Articles de la revue

Périscope

Un référendum a été organisé au Canada pour l’ouverture d’une clinique d’acupuncture

 Après un scrutin référendaire en mai 2013, une demande d’autorisation pour l’implantation d’une clinique d’acupuncture à l’intérieur d’une résidence familiale a été approuvée. Le conseil municipal de Shawinigan, ville de la Mauricie, au Québec, se devait d’organiser un référendum auprès de la population concernée avant d’autoriser la réalisation de ce projet d’implantation. Tel que le prévoient les lois sur l’aménagement et l’urbanisme ainsi que sur les élections et les référendums dans les municipalités, ce processus démocratique de consultation est nécessaire au Canada pour se prononcer en faveur ou défaveur de la réalisation du projet, dès que des citoyens y sont opposés. Il faut savoir qu’au Canada, la profession d’acupuncteur est réglementée dans les provinces de la Colombie-Britannique, de l’Alberta ainsi qu’au Québec. Ainsi dans la Belle Province, le Code des professions, loi-cadre du système professionnel québécois précise les conditions d’exercice professionnel. C’est de cette loi-cadre que découlent la loi sur l’Acupuncture et tous les règlements et directives associés. L’Ordre des acupuncteurs (OAQ) effectue la délivrance du permis d’exercice et administre l’inscription annuelle obligatoire au Tableau de l’ordre. On compte ainsi actuellement près de huit-cents acupuncteurs membres de l’OAQ. Les personnes désirant exercer l’acupuncture au Québec doivent détenir un permis d’exercice émis par l’OAQ et être inscrites annuellement au Tableau de l’Ordre. Selon la loi sur l’Acupuncture, les personnes pouvant exercer l'acupuncture au Québec doivent détenir : - soit le diplôme d'études collégiales en «techniques d'acupuncture» décerné par le Collège de Rosemont ;

 - soit un équivalent comme le diplôme décerné à l'extérieur du Québec par une institution affiliée à une université ou reconnue comme institution d'enseignement par les autorités gouvernementales du pays où l'institution se trouve ;

- soit une attestation de réussite aux examens d'acupuncture avant le 1er juillet 1995, tenus par le Collège des médecins du Québec etc.. Il est possible de voir les autres opportunités en examinant la loi sur l’Acupuncture [1] disponible sur le site gouvernemental du Québec.

 L’acupuncture révélée par la science

 A partir de la science fondamentale, les chercheurs ont étudié les mécanismes d’action de l’acupuncture médicale qui est de plus en plus validée comme traitement efficace dans un large éventail de maladies.

Un numéro spécial de "Medical Acupuncture" [2], revue publiée par Mary Ann Liebert Inc., présente une série d’articles rédigés par des auteurs internationaux. Ceux-ci donnent des points de vue divers et variés sur les réponses apportées par la science et la physiologie pouvant sous-tendre les mécanismes de l’acupuncture médicale.

Comprendre l’acupuncture de la même manière que nous comprenons le mécanisme d’action et la pharmacocinétique d’un médicament particulier permettra de mieux faire correspondre les traitements acupuncturaux aux maladies, a déclaré le rédacteur invité Richard F. Hobbs, III.

"L’effet net sera une amélioration des résultats», écrit-il dans son éditorial « Questions en sciences fondamentales». Dans l’éditorial « Science fondamentale : mystères et mécanismes de l’acupuncture », Richard Niemtzow, rédacteur en chef de la revue « Médical Acupuncture », un colonel retraité de l’Armée de l’Air et actuel directeur du Centre d’Acupuncture de l’USAF à la Base Andrews dans le Maryland, a suggéré que des événements naturels ont des explications scientifiques et que les deux explications, l’une scientifique, l’autre environnementale permettraient ensemble d’élucider le fonctionnement de l’acupuncture.

Un autre article de John Longhurst  de l’Université de Californie à Irvine décrit également comment les effets de l’acupuncture sur la fonction cardiovasculaire peuvent diminuer la pression artérielle, améliorer la circulation sanguine et soulager la douleur.

Steven Harte et ses collègues de l’Université du Michigan (Ann Arbor), du Massachusetts General Hospital et de la Harvard Medical School (Boston, MA) ont présenté les résultats d’une étude visant à mieux comprendre les différences de réponses des patients à l’acupuncture traditionnelle par rapport au placebo. Ils ont utilisé des tests de pression à la douleur pour identifier les patients pouvant être moins susceptibles de répondre à l’acupuncture simulée, en fonction des taux de neurotransmetteurs cérébraux. L’étude est décrite dans l’article « Pressure Pain Sensitivity and Insular Combined Glutamate and Glutamine (Glx) Are Associated with Subsequent Clinical Response to Sham But Not Traditional Acupuncture in Patients Who Have Chronic Pain ». De nombreux autres articles sont disponibles en libre accès sur le site Internet de la revue « Medical Acupuncture ».

 

Notes

[1]. Loi sur l’Acupuncture. Décret 891-2012 du 20 septembre 2012, (2012) 144 G.O. 2, 4878. Available from: URL: http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=2&file=/A_5_1/A5_1.html.

[2]. Medical Acupuncture. Mary Ann Liebert, Inc. Numéro spécial. 2013, 25(2). DOI: 10.1089/acu.2013.2522. Available from: URL: http://online.liebertpub.com/toc/acu/25/2

Lombalgie et Vide de Sang

Cas clinique

 Madame Linda âgée de 32 ans, primigeste, professeur d’éducation physique et sportive, 1m 69, 64 kg, indice de masse corporelle à 22, est enceinte de 17SA + 4j et vient en consultation d’acupuncture pour lombalgies en barre en fin de journée.

Dans les antécédents, on note une allergie au pollen avec rhume des foins, et poils de chat, une fissure anale récurrente depuis quelques années.

Elle a été opérée pour un dysembryome de l’ovaire à l’âge de 22 ans.

A l’interrogatoire, en plus des lombalgies pour lesquelles elle consulte, on objective une difficulté d’endormissement, des migraines depuis peu et une constipation récente ayant « réveillé » sa fissure anale.

Femme fatiguée, essoufflée facilement à l’effort et décrivant aussi des palpitations à l’effort, ce qui n’était pas le cas auparavant chez cette sportive, elle est en arrêt de travail depuis 15 jours. 

A l’examen on trouve les pouls des barrières faibles et un pouls Rein gauche trop fort pour le terme, laissant supposer un Vide de yin.

La langue est pâle.

On peut porter le diagnostic selon la différenciation des syndromes (bianzheng) : Vide de Sang

 

Analyse 

 Il s’agit d’une femme ayant déjà au préalable un Vide de Sang qui se manifeste par un Vide de yin du Foie, avec les symptômes allergiques, le dysembryome à l’âge de 22 ans et la fissure anale récurrente. On peut l’expliquer selon la physiopathologie chinoise par le fait que le Foie irrigue le périnée et les organes génitaux externes avec un muscle anal mal irrigué entraînant fragilité et fissure.

Du fait du début de grossesse, il y a détournement du sang vers l’utérus et donc aggravation de ce Vide dans le reste de l’organisme occasionnant les migraines, l’insomnie et la constipation avec palpitations et asthénie.

Il faut traiter ce Vide de yin du Foie dû à un Vide de Sang au plus vite car sinon cela peut évoluer sur un retard de croissance intra-utérin (RCIU) et une menace d’accouchement prématuré (MAP).

 Traitement 

 Dans une première séance

 A 17SA+ 4 jours, il s’agira de puncturer :

- 17V(geshu) car il va mettre en circulation le Sang, mais va aussi ramener le yang en profondeur ce qui va favoriser le sommeil. Dans la mesure où le 17V répond au 39VB (xuanzhong) on peut penser qu’il joue aussi un rôle dans la cicatrisation de sa fissure anale.

- 20V (pishu) : point assentiment de la Rate qui agit sur les Vides de Sang.

- 9Rn (zhubin) : comme c’est la première fois que l’on voit cette femme pendant la grossesse, ce point est connu pour prévenir les problèmes de croissance et les contractions.

- 7C (shenmen) : va favoriser le sommeil mais aussi renforcer le qi du Cœur et va donc aider la femme à « revenir sur le bon chemin » de la grossesse.

 Deuxième séance 19SA 

 Madame Linda est moins fatiguée et n’a pas eu de migraines. Elle s’endort plus facilement. De même,  les lombalgies se sont beaucoup améliorées.

Les pouls : à la loge Foie, il est beaucoup plus tonique, au niveau Rate encore faible et au Rein gauche, on le trouve satisfaisant.

La constipation persiste encore ; de même les palpitations à l’effort, mais en moins fréquentes.

Très contente car elle a senti le bébé bouger cette semaine, pour la première fois.

Le traitement consistera en puncturant

- 6MC (neiguan) qui va tonifier le yin et disperser le yang de la poitrine, donc améliorer les palpitations et tonifier la Rate.

- 12VC (zhongwan) pour harmoniser le Réchauffeur moyen et tonifier la Rate et l’Estomac

- 10Rt (xuehai), point maître du Sang

- 8F (ququan), point de tonification du Foie qui vivifie et chasse les stagnations du Sang

 

Troisième séance 20SA 

 Madame Linda est épanouie. Elle a repris son travail et investi bien sa grossesse qui se déroule mieux.

Elle peut faire ses cours sans dyspnée, ni palpitations. Les lombalgies, motifs de la consultation initiale ont totalement disparu.

Nous pourrions nous abstenir de faire une séance. Cependant, il est intéressant de lui réaliser 7C et 9Rn pour consolider la grossesse.

Et par la suite, il semble nécessaire de voir par précaution cette femme une fois par mois jusqu’à la fin de la grossesse afin de surveiller si le Vide de Sang ne récidive pas. En effet, cette femme a déjà eu un passé lourd de Vide de Sang préexistant à la grossesse, et celle-ci constitue un facteur aggravant.

Nous devons aussi conseiller à cette femme d’avoir une alimentation variée, mais privilégier les viandes rouges, abats et boudin noir, le miel et sucre de canne, les épinards et les lentilles, les poires, les cerises, les pêches, le raisin, les châtaignes et les litchis selon les saisons.

Nous avons la chance et la possibilité par la prise des pouls de pouvoir détecter cela bien avant que les signes cliniques et physiques (RCIU et MAP) ne s’installent. Nous devons donc faire profiter ces femmes à risque, de l’intérêt préventif de l’acupuncture. 

 

 

 

Dr Augusta Guiraud-Sobral

Attachée au Centre hospitalier du Belvédère de Mont-Saint-Aignan (76)

Enseignante à la formation hospitalière d'acupuncture des sages-femmes

Chargé d'enseignement à la faculté de médecine de Rouen (DIU d'acupuncture obstétricale)

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Conflit d’intérêts : aucun

 

 

Du respect au bon usage des points interdits pendant la grossesse

La première notion enseignée par le Dr Christian Rempp dans le cadre d’une initiation à l’acupuncture obstétricale était celle des points contre-indiqués pendant la grossesse. Il insistait sur le fait que l’acupuncture n’était pas une médecine douce et que l’affirmation « l’acupuncture ne peut pas faire de mal » était fausse

La notion de points interdits s’impose au regard de la physiologie : la grossesse est une accumulation de yin dans le pelvis avec un certain équilibre de qi et de Sang.

L’accouchement qui est l’aboutissement de la grossesse est un mécanisme yang : le yin protecteur de la grossesse se transforme en yang ; ce mouvement vers le bas expulse le fœtus, le qi pousse le Sang et la porte de l’Utérus s’ouvre.

Le chapitre 47 du Suwen cité par B. Auteroche et P. Navailh  [1] dit « de ne pas endommager ce qui est en insuffisance et de ne pas avantager ce qui a du surcroît… Lorsqu’il y a un être dans le ventre, la dispersion donne issue à l’essence et le mal, régnant en maître sur l’organisme devient chronique ». Il ne faut pas nuire à l’équilibre yin/yang, Sang/Energie qui préside à chaque moment de la grossesse.

Si dans la littérature de nombreux points sont à éviter, nous nous sommes rendus compte que selon les auteurs certains pouvaient avoir une action tocolytique  (ils protègent la grossesse non à terme) ou ocytocique : il semblerait qu’ils ne déclenchent qu’en cas de grossesse à terme, ou arrêtée dans les fausses couches. Notre expérience dans le déclenchement du travail à terme ou en cas d’interruption thérapeutique de grossesse confirme ce point de vue : il n’est efficace qu’avec un score de Bishop supérieur ou égal à 7, ou quand la grossesse est arrêtée. Le Dr Jean-Marc Stéphan résume ces notions en parlant d’action cybernétique des points : leur action est variable en fonction des circonstances [2].

Nous avons voulu savoir quels points étaient réellement interdits. Seul un nombre limité de points est interdit dans pratiquement tous les atlas de points d’acupuncture : GI4, E12, E25, E36, Rte2, Rte6, V60, V67, VB21, VC4, VC5, VC9, VC10.

Le docteur Christian Rempp en particulier ne pratiquait pas tout à fait ce qu’il enseignait [3], et très prudent, il nous conseillait de nous abstenir d’une telle pratique dans un premier temps. En effet si les points non-contre-indiqués nous semblaient insuffisants, il valait mieux orienter la patiente éloignée du terme vers un acupuncteur expérimenté.

A noter qu’il se gardait bien de nous fournir une liste de ces fameux points, préférant nous orienter vers la littérature [4,5]. En 1990, dans la Revue Française de l’Acupuncture [6], il écrivait : « La femme enceinte est dans un état physiologique et pourtant inhabituel ; tout traitement par acupuncture doit la préserver d'un éventuel désordre énergétique qui pourrait mettre sa grossesse en péril. Les divers ouvrages et articles citent de nombreux points interdits pendant la grossesse, points qui ne sont pas toujours les mêmes selon les publications, ce qui peut susciter bien des angoisses chez le malheureux acupuncteur consulté par une femme enceinte. Par ailleurs, la grossesse peut s'accompagner de troubles qui s'échelonnent entre ce que de nombreux auteurs appellent les troubles physiologiques (les vomissements gravidiques par exemple), et les troubles les plus sévères, susceptibles de mettre en danger la vie de la mère ou celle de l'enfant, et ceci depuis le début de la grossesse jusqu'au terme. L'acupuncture intelligemment comprise doit trouver dans ces conditions un champ d'application des plus larges, même et surtout quotidienne au cabinet d'acupuncture ».

 

Cinq observations en particulier avaient attiré mon attention.

E36

 Une primipare enceinte de deux mois et demi consultait pour des nausées régulièrement accompagnées de vomissements. Le Docteur Rempp préconisait VC12, MC6 et Rn21 dans les nausées du premier trimestre, en nous déconseillant vivement d’autres points de la littérature tels E36 ou encore Rte4 qui étaient absolument contre-indiqués chez la femme enceinte, sauf à proximité du terme. Chez cette patiente, il a associé E36 aux trois points précédents. Devant mon regard perplexe, il s’est aussitôt justifié en m’expliquant que cette patiente était en Vide évident de Rate/Estomac, ce qui justifiait l’ajout du point E36 pour être suffisamment efficace. De plus, le qi remontait à contre-courant : nous n’étions pas en train de faire descendre le qi, mais de lui donner l’occasion dans le cadre de ce tableau clinique de s’abaisser physiologiquement.

 

 

V67

 Un autre exemple frappant concernant le V67 : ce point est indiqué pendant l’accouchement pour activer la descente fœtale, donc contre-indiqué pendant la grossesse ; or c’est également celui indiqué pour la malposition fœtale, que l’on puncture de préférence entre 32 et 35 SA, et non à terme. Le docteur Rempp l’associait au Rn9 protecteur de la grossesse pour prévenir l’apparition de contractions utérines. Il nous expliquait alors que le fait de chauffer l’aiguille amenait suffisamment de yang pour qu’à son apogée, il se retransforme en yin ; ainsi, son action se limite à placer la tête en bas (la tête, yang par rapport au siège yin est ainsi attirée vers le bas puisque le yang est appelé en bas). Pendant le travail, seul le yang est sollicité pour amener la tête vers le bas. Il serait donc dangereux de chauffer ce point pendant le travail (risque de brûlure) dans la mesure où la grossesse vient d’arriver à son terme, et que le yang n’est pas encore à son apogée pour redevenir yin protecteur de la grossesse : il ne pourra redevenir yin qu’après expulsion du fœtus. 

E44

 Dans le syndrome de Lacomme, il m’avait présenté E44 comme également contre-indiqué pendant la grossesse, et l’avait associé à Rn9 à 33 SA en m’expliquant que « shaoyin monte quand yangming descend ». Rn9 peut donc faire monter shaoyin si on ajoute E44 qui fait descendre yangming en rétablissant une circulation physiologique du qi antalgique : les deux effets sont contrebalancés et ne mettent pas la grossesse en péril.

 

F3

Lors d’une menace d’accouchement prématurée à 28 SA associée à une tension limite (14/9) dans le cadre d’une « grossesse précieuse » induite par FIV chez une primipare de 38 ans, il a choisi Rn9 et VC3 à l’aiguille dirigée vers le haut. A ma grande stupéfaction à l’époque, il avait ajouté le F3 qu’il m’avait enseigné en tant que « point qui fait lâcher le col, fortement contre-indiqué dans la grossesse ». Ce choix se justifiait par un pouls en corde évoquant une stagnation de qi du Foie. F3 en tonifiant le yin du Foie permettait en cela de retenir le yang en prévention d’une hypertension artérielle et de protéger la grossesse dans le cadre de ce tableau clinique.

 V60

 Un autre exemple lors de lombalgies de type taiyang de la grossesse : tandis qu’il nous présentait V60 comme contre-indiqué avant terme, il l’avait choisi à 32 SA chez une deuxième geste, associé à Rn9 pour « protéger la grossesse ». Il l’avait toutefois puncturé vers le haut pour ne pas « faire tomber le fœtus » en m’expliquant que comme il y avait trop d’Energie perverse xie qi à chasser, cela aurait pour effet de permettre à nouveau la circulation physiologique du qi et de calmer la douleur.

Aussi dans la pratique d’hier, en traitant en fonction du symptôme, les points supposés dangereux étaient rigoureusement évités. Aujourd’hui, l’expérience m’a incitée à m’intéresser à l’action physiologique du point plutôt qu’à son indication de symptômes, quitte à choisir un point interdit. Demain : les études actuelles semblent démontrer l’action cybernétique des points. Existe t-il dès lors des points interdits dans un contexte donné ?

Cette conclusion renvoie au champ d’application de la grossesse le plus large cher au Docteur Christian Rempp à qui je voulais rendre hommage. Cela ne signifie pas cependant que la prudence ne s’impose plus pendant la grossesse.

 

 


Mme Annabelle Pelletier-Lambert

Sage-femme

 « Les Myrtes » - Bâtiment A

15 avenue Roger Salengro, 83130 La Garde.

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Références

 

1. Auteroche B, Navailh P. Acupuncture en gynécologie et obstétrique. Paris: éd. Maloine;1986. 

2. Stéphan JM. Pathologies du premier trimestre de grossesse accessibles à l’acupuncture. Acupuncture et Moxibustion. 2008;7(3):256-262.

3. Rempp C, Bigler A. La pratique de l’acupuncture en obstétrique. Paris: éd. La Tisserande; 1992.

4. Macciocia G. Gynécologie et obstétrique en médecine chinoise. Bruxelles: éd Satas; 2001.

5. Salagnac B. Naissance et acupuncture. Bruxelles: éd. Satas; 1998.

6. Rempp C. et al. Suivre, traiter et préparer la femme enceinte. Revue Française d'Acupuncture. 1990;64:5-15.

 

 

Aménorrhées, acupuncture et neuro-modulation hypothalamo-hypophysaire : traitement de 25 femmes aménorrhéiques par acupuncture. Hypothèses neuro-physiologiques

Résumé : Une expérience de traitement de l’aménorrhée secondaire par acupuncture a été réalisée sur 25 patientes âgées de 17 à 35 ans. Globalement, 56 % de bons résultats (14 cas) ont été obtenus. L’efficacité du traitement par acupuncture dépend de l’origine de la pathologie et des antécédents personnels des patientes. Six facteurs déterminants pour la réussite du traitement par acupuncture ont été identifiés : 1/ l’origine hypotalamique de l’aménorrhée, 2/ l'absence d'antécédents d'anorexie mentale, 3/ la faible ou moyenne importance du désordre hypothalamo-hypophysaire, 4/ l'existence d'un facteur "stress", 5/ la rééquilibration neuro-végétative et 6/ la rééquilibration énergétique. Ainsi, ces résultats montrent que l'acupuncture est un traitement de choix pour la restauration de la fonction ovulatoire. Par ailleurs, du fait de sa parfaite innocuité, l'acupuncture devrait être utilisée systématiquement en première intention dans le traitement de tous les troubles fonctionnels neuro-hypophysaires. Dans cette étude, on observe que l’acupuncture permet la guérison de l’aménorrhée normoprolatinémique par la régulation de l’activité du système nerveux autonome. L’analyse de ces résultats, à la lumière des récentes recherches en électroacupuncture expérimentale, révèle l’existence potentielle de phénomènes impliquant d'étroites relations neuro-neuroniques, liés notamment à l’effet du stress sur l’activité hypothalamique et hypophysaire. Mots-clés : acupuncture –aménorrhée – électroacupuncture expérimentale – naloxone – prolactine – système nerveux autonome.

 

Introduction

Les résultats décevants des traitements médicamenteux et l’ouverture d'esprit ont conduit le Pr. Jean-Pierre Bercovici à ouvrir son service hospitalier d'Endocrinologie du CHU de Brest à l'acupuncture afin de traiter des femmes présentant une aménorrhée secondaire. Nous présentons les résultats de cette étude parue en 1984 à la lumière des récentes recherches en électroacupuncture expérimentale dans cette pathologie, d’autant plus qu’actuellement seulement deux ECR ont été réalisées sur cette pathologie précisément [10,28].

 

 

L’acupuncture peut-elle contribuer à un élargissement de l’ontologie biomédicale du corps ? Marcus Sacrini A. Ferraz

Résumé : L’auteur essaie d’évaluer si quelques données des recherches contemporaines sur l’acupuncture demandent des changements dans la conception ontologique biomédicale du corps. On prétend, avec cette analyse, établir un modèle général de recherche sur la justesse de cette ontologie. Mots-clés : ontologie – biomédecine – acupuncture – qi.

Introduction

La biomédecine peut être comprise comme un champ des recherches scientifiques sur les systèmes organiques ou les maladies, champ qui comprend l’application de ces recherches dans le travail clinique, développé selon les principes épistémiques occidentaux, tels que la recherche étiologique et de la reproductibilité des effets thérapeutiques. L’ininterrompu progrès de la biomédecine suggère (soit au grand public soit même à quelques médecins) une conception ontologique selon laquelle le corps humain serait un ensemble d’organes et systèmes matériaux complètement ordonné par les lois générales de la mécanique et de la physicochimie.

Cette conception semble validée non seulement par les études anatomiques et physiologiques contemporaines (basées sur des techniques très probantes tel que les divers types de tomographie et de résonance disponibles), mais aussi par le grand succès des interventions chirurgicales et des études étiologiques en général. Tellement frappante est l’attestation de la conception biomédicale du corps et tellement fécondantes sont les lignes de recherche suscitées par elle que le grand public peut avoir l’impression que les principaux types d’événements qui caractérisent le corps ont été déjà compris, alors même que cette compréhension n’est pas complète et que de nombreuses recherches sont encore consacrées aux détails de cette machine corporelle. Dans cet article, nous allons réunir quelques données fournies par des recherches sur l’acupuncture et évaluer dans quelle mesure ces données ébranlent cette impression de justesse habituellement associée à la conception ontologique biomédicale du corps. Cette évaluation s’insère dans un projet de post-doctorat en philosophie (développé dans l’Université de São Paulo, Brésil) qui tente d’analyser les caractéristiques des conceptions ontologiques associées aux résultats du travail scientifique.

 

 

Surcharge pondérale traitée par gongsun, RA4 : à propos de deux cas cliniques. Florence Phan-Choffrut

Résumé : Deux cas cliniques de surcharge pondérale ont été traités avec succès par la puncture de gongsun, RA4. Le premier cas est un adolescent de 15 ans dont la prise de poids s’est aggravée après un accident de deux roues. La surcharge pondérale était importante (IMC 31). Le deuxième cas est celui d’une jeune femme de 21 ans qui avait grossi récemment en raison d’une augmentation de son appétit. La surcharge pondérale était inexistante selon les tables (IMC 20,5) et c’est le critère « incontrôlable » qui a retenu notre attention. Ces deux cas ont été traités et guéris par la puncture de gongsun, RA4, grand-père/petit-fils. Dans les deux cas, il a été établi qu’il y avait eu rupture relationnelle avec un grand-père. Mots clés : gongsun – typologie - méridien curieux.

Introduction

L’efficacité de l’acupuncture et de l’auriculothérapie dans le traitement des obésités s’explique par leur action sur les troubles de l’appétit, les troubles de la motilité intestinale, les perturbations métaboliques ainsi qu’émotionnelles [1,2,3]. Les points les plus souvent utilisés sont hegu GI4, quchi GI11, zusanli ES36, fenlong ES40, neiguan MC6 [4-6] et pour l’auriculothérapie : shenmen, estomac, appétit [7-9]. Notre propos est de proposer une approche diagnostique et thérapeutique de la surcharge pondérale par trouble du comportement alimentaire, à partir de la typologie des patients et du nom des points d’acupuncture.

Le point d’acupuncture est un lieu sur un méridien pour faire circuler les souffles, et c’est aussi un lieu où l’on peut permettre à un patient d’accéder à sa propre transformation pour retrouver l’harmonie et guérir. L’expérience clinique de l’action spécifique des points d’acupuncture, en tenant compte de la résonance énergétique, du nom et de la localisation nous ont amenés à ne puncturer que très peu de points par patient cherchant ainsi à définir la transformation qui doit s’opérer pour guérir. Le passage du traitement par les syndromes (Vide de Reins, Feu du Foie, etc.) à un traitement spécifique pour chaque patient a eu pour conséquence de développer les notions de typologie énergétique. Chaque individu a une résonance énergétique qui prédomine (taiyang, taiyin, shaoyang, shaoyin, ou Bois, Feu, etc.) et qui constitue sa typologie énergétique. Si on arrive à déterminer le souffle (qi) qui prédomine chez un individu, on choisira pour le traiter un point où ce souffle se déploie. Pour arriver à ce diagnostic, nous combinons un certain nombre d’éléments comprenant la symptomatologie physique et psychique, la localisation des troubles, la nature énergétique de la personne (est-elle taiyin, yangming ou bois, métal ?…), et quand on le peut la résonance avec le nom du point.

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Évaluation de l’acupuncture dans les cancers et protocole de recherche en sphygmologie moderne

Résumé : L’efficacité du protocole d’acupuncture du Dr Jeannin est évaluée au moyen de l’analyse spectrale par tonométrie d’aplanation de l’artère radiale gauche. Les résultats montrent trois réponses possibles. Tout d’abord, une potentialisation du système immun dans le cas de patients sains mais en phase d’hypo ou d’anergie. Deuxièmement, qu’il serait possible de l’utiliser comme un test pour différencier parmi les patients cancéreux ceux en phase de rémission. Troisièmement, de soulager les troubles secondaires liés à la chimiothérapie par réduction des inflammations locales. Mots clefs : Protocole du Dr P. Jeannin - analyse spectrale - sphygmographie par tonométrie d’aplanation.

Introduction 

 Depuis l’antiquité, l’acupuncture a évalué l’efficacité de l’acte thérapeutique auprès du patient. Tout comme en médecine occidentale, la séméiologie clinique et ici énergétique repose sur une grille de tests dont les résultats sont analysés par les organes des sens. Parmi ceux-ci, il en est un, la sphygmologie, qui reste encore assez difficilement interprétable, du moins en occident, du fait de la difficulté de perception des paramètres d’appréciation. Les chinois antiques ont décrit plus de 28 pouls différents et les efforts techniques investis dans un appareillage capable de reproduire analytiquement la finesse du tact humain reste encore insuffisants [1-3]. Cependant, la richesse d’une telle source informative n’a pas perdu de son intérêt. Récemment, en cardiologie, est apparue une nouvelle classe d’instrumentation, le tonomètre d’aplanation, qui vise, à partir de la variation de la pression artérielle périphérique (artère radiale) et de la forme d’onde associée, à établir un pronostic sur la qualité fonctionnelle du myocarde et de son efficacité hémodynamique.

Partant du fait que tout cancer génère un état inflammatoire plus ou moins important, entraînant des perturbations hémodynamiques, ainsi que des répercussions sur l’homéostasie, perçues toutes deux, au travers du système neurovégétatif, serait-il possible de noter des changements par la sphygmologie moderne du pouls radial [4]? Dans ce cas, doit-on analyser la forme d’onde ou bien en étudier la composition spectrale pour en identifier les mécanismes ?

À partir d’un protocole de traitement utilisé dans les cancers établi par le Dr Philippe Jeannin, nous avons recherché, par la sphygmologie, à le valider

 

La médecine chinoise face aux cas Edouard Jeanselme et Donna Stewart


Edouard Jeanselme et Donna Stewart ne sont pas des patients comme les autres. Ce sont d’éminents Professeurs de médecine. Donna Stewart est notre contemporaine, Professeur de psychiatrie à l’Université de Toronto. Edouard Jeanselme (1858-1935) est un Professeur de dermatologie de la Faculté de Médecine de Paris. Tous les deux vont être examinés durant un voyage en Chine par un médecin chinois. En 1898, Jeanselme est chargé par le Ministre des Colonies de rechercher les moyens de la prophylaxie anti-lépreuse dans les colonies françaises de l’Extrême-Orient. Pendant deux ans il parcourt ainsi le Siam, la Malaisie, le Vietnam, le Cambodge, le Laos, la Birmanie et le Yunnan. Durant son séjour à Yunnan-sen (actuel Kunming, dont Soulié de Morant sera le Consul peu d’années après), Edouard Jeanselme « consulte » le Dr Tchen, médecin chinois le plus réputé de la ville. Donna Stewart, lors d’un voyage à Beijing fait la connaissance involontaire du tourisme médical chinois : de façon impromptue, ses guides la conduisent à la "mondialement connue Imperial Academy of Natural Medicine" (Academy of Traditional Chinese Medicine ?). Là elle « bénéficie » d’une consultation gratuite du Professeur « A », un des plus réputé de l’Académie. Edouard Jeanselme et Donna Stewart ont ainsi comme autres particularités communes de ne pas être malade (du moins à leur connaissance) et de rapporter leur expérience de la médecine chinoise dans un journal médical occidental.

 

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