Etoile de mer 海 

 

Cette étoile de mer bleue, Linckia laevigata, photographiée dans la passe en S de Mayotte, par – 30 m est belle comme un caractère : comme  (da, Ricci 10210), grand, auquel elle ressemble ou comme  (ren, Ricci 5546), personne humaine, qui aurait retrouvé ses bras et danserait la farandole à la façon de Matisse. Cette ophidiastéridé aurait pu, tout autant que les traces de pas d’oiseau sur le sable ou les craquelures d’écailles de tortues être à l’origine de l’écriture chinoise. La traduction du terme français  « étoile de mer » en chinois est 海星haixing. Dans l’idéogramme  (mer), on retrouve la mère  (mu) et ses deux seins nourriciers stylisés : l’homophonie des termes français est transcrite dans le terme chinois. Avec étoile, , on peut admirer l’acuité visuelle, à l’œil nu des Chinois de l’antiquité : au-dessus, c’est le soleil  (ri), au-dessous, c’est naître  (sheng), c’est à dire naissance d’un soleil, ce que confirme l’astronomie moderne.

Cette 海星aussi une des nombreuses manifestations dans la nature d’une structure à symétrie pentaradiée, qui se décline pour nous dans les 5 Mouvements, 五行 (wuxing). Elle a, comme la plupart des astérides, une étonnante capacité de régénération : si on coupe une branche de l’étoile, elle repousse. Ce n’est malheureusement pas le cas pour les mammifères et les êtres humains amputés.

Dr Patrick Sautreuil

© Acupuncture & Moxibustion 6(2) avril-juin 2007