production épithéliale de bicarbonates, concentration de prostaglandines dans les tissus gastriques, mouvements ioniques, etc., possèdent également des rythmes circadiens en phase ou variant parallèlement à ceux des facteurs d’agressions, du moins chez le rat. Ainsi l’acrophase se situe de 17 heures à 18 heures environ (113).

De ce fait, la situation pathologique d’ulcère pourrait résulter d’une altération du synchronisme des fonctions d’agression et de protection. Il y aurait un déphasage d’une des fonctions par rapport à l’autre et dans ce cas, les facteurs d’agression pourraient l’emporter sur la capacité de résistance de la muqueuse (94).

 Rythme circannuel

 * Ulcères peptiques

Depuis longtemps, on connaît le caractère saisonnier des nouveaux cas d’ulcères peptiques ou des reprises évolutives d’anciens ulcères. Ainsi les pics d’incidence évoluent selon deux modes, soit acrophase en automne et hiver, soit au printemps et automne (56).

Ceci a été confirmé par de nombreuses études. L’équipe de Fich (32) a objectivé un pic annuel hivernal pour l’ulcère duodénal dans une population israélienne. Une autre équipe a mis en évidence des pics d’ulcérations en hiver (février) et au début de l’automne (septembre) chez 50 patients suivis pendant 5 ans par des endoscopies répétées, et cela de manière statistiquement significative (43).

Gibinski a observé aussi un pic de récurrence des ulcères en automne et au printemps chez 10 patients suivis pendant 8 ans par endoscopie tous les 3 mois {42).

Une autre étude suggère une véritable périodicité saisonnière dans l’apparition de l’ulcère gastro-duodénal, du moins dans une population vivant au nord de la Norvège (85).

Bref, il semblerait que les variations saisonnières printemps-automne ou automne-hiver, pourraient différer selon la situation géographique. Néanmoins, il est à remarquer que le volume et l’acidité de la sécrétion gastrique sont les plus élevés au printemps et en automne, ce qui peut expliquer les variations saisonnières de la maladie (94).

 * Diarrhées aiguës infectieuses

L’étiologie est bactérienne (salmonella, campylobacter, escherichia coli) d’origine alimentaire mais aussi virale (rotavirus et virus Norwalk) avec importante transmission inter humaine. Les pics épidémiques se situent en hiver, généralement en janvier (47).

 * Diarrhées aiguës estivales

L’acrophase de leur incidence se situe au cours de la saison chaude. Les conditions de pollution hydrique les favorisent. On les appelle de façon erronée intoxication alimentaire, gastro-entérite aiguë, ou encore grippe intestinale. En fait, il s’agit généralement de toxi-infections alimentaires dont les germes responsables les plus fréquemment isolés sont les salmonelles, le staphylocoque doré et les protéus (52).

Rhumatologie

 Rythme circadien

   * Polyarthrite rhumatoïde

Empiriquement, on connaît depuis toujours l’existence des recrudescences de la douleur et de la raideur matinale. Des études ont confirmé l’heure de ces douleurs. Kowanto et son équipe ont observé que l’intensité de la douleur était réellement à son acrophase entre 8 heures et 12 heures du matin (63,64).

Une autre étude réalisée chez 8 cas de polyarthrite rhumatoïde et recherchant le temps optimal d’administration du ténoxicam a également constaté un pic matinal des douleurs (92).

  * Spondylarthrite ankylosante

Le plus important pic de la douleur a été observé entre 6 heures et 9 heures, mais aussi il existe un deuxième pic le soir de 18 heures à 21 heures (34).

Confirmation par l’étude de Reinberg (92), 2 pics: le matin et le soir chez 11 cas de spondylarthrite ankylosante.

 * Gonarthrose, Coxarthrose

Les travaux de Lévi (68) sur 68 patients atteints de gonarthrose ou de coxarthrose ont déterminé des variations interindividuelles du rythme circadien de la douleur. 19 patients ont un seul pic de 14 heures à 20 heures; 8 ont un pic nocturne de 20 heures à 8 heures; 23 autres ont 2 pics: un en matinée et l’autre en soirée. De la même façon, les travaux de Bellamy sur l’arthrose du genou chez des patients suivis pendant 7 jours montrent des rythmes circadiens avec des variations interindividuelles (8).

Il est à noter que généralement les patients atteints d’arthrose évoluée du genou ou de la hanche ont plutôt une acrophase de la douleur en soirée, vers 21 heures (92,57). La friction mécanique expliquerait que la douleur serait plus importante en fin de période d’activité des malades.

Rythme circannuel

 La périodicité annuelle montre essentiellement une recrudescence des algies durant la période hivernale. Ceci a été vérifié chez les patients atteints de spondylarthrite ankylosante. Il existe une bathyphase de la douleur en été (34).

Dans une communication à la XV ème  journée de rhumatologie à Marseille en Février 93, Tavernier relate que d’après une étude hollandaise, une augmentation des douleurs arthrosiques apparaît avec le changement de température et d’humidité, surtout en période estivale.

Par ailleurs, Tavernier signale qu’une autre étude israélienne de 1990 observait que l’arthrose était plutôt aggravée par la pluie que par les variations de pression. Bref, il semblerait que le malade trouve un bénéfice psychologique en attribuant ainsi ses douleurs aux conditions climatiques plutôt qu’à la dégénérescence de ses articulations (25).

Pneumologie

 Rythme circadien

Une équipe italienne a découvert un pic de fréquence matinal des embolies pulmonaires fatales (22).

Rythme circannuel

* Embolies pulmonaires

Colantonio a étudié 152 personnes décédées d’une embolie pulmonaire entre janvier 1971 et décembre 1988 (23).

Selon l’analyse par la méthode du Cosinor, il a constaté un rythme circannuel significatif (p<0,04) avec un pic en février et un intervalle de confiance à 95 % de janvier à mars.

Une autre analyse, effectuée de janvier 1970 à décembre 1986, a permis également de constater une mortalité très hautement significative (p<O,OI) suite à des embolies pulmonaires au cours des mois de novembre à février. A noter que cette étude montre que la mortalité survient dans 90 % des cas 1 mois environ après la mise en place d’une prothèse de hanche et intéresse 0,7 % des 18104 arthroplasties réalisées dans cet hôpital.

D’autre part, les auteurs font remarquer que les autres causes de mortalité (2 %) sont étalées sur toute l’année, avec un pic néanmoins, en janvier (122).

* Infections pulmonaires

Comme nous l’avons déjà vu dans le chapitre d’infectiologie, les infections pulmonaires ont une acrophase d’apparition en hiver et au début du printemps, de janvier à mars.

 RYTHMES BIOLOGIQUES SELON LA MEDECINE TRADITIONNELLE CHINOISE

La base de la Médecine Traditionnelle Chinoise s’appuie sur le concept du Temps. Les traités les plus anciens, que ce soit le Nei Jing Su Wen, le Ling Shu, ou le Zen Jiu Jia Yi Jing y font constamment référence. D’ailleurs la chrono-acupuncture, forme thérapeutique de la Médecine Traditionnelle Chinoise qui s’intéresse davantage aux rythmes des saisons, au cycle du Yin et du Yang, ou, à la circulation horaire de l’énergie dans les méridiens, n’est pas comme l’on pourrait s’y attendre une spécialisation de l’acupuncture, mais plutôt un des fondements de la Médecine Traditionnelle Chinoise.

Effectivement, l’acupuncteur utilise à tout moment la théorie des cinq mouvements qui offre des analogies avec les saisons. Qui n’a pas observé l’influence du climat sur les pathologies? Ne pique-t-on pas alors en fonction de ces analogies? Tonifier par exemple le méridien de foie au début du printemps chez un allergique atteint systématiquement de « rhume des foins », voire de crises d’asthme au mois de mai.

Et pourtant, la rythmologie et la chronopathologie qui imprègnent toute la pensée médicale chinoise sont des notions encore très mystérieuses. La conception occidentale du Temps montre que celui-ci est un mouvement irréversible: passé, présent et futur. On ne peut pas retourner en arrière et le temps Présent est unique, comme l’est celui du Passé.

Par contre, la conception chinoise du Temps est tout autre. L’évolution n’est plus linéaire et irréversible, mais au contraire cyclique. Tout est éternel recommencement. Les climats, les événements météorologiques obéissent à des règles cycliques prévisibles qui vont influencer les êtres vivants et entraîner certaines pathologies en fonction de leur résistance (45,46). Ainsi un cycle de 60 ans (sexagésimal), propre à la rythmologie chinoise est à la base du calendrier chinois. Et selon l’étude des énergies de la Terre (Branches Terrestres), ou de celles du Ciel (Troncs Célestes), selon le passage des énergies invitées dans l’année, et selon les grands mouvements annuels, l’on pourra prévoir et constater des avances ou des retards dans le climat, entraînant donc, des pathologies tout à fait prévisibles.

La chrono-acupuncture, puisqu’il faut entériner malgré tout ce terme, va de ce fait, aider l’acupuncteur à prédire et traiter la pathologie chez les patients prédisposés.

Pour cela, la connaissance des dix troncs célestes et des douze branches terrestres, respectivement selon la transcription Pin Yin, les  » Tian Gan » (Kan) et les  » Di Zhi » (Che), est indispensable et débouche sur les traitements. Ainsi, on peut déterminer les points ouverts à certaines heures d’une journée bien précise: c’est la méthode basée sur le Jia, méthode qui répond à l’intrication des « Gan » et des « Zhi » (72,40,41,11).

La méthode basée sur le Zi permet, grâce aux douze branches terrestres, d’agir sur le méridien en le tonifiant ou en le dispersant en fonction de l’heure des marées énergétiques. Deux règles essentielles en découlent: la règle Minuit-Midi (Zi-Wu) et celle des marées des méridiens (107,108,110).

La théorie du Zi Wu Liu Zhu se subdivise donc en deux applications thérapeutiques selon qu’elle soit en rapport avec les troncs célestes (méthode basée sur le Jia), ou en rapport avec les branches terrestres (méthode basée sur le Zi), le tout régissant le flux et le reflux de la circulation du « Qi » et du « Xue’ (124,107,72).

Outre la théorie du Zi Wu Liu Zhu, il convient de rappeler que la chrono-acupuncture comporte aussi la théorie des points saisonniers. Celle-ci peut entrer dans le cadre des rythmes circannuels.

    De même que pour la médecine occidentale, on mettra en exergue deux rythmes importants: circadien et circannuel.

     Rythme circadien

Comme nous l’avons déjà décrit dans un précédent article, les branches terrestres vont être à la base du rythme circadien (107). Ainsi de 23 heures à 1 heure du matin va correspondre la branche terrestre Zi et le méridien Vésicule Biliaire. De 1 heure à 3 heures, branche Chou, l’énergie passera dans le méridien de Foie et y sera à son acmé. Et ainsi de suite.

Des auteurs ont ainsi remarqué que chez 100 patients hypertendus, la pression artérielle systolique et diastolique est plus élevée durant les heures des branches terrestres Shen, You et Shu (15 à 21 heures), ceci de manière statistiquement significative (p<0,05). Ils ont observé aussi que la pression la plus basse se situe à 4 heures (branche terrestre Yin). Ils expliquent que l’heure Shen, You, et Shu correspondent successivement à l’acrophase de l’énergie dans les méridiens de Vessie puis de Rein, et enfin de Maître du Cœur. De ce fait, l’hypertension artérielle essentielle serait causée par une faiblesse du Qi du méridien de Rein, conduisant à un manque d’harmonie entre le Yin et le Yang (110).

Une étude concernant la mesure des biopotentiels électriques spontanés de la peau réalisée chez 6 sujets et concernant certains points d’acupuncture a permis d’obtenir des rythmes circadiens. Ainsi l’acrophase du biopotentiel mesuré sur le IG 7 (Zhizheng) est à 14 h 39 et correspond bien à l’horaire d’activité maximale du méridien Intestin Grêle (77). Mais quoique ces résultats puissent être prometteurs, ils sont malgré tout insuffisants pour confirmer le rythme circadien des branches terrestres. Des investigations supplémentaires sont encore nécessaires.

Bref, en l’état actuel des choses, on peut cependant considérer que selon les heures des branches terrestres, la circulation du Qi et du Xue dans les Jing Luo est régulière avec des variations d’amplitude bien déterminées. En cas de blocage, de stagnation, d’insuffisance ou au contraire d’excès d’énergie ou de sang, les marées avec leur flux et reflux ne sont plus respectées, d’où la survenue d’une chronopathologie.

 Rythme circannuel

« Le cycle des règnes successifs des 5 éléments répond à une année céleste. Les Yin et Yang passent et reviennent, le froid et la chaleur s’affrontent et se succèdent, des perversions s’attaquent au souffle inné, l’intérieur s’isole de l’extérieur, les 6 méridiens fluctuent, les 5 viscères se déséquilibrent, il y a des dépassements et des carences, des abus et des défaillances » (Su Wen : chapitre 69 : des « rencontres » des Qi et leurs altérations)

L’observation minutieuse des planètes et leurs déplacements dans le firmament est à l’origine de la théorie des 5 éléments. Le Bois est affecté à la planète Jupiter, le Feu à Mars, la Terre à Saturne, le Métal à Vénus et l’Eau à la planète Mercure. Les Chinois, à partir de l’origine astronomique ont établi ensuite des corrélations avec les viscères, les saisons, les points cardinaux, les pathologies etc…

« L’arrivée prématurée du froid est sous le signe de Mercure. Dans les cas graves le ventre grossit, les jambes enflent, il y a toux, sueurs nocturnes et crainte du vent. S’il survient de fortes pluies ou des brumes opaques c’est sous le signe de Saturne. S’il y a coïncidence avec la tutelle du Tai Yang (ans 53 et 23) ce sont des pluies glacées, de la neige, de la gelée blanche permanente, l’humidité altère les choses. Les maladies réactionnelles sont: réplétion abdominale, diarrhée, indigestion ». (Su Wen : chapitre 69).

A chaque saison va donc correspondre un organe, un élément mais aussi une énergie céleste.   

  Tableau 1

FoieCœurRatePoumonRein
PrintempsEté5ème saisonAutomneHiver
VentChaleurHumiditéSécheresseFroid
BoisFeuTerreMétalEau

La cinquième saison peut être considérée comme une saison à part entière, ou comme quatre périodes de 18 jours se situant entre les saisons centrées sur les équinoxes et les solstices. Cependant, il apparaît que la cinquième saison doit être plutôt assimilée à un sous-ensemble de l’été.

Il est à noter que le Poumon correspond à la sécheresse mais aussi à la fraîcheur, à la brume et à la rosée. Le Foie, c’est le vent et la tiédeur. La Rate: nuages, pluies. Le Rein: froid, gelée, neige et glace.

« Le vent et la tiédeur s’apparentent au printemps. La chaleur et le feu diffus s’apparentent à l’été… Sécheresse, fraîcheur, brume et rosée s’apparentent à l’automne… » (Su Wen 71).

Chaque saison est en corrélation avec une pathologie touchant l’organe ou le viscère correspondant. En d’autres termes, au printemps par exemple, la pathologie touche essentiellement le mouvement Bois et a donc des répercussions sur le méridien de Foie ou de Vésicule Biliaire.

Les 5 mouvements se décomposent en une dualité Yin et Yang. De ce fait, chaque saison se subdivise en une période Yin et une Yang, comme il y a des méridiens Yin et des méridiens Yang.

 Les Troncs Célestes » Tian Gan »

Le cycle dénaire des Troncs Célestes dérive ainsi de la théorie des 5 éléments. Le tableau 2 suivant montre les différentes relations.

Tableau 2

MouvementSaisonMéridienTronc CélestePolarité
Bois Printemps V. BiliaireJia 1Yang
FoieYi 2Yin
Feu Eté Int. GrêleBing 3Yang
CœurDing 4Yin
Terre 5e saison EstomacWu 5Yang
RateJi 6Yin
Métal Automne G. IntestinGeng 7Yang
PoumonXin 8Yin
Eau Hiver VessieRen 9Yang
ReinsGui 10Yin

Notons que pour Gaurier, les Tian Gan (Kan) ne concernent que les organes et non les viscères. C’est pourquoi, toujours selon lui, les troncs Célestes n’ont pas de relations avec tous les méridiens Yang. Il préfère parler de concentration (période Yang) et de manifestation (période Yin) du mouvement (38). Nous préférons de beaucoup l’interprétation de Gourion ou de Schrodi qui donnent deux classifications aux troncs célestes. La première est notifiée dans le tableau précédent: troncs 1 et 2, élément Bois, loge Foie, Vésicule Biliaire ; et ainsi de suite (45,46,99).

La seconde est aussi importante, car elle permettra de déterminer le mouvement prédominant de l’année. Cette deuxième classification associe donc les 5 premiers troncs Yang aux 5 derniers troncs célestes Yin, comme l’avait compris l’Empereur Huang Di s’adressant au Maître Céleste Qi Bo : « Je voudrais apprendre de vous les calculs sur les 5 règnes élémentaires.

Vous avez bien dit que chacun s’étendait sur une année en commençant par l’année Jia (1er tronc céleste). J’en ai parlé à Gui Yu Qu ; il dit que la Terre domine les troncs célestes 1 et 6, le Métal les troncs 2 et 7, l’Eau les troncs 3 et 8, le Bois les troncs 4 et 9 et le Feu les troncs 5 et 10″ (Su Wen : chapitre 67 : Des 5 cycles élémentaires).

Bref, on obtient donc une relation entre un tronc céleste et une année. Et chaque année sera sous le contrôle d’un mouvement selon le cycle de 10 ans. C’est le Grand Mouvement Annuel ou Grand Gouvernement Annuel. Celui-ci correspond toujours à la Terre, lors de la première année, puis les autres se classent dans l’ordre de production des 5 mouvements.

Tableau 3 

Grand Mouvement AnnuelGanAnnéesGouvernement Terrestre Annuel
TerreJia1,11,21,31,41,51Humidité
MétalYi2, 12, 22, 32, 42,52Chaleur
EauBing3, 13, 23, 33, 43, 53Froid
BoisDing4, 14, 24, 34, 44, 54Sécheresse
FeuWu5,15,25,35,45, 55Chaleur
TerreJi6, 16, 26, 36, 46, 56Vent
MétalGeng7,17,27,37,47, 57Sécheresse
EauXin8, 18, 28, 38, 48, 58Humidité
BoisRen9, 19, 29, 39, 49,59Vent
FeuGui10, 20, 30, 40, 50, 60Froid

On remarquera d’autre part que le Gouvernement Terrestre Annuel n’est pas toujours en correspondance avec son élément. Ainsi, durant l’année Jia, à la Terre coïncide bien le Gouvernement Terrestre Annuel : Humidité; par contre, durant l’année Yi, le mouvement Métal n’est pas associé comme on pouvait s’y attendre à la Sécheresse, mais à la Chaleur qui est l’élément dominant selon le cycle » Ko’ des cinq mouvements.

On trouvera l’explication encore dans le Su Wen, au chapitre 70, traduit par Van Nghi. « L’année » Zung Ge » (Soumission/Restauration) appelée l’année « Qie Qu » désigne la circumduction annuel « Métal » en état d’insuffisance… Le Feu augment sa puissance… parce que le Métal s’affaiblit, le Feu devient excessif et sa puissance est de brûler… » (112).

Le même passage sera traduit par Husson de cette façon: « La période «d’abrogation de docilité» est celle de l’abaissement du Qi de rétraction (ans 2, 12, 22, 32, 42, 52). Son retard exalte le Qi de naissance. Si le Qi de croissance et celui de maturation conservent leur mesure, le gouvernement du Feu se fait sentir… »

Effectivement, il faut distinguer les Troncs Célestes de type Yang de ceux qui sont Yin. Le Su Wen fait d’ailleurs mention d’année en « dépassement » au règne prolongé, aux saisons en avance, et d’année en carence au règne écourté, aux saisons en retard.

« Le dépassement de la période du Métal donne cours à une sécheresse qui affecte le Bois du foie… Quand le Qi de « naissance » (Bois) est soumis à la puissance du Qi de « rétraction » (Métal), les végétaux se rétractent, la verdure sèche et se flétrit… La défaillance du Métal donne cours à un temps torride. Le Qi de « naissance » agit et le Qi de « croissance » (Feu) prévaut spécialement pour épanouir tous les êtres et faire régner une chaleur à faire fondre ». (Su Wen: chapitre 69: des « rencontres » des Qi et leurs altérations (55).

« Dans le cycle sexagésimal les années impaires sont Yang, le Qi médian est en « dépassement » ce qui se traduit par une « avance » dans les saisons. Les années paires sont Yin, Qi médian en « défaut », saisons en retard ». (55).

Les années en dépassement correspondant aux Troncs Célestes Yang possèdent donc les caractères dominants du mouvement. Les années en carence sont celles des Troncs Yin. Les caractères de l’élément correspondant étant en insuffisance, on verra alors une réaction de la Grand-mère selon le cycle » Ko » par un phénomène d’invasion. Il pourra même s’y adjoindre, dans certains cas, une réplique de l’élément fils.

« C’est ainsi que profitant d’une défaillance, le Qi qui prévaut abuse sans mesure de son avantage. Puis la réaction du fils se manifeste avec une vigueur proportionnée à la gravité de l’attaque subie par son générateur » (Su Wen : « Des 5 gouvernements normaux ») (55).

En résumé, dans le cycle sexagésimal, on pourra donc classer, selon les Troncs Célestes, des années à dépassement au cours desquelles les saisons seront en avance et sous influence climatique du Grand Mouvement Annuel, et des années à carence avec des saisons en retard sous influence du Mouvement dominateur selon le cycle » Ko » de destruction, le tout entraînant une éventuelle chronopathologie qui sera fonction de la concordance ou non des Branches Terrestres.

Les Branches Terrestres « Di Zhi »

Le cycle duodénaire et ses douze branches terrestres se combinant avec le cycle dénaire et ses dix troncs célestes forme le cycle sexagésimal. Comme nous l’avons déjà vu, les douze branches terrestres sont à l’origine des heures chinoises, mais aussi des douze mois de l’année.

L’origine du cycle duodénaire provient vraisemblablement de l’observation des planètes, en particulier de celle de la planète Jupiter. Jupiter a une durée de révolution de 11 ans et 314 jours, soit près de 12 ans. Même chose pour le cycle sexagésimal : Saturne effectue sa révolution complète en 29 ans et 167 jours, soit près de 30 ans; et les conjonctions Saturne Jupiter ont lieu tous les 59,6 ans. Bref, à rapprocher du cycle de 60 ans du calendrier chinois (45).

Le tableau suivant montre les correspondances entre les branches terrestres, les méridiens, les 12 mois de l’année, le cycle des 12 années chinoises, les 6 énergies et les climats.

« Les années 1 et 7 du cycle terrestre duodécimal sont sous le signe du Shao Yin, 2 et 8 du Tai Yin, 3 et 9 du Shao Yang, 4 et 10 du Yang Ming, 5 et 11 du Tai Yang, 6 et 12 du Jue Yin. Le Shao Yin est le « porte-enseigne » (Biao) et le Jué Yin est le dernier. Au-dessus du Jué Yin est le domaine du Vent, du Shao Yin celui de la chaleur, du Tai Yin celui de l’humidité, du Shao Yang celui du Feu Ministre, du Yang Ming celui de la sécheresse et du Tai Yang celui du froid. Ces 6 phénomènes météorologiques primordiaux sont les « troncs » (dont les ramures sont les 3 Yin et les 3 Yang) (Su Wen : chapitre 66 : Du calendrier céleste primordial) (55).

Tableau 4 

Di ZhiMéridienMoisAnnéeEnergieClimat
Zi IV. BiliaireDécembre1Shao YinFeu Maître
Chou IlFoiejanvier2Tai YinHumidité
Yin IIIPoumonFévrier3Shao YangFeu Ministre
Mao IVG. IntestinMars4Yang MingSécheresse
Chen VEstomacAvril5Tai YangFroid
Si VIRateMai6Jue yinVent
Wu VIICœurJuin7ShaoYinFeu Maître
Wei VIIIInt. GrêleJuillet8TaiYinHumidité
Shen IXVessieAoût9ShaoYangFeu Ministre
You XReinsSeptembre10Yang MingSécheresse
Xu XIMaître CœurOctobre11Tai YangFroid
Hai XIITriple FoyerNovembre12Jue yinVent

 * Energies « Hôte de passage » ou Invitées

Les 6 énergies sont symbolisées par la notion des trois Yin et des trois Yang qui sont donc associées aux 12 branches terrestres. Ces énergies vont expliquer l’évolution anormale du climat de chaque année. Gourion parle « d’énergies invitées » (45, 46). Husson dans le Su Wen au chapitre 74 traduit le terme chinois par « hôte de passage » (55).

« La première moitié de l’année, du 1er au 3ème Qi, est soumise au Qi du ciel, c’est le moment normal des prédominances. La deuxième moitié, du 4ème au dernier Qi, est sous la domination du Qi terrestre, c’est le moment normal des répliques » (Su Wen, chapitre 74 : Résumé de la très authentique vérité).

En effet, les 6 premiers mois de l’année sont sous l’influence de cette Energie d’origine Yang, céleste; la deuxième moitié de l’année sera sous l’influence d’une réponse Yin, Terrestre, déterminée par le principe de la montée et de la descente des énergies: « Quand le Jue Yin est en haut, le Shao Yang est en bas …Quand le Shao Yin est en haut, le Yang Ming est en bas …Quand le Tai Yin est en haut, le Tai Yang est en bas, le Jué Yin est à gauche et le Yang Ming à droite …Le haut et le bas alternent… Si les Qi se succèdent dans l’ordre naturel, tout va bien, sinon c’est pathologique (Su Wen : Chapitre 67 : Des 5 cycles élémentaires).

Le tableau suivant montre ainsi l’évolution, selon les branches terrestres, des énergies invitées annuelles, des énergies dominantes durant les 6 premiers mois de l’année (énergies célestes Yang), et de celles dominantes durant les 6 derniers mois de l’année (terrestres Yin).

Ainsi par exemple, si l’énergie invitée annuelle est le Shao Yin (à la présidence), les 6 premiers mois seront sous l’influence du Qi invité céleste le Shao Yin.. et les derniers mois seront sous celle du Qi invité terrestre (à la source) : le Yang Ming.

Tableau 5 

Branche Energie AnnuelleInvitées célestesterrestres
Zi 1Shao YinShao YinYang Ming
Chou IITai YinTai YinTai Yang
Yin IIIShao yangShao YangJue Yin
Mao IVYang MingYang MingShao Yin
Chen VTai YangTai YangTai Yin
Si VIJue YinJue YinShao Yang
Wu VIIShao YinShaoYinYang Ming
Wei VIIITai YinTai YinTai Yang
Shen IXShao YangShao YangJue Yin
YouXYang MingYang MingShao Yin
Xu XITai YangTai YangTai yin
Hai XIIJue YinJue YinShaoYang

* Energies « Maîtres de maison » ou « hôtesses »

Par ailleurs, l’évolution normale du climat suit bien sûr l’ordre invariable des saisons; il s’agit des énergies « Maîtres de maison ou hôtesses ». Elles servent à connaître l’énergie normale des différentes saisons (46). Ainsi au Vent correspondra toujours l’énergie Jue Yin; au Feu Maître l’énergie Shao Yin; au Feu Ministre l’énergie Shao Yang; à l’humidité l’énergie Tai Yin ; à la sécheresse l’énergie Yang Ming, et enfin au froid correspondra l’énergie Tai Yang.

Ces six énergies hôtesses se subdivisent en 24 divisions climatiques ou « Qi » qui marquent les étapes saisonnières normales. Chaque division correspond à 15 jours.

 » 5 jours font un Hou, Hou font un Qi, Qi font un Shi (saison) et 4 Shi font un Sui (année) (Su Wen : chapitre 9 : Des 6 divisions de l’année et des phénomènes viscéraux).

Les Chinois ont observé chaque période de 5 jours et ont étudié la croissance ou la décroissance, le Yin ou le Yang de la Nature. Chaque Hou est ainsi défini : les 5 premiers jours du commencement du printemps, le vent d’est fond la glace; les 5 jours suivants on a le réveil des vers et des microbes; les 5 jours suivants: les poissons font leur apparition; à l’eau de pluie les loutres attrapent les poissons… etc…

Le tableau 6 récapitule les correspondances entre les énergies « maîtres de maison », les climats, les 24 divisions et les dates occidentales (45, 46, 15, 38, 39, 40).

Tableau 6 

E. HôtessesClimatsles 24 divisions(les 24 Qi)
 JUEYIN  VENTGrand Froid21 janvier
Commencement Printemps6 février
Eau de pluie20 février
Réveil des vers et insectes5 mars
 SHAOYIN  FEU MAITRE Equinoxe de printemps21 mars
Lumière pure5 avril
Pluie pour les pousses20 avril
Commencement de l’été5 mail
 SHAOYANG   FEU MINISTRE  Les épis se forment21 mai
Les céréales ont des barbes6 juin
Solstice d’été21 juin
Chaleur modérée7 juillet
 TAIYIN   HUMIDITE  Grande chaleur23 juillet
Commencement automne7 août
Fin de la chaleur23 août
Brouillard épais8 septembre
 YANG MING   SECHERESSE  Equinoxe d’automne23 septembre
Rosée froide8 octobre
Gelée blanche, givre23 octobre
Commencement hiver7 novembre
TAI YANGFROIDPetites neiges22 novembre
Grandes neiges7 décembre
Solstice d’hiver22 décembre
Petit froid6 janvier

 * La loi « maître de maison -hôte de passage »

 La loi « Maître de maison -hôte de passage », encore appelée loi hôte invité, va permettre de lier les six énergies variables de l’année (les énergies invitées) à celles qui sont invariables selon les saisons, c’est à dire les Energies Hôtesses ou Maîtres de maison (39,55). Ainsi selon les cycles de domination ou de génération, on pourra déterminer une prédominance de l’énergie climatique du Maître ou celle de l’Invitée.

« Quand la prédominance céleste revient au Jué Yin: la prédominance de l’hôte donne des bourdonnements d’oreille, vertiges, chute et même toux. La prédominance du maître donne des douleurs de poitrine, de la difficulté d’élocution d’origine linguale. » (Su Wen : chapitre 74 : Résumé de la très authentique vérité) (55).

Il faut comprendre que la présidence céleste signifie les cinquième et sixième mois de l’année. Au « Maître de maison » correspond toujours le Shao Yang (Feu Ministre). A « l’hôte de passage », nous avons ici le Jue Yin (Vent). Ainsi le Jue Yin peut être prédominant sur le Shao Yang car le Bois alimente le Feu. Mais on peut également avoir une prédominance du Maître par le phénomène de réplique: le Feu brûle le Bois.

De la même manière quand la présidence céleste est au Yang Ming, l’hôte de passage sera bien sûr le Yang Ming (Métal) et le Maître, le Shao Yang: la prédominance de l’hôte est impossible car le Métal ne peut s’imposer au Feu.

    « La prédominance du Maître est contraire au bon ordre. Celle de l’hôte est dans l’ordre. C’est tout naturel » (Su Wen).

Il en résulte 3 règles essentielles:

– La prédominance du Maître sur l’hôte invité entraîne des variations climatiques importantes et anormales; la pathologie sera grave. Ces possibilités sont rencontrées, par exemple, quand le Yang Ming et le Tai Yin sont à la présidence céleste et que le maître est le Shao Yang.

– La prédominance de l’hôte invité sur le maître de maison : les variations climatiques seront faibles et les pathologies peu inquiétantes. On verra ces cas lorsque le Tai Yang, le Jue Yin, et le Shao Yin sont à la présidence céleste, le Shao Yang étant le maître.

– Identité entre hôte invité et maître, il y a amplification des variations climatiques. Ainsi le Shao Yang étant le maître, si son invité à la présidence céleste est également le Shao Yang, alors le climat sera d’une chaleur torride.

 

* Les Qi saisonniers

Après avoir étudié l’énergie annuelle correspondant à l’énergie invitée céleste, et pour pouvoir appliquer la loi maître-hôte, décrite ci-dessus, il faut connaître les différentes énergies invitées selon les saisons. Pas de problème pour les énergies « maître de maison », elles sont invariables et correspondent aux saisons. Pour les autres, le chapitre 71 du Su Wen (calendrier normal des 6 Qi primordiaux) expose clairement l’évolution et la prééminence de chaque énergie invitée (Qi) ainsi que les pathologies.

En résumé, il faut savoir que l’énergie annuelle correspond toujours à l’énergie invitée à la présidence céleste : c’est le troisième Qi. L’énergie à la source est toujours le sixième Qi. A partir de là, il est aisé d’en déduire les autres sachant qu’elles se placent dans l’ordre productif des énergies invitées.

Par exemple, si l’énergie céleste est Tai Yang, alors le 1er Qi Shao Yang, le 2ème Qi: Yang Ming, le 3ème Qi: Tai Yang, le 4ème Qi: Jue Yin, le 5ème Qi Shao Yin et enfin le 6ème Qi à la source, bref énergie terrestre sera le Tai Yin (voir tableau 5).

« Sous le gouvernement du Tai Yang le processus climatique est en avance. Le Qi céleste est sévère, le Qi terrestre est silencieux… Au cours du 1er Qi (Shao Yang), le Qi terrestre change, il fait très tiède, la végétation est précoce… Le 2ème Qi (Yang Ming) apporte une grande fraîcheur… Le Feu est refoulé… Puis le froid commence et c’est le 3ème Qi (Tai Yang) qui prolonge le gouvernement céleste (homologue). Le froid règne puis la pluie tombe. Le peuple souffre alors de refroidissements… Avec le 4ème Qi (Jue Yin) le vent combat l’humidité qui est transformée en pluie… Le 5ème Qi (Shao Yin) apporte la résurrection du Yang… Le dernier est justement l’homologue du Qi terrestre (Tai Yin). C’est le règne de l’humidité… (Su Wen : chapitre 71 : Calendrier normal des 6 Qi primordiaux).

Comme nous le constatons, les énergies célestes invitées et variables selon l’année vont gouverner les saisons. Mais selon la loi Maître-Hôte, ces énergies seront plus ou moins perturbées.

En effet, il faut comparer « l’hôte invité » au « maître de maison » pour connaître les éventuelles variations saisonnières et les pathologies résultantes. Dans ce cas précis l’hôte invité Tai yang domine le maître Shao Yang, d’où les variations climatiques saisonnières sont peu importantes. Cependant l’année est globalement une année à tendance météorologique froide. Les 3 premiers Qi sont sous l’influence du Qi Celeste, le Tai Yang représenté par son énergie climatique le froid, alors que les 3 derniers Qi sont plutôt sous l’influence du Qi Terrestre, le Tai Yin (humidité). (récapitulatif : tableau 7)

 Tableau 7

 

* Relation entre les « Di Zhi » et les 5 éléments

Cette relation sert à calculer certaines particularités que sont les années à triple conjonction «San He» ou «Tai Yi Tian Fu» et à connaître les emplacements normaux des énergies, c’est à dire les « Trônes ».

Pour cela, il faut faire intervenir une nouvelle classification des branches terrestres. Le Su Wen au chapitre 29 indique que la Rate n’a pas la souveraineté d’une saison. « La Rate est Terre, elle gouverne le Centre. En toute saison, elle est « soutien de famille » pour les 4 autres viscères qui lui délèguent chacun 18 jours de commandement. Elle n’a pas de saison propre ».

C’est vrai que d’autres chapitres du Su Wen, en particulier les chapitres 9 et 70 donnent une interprétation différente: « La période « achèvement de maturité » est coopération et bienfait. Ses vertus s’épandent sur les 4 autres règnes pour rendre équitables leurs élaborations… Catégorie: Terre… Climat: vapeurs et humidité… Correspondance: 6ème mois… » (chapitre 70 : Des 5 gouvernements normaux) (55).

Ainsi donc, même si la Rate possède une saison propre, on doit aussi envisager qu’elle intervienne avant les périodes de commencement du printemps, de l’été, de l’automne et de l’hiver. Ceci nous permettra de connaître les différentes années en concordance selon le Su Wen.

Dans ce cas, la deuxième branche Zi correspond à la Terre, la troisième et quatrième est au Bois, la cinquième est à nouveau Terre, etc. Le tableau et le schéma 8 récapitulent l’ensemble.

 Tableau 8 

Branches TerrestresElément
IIChou TERRE  
VChen
VIIIWei
XIXu
III Yin  BOIS
IVMao
VISi FEU 
  VIIWu
   IXShen METAL 
XYou
XIIHai EAU 
 IZi

Schéma 8

 Tout ceci ne concerne que les Branches Terrestres. Il ne faut pas oublier les Troncs Célestes qui gèrent les avances ou les retards de saisons en fonction de la présidence au Ciel.

 

Union des « Tian Gan »et des « Di Zhi »

L’union des Troncs Célestes et des Branches Terrestres est encore utilisée de nos jours par les Chinois pour dresser leur calendrier, déterminer les heures, les jours, les mois et surtout les années.

Ainsi la combinaison du premier tronc céleste Jia avec la première branche terrestre Zi va marquer le début du cycle annuel sexagésimal. Le dernier cycle de 60 ans a commencé en 1924 et s’est terminé le 20 décembre 1983. Le nouveau cycle Jia-Zi a débuté le 21 décembre 1983 et se terminera à la fin de 2043, année Gui-Hai.

Les 60 années sont donc toutes caractérisées par le Grand Mouvement Annuel, l’énergie invitée annuelle, l’énergie invitée à la présidence céleste ou hôte de passage et l’énergie invitée à la source (énergie invitée terrestre).

Plus intéressante, l’union des « Gan » et des « Zhi » aide à la prévision météorologique et à la pathologie sexagésimale ou circannuelle qui en découle.

Comme nous l’avons déjà décrit, les Troncs célestes permettent de déterminer les années à avance ou retard climatique. Tout le chapitre 70 du Su Wen (des 5 gouvernements normaux) concerne et étudie les interactions entre les « Gan » et les « Zhi ».

« La période de « débordement » est celle de la mise en réserve (ans 3, 13, 23, 33, 43, 53). Le froid préside aux transformations des choses. Le ciel et la terre se figent… Climat: hiver… Si le Yu (Tai Yang) préside au ciel, le Qi de croissance est inhibé. L’abus suscite une réplique du Qi de maturation avec des nuages de poussières, la Terre et l’Eau se heurtent et de grandes pluies surviennent. Le Xie frappe le rein. C’est ainsi qu’un Qi qui manque de retenue subit les représailles de celui qui le domine. Si son règne est raisonnable, celui qui le domine collabore avec lui. (chapitre 70 : Des 5 gouvernements normaux) (55).

On constate à partir de cette citation, mais aussi de tout le chapitre 70, que les interactions entre troncs et branches se font selon le cycle de domination ou de génération.

Ainsi par « période de débordement », il faut comprendre que le Grand Mouvement Annuel est l’Eau, en état excessif. De ce fait, les saisons sont en avance. Cependant, l’année est globalement froide. Lorsque le Tai Yang prédomine au Ciel, nous avons un renforcement du froid car il y a une identité entre le tronc céleste (Eau: Froid) et la branche terrestre (Tai Yang: Eau). Cela va susciter à cause du phénomène de victoire de l’élément en excès sur l’élément inhibé (112) une réaction de celui-ci, en l’occurrence ici le Feu qui se soulève et s’accompagne de la réplique de son fils (terre). L’énergie perverse (Xie) issue de la Rate agresse alors le Rein en accord avec les règles du cycle de domination.

Notons malgré tout que si le froid n’est pas prédominant, le climat sera moins perturbé.

Huang Di demande au Maître Céleste Qi Bo dans le chapitre 9 du Su Wen : « Comment connaître ces prédominances? « .

« En recherchant leur arrivée. Toutes se réfèrent au début du printemps. Si elles arrivent avant la date cela s’appelle un « dépassement » ; elles outragent celles qui les dominent et accablent celles qu’elles dominent: c’est un empiétement de souffle » (Qi Yin). Quand elles ne sont pas arrivées à leur date, il y a « carence » et le souffle sur lequel elles prévalent a une conduite déréglée; celui qu’elles engendrent périclite et celui qui les domine les brime: c’est une « vexation de souffle » (Qi Po).

La recherche de leur arrivée se fait dans les 15 jours qui précèdent le début de la saison. Si la date a été respectée, le souffle qui précède a pu parvenir à son terme. Si elles manquent d’exactitude, les 5 gouvernements se confondent et il apparaît des désordres et des perturbations intérieures qu’aucun art ne peut empêcher ».

Donc, le commencement du printemps étant fixé, selon le calendrier chinois au 6 février, il faudra surveiller si l’Energie Invitée et l’Energie Jue Yin « Maître de maison » apparaissent normalement entre le 21 janvier et le 6 février. Arbitrairement, on pourra considérer que si les énergies apparaissent avant le 29 janvier, nous serons en avance. Dans le cas contraire, toute énergie survenant après cette date sera en retard. Ainsi, des altérations climatiques vont perturber les saisons à certaines périodes de l’année en fonction du « Gan » et du « Zhi« .

On peut déduire de tout ce qui précède une loi » Gan-Zhi » régissant les rapports entre les branches et les troncs et permettant de connaître l’évolution normale ou anormale d’une année.

 

Loi  « Gan-Zhi »

Il s’agit donc à chaque fois de comparer le Grand Mouvement Annuel à l’Energie Invitée Annuelle qui est à la présidence.

    1er cas: les années à dépassement: toutes les saisons seront en avance.

a) Si le« Gan »est identique au « Zhi »

La domination est despotique. L’élément dominé dans le cycle Ko aura sa saison retardée. Le fils de l’élément dominé va répliquer.

Exemple: l’eau en excès entraîne une année à prédominance froide. Si le Tai Yang est à la présidence céleste, l’année sera particulièrement froide, l’été sera retardé, froid. D’où la réplique de la Terre entraînant de grandes pluies. Il existera de plus un Xié sur l’élément dominateur correspondant au « Gan ».

b) Si le« Gan »domine le « Zhi« 

Dans le cycle de domination (Ko), le « Gan » étant en excès, il n’y a pas d’influence du « Zhi ». D’où la saison correspondant au tronc Céleste ‘Gan’, c’est à dire au Gouvernement Terrestre influence le climat général de l’année. Cependant s’il y a excès alors le fils de l’élément dominé répliquera. Il peut y avoir un Xié si le Grand Mouvement Annuel est la Terre.

Exemple: trop d’humidité sur l’élément Terre entraîne une réplique du vent et un Xié sur le « Gan ». Les énergies Terrestres dominantes servent de base aux conditions climatiques saisonnières.

c) Si le« Gan »génère le « Zhi »

Dans le cycle de génération, il y a toujours un excès de la saison correspondant au Gouvernement Terrestre. La branche Terrestre (Zhi) ne peut s’y opposer. On a alors une réplique du fils de l’élément inhibé dans le cycle de domination et une énergie perverse (Xie) attaque le « Gan ».

Exemple: le métal en excès entraîne une année à tendance sèche. Le Tai Yang en présidence céleste ne peut s’y opposer d’où perturbation de l’élément inhibé, le bois, impliquant une réaction de son fils : le feu, d’où la chaleur torride en été.

Notons que les Energies Terrestres dominantes servent néanmoins de base au calcul des climats saisonniers.

d) Si le« Zhi »domine le « Gan »

Dans le cycle de domination, le « Zhi » va inhiber l’excès du tronc Céleste (Gan), c’est à dire du Gouvernement Terrestre et rend ainsi les saisons normales sans excès.

Exemple: le Tai Yang (eau) éteint le Feu, on a alors un vrai été, et l’automne est à sa place.

Les Energies Célestes (venant des énergies des branches terrestres mais énergies invitées) servent dans ce cas de base au calcul des climats saisonniers.

e) Si le« Zhi »génère le « Gan »

Dans le cycle de génération, il n’y aura pas d’influence du tronc céleste sur la branche terrestre. Le « Zhi » ne peut pas rectifier le dépassement du « Gan ». Néanmoins ce sont les Energies Célestes qui serviront de base au calcul des saisons.

Exemple: « Gan » terre; « Zhi » Shao Yang. Le Feu engendre la Terre, elle-même en dépassement; d’où l’année sera humide, mais sans excès. Par ailleurs, ce sont pour chaque saison, les Energies Célestes invitées qui prédomineront sur les Energies Terrestres « hôtesses de maison ».

    2e cas: les années à carence: toutes les saisons seront en retard.

a) Si identité du « Gan » et du « Zhi’

Dans ce cas, le climat du gouvernement terrestre annuel est rectifié et correspondra au climat du « Zhi » et à l’énergie annuelle. Les saisons rentrent dans la normalité.

b) Si le« Gan »domine le ‘Zhi‘’

Dans le cycle de domination, le climat de l’année est généralement sous le contrôle du Gouvernement Terrestre Annuel, ily a aussi une domination de l’Energie Annuelle, suivie de la réplique du fils de l’élément en insuffisance et d’un Xié sur l’organe correspondant à la branche terrestre, sauf si le Foie est le G.M.A (Grand Mouvement Annuel)

Exemple: « Gan » : Feu; Gouvernement: Froid; « Zhi » Yang Ming. Le froid gouverne l’année, la sécheresse se manifeste, pouvant entraîner, si elle est trop forte, une réplique du fils du « Gan » en insuffisance, c’est-à-dire la Terre (humidité) et une énergie perverse sur le Cœur.

Notons, d’autre part, que les Energies Terrestres servent de base au calcul des différents climats saisonniers.

c) Si le« Gan »génère le « Zhi »

Dans le cycle de génération, cette condition n’entraîne pas d’influence sur le climat qui correspondra au Gouvernement Terrestre, c’est à dire à l’élément dominateur selon le cycle de domination. Par ailleurs, les Energies Terrestres influencent le calcul des climats saisonniers.

Exemple: « Gan » : métal; la chaleur influencera la tendance météorologique de l’année, car le Tronc céleste étant en insuffisance, et la Branche Terrestre n’intervenant pas, l’année est alors uniquement sous le contrôle du Gouvernement Terrestre.

d) Si le« Zhi’domine le « Gan »

Dans le cycle de domination, le Gouvernement Terrestre correspond au climat de l’élément dominateur du Tronc Céleste selon le cycle Ko. S’il y a abus du Gouvernement Terrestre, on pourra avoir une réplique du fils du « Gan » en carence. Les Energies Célestes servent de base aux saisons. Ily a un Xié attaquant la branche terrestre.

Exemple: « Gan » : terre; Gouvernement Terrestre: vent; Energie Céleste: Jue Yin; le vent dominera durant toute l’année. Réplique possible par le Yang Ming.

e) Si le« Zhi »génère le « Gan »

Pas d’influence du tronc sur la branche. Le Gouvernement Terrestre régit globalement le climat annuel mais on devra tenir compte des Energies Célestes pour connaître les conditions météorologiques saisonnières.

Remarque: Attention dans l’explication de la loi «Gan Zhi» de ne pas confondre Tronc Céleste (Tian Gan) avec énergie Céleste qui, elle, dépend de la branche Terrestre («Di Zhi»).

 CAS PARTICULIERS

1) « Etre sur son trône »

« C’est quand le cycle du Bois coïncide avec une année Mao (an 4 du cycle sexagésimal), quand celui du Feu coïncide avec une année Wu (an 55), celui de la Terre avec les 4 fins de saisons (ans 41, Il,26, 56), celui du Métal avec l’année You (an 22), celui de l’Eau avec une année Zi (an 13). Ces années sont celles de l’ajustement des cycles annuels terrestres et de l’égalisation des Qi ». (Su Wen : chapitre 68 : Explication du mystère des « six »).

Ainsi, les « Gan » et les « Zhi, » étant sur leurs Trônes, les saisons et les conditions météorologiques se rapprochent de la normalité, même si une perturbation liée à la loi  » Gan-Zhi, » semble exister. Mais, cette loi s’appliquera pleinement en cas contraire.

2) L’Ajustement Céleste ou  » Tian Fu » (AC)

Cela correspond à l’identité entre le Grand Mouvement Annuel et l’Energie Annuelle à la présidence au ciel.

« Quand le Qi médian est le même que celui qui préside au ciel on dit qu’il est sous sa tutelle. Qu’il soit en dépassement ou en déficit c’est une « coïncidence céleste » (Tian Fu)… » (Su Wen: chapitre 71).

L’année sera sous la prédominance marquée de l’énergie céleste quel­que soit l’état de carence ou de dépassement de la branche terrestre.

« – ans 53 et 23 = Yu en excès, années de coïncidence céleste (Tai Yang et Yu sont homologues). Règne du froid. Elaboration : congélation. Altération: glace, neige, grêle. Maladie: séjour du froid dans les « vallées » (Su Wen : chapitre 71 : calendrier normal des 6 Qi primordiaux).

3) L’Ajustement Terrestre ou « Sui Kuai » (AT)

Quand le Qi médian est le même que celui qui est « à la source » on dit qu’il le double en s’ajoutant à lui. S’il est en dépassement, c’est comme une coïncidence céleste. S’il est en déficit c’est comme une « coïncidence terrestre » » (Su Wen : chapitre 71).

Donc en fonction de l’état de carence ou de dépassement du  » Gan », nous aurons soit réellement un ajustement terrestre avec une année sous contrôle de l’énergie à la source, puis selon la loi « Gan-Zhi’, soit un ajustement céleste car le « Gan » étant en excès, le gouvernement terrestre annuel correspond à l’énergie à la source. D’où, dans ce cas, le climat dominant de l’année sera sous dépendance du Gouvernement Terrestre Annuel.

4) Le Tai Yi Tian Fu (TYTF)

« Quand il (l’ajustement céleste) se rencontre avec l’ajustement terrestre cela s’appelle Tai Yi Tian Fu (ans 26, 56, 55 et 22) » (Su Wen : chapitre 68).

Cela correspond à une triple coïncidence entre la branche terrestre, le tronc céleste et l’élément correspondant au « Zhi, ». De ce fait, le climat de l’année sera particulièrement marqué par les Energies Célestes.

5) Remarques

Concernant les pathologies rencontrées, notons qu’il y a ainsi peu ou pas de maladies lorsque les Qi sont sur leur Trône, au contraire des autres cas de figure.

 » L’ajustement céleste Tian Fu est de la classe des ministres, l’ajustement des règnes terrestres Sui Wei est de la classe des officiers, le Tai Yi Tian Fu est de la classe d’un souverain. »

« Quand la perversion atteint les ministres, le mal est rapide et critique. Quand elle frappe les officiers, le mal est lent et tolérable. Quand elle frappe le souverain, le mal est foudroyant. » (Su Wen : chapitre 68 : Explication du mystère des « Six »).

Ainsi donc, si une maladie se déclare, elle sera plus ou moins grave en fonction des différents ajustements terrestres ou célestes.

 

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Stéphan JM. A propos des troncs célestes et des branches terrestres : réflexions sur les rythmes biologiques, la chronopathologie et les prévisions météorologiques selon les conceptions chinoises (1e partie). Méridiens. 1994;103:103-152 (Version PDF originale parue dans Méridiens avec plan général 3 articles)

Stéphan JM. A propos des troncs célestes et des branches terrestres : réflexions sur les rythmes biologiques, la chronopathologie et les prévisions météorologiques selon les conceptions chinoises (1e partie). Méridiens. 1994;103:103-152 (Version internet 2003)

Stéphan JM. A propos des troncs célestes et des branches terrestres : réflexions sur les rythmes biologiques, la chronopathologie et les prévisions météorologiques selon les conceptions chinoises (1e partie). Méridiens. 1994;103:103-152 (Version finale PDF)