Medline Méridiens

L’acupuncture présente un effet bénéfique sur le stress oxydatif

Le stress oxydatif est défini comme un déséquilibre entre la production des dérivés réactifs de l’oxygène (DRO = ROS, Reactive Oxygen Species) et des dérivés réactifs de l’azote (DRA = RNS, Reactive nitrogen species) et celle du système antioxydant endogène. Le stress oxydatif constitue une forme d’agression des constituants de la cellule. Dans les conditions physiologiques, diverses voies oxydatives connexes contribuent à la production de ROS/RNS, tandis que plusieurs systèmes enzymatiques antioxydantes intra- et extracellulaires agissent pour éliminer ROS/RNS. Lorsque les voies oxydatives sont débordées, ROS/RNS endommagent les structures cellulaires, suite au déséquilibre redox du compartiment biologique. Le stress oxydatif est un facteur d’inflammation et de mutagénèse. C’est un élément essentiel dans le processus pathologique de diverses maladies.


 

Voir en ligne : Zeng XH, Li QQ, Xu Q, Li F, Liu CZ. Acupuncture mechanism and redox equilibrium. Evid Based Complement Alternat Med. 2014 ;2014:483294. doi : 10.1155/2014/483294. Epub 2014 Jul 7.

le système ROS


Récemment, un grand nombre de preuves a démontré que l’acupuncture présente un effet antioxydant. Afin de mieux comprendre le mécanisme, des auteurs chinois ont réalisé une revue de la littérature. La recherche a identifié 117 publications sur l’étude de l’acupuncture et la modulation redox.

Parmi les 84 articles répondant aux critères, 79 articles sont en anglais et cinq articles en chinois. Le mécanisme sous-jacent de l’effet antioxydant induit par acupuncture est discuté sur la base des études publiées dans les cinq dernières années.

Les auteurs ont plus particulièrement mis l’accent sur l’effet antioxydant de l’acupuncture dans les pathologies suivantes : démence vasculaire, maladie d’Alzheimer, maladie de Parkinson, hypertension artérielle. L’analyse porte sur le système redox, le système antioxydant, le processus anti-inflammatoire, le système nerveux et les voies de signalisation. Bien que ces études sur les voies moléculaires et cellulaires de l’effet de l’acupuncture dans le stress oxydatif soient préliminaires, elles représentent une étape importante dans la recherche de l’effet antioxydant de l’acupuncture.

Acupuncture et conseils pour les douleurs en comorbidité de la dépression évitent leur passage en chronicité

Chez environ 50 à 70% des personnes souffrant de dépression majeure, la douleur chronique est souvent présente. La fréquence de cette association augmente à mesure que la gravité de l’une ou l’autre des manifestations - douleur ou dépression - s’accentue, et leur impact mutuel joue un rôle important dans le développement et le passage à la chronicité des symptômes. Des options supplémentaires de traitement sont donc nécessaires dans la prise en charge de la dépression associée à la douleur. Une équipe de l’Université de York (Yorkshire - Royaume-Uni) a réalisé une étude pour recueillir l’expérience des patients atteints de dépression afin d’analyser les processus de changement suite au traitement additionnel par acupuncture ou par des conseils, ainsi que les facteurs ayant contribué au changement à long terme.


 

Voir en ligne : Hopton A, Eldred J, MacPherson H. Patients’ experiences of acupuncture and counselling for depression and comorbid pain : a qualitative study nested within a randomized controlled trial. BMJ Open. 2014 Jun 5 ;4(6) :e005144. doi : 10.1136/bmjopen-2014-005144

d'après Levoy Exil (Haïti)


Un sous-groupe de cinquante-deux patients a été sélectionné à partir des sept-cent-cinquante-cinq participants d’un essai contrôlé randomisé (ECR) atteints de dépression avec ou sans douleur. Les participants de l’ECR ont bénéficié d’acupuncture ou de conseils en plus du traitement standard pour la dépression. Le sous-groupe (28 femmes et 24 hommes âgés de 22 à 89 ans) a accepté de passer des entretiens téléphoniques semi-structurés pour analyse thématique. Ils ont reçu en moyenne onze séances (4-12) d’acupuncture ou dix séances (6-12) de conseil assisté. Les participants ont rapporté des effets spécifiques au traitement sur leur expérience de la dépression associée à la douleur par rapport à la dépression seule. Avec des symptômes physiques souvent liés à la fatigue et aux troubles du sommeil, les participants souffrant de dépression et de douleur avaient en général moins de ressources (internes et externes) disponibles pour gérer efficacement leur dépression par rapport à ceux souffrant uniquement de dépression.

Ceux qui avaient des symptômes physiques ont rapporté le bénéfice de l’acupuncture dans le cadre du traitement. Pour ceux qui recevaient des conseils, on mettait moins l’accent sur les symptômes physiques mais davantage sur l’aide pour acquérir une compréhension d’eux-mêmes et de leur situation. Au cours du traitement, la plupart des participants des deux groupes ont déclaré avoir reçu un soutien pour faire face à la dépression et à la douleur, indépendamment du traitement, avec un accent sur les changements de mode de vie et de comportement pertinents. L’établissement d’une relation thérapeutique et leur engagement actif en tant que participants ont été identifiés comme des éléments importants du traitement. La relation thérapeutique et l’engagement actif des participants dans la récupération peuvent jouer des rôles distincts dans la conduite du changement à long terme. Les patients qui souffrent à la fois de dépression et de symptômes physiques pourraient trouver un bénéfice à un recours de brève durée à l’acupuncture pour soulager les symptômes avant de poursuivre éventuellement, en cas de besoin, une prise en charge sous forme de conseils. Il est important d’identifier et de gérer les symptômes de douleur qui accompagnent souvent la dépression pour améliorer l’efficacité du traitement et le taux de rémission. D’après cette étude, les personnes souffrant de dépression apprécient une approche de soins individualisés et sont ouvertes à la valeur complémentaire des options de soins de santé telles que l’acupuncture et le conseil.

L’électroacupuncture est efficace dans le traitement de la dépression chez le rat modèle

Afin d’explorer de nouvelles options de traitement non invasif pour la dépression, des chercheurs chinois ont mené une étude préclinique pour examiner les effets de l’acupuncture électrique (EA) chez l’animal-modèle de stress, le rat Sprague-Dawley. La dépression a été induite par un stress modéré imprévisible chronique (UCMS pour Unpredictable Chronic Mild Stress), combiné à l’isolement pendant 21 jours. Les rats ont été soumis chaque jour de façon aléatoire à des situations de stress telles que : privation de nourriture (24 h), privation d’eau (24 h), litière humide (24 h), natation dans l’eau glacée à 4 ° C (5 min), position agrafée par la queue (5 min), choc électrique à 100V (2 mA, 5 min), inversion du cycle lumière / obscurité (12 h).


"FST" by TaoPan - Own work. Licensed under CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons - http://commons.wikimedia.org/wiki/File :FST.jpg#mediaviewer/File :FST.jpg

 

Voir en ligne : Mo Y, Yao H, Song H, Wang X, Chen W, Abulizi J, Xu A, Tang Y, Han X, Li Z. Alteration of Behavioral Changes and Hippocampus Galanin Expression in Chronic Unpredictable Mild Stress-Induced Depression Rats and Effect of Electroacupuncture Treatment. Evid Ba


Dix-huit rats Sprague-Dawley ont été répartis au hasard en trois groupes : groupe contrôle (ne recevant ni induction de stress UCMS et ni traitement par EA), groupe modèle (recevant UCMS mais sans être traité par EA), et groupe EA (recevant UCMS et traité par EA). Les rats du groupe traité ont reçu l’EA (1mA, 2 Hz pendant 20 minutes) une fois par jour pendant 21 jours. Deux points ont été sélectionnés : Baihui (20VG) et Yintang (29VG), selon les indications de la médecine traditionnelle chinoise pour traiter les maladies liées à l’esprit et au cerveau. Les effets de l’EA ont été évalués par le test de champ ouvert (permettant de mesurer une activité motrice de type anxiolytique), la consommation de sucre (pour mesurer un comportement de la dépression par l’évaluation de l’état hédonique ou capacité de procurer du plaisir), le poids corporel et le dosage de la galanine (GAL) dans l’hippocampe.

Les rats ont été sacrifiés au 22è jour pour la détection de l’expression de la GAL ARNm dans l’hippocampe. Les résultats ont montré au 21e jour une diminution de poids chez le groupe modèle par rapport au groupe contrôle, mais une augmentation significative du poids du groupe EA par rapport au groupe modèle. Ceci indique que les procédures de stress UCMS ont une influence négative sur le poids, mais qui a pu être neutralisée par l’EA. Concernant la consommation de sucre, les résultats ont montré que les rats des groupes modèle et EA ont perdu l’attirance pour le sucre après induction UCMS, mais l’EA a pu améliorer la situation. L’expression de la GAL ARNm du groupe modèle est significativement diminuée par rapport au groupe contrôle, tandis que celle du groupe EA est significativement supérieure à celle du groupe modèle. La GAL est un neuropeptide présent dans l’ensemble du système nerveux central, plus particulièrement dans l’hippocampe et l’hypothalamus. Elle participe à la régulation de nombreuses fonctions physiologiques au cours du processus de réaction au stress.

D’après cette étude, l’EA permet de réduire de façon significative le déficit des activités comportementales induites par UCMS par un mécanisme de modulation positive de l’expression de la galanine dans l’hippocampe.