Acu. expérimentale

Analyse des effets de l’acupuncture par IRMf sur le réseau impliquant l’amygdale

De plus en plus de preuves indiquent que les effets principaux de l’acupuncture sont obtenus par médiation du système nerveux central. Cependant, les réseaux cérébraux spécifiques sous-tendant ces effets demeurent incertains. Dans cette étude utilisant l’IRM fonctionnelle (IRMf), une méthode d’analyse de covariance interrégionale a été utilisée afin d’examiner la connectivité fonctionnelle de réseaux cérébraux impliqués dans l’acupuncture. L’IRMf a été réalisée avant, pendant et après stimulation du zusanli (ES36) sur des volontaires sains, point connu pour être impliqué dans la modulation de la douleur. Ont été tout d’abord identifiés des changements des signaux d’IRMf significatifs pendant la stimulation d’acupuncture au niveau de l’amygdale gauche, amygdale qui a été par la suite choisie comme référence fonctionnelle pour les analyses de connectivité. Les résultats ont démontré qu’il y a un réseau cérébral associé à l’amygdale pendant la condition de repos. Ce réseau englobe les structures cérébrales qui sont impliquées tant dans la sensation de douleur que dans la modulation de la douleur. Les auteurs ont aussi constaté qu’un tel réseau concernant la douleur pourrait être modulé autant par l’acupuncture verum que par l’acupuncture sham (feinte). Cependant, comparée à la sham acupuncture, l’acupuncture vraie induit un niveau plus élevé de corrélations parmi le réseau associé à l’amygdale. En conclusion, ces découvertes indiquent que l’acupuncture peut changer l’état fonctionnel du réseau cérébral spécifique de l’amygdale qui est à la base la modulation de douleur et de la perception douloureuse.


Acupression et électroacupuncture : il n’y a pas de différence dans la réponse corticale


Les études en IRM fonctionnelles objectivent que les stimuli acupuncturaux entraînent un effet dans la zone sous-corticale. Mais il existe aussi une action sur l’aire primaire somatosensorielle (S1). A partir d’une magnétoencéphalographie tête entière (MEG), les auteurs ont donc analysé l’effet sur cette zone S1 de 15 minutes d’électroacupuncture (EA) et l’acupression (AP) afin d’évaluer les différents types de simulation d’acupuncture. Il s’avère que les deux formes d’acupuncture entrainent une diminution significative des amplitudes de réponse après cinq minutes de stimulation. Toutefois, la latence de ces baisses a été plus précoce par EA ( 30 ms après le stimulus) que par AP (> 100 ms). En conclusion les deux formes d’acupuncture (EA et AP) agissent sur la zone SI, de concert avec leurs effets sur la régulation sous-corticale endogène antalgique. Donc ces thérapies ont un potentiel de traitement touchant la zone S1 et éventuellement peut modifier la neuroplasticité. Une étude plus approfondie au sein des populations neuropathiques serait nécessaire afin de l’évaluer.


Le deqi provoque une réponse spécifique aux points d’acupuncture et dans le cerveau

deqi au 36E


Une équipe chinoise a réalisé une étude sur 30 volontaires adultes en bonne santé afin d’analyser les changements intrinsèques au sein de l’organisme suite à l’acupuncture avec le deqi. Des aiguilles jetables d’un diamètre de 0.22 mm et 40 mm de longueur ont été utilisées. L’aiguille a été insérée verticalement à une profondeur de 2-3 cm aux points 4GI et 36E du côté droit, chaque point étant utilisé dans deux séries indépendantes de mesures. L’aiguille a été maintenue en place pendant 2 min avant de la manipuler. Elle a été tournée environ 180° dans chaque direction, au rythme d’un cycle par seconde, ce qui correspond à la technique utilisée en pratique clinique.

La sensibilité du participant à la manipulation de l’aiguille a été testée et ajustée à sa tolérance, visant à susciter la sensation du deqi sans causer de douleur insupportable. Dans le cas d’une forte sensation douloureuse, la position de l’aiguille doit être réajustée pour faire disparaître la douleur en quelques secondes.

Les résultats des mesures par Laser Doppler imagerie de perfusion (LDPI), par échographie et par électromyographie (EMG) ont montré une augmentation du débit sanguin, du déplacement des tissus ainsi que de l’amplitude myoélectrique aux points d’acupuncture après obtention du deqi. Par ailleurs à l’imagerie fonctionnelle (IRMf), le traitement par acupuncture avec recherche du deqi induit une augmentation/diminution du signal dans différentes régions du cerveau, malgré l’absence de changement significatif à l’électroencéphalogramme.

D’après cette étude, les variations intrinsèques observées chez les sujets sains permettent d’évaluer de façon quantitative la réponse spécifique aux points d’acupuncture et dans le cerveau humain à l’obtention du deqi. Ceci confirme la validité d’une modalité de traitement largement adoptée dans le monde entier.


 

Voir en ligne : Tian DS, Xiong J, Pan Q, Liu F, Wang L, Xu SB, Huang GY, Wang W. De Qi, a Threshold of the Stimulus Intensity, Elicits the Specific Response of Acupoints and Intrinsic Change of Human Brain to Acupuncture. Evid Based Complement Alternat Med. 2014:914878.