Couverture 13-1

2014 : l’année du Cheval Bois

 

 Pour déterminer une année, le système de comptage le plus remarquable dans le calendrier chinois est l’association du Tronc Céleste (système dénaire : 10 Troncs correspondant aux Cinq Eléments yin/yang) à la Branche Terrestre (système duodénaire correspondant aux 12 Animaux).
En fait, pour cette nouvelle année 2014, la Branche Terrestre correspond au Cheval, et c’est le dernier chiffre de l’année qui détermine l’élément annuel.
•    0 et 1 = Métal
•    2 et 3 = Eau
•    4 et 5 = Bois
•    6 et 7 = Feu
•    8 et 9 = Terre
Par conséquente, selon le calendrier chinois, 2014 est l’année du Cheval Bois, qui commence le 31 janvier 2014 et prend fin le 18 février 2015.
Le Cheval est le septième Animal dans l'ordre qui apparaît dans l’Horoscope chinois, lié au calendrier chinois.
Dans le système horaire, le Cheval se situe entre 11 heures à 13 heures, période où le Soleil génère beaucoup de chaleur. Les mois du cheval correspondent au milieu de l'été.
Les Chevaux ont donc un élément stable commun, identifié par le Feu, la chaleur, la couleur rouge.
Le rouge étant également lié à l'amour, le Cheval est considéré comme une étoile romantique dans l’horoscope chinois. Le « Cheval » est décrit comme étant libre, créatif, émancipé. Le Cheval est souvent à l'avant de la scène et aspire à vivre dans de grands espaces.
On dit du Cheval qu'il s'entend bien avec le «Tigre » et le « Chien », et les conflits apparaissent avec le « Rat ».
Neuf caractères chinois du cheval sont trouvés dans l'histoire de l'évolution des caractères chinois et de la calligraphie.

 Le cheval est l'un des animaux préférés en Chine. Avant l’invention des voitures, le cheval était un bon moyen de transport. Grâce au cheval, les gens pouvaient arriver rapidement à leur destination. Par conséquent, le cheval n'est pas seulement un symbole de déplacement, mais c’est aussi un signe de succès rapide.
Ainsi, le symbolisme de l’année du Cheval Bois peut nous conduire à divers sujets d’étude intéressants. Tout est Energie et l’être humain est en harmonie quand il existe un équilibre entre les différents « éléments » qui le constituent.

Tuy Nga Brignol

 

Couverture 5-3

Le miroir du yin yang

Cette double spirale en argent est un bijou de l’ethnie dong (). Son nom est yang yin jing (  ), c’est à dire « miroir du Yin Yang ». Cette parure sert de contre-poids aux tabliers - brassières losangiques que portent les femmes de cette minorité du sud de la Chine. Les minorités chinoises ne sont cependant pas un miroir de la majorité han ().

Les peuples de la périphérie de cet immense pays cultivent souvent leurs différences. Pour les Mandchous () qui n’étaient pas des han) de la dynastie Qing (,1644-1911), les barbares crus étaient ceux qui résistaient à l’assimilation et les barbares cuits ceux qui l’acceptaient et s’intégraient. Par rapport à la médecine traditionnelle chinoise, phytothérapie et acupuncture, les médecins des minorités du sud-est du Guizhou sont-ils crus ou cuits? C’est le sujet d’un des articles de ce numéro d’Acupuncture & Moxibustion.

 

Dr Patrick Sautreuil

Photo : Pilar Margarit Bellver

© Acupuncture & Moxibustion 5(3) juin-septembre 2006

Couverture 19-1

Les couronnes de Ñaupa Mujer et Ñaupa Diablo 

 

 

Le carnaval de la ville d'Oruro est le plus grand événement culturel annuel de Bolivie. Il a été inscrit en 2008 par l'Unesco sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité. Ancien site de cérémonies précolombien situé à 3700 mètres d’altitude, Oruro fut un important centre minier aux XIXe et XXe siècles. Refondée par les Espagnols en 1606, la ville est restée un site sacré pour les Uru, qui venaient pour la grande fête d’Ito. Cette cérémonie a été transformée en rituel chrétien avec la Diablada, danse traditionnelle des hauts plateaux des Andes, devenue la danse principale du carnaval d’Oruro. La Diablada représente l'affrontement entre les forces infernales et celles des anges, danse créée dans un but d'évangélisation [[1]]. Sur la photo prise au Musée du Quai Branly - Jacques-Chirac à Paris sont présentés à droite le costume de « Ñaupa Diablo », le « vieux diable » et à gauche celui de sa compagne « Ñaupa Mujer ». L'origine de la danse de « la Diablada » remonte au XVIIe siècle quand les mineurs des villes de Potosí et d'Oruro reconnurent la Vierge de la Candelaria (Vierge du Socavón) comme la Mère Protectrice des travailleurs, Sainte Patronne des mineurs. La Diablada fusionne des éléments de la religion catholique et des croyances autochtones au travers d'une danse théâtrale qui met en scène les personnages de Lucifer, « Ñaupa Diablo » et son épouse, escortés d'une légion de démons et de l'Archange Saint-Michel, qui est le chef de la milice des Anges [[2]]. Remarquons ces têtes couronnées qui ne peuvent qu’évoquer en cette période de pandémie Covid-19, la fameuse couronne du SARS-CoV-2 (ici vue d’artiste au microscope électronique), coronavirus (du latin corona et virus, littéralement « virus à couronne »). Son nom provient de l'apparence des images du virion au microscope électronique, caractérisée par une frange de grandes protubérances qui entourent l'enveloppe comme une couronne.

Aurons-nous un moyen de prévention ou thérapeutique comme notre Saint-Michel terrassant le Dragon ? On peut le croire comme vous le verrez dans ce numéro. Ainsi lisez l’article de Claude Fontaine « Maladies fébriles, épidémies et coronavirus » qui propose, en s’appuyant sur les théories du Shanhanlun et autres, de traiter le stade de la récupération de Covid-19 par la pharmacopée chinoise.

D’autres protocoles de pharmacopée concernant les autres stades de la maladie sont disponibles sur le site internet de la revue.

 

Costume d’un ange, des ailes au masque du carnaval d’Oruro (2008).

 

 

SARS-CoV-2 (vue d’artiste au microscope électronique).

Voyez aussi la synthèse « COVID-19 et acupuncture : existe-t-il une nouvelle voie de recherche thérapeutique ? » de Beltrán Carrillo Manrique et Esther Martínez García. Ils proposent d’ailleurs, pour ceux qui sont intéressés, de participer à deux protocoles de recherche cliniques à l’étude dans certains hôpitaux espagnols : ACU-COVID- 19, essai comparatif randomisé sur l’effet de l’acupuncture en traitement adjuvant en phase aigüe, et  AcuPOSTCov, ECR mis en place pour réduire l’apparition des complications pulmonaires.

On sait que l’anosmie ou l’agueusie apparaissent au stade précoce du Covid-19. La récupération se fait au bout de quelques semaines, mais parfois de manière partielle. L’article « Anosmie, à propos d’un cas clinique : intérêt de l’acupuncture et techniques associées » peut vous aider à accélérer la guérison.  Et puis, pour travailler dans de bonnes conditions en cette période de pandémie, le « Guide de préconisations de sécurité sanitaire pour la continuité des soins par acupuncture en période d’épidémie de coronavirus COVID-19 » rédigé par le Collège Français d’Acupuncture et de MTC (société savante d’acupuncture) vous assurera d’être plus serein dans votre travail.

La neurologie est aussi un sujet important traité dans ce numéro. Olivier Cuignet vous présente son travail « Efficacité de l’électroacupuncture pour soulager les phénomènes de spasticité  après des lésions de la moelle épinière : à propos d’un cas » et Patrick Sautreuil, Tuy Nga Brignol et col. nous exposent cinq cas cliniques dans « Acupuncture dans les douleurs myofasciales des neurodystrophies musculaires : quels effets ? ».

On lira aussi avec grand intérêt l’article d’obstétrique de Florence Phan-Choffrut, Winder Wen-Te Chang « Engorgement mammaire et soins du post-partum : intérêt de la MTC », article qui fait suite à un stage à Taiwan organisé par l’Association Scientifique des Médecins Acupuncteurs de France (ASMAF-EFA).

Pour terminer, Robert Hawawini nous offre plusieurs articles « À propos d’une observation de maladie de Dupuytren », « À propos d’une observation complexe d’un état de stress » et « 31 exemples de puncture unique en acupuncture ». On n’oubliera pas l’essai sur le Palais impérial que nous explique Henning Strøm en référence au Daodejing. Et bien sûr, ne ratez pas non plus les « Brèves d’acupuncture », mettant en exergue les derniers travaux scientifiques (méta-analyses, ECR, acupuncture expérimentale) sur l’acupuncture et techniques associées.

 Jean-Marc Stéphan

 [1]. Patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. Le carnaval d’Oruro. [Consulté le 28/05/2020]. Disponible à l’URL : https://ich.unesco.org/fr/RL/le-carnaval-doruro-00003.

[2]. Musée du Quai Branly Jacque Chirac. Costume de Ñaupa Diablo : masque-heaume. [Consulté le 28/05/2020]. Disponible à l’URL : http://www.quaibranly.fr/fr/explorer-les-collections/base/Work/action/show/notice/431096-costume-de-naupa-diablo-masque-heaume/page/3/

 

Couverture 11-3

La Dharti Mata à Kirtipur au Népal

Au sein du sanctuaire Bagh Bhairava à Kirtipur dans la vallée de Katmandou au Népal, l’accomplissement de la puja, offrande rituelle des Népalais aux divinités est un acte quotidien et habituel. Ainsi devant cette statuette de la Dharti Mata, Déesse Mère, Déesse de la fertilité hindoue, les femmes apportent sur un plateau leurs offrandes contenant grains de riz, pétales de fleurs, poudre rouge. Les mains jointes devant leur poitrine, elles oignent ensuite la statuette qui disparait derrière la mince couche de pâte vermillon faite de ces fleurs mélangées avec de l'eau ou de l'huile de moutarde. Elles font brûler l’encens, se marquent sur le front de la tika, un point rouge symbolisant l'œil de la sagesse et quittent le sanctuaire en faisant sonner les cloches accrochées au pourtour de l’enceinte sacrée, comme pour attirer la déesse honorée. Dans l'hindouisme, à l’origine, la Mère de toute la création est appelée « Gayatri ». L'un des textes sacrés dit : « Le Gayatri est Brahma, Gayatri est Vishnou, Gayatri est Shiva, le Gayatri est Védas ». Gayatri en vint plus tard à être personnifié comme une déesse. Le Rigvedanomme la puissance féminine Mahimata, terme traduit par « Terre Mère ». Mais de nos jours, la Déesse Mère Devi a de multiples formes, multiples divinités indiennes considérées comme des facettes de la mère universelle. Devi, la Femme Divine est conçue comme précédant tous les dieux dont la Trimūrti (Brahmâ, Vishnou et Shiva) dont on observe ici les trois sculptures entourant Dharti Mata, comme veillant à la naissance de l’enfant expulsé de la matrice et logé entre ses deux jambes [1]. Les Népalaises ne manquent pas de venir prier Dharti Mata, l’implorant pour être plus fertile ou les soulager de problèmes inhérents à la grossesse, comme par exemple les douleurs lombo-pelviennes de la grossesse que Nicolian et al. traitent par acupuncture et dont vous lirez dans ce numéro les résultats de l’étude préliminaire.

Jean-Marc Stéphan



1. Jain PC. Conception and Evolution of The Mother Goddess in IndiaExoticIndiaArt. 2004. Available from: URL: http://www.exoticindia.fr/article/mother.

Couverture 6-1

Le Père Claude Larre

Le père Larre

Le Père Claude Larre, sj (1919-2001) était un homme et un sinologue remarquable. Il était l’héritier d’une longue tradition dans la Compagnie de Jésus. Matteo Ricci, jésuite italien, en 1601, avait ouvert la première mission catholique dans l’Empire Céleste, sous le règne de Wan-li. Claude Larre a été un des derniers jésuites à quitter la Chine révolutionnaire de Mao Zedong en 1952, l’année de son ordination à Shanghai. Fondateur de l’Institut Ricci de Paris en 1971, il a apporté une contribution déterminante à la réalisation des dictionnaires Ricci : le Dictionnaire français de la langue chinoise en 1976, le Dictionnaire Ricci des caractères chinois (13390 caractères singuliers, 3 volumes, en 1999) et le Grand Dictionnaire Ricci de la Langue Chinoise (300 000 expressions, 7 volumes, en 2001, une véritable encyclopédie), parus chez Desclée de Brouwer (DDB). Cette œuvre monumentale est le fruit d’un travail collectif sur plus de 50 ans : de nombreux érudits sinologues dont Yves Raguin, sj (à l’origine également des projets), Jean Lefeuvre, sj (spécialiste international des inscriptions archaïques), Élisabeth Rochat de la Vallée (qui publie dans ce même numéro une partie du futur Dictionnaire des Termes Médicaux Chinois, déclinaison spécialisée des grands dictionnaires) et bien d’autres… Co-fondateur de l’École Européenne d’Acupuncture en 1976 (avec le Dr Jean Schatz et Élisabeth Rochat de la Vallée, auteurs ensemble d’«Aperçus de la Médecine Chinoise Traditionnelle »), il a contribué à initier de nombreux praticiens aux subtilités de la médecine chinoise et de l’acupuncture. L’intelligence teintée d’humour, la clarté des textes et des enseignements, ont marqué toute une génération. Ses traductions du Dao De Jing (Tao Te King), Éditions DDB et « Les Chinois, Esprit et comportement des Chinois comme ils se révèlent par leurs livres et dans leur vie, des origines à la fin de la dynastie Ming (1644) » aux Éditions Lidis, en sont deux beaux exemples.

Dr Patrick Sautreuil

Bibliographie du Père Claude Larre concernant la Médecine Chinoise

Aperçus de médecine chinoise traditionnelle, J. Schatz, C. Larre, E. Rochat de la Vallée, réédition. Guy Trédaniel Éditeur, juin 2006.

La vie, la médecine et la sagesse, réédition de "Suwen les 11 premiers chapitres", C. Larre, E. Rochat de la Vallée, Cerf 2005.

Les mouvements du cœur, psychologie des Chinois, Lingshu, ch. 8, C. Larre, E. Rochat de la Vallée, réédition DDB 2006

Les énergies du corps, J. Schatz, C. Larre, E. Rochat de la Vallée, Ed. So-Wen  (épuisé)

La Voie du Ciel - la médecine chinoise traditionnelle, C. Larre, DDB 1987

Les Chinois Esprit et comportement des Chinois comme ils le révèlent par leurs livres et dans leur vie, des origines à la fin de la dynastie Ming (1644), C. Larre,  Éditions Lidis, Paris, 1981-1982

© Acupuncture & Moxibustion 6(1) janvier-mars 2007