Medline Méridiens

Une méta-analyse objective l’efficacité de l’acupuncture dans la maladie de Parkinson

La maladie de Parkinson (MP) est la deuxième maladie neurodégénérative chronique et progressive la plus courante. L’utilisation à long terme du traitement classique, la lévodopa entraîne une perte d’efficacité et des complications. Par conséquent, de nombreux patients atteints de MP ont recours à des thérapies complémentaires comme l’acupuncture, la plus souvent utilisée, pour soulager leurs symptômes. Cette revue systématique et méta-analyse évalue les preuves concernant son efficacité dans l’amélioration des symptômes. Sept bases de données, à savoir Medline, Embase, la bibliothèque Cochrane, China National Knowledge Infrastructure (CNKI) et trois bases de données médicales coréennes, ont été utilisées depuis leur création jusqu’en août 2015 sans restrictions linguistiques. Les essais comparatifs randomisés (ECR) ont été inclus s’ils contiennent des données concernant l’apport de l’acupuncture dans le Parkinson versus aucun traitement et traitement conventionnel seul ou acupuncture plus traitement conventionnel par rapport au traitement conventionnel seul. Les évaluations ont été effectuées avec les échelles de notation unifiées de maladie de Parkinson, UPDRS (Unified Parkinson’s Disease Rating Scale score) I, II, III et IV et le score total, l’échelle Webster et le taux d’efficacité. La qualité méthodologique a été évaluée à l’aide de l’échelle de kinésithérapie, Physiotherapy Evidence Database (PEDro) et celle du risque de biais Cochrane (ROB). Au total, 982 articles potentiellement pertinents ont été identifiés ; 25 ECR ont atteint le critère d’inclusion ; 19 des 25 ECR étaient des études de haute qualité. Les ECR inclus ont montré des résultats favorables pour l’acupuncture associée au traitement conventionnel par rapport au traitement conventionnel seul dans les UPDRS II, III et IV et le taux d’efficacité. Par ailleurs, l’acupuncture a été bénéfique pour soulager les symptômes de la maladie de Parkinson par rapport à aucun traitement et traitement conventionnel seul. En conclusion, cette revue systématique et cette méta-analyse objectivent que l’acupuncture possède des effets positifs significatifs dans l’amélioration des symptômes de la maladie de Parkinson et se doit d’être considérée comme complémentaire du traitement conventionnel dans le cadre de la médecine intégrative.


 

Voir en ligne : Lee SH, Lim S. Clinical effectiveness of acupuncture on Parkinson disease : A PRISMA-compliant systematic review and meta-analysis. Medicine (Baltimore). 2017 ;96(3) :e5836

Syndrome du canal carpien : évaluation de l’effet positif de l’acupuncture par échographie

Une étude a été réalisée pour explorer l’effet de l’acupuncture sur la section transversale du nerf médian par échographie au niveau du poignet chez des patientes atteintes du syndrome du canal carpien (SCC). La mesure par ultrasons, méthode d’imagerie facilement accessible peut fournir des données morphologiques du nerf médian, en vue du diagnostic et de l’évaluation de la réponse au traitement chez ces patientes. L’échographie musculo-squelettique objective que le nerf médian peut être élargi avec une augmentation de sa section transversale (CSA) au niveau du poignet, et ceci en raison de l’œdème proximal sur le site de compression. De plus, le CSA du nerf médian est associé à la sévérité du SCC. Une valeur seuil du CSA de 9 mm² au niveau du poignet a été établie avec une sensibilité élevée (99%) dans le diagnostic. D’autre part, le CSA du nerf médian est un facteur pronostique de la chirurgie de décompression du canal carpien et pourrait être utilisé dans la surveillance du traitement. Quarante-cinq bras de 27 femmes atteintes de SCC ont été répartis de manière aléatoire en deux groupes (Acupuncture A et Témoin B). Toutes les patientes ont utilisé une attelle de poignet pendant la nuit (fixée à 0-5 degrés d’extension de poignet) pendant quatre semaines. Les patientes du groupe Acupuncture ont reçu en plus un traitement par acupuncture. Neuf points d’acupuncture sont utilisés : 7MC, 4MC, 6MC, 8MC, 2C, 7C, 8C, 9P, 11 GI. Une aiguille de 0,25 x 25 mm a été placée à la verticale à ces points spécifiques et maintenue pendant 25 minutes. Le traitement a été réalisé deux ou trois fois par semaine, pendant quatre semaines (un total de dix séances). L’évaluation de la douleur sur échelle visuelle analogique (EVA), les scores de l’indice fonctionnel pour la main rhumatologique de Duruöz (DHI), les questionnaires rapides sur les incapacités du bras, de l’épaule et de la main (Quick-DASH), les mesures électrophysiologiques et les CSA par échographie du nerf médian au niveau du poignet ont été recueillis, avant et après traitement dans les deux groupes. Les résultats ont montré une amélioration des mesures électrophysiologiques ainsi que des scores (EVA, DHI, Quick-DASH) dans les deux groupes. Une amélioration statistiquement significative dans le groupe Acupuncture versus groupe témoin a été observée en ce qui concerne les mesures de la section transversale du nerf médian (p<0,001). Celle-ci a considérablement diminué dans le groupe Acupuncture, alors qu’il n’y avait pas de changement dans le groupe témoin (tableau). Néanmoins, la faible population de l’essai, l’absence de groupe placebo et le manque de surveillance à long terme des patientes, limites de cet essai nécessite de réaliser un nouvel ECR à forte population et contre placebo.


 

Voir en ligne : Ural FG, Öztürk GT. The Acupuncture Effect on Median Nerve Morphology in Patients with Carpal Tunnel Syndrome : An Ultrasonographic Study. Evid Based Complement Alternat Mad. 2017 ;2017:7420648.

Pourcentage d’amélioration des caractéristiques des mesures cliniques, électromyographiques et ultrasoniques entre groupe acupuncture et groupe témoin sans acupuncture. Amélioration de la douleur mesurée sur une échelle visuelle analogique (VAS=EVA) : 46,8% dans le groupe Acupuncture versus 11,4% groupe B témoin (p<0,001). Comparé au groupe témoin, l’amélioration globale dans le groupe Acupuncture est statistiquement significative (p<0,05).

Vertiges d’origine cervicale : intérêt de l’acupuncture

Dans la médecine occidentale, le vertige cervical (VC) est un syndrome clinique causé par l’hyperostose des vertèbres cervicales et la dégénérescence du disque intervertébral cervical. Les manifestations cliniques sont en rapport avec la sténose résultante et une irrigation sanguine insuffisante de l’artère vertébrale, le tout engendrant vertiges, vision floue, céphalées, nausées, vomissements et même perte de connaissance. Ces symptômes peuvent être induits et aggravés en tournant la tête et en pliant le cou latéralement dans certaines positions. La thérapeutique occidentale est souvent décevante, qu’elle soit médicamenteuse ou chirurgicale. Selon la médecine traditionnelle chinoise, la pathogenèse de la maladie serait en rapport avec le Vent, le Feu, les Glaires, la Stase de Sang et la Carence. Les énergies perverses pathogènes envahiraient le dumai et ascensionneraient ensuite vers le cerveau en provoquant les vertiges. L’acupuncture en régulant le flux du qi et du Sang améliorerait l’irrigation sanguine cérébrale. Ainsi, fengchi (20VB), baihui (20VG) et lieque (7P) seraient censés accélérer la vitesse du flux sanguin et améliorer l’apport sanguin aux artères vertébrales. Cette induction supprimerait l’activité du système nerveux sympathique et engendrerait l’action locale des facteurs de vasodilatation tels que la substance P et le calcitonin gene-related peptide (CGRP). Une revue systémique et une méta-analyse ont donc été réalisées pour évaluer l’efficacité et l’innocuité de l’acupuncture dans le traitement des vertiges d’origine cervicale. Les essais comparatifs randomisés (ECR) antérieurs à avril 2016 relatifs au traitement des VC par acupuncture, en langues anglaise et chinoise, ont été recensés grâce à sep bases de données. Au total dix études ayant inclus neuf-cent-quatorze participants ont été retenues. Les résultats ont montré que l’acupuncture est plus efficace que le traitement selon la médecine conventionnelle sur les points suivants : taux d’amélioration du vertige et des céphalées, amélioration de la vitesse moyenne et d’écoulement sanguin dans les artères vertébrales et basilaires. Dans l’analyse des sous-groupes, les résultats sont similaires selon les différentes méthodes d’acupuncture. L’analyse de sensibilité a démontré que les résultats de cette méta-analyse sont stables. Par contre, la sécurité à long terme de l’acupuncture dans le traitement des vertiges reste à déterminer. Pour l’ensemble des résultats, l’analyse GRADE (Grading of Recommendations, Assessment, Development, and Evaluation) a indiqué une qualité de preuve de « très faible » à « faible », ce qui limite la valeur de cette méta-analyse. Néanmoins, l’acupuncture semble être une approche thérapeutique prometteuse dans le traitement des vertiges d’origine cervicale. Des essais à grande échelle et de bonne qualité sont nécessaires pour fournir des preuves plus solides.


 

Voir en ligne : Hou Z, Xu S, Li Q, Cai L, Wu W, Yu H, Chen H. The Efficacy of Acupuncture for the Treatment of Cervical Vertigo : A Systematic Review and Meta-Analysis. Evid Based Complement Alternat Med. 2017 ;2017:7597363.

Avec 467 patients dans le groupe Acupuncture et 447 dans le groupe Médecine occidentale témoin, la méta-analyse objective que l'acupuncture est significativement plus efficace que les médicaments conventionnels (risque relatif à modèle fixe (RR : 1,27 ; IC à 95% : 1,19 à 1,34 ; P &lt;0,00001).

Avec 467 patients dans le groupe Acupuncture et 447 dans le groupe Médecine occidentale témoin, la méta-analyse objective que l’acupuncture est significativement plus efficace que les médicaments conventionnels (risque relatif à modèle fixe (RR : 1,27 ; IC à 95% : 1,19 à 1,34 ; P <0,00001). Pas d’hétérogénéité dans la cohérence des résultats de la méta-analyse par le test I² de Higgins I²= 0%, (une valeur I² <25% indique une hétérogénéité faible, des valeurs comprises entre 25% et 50% une hétérogénéité modérée et une valeur >50%, une hétérogénéité importante). Le test χ² objective une hétérogénéité non significative P=0,51. De ce fait, il n’a pas été nécessaire de réaliser le RR sur un modèle d’effets aléatoires.