Medline Méridiens

L’acupuncture améliore la qualité du sommeil chez les personnes âgées

Ces schémas objectivent les principaux effets de l'acupuncture véritable (TRUE)(A) versus acupuncture placebo (SHAM) (B) dans la dépression, le stress et la qualité du sommeil. Le test T montre des différences statistiquement significatives : *** p <0,0001 et * p <0,01. Les troubles du sommeil chez les personnes âgées sont associés à des changements neurophysiologiques préjudiciables (augmentation du cortisol, diminution de la mélatonine) et immunosénescence prématurée des cellules lymphocytaires CD3 +, CD4 +, associée à une réduction cérébrale du brain-derivated neurotrophic factor (BDNF). Cette étude a donc permis d’évaluer les effets de l’acupuncture sur la qualité du sommeil, la détresse psychologique et l’immunosénescence chez les personnes âgées, ainsi que les effets sur les taux de BDNF. Quarante-huit personnes âgées de 60 à 77 ans ont été assignés au hasard dans un groupe témoin d’acupuncture placebo (n = 24) et un groupe acupuncture réelle (n = 24). Les traitements d’acupuncture ont été réalisés à la clinique externe de personnes âgées, à l’institut de gériatrie et de gérontologie de l’hôpital São lucas (Porto Alegre, Brésil). Vingt-cinq minutes par session, deux fois par semaine sur un total de dix séances. La durée du traitement a été choisie pour examiner les effets à court terme de l’acupuncture.

Les points choisis : 6Rt (sanyinjiao), 4GI (hegu), 36E (zusanli), 3F (taichong), 6MC (neiguan) et EX-NH3 (yintang). Dans le groupe témoin, les aiguilles ont été insérées dans des sites éloignés des véritables points d’acupuncture sans recherche du deqi. Avant et après intervention, la qualité du sommeil, de la dépression et les scores de stress ont été évalués par l’indice de la qualité du sommeil de Pittsburgh (PSQI), la Beck Depression Inventory (BDI II) et l’échelle de stress perçu (PSS). Enfin, des échantillons de sang ont été prélevés avant et deux jours après la dernière session afin d’évaluer les paramètres immunitaires en rapport avec le sommeil. On objective ainsi que l’acupuncture versus placebo a été très efficace pour améliorer la qualité du sommeil (-53,23% ; p <0,01), la dépression (-48,41% ; p <0,01) et le stress (-25,46% ; p <0,01). Aucun changement significatif n’a été observé dans le groupe placebo. Cependant, ni les sous-populations lymphocytaires, ni les niveaux de BDNF n’ont changé suite aux interventions. En conclusion, la méthodologie rigoureuse utilisée dans cette étude comparative randomisée contre placebo a permis de montrer les effets de l’acupuncture dans l’amélioration de la qualité du sommeil et de la relaxation chez les personnes âgées.


 

Voir en ligne : Zuppa C, Prado CH, Wieck A, Zaparte A, Barbosa A, Bauer ME. Acupuncture for sleep quality, BDNF levels and immunosenescence : a randomized controlled study. Neurosci Lett. 2015 Feb 5 ;587:35-40.

 

L’acupuncture est efficace sur la douleur pelvienne chronique chez les hommes souffrant de prostatite chronique

Après traitement, le score de la douleur a été considérablement diminué dans les deux groupes (p &lt;0,01), mais la réduction du score de la douleur dans le groupe acupuncture était de manière statistiquement significative (p &lt;0,05) plus élevé que dans le groupe médical (6,65 vs 3,89). Il n'y avait pas de différence statistiquement significative des symptômes urinaires NIH-CPSI et du score de qualité de vie entre les deux groupes avant et après le traitement (p&gt;0,05). La réduction de la douleur (6,65 vs 3,89) et le score total (12,54 vs 6,43) dans le groupe acupuncture étaient néanmoins réduits de manière statistiquement significative par rapport au groupe médical (p &lt;0,01). La prostatite est une affection urologique commune chez l’homme, sa prévalence étant estimée à 9,7 % avec une incidence de récurrence de 20 % à 50 %. La plupart des prostatites bactériennes aiguës sont occasionnées par une infection urétrale ascendante. Un reflux d’urine dans les canaux prostatiques et éjaculateurs permet ensuite l’entrée de microorganismes dans la prostate. Le National Institutes of Health (NIH) subdivise cette affection en quatre catégories de I (prostatite bactérienne aiguë à IV (prostatite inflammatoire asymptomatique). La catégorie IIIB est une prostatite chronique associée à un syndrome de douleur pelvienne chronique non inflammatoire (PCIIIB) et correspond à 90% à 95% des prostatites. La prostatite bactérienne chronique se différencie de la forme aiguë entre autres par le fait que les symptômes durent plus de trois mois et ne touchent que de 5 % à 10 % des hommes. La prise en charge de la prostatite chronique et du syndrome de douleur pelvienne chronique peut être complexe. Le traitement demeure actuellement controversé parce qu’il y a peu d’études convaincantes. La seule chose qui fait consensus est la nécessité d’utiliser le questionnaire NIH-CPSI comme outil d’évaluation de la réponse thérapeutique. Le NIH Chronic Prostatitis Symptom Index est un outil validé qui permet de mesurer la présence et l’intensité des symptômes de prostatite chronique, bref d’évaluer l’évolution de la maladie et l’efficacité des traitements. L’antibiothérapie reste le traitement préconisé malgré les incertitudes sur l’origine infectieuse de cette affection et sur l’absence de preuves de son efficacité. Il n’y a pas de consensus sur la durée optimale du traitement antibiotique. Parmi les études où l’on a noté une réduction modeste du score NIH-CPSI, les antibiotiques utilisés étaient généralement des fluoroquinolones sur une période de quatre à six semaines, mais il n’existe actuellement aucune preuve de l’efficacité de l’antibiothérapie. D’où l’intérêt de cette étude pragmatique randomisée mais non en aveugle.

De novembre 2008 à mai 2009, cinquante-quatre patients de sexe masculin souffrant de PCIIIB ont été randomisés aléatoirement en deux groupes : groupe traitement médical habituel (groupe 1, n=28) et groupe acupuncture (groupe 2, n=26). Le groupe 1 a bénéficié de lévofloxacine 500 mg par jour et ibuprofène 200 mg deux fois par jour pendant six semaines. Dans le groupe acupuncture, V32 (ciliao) bilatéralement et V33 (zhongliao) ont été utilisés pour stimuler le nerf sacré par électroacupuncture (Agistim Duo®, deux fois par semaine pendant sept semaines à la fréquence de 99 Hz. Les autres points utilisés : V28, VB41, F3, GI4, Rt6 et Rt8. Le critère de jugement : questionnaire NIH-CPSI. Les résultats après un suivi moyen de vingt-huit semaines objectivent dans le groupe acupuncture une réduction de la douleur, des symptômes urinaires et une amélioration de la qualité de la vie par rapport au groupe médical. En conclusion, malgré la limitation de l’étude qui est de type pragmatique, sans intervention en aveugle et sans groupe témoin, le traitement d’acupuncture et d’électoacupuncture est un traitement sûr et efficace chez les patients souffrants de prostatite chronique de catégorie IIIB.


 

Voir en ligne : Küçük EV, Suçeken FY, Bindayı A, Boylu U, Onol FF, Gümüş E. Effectiveness of acupuncture on chronic prostatitis-chronic pelvic pain syndrome category IIIB patients : a prospective, randomized, nonblinded, clinical trial. Urology. 2015 Mar ;85(3):636

 

Dans la maladie d’Alzheimer, l’acupuncture peut être efficace

l'acupuncture améliore de façon statistiquement significative les résultats sur l'échelle Mini Mental State Examination (MMSE) avec une différence moyenne standardisée à modèle aléatoire (SMD) égale à 1,05 (IC 95%, 0,16 à 1,93). Cependant, il existe une grande hétérogénéité des six ECR (I² = 57% ; p=0,04).

L’utilisation de l’acupuncture pour traiter la maladie d’Alzheimer a augmenté en fréquence ces dernières années. Cette revue systématique de la littérature et la méta-analyse qui s’ensuit, a pour but d’évaluer l’efficacité et la sécurité de l’utilisation de l’acupuncture dans cette pathologie. Elle a été réalisée à partir des essais contrôlés randomisés retrouvés dans le Registre central des essais contrôlés, PubMed, Medline, Embase, PsycINFO, la littérature de biomédecine chinoise (CBM) et les bases de données médicales chinoises (CMCC et CNKI) de leur création à juin 2014. Dix essais comparatifs randomisés (ECR) pour un total de 585 participants ont été inclus dans la méta-analyse (ECR avec des populations étudiées variant de seize à quarante-neuf personnes).

La durée du traitement varie de quatre à vingt-quatre semaines. Les points les plus couramment utilisés : baihui (VG20) et zusanli (ES36) avec une incidence de 40% parmi ces 10 ECR et Xuehai (RA10) et Sishencong (EX1) dans 30% des 10 ECR. Les autres points utilisés : taixi (RE3), dazhui (VG14), danzhong (VC17), zhongwan (VC12), qihai (VC6), waiguan (TR5), xuanzhong (VB39), neiguan (MC6), shenshu (VE23), yintang (VG29), sanyinjiao (RA6) et dazhong (RE4), ainsi que la craniopuncture et deux points d’acupuncture expérimentaux "xiu sanzhen" et "si shenzhen".

Les résultats combinés de six essais ont objectivé que, versus le traitement médicamenteux, l’acupuncture améliore de façon statistiquement significative les résultats sur l’échelle Mini Mental State Examination (MMSE) avec une différence moyenne standardisée à modèle aléatoire (SMD) égale à 1,05 (IC 95%, 0,16 à 1,93). Cependant, il existe une grande hétérogénéité des six ECR (I²  = 57% ; p=0,04). De même, les résultats de trois ECR montrent que l’acupuncture associée au donépézil est plus efficace que le donépézil seul dans l’amélioration du score MMSE (SMD à modèle fixe = 2,37 ; IC 95% : 1,53 à 3,21 ; pas d’hétérogénéité (I²  = 11% ; p=0,32). Sur cent-quarante et un essais cliniques, deux études ont rapporté des effets indésirables liés à l’acupuncture. Sept des 3416 patients ont eu des effets indésirables liés à l’acupuncture pendant ou après le traitement mais les réactions ont été décrites comme tolérables et bénignes.

En conclusion, en terme d’amélioration de la fonction cognitive, l’acupuncture peut être plus efficace que les médicaments et peut même augmenter leur effet dans le traitement de la maladie d’Alzheimer. L’acupuncture peut également être plus efficace que la thérapeutique usuelle dans l’amélioration de la capacité des patients à mener à bien leur vie quotidienne. En outre, l’acupuncture est sans danger. Néanmoins, il est nécessaire de confirmer ces différentes données par des ECR de meilleure qualité méthodologique, avec un processus de randomisation et de mise en insu de la répartition de la population étudiée plus rigoureusement contrôlé et décrit. Il est également nécessaire que ces ECR offrent davantage d’informations concernant le diagnostic de la maladie d’Alzheimer avec une mesure du degré de volume d’atrophie hippocampique mesurée par IRM. Enfin la population étudiée doit être plus importante.


 

Voir en ligne : Zhou J, Peng W, Xu M, Li W, Liu Z. The effectiveness and safety of acupuncture for patients with Alzheimer disease : a systematic review and meta-analysis of randomized controlled trials. Medicine (Baltimore). 2015 Jun ;94(22)

Méridiens Medline du 10 mai 2015 au 25 octobre 2015 (Essais contrôlés randomisés, méta-analyses, revues systématiques et recommandations)