Medline Méridiens

L’acupression au point 32V (ciliao) est efficace sur le degré d’anxiété et sur la délivrance chez les parturientes

Un essai clinique randomisé de type pragmatique a été mené en Iran, dans la salle d’accouchement à l’Hôpital Shoushtari de l’Université de Chiraz des Sciences Médicales. Les 150 participantes ont été réparties de façon aléatoire en trois groupes (50 dans chaque groupe) en soins de soutien par une doula (groupe A), acupression (groupe B) et soins de routine pour le groupe contrôle (groupe C).


 

Voir en ligne : Akbarzadeh M, Masoudi Z, Zare N, Vaziri F. Comparison of the effects of doula supportive care and acupressure at the BL32 point on the mother’s anxiety level and delivery outcome. Iran J Nurs Midwifery Res. 2015 Mar-Apr ;20(2):239-46.

Une doula est une femme aux côtés de la femme enceinte, à l'écoute de ses désirs, ses besoins. Elle propose un accompagnement dans la continuité, une relation de confiance, de complicité et d'intimité de femme à femme.


Les critères d’inclusion étaient : âge gestationnel de 37-41 semaines basé sur la date du dernier cycle menstruel ou de l’échographie des premier et deuxième trimestres ; première ou deuxième grossesse ; âgées entre 18 et 35 ans ; grossesse unique ; présentation de la tête ; absence d’anomalies chromosomiques ou d’anomalies fœtales évidentes ; absence de médicamentation spéciale pendant la grossesse, et ayant au moins un niveau d’enseignement moyen. D’autre part, les critères d’exclusion de l’étude étaient : diabète maternel, restriction de croissance, incompatibilité de rhésus, antécédents de tabagisme, pré-éclampsie, oligohydramnios, placenta praevia, décollement placentaire, méconium épais, médicaments tels que scopolamine, ocytocine, atropine. Dans le groupe A, la doula* était à côté de la femme enceinte dès son entrée dans le département, pour la calmer, l’encourager et donner des conseils sur les positions appropriées en fonction des étapes de travail. Les positions ont été choisies de telle sorte qu’elles empêchent la fatigue et la monotonie. Dans le deuxième groupe (B), à 3 cm - 4 et 7 - 8 cm de dilatation, la mère a été placée dans une position correcte et l’acupression effectuée au point 32V (ciliao). La pression a été appliquée de façon continue et en douceur par les deux pouces pendant 20 minutes, au début des contractions puis arrêtée à la fin des contractions. Selon les résultats d’une analyse de variance, aucune différence significative n’a été observée entre les trois groupes avant intervention, en ce qui concernait l’état (P = 0,900) et l’anxiété-trait (P = 0,318). Après intervention, le score moyen de l’état d’anxiété du groupe de contrôle était respectivement de 27,5 et 26,0 points supérieur à celui des groupes A et B. Par ailleurs, le score moyen de l’anxiété-trait du groupe de contrôle était respectivement de 7,6 et 7,2 points plus élevés que celui des groupes A et B, et les différences étaient statistiquement significatives (P <0,001).

*Une doula est une femme aux côtés de la femme enceinte, à l’écoute de ses désirs, ses besoins. Elle propose un accompagnement dans la continuité, une relation de confiance, de complicité et d’intimité de femme à femme.

Efficacité de l’acupuncture dans l’insuffisance ovarienne prématurée


Une revue systématique a été réalisée par des auteurs coréens pour évaluer les effets de l’acupuncture chez des patientes souffrant d’insuffisance ovarienne prématurée (IOP). L’IOP, encore dénommée insuffisance ovarienne primitive, primaire ou précoce est une pathologie dont la présentation clinique est complexe. Elle survient chez 1 à 2 % des femmes avant 40 ans, 0,1% avant 30 ans. Les causes sont multiples : les anomalies génétiques, les maladies auto-immunes, les atteintes ovariennes iatrogènes secondaires à la chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie, aux facteurs environnementaux tels que les virus, les toxines, le tabac, et aux facteurs métaboliques. Cependant, dans la majorité des cas, l’étiologie de l’IOP est idiopathique. Comme pour la ménopause physiologique, l’insuffisance ovarienne précoce présente les symptômes du climatère : infertilité, palpitations, intolérance à la chaleur, bouffées de chaleur, anxiété, dépression, fatigue. La biologie de l’insuffisance ovarienne précoce consiste en une diminution du taux d’œstrogènes et d’inhibines avec une augmentation du taux de gonadotropines (LH et FSH), c’est-à-dire une aménorrhée hypergonadotrope. La recherche a été faite dans douze bases de données pour identifier les essais contrôlés randomisés (ECR) publiés avant juillet 2014. Les critères d’inclusion d’IOP : femmes de moins de 40 ans avec une aménorrhée supérieure à quatre mois ou plus et taux de FSH au-dessus de 40UI/l. Les critères d’évaluation ont été le taux sérique de l’hormone folliculo-stimulante (FSH) et la reprise de menstruations.


Voir en ligne : Jo J, Lee YJ, Lee H. Effectiveness of Acupuncture for Primary Ovarian Insufficiency : A Systematic Review and Meta-Analysis. Evid Based Complement Alternat Med. 2015 ;2015:842180. doi : 10.1155/2015/842180. Epub 2015 May 18.


L’extraction des données et les évaluations du risque de partialité ont été menées de manière indépendante par deux auteurs différents, selon la méthodologie de revue Cochrane et les critères GRADE (Grading of Recommendations Assessment, Development, and Evaluation). Huit ECR ont été retenus. Ils différaient entre eux selon la sélection des points d’acupuncture, la fréquence du traitement et le type d’intervention par acupuncture. Dans quatre essais, l’acupuncture a été testée comme thérapie unique dans le groupe de traitement. L’intervention ayant utilisé l’acupuncture associée à la phytothérapie chinoise placebo a été considérée dans l’analyse comme traitement par acupuncture seule. Pour les quatre autres ECR, l’acupuncture a été utilisée de façon combinée à la médecine chinoise à base de plantes ou à un traitement hormonal de substitution. Quatre ECR ont utilisé l’acupuncture manuelle, deux ont utilisé l’électro-acupuncture, et les deux autres ont utilisé l’implantation de catgut à des points d’acupuncture. La durée du traitement variait de 3 à 6 mois. L’analyse a montré que l’acupuncture réduit de façon significative les taux sériques de FSH, et davantage de femmes ont rapporté une reprise des menstruations parmi celles qui ont été soignées par acupuncture. Cependant, les résultats doivent être interprétés avec prudence en raison du nombre réduit de participantes, du risque élevé de biais lié au caractère non aveugle pour les participantes et pour l’évaluation du traitement. Il existait également des biais probables de publication. Le niveau de preuve basé sur le taux sérique de FSH et la reprise des règles a donc été évalué comme « faible » selon le classement d’évaluation GRADE. Les données actuelles sur l’acupuncture dans les IOP sont insuffisantes pour tirer une conclusion ferme en raison de la rareté des études. Des études rigoureusement conçues sont nécessaires pour confirmer l’efficacité et la sécurité de l’acupuncture chez les femmes atteintes d’IOP.

L’électroacupuncture améliore la fonction vésicale après rachianesthésie

La rachianesthésie est la technique la plus simple et la plus fiable en anesthésie régionale. Elle est largement utilisée pour les interventions basses de l’abdomen, du bassin, du périnée, et la chirurgie des membres inférieurs. Par rapport à l’anesthésie générale, l’anesthésie rachidienne a des nombreux avantages dont la récupération rapide, un faible inconfort du patient en cours de procédure et une diminution du besoin d’analgésie postopératoire. Mais, la rachianesthésie est susceptible d’entraîner un dysfonctionnement du détrusor en raison du bloc des voies réflexes afférente et efférente de la miction, pouvant ainsi conduire à une dilatation de la vessie. Lorsque la vessie est trop dilatée, la contractilité du détrusor s’affaiblit et induit une rétention urinaire postopératoire. Une équipe chinoise a réalisé une étude pour évaluer l’action de l’électroacupuncture sur la récupération de la fonction vésicale après anesthésie rachidienne.


 

Voir en ligne : Gao Y, ZhouX, Dong X, Jia Q, Xie S, Pang R. Electroacupuncture for Bladder Function Recovery in Patients Undergoing Spinal Anesthesia. Evid Based Complement Alternat Med. 2014 ;2014:892619. doi : 10.1155/2014/892619. Epub 2014 Dec 24.


Soixante et un patients ayant reçu une rachianesthésie ont été recrutés et répartis de façon aléatoire dans deux groupes : groupe EA traité par électroacupuncture (n = 31) et groupe contrôle (n = 30) sans aucun traitement. Le critère principal d’évaluation était l’incidence de la vessie dilatée et de la rétention urinaire postopératoire. Les critères secondaires étaient le temps d’obtention de la miction spontanée, le volume d’urine évacué et les événements indésirables. Les points d’acupuncture 3VC (Zhong Ji), 4VC (Guan Yuan) et 29E bilatérale (Gui Lai) ont été sélectionnés. Après insertion des aiguilles, la stimulation électrique a été appliquée pendant 30 minutes, à basse fréquence (2 Hz) en stimulation onde continue. Tous les participants ont complété l’étude. Pendant le suivi post-opératoire, le nombre de patients avec vessie dilatée du groupe EA est significativement inférieur à celui du groupe contrôle (16,1% versus 53,3%, p <0,01). Cependant, aucune différence significative n’a été observée dans l’incidence de la rétention urinaire post-opératoire entre les deux groupes (0% contre 6,7%, p> 0,05). En outre, un temps plus court à la reprise de la miction spontanée a été constaté dans le groupe EA par rapport au groupe contrôle (228 min contre 313 min, P <0,001), alors que le volume d’urine et les effets indésirables n’ont pas présenté de différence significative entre les deux groupes. En termes de différence d’âge, les patients les plus jeunes (≤50 ans) avaient pris moins de temps pour récupérer une miction spontanée par rapport aux plus âgés (> 50 ans) dans le groupe EA, alors qu’aucune différence significative n’a été observée dans le groupe témoin. Concernant la dilatation de la vessie, le groupe des plus jeunes et celui des plus âgés avaient présenté un pourcentage similaire dans le groupe EA (12,5% contre 17,4%) et le groupe témoin (50% contre 55%), respectivement. En outre, aucune différence significative n’a été observée entre les hommes et les femmes dans les deux groupes. Chez les patients subissant une anesthésie rachidienne, l’électroacupuncture réduit la survenue de vessie dilatée et raccourcit le temps de reprise de la miction spontanée. Elle peut représenter une stratégie pour traiter le dysfonctionnement de la vessie suite à une rachianesthésie.