taijiquan et santé

Comment et pourquoi la pratique du taijiquan améliore-t-elle la santé ?

Résumé : L'objectif de cet article est d'exposer comment le taijiquan 太極拳 est bénéfique pour la santé. Les principes qui dirigent l’exécution des mouvements de taijiquan sont les mêmes que ceux qui dirigent l’acupuncture. Les structures concernées sont essentiellement les méridiens curieux, qijing bamai 奇經八脈, dantian 丹田, mingmen 命門 et les points « assaut », chong . Mots clés : taijiquan-qijing bamai-dantian-mingmen-chong.

Summary: The objective of this article is to explain how taijiquan 太極拳 is beneficial for the health. The principles which manage the execution of the movements of taijiquan are the same that those who manage the acupuncture. The concerned structures are essentially the curious meridians, qijing bamai 奇經八脈, dantian 丹田, mingmen 命門 and "assault" chong points. Keywords: taijiquan-qijing bamai-dantian-mingmen-chong.

 


L'objectif de cet article est d'exposer comment le taijiquan 太極拳 est bénéfique pour la santé. Il répond à l'invitation de Su Qingpiao laoshi 蘇清標老師 qui m'a encouragée vivement à l'écrire. Je ne pouvais faire moins, car ses livres m'ont motivée pour reprendre l'apprentissage du chinois me permettant ainsi de trouver des pistes de compréhension (en chinois comme en tajiquan) [1,2].

Ce travail est le fruit d'une réflexion personnelle issue des sensations ressenties lors de la pratique du taijiquan, pratique guidée par Ly Zhuangzheng laoshi李傳錚老師, mon professeur [3,4], associée à mes connaissances de 27 ans de pratique exclusive de l'acupuncture.

La pratique de l'acupuncture ne m'a pas aidée dans l'apprentissage du taijiquan, c'est plutôt le taijiquan qui m'a permis de mieux appréhender l'acupuncture. Cependant l'acupuncture m'a permis de nommer les choses, et d'aller avec obstination à la recherche du confort dans le mouvement, ceci dans un souci de préserver la « libre circulation des souffles ». Il s'agissait d'installer une structure énergétique (interne) pour que la structure visible (externe) soit souple, une sorte de wuwei 無為 : tout


Photo 1. Trajets dessinés par un pratiquant de taijiquan non praticien de MTC.

installer pour que les choses se fassent d'elles-mêmes.

Ce chemin a commencé un jour de pratique solitaire au cours duquel sans rien chercher, j'ai senti les souffles circuler sur chongmai. Puis j'ai eu l'occasion d'assister à une conférence de Maître Chang Pintsang 張品璨老師 (Taipei novembre 2009), qui, sur sa présentation, avait dessiné (sans les nommer) des trajets de méridiens extraordinaires (photo 1). L'histoire continue avec Maître Su Qingpiao, qui lors d'un entraînement (Beijing juillet 2010) a cité, pour nous orienter dans la façon de faire un mouvement : shoutaiyin, yinqiaomai et jiaji. Nous reviendrons sur ces termes dans ce texte. Les discussions que j’ai eues avec ces deux personnes m’ont encouragée à poursuivre mes recherches. Le chemin est encore long !

Le taijiquan se base sur les principes taoïstes d'alternance du yin et du yang et de la transformation du yin en yang et inversement, pour une exécution correcte donc efficace des mouvements. La médecine traditionnelle chinoise (MTC) se base sur la vision taoïste du corps humain pour accéder au bien-être physique et mental, en accord avec le macrocosme, soit en maintenant un corps en « bonne santé », soit en ramenant un corps malade à l'état de « bonne santé ». Le lien entre ces deux pratiques est tellement étroit que les pratiques corporelles (taijiquan et qigong) font partie intégrante de la MTC, au même titre que la diététique, l'acupuncture, la phytothérapie et les massages (tableau I). J'utilise de préférence le pinyin 拼音, d'évocation plus fidèle que des traductions malgré la difficulté pour les lecteurs occidentaux. En effet, que ce soit pour les points ou les méridiens, leur nom exprime leur rôle dans le fonctionnement du corps. L'évocation faite par les caractères chinois non simplifiés souligne les liens entre les différents systèmes, c'est la raison pour laquelle ils sont insérés lors de leur première. Un glossaire alphabétique à partir du pinyin se trouve en fin de texte.

 

Tableau I. Comparaison taijiquan et MTC.

 

Taijiquan

MTC

Objectif

Maintenir une « bonne santé »

Maintenir et/ou ramener une « bonne santé »

Outils

Répétition de séries de mouvements (taolu), avec ou sans armes

Acupuncture, diététique, massage, phytothérapie, pratiques corporelles

Validation

Applications martiales

Absence d'apparition de maladie ou guérison de maladies existantes

 Les mêmes principes régissent l’univers, qu’il s’agisse de l’univers cosmique ou de l’être humain. Selon cette pensée cosmogonique, l'univers évolue constamment suivant de nombreux cycles qui s'imbriquent les uns dans les autres. Ces principes sont rythmés par la numérologie.

Le Dao est source du un. Le yin et le yang (2) à leur extrême ont pour emblème Terre et Ciel. De leur interaction naît l’Homme (3). La vie de l’Homme est cadrée par les 4 orients, se déroule selon les 5 mouvements, sous l’influence des 6 souffles cosmiques, cette évolution à travers les mutations continue de s’ordonner à 7, et à 8 dans les 8 directions de l’espace-temps, à 9 c’est l’accomplissement

Il est classique de dire que pour comprendre la MTC, il faut connaître les nombres. L'être humain fait corps avec l'Univers, il est « microcosme » au sein du « macrocosme » : microcosme-yin, macrocosme yang. C'est également ce que suggère l'Organisation Mondiale pour la Santé (OMS) : « La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité » [5]. Cette définition de l'OMS met en évidence un aspect yin (bien-être physique) de l'homme, un aspect yang de l'être (bien-être mental) dans une troisième réalité (bien-être social), plaçant ainsi les aspects yin et yang de l'être humain (microcosme) dans son environnement (macrocosme). L'homme dans sa dualité doit être considéré au sein d'un ternaire dont nous allons envisager un des aspects.

Yin-yang 陰陽

D'emblée j’admets qu’il y a deux principes, le yang, et le yin qui agissent l'un sur l'autre, s'attirent et se repoussent continuellement.

 

Yin  : côté ombragé d'une colline.

Yang  : côté ensoleillé de la même colline.


 

Tout répond à cette dualité, c'est-à-dire que tout ce qui existe, peut être analysé avec ce principe et aura un aspect yin et un aspect yang.

Le corps humain répond à cette dialectique yin-yang (tableau II).

 Tableau II. Yin et yang sur le corps humain.

Relève du yin

Relève du yang

Corps

Tête

En-dessous de la taille

Au-dessus de la taille

Côté droit

Côté gauche

Face antérieure

Face postérieure

Face interne

Face externe

Profondeur

Surface

Vers l’intérieur

Vers l’extérieur

Repos

Mouvement

Non raffiné

Raffiné

Dans un tableau de ce type, bien utile pour analyser les phénomènes, il manque une troisième colonne qui indique la référence, c'est-à-dire « de quelle colline parle-t-on ? ». Il manque également l'aspect dynamique car le plus important n'est pas de savoir ce qui est yin ou ce qui est yang. C'est la transformation entre yin et yang qui est importante : elle doit être harmonieuse et ininterrompue.

Yin et yang sont deux principes : opposés, complémentaires, interdépendants et par là même inséparables (il ne peut pas y avoir de vie sans yin et yang). Dans le temps et l’espace, ils alternent et parvenus à leur extrême, ils s’engendrent mutuellement. Les « règles de bonnes relations » entre les principes yin et yang sont symbolisées par le taiji (photo 2).

 


Photo 2. Bianhua et relation yin-yang.

Quand le yin croît, augmente, le yang décroît, diminue et inversement.

Le yin nourrit, le yang mobilise (ce qui nourrit est appelé yin, ce qui mobilise est appelé yang).

Le yin à son apogée se transforme en yang et inversement.

Le yang naît du yin et le yin du yang.

Le yang va au yin et le yin au yang.

Le yang agit sur le yin et le yin sur le yang (ce qui agit sur le yin est appelé yang, ce qui agit sur le yang est appelé yin).

 

On peut dire qu’est yin ce qui va devenir yang et inversement.

 

Tous les traités de taijiquan insistent : un mouvement efficace est arrondi.

Tout mouvement répond au yin (fermeture) et au yang (ouverture). Pour qu'un mouvement soit ininterrompu, il y a transformation incessante de son aspect yin vers son aspect yang, et inversement (cercle du taiji), tout « aller » implique un « retour ».

Un mouvement se déroule en 3 phases : ouverture-transformation-fermeture ou fermeture-transformation-ouverture, entre chacun des termes yin (fermeture) et yang (ouverture), il y a bianhua 變化, changement-transformation. Nous sommes passé, sans transition visible, d'une dualité à un ternaire, source d'une multitude de possibilités, comme annoncé par le Daodejing, 道德 au chapitre 42 [6] :

 

道生一

La voie engendre un,

一生二

un engendre deux

二生三

deux engendrent trois,

三生萬物

trois engendre 10 000

A partir de 3, tout est donc possible, en particulier tous les mouvements du taijiquan et du qigong.

Le « 3 » chez l'homme

 

L’homme est fils du Ciel-Terre, il est leur médiateur par excellence. Il est l’Empereur, Wang  : sur la Terre qui porte, et sous le Ciel qui le couvre, l'Homme est celui qui reçoit et donne. L'Empereur est en position de non agir wuwei 無為 : « C’est se conformer au Dao ». C'est la raison pour laquelle en taijiquan les pieds doivent être en contact avec le sol comme des ventouses de gecko, à la fois adhérentes et mobiles. Le sommet du crâne est érigé vers le haut au milieu « cela s'installera » et la verticalité de l'être se mettra en place (photo 9 et 11a).

Tout ce qui est rangé sous le nombre trois répond au Ciel-Terre-Homme permettant à l’être humain de se relier au Ciel-Terre : triple réchauffeur, 3 niveaux yin, 3 niveaux yang, 3 trésors (jing, qi, shen), 3 champs de cinabre…

Un des aspects du Ciel-Homme-Terre étant sa verticalité (physique, mentale, spirituelle).

Vie ordinaire

La dualité vie ordinaire et vie extraordinaire (=qui sort de l’ordinaire) est comme celle du yin et du yang, c'est une  « dissection », utile pour expliquer et comprendre, mais comme nous l'avons vu pour le yin et le yang, la vie ordinaire participe déjà à la vie extraordinaire et la vie extraordinaire entretient la vie ordinaire.

La vie ordinaire est supportée par le triple réchauffeur et les 12 méridiens ordinaires ou principaux (jingmai) 經脈. Ceux-ci sont en relation avec les zangfu 臟腑 (organes et entrailles) qui portent le même nom dans un couplage appelé biaoli 表裡 (avers-envers), couplage yin-yang par excellence.

Triple réchauffeur, sanjiao, 三焦

Lorsque les énergies circulent librement dans les jingmai ceux-ci sont perméables, la circulation des souffles y est fluide, les zangfu sont nourris et peuvent participer à l'élaboration de souffles nourriciers et défensifs de qualité dans ce cycle auto-entretenu. Cette transformation est assurée par sanjiao, triple réchauffeur, association des zangfu ayant pour objectif la métabolisation de ce qui est absorbé par l'être humain (sur les plans alimentaire, respiratoire et mental). Le jing (essence) des aliments est transformé en qi (souffles) qui vont entretenir les zangfu. Les zangfu étant bien nourris et défendus, ils pourront assurer leur rôle avec plus d'efficacité et moins de dépenses : le cycle s'auto-entretient. Les souffles deviennent de plus en plus raffinés, il existe un surplus qui sera stocké dans mingmen 命門, transformé par dantian 丹田 (champs de cinabre) inférieur en qi pur qui est stocké et distribué en cas de besoin par les méridiens extraordinaires.

Les méridiens, jingmai, 經脈

Les méridiens sont des trajets aussi immatériels que le sont les couloirs aériens ou comme l’est un chemin dessiné par les pas d’un homme qui passe dans un champ : pas de passage, pas de chemin, pas de méridien. Lorsque nous répétons inlassablement les mouvements complexes de taijiquan, nous perméabilisons les jingmai.


Photo 3. Vue aérienne d’empreintes archéologiques.

Certains pratiquants ont besoin de visualiser les jingmai, d'autres n'ont pas ce besoin. Même si on ne les visualise ou ne les sent pas, la perméabilisation se fait, car les conditions sont mises en place pour que les choses se fassent. Nous en avons un exemple dans la nature : si une personne passe au milieu d’un champ d’herbes, elle va aplatir et dessiner un chemin qui sera très rapidement caché par les herbes qui vont repousser si personne ne passe derrière. Si la même personne passe des milliers de fois, le chemin restera balisé. Si elle passe une fois rapidement, le chemin sera à peine dessiné, si elle passe des milliers de fois rapidement, le chemin sera moins bien dessiné que si elle passe des milliers de fois lentement. Si elle arrête de passer après des passages réguliers et répétés, il restera des traces des passages précédents. C’est l'intérêt de varier les vitesses d'exécution des enchaînements. Une exécution lente permet une imprégnation de souffles qui peut être perturbée en raison même de la lenteur ; une exécution rapide, laisse moins de temps à l'imprégnation, mais peut être utile pour forcer les barrages. L'alternance des deux rythmes est donc nécessaire, c'est une alternance yin (lenteur) yang (rapidité). Plus la structure sera exacte, plus la circulation sera harmonieuse, au sein d'un méridien, ainsi qu'au sein des méridiens liés. Cela souligne l'importance de la structure qui est cohérente dans chaque style. La reprise de la pratique après une pause sera d’autant plus confortable que la pause aura été courte, mais une pratique qui a été régulière laissera son empreinte tout comme la trace laissée par les sites archéologiques : les traces de circulation des souffles dans les méridiens sont similaires à celle des empreintes de la photo aérienne (photo 3).

L’organisation générale des méridiens peut paraître complexe par la multiplicité des couplages qui les lient :

­ Yin-yang : il y a 3 grands méridiens yin et 3 grands méridiens yang (tableau III) (photo 4a).

­ Haut-bas : méridiens dit du membre supérieur ou du membre inférieur (selon leur topographie) (tableau IV)

Biao-li : avers-envers du même vêtement (tableau V) Ce couplage nous indique que ce qui se passe sur un versant, par exemple taiyin, est susceptible de se manifester sur l’autre versant (yangming dans notre exemple) ou bien est susceptible de révéler ce qui se passe sur yangming.

La complexité de ces couplages est comparable à la complexité des mouvements de taijiquan. La multiplicité des situations implique une multiplicité des modalités relationnelles entre yin et yang, obligeant ce système à fonctionner sur tous les modes et dans toutes les conditions, car un corps parfait n'a pas d'espace.

Tableau III. 6 grands méridiens, 3 yin, 3 yang.

3 méridiens yin sur la face antérieure du corps :

3 méridiens yang sur la face antéro-externe du corps humain :

1 taiyin, 太陰, yin extrême

2 shaoyin, 少陰, petit yin

3 jueyin, 蕨陰, yin finissant

1 taiyang, 太陽, yang extrême

2 shaoyang, 少陽, petit yang

3 yangming, 陽明, yang lumineux

 Tableau IV : 12 méridiens principaux.

MP yin

MP yang

Membre supérieur

shou ()

Membre inférieur

zu ()

Membre supérieur

shou ()

Membre inférieur

zu ()

Shoutaiyin, poumon

Shoushaoyin, cœur

Shoujueyin, maître du cœur

Zutaiyin, rate

Zushaoyin, rein

Zujueyin, foie

Shoutaiyang, intestin grêle

Shoushaoyang, triple réchauffeur

Shouyangming, gros intestin

Zutaiyang, vessie

Zushaoyang, vésicule biliaire

Zuyangming, estomac

Tableau V. Couplage biaoli (表裡).

Biao (avers)

Li (envers)

Taiyin

Shaoyin

Jueyin

Yangming

Taiyang

Shaoyang

 

 

 

 

 

 

Circulation dans les méridiens principaux

Lorsque le yin monte le yang descend. Yin et yang communiquent au niveau des extrémités : à un méridien yin, succède un méridien yang, auquel succède un méridien yin : alternance yin-yang.

Photo 4a. Quand le yin monte, le yang descend.

Photo 4b. Connexion au niveau des extrémités.

Comme le montrent ces planches succinctes, la circulation des 12 jingmai assurent la circulation longitudinale (photos 4a et 4b). Ce système est doublé de branches secondaires issues des méridiens principaux, dont les luomai 絡脈 (vaisseaux luo), qui sont comme un filet, un réseau de liaison des branches principales avec les branches secondaires, les jingjin (méridiens tendino-musculaires), qui parcourent la surface….

Lors de la répétition des mouvements du taijiquan, les souffles circulent librement à travers les 12 méridiens principaux, les organes sont ainsi « nourris » régulièrement et peuvent donc assumer sans faille leur rôle dans le gouvernement de l’organisme. La répétition des enchaînements, taolu 套路 est donc indispensable, non seulement pour l'apprentissage de la structure, mémoire mentale, mémoire du corps, mais également pour perméabiliser des jingmai.

Je laisse le lecteur comparer les idéogrammes jing () et luo (), ainsi que luo () et lu () [[1]].

 

Sur la complexité structurelle des mouvements de taijiquan

Pendant l’exécution de l’enchaînement, yin et yang doivent se mouvoir en harmonie, comme deux pôles complémentaires d’une même unité. Les mouvements sont, sur un plan psychomoteur, très élaborés, obligeant et conduisant à une conscience corporelle tant haut-bas, que droite-gauche et avant-arrière. Ils obligent à multiplier les conditions de transformation du yin en yang et du yang en yin, assurant ainsi que dans chaque espace du corps, seront installés et prêts à fonctionner les mécanismes permettant bianhua.

Voyons ce qui se passe sur quelques postures, la position anatomique de référence est celle du tableau II. Chaque partie du corps microcosme par rapport aux parties qui l'entourent.

Posture wuji, wujishi無極式 

Cette posture est celle du commencement de l’enchaînement, c’est une posture debout, pieds parallèles, immobile pendant quelques minutes (photo 5), dans laquelle, en apparence rien ne se passe mais dans laquelle le dialogue entre yin et yang a déjà commencé.


Photo 5. Posture wuji.

La partie antérieure du tronc (yin) a la même orientation que les parties dorsales des membres supérieurs (yang). La partie postérieure du tronc (yang) a la même orientation que les parties internes des membres supérieurs (yin). Il y a du yin dans le yang et inversement. Le membre inférieur droit est yin dans le yin, le gauche est yang dans le yin. Le membre supérieur droit est yin dans le yang et le gauche est yang dans le yang.

Dans cette posture, le pratiquant est situé entre son ciel et sa terre. Cette posture statique pour un observateur externe, est déjà en mouvement à l’interne : yin et yang ont commencé leur dialogue et donc leurs transformations mutuelles. Tout est en place pour que les dix milles mouvements suivants puissent être : wuwei.

 

 

La grue blanche déploie ses ailes, baihe liangchi 白鶴亮翅

Dans cette posture, si la référence sont les membres supérieurs, la main droite (yin) est en haut (yang), la main gauche (yang) est en bas (yin).


Photo 6. la grue blanche déploie ses ailes.

Si la référence est le côté droit, la main (yang) est en avant (yang), le pied (yin) est en arrière (yin) et si la référence est le côté gauche, la main gauche (yang) est en arrière (yin), le pied gauche (yin) est en avant (yang).

Si la référence est le bras droit (yin dans le yang), sa face antérieure (yin) est tournée vers l'avant (yang) inversement sur le bras gauche.

 

Pour le mouvement suivant (effleurer le genou), les caractéristiques s'inversent, ce qui explique que les transitions sont particulièrement importantes pour les transformations.

Ces 2 exemples permettent d'illustrer comment sont multipliés dans des mouvements « simples » les transformations yin-yang favorisant ainsi les échanges et les circulations dans tous les jingmai.

 

Vie extra-ordinaire

La transformation des souffles issus de l’alimentation et de la respiration (vie ordinaire) est de plus en plus subtile, l’excédent de ces transformations est mis en dépôt dans mingmen, puis dantian inférieur le transforme en jing-essence qui est stockée dans les méridiens extraordinaires qui reçoivent l'excédent des méridiens principaux, un peu comme des vases d'expansion. La vie extraordinaire existe grâce à l'acquis des jingmai (méridiens ordinaires-principaux). Elle est soutenue par les 3 champs de cinabre, dantian et les qijing bamai 奇經八脈 (8 méridiens extraordinaires, particuliers) qui n'ont ni relation ni communication spéciale avec les viscères mais sont en relation avec les 12 méridiens principaux, les croisent verticalement et horizontalement, renforçant leur interconnexion. Ils règlent de façon subtile les parties yin et yang dans tous les aspects du yin et du yang : haut/bas, droite/gauche, intérieur/extérieur, jour/nuit. Ils peuvent à la fois absorber l'énergie des méridiens principaux et leur restituer cette même énergie en cas de besoin. Ce métabolisme est sous la dépendance de l'énergie des reins.

Qijing bamai 奇經八脈

Quatre méridiens curieux prennent naissance dans la région mingmen : dumai 督脈, renmai 任脈, chongmai 衝脈 et daimai 带脈. Ils partent d'un tronc commun à hauteur de mingmen, région qu'il faut relâcher lors de la pratique du taijiquan. Ce tronc commun se détache de mingmen, descend dans le pelvis, puis se divise en quatre branches [7,8] :

-       une branche remonte sur le pubis, se sépare en trois branches dont deux vont remonter sur le thorax latéral jusqu'aux lèvres et la troisième va longer la colonne vertébrale : chongmai. C'est l'assaut, le jaillissement.

-       Une branche qui remonte vers l'arrière et va entourer la taille : daimai (seul méridien horizontal).

-       Une branche qui va suivre la ligne médiane antérieure du tronc : renmai.

-       Une branche qui va suivre la ligne médiane postérieure du tronc : dumai.

 

Renmai et dumai : leur cycle est très souvent décrit sous le nom de petite circulation céleste. Ils sont médians, et ont leurs propres points.


Photo 7 : petite circulation

Daimai est également très souvent évoqué comme moteur des rotations du tronc, chongmai est injustement oublié malgré son nom évocateur.

 

Quatre méridiens curieux ont leur origine aux pieds :

-       les weimai 維脈 distinguent le yin du yang,

-       les qiaomai, 蹺脈 vaisseaux d’enracinement font communiquer les yin et les yang. Les weimai régissent l’espace, les qiaomai régissent le temps et l'enracinement.

1) yinqiaomai 陰蹺脈 et yangqiaomai 陽蹺脈 commencent sous les malléoles externe (photo 8a), ils assurent l'enracinement et la synchronisation temporelle du yin et du yang. Yangqiaomai régit le yang des parties droite et gauche du corps, yinqiaomai régit le yin des parties droite et gauche du corps. Leur réunion à l'angle interne de l'œil souligne l'importance du regard dans l'enracinement.

2) yinweimai 陰維脈 et yangweimai 陽維脈 commencent également aux pieds (photo 8b). Yinweimai lie ensemble tous les yin, yangweimai lie ensemble tous les yang.


 


 

Photo 8a. Yin et yang qiaomai.

Photo 8b. Yin et yang weimai.

 

Dantian丹田 et mingmen命門

Nous avons vu plus haut comment dantian et mingmen participent activement à la vie extraordinaire. Ces régions sont souvent nommées dans les pratiques corporelles : mingmen est situé sur la région lombaire, postérieur, dantian est sur la région du bas abdomen. Cependant, sur la ligne abdominale, les points renmai 4, 5, 6 ont pour nom secondaire mingmen, soulignant ainsi le lien direct entre dantian et mingmen.

Verticalité et points d'acupuncture

Il y a des critères communs à tous les styles de taijiquan pour obtenir une structure évaluée correcte : « L'énergie part des talons, passe dans les jambes, est rassemblée dans la poitrine, circule dans les épaules, est commandée par la taille » [9,10-30].

Parmi les références yin-yang dans la pratique du taijiquan il y a ciel-terre, verticalité-horizontalité, haut-bas, droite-gauche.

Les pieds en contact avec la terre sont parallèles (photo 9, ligne 2), le sommet du crâne en contact avec le ciel, la verticalité est entre ces deux repères, genou, hanche, épaules et regard sont horizontaux.

La verticalité est en relation avec yongquan, mingmen chongmai, baihui et les points nommés assaut chong (sur le membre inférieur, le tronc et la tête).

 

Yongquan, 湧泉, source jaillissante, est le premier point du méridien zushaoyin, rein.

 

Photo 9 : axe des pieds et ligne de projection du poids du corps

Il est situé sous la plante des pieds, à la base des orteils, son nom principal indique sa fonction. Un de ces noms secondaires, dichong, 地衝 ou assaut de la terre, nous permet d'expliquer son importance dans la construction de la verticalité en taijiquan.

Le point de projection du poids du corps est juste devant le calcanéum (photo 9 et 10, ligne 1). C'est l'axe nord-sud pour chaque pied et pour les deux pieds lorsqu'ils sont parallèles.

 

 

Photo 10 : axe des pieds, projection du poids du corps

Mingmen 命門, nom principal du point dumai 4 est situé sur la ligne médiane postérieure, à hauteur des coudes lorsque les coudes fléchis sont le long du corps.

Yongquan et mingmen ont une forte influence sur les reins et donc sur les méridiens extraordinaires.

Baihui, 百會, nom principal de dumai 20 se trouve au sommet du crâne.

D'autres points chong  :

1) sur le membre inférieur les points chong nous signifient l'intérêt des jambes dans le taijiquan : taichong, 太衝, (zujueyin 3), sur le dessus du pied, est juste en face de dichong (zushaoyin 1).

2) sur le tronc : qichong, 氣衝, (zuyangming 30) est un point également utilisé par le méridien chongmai. Chongmen, 衝門, (nom secondaire de zutaiyin 12), au même niveau que le précédent est en relation avec yinweimai.

3) sur le membre supérieur : shaochong 少衝 (shoushaoyin 9), zhongchong 中衝 (shoujueyin 9), guanchong 關沖 (shoushaoyang 1), et dans les noms secondaires, duichong 兌衝 (shoushaoyin 7), chongyang 衝陽 (shouyangming 11), touchong 頭衝 ou jingchong 頸衝 (shouyangming 14).

4) sur la tête : tianchong 天衝 (zushaoyang 9), jiaochong 交衝 (dumai 19), chongyang 衝陽(shouyangming 20), meichong 眉衝 (zutaiyang 3), bichong 鼻衝 (zutaiyang 4).

Je laisse le lecteur dessiner les lignes unissant les points ayant chong dans leur nom principal, puis ceux qui ont chong dans leur noms secondaires et comparer ces lignes aux axes mis en place dans la pratique du taijiquan et ceux des photos de Chang Pintsang [30].

 


 

 


 

 

Photo 11a. Points ayant chong dans leur nom principal et baihui.

Photo 11b. Points ayant chong dans leur nom secondaire.

 

Conclusion 

J'ai limité cette réflexion à la relation des méridiens avec la verticalité. Comme je l’ai évoqué dans l’introduction, lors de l’exposé de  Maître Chang Pintsang sur la structure j’ai été mise en face de la réalité des liens entre le taijiquan et les méridiens d’énergie. Lorsque Maître Su Qingpiao a cité shoutaiyin et les points jiaji comme moteurs de mouvements des membres supérieurs, j'ai d'abord été étonnée, mais sa proposition avait été efficace pour obtenir une posture confortable et jugée correcte, il me fallait alors en trouver l'explication :

-         shoutaiyin a son point de commande au niveau de la troisième vertèbre dorsale. Shoutaiyin est également point de distribution des souffles à partir de la poitrine. Il est couplé avec shouyangming dont le quatrième point est hegu 合谷, situé entre pouce et index est souvent cité en taijiquan. Faire appel à shoutaiyin engage directement shouyangming par leur couplage biao-li.

-         Les points jiaji (abréviation de Hua Tuo jiaji) 華佗夾脊sont des points peu connus car points hors méridiens. Ils sont para-vertébraux et donnés à utiliser à la place des points de commande dorsaux des zang-fu, car rapidement efficaces.

Un point d'acupuncture ou un méridien sont des mécanismes qui agissent comme des déclencheurs de réactions autonomes. Ils sont donc des outils intéressants pour agir, ou pour comprendre. Dans une pratique avancée, ces notions sont oubliées, car les souffles se gardent d'eux-mêmes sans faire appel aux méridiens pour les contenir. Les applications martiales permettent de valider la structure mais elles ne sont qu'une étape intermédiaire car l'objectif du taijiquan va au-delà comme le souligne Catherine Despeux dans le titre de son livre [9].

Plus je pratique et l’acupuncture et le taijiquan, plus je réalise que pratiquer le taijiquan est possible sans connaître le fondement énergétique, et que connaître ce fondement n'altère pas la pratique.

 Dr Florence Phan-Choffrut

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Commission scientifique du CFA-MTC

Enseignante des diplômes nationaux en Acupuncture, Université Paris XIII.


 

 Références 

1.       蘇清標著.太極拳的哲學. 台湾: 2003.

2.       蘇清標著.太極拳修煉哲學. 台湾: 2009.

3.       Ly A. Qigong dynamique. Paris; Vigot: 2006.

4.       Ly A. L'art du Taijiquan, le Dao et le Qi Paris: Lierre et Coudrier; 1990.

5.       OMS : http://www.who.int/about/definition/fr/print.html

6.       Lao Zi. Daodejing, http://wengu.tartarie.com/wg/wengu.php?l=Daodejing&lang=fr

7.       Deadman P, Al-Khafaji M. A manual of acupuncture Cushing Malloy; 2001.

8.       Deadman P, Al-Khafaji M. Manuel d'acupuncture. Bruxelles: Satas; 2003.

9.       Despeux C. Taijiquan: art martial et technique de longue vie. Paris: Trédaniel; 1982.

10.    Chen W. Questions et réponses sur le Taijiquan. L'essence du style Yang. Paris: Le Courrier du Livre; 2005.

11.    Dufresne T, Nguyen J. Taijiquan, art martial ancien de la famille Chen. Paris: Budostore; 1994.

12.    Gu Meisheng. Le chemin du souffle, pensée chinoise et taijiquan. Paris; Culture et sciences chinoises: 2000.

13.    Lowenthal W. Professeur Cheng Manqing, un grand maître de taijiquan parle. Paris: Le Courrier du Livre; 2001.

14.    Wang X. Taijiquan, style Chen. Paris; Quimetao: 2001.

15.    Waysun L. Les 3 classiques du Taijiquan. Paris: Le Courrier du Livre; 1997.

16.    Yang JM. Qigong, pratique martiale et santé. Paris: Budostore; 1994.

17.    Yang JM. Les racines du qigong chinois. Paris: Budostore; 1995.

18.    Yang JM. Taijiquan supérieur style Yang, applications martiales. Noisy sur École: Budo Editions; 1997.

19.    Yang JM. Taijiquan supérieur énergie interne, principes et théorie du qi et du jing. Noisy sur École: Budo Editions; 1997.

20.    Yang JM. 8 exercices simples de Qigong pour votre santé, les huit pièces de brocard. Noisy sur École: Budo Edition; 1998.

21.    Yang JM. Taijiquan supérieur, le style Yang: enseignement approfondi de la forme classique. Noisy sur École (France): Budo Editions; 1999.

22.    Carmona J. Le Taijiquan des origines. Paris: Trédaniel; 1995.

23.    Chen W. Questions et réponses sur le Taijiquan. L'essence du style Yang. Paris: Le Courrier du Livre; 2005.

24.    Cheng MQ. Laotseu: "Mes mots sont faciles à comprendre". Le Tao Te King commenté par le maître Cheng Manqing. Paris: Le Courrier du Livre; 2004.

25.    Cheng MQ. La nouvelle méthode d’apprentissage personnel du taichi chuan selon maître Cheng Manqing sur le Taijiquan. Paris: Le Courrier du Livre; 2002.

26.    Fu ZW. Maîtriser le style yang de taijiquan. Paris: Le Courrier du Livre; 1999.

27.    Gortais J. Taijiquan, l'enseignement de Li Guanghua. La tradition de l'école Yang. Paris: Le Courrier du Livre; 1990.

28.    Gu Liuxin. Chen style taijiquan. Beijing; China International Book Trading Corporation: 1996.

29.    Lowenthal W. Professeur Cheng Manqing, un grand maître de taijiquan parle. Paris: Le Courrier du Livre; 2001.

30.    Chang Pintsang. Photos 1,9,10.

 

 

Glossaire 

Pinyin

Caractère non simplifié (simplifié)

Français

Ba

Huit

Baihe liangchi

白鶴亮翅 (白鹤亮翅

La grue blanche déploie ses ailes

Baihui

百會 (百会)

Cent réunions

Bianhua

變化 ()

Changer et transformer

Biaoli

表裡 (表里)

Avers et envers d'un même vêtement, extérieur et intérieur

Bichong

鼻衝 (鼻冲)

Assaut du nez

Chang Pintsang

張品璨

Nom propre

Chongmai

衝脈 (沖脉)

Vaisseau des assauts

Chongmen

衝門 (冲门)

Porte de l'assaut

Chongyang

衝陽 (冲阳)

Assaut du yang

Daimai

带脈 (带脉)

Vaisseau ceinture

Dantian

丹田

Champs de cinabre

Dao

Voie

Daodejing

道德經 (道德经)

Livre de la Voie et de la Vertu

De

Vertu

Dichong

地衝 (地冲)

Assaut (à partir) de la terre

Duichong

兌衝 (兑冲)

Échange de l'assaut

Dumai

督脈 ()

Vaisseau gouverneur

Guanchong

關沖 (关冲)

Barrière de l'assaut

Hua Tuo

華佗 ()

Nom propre

Hegu

合谷

Vallée de la réunion

Jiaji

夾脊 (夹脊)

Pas de traduction, points para-vertébraux

Jiaochong

交衝 (交冲)

Assaut des rencontres

Jing

Essence

Jing

()

Livre sacré, méridien, axe nord-sud

Jingchong

頸衝 (颈冲)

Assaut du cou

Jingmai

經脈 (经脉)

Méridiens et vaisseau en médecine traditionnelle chinoise

Jingluo

經絡 ()

Méridien et vaisseau de liaison

Jue

Finissant

Laoshi

老師 ()

Maître

Luomai

絡脈 (络脉)

Vaisseau luo de liaison

Ly Zhuanzheng

李傳錚 (传铮)

Nom propre : Antoine Ly

Meichong

眉衝 (眉冲)

Assaut des sourcils

Ming

Lumineux

Mingmen

命門 (命门)

Porte de la destinée

Neiguan

內關 (内关)

Barrière de l'interne

Pinyin

拼音

Système de transcription phonétique

Qi

()

Souffles

Qi

Curieux, merveilleux

Qijing bamai

奇經八脈 (奇经八脉)

Méridiens extraordinaires

Qichong

氣衝 (气冲)

Assaut du souffle

Renmai

任脈 ()

Vaisseau conception

Sanjiao

三焦

Triple réchauffeur

Shao

Peu, petit

Shaochong

少衝 (少冲)

Petit assaut

Shou

Membre supérieur

Shoujueyin

()

Méridien du Maître du cœur

Shoushaoyang

手少陽 (手小阳)

Méridien du Triple réchauffeur

Shoushaoyin

手少陰 (手少阴)

Méridien du Cœur

Shoutaiyang

手太陽 (太阳)

Méridien de l'Intestin grêle

Shoutaiyin

手太陰 (手太阴)

Méridien du Poumon

Shouyangming

手陽明 (阳明)

Méridien du Gros intestin

Su Qingpiao

蘇清標 ()

Nom propre

Tai

Extrême, grand

Taijiquan

太極拳 ()

Pas de traduction

Taichong

太衝 (太冲)

Grand assaut

Taolu

套路

Séquence de mouvement

Tianchong

天衝 (天冲)

Assaut du ciel

Touchong

頭衝 (头冲)

Assaut de la tête

Waiguan

外關 ()

Barrière de l'externe

Wang

Empereur

Wujishi

無極式 (无极式)

Sans faîte, posture de commencement et de fin d'enchaînement

Wuwei

無為 (无为)

Principe taoïste du non agir

Yang

()

Sans traduction

Yangqiaomai

陽蹺脈 (阳跷)

Méridien des talons yang

Yangweimai

陽維脈 (阳维)

Méridien de liaison yang

Yin

()

Sans traduction

Yinqiaomai

陰蹺脈 (陰蹺脉)

Méridien des talons yin

Yinweimai

陰維脈 (阴维)

Méridien de liaison yin

Yongquan

湧泉 (涌泉)

Fontaine jaillissante

Zangfu

臟腑 (脏腑)

Organes et entrailles

Zhongchong

中衝 (中冲)

Assaut du milieu

Zu

Membre inférieur

Zujueyin

()

Méridien du Foie

Zushaoyang

足少陽 (足小阳)

Méridien de la Vésicule Biliaire

Zushaoyin

足少陰 (足少阴)

Méridien du Rein

Zutaiyang

足太陽 (足太阳)

Méridien de la Vessie

Zutaiyin

足太陰 (足太阴)

Méridien de la Rate

Zuyangming

足陽明 (足阳明)

Méridien de l'Estomac



[1] () : fil, suite, succession, relation, () : cours d’eau qui circulent sous la surface du sol, () : aller son chemin, sans écouter les avis d’un autre, () : pied au repos mais aussi le pied en général.