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Les couronnes de Ñaupa Mujer et Ñaupa Diablo 

 

 

Le carnaval de la ville d'Oruro est le plus grand événement culturel annuel de Bolivie. Il a été inscrit en 2008 par l'Unesco sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité. Ancien site de cérémonies précolombien situé à 3700 mètres d’altitude, Oruro fut un important centre minier aux XIXe et XXe siècles. Refondée par les Espagnols en 1606, la ville est restée un site sacré pour les Uru, qui venaient pour la grande fête d’Ito. Cette cérémonie a été transformée en rituel chrétien avec la Diablada, danse traditionnelle des hauts plateaux des Andes, devenue la danse principale du carnaval d’Oruro. La Diablada représente l'affrontement entre les forces infernales et celles des anges, danse créée dans un but d'évangélisation [[1]]. Sur la photo prise au Musée du Quai Branly - Jacques-Chirac à Paris sont présentés à droite le costume de « Ñaupa Diablo », le « vieux diable » et à gauche celui de sa compagne « Ñaupa Mujer ». L'origine de la danse de « la Diablada » remonte au XVIIe siècle quand les mineurs des villes de Potosí et d'Oruro reconnurent la Vierge de la Candelaria (Vierge du Socavón) comme la Mère Protectrice des travailleurs, Sainte Patronne des mineurs. La Diablada fusionne des éléments de la religion catholique et des croyances autochtones au travers d'une danse théâtrale qui met en scène les personnages de Lucifer, « Ñaupa Diablo » et son épouse, escortés d'une légion de démons et de l'Archange Saint-Michel, qui est le chef de la milice des Anges [[2]]. Remarquons ces têtes couronnées qui ne peuvent qu’évoquer en cette période de pandémie Covid-19, la fameuse couronne du SARS-CoV-2 (ici vue d’artiste au microscope électronique), coronavirus (du latin corona et virus, littéralement « virus à couronne »). Son nom provient de l'apparence des images du virion au microscope électronique, caractérisée par une frange de grandes protubérances qui entourent l'enveloppe comme une couronne.

Aurons-nous un moyen de prévention ou thérapeutique comme notre Saint-Michel terrassant le Dragon ? On peut le croire comme vous le verrez dans ce numéro. Ainsi lisez l’article de Claude Fontaine « Maladies fébriles, épidémies et coronavirus » qui propose, en s’appuyant sur les théories du Shanhanlun et autres, de traiter le stade de la récupération de Covid-19 par la pharmacopée chinoise.

D’autres protocoles de pharmacopée concernant les autres stades de la maladie sont disponibles sur le site internet de la revue.

 

Costume d’un ange, des ailes au masque du carnaval d’Oruro (2008).

 

 

SARS-CoV-2 (vue d’artiste au microscope électronique).

Voyez aussi la synthèse « COVID-19 et acupuncture : existe-t-il une nouvelle voie de recherche thérapeutique ? » de Beltrán Carrillo Manrique et Esther Martínez García. Ils proposent d’ailleurs, pour ceux qui sont intéressés, de participer à deux protocoles de recherche cliniques à l’étude dans certains hôpitaux espagnols : ACU-COVID- 19, essai comparatif randomisé sur l’effet de l’acupuncture en traitement adjuvant en phase aigüe, et  AcuPOSTCov, ECR mis en place pour réduire l’apparition des complications pulmonaires.

On sait que l’anosmie ou l’agueusie apparaissent au stade précoce du Covid-19. La récupération se fait au bout de quelques semaines, mais parfois de manière partielle. L’article « Anosmie, à propos d’un cas clinique : intérêt de l’acupuncture et techniques associées » peut vous aider à accélérer la guérison.  Et puis, pour travailler dans de bonnes conditions en cette période de pandémie, le « Guide de préconisations de sécurité sanitaire pour la continuité des soins par acupuncture en période d’épidémie de coronavirus COVID-19 » rédigé par le Collège Français d’Acupuncture et de MTC (société savante d’acupuncture) vous assurera d’être plus serein dans votre travail.

La neurologie est aussi un sujet important traité dans ce numéro. Olivier Cuignet vous présente son travail « Efficacité de l’électroacupuncture pour soulager les phénomènes de spasticité  après des lésions de la moelle épinière : à propos d’un cas » et Patrick Sautreuil, Tuy Nga Brignol et col. nous exposent cinq cas cliniques dans « Acupuncture dans les douleurs myofasciales des neurodystrophies musculaires : quels effets ? ».

On lira aussi avec grand intérêt l’article d’obstétrique de Florence Phan-Choffrut, Winder Wen-Te Chang « Engorgement mammaire et soins du post-partum : intérêt de la MTC », article qui fait suite à un stage à Taiwan organisé par l’Association Scientifique des Médecins Acupuncteurs de France (ASMAF-EFA).

Pour terminer, Robert Hawawini nous offre plusieurs articles « À propos d’une observation de maladie de Dupuytren », « À propos d’une observation complexe d’un état de stress » et « 31 exemples de puncture unique en acupuncture ». On n’oubliera pas l’essai sur le Palais impérial que nous explique Henning Strøm en référence au Daodejing. Et bien sûr, ne ratez pas non plus les « Brèves d’acupuncture », mettant en exergue les derniers travaux scientifiques (méta-analyses, ECR, acupuncture expérimentale) sur l’acupuncture et techniques associées.

 Jean-Marc Stéphan

 [1]. Patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. Le carnaval d’Oruro. [Consulté le 28/05/2020]. Disponible à l’URL : https://ich.unesco.org/fr/RL/le-carnaval-doruro-00003.

[2]. Musée du Quai Branly Jacque Chirac. Costume de Ñaupa Diablo : masque-heaume. [Consulté le 28/05/2020]. Disponible à l’URL : http://www.quaibranly.fr/fr/explorer-les-collections/base/Work/action/show/notice/431096-costume-de-naupa-diablo-masque-heaume/page/3/

 

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Poupée médicale chinoise

Au cours des XVIIIe et XIXe siècles, le diagnostic des maladies chez les chinoises des classes bourgeoises ou aristocratiques n’était pas chose aisée pour le médecin. Du fait des conventions sociales qui imposaient que la femme ne devait jamais se montrer nue, l’examen physique étant tabou, le médecin devait interroger la femme alitée, cachée derrière un rideau. Celle-ci devait ensuite localiser ses symptômes en pointant les sites correspondant sur une figurine en ivoire [1]. Après cela, le médecin pouvait prescrire son remède. Les historiens notent que ces poupées en ivoire commencèrent à être connues des Occidentaux vers le XVIème, quand les négociants portugais établirent des comptoirs commerciaux le long des côtes chinoises. Les poupées de la dynastie Ming (1368-1644) sont les plus recherchées mais très rarement trouvées, contrairement à celles des XVIIIe et XIXe siècles, finement gravées dans l’ivoire, qui, selon les croyances, avait son propre pouvoir magique. L’expression du visage, les coiffures, les chaussures colorées sur des pieds minuscules, le port de boucles d'oreilles, de bracelets ou de bouquets de fleurs reflétaient les particularités et les coutumes de chaque période dynastique. Et lorsqu'elles n’étaient plus utilisées, la plupart des statuettes restaient inclinées sur des lits en acajou [2]. Depuis la fin de la dynastie Qing en 1911, leurs usages disparurent graduellement, surtout que les chinois étaient confrontés à la culture occidentale. Dans les années 1920, quelques médecins américains, missionnaires en Chine, rapportèrent avoir encore vu des poupées en usage, mais leur emploi disparut 10 ans après.

 

Jean-Marc Stéphan 

1. Dittrick H. Chinese medicine dolls. Bull Hist Med. 1952 Sep-Oct;26(5):422-9.

2. Bause GS. Antique Chinese diagnostic dolls. Anesthesiology. 2010 Mar;112(3):513.




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Sasang : quatre types constitutionnels

 
 L’acupuncture coréenne partage des points communs avec les acupunctures chinoise et japonaise mais s’en distingue par quelques singularités. L’une d’elles est de différencier quatre types constitutionnels : le typeTaeYangIn (  ) a un poumon puissant et un foie faible ; TaeEumIn (   ) a un foie puissant et un poumon faible ; SoYangIn (  ) a une rate puissante et des reins faibles ; SoEumIn (  ) a des reins puissants et une rate faible. Le traitement par acupuncture prend en compte ces forces et faiblesses d’origine génétique. Notre correspondant au Centre médical de l’Université Kyung Hee de Séoul, le Dr Byung Hee Koh, est un spécialiste de cette prise en charge.

L’utilisation du venin d’abeille purifié est une autre particularité de cette acupuncture dynamique et innovante. Ses principales indications sont rhumatologiques.

En Corée comme à Taïwan, on recourt simultanément aux deux médecines, orientale et occidentale, pour offrir aux patients des soins efficaces les plus diversifiés possibles.

Dans le deuxième volet consacré à l’acupuncture coréenne, outre le département de Médecine Constitutionnelle Sasang, nous allons nous intéresser aux activités des départements d’Acupuncture et Moxibustion, de Médecine de Réhabilitation et de l’Institut de Recherche Médicale Est-Ouest.

Dr Patrick Sautreuil