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Istanbul est une ville immense : 14 à 18 millions d’habitants. Elle s’étend de part et d’autre du Bosphore. Un pont gigantesque relie physiquement deux continents et symboliquement deux civilisations. Elle fut un des centres de rayonnement de l’Empire Romain (Constantin-Constantinople), de l’Empire Byzantin jusqu’à la prise de Byzance en 1453 par les troupes ottomanes conduites par Mehmet II et ensuite capitale de l’Empire Ottoman jusqu’à la Première Guerre mondiale.

Mustafa Kemal Atatürk (1881-1938), fondateur de la république (laïque) turque a choisi de faire d’Ankara la nouvelle capitale politique pour qu’elle ne soit pas à portée de canon des navires de guerre européens. Mais Istanbul a continué d’être le centre économique du pays. Et un haut lieu touristique (Topkapi, Hagia Sofia, Mosquée Bleue...).

Mehmet Abut a proposé sa ville pour recevoir le symposium 2014 d’ICMART. Le congrès s’est déroulé dans le musée de l’Armée, à peu de distance de la place Meydan Taksim, lieu privilégié de la contestation populaire (du gouvernement islamiste modéré). Les langues de travail étaient le turc et l’anglais, en traduction simultanée. Plus de 500 médecins turcs et 120 étrangers des cinq continents ont reflété la dimension mondiale de l’Acupuncture. 

 Patrick Sautreuil

 Photo : Le parc entre Aya Sophia (Sainte Sophie) et la Mosquée Bleue (au fond) et son jet d’eau, en fin d’après-midi. 

 

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Poupée médicale chinoise

Au cours des XVIIIe et XIXe siècles, le diagnostic des maladies chez les chinoises des classes bourgeoises ou aristocratiques n’était pas chose aisée pour le médecin. Du fait des conventions sociales qui imposaient que la femme ne devait jamais se montrer nue, l’examen physique étant tabou, le médecin devait interroger la femme alitée, cachée derrière un rideau. Celle-ci devait ensuite localiser ses symptômes en pointant les sites correspondant sur une figurine en ivoire [1]. Après cela, le médecin pouvait prescrire son remède. Les historiens notent que ces poupées en ivoire commencèrent à être connues des Occidentaux vers le XVIème, quand les négociants portugais établirent des comptoirs commerciaux le long des côtes chinoises. Les poupées de la dynastie Ming (1368-1644) sont les plus recherchées mais très rarement trouvées, contrairement à celles des XVIIIe et XIXe siècles, finement gravées dans l’ivoire, qui, selon les croyances, avait son propre pouvoir magique. L’expression du visage, les coiffures, les chaussures colorées sur des pieds minuscules, le port de boucles d'oreilles, de bracelets ou de bouquets de fleurs reflétaient les particularités et les coutumes de chaque période dynastique. Et lorsqu'elles n’étaient plus utilisées, la plupart des statuettes restaient inclinées sur des lits en acajou [2]. Depuis la fin de la dynastie Qing en 1911, leurs usages disparurent graduellement, surtout que les chinois étaient confrontés à la culture occidentale. Dans les années 1920, quelques médecins américains, missionnaires en Chine, rapportèrent avoir encore vu des poupées en usage, mais leur emploi disparut 10 ans après.

 

Jean-Marc Stéphan 

1. Dittrick H. Chinese medicine dolls. Bull Hist Med. 1952 Sep-Oct;26(5):422-9.

2. Bause GS. Antique Chinese diagnostic dolls. Anesthesiology. 2010 Mar;112(3):513.




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Gaudí, Barcelone et ICMART 2007

Du 1er au 3 juin 2007, Barcelone a été le siège du Congrès international d'acupuncture de l'ICMART qui, comme chaque année depuis 1983, a lieu dans une ville différente. Le Dr Isabel Giralt, Présidente du Congrès, mais aussi Présidente de la section d'acupuncture du Col.legi de Metges (Conseil de l'Ordre) de Barcelone et toute son équipe a réussi à organiser un congrès de grande qualité ayant pour thème « art, preuves et défis ».

C'est dans cette ville d'art que naquit entre 1890 et 1920, l'architecture moderniste (Modernismo), la version catalane de l'Art Nouveau qui se développa aux côtés de la Renaixença, mouvement artistique typiquement catalan qui visait la promotion d'un art et d'une littérature authentiquement régionaux.

Antonio Gaudí y Cornet (1852-1926), le célèbre bâtisseur de la Sagrada Familia parsema la ville de toutes ses oeuvres. On peut en voir ici le long de l'arête d'un toit un détail architectural (toiture de la casa Batlló -1905- montrant l'utilisation alternée de tuiles sphériques et cylindriques), simulant le dos couvert d'écailles d'un Dragon de l'Empire Céleste en visite pour ce congrès de l'International Council of Medical Acupunture and Related Techniques 2007.

Dr Jean-Marc Stéphan

© Acupuncture & Moxibustion 6(3) juillet-septembre 2007